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interviewC à vous (sur YouTube)· 21 novembre 2025 59 min

Oh p*tain ce plateau ! - C à Vous l’intégrale - 21/11/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - M.Bouhafsi: On est de retour dans "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

Notre chef, O.Dhiab, est là. Vous avez trouvé le péché mignon de L.Baffie. - O.Dhiab: Des gnocchis à la tomate.

On les a pimpés. J'ai préparé une sauce tomate avec les tomates qu'on a fait fermenter l'été dernier. On a ajouté des algues du Croisic pour amener ce côté original. - M.Bouhafsi: Merci.

On va se régaler. On est en direct. Au menu, ce soir, 40 ans après la disparition de D.Balavoine, le spectacle "Balavoine, ma bataille" lui rend hommage.

Guy, son frère aîné, prend la parole ce soir. Avant ça, la nouvelle star des réseaux sociaux, qui a marqué l'histoire du PAF. C'est l'homme des punchlines mythiques.

Ce soir, un monument de l'impertinence s'installe à notre table. L.Baffie est notre invité. 50 000 personnes sont porteuses de trisomie 21 en France. "Un p'tit truc en plus" a permis de changer le regard que l'on porte sur eux. "Zone interdite" se penche sur eux dimanche.

Jeanne, l'une des protagonistes du film, et O.Meunier sont avec nous ce soir. - En gros, c'était de dire à Jeanne: "Tu ne pourras jamais le faire." - On ne sait pas comment il a évolué. - Il n'a jamais été invité à un anniversaire.

Ca me rendait malade. - On se bat ensemble. - C'est pas parce qu'on est trisomique qu'on peut pas faire quelque chose. - M.Bouhafsi: J.Métivier, O.Meunier et L.Baffie sont nos invités.

Bonsoir! La caméra était pressée de voir O.Meunier et J.Métivier.

Bonsoir. - O.Meunier: On s'embrasse. - M.Bouhafsi: Bonsoir, Jeanne.

Comme ça! On a une belle présentation avec vous 3. Très heureux de vous réunir ce soir sur notre plateau.

L.Baffie, vous serez Sur scène avec votre nouveau spectacle, "Oh putain Laurent!".

Je n'ai pas dit de gros mot. Ce sera à partir du 5 décembre au théâtre de la Gaité Rive Gauche. Vous parlez de vos années sur le plateau de T.Ardisson où vous étiez sniper.

Des vannes ont dû être coupées au montage. Vous évoquez aussi votre parcours, votre enfance. C'est votre spectacle le plus personnel? - L.Baffie: Oui, et un peu le spectacle bilan.

C'est le dernier. - E.Eméyé: Ils disent tous ça. - M.Bouhafsi: C.Aznavour l'a dit... - L.Baffie: C'est le dernier.

Mais ça commence. Venez nombreux à la Gaité Rive Gauche. Spectacle où je me livre un peu, ce que je n'ai pas beaucoup fait dans ma vie.

Et je fais marrer les gens. C'est l'objectif. - M.Bouhafsi: Le titre du spectacle vient de cette fameuse caméra cachée qui a fait plus de 10 millions de vues sur les réseaux. - L.Baffie: 150 millions de vues. - M.Bouhafsi: On la regarde. - L.Baffie: Pardon. - Tu te calmes!

Excuse-moi, Laurent. Ca va? - L.Baffie: Je vais te mettre sur Instagram. - Si tu veux. - J'aurais réagi pareil. - M.Bouhafsi: 150 millions de vues pour ce "Oh putain Laurent!".

C'est devenu une trend. Il paraît que les enfants se disent ça dans la cour. - L.Baffie: C'est un peu passé, maintenant, mais j'ai eu des échos.

On m'a retiré mon bracelet électronique, donc je peux leur répondre...

Toute ma vie a été jonchée de "Laurent..." Ca résume toute ma vie.

J'aurais pu appeler ce spectacle "Non, Laurent..." - M.Bouhafsi: On vous garde jusqu'à 21h.

On va évoquer ce fabuleux documentaire dans "Zone interdite". Il est intitulé "Zone interdite: Trisomie 21, un grand truc en plus". C'est diffusé à 20h50 dimanche soir.

Pendant plusieurs mois, vos équipes, Ophélie, ont suivi le quotidien de Français porteurs de trisomie 21. Ce reportage montre comment l'accès au travail, à l'épanouissement, est difficile. Il y a encore des blocages dans la société française.

Chacun construit son chemin avec détermination et le soutien de ses proches. L'objectif était de bousculer les idées reçues? - O.Meunier: De montrer...

Merci, déjà, de me recevoir avec Jeanne. Ca n'aurait pas été pareil d'être là sans Jeanne, l'une des protagonistes du documentaire. Montrer que malgré les difficultés, parce que oui, le quotidien est un combat, ces personnes en France porteuses de trisomie 21 ont envie de vivre comme tout le monde.

Franchement, ce qui m'a bluffée, et Jeanne, tu en fais partie, c'est que pour la 1re fois, vous allez voir qu'ils sont très lucides sur le regard qu'on porte sur eux. Ils savent très bien ce qu'on pense. Ils savent très bien ce qu'on pense de leurs différences.

Je suis très fière de ce titre. A la fin de ce documentaire, devant votre télévision, vous allez voir la vie avec un grand truc en plus. Il y a juste besoin de s'adapter un tout petit peu, mais tout est possible.

Tout est faisable. Vivre, travailler, les loisirs...

Tout est possible. Tu es d'accord? - J.Métivier: Je suis totalement d'accord. - M.Bouhafsi: On va longuement parler de ce documentaire.

Avant ça, c'est l'OEil d'E.Eméyé. Aujourd'hui, avec gourmandise, vous allez nous parler d'un film et plus particulièrement d'une actrice que j'adore, C.de France. - E.Eméyé: Pour vous, je me suis penchée sur son nouveau film, "Louise".

Le film s'ouvre sur 2 petites filles qui chantent longuement dans leur chambre. Vous avez 3 secondes pour trouver le chanteur et la chanson. Cette chanson résume parfaitement l'histoire de ce film.

C'est l'histoire de 2 soeurs séparées trop tôt par un drame familial. L'aînée enquête pour reconstituer le film de sa propre vie. - Maman, c'est Louise.

