"Il ne faut pas décider de la lutte contre les incendies depuis un bureau" pour Grégory Allione, député européen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:57OuverteRéponse directe
Est-ce que 12 Canadair, 8 Dachs, 3 avions Bichcraft et 250 000 sapeurs-pompiers sont suffisants face à l'intensification des feux ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Le projet de frégate F-100 (10 tonnes d'eau) assemblée à Istres est-il l'avenir pour suppléer le Canadair ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Vous réclamez la création d'un ministère dédié à la protection civile comme en Grèce. Qu'est-ce que cela améliorerait ?
Temps de parole
- Grégory Allione42 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 214 %
- Invité11 %
- Présentateur 38 %
- Invité 23 %
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D'ici Provence, ici Matin. L'info d'ici, nous allons parler de la saison des feux de forêt. Ça a démarré vite et fort et nous en parlons avec l'ancien patron des pompiers des Bouches-du-Rhône, Florent Leceau. Bonjour Grégory Allion. Oui, bonjour. Vous êtes lancé dans la politique, vous êtes député européen Renaissance. Mercredi dernier, il y a eu les incendies à Lançon, Rognac et Fréjus chez nous. Ce week-end, 5500 hectares sont partis en fumée sur trois feux. Les deux noms dans le Gardi, dans la Drôme et surtout le méga incendie dans les Pyrénées-Orientales qui progresse toujours ce matin. Un début de saison aussi précoce et intense.
C'est un phénomène remarquable et plutôt inquiétant, Grégory Allion.
Vous avez dit que je m'étais lancé en politique. En fait, moi j'ai un seul parti, c'est les sapeurs-pompiers, la protection civile, c'est peut-être la raison de mon engagement. Ça fait des années, j'étais président des sapeurs-pompiers en France. Donc ça fait des années que l'on dit qu'il y a un changement climatique. Vous savez, chez vos confrères de France Info, hier il y avait M. Gemmène qui est coproducteur du rapport du GIEC qui disait que la difficulté que l'on avait, c'est qu'avec le dérèglement climatique ou la saison des feux de forêt, on en parlait lorsqu'il y avait l'intensité et l'actualité et qu'après, au mois de septembre, on tournait la page. Donc c'est une difficulté.
Aujourd'hui, la Provence est préparée. Moi, je voudrais revenir sur les événements que vous avez cités, notamment dans les Bouches-du-Rhône. Ce sont de vraies réussites opérationnelles. Actuellement, les sapeurs-pompiers font face à une multitude de départs de feu. On ne parle toujours que des trains qui n'arrivent pas à l'heure. Mais au quotidien, et d'ailleurs la Sécurité civile l'a rappelé, et le ministre l'a rappelé, c'est plus de 7000 départs de feu depuis le début de l'année. Effectivement, malheureusement, il y en a 2-3 qui font des ravages et qui blessent des personnes.
Et moi, j'ai une pensée pour cette personne qui a été blessée sur le feu hier soir, et pour le sapeur-pompier qui lutte aussi pour préserver ses jours.
Grégory Allionne, notre pays peut compter notamment sur 12 Canadair, 8 Dachs, 3 avions Bichcraft, sur 250 000 sapeurs-pompiers, dont 80% de volontaires. Est-ce que c'est suffisant avec ce que nous subissons de plus en plus chaque été ?
Il y a eu en 2022 un avertissement, puisqu'on se rappelle, en 2022, il y a eu une saison catastrophique avec toute la France, toute la métropole concernée par des départs de feu. Le président Macron a pris des dispositions. Dorénavant, il y a eu un pacte capacitaire avec plus de 150 millions d'euros qui ont permis à des départements de se doter de véhicules alors qu'ils ne l'étaient pas, des départements plutôt du nord de la France, de l'ouest et de l'est.
Il y a eu également la mise à disposition de pélicandromes dans des territoires qui n'étaient pas concernés par le risque feu de forêt jusqu'à présent, que ce soit pour couvrir les massifs des Vosges, les massifs d'Île-de-France ou les massifs de l'ouest en Bretagne. Donc tout ça a été fait, il y a eu des commandes de Canadair. La seule difficulté qu'il y a, c'est que le dérèglement climatique est d'une violence. Presque, on nous prévoyait les choses pour 2030, 2040. Et aujourd'hui, nous ne sommes qu'en 2026. Et nous débutons la saison, vous l'avez dit, tout début juillet. Et je rappelle quand même deux éléments.
