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interviewyoutube.com· 24 avril 2020 32 min

Entretien avec Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Il a choisi Canal FM pour répondre aux questions que vous vous posez sur cette crise du coronavirus. Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, est avec nous. Bonjour.

0:14
Xavier Bertrand

Bonjour.

0:15
Présentateur

Je rappelle aussi, Xavier Bertrand, que vous avez été ministre de la Santé. Les thèmes seront nombreux pour cet entretien. Pour commencer, mardi soir, nous en étions à 1163 décès dans les hôpitaux des Hauts-de-France, dont 368 dans le département du Nord et 24 ensemble avec nos tiers H. Quel regard vous portez sur ces chiffres ?

0:34
Xavier Bertrand

Déjà, ce n'est pas les chiffres, c'est les familles derrière. C'est les familles qui sont endeuillées. Et ce certaine virus, on n'en est pas encore débarrassé. Et si on veut éviter qu'il y ait davantage de victimes, il faut respecter le confinement. Alors, il ne s'agit pas de donner de leçons à qui que ce soit. Les gens sont suffisamment grands pour comprendre. Mais si nos hôpitaux, partout, n'ont pas été submergés, dépassés, comme ça a été le cas dans certains pays, c'est parce qu'il y a eu le confinement. Vous le savez bien, c'est un virus, il s'affaiblit, il se ralentit quand il a moins de personnes à contaminer.

Et quand on reste chez soi, quand on ne circule pas, le virus circule beaucoup moins. Donc, c'est pour ça qu'il y a eu le confinement. C'est pour éviter que nos hôpitaux soient dépassés et donc pour donner un maximum de chance, un maximum de chance aux personnes qui sont contaminées par ce virus. Donc, ce n'est pas derrière nous, c'est loin d'être derrière nous. Et même si ça ralentit, ce qui est une bonne chose, il y a encore des familles qui sont endeuillées. Et puis, si vous me permettez, il y a aussi autre chose, vous me coupez si je suis trop long, mais les soignants. On en parle beaucoup des soignants.

Je pense que vous faites comme moi, comme beaucoup de monde, on les applaudit à 8 heures. Mais il faut voir ce que ça représente comme épuisement depuis des semaines et des semaines. L'épuisement et puis aussi la question, est-ce qu'on ne va pas ramener ce virus à la maison pour nos proches ? Et on le dit parfois, mais ceux qui soignent les autres, ceux qui s'occupent des autres, ce n'est quand même pas un métier comme les autres. Quand je dis soignants, c'est public, privé. Les libéraux aussi, tous les libéraux, justement, dans la Vénois, en Sambra Vénois, dans l'ENO, il y en a beaucoup qui nous ont sollicité pour dire, nous aussi, on compte, on est là.

Et puis aussi dans les EHPAD, dans les EHPAD, ceux qui s'occupent de nos aînés dans les EHPAD, c'est aussi des héros. Alors, il y a les soignants dans les EHPAD, dans les hôpitaux, et puis il y a tous ceux qui font quand même tourner, faire la cuisine. Ça compte aussi, ça compte tout autant, quoi. Faire le ménage et tout ça, ça compte tout autant. Et honnêtement, tous ceux qui sont dans le système de santé de près ou de loin, vraiment chapeau, vraiment.

2:31
Présentateur

Alors, on voit, il y a des alternatives pour essayer de contrer ce coronavirus. Il y a bien sûr les masques. Il y a beaucoup d'auditeurs qui nous ont demandé, qui nous ont posé des questions sur ces masques, où ils sont aujourd'hui, en fait. Voilà, la région, alors je vais faire un petit résumé de ce que vous avez fait depuis un mois. La région s'est activée depuis le 21 mars dernier, en récupérant des masques dans les lycées et au siège du conseil régional. Vous avez commandé le lendemain, donc le 22 mars, 5 millions de masques pour les soignants. Et la semaine dernière, vous avez lancé une initiative.

C'est 6 millions de masques qui seraient commandés pour les habitants de la région de France. Donc, un masque pour un habitant. Quand arrivons-ils, et notamment en s'embraner notre tirage ?

3:09
Xavier Bertrand

Pour le 11 mai. Parce que je pense, vous savez, moi j'essaye de mettre vraiment à la place des gens au maximum. Je suis persuadé qu'on commencera à revenir, alors j'allais dire à une vie normale, on mettra du temps avant de retrouver une vie normale. Pour ça, les gens, il faut qu'ils soient protégés, qu'ils se sentent protégés et qu'ils soient rassurés. Peut-être que je me trompe, mais pour moi, le masque, qu'on ait envie de le porter ou pas, ça va devenir un incontournable. Un incontournable. Dans sa voiture avant de sortir, chez soi également avant de sortir. Et donc, je suis intimement convaincu qu'il y aura besoin de masques.

Alors, attendez, ce qu'on fait nous, 6 millions de masques en tissu, réutilisables, c'est bien. Ce n'est pas assez. Ce n'est pas assez. Parce qu'il faut savoir que même un masque en tissu, vous le portez quelques heures, après il faut le nettoyer. Et il peut se nettoyer 20 fois, après il perd vraiment de son efficacité. Donc, regardez bien, si vous sortez deux fois par jour, ça va vous faire au maximum deux semaines. Donc, ce que fait la région, c'est d'enclencher le mouvement, mais ça ne suffira pas. Je serais tenté de dire, un masque, c'est bien, mais plusieurs, c'est beaucoup mieux. Sauf que ce n'est pas la région toute seule dans son coin qui fait.

