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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 30 janvier 2024 24 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploi

"Le rythme d’inflation continue de baisser", affirme Jean-Luc Tavernier, de l'Insee

Source d'origine 4 locuteurs

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Dans quel état est le pays ? La croissance tient-elle le choc ?

  • 0:46OuverteRéponse directe

    L'inflation est-elle vraiment derrière nous, comme le dit Bruno Le Maire ?

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous 2024 sur le front économique ?

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Vous avez sorti les chiffres définitifs de croissance pour 2023.

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Le gouvernement prévoyait 1% de croissance, vous êtes à 0,9%.

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Comment résiste l'économie française par rapport à l'Allemagne ou l'Espagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueChiffre
    « 2023, on vient de sortir le dernier trimestre de l'année, là, ce matin même. Donc une croissance à zéro, 0-0 au quatrième trimestre de l'année, pas de changement par rapport au trimestre précédent. »
  • 1:46Invité politiqueChiffre
    « on s'en sort avec pas de récession, puisqu'on évite la récession, et finalement une croissance en moyenne annuelle sur l'année 2023 qui sera 0,9%. »
  • 2:10InvitéChiffre
    « Le gouvernement prévoyait une croissance de 1%, ils ne se sont pas tellement trompés, puisqu'elle est de 0,9% sur 2023. »
  • 2:49InvitéFait
    « l'année 2023 avait bien, très bien commencé, ce qui nous permet de terminer l'année 2023 avec une croissance... Enfin, il n'y a pas de récession, contrairement à l'Allemagne. »
  • 3:43Invité politiqueChiffre
    « Ce qu'on avait prévu, nous, dans la dernière note de conjoncture, alors là, on est dans le domaine de la prévision, pour le premier et deuxième trimestre de 2024, c'était 0,2% de croissance chacun des trimestres. »
  • 6:22Invité politiqueChiffre
    « on est passé de 5,9 en 2022... 5,2, pardon, en 2022 à 4,9 en 2023, ce que vous venez de dire. »
  • 6:36Invité politiqueChiffre
    « L'inflation, elle a monté jusqu'au début de l'année 2023, de l'année passée. Et elle a dépassé plus de 6% au printemps 2023. »
  • 6:49Invité politiqueChiffre
    « Le dernier glissement annuel d'inflation, c'est le suivi de décembre, il y a de 3,7%. »
  • 7:20Invité politiqueChiffre
    « Notre prévision à horizon de juin, on s'arrêtait, c'était de revenir dans des eaux de 2,5%, et même pour l'inflation sous-jacente, autour de 2%. »
  • 8:15Invité politiqueFait
    « on est plutôt sur une stabilité aujourd'hui des prix des produits alimentaires. »
  • 20:10InvitéChiffre
    « 240 000 emplois seraient menacés par les défaillances d'entreprises en 2023 en France. Un record depuis au moins 7 ans. »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Invité18 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 24 %
  • Auditeur3 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le directeur général de l'INSEE, l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Jean-Luc Tavernier, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter où vous allez nous révéler, en ce jour où Gabriel Attal prononce son discours de politique générale, le tableau économique de la France. Dans quel état est le pays ? La croissance tient-elle le choc ? Si la situation est préoccupante, par exemple en Allemagne, en sommes-nous affectés par ricochet ? L'inflation est-elle vraiment derrière nous, comme le dit Bruno Le Maire ?

Bref, vous le voyez, nous avons beaucoup de questions à vous poser ce matin. Mais pour commencer, en quelques mots, même si vous êtes un homme de chiffres, comment voyez-vous 2024 sur le front économique ? Est-ce que le pire est passé ? En 2023, va-t-on vers le meilleur ? Vers la stagnation ? À quoi peut ressembler le paysage ?

1:08
Invité politique

Bien, alors 2023, on vient de sortir le dernier trimestre de l'année, là, ce matin même. Donc une croissance à zéro, 0-0 au quatrième trimestre de l'année, pas de changement par rapport au trimestre précédent. C'était la même chose au troisième trimestre. Donc ça fait un ralentissement quand même assez fort sur la fin d'année 2023. Alors on peut y voir, comme toujours, le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Le verre à moitié vide, c'est qu'effectivement, on est dans un ralentissement assez sensible en cours d'année 2023.

