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InterviewTélé Matin - France Télévisions· 5 novembre 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseJustice

Les 4 vérités - Jean-Noël Barrot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Que pensez-vous de la perspective d'un possible retour de D.Trump à la Maison-Blanche?

  • 0:44RelanceRéponse directe

    Il faudra faire avec. Il est des souvenirs de cette période... Est-ce que dans les chancelleries, on prend en compte ce genre de menaces?

  • 1:26OuverteRéponse directe

    Sur l'Ukraine, une victoire de D.Trump... Cela ne changerait-il pas le cours de la guerre là-bas?

  • 2:10RelanceRéponse directe

    Pourtant, il a dit qu'il réduirait cette aide américaine. Comment l'armée ukrainienne pourrait tenir face aux Russes?

  • 2:50RelanceRéponse directe

    Cet accord engagera-t-il la prochaine administration si elle était gouvernée par D.Trump? Vous n'avez pas peur qu'il dénonce ce qui a été signé?

  • 3:35OuverteRéponse directe

    Cette élection américaine se passe dans une situation de tension extrême... ça vous inquiète sur l'état de la démocratie américaine?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44J.-N.BarrotFait
    « Nous avons survécu à 59 élections américaines. Nous pourrons survivre à la 60e. C'est un choix souverain du peuple américain. »
  • 1:26J.-N.BarrotFait
    « Il faut que l'Europe sorte de son complexe d'infériorité, qu'elle se réveille et qu'elle se muscle sur le plan militaire, industriel, commercial. »
  • 2:50J.-N.BarrotChiffre
    « Nous venons de signer un prêt de 50 milliards d'euros qui va être consenti à l'Ukraine et qui est fondé sur les revenus d'aubaine tirés des actifs russes que nous avons bloqués. »
  • 2:50J.-N.BarrotChiffre
    « Elle a un déficit budgétaire abyssal, des difficultés à recruter, à mobiliser et des taux d'intérêt à 21 %. »
  • 3:35J.-N.BarrotChiffre
    « 20 milliards d'euros viendront s'ajouter aux 20 milliards d'euros européens. Une fois que c'est signé, c'est bon pour accord. »
  • 4:54J.-N.BarrotFait
    « Personne ne veut revivre l'assaut du Capitole de 2021. »
  • 5:34J.-N.BarrotChiffre
    « Nous l'avons fait il y a 10 jours à Paris en levant 1 milliard d'euros pour le Liban. »
  • 7:01J.-N.BarrotFait
    « Oui, et le respect du droit international, du droit international humanitaire. Les violations doivent cesser. »
  • 7:46J.-N.BarrotFait
    « Il ne faut pas boycotter des universités ou le sport. La guerre n'a rien à faire avec ces affaires. »
  • 8:27J.-N.BarrotFait
    « Je salue son courage. Elle s'est hissée au rang d'icône pour le combat des femmes en Iran, pour le combat des femmes partout où leurs droits sont menacés. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Merci. J.Wittenberg reçoit ce matin J.-N.Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Ce sont les 4V. - J.Wittenberg: Bonjour et bienvenue. Bonjour, J.-N.Barrot. Merci d'être avec nous. C'est le jour J au Etats-Unis, mais c'est le monde entier qui retient son souffle, la France aussi. Que pensez-vous de la perspective d'un possible retour de D.Trump à la Maison-Blanche? - J.-N.Barrot: Ce n'est pas tout à fait la question. - J.Wittenberg: C'est quand même la question. - J.-N.Barrot: La France et les Etats-Unis ont des liens de très longue date. Nous avons survécu à 59 élections américaines. Nous pourrons survivre à la 60e. C'est un choix souverain du peuple américain.

0:44

Nous prendrons le président que les Américains nous donneront. - J.Wittenberg: Il faudra faire avec. - J.-N.Barrot: Absolument. Entre 2016 et 2020, nous avons eu affaire à une administration Trump. Nous nous tenons prêts, le cas échéant, à faire avec une nouvelle administration Trump. - J.Wittenberg: Il est des souvenirs de cette période. D.Trump avait renoncé à certains traités. On se souvient de l'accord de Paris sur le climat. Il avait plus ou moins tourné le dos à l'Otan. Depuis 2020, depuis sa défaite, il est allé encore plus loin, au moins dans ses déclarations. Il avait dit qu'il ne viendrait pas en aide aux Européens s'ils étaient attaqués. Est-ce que dans les chancelleries, on prend en compte ce genre

1:26

de menaces? - J.-N.Barrot: Il faut que l'Europe sorte de son complexe d'infériorité, qu'elle se réveille et qu'elle se muscle sur le plan militaire, industriel, commercial. Cette idée simple, la France la porte avec force depuis 7 ans par la voix du président de la République notamment. Il est temps, plus que temps de la mettre en oeuvre. - J.Wittenberg: Sur l'Ukraine, une victoire de D.Trump, qui ne veut plus apporter d'aide américaine... C'est le 1er contributeur. Ce ne serait pas une bonne nouvelle pour V.Poutine? Cela ne changerait-il pas le cours de la guerre là-bas? - J.-N.Barrot: Je ne crois pas qu'il voudra avaliser la plus grande annexion territoriale de notre histoire depuis 75 ans.

