En France, l’absence de culture du compromis - C à vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 10 %Défensif 80 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
Tout d'un coup, la culture du compromis commence à faire son chemin en France?
- 0:45OuverteRéponse directe
Demain, l'ensemble des partis, hors LFI et RN, seront reçus à l'Elysée.
- 1:45OuverteRéponse directe
Si une solution émerge, ce sera sans la participation du Rassemblement national, assure M.Tondelier.
- 2:30RelanceRéponse partielle
Pourquoi ça marcherait maintenant alors?
- 3:30OuverteRéponse directe
Peut-on quand même faire le constat d'une France durablement divisée en 3 blocs?
- 4:30OuverteRéponse directe
Vous parliez de la colère des agriculteurs. D'où vient la violence des agriculteurs?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00J.FourquetFait
« La crise agricole est protéiforme. Aujourd'hui, c'est le Mercosur, mais on a aussi les normes gouvernementales qui sont surtransposées. »
- 7:30J.FourquetChiffre
« Quand vous avez un pays qui a 58 % de sa richesse qui est consacrée à la dépense publique... »
- 8:30J.FourquetFait
« On a en tête que le vote de la censure a eu lieu sur le budget de la Sécurité sociale. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
qui conduiraient à des censures. Il a répété à plusieurs reprises en gros que la solution ne pourrait plus reposer ou pas reposer sur un accord avec le Rassemblement national, qui s'est montré quand même un piètre partenaire dans la séquence. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.Fourquet, directeur du département opinion et stratégie de l'Ifop.
On est ravis de vous recevoir ce soir. On croit noter dans les différentes déclarations qu'on a entendues depuis vendredi une évolution, un changement de ton de la part des différents partis de gouvernement. Tout d'un coup, la culture du compromis commence à faire son chemin en France? - J.Fourquet: Je pense qu'il faut attendre encore un petit peu.
Ce qui est en train de se jouer là, c'est une partie de poker menteur, où chaque force politique ou chaque acteur politique, et je mets dedans le président de la République, essaie de faire porter à l'autre la responsabilité du blocage ou de la mise à l'arrêt du pays. Le président de la République a ouvert la porte en disant qu'il allait recevoir tout le monde. - A.-E.Lemoine: Demain, à nouveau, l'ensemble des partis, hors LFI et RN, seront reçus à l'Elysée. - J.Fourquet: Une bonne partie des composantes du Nouveau Front populaire s'est rendue à l'Elysée.
Tout le monde a à coeur de montrer qu'il met de côté un certain nombre de lignes rouges et que le blocage ne sera pas de leur fait mais de l'intransigeance des partenaires. Si on regarde un sondage qui avait été fait juste avant le vote de la motion de censure, les Français étaient très partagés. 53 % étaient favorables à cette motion.
Au fur et à mesure que le temps va passer, la question qui va se poser, c'est: qui porte la responsabilité de cette instabilité? On a vu les agriculteurs qui avaient muré un certain nombre de permanences, en disant qu'ils n'avaient pas obtenu les aides qu'ils avaient demandées du fait de la censure. Les entreprises vont aussi faire entendre leur voix.
Il est temps pour les politiques de faire preuve de bonne volonté, au moins en façade, et essayer de remettre sur l'épaule de l'adversaire la responsabilité de ce blocage. - A.-E.Lemoine: Si une solution émerge, ce sera sans la participation du Rassemblement national, assure M.Tondelier.
Ca veut dire qu'E.Macron a acté l'échec de M.Barnier, la stratégie d'un possible accord avec le RN qui n'était pas la bonne? - J.Fourquet: M.Tondelier parle d'une participation du RN.
Il n'y avait pas de participation du RN. Il n'y avait pas de ministre du RN au gouvernement. Il y avait un accord tacite qui a tenu quelques semaines.
Ce bloc central qui se trouve en position charnière aujourd'hui, ayant vu que cette option avait débouché sur une impasse en quelques semaines seulement, la seule autre option qui est possible, c'est de regarder de l'autre côté, avec un objectif qui est poursuivi depuis longtemps par E.Macron: essayer de fracturer ce Nouveau Front populaire et essayer de faire venir à lui une partie de la gauche dite de gouvernement. C'était d'ailleurs sur ce pari qu'E.Macron a annoncé la dissolution.
Il n'avait pas anticipé que la gauche, face à la menace de la victoire du Rassemblement national... - A.-E.Lemoine: Pourquoi ça marcherait maintenant alors? - J.Fourquet: E.Macron va essayer de montrer...
Il va prendre le pays à témoin en disant que les partis doivent faire preuve de responsabilité, qu'ils doivent accepter les règles du jeu. Maintenant, il y a un certain nombre de points de blocage. Même si on dit qu'il faut se montrer à la hauteur des événements, il y a un ressentiment très fort dans ces partis politiques vis-à-vis d'E.Macron.
C'est lui qui a appuyé sur le bouton et qui a fait exploser le vieux monde politique. Ils ne sont pas forcément très enclins à le remettre en selle. Le 2e point de blocage, c'est que tout le monde a en tête des échéances électorales, qui sont peut-être plus rapprochées qu'on ne le pense.