Le verre à moitié plein, c'est que, pour être sincère, on nous aurait dit, il y a un an, au plus fort de la crise énergétique, on s'en sort avec pas de récession, puisqu'on évite la récession, et finalement une croissance en moyenne annuelle sur l'année 2023 qui sera 0,9%.

1:50
Invité

Oui, ça c'est le chiffre que vous révélez ce matin. En fait, vous avez sorti toute une série de chiffres qui sont les chiffres définitifs, parce qu'il faut expliquer aux gens, en général, il y a les prévisions, les prévisions de Bruno Le Maire, les prévisions de la Banque de France, et puis à un moment, l'INSEE tranche à la fin en disant, voilà, à combien a été la croissance en 2023. Et donc, le gouvernement prévoyait une croissance de 1%, ils ne se sont pas tellement trompés, puisqu'elle est de 0,9% sur 2023, malgré, c'est ce que vous dites, une croissance nulle au dernier trimestre et au trimestre d'avant. Donc en fait, le début d'année 2023 a été très bon, et ensuite, pas trop.

2:26
Invité politique

Voilà, exactement. Alors, c'est un peu plus compliqué que ça. C'est-à-dire qu'on passe de l'analyse conjoncturelle de la prévision, à, pour la première fois, la publication des comptes. Ce n'est pas complètement définitif, parce qu'il peut encore être révisé, au fur et à mesure qu'on a des informations nouvelles. Quand on sort les comptes du trimestre, à la fin du mois qui suit le trimestre, il y a encore plein d'informations à venir, donc il y aura peut-être des révisions. Mais ça ne changera pas la...

2:46
Invité

Mais ce qu'on doit lire sur le tableau économique de la France, c'est que l'année 2023 avait bien, très bien commencé, ce qui nous permet de terminer l'année 2023 avec une croissance... Enfin, il n'y a pas de récession, contrairement à l'Allemagne, par exemple, mais qu'elle est nulle au dernier trimestre.

3:03
Invité politique

Et ça se voit dans les enquêtes de conjoncture. C'est-à-dire qu'on a un ralentissement progressif des enquêtes de conjoncture, depuis plusieurs mois. C'est vrai du climat des chefs d'entreprise sur l'activité, c'est vrai de leur climat sur l'emploi aussi, qui est revenu à la moyenne historique, alors qu'il était longtemps au-dessus. En revanche, la confiance des ménages remonte un petit peu. Elle avait plongé, elle avait plongé en 2022, au moment de la guerre en Ukraine. Vraiment, elle est tombée très très bas. Elle a refait la moitié du chemin, déjà, la confiance des ménages. Et c'est un peu les motifs d'espérance pour l'année 2024. C'était votre question.

On peut espérer que la désinflation, on va en parler, fait son œuvre. On regagne du pouvoir d'achat et ça alimente de la consommation. Et il y a à nouveau de la croissance positive. Ce qu'on avait prévu, nous, dans la dernière note de conjoncture, alors là, on est dans le domaine de la prévision, pour le premier et deuxième trimestre de 2024, c'était 0,2% de croissance chacun des trimestres.

3:54
Invité

0,2% chacun des trimestres qui arrivent. Ce qui serait pas mal, ce qui serait... Vous voyez toujours le verre à moitié du verre à moitié du verre à moitié du verre.

4:04
Invité politique

C'est mieux que les zéros de la fin d'année 2023. Et 0,2% par trimestre, ça vous fait, sur l'année, ça vous fait quelque chose qui reste...

4:13
Invité

Mais si vous comparez à nos voisins, comment résiste l'économie française par rapport... L'Allemagne, ça ne va pas. Mais nos autres voisins, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, comment vous jugez la France ?

4:24
Invité politique

On devrait avoir incessamment les chiffres de la zone euro de la même manière. Je pense qu'on sera un petit peu au-dessus. Ce qu'on pourrait mettre plutôt sur la zone euro, c'était 0,5. Là, on a 0,9 pour 2023. Si on compare avec les autres pays, c'est assez net que l'Allemagne est en dessous, donc plombée par un point beaucoup plus important des industries énergivores, très consommatrices d'énergie, et que l'Espagne est au-dessus, qu'il y avait encore un potentiel de rattrapage post-Covid, le tourisme, etc. Et puis avec l'Italie, on est à peu près dans les mêmes zones.