Louise, ma mère. - Enchantée. - Tu vas leur dire qui tu es? - Je suis qui?

Je ne sais rien sur moi. - Mon autre fille, la grande soeur de Jeanne, est partie de la maison quand Jeanne était petite. - Il ne faut pas qu'ils te trouvent, ma princesse. - E.Eméyé: Louise va confronter le vécu de sa vie, ses souvenirs d'enfance à ceux des membres de sa famille.

Ca ne colle pas toujours. Il n'y a jamais une seule vérité, il y a des versions. Le jeune réalisateur débutant en long métrage a eu la chance de tourner avec C.de France.

Pourquoi a-t-elle accepté de tourner avec lui? - C.de France: Il y a toujours quelque chose de très personnel.

Ca vient des tripes de la réalisatrice ou du réalisateur. Souvent, ils se servent du cinéma, de leur passion pour le cinéma et notamment ici, le genre du mélodrame, pour vraiment donner une force à leurs désirs. - E.Eméyé: Je vais vous briser le coeur, mais C.de France n'a qu'un rôle secondaire dans ce film.

Mais elle y est formidable! Chacune de ses scènes est essentielle. Le film est également très féminin. 5 actrices principales, dont 2 petites filles.

Mention à la jeune Noémie. Elle dégage une intensité et une tristesse très justes. C'est une actrice née.

Et il y a l'héroïne, le plus souvent en gros plan, avec très peu de textes sur lesquels s'appuyer. Il faut aimer les films qui prennent leur temps. - Le vrai challenge, c'était, en étant filmée d'aussi proche avec peu de mots, de faire passer des émotions.

C'était déstabilisant pour moi. Ca rend le personnage particulier, un peu étrange. C'était ce que voulait Nicolas. - E.Eméyé: Ce film raconte quelque chose d'important: revenir n'efface rien, mais ça permet de recommencer.

Depuis plus de 25 ans, le talent de C.de France lui permet d'attirer les réalisateurs et de tourner dans tous les genres. "Louise", c'est le 10 décembre prochain au cinéma. - M.Bouhafsi: Merci.

J'adore C.de France. Ophélie, on revient à ce documentaire fabuleux.

Il sera diffusé à 20h50 sur M6. Vos journalistes ont suivi pendant plusieurs mois la vie de Français porteurs de trisomie 21. Ils ont vécu leurs difficultés, leurs joies.

Qu'est-ce qui vous a le plus surprise? - O.Meunier: Peut-être un petit mot pour la réalisatrice.

Elle a passé beaucoup de temps aux côtés de Jeanne et des autres témoins. Elle a passé beaucoup de temps à les rassurer. Pour nous tous, pour Jeanne et les autres, c'est stressant de tourner pendant des semaines.

On est un peu intrusif parce qu'on veut du vrai. On a passé beaucoup de temps avec eux. Ce qui m'a surprise...

J'ai vu à quel point on pouvait prendre une claque et on pouvait être plus qu'heureux quand on est porteur de trisomie 21. En même temps, ce qui m'a le plus désolée, c'est de voir qu'on est très lent, dans notre société, à accepter. On utilise des grands termes d'inclusion, on nous dit qu'il y a des quotas en entreprise...

Il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui suivent les quotas. On a beaucoup de grands mots, de belles intentions. On est un peu lents à vraiment agir.

Je trouve ça dommage. C'est aussi pour ça qu'on est là, pour essayer de remettre sur le devant de la scène ces témoins qui ont tellement de choses à nous apporter. - M.Bouhafsi: Vous êtes l'une des héroïnes de ce documentaire.

Vous avez 26 ans, vous êtes journaliste et vous animez un podcast. Pourtant, quand vous avez confié votre envie de devenir journaliste à votre psychologue, elle vous a dit: "Tu rêves trop grand." Qu'avez-vous ressenti quand elle vous a dit ça? - J.Métivier: Je me suis dit: "C'est pas possible.

Pourquoi elle dit ça?" Finalement, je suis journaliste et j'en suis fière. - E.Eméyé: Vous n'avez jamais douté d'y arriver? - J.Métivier: J'ai rêvé toute ma vie d'être journaliste. - M.Bouhafsi: Vous avez continué de croire en vous, encouragée notamment par vos parents.

On peut accomplir de grandes choses quand on est porteur de trisomie 21. C'est le message que vous voulez porter? - J.Métivier: Je le reconfirme. - O.Meunier: C'est ce que tu dis.

La maman de Jeanne le dit aussi très bien. Les 1ers rendez-vous médicaux sont désolants, déprimants. Là aussi, il y a un grand progrès à faire en France.

Je sais que tu m'as confié, et si tu le permets, je vais le raconter...

C'est plus Jeanne qui a convaincu sa maman qu'elle pourrait être journaliste. Sa maman lui demandait si elle était sûre. Elle nous explique que c'est Jeanne qui a le plus cru en elle et qui s'est battue.

Est-ce que c'est normal? Je ne crois pas. - M.Bouhafsi: Vous avez une soeur qui n'est pas porteuse de trisomie 21, une soeur jumelle.

Comment vous vivez cette différence? - J.Métivier: Très bien.

En plus, j'ai un frère aussi. Avec ma soeur, Emma, Du coup, on a le même âge. On est différentes sur pas mal de choses.

On a réussi à cohabiter malgré ces différences. - M.Bouhafsi: Dans le documentaire, vous dites que vous vous sentez à la frontière entre les personnes porteuses de handicap et les personnes ordinaires.

Vous dites que vous n'êtes pas assez handicapée. Pourquoi? - O.Meunier: Quand tu disais ça, si j'ai bien compris ce que tu voulais expliquer, c'est que finalement, Jeanne est quasiment capable de faire tout ce qu'on fait, nous tous.

C'est juste une question physique. Tu dis que si tu n'avais pas ce visage...

Les gens jugent tout de suite. - M.Bouhafsi: Vous le remarquez dans le regard des gens? - J.Métivier: Avant, oui.

Je me demandais si c'était physique. C'est vrai que ça se voit, malheureusement, ce handicap. - O.Meunier: Quand tu dis que tu es à la frontière, c'est que soit il y aurait eu un handicap plus lourd qui aurait eu plus d'impact...