Comment on a pu prendre cette initiative ? Tout simplement parce qu'il y a plein de gens qui se sommeillent à faire des masques un peu partout pour dire, je me rends utile, et puis à un moment ou à un autre, on aura bien besoin des masques. Et puis, il y a toute une opération qui a été faite avec notamment Le Mailleux, dans le Nord, l'entreprise Le Mailleux. Vous vous rappelez, il y a eu 10 000 couturières à domicile, au début qui sont devenus 20 000, qui sont devenus 30 000.

C'est un mouvement qui a pris beaucoup d'ampleur et qui fait que, par exemple, dans le Valenciennois, il y a Luciano Bondo chez Toyota qui dit, bon, moi, mon boulot, c'est de fabriquer les yaris, mais en attendant que je refabrique autant d'yaris, on va aussi s'y mettre et on va faire des masques en étant capable de nous faire jusqu'à un million de masques. Et vous avez certainement déjà vu la vidéo qui circule. Il l'a dit, ils le font, il a même acheté les machines. Et tout ça, mis bout à bout, dans toute la région, et pas seulement Sambre, Abénois, Tirache, Hainaut, dans toute la région, ça va nous permettre d'avoir ces 6 millions de masques.

Donc, distribuer gratuitement le 1er pour le 11 mai, à partir du moment où il y aura le déconfinement. Sauf qu'il y a beaucoup de communes en plus qui n'avaient pas attendu la région, qui ont déjà acheté des masques ou commencé à livrer des masques. Tant mieux, c'est en plus, c'est en plus. Ce que fait la région, ce n'est pas la place, c'est en plus. Et après, il y a aussi une autre idée. Je ne sais pas encore, au moment où je vous parle, ce qu'il aura décidé de faire l'État. Moi, je pense que de toute façon, il faut qu'il permette également à chacun d'avoir un masque régulièrement, donc pas juste une fois.

Mais en attendant, on a décidé avec l'ensemble des communes, les départements, les communautés de communes, communautés d'agglomération de la région, de dire maintenant à tous ces industriels qui fabriquent des masques, si vous continuez à les produire dans la région, parce qu'on en aura besoin. Et ce que je voudrais qu'on laisse, c'est une forme de filière qui fabrique des masques, de façon à ce qu'on puisse leur garantir que ça vaut la peine pour eux d'en fabriquer, parce que nous, on va leur en commander. Et puis, il y a aussi un moment, que ce soit dans les pharmacies, dans les commerces, peut-être chez les buralistes, qu'on puisse avoir des masques. Mais pour ça, il faut les produire.

Et j'en ai marre qu'on importe des masques de l'autre bout du monde. Si on pouvait les produire dans la région, ce serait quand même bien mieux. Voilà comment on voit les choses sur la question des masques. Un masque fourni par la région, c'est bien. Mais maintenant, après, il faut qu'on compte, qu'on entretienne le mouvement.

6:20
Présentateur

On a vu que sur le Mobeugeois, notamment, Christophe Di Pompéo, le député de la troisième circonscription du Nord, avait donné une information comme quoi il avait commandé plusieurs masques venant de Chine, de Jiaoxian, un investisseur chinois qui va peut-être s'implanter sur Mobeuge dans les années qui viennent. Malheureusement, cette commande, elle est bloquée à Orly en ce moment. Ça vous surprend un peu qu'elle soit bloquée aujourd'hui à la douette ?

6:44
Xavier Bertrand

Il faut qu'il y ait un maximum d'initiatives. Moi-même, j'ai eu à intervenir pour débloquer beaucoup de situations parce qu'à un moment donné, c'était bloqué en Chine, parce qu'il y avait un nouveau contrôle qualité. Et puis après, les douanes, il y en a un qui nous aide beaucoup, c'est Gérald Darmanin, parce que c'est aussi le ministre des douanes. Et je sais qu'il y a beaucoup de situations, même des week-ends, qu'il a pu débloquer. Ce n'est pas facile, les masques qui viennent de loin, mais il faut des initiatives comme celle-ci.

Nous-mêmes, on a fait rentrer des masques qui viennent de Chine, qu'on a commencé à distribuer, notamment pour les personnes dans les EHPAD, pour des infirmiers, des ambulanciers, des libéraux, pour des forces de police, également pour l'administration pénitentiaire, pour des commerçants, pour des entreprises. Mais moi, ce que j'aimerais bien, c'est qu'on ait une filière dans la région, avec des gens de la région, et que ça donne du boulot à des gens de la région. Vous connaissez mon obsession pour l'emploi, et même si on va traverser des moments difficiles, il faut qu'on ait un maximum de relocalisation.

7:41
Présentateur

Justement, sur cette question-là, la région aide à la reconversion de sociétés textiles. De quelle façon, aujourd'hui, vous allez faire ça ?