Un au niveau national, c'est qu'il y a 15 jours, nous faisions un feu en Haute-Loire, à Villeneuve-Dalier, qui défrayait la chronique sur un territoire qui n'avait pas l'habitude de connaître cela. Et au tout début avril, en Europe, nous avions plus de 500 hectares de forêt qui partaient en fumée aux Pays-Bas. Aux Pays-Bas. Donc ce qui veut dire que l'anachronisme et la violence du dérèglement climatique fait qu'il faudrait que l'on aille encore beaucoup plus vite.
Alors pour aller plus vite et plus loin en termes de moyens aériens, il y a des projets pour suppléer le Canadair. Il y a notamment ce projet de frégate F-100 qui pourra écoper 10 tonnes d'eau au lieu de 6 pour le Canadair. Ces frégates F-100 doivent être assemblées à Istres. Est-ce que c'est l'avenir cet avion ?
Moi, j'écoute comme vous aussi les grands décideurs, que ce soit dans notre pays ou même au niveau européen. On parle de souveraineté à tout bout de champ. On parle de PIB, on parle de croissance, on parle d'emploi. On parle de défis du dérèglement climatique, de défis géopolitiques, d'économie et d'industrie duale. Oui, c'est la solution. Il y a d'autres solutions. Il y a Kepler Aviation, il y a l'A400M avec son kit. Donc on voit bien qu'en Europe et en France, nous avons des startups qui sont en plus financées, accompagnées par l'État avec des lettres d'intention, avec France 2030 qui a donné de l'argent à cette startup in aéro pour ce frégate. Oui, il faut y aller. Oui, il faut renforcer.
Et il faut surtout faire quelque chose qu'en matière de protection civile, il faut avoir la même démarche que pour la défense, c'est-à-dire que la commande publique garantit l'industrie. Et il faut soutenir cette industrie parce qu'au-delà de la protection civile, c'est aussi de l'économie duale, c'est de l'emploi et c'est de la ressource.
À propos de protection civile, Grégory Allion, ancien patron des Pompiers des Bouches du René, au niveau national aussi, vous réclamez la création d'un ministère dédié à la protection civile, comme c'est le cas en Grèce. Ce n'est pas rien, votre proposition. Qu'est-ce que ce ministère permettrait d'améliorer en matière de lutte contre les feux de forêt ?
En fait, moi, ce n'est pas nouveau. Ça fait des années, ça fait des années que la Fédération nationale le porte. Ça fait des années que je l'ai repris en tant que président de sa part-pompiers. Je le porte toujours avec deux éléments. Premièrement, effectivement, une politique publique de protection civile au quotidien pour préparer la population. Il faut aujourd'hui que l'ensemble de la population s'engage à être prêt pour faire face aux événements que je citais, que ce soit le dérèglement climatique, la géopolitique. Vous savez, j'étais en visite dans les Pays-Baltes, en Scandinavie. Je serai en Ukraine très prochainement.
Ce sont des pays qui savent ce que veut dire, malheureusement, la géopolitique qui change. Donc, il faut se préparer à tout cela. On nous prévoit aussi des combats de haute intensité d'ici 2030. Donc, le dérèglement climatique, la géopolitique sont des enjeux. Ce ministère-là, ça permettrait d'avoir cette politique publique de protection et de défense civile au quotidien. Et surtout, le sujet, et l'année dernière, je l'avais dit sur votre antenne, c'est que la Direction générale de la Sécurité civile doit être dirigée, commandée par des sapeurs-pompiers, parce qu'ils connaissent cela.
Là, vous savez, lorsque vous demandez à former 50 colonnes ou à faire traverser des gens de Corse sur le continent, comme ça se passe en ce moment même, ce n'est pas seulement dire « je veux une colonne, deux colonnes », c'est savoir ce que cela fait de mobiliser des personnels.