A contrario, si Jeanne n'avait pas eu exactement ce même physique, peut-être que personne ne saurait qu'elle est porteuse de handicap. La vie serait plus simple. Elle est un peu à la frontière entre "c'est pas assez" et "c'est trop". - A.Bégot: On suit un jeune couple.

D'abord, un extrait. C'est un jeune couple. Il y a aussi Julie et Laurent, mariés depuis 20 ans. - Spaghettis?

La moitié du maïs... 3 fois non!

Arrête de t'énerver pour rien! - Tu dis non à chaque fois. J'ai marqué "moitié". - A.Bégot: Ils sont incroyables, hyper attachants.

C'est un vieux couple. Jeanne, à un moment, vous vous demandez si on a le droit d'aimer et d'être heureux quand on est porteur de handicap. - J.Métivier: Je me pose tout le temps ces mêmes questions. - A.Bégot: Vous rêvez de tomber amoureuse. - J.Métivier: Oui. - M.Bouhafsi: D'une personne dite normale.

Vous ne voulez pas tomber amoureuse d'une personne porteuse de trisomie 21? - J.Métivier: En fait, j'ai des amis porteurs de handicap trisomie 21.

Je voulais voir comment ça ferait de tomber amoureuse d'une personne qui n'est pas handicapée. - L.Baffie: Pardon, c'est horrible, ce mot, "normal".

Quand on parle avec Jeanne, il n'y a aucun sentiment d'anormalité. C'est stigmatisant, ce mot de "normal". - M.Bouhafsi: Je reprends les termes de Jeanne dans le documentaire.

C'est très courageux...

Ca doit aussi...

On doit enlever ce mot. La société doit enlever ce mot de "normalité". - O.Meunier: Là, c'est toi qui le dis. - L.Baffie: Moi, je suis anormal. - M.Bouhafsi: C'est sûr!

Il y a un sujet très troublant, bouleversant, dans le documentaire. Chaque année, environ 200 enfants porteurs de trisomie 21 naissent en France. Parmi eux, une trentaine n'ont pas été diagnostiqués avant l'accouchement.

C'était le cas pour Charles. A sa naissance, ses parents ont traversé un moment de profonde détresse et ont envisagé de l'abandonner. - Dans les 1ers jours, on n'était pas sûrs de ramener Charles à la maison.

On a voulu le faire adopter. Quelques minutes après avoir signé les 1ers papiers d'abandon avec l'assistante sociale, en voiture, on est passés dans une forêt. J'ai eu comme un flash.

Tout de suite, j'ai dit à Nicolas: "Arrête-toi, il faut qu'on fasse demi-tour." Il s'est arrêté. Il m'a dit: "Oui, évidemment qu'on peut pas l'abandonner." On est retournés à l'hôpital.

On a déchiré les papiers. On est enfin allés voir Charles. - M.Bouhafsi: C'est l'un des passages les plus marquants de ce reportage.

On apprend que les équipes médicales évoquent toujours avec les parents toutes les options possibles, y compris celui de confier l'enfant. O.Meunier, vous êtes maman de 2 enfants.

Est-ce que vous vous êtes posé la question lors de vos grossesses? Le documentaire vous a fait évoluer? - O.Meunier: Je pense qu'on se la pose tous au cours de la grossesse.

J'ai vécu 2 grossesses. On se la pose et, en même temps, elle est posée. Ca fait partie du parcours de grossesse, surtout dans un pays très médicalisé comme la France.

J'ai fait un diagnostic parce que j'ai eu mes enfants après 30 ans et c'était recommandé. Ca a fait partie des questions. Je voudrais revenir Sur l'extrait qu'on vient de voir.

Il est rare, en télévision. J'ai vu votre émotion à tous. Merci.

J'ai vu une émotion liée au courage de parler et pas jugeante pour cette maman qui a un courage fou d'expliquer cette question qui l'a traversée, qui peut paraître folle. On se dit qu'on n'abandonne jamais un enfant et pourtant...

On explique bien dans le documentaire en longueur ce qu'elle a vécu au cours de sa grossesse. Charles est né, elle ne savait pas qu'il était porteur de trisomie 21. Derrière l'histoire...

L'histoire se termine bien. C'est une histoire d'amour folle. Le petit Charles grandit bien.

Il est couvert d'amour aujourd'hui. C'est pour permettre aussi de mieux prendre conscience. C'est un rappel pour tout le monde de se dire que ces personnes ont plein de choses à nous apporter.

Elles traversent un combat et des difficultés innommables. On a juste besoin de comprendre tout ça, de les accompagner et de vivre avec beaucoup d'amour. - L.Baffie: C'est bouleversant. - M.Bouhafsi: Merci à vous, O.Meunier et J.Métivier.

On a une surprise liée à L.Baffie. Je sais, Jeanne, que vous adorez la musique.

Je ne sais pas si vous connaissez D.Balavoine. - O.Meunier: Bien sûr qu'elle connaît! - M.Bouhafsi: Dans quelques secondes, on va tous chanter. 40 ans après la disparition de D.Balavoine, le spectacle "Balavoine, ma bataille" rend hommage au chanteur légendaire, dont les chansons font partie du patrimoine français. - Qu'est-ce qui pourrait sauver l'amour? - D.Balavoine: Et comment retrouver le goût de la vie...

Et pourtant, il faut vivre ou survivre sans poème, sans blesser ceux qui nous aiment. Etre heureux ou malheureux, vivre seul ou même à 2. Et partout dans la rue, je veux qu'on parle de moi, que les filles soient nues, qu'elles se jettent sur moi, qu'elle m'admirent, qu'elles me tuent... - M.Bouhafsi: C'était tellement mignon!

Jeanne, vous chantiez toutes les paroles. Vous allez vivre un très joli moment. - L.Baffie: Il est là? - M.Bouhafsi: Non, mais le frère de D.Balavoine est là.

Je ne suis pas un héros, mes faux pas me collent à la peau... - M.Bouhafsi: Bonsoir.

On est honorés de vous recevoir sur le plateau. Vous êtes le frère aîné de D.Balavoine.