4:51
Invité

Et le taux de croissance pour 2024, donc vous nous dites plus 0,2, plus 0,2 sur les deux premiers trimestres, ça c'est vos prévisions. Le gouvernement vise 1,4% sur l'année 2024. Est-ce que vous aussi, vous voyez une croissance qui redémarrera à l'été et le deuxième semestre ?

5:04
Invité politique

Alors ça peut aller plus vite, les raisonnements pourraient conduire à ce que ça accélère en fin d'année 2024. Pas jusqu'à aller à 1,4 de moyenne annuelle sans doute, mais le ministre aura sans doute l'occasion de vous en reparler.

5:17
Présentateur

La Banque de France dit 0,9, vous êtes plutôt sur ce...

5:21
Invité politique

Franchement, nous, notre horizon, il s'arrête à la fin du deuxième trimestre. À la fin du deuxième trimestre, l'acquis, alors l'acquis c'est s'il n'y avait pas de croissance du tout, à la fin d'année 2024, ça serait 0,5, quelque chose comme ça. Il y aura un peu de croissance, donc ça sera plus. Mais vraiment, je ne vous donnerai pas de chiffres, car on ne fait pas l'exercice complet sur l'année.

5:39
Présentateur

Alors, qu'en est-il maintenant, Jean-Luc Tavernier, de l'inflation ? Vous avez révélé qu'elle atteignait 4,9% sur un an en 2023, contre 5,2% en 2022. Bruno Le Maire dit-lui que l'inflation est derrière nous. Est-ce que vous employez les mêmes mots que le ministre de l'économie ?

5:59
Invité politique

Alors nous, ce qu'on a mis, c'était le titre de notre dernière note de conjoncture en décembre, c'était des inflations en bonne voie. On est toujours dans l'institut des... Là, on se mouillait un peu. On disait vraiment, on est dedans, ça...

6:08
Invité

Là, vous êtes au max de se mouiller.

6:10
Invité politique

Ah oui, mais vraiment... Vous étiez dans l'eau, là, carrément. Au taquet, je vous assure.

6:15
Invité

Alors, si on regarde... Parce que l'INSEE est toujours prudente et s'appuie sur les chiffres.

6:19
Invité politique

Si on regarde les moyennes annuelles que vous citez, on est passé de 5,9 en 2022... 5,2, pardon, en 2022 à 4,9 en 2023, ce que vous venez de dire. Donc là, on se dit, ça ne change pas d'une année sur l'autre. En fait, ça masque des mouvements importants. Parce que l'inflation, elle a monté jusqu'au début de l'année 2023, de l'année passée. Et elle a dépassé plus de 6% au printemps 2023. Donc, il y a un peu moins d'un an. Et elle a baissé continuellement depuis. Le dernier glissement annuel d'inflation, c'est le suivi de décembre, il y a de 3,7%. Demain, on sort le glissement annuel d'inflation de janvier. Alors, je vous vois gourmand, mais je ne vais pas vous l'annoncer là.

6:55
Invité

Oui, on est gourmand, bien sûr.

6:57
Invité politique

Mais ce qu'on avait prévu, c'était que ça continuait à baisser.

7:00
Invité

Ça va continuer à baisser en janvier.

7:02
Invité politique

Alors, on dit bien, le rythme d'inflation baisse. Ça ne veut pas dire que les prix baissent d'autant. Ça veut dire que la hausse des prix sur 12 mois, ralentie. Donc, on s'attend à... Je serais très surpris s'il n'y avait pas, conformément à la prévision qu'on a mise, une nouvelle réduction du glissement annuel d'inflation demain dans les chiffres de janvier. Et notre prévision à horizon de juin, on s'arrêtait, c'était de revenir dans des eaux de 2,5%, et même pour l'inflation sous-jacente, autour de 2%. Oui, mais vous savez ce que... Donc, c'est effectivement en bonne voie.