7:48
Xavier Bertrand

Tout simplement en leur permettant d'investir dans du matériel, dans des machines. S'ils investissent dans du matériel et dans des machines, dans ces cas-là, on va aider. Je pense qu'on aura un volet très important sur la formation, pour former parfois des nouveaux métiers. Et puis, il y a aussi autre chose, en leur garantissant qu'ils vont en vendre.

Et leur garantir qu'ils vont en vendre, c'est tout simplement leur passer des commandes, fermes, précises, pas seulement du conseil régional, mais de toutes les collectivités locales, peut-être aussi d'entreprises, qui vont se dire, plutôt que d'acheter du masque jetable qui vient d'Asie, dans ces cas-là, autant acheter du masque en tissu réutilisable qui vient de chez nous.

8:22
Présentateur

On va parler d'un autre volet, Xavier Bertrand, si vous voulez bien, sur l'aide financière de la région. Évidemment, sur le chapitre du développement économique, les entreprises de sans brev et noe tirage, mais aussi, d'ailleurs, évidemment, craignent le pire. Après la crise de 2008, le territoire sans brev et noe tirage est à l'aube d'une nouvelle catastrophe. Si aucune garantie n'est proposée, une aide financière aux entreprises TPE, PME et fonds de solidarité est-elle envisagée par la région ?

8:47
Xavier Bertrand

Ce n'est pas envisagé, c'est que c'est déjà en place. Heureusement que c'est déjà en place, parce qu'on avait été très tôt à mettre en place un dispositif, sauf qu'un dispositif sur le papier, tout le monde s'en fout. L'important, c'est que ce soit du concret qui arrive. Et là, on a eu, entre numéro d'appel qui a été mis en place pour la région, l'État, les chambres de commerce, les chambres de métier, on a plus de 10 000 entreprises qui nous ont contactés, parfois sur du chômage partiel, et pour bénéficier des aides. Alors, entendons-nous bien, il y a plusieurs sortes d'aides. Je vais essayer d'être le plus précis, le plus concret possible.

Notamment, il y a le fameux fonds de solidarité qui permet d'avoir 1 500 euros avec parfois des compléments en fonction du nombre de salariés avec 5 000 euros. Ça, c'est la première des choses. Il faut avoir eu une baisse de son chiffre d'affaires de 50 %. Quand tout est fermé, forcément, beaucoup d'entreprises l'ont. Après, il y a le prêt garanti par l'État. Le prêt garanti par l'État, où là, ce sont vos banques qui vous donnent un crédit qui peut correspondre à un quart de votre chiffre d'affaires. Ça existe sur le papier. Il y a près de 20 000 entreprises qui en ont bénéficié.

Mais quand je dis 20 000, il y en a plein soit qui ne l'ont pas demandé, soit qui n'ont pas encore eu la réponse ou qui ont eu un refus. Sur le papier, il y a 5 % de refus. Ça ne semble pas beaucoup, 5 %. Ça fait des milliers d'entreprises quand même. Et donc, moi, tout mon rôle, c'est d'essayer de voir quels sont un peu les oubliés des dispositifs et de voir comment on peut les aider pour les retrouver après la crise. Vous avez parlé de 2008. Mais là, c'est beaucoup plus dur que 2008. Parce que là, c'est du jour au lendemain, tout s'est arrêté. En 2008, on avait peur que les banques s'arrêtent et qu'elles ne puissent plus financer l'économie.

Mais là, c'est que du jour au lendemain, vous aviez un restaurant terminé. Et en plus, le chiffre d'affaires, il est perdu de chez perdu. Vous ne le récupérez pas. Donc, aujourd'hui, l'État a fait des reports de charges. Vous ne les payez pas maintenant, mais il y a plein de secteurs. Il faudra les annuler, ces charges. Parce que les gens, du jour au lendemain, ils ne vont pas récupérer comme par magie le chiffre d'affaires qui a été perdu. Vous allez au restaurant une ou deux fois par mois, tout le monde se dit, quand ça va réouvrir, je vais y aller. Vous n'allez pas faire cinq repas par jour. Le chiffre d'affaires, il est perdu. Donc, il faudra aller beaucoup plus loin.

Nous, en plus, on a musclé des dispositifs qu'on avait, les fonds de premier secours avec les tribunaux de commerce, Haute France Prévention avec la Chambre de commerce. Et on a mobilisé plus de 320 millions d'euros. Mais bon, tout ça, c'est gentil. Les gens disent, ok, d'accord, il y a de l'argent, mais moi, si j'ai besoin, comment je traverse cette épreuve ? Voilà. Et c'est justement ce qu'on est en train de faire. Et vous me permettrez également de vous redonner le numéro de téléphone, justement, pour l'économie. Je peux vous le donner maintenant ?

11:27
Présentateur

Allez-y, allez-y.

11:28
Xavier Bertrand

0-3-59-75, 0-3-59-75-0-1-0-0, 0-3-59-75-0-1-0-0. Vous êtes une entreprise qui a un problème. Derrière ça, on ne va pas vous balader en disant, allez voir un tel ou tout ça. On dit, ok, voilà votre problème. On vous répond directement. Je vous dis, il y a plus de 10 000 entreprises qui sont passées d'ores et déjà par ce service.

11:49
Présentateur

Vous me parliez de 5 % de refus. Ça concerne quel secteur d'activité, notamment ?