Le spectacle "Balavoine, ma bataille" prendra vie le 14 janvier prochain. Ce sera le jour anniversaire de sa disparition. Avant de partir sur les routes de France.

Sur la scène de "C à vous", un medley de tous ces titres. C'était important de lui rendre hommage aujourd'hui? - G.Balavoine: Oui.

Ca fait 20 ans que je n'avais pas chanté. J'avais arrêté complètement. On m'a téléphoné, on m'a dit: "J'ai entendu une chanson que vous aviez écrite.

On aimerait que vous fassiez la tourner avec nous." C'est la seule chanson que Daniel n'a pas chantée. Je l'ai écrite 11 ans après sa mort.

Il avait écrit "Partir avant les miens". - M.Bouhafsi: Votre frère est décédé le 14 janvier 1986 dans un tragique accident d'hélicoptère survenu au cours de la course Paris-Dakar.

Vous dites que ça a été le choc de votre vie. Vous avez perdu 15 kg en un an? - G.Balavoine: En un mois. - L.Baffie: Vos chiffres sont faux depuis le début, Mohamed. - G.Balavoine: C'est une erreur, Mohamed.

En un mois, j'ai perdu 15 kg. Je ne pouvais plus manger. Pour un choc, c'est un choc. - M.Bouhafsi: Comment vous vous êtes relevé? - G.Balavoine: Grâce à Mozart, Beethoven et Jean-Sébastien Bach.

J'ai écouté...

Ils ne sont plus de notre époque. J'ai continué. J'ai été petit chanteur à la Croix de bois.

J'étais soliste soprano. J'ai chanté des chants religieux et j'ai une formation classique, ce que n'avait pas Daniel. - M.Bouhafsi: Vous dites: "Daniel était mon petit frère, mon meilleur ami et mon alter ego." - G.Balavoine: C'est notre petit frère.

Je vais vous faire une confidence, il s'appelait Daniel. On l'a toujours appelé Bibiche, même jusqu'à sa mort. - M.Bouhafsi: Dans ce spectacle, vous interprétez une chanson que vous avez écrite après son décès.

Elle s'intitule "Un petit supplément d'âme". C'est une réponse à une chanson de votre frère, "Partir avant les miens", écrite 3 ans avant son décès. C'était prémonitoire? - G.Balavoine: Il faut croire. 2 ans après, il est mort. - M.Bouhafsi: Qu'est-ce que vous ressentez quand vous écoutez cette chanson? - G.Balavoine: Celle-là...

Après, en 97, 11 ans après, je me suis mis à rechanter. Je chantais ça et après, je chantais la mienne où je commence la chanson avec "partir, comme il est parti avant les siens..." Il m'est arrivé de ne pas pouvoir terminer.

Je n'avais plus de voix. Je pleurais. C'était très dur. - E.Eméyé: La ferveur autour de votre frère n'a jamais faibli.

Ses chansons ont traversé toutes les générations. - Quand je vous dis Daniel Balavoine, vous pensez à quoi? - "Mon fils, ma bataille".

Ca fait longtemps que t'es partie, maintenant. - Ca m'évoque mes souvenirs d'enfance. - C'est une musique que je ferai écouter à mon fils. - Il occupe une place importante dans la chanson française. - Il a marqué son époque.

Il était révolutionnaire. - C'est quelqu'un d'inspirant et un chanteur qui avait une voix hors du commun, pour l'époque. - CA M'FAIT PAS PEUR, C'EST MON FILS, MA BATAILLE.

FALLAIT PAS QU'ELLE S'EN AILLE. - Je n'suis pas un héros, faut pas croire ce que disent les journaux. C'est faire injure à ses chansons. - G.Balavoine: C'est gentil. - E.Eméyé: Vous mesurez cette importance pour les gens? - G.Balavoine: Je pense à lui tous les jours.

De l'entendre, quand je vais dans une grande surface...

Je l'entends. On l'entend tout le temps. De l'entendre chanter, c'est pas ça qui me touche le plus.

J'ai chanté avec lui. On avait la même tessiture de voix. On avait 3,5 octaves tous les 2.

Là où ça me rend malade, c'est quand je l'entends parler et que je le vois parler. Là, c'est terrible, pour moi. - M.Bouhafsi: On avait une archive de lui.

On ne va pas la diffuser si ça vous fait mal au coeur, G.Balavoine. - L.Baffie: Guy, je me présente, je m'appelle Henri. - G.Balavoine: Je croyais que vous vous appeliez Laurent. - L.Baffie: Ah, merde. - M.Bouhafsi: Plus jeune, Guy, vous disiez...

Vous êtes issu d'une fratrie de 6 enfants. Chez vous, tout le monde chantait. Vous lui disiez: "Bibiche, ne chante pas, tu esquintes tout." J'avais un frère auteur-compositeur et interprète.

Daniel, la musique, il ne l'avait pas apprise. Comme il avait 5 ans de moins que nous...

Il chantait...

Il m'a fait connaître les Beatles, les Rolling Stones, Supertramp...

Il est parti avec ça. On a retrouvé une archive savoureuse. Vous êtes tous les 2, Guy.

Ce sont vos débuts sur scène ensemble. Vous aviez monté un groupe qui s'appelait "Mélodie S.A.". - DANS LA GARE DE MANCHESTER, ELLE RIAIT DERRIERE SON NEZ.

ELLE AVAIT DEJA LAISSE...

SALLY! - M.Bouhafsi: Vous gardez quel souvenir de cette époque? - G.Balavoine: Le pire, c'était qu'on était chez Barclay.

Ils ont oublié de les mettre chez les disquaires. C'était quand même dramatique. Les 2 simples qu'on a faits, ils avaient oublié de les mettre en vente.

C'est dur. Ca fait rien. Daniel a continué après. - P.Larrouturou: Ce qui caractérisait votre frère, c'est qu'il osait s'engager contre la guerre, la famine, la défense de la jeunesse, les laissés-pour-compte.

On se souvient, face à F.Mitterrand, qui était premier secrétaire du PS, d'un moment légendaire de la télévision. Ca vous faisait quoi d'avoir un frère aussi hypersensible et grande gueule? - G.Balavoine: On avait l'habitude, je crois qu'on est comme ça...

