Municipales : derniers sondages et grands enjeux
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
On en parle peu à cause de la guerre en Iran, mais quels sont les derniers sondages et enjeux des municipales ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi Paris et Marseille pour commencer ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Le mode de scrutin change à Paris. Qu'est-ce que ça change concrètement ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Madame Chikirou est à 10,5 % à Paris. Est-ce que ça signifie 5 listes au second tour ?
- 5:01FerméeRéponse partielle
Si S.Knafo se maintient, R.Dati perd-elle ? Si S.Chikirou se maintient, E.Grégoire perd-il ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce que Marseille est une chance pour le RN de remporter une grande ville ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00J.JaffréFait
« D'abord, vous avez choisi Paris et Marseille. On aurait pu ajouter Lyon. Il y a le changement du mode de scrutin qui est fondamental, historiquement c'est la première fois, à Paris, qu'il y a un vote global. »
- 4:00J.JaffréChiffre
« En particulier dans les villes qui pourraient être très disputées... A Paris, madame Chikirou est à 10,5, pour LFI. Compte tenu des marges d'erreur, il y a une part d'incertitude. »
- 6:00C.RouxFait
« Si S.Knafo se maintient, R.Dati a perdu. Si S.Chikirou se maintient, E.Grégoire a perdu? »
- 7:00C.RouxFait
« Est-ce que c'est l'une des chances du RN de remporter une grande ville? »
- 8:01J.BardellaFait
« Nous avons des candidats de talent qui représentent la société civile, à l'image du peuple français. Nous avons des médecins, des chefs d'entreprise, tout ce que la France compte de forces vives et je suis très fier de mes candidats. »
- 9:00J.JaffréFait
« Le plus simple serait de ne pas choisir des candidats qui prêtent à ce point contestation. »
- 10:00C.RouxFait
« Renaissance a fait le choix d'une stratégie minimale pour ces municipales. »
- 11:00A.BergéFait
« Si l'ennemi de monsieur Bardella, c'est LFI, alors qu'il fasse en sorte de ne garder aucun candidat qui pourrait permettre l'élection de LFI aux élections municipales. »
- 12:00C.RouxFait
« Il peut y avoir un front républicain contre LFI? »
- 13:00J.JaffréFait
« Les insoumis éliminés à l'issue du premier tour, les électeurs voteront pour la liste de gauche qui restera au second tour et inversement. »
- 14:01Fait
« LR a aussi été épinglé pour des accords passés par ses propres troupes, comme à Nice ou Colmar, avec des figures plutôt marquées à la droite de la droite. »
- 15:00J.JaffréChiffre
« LR est la force dominante dans ces municipales, au départ. Il pèse 7 % des voix dans les élections nationales, mais c'est la force dominante aux municipales. »
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adoptez Antikal. ... - C.Roux: Bienvenue dans "C dans l'air".
Je suis très heureuse d'accueillir ce soir J.Jaffré. Vous êtes politologue, chercheur associé au Cevipof.
Nous sommes à 4 jours des municipales. On en parle pas beaucoup parce qu'il y a la guerre en Iran. Je voudrais faire un point ce soir sur les derniers sondages, les stratégies et les enjeux de ce scrutin.
On va commencer par 2 batailles homériques. La première, la bataille de Paris. Regardez ce dernier sondage.
Quand vous voyez ce sondage, vous vous dites quoi? - J.Jaffré: D'abord, vous avez choisi Paris et Marseille.
On aurait pu ajouter Lyon. Il y a le changement du mode de scrutin qui est fondamental, historiquement c'est la première fois, à Paris, qu'il y a un vote global. D'habitude, c'est toujours par arrondissement.
Un Parisien de droite qui habite l'est de Paris ou un Parisien de gauche qui habite le 16e, leur voix compte autant. Jusque-là, elles comptaient pas autant. Ce qui est intéressant dans ces sondages, c'est la barre des 10 % des suffrages exprimés.
C'est ça, le changement. En particulier dans les villes qui pourraient être très disputées...