11:53
Xavier Bertrand

Non, c'est plutôt, moi je vais vous dire un truc, c'est plutôt des petites entreprises, ou des entreprises qui ont eu des problèmes à un moment donné, qui ont ce qu'on appelle des fonds propres négatifs, et qui sont dans le rouge en quelque sorte. Or, il ne faut pas que ces dispositifs, ça soit comme un hôpital, qui prendrait que les gens en bonne santé, ou qui vous dirait, vous mesurez plus d'un mètre 80, on vous soigne, vous mesurez un mètre 60, on ne vous soigne pas. Donc moi, je veux que les petits ne soient pas oubliés. Et ça, c'est le rôle de la région.

Alors, parfois, je dois interpeller, je dois interpeller les ministères, je dois interpeller aussi les banques, en disant, les banques, elles aident sur le papier, mais vous, dans votre agence-là, on vous a dit oui, on vous a dit non, ou on attend avant de vous répondre. Et ce numéro de téléphone me permet, moi, d'avoir un maximum de cordes de rappel et savoir si ce qu'on nous dit, c'est vrai, ou si on nous balade.

12:39
Présentateur

Voilà, sur le chapitre économie, n'hésitez pas, si vous avez d'autres questions, évidemment, on fera le relais à Xavier Bertrand et à ses équipes. Sur la question des transports, évidemment, la région, vous êtes compétente au niveau scolaire, notamment sur la gestion des lycées. En Sambres-Ménois, de nombreux lycées se trouvent loin des habitations, ce qui nécessite plus de trajet, peut-être plus de galère aussi. Est-ce que les transports scolaires et les lycées seront prêts le 18 mai prochain ?

13:02
Xavier Bertrand

Oui, alors, pour les lycées, vous l'avez vu, on va commencer normalement par les terminales. On a découvert ça un peu comme tout le monde. On avait commencé à nous dire, on va travailler ensemble, le rectorat avec la région, parce que nous, on a la compétence pour les lycées. On a découvert les annonces du ministre. Bon, voilà, c'est tout. Maintenant, on va essayer de réagir le plus intelligemment possible. Avec surtout, vous savez quoi ? Avec du bon sens. Avec du bon sens. Parce que là-haut, le bon sens, des fois, ça semble compliqué, alors que sur le terrain, c'est effectivement beaucoup plus facile. Moi, à titre personnel, je n'aurais pas pris la décision. Je vous le dis.

Alors, peut-être parce que je m'étais trop mis dans la tête que les jeunes reprendraient seulement à la rentrée. Et je l'avais dit d'ailleurs, dans une intervention, il faudra peut-être trouver une solution pour les élèves qui sont plus décrocheurs. Et il faudra certainement leur trouver une autre façon de suivre les cours. Vous savez qu'on avait mis des ordinateurs à disposition, mais il fallait trouver une autre solution. Mais les cours pour les cours, bon, moi après, je suis président de région, mon boulot, ce n'est pas de traîner les pieds, mon boulot, c'est de faire en sorte que ça se passe le mieux possible pour les familles et pour les jeunes.

Donc nous, les lycées, on pourra en réouvrir, sauf que si c'est des demi-classes, excusez-moi, il faut que ce soit des demi-classes semaine par semaine, pas demi-journée par demi-journée. Les transports scolaires, pareil, mais attention, parce que tout le monde ne reprendra pas en même temps. Parce que ce sera des classes avec beaucoup moins de monde, est-ce que ce sera 15, est-ce que ce sera 10, et puis d'autre part, il ne faut pas non plus forcer les familles. Il ne faut pas forcer les familles il faut que ce soit sur la base du volontariat.

Donc moi, j'ai demandé notamment aux gens de la région, je dis si vous avez des idées pour que ça se passe le mieux possible, de façon pratico-pratique, avec du bon sens, dites-nous, purée, on est à près de 1500 réponses, 1500 personnes qui ont dit « moi j'ai aussi une idée ». Et il y a des choses hyper intéressantes là-dedans. Notamment, on est en train de voir pour équiper les bus, les bus scolaires, donc ça, ça va se faire, il y aura beaucoup moins de jeunes dans les bus scolaires, on va regarder quel est le nombre de jeunes qu'on doit faire passer.

D'autre part, il y a des gens qui nous ont dit « mais collège et lycée là, plutôt que ce soit les élèves qui changent de classe toutes les heures ou toutes les deux heures, et pourquoi ce ne seraient pas les profs et qu'on ne laisserait pas les élèves dans la même classe ? » Excusez-moi, je n'aurais pas eu cette idée tout seul, c'est une de nos agents justement d'un lycée de Balenciennes qui nous a fait cette remarque, et c'est vrai qu'elle a raison.

Alors, c'est plus compliqué pour les cours de techno et les cours de sport, mais enfin bon, si c'est sur ces deux cours-là qu'on a un sujet ou autre, quelqu'un nous a dit « mais les cours de musique avec les instruments de musique, vous allez faire comment ? » Là aussi, vous voyez, c'est des remarques de bon sens, et pour les repas scolaires, s'il y a moins de jeunes, on saura faire, parce que vous ne pouvez pas avoir un réfectoire avec 150 jeunes alors que les restaurants avec 15 couverts ne peuvent pas rouvrir. Donc là aussi, il faut vraiment qu'on s'adapte. Là où il y a plus de questions, c'est pour les internats.