On se met en colère facilement, chez nous. Tout le monde a cru que c'était contre F.Mitterrand.

Pas du tout. Il a attaqué tout le monde: Gaston Defferre à Marseille...

Il disait: "On n'a jamais eu un ministre de la Jeunesse et des Sports jeune. Regardez comment je suis habillé et regardez comment est habillé monsieur Soisson." - M.Bouhafsi: On adore tout Daniel Balavoine.

Ophélie est passionnée par la variété française. Jeanne chante toutes les chansons. Laurent était figurant sur la première télé de Daniel Balavoine. - L.Baffie: Quand on était figurants, on était un petit groupe.

On découvrait des gens. J'avais un peu l'oreille musicale. On en voyait beaucoup.

Ca nous avait vraiment choqués dans le bon sens du terme. Il y avait ce type qui chantait si aigu. On n'avait jamais vu ça de notre vie.

Un peu avec Juvet, mais pas dans le même registre. C'était étonnant, une révélation. - M.Bouhafsi: A la maison, augmentez le volume.

Tout de suite, un extrait du spectacle "Balavoine, ma bataille". - Ca fait longtemps que t'es partie, maintenant. Je t'écoute démonter ma vie, en pleurant.

Si j'avais su qu'un matin, je serai là, sali, jugé sur un banc par l'ombre d'un corps que j'ai serré si souvent, pour un enfant...

Les juges et les lois, ça me fait pas peur. C'est mon fils, ma bataille. Fallait pas qu'elle s'en aille, oh, oh, oh.

Oh, je vais tout casser si vous touchez au fruit de mes entrailles. Fallait pas qu'elle s'en aille. Petite rue de casbah au milieu de Casa.

Petite brune enroulée d'un drap court autour de moi. Ses yeux remplis de "pourquoi" cherchent une réponse en moi. - TA COULEUR ET TES MOTS, TOUT ME VA.

QUE TU VIVES ICI OU LA-BAS, DANSE AVEC MOI. SI TU CROIS QUE TA VIE EST LA, CE N'EST PAS UN PROBLEME POUR MOI, OH, OH. L'AZIZA, JE TE VEUX SI TU VEUX DE MOI.

L'AZIZA, JE TE VEUX SI TU VEUX DE MOI. NOUS, TOUT CE QU'ON VEUT, C'EST ETRE HEUREUX, ETRE HEUREUX AVANT D'ETRE VIEUX. ON N'A PAS LE TEMPS D'ATTENDRE D'AVOIR 30 ANS.

NOUS, TOUT CE QU'ON VEUT, C'EST ETRE HEUREUX, ETRE HEUREUX AVANT D'ETRE VIEUX. ON PREND TOUT CE QU'ON VEUT PRENDRE, MAIS EN ATTENDANT... - Quand viendra l'an 2000, on aura 40 ans.

Si on vit pas maintenant, demain, il sera trop tard. Qu'est-ce qu'on va faire ce soir? On va peut-être tout casser.

Si vous allez danser, ne rentrez pas trop tard de peur qu'on égratigne vos Jaguar. Préparez-vous pour la bagarre. C'est la panique sur les boulevards quand on arrive en ville. - M.Bouhafsi: Bravo!

Vous êtes tous les 2 vainqueurs de l'émission "The Voice". Quelle ambiance! - E.Eméyé: Tout le monde connaît les paroles par coeur. - M.Bouhafsi: On connaît Toutes les paroles de D.Balavoine.

Ca n'a pas vieilli. Merci à vous 5. C'était un plaisir de vous recevoir sur le plateau. - G.Balavoine: Ils chantent super bien. - M.Bouhafsi: Quelle folie!

On les retrouvera tous sur la scène à partir du 14 janvier prochain dans le spectacle hommage, "Balavoine, ma bataille". Ca n'a pas pris une ride. - L.Baffie: Même dans le discours, ça n'a pas pris une ride.

Tout ce qu'il revendiquait à l'époque, il avait beaucoup d'avance. Ce type, c'était une météorite qui a traversé le temps. - A.Bégot: Pourtant, vous ne chantez pas une des chansons. - L.Baffie: Je les chante dans ma tête.

Je connais toutes les paroles. Je suis archi fan. - M.Bouhafsi: En tout cas, vous ne chanterez pas sur la scène.

Dans votre tout nouveau spectacle, "Oh putain Laurent!", vous racontez votre parcours professionnel, les années avec T.Ardisson, votre passion pour les animaux.

Vous avez mis beaucoup de vous. - L.Baffie: Ce qui est très touchant, dans ce spectacle, c'est pour faire rire les gens mais quand je parle de Thierry, il y a un moment d'émotion.

Je peux y rester. Je me suis fait avoir 2-3 fois. C'est tellement spontané et vrai.

Je ne réalise pas qu'il n'est plus là, Thierry. J'ai l'impression qu'il va m'appeler pour me raconter une blague ou un sketch. On avait des cérémoniaux qui nous appartenaient.

Quand je parle de lui, j'ai l'impression de l'inclure. Ce n'est pas réaliste, qu'il ne soit plus là. C'est trop frais. - M.Bouhafsi: Il y a une nouvelle jeunesse pour L.Baffie.

C'est la star des réseaux sociaux. 1,3 million de followers sur Instagram. Ca, je crois que j'ai raison.

Vous êtes devenu l'idole des jeunes alors que vous êtes un boomer. - L.Baffie: Je suis même un vieux boomer. - M.Bouhafsi: Vous auriez pu imaginer ça? - L.Baffie: Non.

Ca faisait longtemps que je voulais aller sur Internet pour avoir cette liberté. Je ne maîtrisais pas l'outil. Un jour, j'ai découvert des lunettes qui m'ont permis de refaire des caméras cachées, que je pensais ne plus faire.

Ca m'a permis d'acquérir une communauté assez rapidement. C'est génial. De parler à plusieurs générations, c'est une chance que j'ai.

J'en profite. - M.Bouhafsi: L.Baffie avec ses nouvelles lunettes, sur les réseaux sociaux, pour des caméras cachées, ça donne ça. - C'est du caca de chien?

Je peux le prendre? - Oui. - Je le fume?