7:31
Invité

Vous savez ce que vont vous dire les Français qui font leurs courses ? C'est qu'eux, ils ne la voient pas, la baisse de l'inflation. Ils continuent de voir que les prix alimentaires ont augmenté nettement avec des paquets de pâtes, de l'huile qui est à plus 10%, parfois plus 15%, plus 20%, parfois plus 30% du prix avant l'inflation.

7:51
Invité politique

Oui, alors, j'incite beaucoup sur le fait que l'inflation, ce n'est pas le niveau des prix. C'est-à-dire que quand on dit que l'inflation baisse, ça ne signifie pas qu'on revient au niveau des prix d'avance et de poussée inflationniste qu'on a connue depuis 2021. Et donc, les prix des pâtes, des oeufs, du lait restent plus élevés. Mais je ne crois pas qu'ils continuent d'augmenter. Et quand on voit nos derniers chiffres qu'on compare au mois le mois, on est plutôt sur une stabilité aujourd'hui des prix des produits alimentaires.

8:18
Présentateur

Pour beaucoup de Français, les salaires restent trop bas et la moindre hausse des prix de l'énergie, du carburant, est difficilement surmontable. L'annonce de Bruno Le Maire que les prix de l'électricité augmentent de presque 10% en février. Est-ce que ça, ça passe particulièrement mal ?

8:35
Invité politique

Écoutez, moi, je ne peux guère en juger que par les enquêtes de conjoncture. On interroge 2 000 ménages chaque mois. Encore, ce que je vous disais tout à l'heure, leur morale était tombée très très bas. On regarde leurs indications sur le niveau d'activité, sur le niveau des prix, sur le niveau de chômage. Et ça remonte quand même graduellement. Et ce qu'on a vu encore, dans ce qu'on a publié la semaine dernière, ça continuait à remonter. Donc le moral des ménages tombait très bas, mais quand même redevient à des niveaux plus raisonnables.

Dans les prévisions d'inflation que je vous ai données là, qui arriveraient à autour de 2,5% en milieu d'année, qui pourraient même être un peu en dessous au printemps, on tient bien compte de la hausse des prix de l'électricité qui est prévue. Enfin, on a fait une hypothèse.

9:19
Invité

Mais Nicolas parlait des salaires. Est-ce qu'on peut imaginer, et c'est la une du Parisien ce matin, quelle hausse de salaire en 2024 ? Les experts imaginent que les salaires pourraient augmenter de 3,5 à 4% cette année. Est-ce que vous voyez des salaires qui augmentent plus vite que l'inflation ? Oui, je pense. 2024, est-ce que ça, ça serait de l'ordre d'une bonne nouvelle économique ?

9:41
Invité politique

On est sans doute au moment où ça se croise. C'est-à-dire que pendant les deux années, 2022-2023, et c'est normal quand il y a de l'inflation, c'est de l'inflation importée, il faut bien l'avoir en tête. Les salaires suivent avec retard l'inflation. Le SMIC est indexé, mais avec un peu de retard. Et les autres salaires le suivent aussi avec retard. Donc on a des pertes de pouvoir d'achat qui sont attendues. Mais on sait aussi que quand il y a de la désinflation, on va avoir l'effet contraire. C'est-à-dire qu'on peut penser que les évolutions de salaire vont devenir plus fortes que les évolutions des prix à partir de ce début d'année 2024.

10:16
Présentateur

Et donc ça va avoir un effet sur la consommation notable. Ça va avoir un effet sur le pouvoir d'achat,

10:20
Invité politique

comme l'effet des revalorisations de prestations, et des revalorisations de prestations, de retraites notamment, de prestations familiales qui arrivent là en début d'année, qui sont fondées sur l'inflation de l'an dernier, qui sont assez élevées et qui vont donc aussi alimenter... Et qui se traduiront dans la croissance. Et qui vont alimenter du pouvoir d'achat, et pour peu qu'il y ait un peu de confiance des ménages, de la consommation et de la croissance.