A Paris, madame Chikirou est à 10,5, pour LFI. Compte tenu des marges d'erreur, il y a une part d'incertitude. Est-ce qu'on va vers 5 listes qualifiées au second tour à Paris ou est-ce qu'on va directement vers un duel entre monsieur Grégoire et madame Dati?
C'est ça, le critère de dimanche. Qui est en tête dans les villes? C'est un avantage psychologique et politique pour obtenir des fusions. - C.Roux: Si S.Knafo se maintient, R.Dati a perdu.
Si S.Chikirou se maintient, E.Grégoire a perdu? - J.Jaffré: On ne sait pas qui gagnera. - C.Roux: Parlons de la bataille de Marseille avec ce sondage.
Est-ce que c'est l'une des chances du RN de remporter une grande ville? En quelle position est le RN, quand vous regardez ce sondage? F.Allisio est en 2e position. - J.Jaffré: Un choc considérable, si le RN gagne la 2e ville de France.
Vous imaginez ce que ça représente, ce que ça signifie, à moins d'un an de la présidentielle. Là, c'est monsieur Delogu, LFI, qui est particulièrement en situation d'incertitude. On voit mal un accord qui aurait lieu entre monsieur Payan et monsieur Delogu.
A Marseille, nous avons l'attitude des électeurs de droite par rapport au RN au second tour si ce sondage se confirme. Madame Vassal a décroché, semble-t-il. Est-ce que les électeurs vont faire le refus du RN, comme la droite classique le fait, ou dire qu'ils en profitent pour dégager la gauche? - C.Roux: Le RN est de nouveau confronté au profil de ses candidats. "Libération" a relevé au moins 150 candidats épinglés pour des propos antisémites ou racistes.
Ecoutez J.Bardella. - J.Bardella: Nous avons des candidats de talent qui représentent la société civile, à l'image du peuple français.
Nous avons des médecins, des chefs d'entreprise, tout ce que la France compte de forces vives et je suis très fier de mes candidats. J'appelle les Français à ne pas céder à ces intimidations qu'on voit toujours ressortir 5 jours avant les élections. - J.Jaffré: Le plus simple serait de ne pas choisir des candidats qui prêtent à ce point contestation.
Le RN avait promis de faire le ménage, de vérifier. L'autre question, c'est: pourquoi le RN attire-t-il autant des candidats ayant ce profil? - C.Roux: Ce n'est pas ce qui va les gêner pour ces élections. - J.Jaffré: Ca ne va pas être fondamental pour ces élections.
Ce n'est pas un enjeu décisif pour le RN, mais ils rêvent que Marseille, Toulon et Nice, avec E.Ciotti, basculent au soir du second tour en leur faveur. Ce serait ça, le choc des municipales. - C.Roux: Renaissance a fait le choix d'une stratégie minimale pour ces municipales.
C'est pour minimiser un éventuel revers qui s'annonce? - J.Jaffré: La stratégie minimale n'augure pas de grand succès, par définition.
On se met à l'abri. Le problème est double. D'abord, c'est le risque de l'effacement.
Il n'y a pas de vraie force politique qui représente ce courant, maintenant. E.Macron, qui retrouve un rôle de chef de guerre, de chef politique du pays, n'a aucune force sur laquelle s'appuyer.
Il ne peut pas se représenter. Ca compte. Le risque, c'est pour les personnalités, comme E.Philippe.
Tout le monde regardera le résultat du Havre. Il sera fondamental. - C.Roux: A.Bergé, de Renaissance, veut renvoyer LFI et le RN dos à dos. - A.Bergé: Si l'ennemi de monsieur Bardella, c'est LFI, alors qu'il fasse en sorte de ne garder aucun candidat qui pourrait permettre l'élection de LFI aux élections municipales.
De facto... - Il faut qu'il se retire? - A.Bergé: Il faut que chacun soit cohérent.
Faisons en sorte qu'il y ait une alternative, un autre choix. En 2024, en ayant été jusqu'au-boutiste, en ayant maintenu des candidats, le RN a favorisé l'accession aux responsabilités de députés LFI. Que chacun fasse le ménage. - C.Roux: Il peut y avoir un front républicain contre LFI? - J.Jaffré: Sans doute prendrait-il un autre nom.