Vous faites des bisous. Vous pourriez m'en faire? - A vous, pas tout de suite. - J'ai un goéland mort dans la chambre... - Dans quelle chambre? - Comment tu vas?

Tu as des nouvelles de mère-grand? - Tu veux un coup de main? - Attends, je t'explique!

C'est une caméra cachée. Je m'appelle L.Baffie.

Rires. - L.Baffie: J'ai pris un coup de pompe, là. - M.Bouhafsi: Ca fait peur, les caméras cachées? - L.Baffie: Là, j'ai pris un coup de pompe.

Il m'est tombé dans les bras après. Je cherche la merde. Le mec est sur la plage.

Je lui vole son sac et il ne le voit pas. Je passe De l'autre côté pour qu'il me voie. Le mec est une armoire. - O.Meunier: Ils ne te reconnaissent pas tout de suite? - L.Baffie: Non.

J'ai le teint hâlé. Je suis plutôt beau gosse. - E.Eméyé: Les jeunes ont découvert sur les réseaux sociaux.

Les plus vieux, comme nous, c'était dans "Tout le monde en parle". Vous étiez un véritable sniper. - L.Baffie: On a tous envie de baiser Chantal.

On va d'abord faire l'interview. - T.Ardisson: Vous vous êtes déjà dit que vous alliez vous refaire les seins? - L.Baffie: Au moins un.

Pas de gestes à l'antenne. Je rigole, Chantal. Je t'aime. - E.Eméyé: Ce n'est qu'un aperçu, mais il y a beaucoup de moments sexistes qui ne passeraient plus aujourd'hui.

Vous dites que c'était une autre époque. "On était plus sexistes, machistes et cons." - L.Baffie: J'ai bénéficié d'une époque où on pouvait tout dire et tout faire.

Thierry m'a dit de ne pas s'excuser. Je n'ai pas cette théorie. Quand j'ai le sentiment d'avoir tort, je m'excuse. - M.Bouhafsi: Il y a une séquence que vous regrettez plus particulièrement? - L.Baffie: Non.

C'est pas des séquences qui ont été diffusées. C'est des vannes qui tombent à plat ou très mal. Je me souviens d'une séquence, d'une vanne qui tombait pendant un moment dramatique.

Pourquoi je n'ai pas fermé ma gueule? Il y a une injonction à être drôle, sur le coup, à meubler les silences. - A.Bégot: C'est pour ça que vous étiez là. - L.Baffie: Faire de l'humour et faire des vannes, c'est faire du hors-piste.

Quand on fait du hors-piste, on tombe et on chute. Thierry avait la gentillesse de couper mes vannes à l'antenne. Aujourd'hui, j'ai un spectacle où je raconte toutes les mauvaises vannes. - O.Meunier: Quand on regarde les vieux films qu'on a adorés, on avait oublié...

C'est pareil. - M.Bouhafsi: Place à une séquence plus intime, le répondeur. - A.Bégot: Le principe est simple.

Vous devez laisser un message à quelqu'un qui a beaucoup compté pour vous, que vous n'avez jamais remercié publiquement. A qui avez-vous choisi de laisser ce message? - L.Baffie: Thierry.

Thierry, répondeur, encore. Ca fait la 15e fois. Qu'est-ce que tu branles?

Tu n'es pas joignable. Avec Audrey, on s'inquiète. Ce que je t'ai pas dit, c'est qu'on s'est installés ensemble.

On parle beaucoup de toi. On parle énormément de toi. On t'attend.

Viens le 5 décembre à la Gaîté Rive Gauche. Je joue mon nouveau spectacle. Je parle de toi énormément.

Quand j'évoque ton nom, les gens applaudissent comme si tu étais parti. Ils t'ont enterré trop tôt. Tu es dans le coeur des gens en tout cas, tu es dans le mien.

Je t'embrasse. - M.Bouhafsi: Qu'est-ce que vous admiriez le plus chez lui?

Vous en parlez avec beaucoup d'émotion. - L.Baffie: On s'est trouvés.

C'est comme Montaigne et La Boétie. On s'est trouvés, tous les deux. Je le regardais déjà, j'étais fan de lui.

Il est devenu un peu fan de moi parce que je le faisais rire. Quand il faisait une émission, il était un peu fliqué par la chaîne. Il donnait une mauvaise cassette, un faux montage.

Qui ferait ça aujourd'hui? Il était très rock'n'roll. Il a regardé la mort en face d'une façon très rock'n'roll.

Il force l'admiration. - M.Bouhafsi: On vous a souvent entendu dire du bien de T.Ardisson, un peu moins de sa part.

Il était plus pudique que vous. Cette admiration que vous avez pour lui, elle était réciproque. - T.Ardisson: C'est un génie. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez repéré comment? - T.Ardisson: Il est venu me voir.

Je cherchais quelqu'un pour écrire. Il faisait des magnétos. Il avait fait un magnéto sur les Champs-Elysées.

Il est allé voir les gens qui avaient des blousons en skaï. Il leur disait: "Vous pensez à la douleur de la maman skaï quand on tue son fils pour faire un blouson?" Les gens répondaient: "Ouais, c'est vrai." - M.Bouhafsi: J'adore cet extrait.

Il parle de vous avec beaucoup d'émotion. On voit des étoiles dans les yeux de T.Ardisson.

Vous adoriez le faire rire. C'était quasiment un sport, pour vous. - L.Baffie: Quand on dînait ensemble, je n'avais de cesse que de les faire marrer, lui et Audrey.

Je faisais le show pour lui. C'était mon kif. Un peu aussi lui faire honte.

J'aime beaucoup faire honte à mes amis. - M.Bouhafsi: Par exemple? - L.Baffie: On est au restaurant avec Audrey.

Le serveur vient prendre la commande. Je lui dis: "Qu'est-ce qu'elle va manger, ta fille?" Devant tout le monde.

Ca le faisait rire. - M.Bouhafsi: En mai dernier, seulement 2 mois avant la mort de T.Ardisson, il vous confiait l'une de ses dernières interviews au micro de votre émission de radio, "Coloscopie". - M.Bouhafsi: Il est parti le 14 juillet dernier. - L.Baffie: Il est né le jour de la galette des Rois et parti le jour de la Révolution. - M.Bouhafsi: Il a écrit sa vie et son enterrement.