C'est pour les internats, les douches, la proximité des lits, de toute façon, s'il y a moins de monde, ça pose moins de difficultés sur le papier, mais les internats, c'est quand même plus compliqué. Donc, on saura faire parce qu'il y a beaucoup moins de monde, mais il faut absolument que ce soit sur la base du volontariat. Et puis, j'ai aussi une question quand même pour l'État. Les jeunes qui vont reprendre, si les parents le souhaitent, il faut qu'ils aient un masque par l'État.

Il faut que l'éducation nationale leur dise, on va le prévoir pour les enseignants, on va le prévoir pour le personnel des lycées, personnel de restauration, les cantines scolaires, les personnes qui font le ménage, qui font la maintenance, mais on ne peut pas laisser les jeunes être les seuls sans masque, ce n'est pas possible. Et là, l'État, pour l'instant, ne nous dit rien, il faut qu'il nous dise précisément quand et comment les jeunes auront un masque. Alors, le masque, c'est plus facile à porter en terminale que quand vous êtes en CP, mais il faut de toute façon qu'on change beaucoup de nos pratiques.

Vous savez, le confinement, ça a été un petit peu comme si la lumière, vous aviez un interrupteur, on passait de on à off. Le gouvernement a pris la décision, ça n'a pas été simple pour les gens, mais c'est on, off. Le déconfinement, c'est un petit peu comme si la lumière, c'était avec un variateur, vous savez. Vous n'appuyez pas de off à on, arrêt, marche, tout de suite. C'est un peu avec un variateur et c'est comme ça que ça va se passer aussi dans les lycées.

17:10
Présentateur

Alors, juste par rapport au lycée, est-ce que vous prévoyez peut-être un protocole spécifique pour désinfecter les établissements ?

17:16
Xavier Bertrand

Bien sûr, bien sûr. Mais vous savez, c'est tout un ensemble des masques, des gants, du gel hydroalcoolique, qu'on n'est plus comme à un certain moment du savon qui manque à des endroits et puis d'autre part, bien évidemment, de la désinfection et c'est pour ça que si les élèves ne changent pas de classe, c'est aussi plus facile. Mais avec des procédures de désinfection qui n'existaient pas auparavant et qui vont être obligatoires dans l'ensemble des établissements.

17:44
Présentateur

Les grands projets pour le territoire Sambra-Vénois-Tirach, évidemment, il y a la RN2 à deux fois deux voix, Xavier Bertrand. Vous y croyez toujours malgré cette crise sanitaire ?

17:54
Xavier Bertrand

Oui, parce que pour une simple et bonne raison, c'est que derrière, on va parvenir à la diligence. Donc, on aura toujours derrière des voitures, des camions et si on veut que notre territoire que Sambra-Vénois se développe, il faut la RN2 et en plus, ça filera du boulot. La seule chose, c'est que je veux avoir beaucoup plus les mains libres, notamment sur les codes des marchés publics pour être sûr que ce soit des entreprises du coin du cru qui bossent et qui donnent du boulot.

Vous savez, j'ai toujours eu cette obsession de l'emploi mais demain, plus qu'aujourd'hui, enfin demain, plus qu'aujourd'hui, plus qu'hier encore, mais je veux avoir davantage les mains libres pour pouvoir donner du travail. Donc, tous ces grands projets dans la région, on va en avoir besoin. Aujourd'hui, vous voyez, je suis totalement mobilisé sur le plan de soutien à l'économie. On est déjà en train de travailler sur un plan de relance parce qu'il va falloir relancer les choses, notamment la commande publique, c'est-à-dire ce que la région commande, ce que les départements, ce que les communes. Et après, on aura aussi à imaginer la région d'après.

Mais pour l'instant, c'est vrai que je suis totalement concentré sur comment on fait face à cette épreuve, mais dans les plans de relance, la RN2, j'en ai sacrément besoin.

19:01
Présentateur

Un autre projet, évidemment, ça englobe, évidemment, la RN2, mais ce fameux pacte de réussite de Sambra Beno-Tirach signé avec le président de la République, c'était en novembre 2018. Aujourd'hui, évidemment, on n'en entend pas parler, mais ce que vous dites à l'État, attention, vous avez signé quelque chose de très important.

19:18
Xavier Bertrand

Bien évidemment, parce qu'il y a des territoires qui n'étaient pas en forme pendant des années à qui on a redonné de l'espoir. Si c'est pour casser l'espoir, alors là, je suis désolé, je ne vais pas être d'accord. Je ne vais pas être d'accord. Et puis, l'encre, elle est pas sèche depuis un siècle et on a toujours de la mémoire. Vous savez, il faut faire très attention parce qu'il y a les grands projets, il y a la crise, il faut à la fois des grands projets et des projets concrets de chez concrets. C'est pour ça que, moi, je pense qu'il faut aussi bien faire attention à ne pas décourager les gens. Vous savez, ce qu'on vit en ce moment, c'est une épreuve. Le confinement, c'est une épreuve.

