"Il y a une volonté de changement qui nous pousse et qui va nous amener très loin", selon Sébastien Chenu, député RN
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sur Inter, l'heure pour nous d'accueillir Sébastien Chenu, bonjour, vice-président du Rassemblement National, merci d'être avec nous sur France Inter, on va parler dans un instant des villes moyennes que vous avez réussi à conquérir, elles sont un certain nombre, mais d'abord vous espériez gagner Toulon, Nîmes, Marseille pour ces trois grandes villes, c'est un échec, ça veut dire qu'il y a encore un plafond de verre pour vous au Rassemblement National ?
Non mais nous gagnons Nice, cinquième ville de France, et je pense que beaucoup aimeraient être à notre place, bien sûr on ne peut pas gagner partout, et je regrette pour Toulon et Marseille, c'est difficile à Marseille puisque la candidate LR en se maintenant, alors que le candidat d'extrême-gauche, M. Delogu, lui se retirait, elle a apporté la candidate LR, la ville, sur un plateau au Parti Socialiste, donc c'était compliqué, mais gagner Nice, la cinquième ville de France, montre qu'on peut gagner des grandes villes et des villes moyennes, vous en avez cité.
Vous n'avez pas réussi à siphonner les voix de la droite, le contexte était propice et ça n'a pas marché pendant la valette.
Oui, mais je pense que la maire d'hiver droite, on ne sait jamais où sont ces gens, ils sont toujours sans étiquette avant les élections, a bénéficié là aussi des 10-15% de voix de gauche qui étaient au premier tour, donc voilà. Mais moi je salue les victoires dans ces villes qui sont des chefs-lieux de départements, par exemple, alors dans le Var, on ne gagne pas Toulon, mais on gagne la Seine-sur-Mer, 65 000 habitants, la valette du Var, 6 four les plages et on gagne des villes comme Carcassonne, Alc, Tarascon.
On va parler de vos victoires, mais simplement sur ces villes qui viennent d'être évoquées par Florence, vous pouvez le déplorer, vous pouvez expliquer qu'il y a des fusions, qu'il y a même peut-être parfois des alliances contre nature, mais il n'en reste pas moins que ces désistements vous empêchent de gagner, comme on avait vu également un front républicain qui au moment des législatives de 2024 vous avait empêché de gagner, ça c'est une donnée, quand on veut accéder au pouvoir, on voit bien qu'il y a un plafond de verre
qui se reconstitue.
Non mais moi je ne crois pas du tout à cette histoire de plafond de verre, parce qu'on nous a fait le coup à chaque élection, vous n'aurez jamais de députés, vous n'aurez jamais de sénateurs, vous n'aurez jamais de maires, finalement on a toujours réussi à avoir des députés, des sénateurs et jamais autant de maires, aujourd'hui, étiquet rassemblement national, il n'y en a jamais eu autant, donc par exemple Nîmes, là encore c'est la droite qui amène sur un plateau aux communistes, mais depuis qu'Edouard Philippe fait voter communiste, c'est vrai qu'on est un peu habitués, ou que Xavier Bertrand fait voter communiste, on est un peu habitués, mais c'est eux parce qu'ils se maintiennent qui amènent ce résultat.
Nous on a tendu la main, voyez-vous on l'a même tendu à Roubaix, à des gens qui sont quand même assez éloignés de nous, de droite centriste, pour empêcher... Vous avez tendu la main et personne ne l'a saisi. Et ils ne l'ont pas saisi, et ils ont perdu, on l'a saisi quand il y avait un danger, effectivement, on a tendu la main quand il y avait un danger d'extrême-gauche, et quand il y avait des candidats qui nous semblaient être des gens raisonnables, avec lesquels on pouvait travailler, bon, ça n'a pas été le cas. Dans ces cas-là, les villes, Nîmes ou Roubaix, sont passées à la gauche extrême.
Ce qui est sûr, Sébastien Chenu, c'est que vous faites un certain nombre de performances dans des villes moyennes, des sous-préfectures, quelques préfectures, mais dans les grandes villes, ça reste très compliqué. On rappelle le score du Rassemblement National au premier tour à Paris, 1,6%. À Lyon, moins de 10%. Est-ce qu'on peut aller vers une échéance présidentielle et la remporter sans y arriver en étant aussi faible dans les grandes villes ?
La réponse est oui, parce que la France, ce n'est pas les grandes villes uniquement. Et d'ailleurs, on le voit, la France aujourd'hui, c'est des grandes villes et des villes moyennes. Quand on gagne à peu près toutes les villes du bassin minier, dans le Pas-de-Calais, dans la circonscription de Marine Le Pen, dont Liévin, ville historique du Parti Socialiste, on peut considérer qu'effectivement, il y a une volonté de changement qui nous pousse et qui va nous amener très loin. Effectivement, on peut gagner peut-être uniquement avec ce qui était appelé autrefois la province contre Paris.
Mais comment est-ce que vous expliquez que le Rassemblement National soit aussi faible dans les grandes métropoles, à quelques exceptions près, Nice, Marseille ?