C'était comme une émission de télé. Toutes vos interviews sont filmées, dans "Coloscopie". Celle-ci ne l'était pas.

Vous étiez au courant de ce qui se passe? - L.Baffie: Thierry était très coquet.

Au début, on enregistrait dans un studio qui était une cave. J'avais pris sa maquilleuse. Il y avait 3 lumières et il m'a dit: "On ne va pas filmer." Il voulait des filtres.

Il était soucieux de son image. Tant pis. Ca fait un document audio émouvant. - M.Bouhafsi: Il vous l'avait dit, qu'il était malade? - L.Baffie: Je le savais.

Les choses se sont accélérées. Quand Audrey m'a laissé un message, je suis tombé du 6e étage. Elle m'a fait comprendre que ça allait aller très vite.

Thierry traînait sa maladie...

On en parlait. Il parlait de ses traitements. D'un seul coup, c'est devenu irréversible, en quelques jours.

Je n'étais pas du tout au courant. Lui non plus. C'est arrivé brusquement.

Il y a un traitement qui n'a pas marché et ça s'est accéléré. - M.Bouhafsi: On était ravis de le revoir et de l'honorer ce soir.

Il aurait adoré être là, le 5 décembre. - L.Baffie: Tous les gens qui sont morts auraient adoré être là. - M.Bouhafsi: Il y en a qui sont contents de ne plus vous voir, L.Baffie. - L.Baffie: Pas tant que ça. - M.Bouhafsi: On va continuer de parler de votre spectacle.

Notre chef vous a préparé votre péché mignon. On reste tous ensemble jusqu'à 21h. Dans un instant, on passe à table.

On découvre aujourd'hui que votre frère était un fin gourmet. Il l'expliquait à la télévision. - D.Balavoine: Nous sommes en train d'attaquer la piperade, un plat de mon pays.

Je vais mettre mon torchon à l'américaine. Pendant que j'épluche le premier oignon, je laisse les poivrons cuire à feu relativement fort. Pourquoi?

En fait, c'est les poivrons qui mettent le plus de temps à cuire. On tourne tout doucement. Le signe pour dire que c'est bon, c'est quand ça commence à ressembler à un truc qui a déjà été mangé. - M.Bouhafsi: Merci à tous d'être à la table de "C à vous".

On est ravis de vous recevoir. Notre chef a préparé votre péché mignon, L.Baffie. - L.Baffie: Des gnocchis?

Je les faisais avec ma grand-mère. Elle était napolitaine. On roulait la farine de pomme de terre.

J'ai fait ça toute mon enfance. - O.Dhiab: Elles sont faites avec une fourchette. - L.Baffie: C'est moins bien.

Pardon, mais c'est pas ma France. - M.Bouhafsi: Votre grand-mère était capable de passer 2 jours sur les gnocchis. - L.Baffie: Même pour faire une sauce. - M.Bouhafsi: C'était des souvenirs tendres qu'on découvre aussi dans votre spectacle.

Vous parlez de cette enfance et de cette tendresse. - L.Baffie: Pas énormément, mais j'en parle un peu.

Ma naissance, qui est vraiment très chanceuse. J'explique que je n'aurais pas dû être là. A l'époque, seul 1 enfant sur 10 était désiré.

J'étais pas désiré. Mes parents venaient d'avoir ma soeur un an plus tôt. Ma mère est allée voir une faiseuse d'anges.

Elle était enceinte de 3 mois. Elle lui a enfoncé des aiguilles à tricoter pendant 3 heures. Je suis quand même né avec un pull jacquard. - O.Meunier: Je ne savais pas s'il fallait rire ou pleurer. - M.Bouhafsi: Aujourd'hui, vous êtes très proche de votre mère, Ginette. - L.Baffie: Elle a 94 ans.

Je l'appelle tout le temps. On est très fusionnels. - M.Bouhafsi: Vous avez été un enfant difficile? 6 ans, convoqué au commissariat. - L.Baffie: Oui.

Embarqué par les flics. Dans le panier à salade. Il y avait 2 clochards qui se battaient.

Un panier à salade est arrivé. Moi, petit Titi, parigot, j'ai crié: "22, voilà les flics. Mort aux vaches." Il m'a fait monter dans le panier à salade.

Il m'a dit: "Tu vas pleurer?" je n'ai pas pleuré. J'étais le J.Moulin de la vanne. - M.Bouhafsi: Un policier qui embarque un gamin de 6 ans, ce n'est pas la bonne méthode.

Jeanne, je vous avais promis une surprise. Dans "Coloscopie", il y a un "Tu préfères". On vous en a donné un pour L.Baffie. - J.Métivier: Tu préfères ton podcast ou "Tout le monde en parle"? - L.Baffie: C'est un exercice différent.

Je préfère "Coloscopie" parce qu'on découvre un intervieweur hors pair. J'aime beaucoup cette émission. - M.Bouhafsi: Quelqu'un de modeste. - L.Baffie: Oui.

C'est une référence à "Radioscopie" de J.Chancel. Je fais des interviews plus profondes.

Ca s'appelle donc "Coloscopie". - J.Métivier: Tu préfères J.-M.Bigard ou T.Ardisson? - L.Baffie: Jean-Marie, c'est mon frère.

C'est un amour fraternel. Je l'ai connu Avant. Est-ce qu'on peut dire qui on préfère, quand on a 2 fils?

Je vais dire Jean-Marie. Je l'ai connu avant. En disant ça, je me dégoûte. - J.Métivier: Tu préfères m'inviter dans ton émission ou que je t'invite dans mon podcast? - L.Baffie: J'ai très envie de venir dans ton podcast.

J'ai également très envie de t'inviter, bien que tu sois trop jeune pour faire une coloscopie. Applaudissements. - M.Bouhafsi: L.Baffie va venir dans ton podcast.

C'est la très bonne nouvelle du soir. Merci, Laurent et Jeanne. Merci d'avoir participé à ce "tu préfères". - L.Baffie: On est obligé de répondre. - M.Bouhafsi: Je n'aime pas les jokers.

On passe à la photo de la semaine. - P.Larrouturou: Voici les photos marquantes de la semaine avec la une de "Paris Match".