Vous savez, en ce moment, je pense au directeur départemental des Bouges-du-Rhône, je pense à mes collègues directeurs, je pense aux chefs de centre, aux cadres, aux lieutenants qui sont en train de téléphoner, d'envoyer des textos pour mobiliser des personnels, faire en sorte que nos pompiers professionnels puissent continuer de s'engager sur les feux au-delà de leur garde opérationnelle, que les pompiers volontaires puissent être libérés pour se former, pour partir en intervention. C'est tout cela qui nous manque en ce moment.
Et vous dites, on ne décide pas de la lutte contre les incendies depuis un bureau qui n'a jamais senti la fumée. Merci beaucoup Grégory Allion, ancien pompier des Bouges-du-Rhône aujourd'hui, député européen Renaissance. Merci, bonne journée. Merci. Et puis un petit message au passage, merci d'arrêter aussi de jeter votre mégot de cigarette par la portière de votre voiture, la forêt, et les pompiers vous remercient par avance. Ici Provence, Éric Maronne, Écoutez, ici Provence, la radio des vacances, Marine à l'instant avec cœur maladroit. Ici Provence, le réveil 100% local.
Ici Matin, toujours le Tour de France, ici partenaire de la Grande Boucle, le Tour de France qui arrive d'ailleurs dans l'Hexagone, le parcours de cette troisième édition passe par les Pyrénées-Orientales et suite aux incendies qui touchent la région, les autorités ont donc décidé d'interdire le passage de la caravane. Les coureurs, eux, seront bien présents. Pour cette nouvelle étape, c'est ce que nous détaille Christian Prudhomme, le directeur du Tour, au micro d'Emmanuel Collardé.
Bonjour Christian Prudhomme. Bonjour. On quitte l'Espagne ce lundi pour prendre la direction de la France, évidemment, et donc des Pyrénées, et ce n'est pas forcément une étape réservée aux grimpeurs. Alors ce sera une étape pour les baroudeurs de la montagne, mais sait-on jamais avec les champions d'aujourd'hui. Un départ de Granolers, donc dans la manlieue de Barcelone, Granolers qui est connu pour son circuit automobile, moto et pour son équipe de handball. Et puis ensuite, nous remonterons donc vers la France, vers les Pyrénées-Orientales, avec une difficulté notable, le col de Tauzès, à une soixantaine de kilomètres d'arrivée.
Ensuite, on fera les 40 derniers kilomètres en France pour aller jusqu'à la station des Angles. Une arrivée inédite pour le Tour. On sera très longtemps sur un plateau, quasiment tout le temps à 1500 mètres d'altitude, avant une dernière montée, une montée finale d'un kilomètre et demi à quelques 7%, qui sera favorable au puncher. Sans doute, une échappée ira-t-elle au bout dans cette troisième étape ? Puncher, baroudeur, pour cette victoire d'étape aujourd'hui, on peut s'attendre peut-être à un invité surprise ? On peut avoir, bien évidemment, un invité surprise.
Quand on a tracé l'étape avec Thierry Gouvenot, notre patron des compétitions, on s'est dit, et si, et si, un baroudeur de la première semaine endossait le maillot jaune le troisième jour et le gardait pendant une semaine. C'est possible, en effet, mais peut-être qu'il y aura-t-il aussi une bagarre des favoris. Aujourd'hui, tout est possible. Pogacar, mais pas seulement, est capable de partir de très loin. On verra. La montagne sur la route du Tour, c'est pas seulement les lacets qui s'enchaînent. Aujourd'hui, on va traverser les très beaux plateaux qui entourent Font-Romeu. Oui, bien sûr, ce seront des paysages magnifiques pour les 40 premiers kilomètres en France.
Et puis, donc, en altitude, à chaque fois, Font-Romeu, c'était autrefois le camp d'entraînement des athlètes français avant de partir pour les Jeux Olympiques. Je me souviens, un gamin, de la préparation de Colette Besson, championne olympique du 400 mètres à Font-Romeu, avant les Jeux. C'est une région que certains coureurs connaissent bien. C'est une région qu'on fréquente peu. Donc, nous sommes très heureux d'être dans la Pyrénées-Orientale pour l'arrivée de cette troisième étape. Belle journée à vous, Christian Prudhomme. Merci.
Et pour rappel, donc, sur la partie française de cette troisième étape, pas de caravane publicitaire et pas de public non plus. La course vivra en direct. Troisième étape à suivre à partir de 13h30 sur votre radio, ici, Provence.
Grégory Allione