10:39
Invité

Ça c'est le bon côté, comme vous dites, le verre à moitié plein sur les salaires. Le verre à moitié vide, c'est de voir qu'il y a, et même le Premier ministre Gabriel Attal l'a évoqué, une smicardisation de la société. Alors que les smicards, ceux qui touchaient le smic, ne constituaient que 12% des salariés français il y a 3 ans, aujourd'hui ils sont à plus de 17%. Qu'est-ce que ça dit de la société ? Est-ce que vous voyez, est-ce qu'on va vers une smicardisation du monde du travail ?

11:06
Invité politique

Alors, il y a un phénomène un peu conjoncturel, puis quelque chose de plus structurel. Un mot sur le phénomène conjoncturel, quand on a comme ça cette hausse d'inflation, qui vient des prix étrangers, des prix importés, des prix des matières premières, alimentaires, des prix de l'énergie, le smic est indexé, c'est la loi. Dès qu'on a deux points d'inflation, on remonte le smic. Ce n'est pas le cas des autres salaires. Donc ça se tasse forcément, pour cette raison-là. Ça c'est le phénomène conjoncturel, il y a plus de personnes qui sont au smic ou à proximité du smic. Le phénomène plus structurel, c'est qu'on a des gris dans toutes les branches qui sont très tassés.

Donc, quand on gagne un peu en ancienneté, on monte en gris, mais on gagne un petit peu de salaire, pas beaucoup, parce que le smic lui-même est assez proche, en fait, dans ce pays, du salaire médian de l'ensemble des salariés. Et l'autre problème que l'on connaît, c'est qu'il y a beaucoup de dispositifs qui ont été faits pour inciter les gens à la reprise du travail, comme ça a été la prime, la PPE, le RSA, maintenant ça va être la prime d'activité. Évidemment, quand on augmente en salaire, on va perdre du bénéfice de ces dispositifs, on va perdre des allocations au logement, éventuellement on rentre dans le barème de l'impôt sur le revenu.

Donc en plus, ce qu'on gagne un petit peu en termes salariales, on en gagne moins en termes de revenus. Donc on a ce problème, effectivement, d'une classe moyenne qui voit peu le fruit de ses efforts lorsqu'elle gagne en ancienneté, en compétences.

12:34
Invité

C'est quoi la classe moyenne pour le patron de l'INSEE que vous êtes ? Vous savez définir la classe moyenne ?

12:39
Invité politique

Je pense qu'on l'a fait dans une... Vraiment, pour répondre à la demande, on l'a fait dans une publication récente. Mais nous, clairement, on a redéfini le seuil de pauvreté, c'est des règles internationales, et parce qu'il y a une politique de lutte contre la pauvreté. On nous avait demandé, il y a quelques années, de faire un seuil de richesse, et j'avais répondu avec une collègue dans un billet de blog, non, nous n'allons pas le faire. Nous n'allons pas le faire. Ce n'est pas au statisticien de dire qui est riche.

Et dans la classe moyenne, vous pouvez avoir des situations très différentes, selon que vous ayez des intérêts d'emprunt parce que vous êtes en train d'acheter votre maison et que vous n'êtes pas remboursé, que vous êtes un loyer plus ou moins élevé. Vous avez des situations très différentes. Alors, moi, l'espèce de fétichisme de mettre les gens dans un truc, non, pas tellement. En revanche, on a des tas de publications qui vous montrent la situation des ménages selon leur décile de revenus. C'est un peu technique, mais dans quel dixième de revenus ils sont, etc.

13:38
Présentateur

Allez, on passe au standard. Jacques nous appelle d'Arras, je crois. Bonjour.

13:43
Auditeur

Merci, France Inter, de prendre ma question. Je vous en prie. Je voudrais demander, comment dire, au spécialiste des chiffres, qui est le président de l'INSEE, comment il peut m'expliquer que mon pouvoir d'achat va augmenter alors que le prix de l'électricité va augmenter de 10% prochainement avec les taxes et que mon salaire n'augmentera pas. Pour information, l'évolution du prix du kilowattheure d'électricité depuis 2002, c'est plus 101%. Et on va dire, c'est l'augmentation la moins forte. Le mètre cube de gaz a augmenté de 187%. Et le mètre cube d'eau, lui, n'a augmenté que de 20%.

14:25
Présentateur

Merci, Jacques, pour cette intervention. On va donner la parole également à Claude, qui nous appelle de Seine-et-Marne. Bonjour, bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute.