Il y a une sociologie dans les grandes métropoles, en tous les cas dans les grandes villes, qui aujourd'hui ne nous est pas favorable. Ce sont des populations ou trop aidées ou trop riches. C'est-à-dire que ce sont des populations qui sont souvent... Trop aidées, ça veut dire quoi. C'est-à-dire qu'il y a un clientélisme de gauche dans les villes. Par exemple, on le voit à Paris, un clientélisme à travers une politique qui vise à attirer des populations qui ont besoin d'être aidées par la collectivité très fortement, dont les élus socialistes attendent un retour électoral. Mais je ne vois pas bien de quoi vous voulez parler. C'est-à-dire de donner un exemple.
Des subventions à des associations communautaires. On voit ça à Paris, on voit ça dans toutes les villes de gauche. Ou alors trop bourgeoises, trop ce qu'on appelle bobos. Et en réalité, qui sont déconnectés des préoccupations des Français. Les grandes villes, elles font sécession, en réalité, dans notre pays. Elles sont très en décalage avec les attentes des Français.
Donc vous n'aurez pas besoin des grandes villes pour remporter une élection présidentielle, par exemple ?
Si, on doit progresser, il faut qu'on progresse. Et d'ailleurs, aux présidentielles, regardez, les scores qu'on a fait dans les grandes villes n'étaient pas si mauvais que cela. Je rappelle tout de même que, par exemple, aux dernières municipales, Anne Hidalgo avait été réélue à Paris. Elle a fait 1,9% aux présidentielles. Donc il n'y a pas de corrélation. Vous voyez, on peut gagner des grandes villes et se planter aux présidentielles. On peut perdre dans les grandes villes. Et comme Marine Le Pen, gagner les présidentielles.
Un mot encore sur une autre grande ville, la 5ème de France-Nice et la victoire d'Éric Ciotti. Éric Ciotti qui se présente et s'est présenté pendant toute la campagne comme le champion de l'union des droites. Est-ce que vous en tirez une conclusion stratégique ? Que la ligne pour gagner, ça doit être l'union des droites qu'a incarnée Éric Ciotti dans cette campagne à Nice ?
Non, c'est l'union des patriotes. Je vous citais tout à l'heure Liévin. Liévin, historiquement, électorat et toutes les communes autour du bassin minier qui a voté à gauche. Ce sont des électeurs patriotes qui ont décidé de voter pour le Rassemblement National. Nice, ce sont des électeurs patriotes qui ont décidé de voter pour la liste d'Éric Ciotti. Ce sont surtout des électeurs de droite. Oui, mais en haut, je vous ai dit à Liévin, c'est plutôt des électeurs de gauche. Donc, ça veut dire qu'en fait, des patriotes, il y en a à droite et à gauche, évidemment. Et nous, on ne regarde pas d'où viennent les gens, s'ils viennent de gauche et de droite.
Je n'ai pas entendu Jordan Berdella tendre la main à la gauche sincère dimanche dernier. J'ai seulement entendu la droite sincère.
Mais je pense qu'il faut aller bien au-delà. Nous, on est là pour rassembler. Nous, on est là pour rassembler tous les Français. D'ailleurs, si tous ces Français n'avaient pas voté pour d'autres avant et voté pour nous aujourd'hui, on ne serait pas si haut. C'est bien qu'ils viennent de différentes options et de différentes origines politiques. Donc, dans le Sud, c'est plutôt des gens qui viennent probablement de la droite encore qu'eux. Vous avez des villes, je pense, dans les Bouches-du-Rhône, à Rognac, à Tarascon, qui sont des villes très populaires, dans lesquelles on a absorbé un électorat qui vient de la gauche ou dans le Vaucluse.
En Vaucluse, ce sont des villes, je vous rappelle que Vaucluse est le département le plus pauvre de France. Quand on gagne, évidemment, Carpentras, quand on gagne Orange, ce sont des électeurs populaires. C'est les classes populaires qui votent pour nous. Liévin, je vous en parlais parce que c'est très spécifique. Ça dit beaucoup de choses. Mais je pense que, nous, notre boulot, c'est de rassembler au-delà des clivages.
Qu'est-ce que vous dites ce matin de la performance des Républicains qui rafle des victoires symboliques dans des fiefs de gauche ? Besançon, Brest, Clermont-Ferrand, la droite, LR, elle a encore du poids, contrairement à ce que vous dites ?
Moi, je pense que LR, comme un peu le Parti Socialiste, ils sont un peu ce qui a été le Parti Radical, ce qui a été surtout le Parti Radical pendant des années, c'est-à-dire un tissu à maillage d'élus locaux réels qui existent et qui, parfois, peuvent correctement gérer leur ville. Il n'y a pas de raison, mais qui ne représentent pas une alternance, une force d'alternance possible au national.
En l'occurrence, ils bénéficient de l'alternance dans un certain nombre de grandes villes.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas corrélable, je ne sais pas si le mot existe, en tous les cas, il n'y a pas de corrélation possible avec l'élection présidentielle. C'est-à-dire que je pense qu'on peut avoir envie de changer localement. Je donnais l'exemple tout à l'heure d'Anne Hidalgo, réélu à Paris, qui fait 1,9% au présidentiel. La dernière fois, LFI ne fait aucune mairie et Jean-Luc Mélenchon est au second tour.