Même si on s'entend bien en famille, même si on fait, je ne sais pas moi, du FaceTime avec des amis, on se téléphone, il y a plein de choses qui manquent. Il manque la machine à café, il manque la cour de récréation, il manque le bar où on retrouve ses copains avant de partir au boulot ou le soir en entrant, le resto qu'on fait avec des amis, tout ça, ça manque. Et donc, derrière ça, il faut absolument comprendre qu'il faut recréer du lien social parce que chaque maison, chaque appartement, c'est un peu comme une cocotte minute et des fois, il y a la pression qui monte.

Et donc, si on ne prend pas en compte le fait que les gens, en ce moment, ils vivent un moment très difficile, une épreuve, ça ne peut pas bien se passer derrière. Il faut vraiment prendre soin des gens. Et aussi, et aussi, prendre soin de leur pouvoir d'achat. Vous êtes indépendant aujourd'hui, c'est une galère terrible. Vous êtes entrepreneur, vous vous demandez si vous allez rouvrir votre rideau. Il faut que les gens puissent le faire. Vous êtes salarié au chômage partiel. Au chômage partiel, c'est mieux que les dispositifs qui n'existaient pas dans le temps. Mais vous avez quand même 16% de votre revenu en moins. Vous allez me dire que vous consommez moins.

Ben ouais, il y a quand même aussi beaucoup de charges qui tombent quand même. Donc, c'est pour ça que la région, on a décidé de maintenir l'aide au transport, l'aide à la garde d'enfants. Alors, vous allez me dire, ben, c'est pas normal. On ne se déplace plus pour aller travailler. On ne fait plus garder ses enfants. Pourquoi vous versez des aides ? Parce que je n'ai pas envie d'abîmer le pouvoir d'achat des gens. Et vous savez qu'il y a la carte génération qui permet aux jeunes de dépenser pour leur scolarité. Normalement, ça s'arrêtait là, c'était terminé en quelques jours, c'est prolongé jusqu'à fin mai.

Ce n'est pas pour dépenser de l'argent pour dépenser de l'argent, c'est que quand il y aura la reprise, il y aura aussi besoin de dépenses. Et la région, aujourd'hui, on n'est pas des magiciens, mais ce qu'on avait prévu, on le garde.

21:41
Présentateur

Xavier Bertrand, il y a des questions sur le domaine culturel, l'inuit secrète de le Noémerie, la kermesse de la bière de Maubeuge, les équipes sportives, évidemment, du territoire qui se posent beaucoup de questions aujourd'hui. Qu'est-ce que vous avez à leur dire ?

21:54
Xavier Bertrand

On fait tout pour essayer de marier deux choses. La sécurité sanitaire, parce que personne n'a envie de voir cette épidémie reprendre et personne n'a envie de revivre des périodes de confinement, même si, à un moment donné, si ça reprend, il faudra aussi qu'on accepte d'être compréhensif et d'être discipliné. Maintenant, vous voyez, vous avez parlé de la culture, vous avez parlé des festivals, le zoo de Maubeuge, également.

22:18
Présentateur

Oui, bien sûr.

22:19
Xavier Bertrand

Nos cafés, nos hôtels, nos restaurants, notre tourisme de proximité, tout ça, pardonnez-moi, mais c'est plus que des emplois. Tout ça, c'est une partie de notre art de vivre à la française, de l'âme française. Et il faut absolument que très vite, on redonne de la visibilité, la visibilité à ce secteur. On me dit qu'il y en a beaucoup qui pensent qu'ils ne rouvriront jamais, il faut absolument qu'ils puissent rouvrir. Il n'y a pas de fatalité à ce qu'ils ne rouvrent pas. Donc moi, je souhaite que très rapidement, le plus rapidement possible, on puisse retrouver ces rassemblées, mais ça, ce sera en fonction de ce satané virus, est-ce que oui ou non, il est dégagé de nos vies ou pas.

Et puis surtout, qu'on puisse reprendre même progressivement. Je ne sais pas, vous imaginez, vous, tout un été où on ne pourrait pas aller en terrasse ? Moi, je n'arrive pas à m'y faire. Je pense qu'il faut clairement que l'on redonne des perspectives à ce secteur et de leur donner de la visibilité. On travaille beaucoup, vous savez, avec Romain-Ric Dorier, le patron du Phoenix à Valenciennes, pour essayer de penser aussi à la façon dont on aura ce rebond culturel dans la région, notamment aussi sur tout votre grand secteur, mais on a sacrément besoin de culture aussi. Là, ça redonne l'espoir aussi.

23:30
Présentateur

Une question par rapport à une annonce qui a été faite hier par, je crois que c'était, enfin, c'est un ministre qui a dit cette annonce hier, concernant la limitation des trajets par région, voilà, que les régions seraient séparées d'une frontière, entre guillemets. Qu'est-ce que vous entendez ?

23:46
Xavier Bertrand

Je l'ai même entendu par les départements et moi, j'ai renoncé à essayer de commenter leurs décisions parce que parfois, ça change tout le temps. Un jour, il y a le président de la République qui nous dit blanc le lundi soir, voilà que le mardi matin, il y a des ministres qui nous disent « Ah ben non, vous n'avez pas bien compris, il n'a pas dit blanc le président, il a dit que c'était gris. » Donc au bout d'un moment, j'en ai ras la casquette. Alors j'attends de savoir ce qui est solide, j'attends de savoir si on nous demande vraiment oui ou non notre avis et si c'est un avis qui sera pris en compte j'attends de savoir si c'est du solide et comment on peut travailler avec eux.