14:35
Invité

Je reprends un peu la réflexion de la personne d'avant. C'est-à-dire que, en fait, moi, je conteste le calcul de l'inflation parce qu'on ne tient pas compte de plein, notamment, par exemple, la taxe foncière, qui va augmenter également, qui a augmenté l'année dernière et qui va augmenter encore cette année de 7%. Et par contre, dans le calcul de l'inflation, on intègre des choses que moi, je ne concentre pas tous les jours, genre des téléviseurs, des ordinateurs portables ou des ordinateurs de façon générale, des téléphones, etc. En fait, les calculs sont faussés.

Moi, je m'excuse, quand on est dans les catégories des gens qui sont moyens, on va dire, on consomme de la nourriture tous les jours, on consomme de l'électricité, surtout comme moi, j'ai pris une PAC, une pompe à chaleur, pour mon installation personnelle, j'ai acheté une voiture électrique, tout ça, ça va peser énormément sur mon budget quotidien. Par contre, je m'excuse, je n'achète pas un ordinateur tous les jours, ça, c'est sûr. Donc, voilà, je pense qu'on fausse les calculs de l'inflation. La vraie inflation, c'est celle qu'on consomme tous les jours.

15:33
Présentateur

Merci, Claude, pour cette question. Alors, que répondez-vous, Jean-Luc Tavernier, à nos deux auditeurs, dont les interpellations vont dans le même sens ?

15:42
Invité politique

Oui, oui, bien sûr, je vais répondre, alors à la fois à Jacques et à Claude. À Jacques, je dis bien que, d'abord, sur l'année 2023, ce qu'on a, c'est une très forte, très très faible hausse du pouvoir d'achat sur 2023. Si on tient compte de l'augmentation de la population des situations familiales, c'est vraiment à peine un maintien du pouvoir d'achat pour les ménages. Pour 2024, ce qu'on disait tout à l'heure, c'est qu'on pouvait prévoir que le pouvoir d'achat allait se rebondir un petit peu. C'est en moyenne. Pour quelqu'un qui ne voit pas d'augmentation de son salaire, clairement, il n'y aura pas de hausse de pouvoir d'achat.

Mais il y aura beaucoup de gens qui vont voir une augmentation de leur salaire. On l'a dit, les personnes qui bénéficient de prestations sociales vont avoir des revalorisations. Donc, en moyenne, bien sûr, mais il faut échapper à la dictature de la moyenne, c'est pour ça qu'encore une fois, on a des tas de publications qui montrent l'évolution des inégalités. Et puis, à Claude, je vais répondre que, bien sûr, il faut aussi qu'on rende compte de ce que c'est que la consommation courante.

Et on a, chaque mois, en même temps qu'on publie l'analyse des prix, vous pourrez le vérifier demain, il y aura un indice des prix des produits de la grande consommation, ce qu'on achète notamment dans la grande distribution, et vous verrez que ça augmente beaucoup plus, ça a augmenté de 12% les mois précédents sur l'année, conformément à ce qu'on entend, à ce que les uns ou les autres pouvaient faire dans certains médias pour suivre des paniers types, des chariotypes. Donc, il n'y a pas de problème de cohérence entre nos chiffres et ceux-là, mais il est aussi important, nous, dans l'indice des prix, qu'on prenne en compte les achats qui sont faits moins fréquemment.

La télévision, même si on ne l'achète pas tous les ans, ou l'ordinateur, ou la pompe à chaleur que vient d'acheter Claude, il faut qu'elle rentre

17:20
Invité

dans vos calculs.

17:20
Invité politique

Il faut qu'elle rentre, elle rentre en fonction de son poids moyen, zéro pour la plupart des années, et puis de temps en temps, un poids important, l'année où on consomme ses dépenses.

17:29
Invité

Petite question de Renaud sur l'appli d'Inter, j'habite un village de 300 habitants en milieu rural, pouvez-vous nous parler de la différence d'inflation entre milieu urbain et milieu rural ?