Vous avez choisi celles qui vous ont le plus inspirés. Votre choix, Ophélie, c'est cette photo: une fillette en Irak. Pourquoi? - O.Meunier: Elle évoque les mariages forcés.

Il y a peu de temps, et je m'en excuse, j'ai appris à quel point il y avait des régions dans le monde où c'était extrêmement courant. Je pense à l'Inde, mais il y en a d'autres. Ca bousille des vies de jeunes filles. - P.Larrouturou: On voit la mariée et la demoiselle d'honneur.

La demoiselle d'honneur pourrait avoir le même destin? - O.Meunier: Probablement.

Je vis dans un monde où je passe un super moment, et en même temps... - L.Baffie: Et un type super. - O.Meunier: Un type super qui s'appelle G.Balavoine. - P.Larrouturou: Jeanne, vous avez choisi une photo qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. - J.Métivier: Cette photo m'a interpellée. - P.Larrouturou: C'était le 8 novembre.

C'était dans l'Arizona. C'est un astrophotographe qui a réussi à attraper un ami parachutiste. Il a pris cette photo, qui n'est pas un montage. - J.Métivier: Ca m'a émue.

Quand je l'ai vue, je me suis rappelé une histoire mythologique qui est celle d'Icare. Il s'est brûlé les ailes car il est passé trop près du soleil. Il est tombé, à peu près comme cette photo. - M.Bouhafsi: On donnera les photos de Laurent et de Guy sur les réseaux sociaux.

On est un peu en retard. T.Ardisson n'avait pas une chaîne qui lui disait de rendre à l'heure.

Je voulais qu'on fasse le blind-test. Le principe est simple: vous devez donner l'artiste, et non pas le titre. La première réponse, c'est le gagnant. ... - L.Baffie: "Only You". - M.Bouhafsi: Vous avez beaucoup pécho sur ce titre. - L.Baffie: Qui ne l'a pas fait?

Les slows...

On a tous le regret du slow. - G.Balavoine: Absolument. - O.Meunier: Pas moi. - L.Baffie: C'était un moment incroyable.

On pouvait prendre dans ses bras une fille qu'on ne connaissait pas 5 minutes avant. Ca peut évoquer des mauvais moments avec des types lourdauds qui puaient de la gueule. - M.Bouhafsi: 2e titre... ... - O.Meunier: Julio! - M.Bouhafsi: Pourquoi? - O.Meunier: J'ai chanté avec lui, un jour dans ma vie.

C'était incroyable. C'était dans "L'Ecole des fans". C'était très émouvant.

J'ai participé à l'émission de Jacques Martin. - M.Bouhafsi: C'était un plaisir de vous accueillir.

Je rappelle votre émission, "Zone interdite: Trisomie 21, un grand truc en plus"diffusée dimanche sur M6. "Balavoine, ma bataille", le spectacle sur Daniel Balavoine. Il commencera le 14 janvier à Alençon.

L.Baffie, vous êtes dans votre nouveau spectacle "Oh putain Laurent!".

On est très heureux de vous retrouver. Je voudrais qu'on écoute une musique en fond sonore...

C'est le titre "Bateau ivre", issu du nouvel album de S.Lama. Les artistes lui rendent hommage ce soir.

On termine cette émission avec le créneau de D.Segard. - D.Segard: Bonsoir. - M.Bouhafsi: C'est l'amour que G.Balavoine porte à son frère qui vous a inspiré votre histoire. - D.Segard: C'est l'histoire d'une table.

Vous allez me dire que j'ai lâché la rampe. Certains objets connaissent mieux les familles que les familles elles-mêmes. C'est une archive nationale, cette table en formica vert olive.

En 50 ans, elle a survécu aux plats brûlants, aux devoirs de maths et aux fratries. Les premières soeurs qui ont posé les coudes dessus, c'était Joséphine et Anaïs, 6 et 8 ans. Elles se disputaient beaucoup mais s'endormaient le front collé l'une à l'autre, chacune ayant peur du noir, sans sa soeur.

En grandissant, elles ont été rejointes par 2 petits frères. Adulte, c'est Joséphine qui avait récupéré la table. Elle recevait ses frères et soeurs pour des repas de famille chaotiques.

Ils n'ont jamais trouvé la partition pour se dire qu'ils s'aiment. "Je ne suis pas agressive, tu chiales pour un rien." "Personne n'était là pour le déménagement de papa et de maman." "Vous n'appelez jamais maman.

Pourquoi est-ce qu'elle garderait vos gosses?" "Ton fils a encore une tétine?" Dès que j'ouvre la bouche, j'ai l'impression de vous regarder comme si j'étais un avion sans pilote.

Une symphonie de caractères qui se coupaient la parole, mais qui revenaient toujours s'asseoir autour de cette table. Joséphine avait longtemps hébergé son petit frère un peu perdu dans la vie. Cédric, le seul humain qui se souvenait, sans se moquer, de sa coupe de cheveux de 2008, lorsqu'elle avait demandé la coupe de Sheryfa Luna au salon de coiffure.

Il connaissait ses casseroles et ses références des années 90. Parfois, il s'amusait à crier: "Ca a fait mai 68." Autour de la table, ils parlaient des heures autour des verres de vin trop tard.

Cédric posait son verre au même endroit, laissant une petite auréole ronde. Quand il est mort, une partie de Joséphine est partie. Il y avait 2 frères qui n'avaient aucun contact...

Ils ont grandi ensemble et ne savaient plus quoi se dire. La table accueillait tout ça sans broncher. Parfois, on peut prendre place autour d'une table, même si la table n'était pas à nous au départ.

Il y a des fratries qui rient, qui se ratent, qui se perdent. Malgré les liens du sang, les coeurs ne battent pas ensemble. Ils vont se loger dans une amitié.

Il existe des frères qu'on ne verra plus, mais aussi des soeurs qu'on n'a pas rencontrées. Toutes les fratries sont différentes. Certaines nous élèvent, d'autres nous échappent mais chacune nous laisse quelque chose qui nous construit.

Applaudissements. - M.Bouhafsi: Bravo.

Merci à tous. C'était un plaisir de vous réunir tous les 4. On se retrouve demain à 19h sur France 5.