Le problème de ces municipales, c'est que le cordon sanitaire change de camp. Est-ce qu'on passe de "tout sauf le RN" à "tout sauf LFI"? Ca paraît improbable, parce que la gauche est liée à des accords et à des pratiques unitaires dans son histoire.
Les insoumis éliminés à l'issue du premier tour, les électeurs voteront pour la liste de gauche qui restera au second tour et inversement. Les socialistes ont dit "pas d'alliance nationale avec LFI". - C.Roux: Ca va tenir? - J.Jaffré: S'il n'y a pas d'alliance nationale, les alliances locales sont possibles.
C'est ça qu'il faut décrypter. Bien entendu, dans ce cas-là, on fera un texte minimum pour condamner l'antisémitisme, dire qu'on refuse les violences et que tous les gens qui vont sur cette liste sont d'accord pour dire cela. Sans accord avec les insoumis pour la gauche socialiste, beaucoup de villes risquent d'être perdues.
Je vois bien la stratégie de certains dirigeants, comme F.Hollande, qui veulent couper complètement avec les insoumis pour dégager le terrain du centre gauche pour une candidature, comme celle d'un député de Corrèze, pour l'année prochaine. Une partie de la gauche ne peut pas accepter ce genre de schémas. - C.Roux: On retrouve les mêmes problématiques du côté des LR vis-à-vis du RN.
C'est ce qu'on va observer au soir du premier tour. LR a aussi été épinglé pour des accords passés par ses propres troupes, comme à Nice ou Colmar, avec des figures plutôt marquées à la droite de la droite. Ecoutez la réponse du secrétaire général du parti. - Je vous dis qu'ils ont tous été réglés.
Vous parlez de gens qui ont été exclus, pour la plupart. - "Pour la plupart." - Aucun de ceux que vous me citez sont encore à LR.
A chaque fois qu'un cadre de notre famille politique ne suit pas la consigne du parti, ne respecte pas la décision, va sur la liste d'une formation politique avec laquelle nous ne sommes pas alliés, il est exclu. J'invite le PS à faire de même. Aujourd'hui, la grande compromission est toujours du côté de la gauche, malheureusement, qui dit qu'il n'y a pas d'accord national alors qu'il y a, sur le terrain, des accords partout. - J.Jaffré: Il n'y a pas du tout d'accord partout au sein de la gauche et avec LFI.
C'est évidemment le point sur lequel la droite veut insister. Le problème pour LR, c'est quand des candidats se déportent à ce point. Ils cessent d'être LR, mais ils sont divers droite.
Ils restent dans le même camp politiquement. LR est la force dominante dans ces municipales, au départ. Il pèse 7 % des voix dans les élections nationales, mais c'est la force dominante aux municipales.
Voilà la différence qu'il y a entre le local et le municipal. Le problème, c'est ce pari du RN, l'hypothèse d'une entente entre la liste des Dati des Républicains et la liste Knafo qui vient d'E.Zemmour et de Reconquête!
Qui dominerait l'entre-deux-tours si elle se produisait? - C.Roux: Est-ce qu'il faudra tirer des enseignements nationaux d'un scrutin local?
Est-ce qu'il faut le faire? On pourra calquer les résultats de dimanche soir et du second tour sur des dynamiques de présidentielles? - J.Jaffré: Vous avez glissé d'une hypothèse à une autre?
Il y aura beaucoup d'enseignements à tirer, mais calquer les résultats des municipales sur une présidentielle, c'est absurde. Je viens de le montrer avec l'exemple des Républicains. L'enseignement, c'est aussi, par exemple, on voit qu'aller voter pour la droite... - C.Roux: Vous connaissez très bien l'opinion.
Comment, à votre avis, peut peser cette actualité consacrée à l'Iran sur la participation à ce scrutin? - J.Jaffré: D'abord, beaucoup de gravité.
Que produit cette gravité?
Emmanuel Grégoire