17:38
Invité politique

Oui, alors il faut aller voir dans les notes de conjoncture des deux années dernières, Renaud, on a des publications où on a essayé de tenir compte du fait que les paniers sont différents, de biens et services consommés par les ménages sont différents selon leur âge, leur revenu, leur lieu de résidence. Et quand c'est une augmentation forte du prix d'énergie, alors c'était beaucoup le cas les trimestres précédents qui boostaient l'indice des prix, on voit qu'évidemment, en milieu rural, on a plus d'inflation. Sur son panier, parce qu'on consomme plus de transport et souvent de chauffage qu'en milieu urbain.

Il y avait une différence assez forte entre, s'il pouvait être 2 ou 3%, entre les habitants de l'agglomération parisienne et les habitants des...

18:22
Invité

Ils ont plus souffert de l'inflation des prix de l'énergie que le milieu urbain.

18:27
Présentateur

Voilà. Deux critiques théoriques sur l'application, Alix et Christophe. Pourquoi, Alix, toujours prendre le PIB comme indicateur pour savoir si l'économie d'un pays va bien ou pas, c'est un indicateur périmé avec l'évolution délirante des économies. Christophe, ne voulez-vous pas réfléchir à la remise en cause de l'indicateur croissance ? On sait très bien qu'il est mal corrélé au bien commun alors que c'est le bien commun qui doit guider les décisions. Polluer activement contribue à la croissance. monsieur le patron de l'INSEE. Que répondez-vous à nos auditeurs Jean-Luc Tavernier ? Alors,

19:04
Invité politique

ils ont raison pas tout à fait. C'est-à-dire que je dirais que le PIB est insuffisant mais il n'est pas périmé. Alors, il est insuffisant parce qu'il faut bien rendre compte et alors on le fait. On publie des statistiques tous les jours, vous le savez bien ici, qu'on ne fait pas que le PIB. On parle d'inflation, on parle de bien-être, on parle de redistribution. Mais c'est vrai qu'il y a

19:23
Invité

une obsession à la fois

19:24
Invité politique

d'artificialisation. Il y a une focalisation

19:26
Invité

sur le PIB.

19:27
Invité politique

Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain parce qu'aussi longtemps qu'on s'intéresse aux revenus dans l'économie et au partage des revenus, il faut s'intéresser au PIB. Le PIB, c'est non seulement ce qu'on produit, c'est aussi ce qu'on peut distribuer en revenus à l'ensemble des agents de l'économie. Donc, le jour où on ne s'intéressera plus aux revenus, on pourra jeter le PIB. En attendant, il faut le garder mais il faut le compléter par bien d'autres choses et l'on fera de plus en plus d'ailleurs de comptabilité verte ou de comptabilité en matière d'inégalité.

19:54
Invité

Alors, on a encore beaucoup de questions et on en reçoit plein sur l'appli d'Inter. C'est une avalanche de questions précises d'ailleurs sur des auditeurs à vous poser. Cher patron de l'INSEE, comme on dit. Parlons de la santé des entreprises. Les chiffres inquiétants ont été publiés il y a quelques jours. 240 000 emplois seraient menacés par les défaillances d'entreprises en 2023 en France. Un record depuis au moins 7 ans. Est-ce que vous regardez ce point des défaillances d'entreprises avec attention à ce que c'est un point qui vous fait peur pour l'année à venir ?

20:24
Invité politique

Oui, c'est un point qu'on regarde pour l'analyse conjoncturelle. C'est une statistique qui est publiée par la Banque de France. Nous, on publie les statistiques de création d'entreprises qui au passage sont très dynamiques. C'est plus d'un million en 2023. Ça ne signifie pas un million d'entrepreneurs nouveaux parce que ça peut être plusieurs entreprises ou ça peut être des gens qui sont aussi salariés en même temps. Mais il y a beaucoup de création d'entreprises. Les défaillances, on sait que pendant toutes ces périodes Covid du fait de l'ensemble des dispositifs de soutien, elles ont été très réduites. Donc, il y a une sorte de retour à la normale voire un peu de rattrapage.

À ce stade, je n'y vois pas d'alarme plus forte que ça.

21:01
Invité

Et le taux de chômage qui avait atteint son plus bas depuis 15 ans, je crois. Non, depuis 1982, son plus bas historique à 7% au premier semestre 2023. Il est légèrement remonté au deuxième semestre. Est-ce que vous avez une inquiétude sur le taux de chômage ?