Il faut donc être en capacité de repartir en campagne et ne pas trop se compromettre dans des gouvernements de grande coalition. - A.-E.Lemoine: Peut-on quand même faire le constat d'une France durablement divisée en 3 blocs? - J.Fourquet: Oui, elle l'est manifestement.
Ce qui va sans doute bouger dans les mois ou les années qui viennent, c'est le poids respectif de chacun des blocs, leur périmètre. On regardera aussi ce qui se passe à gauche, si cette alliance électorale qui était très efficace, puisqu'avec le même score au 1er tour des législatives, la gauche a obtenu cette fois beaucoup plus de sièges qu'en 2017, quand elle était partie beaucoup plus divisée. Il y a cette division qui perdure, avec aussi sans doute une impatience qui va monter dans la population. - A.-E.Lemoine: Emilie? - E.Tran Nguyen: Vous parliez tout à l'heure de la colère des agriculteurs qui va monter.
U.von der Leyen a annoncé vendredi avoir conclu les négociations de l'accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur. En France, les agriculteurs ont peur que les promesses qui leur ont été faites soient encore repoussées. - Un mur en parpaings est en train de s'ériger derrière moi. - L'action vise à condamner la porte de la permanence de F.Hollande. - Vous ne discutez avec personne.
Ne comptez plus sur nous. - Elle a aussi voté la motion de censure. - On fait ça parce qu'on pense que c'est un mauvais budget.
Mais par rapport aux agriculteurs...
Ils oublient qu'il y a eu Borne et Attal qui n'ont rien fait pour eux. Ca fait 2 ans et demi que je me bats pour tous les agriculteurs. - Le bordel politique qu'on rencontre, on le subit sur nos exploitations. - On ne peut laisser ces gens en l'espace de 2 heures balayer un an de travail syndical. - E.Tran Nguyen: D'où vient la violence des agriculteurs?
C'est aussi parce qu'on est dans une période de campagne des syndicats? Ou est-ce qu'il y a un secteur qui se sent en danger de mort? - J.Fourquet: Début 2024 et fin 2023, il y avait déjà eu des mobilisations. - E.Tran Nguyen: On a l'impression de bis repetita. - J.Fourquet: Oui, car la crise agricole est protéiforme.
Aujourd'hui, c'est le Mercosur, mais on a aussi les normes gouvernementales qui sont surtransposées en France par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays européens. Il y a le problème du coût du prix de vente de la production à la grande distribution. Le secteur agricole est très éclaté.
Les agriculteurs, ce qu'ils redoutent, c'est d'être en voie de disparition. Derrière ces crises conjoncturelles, c'est aussi un appel au secours d'une profession qui se sent en voie de disparition, qui se sent de plus en plus incomprise. - A.-E.Lemoine: L'Elysée annonce que peut-être demain, un Premier ministre serait nommé à l'issue de cette réunion assez exceptionnelle qui réunirait l'ensemble des partis politiques à l'Elysée. - P.Cohen: Les partis destinés au compromis.
C'est le langage de l'Elysée. L'idée est d'aboutir à un accord sur une méthode. Ensuite pourrait advenir une plateforme programmatique qui puisse faire l'objet d'un accord général ou, au moins, d'un accord pour une non-censure, qui permettrait à ce nouveau gouvernement de gouverner. - J.Fourquet: On sera tous fixés demain pour voir si cette méthode est fructueuse.
On se rappelle néanmoins que cette démarche de consulter très largement, le président de la République en a déjà usé. - P.Cohen: Saint-Denis. - J.Fourquet: C'était les rencontres de Saint-Denis.
Le RN était convié. Maintenant, il ne l'est plus. Mais ce n'est pas parce que vous mettez des gens autour de la table qu'un accord va forcément sortir.
On a en tête que le vote de la censure a eu lieu sur le budget de la Sécurité sociale. On est dans une société aujourd'hui où le déficit public est énorme. Il n'y a pas de manoeuvre budgétaire pour donner du grain à moudre aux uns et aux autres dans les discussions. - A.-E.Lemoine: C'est pourtant ce qu'avait commencé à faire M.Barnier.
Il y avait eu des discussions budgétaires considérables. - J.Fourquet: Quand vous avez un pays qui a 58 % de sa richesse qui est consacrée à la dépense publique, c'est toute une société qui vit de la dépense publique.
Quand on veut réduire les dépenses, forcément, on fait énormément de mécontents. On pense toujours aux fonctionnaires parce qu'ils sont en prise directe. Il y a quelques jours, il y a eu une mobilisation des chauffeurs de taxi.
Pourquoi se mobilisent-ils? Beaucoup de ces artisans...
On peut dire qu'ils sont très loin de la demande publique. Dans beaucoup de territoires en France, quand il n'y a pas d'activités touristiques, 70 % du chiffre d'affaires d'un artisan taxi, c'est les transports médicaux, emmener les gens passer des examens à l'hôpital et les ramener chez eux. La convention qui les lie à la Sécurité sociale, pour faire des économies, on devait raboter le barème.
On a vu une corporation parmi d'autres se mobiliser. Quand M.Barnier va voir les présidents des départements de France, il leur dit: "Vous jouez un rôle essentiel dans l'activité économique de vos territoires.
Emmanuel Macron