Parce que moi, mon rôle, c'est d'être le porte-parole des gens. Moi, mon rôle, c'est celui-ci. Par contre, il y a des sujets que j'ai déjà fait remonter à différentes entreprises. Quant au début, la baisse du chiffre d'affaires, ça devait être de 70 %. Quand le confinement a commencé mi-mars, je ne vois pas comment vous pouviez avoir 70 %. Excusez-moi, j'ai fait d'immenses écoles, mais j'essaye de compter. Bon, ils sont venus à 50 %. Ils auraient pu venir plus tôt. Après, on a aussi un autre sujet qui pour moi est très important, les transports. Vous avez parlé des transports scolaires. Les trains, là, il ne faut pas se raconter l'histoire.

On a intérêt à garder le télétravail au maximum et à le développer parce que les trains, avec les nouvelles mesures barrières, vous allez mettre beaucoup, beaucoup moins de monde dans les trains. Plus personne n'a envie de se retrouver dans un train bondé. Ce qui veut dire qu'on aura peut-être quatre fois moins ou cinq fois moins de personnes dans le même train. Il ne faut pas croire qu'on va faire passer des trains à la suite, à la suite parce qu'il n'y a pas assez de conducteurs et il n'y a pas assez de trains pour avoir des trains en continu.

Donc, ce qui veut dire que si on ne veut pas revivre des grands embouteillages et puis en plus pour les gens qui vont aller à Paris, ça ne va pas être simple parce qu'après, il y aura le même problème dans le métro, le tramway ou les bus, le télétravail, il ne va falloir pas qu'on s'y habitue, qu'on passe encore à la vitesse supérieure. C'est des exemples très concrets où là, mon rôle, c'est d'essayer comme on l'a fait pour les masses, d'anticiper au maximum. Vous savez, vous avez dit tout à l'heure, je suis un ancien ministre de la Santé, dans toutes ces crises-là, il faut essayer au maximum. Il n'y a rien qui est simple. Rien qui est simple.

Il ne faut pas donner de leçons, il ne faut pas trop la ramener mais il faut essayer d'anticiper au maximum.

25:53
Présentateur

Xavier Bertrand, on va juste quelques minutes pour répondre aux questions spécifiques d'auditeurs. Donc, ils ont été très nombreux et merci d'ailleurs à tous les auditeurs d'avoir participé à tout ça. Est-ce que vous pensez, c'est une question un peu plus globale d'Ambre, il y aura-t-il des tests sur les lieux de travail ? Il y aura-t-il des tests sur les lieux de travail ?

26:14
Xavier Bertrand

De cette personne ?

26:15
Présentateur

Ambre.

26:16
Xavier Bertrand

D'accord. Je souris parce que c'est aussi le prénom de ma fille mais ce n'est pas elle qui a dû poser la question. Et donc, elle demandait quoi ? Est-ce qu'il y aura des ?

26:24
Présentateur

Des tests sur les lieux de travail.

26:26
Xavier Bertrand

Moi, je le souhaiterais. Je le souhaiterais parce que vous savez, si on veut se sentir protégé, c'est des masques et des tests. Alors là aussi, nous, on essaye de booster la possibilité de faire des tests. On va passer à 7000 tests par semaine en région, ce n'est pas assez. Il faut vraiment qu'on puisse tester un maximum de monde de façon à savoir si on est dangereux également pour les autres. C'est comme le masque. Je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui disent je prends un masque, je suis protégé. Non, le masque protège beaucoup les autres. Je vais dire, si je ne suis pas malade, alors pourquoi j'ai besoin d'avoir un masque ? Parce qu'on peut être malade sans le savoir.

C'est ce qu'on appelle les porteurs sains, les asymptomatiques où il n'y a pas de symptômes. Moi, je suis pour tester un maximum de monde. J'ai même dit à l'État, à l'Agence régionale de santé, si vous voulez, on peut financer les tests. Ils nous disent, non, parce que pour l'instant, on ne sait pas encore ce qui est vraiment très, très fiable. Vous voyez, il y a l'Espagne qui avait acheté des centaines de milliers de masques, je ne sais plus où c'était, peut-être en Chine, et au final, c'était des tests qui étaient fiables qui étaient à 30%, 70% d'erreurs.

Vous ne pouvez pas tester des gens qui pensent ne rien avoir et qui justement nous, on est prêts à aider pour qu'on puisse tester tout le monde.

27:34
Présentateur

Logan nous pose une question par rapport justement à votre ancien rôle de ministre de la Santé. Que pensez-vous de la gestion de la crise en France ? On voit que l'Allemagne, par exemple, est comparée en permanence à quatre fois moins de morts que la France.