21:15
Invité politique

Notre prévision, c'est qu'il continue à remonter un peu. On a eu des créations d'emplois très très fortes et avec des pertes de productivité dans l'ensemble de l'économie. C'est l'autre côté de la face. Mais des créations d'emplois très très fortes depuis la sortie du Covid. Ça s'est voyé dans le climat conjonctuel des entreprises qui nous disaient toutes avoir des difficultés de recrutement, vouloir embaucher, etc. Et ça, ça se retourne un peu. Donc, on s'attend à des créations d'emplois beaucoup plus faibles dans les trimestres qui viennent et une petite remontée du chômage. On prévoyait 7,6% à l'horizon du milieu d'année.

21:45
Présentateur

Jean-Luc Tavernier, Jonathan, sur l'application d'Inter, vous demande si vous avez une prévision pour la démographie française sur les 20 à 50 prochaines années.

21:56
Invité

à l'aune de ces chiffres qui ont été publiés sur la baisse record du nombre de bébés.

22:02
Invité politique

Vous savez, il faut un peu d'humilité. Ce n'est pas facile, il faut se forcer, mais il faut un peu d'humilité quand on fait des prévisions économiques. Quand on fait des prévisions démographiques, il faut énormément d'humilité. On fait des projections démographiques, on les fait ne serait-ce que pour les besoins du Conseil d'orientation des retraites. Le Conseil d'orientation des retraites fait des prévisions à horizon de 2070. Pour ça, il faut des hypothèses sur la mortalité, la natalité.

22:23
Invité

Mais ça va continuer à baisser, c'est la question.

22:24
Invité politique

Vous savez, on a toujours plein de scénarios. Est-ce qu'il faut que je vous dise simplement... Mouillez-vous ! Non, vous ne vous mouillez pas. Ce que simplement je peux vous dire, c'est que ces derniers temps, c'est toujours été les scénarios du bas qui se sont révélés en matière de natalité. On a une baisse de la natalité qui est assez continue depuis maintenant pas mal d'années. Il faut qu'on travaille sur ces sujets dans les mois qui viennent pour comprendre si c'est à tous les niveaux de revenus. Les premières études montraient que c'était à tous les niveaux de revenus. Donc, ce n'était pas forcément la responsabilité du durcissement des politiques familiales. Mais c'est à confirmer.

Si ça concerne les familles d'enfants, les premiers enfants ou les familles nombreuses, etc. On va y travailler et après, on reviendra vers vous pour essayer de...

23:06
Invité

Là, on ne s'en mouille pas. Dernière question, très rapidement, Gary sur Lapid Inter. Monsieur Inse, il vous appelle Monsieur Inse, faut-il épargner ou pas votre conseil ?

23:15
Invité politique

Faut-il épargner ou pas ? Non, mais ça... Non, non, je ne fais pas encore du conseil de patrimoine. Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est qu'un des mystères qu'on a, on a deux mystères en gros dans l'économie, c'est pas de productivité depuis le Covid, importante. Donc, de mon côté, c'est les créations d'emplois, mais de mon côté, c'est les pertes de productivité. Et qui dit baisse de productivité dit difficulté à augmenter les salaires, bien entendu. Le deuxième mystère qu'on a, c'est un taux d'épargne qui est, c'est vrai dans d'autres pays aussi, mais particulièrement en France, plus élevé qu'avant Covid.

Alors, même quand il y a une situation où il y a de l'inflation, où il y a beaucoup de gens qui disent avoir du mal à joindre les deux bouts, le taux d'épargne global a augmenté. Alors, je pense qu'il a augmenté chez les gens qui peuvent épargner pour des raisons de manque de confiance dans l'avenir, etc. Mais non, ayez confiance et pas trop d'épargne parce que si on veut que ça reparte, il faut consommer un petit peu quand même.

24:08
Invité

Voilà, vous faites quand même du conseil en patrimoine.

24:12
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Luc Tavernier, directeur général de l'INSEE, d'avoir été à notre micro.

"Le rythme d’inflation continue de baisser", affirme Jean-Luc Tavernier, de l'Insee · Pourquijevote