Donc, en fait, il n'y a pas d'enseignement à tirer de ces élections municipales en vue de la présidentielle.
Je pense qu'il faut être très précautionneux sur les enseignements à tirer. En tous les cas, ça ne dit pas, évidemment, que le PS ou LR sont des forces d'alternance au présidentiel. Ça ne dit pas cela du tout.
Mais donc, ça ne dit pas non plus que le Rassemblement national est des forces d'alternance. Nous, ça dit qu'on est en progression.
Donc, ça marche pour vous, mais pas pour les autres. Non, on est en progression. LR n'est pas en progression. LR, ils perdent des villes, ils en gagnent d'autres, ils sont un peu près au même niveau. Mais nous, on est en progression très visible, très forte.
Sébastien Chenu, un mot sur ce qui s'est passé à gauche et notamment, et vous avez fait de la France Insoumise votre principal adversaire, la France Insoumise, qui remporte toute une série de villes, qui remporte la Courneuve, qui remporte Roubaix, qui remporte Vaud-en-Velin, Creil, Vénitieux. Ça veut dire que votre stratégie de pilonnage de la France Insoumise, elle ne fonctionne pas. Il y a toute une série d'électeurs qui plébiscitent la France Insoumise dans ces villes.
Bien sûr qu'il y a des électeurs qui plébiscitent la France Insoumise dans ces villes. Mais d'abord, la première chose à dire, c'est peut-être montrer que la déroute électorale, morale du Parti Socialiste avec son alliance de la honte n'a pas été payante. On voit que majoritairement dans les villes où il y a eu, il y a quelques exceptions comme à Nantes, mais majoritairement là où le PES a décidé de s'allier au Parti Antisémite, eh bien, ils n'ont pas gagné les villes. C'est-à-dire que les électeurs ont sanctionné cette déroute morale.
Juste, Sébastien, ceux qui votent pour la France Insoumise dans ces villes, à la Courneuve, à Vaud-en-Velin, à Creil, à Vénitieux, ils sont antisémites ?
Les leaders de la France Insoumise ? Les électeurs, non. Moi, je ne porte jamais de jugement sur les électeurs. Je porte un jugement sur les paroles, les discours des cadres et des élus et de Jean-Luc Mélenchon, en premier lieu, qui dispense un discours violemment antisémite, passionnément antisémite, comme le reconnaissent d'ailleurs les tribunaux. Donc, évidemment qu'il y a que la France Insoumise enregistre des victoires dans des endroits qui sont d'ailleurs très particuliers, avec beaucoup de communautés étrangères qui sont flattées, que la France Insoumise prend pour une clientèle électorale. Si c'est des communautés étrangères, ils ne peuvent pas voter.
D'origine étrangère, en tous les cas. D'origine étrangère, d'accord. Bien sûr, d'origine étrangère. Regardez, la première chose qu'ont demandé les élus de la France Insoumise, à Châlons-sur-Saône, où ils ont été battus, ils sont rentrés au Conseil municipal. La première chose, c'est demander le port du foulard au Conseil municipal. Enfin, sincèrement, est-ce que c'est d'abord une revendication des habitants ? Et puis surtout, est-ce que ça ne dit pas quelque chose ? Est-ce que ce n'est pas finalement un signe envoyé pour, là encore, percuter le tissu républicain ? On sait, méfions-nous.
Je crois que c'était le magistral Indon qui disait « Les paroles des salauds arment les bras des imbéciles ». Et je pense que la France Insoumise, on est exactement là-dedans. Les discours de Jean-Luc Mélenchon peuvent avoir des répercussions très dangereuses dans notre pays.
Un mot, Sébastien Chenus, sur la projection en vue de 2027. On a vu hier soir, Jordan Bardella réagir au siège du Rassemblement national. Il s'est félicité, je cite, de la plus grande percée de l'histoire de votre parti. On voit dès ce matin que l'élection présidentielle a commencé. Est-ce qu'il n'est pas temps pour vous de vous mettre en ordre de marche et d'acter que ce sera lui le candidat et de ne pas attendre le 7 juillet et la décision en appel pour Marine Le Pen ?
Pourquoi voulez-vous que nous percutions, changions, bougions un agenda qui est le nôtre ? C'est-à-dire Marine Le Pen est notre candidate à la présidentielle. C'est ce qu'on est en train de faire. Ah bon ? Sans savoir qui sera le candidat ? Notre candidate, c'est Marine Le Pen jusqu'à nouvel ordre. Et puis, on verra si la justice veut la priver de cette élection. Jordan prendra la relève. Et chez nous, c'est assez clair. Je crois qu'il y a des familles politiques dans lesquelles il n'y a aucun candidat, personne qui est désigné. Nous, on ne se cache pas derrière notre petit doigt. Pour les Français, c'est assez clair.
Candidate Marine Le Pen, si la justice la prive de cette élection, Jordan Bardella prendra la relève.
Merci Sébastien Chenu d'avoir été au micro de France Inter ce matin.