27:45
Xavier Bertrand

Aucun commentaire. Je suis désolé, Logan. Je ne sais pas que j'ai la trouille de répondre, mais j'ai un principe. Quand on connaît une crise comme celle-ci, qu'il y a tant de familles qui sont endeuillées, qu'il y a tant de soignants qui sont exténués, je n'ai pas envie de faire de commentaires et puis de chercher à la ramener et tout ça. Même si à l'époque, on avait dit quand j'ai eu à préparer le pays à des pandémies, on a eu 1,4 milliard de masques. Si on avait connu la même épidémie, personne ne peut dire « ouais, tout se serait bien passé ». Ce n'est pas vrai. Ça ne se passe jamais à 100% de façon parfaite. Donc, il ne faut pas trop la ramener.

Puis, je n'ai pas envie qu'on crée des polémiques ou si on fait l'amour pour répondre ou si on fait une remarque, on va dire que c'est une critique. Donc, je pense que le rôle des politiques en ce moment, c'est de beaucoup moins la ramener et de bosser. D'ailleurs, ce qu'on devrait le faire tout le temps.

28:29
Présentateur

Dernière question de Sophie. Bonjour, M. Bertrand. Voilà cette fameuse prise de prime aux soignants. Qui y aura droit concrètement ? Je suis auxiliaire de géontologie dans un EHPAD en CDD. À savoir qu'un EHPAD, quel que soit notre diplôme, on fait tout le même travail qu'une aide soignante.

28:48
Xavier Bertrand

Alors là, je vais être clair. La prime pour les soignants, c'est tous les soignants au sens large. Tous les soignants au sens large. Ça, c'est l'État qui versera cette prime parce que ce sont les salariés de l'État. Mais il ne faut pas oublier non plus celui qui fait les repas dans un EHPAD, celui qui fait les repas dans un hôpital, public ou privé. Donc, je pense que sur des sujets comme ça, il faut plutôt voir large que d'oublier des gens. Moi, je l'avais dit, le gouvernement le fait en partie. J'avais parlé d'une prime de reconnaissance nationale parce que je pense qu'il y a les soignants qui sont en première ligne.

Mais vous savez, le caissier ou la caissière qui vous sert aujourd'hui, qui sort de chez lui, qui sort de chez elle en se disant, bon, j'espère que je ne vais rien ramener à la maison. Là aussi, ça mérite quelque chose. Le routier qui prend la route tous les matins très tôt, s'il ne le fait pas, comment on est livré ? Les éboires, les gaziers, les électriciens, l'ouvrier, c'est loin de chez vous, mais le pêcheur, l'agriculteur qui est allé bosser s'il ne va pas bosser en ce moment, l'ouvrier agricole, on leur a comment la récolte là ? On leur a comment notre pain dans quelques mois ? Donc, vous voyez, il y a aussi tout cela.

pour ceux qu'on ne voyait plus trop hier, rappelez-vous, pour ne pas supprimer les caissières, jamais de la vie. Mais derrière, ces invisibles d'hier, il ne faudra pas avoir la mémoire courte et je suis intimement persuadé, tout le monde est dans la même barque, tout le monde. Les patrons, les salariés, une entreprise, c'est le même bateau, mais quand même, les bas salaires, ils ne vont pas pouvoir rester aussi bas qu'ils le sont depuis des années dans notre pays, ce n'est tout simplement pas possible. Donc, dire merci, ça ne suffit pas.

30:18
Présentateur

Xavier Bertrand, président de la région de France, vous avez, je vous laisse une minute, vous avez les auditeurs qui vous écoutent, les auditeurs de Canal FM, de Sambar Ménot-Tirach, qui vous écoutent. Qu'est-ce que vous avez à leur dire aujourd'hui ? Comment vous pouvez les rassurer ?

30:32
Xavier Bertrand

Que même si ce virus nous fait mal, nous a fait du mal, nous fera encore du mal, on va traverser cette épreuve. On dit souvent que dans la région des Hauts-de-France, les gens disent « Nous, on est du Nord ». Dans la région des Hauts-de-France, Picard, c'est pareil, les gens, ils sont vachement, pardon, ils sont sacrément solides. Ils sont sacrément solides. Et puis, en plus, ils sont solidaires. Moi, vous savez, sur l'opération « Un masque pour chacun », on a pu la mettre en place parce qu'il y a plein d'initiatives qui ont vu le jour. Et cette solidité, cette solidarité, ça fait qu'on traversera cette épreuve, même si on sera affaibli, c'est sûr, et on se relèvera. Et on se relèvera.

C'est une épreuve comme on ne souhaite pas que nos enfants en connaissent une autre plus tard, mais en tout cas, je pense qu'il faut vraiment montrer que c'est le peuple, c'est les gens qui permettent justement de tenir et ensuite de se relever. Donc, c'est une épreuve. Je sais qu'il faut beaucoup de courage. Les gens de la région ont beaucoup de courage comme dans les autres régions, mais nous, il y a cette force-là qui est entre nous. Il faut qu'on continue vraiment à serrer les coulots.

31:31
Présentateur

Xavier Bertrand, je vous remercie beaucoup d'avoir consacré ces longues minutes avec nous et d'avoir répondu à toutes ces questions concernant cette crise du coronavirus. Donc, merci infiniment et bon courage.

31:40
Xavier Bertrand

Merci pour ce que vous faites. Merci à vous. Et portez-vous bien.