2:10

Ce serait oublier qu'aucune paix juste et durable ne peut être conclue dans le dos des Ukrainiens et par-dessus la tête des Européens. Ce serait surtout consacrer définitivement la loi du plus fort, ce qui entraînerait des conséquences très lourdes pour le continent européen et pour le reste du monde. - J.Wittenberg: Pourtant, il a dit qu'il réduirait cette aide américaine. Comment l'armée ukrainienne pourrait tenir face aux Russes, aidés aujourd'hui même par les Nord-Coréens, s'ils n'ont plus l'aide américaine

2:50

telle qu'elle est aujourd'hui? - J.-N.Barrot: Nous venons de signer un prêt de 50 milliards d'euros qui va être consenti à l'Ukraine et qui est fondé sur les revenus d'aubaine tirés des actifs russes que nous avons bloqués. Une escalade très grave. C'est une exportation de cette guerre vers l'Asie. C'est aussi un signe de grande vulnérabilité de la Russie, au bord de l'asphyxie. Elle a un déficit budgétaire abyssal, des difficultés à recruter, à mobiliser et des taux d'intérêt à 21 %.

3:35

- J.Wittenberg: Cet accord engagera-t-il la prochaine administration si elle était gouvernée par D.Trump? Vous n'avez pas peur qu'il dénonce ce qui a été signé il y a quelques semaines? - J.-N.Barrot: 20 milliards d'euros viendront s'ajouter aux 20 milliards d'euros européens. Une fois que c'est signé, c'est bon pour accord. - J.Wittenberg: Cette élection américaine se passe dans une situation de tension extrême et inédite. On voit des barricades autour de certains édifices à Washington, des menaces de contestation par la force des militants trumpistes si leur champion ne gagnait pas. En temps que militant politique, vous qui étiez membre du MoDem et qui l'êtes toujours, ça vous inquiète sur l'état de la démocratie américaine et en général?

4:14

- J.-N.Barrot: Je regrette la brutalisation, la polarisation du débat démocratique. Ca n'est pas tout à fait nouveau et ça ne se limite pas aux Etats-Unis, malheureusement. Ca appelle de notre part un sursaut. Je souhaite que ces élections puissent se dérouler dans le calme. En démocratie, nous avons une règle simple pour trancher les différends: celui qui rallie la majorité des électeurs l'emporte. Il faut que celui qui sera vaincu reconnaisse au plus vite l'élection pour que nous puissions avancer. - J.Wittenberg: Vous avez des doutes quand vous voyez ce qui se passe dans les reportages tout au long des journaux, de ces militants qui disent déjà que les élections sont truquées par les démocrates, en tout cas côté républicain? - J.-N.Barrot: J'ai confiance dans la démocratie américaine.

4:54

Je souhaite que ce processus, qui va s'étirer jusqu'au mois de janvier, se fasse dans le calme. Personne ne veut revivre l'assaut du Capitole de 2021. - J.Wittenberg: Au Proche-Orient, quel que soit le vainqueur de la présidence américaine, il y aura une influence. D.Trump est beaucoup plus aligné sur la position stratégique de B.Nétanyahou. Voyez-vous un changement possible après cette élection? - J.-N.Barrot: Dans tous les cas, les Etats-Unis ont un rôle essentiel à jouer dans le règlement du conflit israélo-arabe. Ca a été le cas par le passé. En 1982, c'est l'interruption des livraisons d'armes par Nixon à Israël qui a mis fin à la guerre au Liban. Nous serons aux côtés des Américains comme nous l'avons fait depuis un mois, notamment

5:34

pour le Liban, pour proposer des formules de paix permettant d'assurer une paix juste et durable dans la région. - J.Wittenberg: Que peut faire la diplomatie française alors que les armes ne se taisent pas? Pas de cessez-le-feu à Gaza ni au Liban, où vous vous étiez rendu. Qu'allez-vous faire maintenant? - J.-N.Barrot: La France peut mobiliser la communauté internationale. Nous l'avons fait il y a 10 jours à Paris en levant 1 milliard d'euros pour le Liban. La France a aussi une vocation à porter des messages. C'est pourquoi j'irai demain soir en Israël et dans les territoires palestiniens pour y rencontrer les autorités, les acteurs humanitaires, pour porter la voix de la France dans cette région où la guerre a beaucoup trop duré et où le recours à la force

6:17

doit désormais céder la place au dialogue et à la diplomatie. - J.Wittenberg: Vous allez vous rendre en Israël demain. Les relations entre l'Etat hébreu et la France se sont un peu détériorées ces dernières semaines, notamment après les déclarations d'E.Macron sur la création d'Israël par l'ONU qui ont fortement déplu à B.Nétanyahou. Vous y allez aussi pour recoller les morceaux? Allez-vous rencontrer monsieur B.Nétanyahou? - J.-N.Barrot: Le dialogue n'a jamais été rompu. Le Premier ministre israélien a eu le président de la République à de nombreuses reprises. Nous allons poursuivre les discussions de paix engagées il y a un mois sous l'égide des Etats-Unis et de la France pour formuler pour le Liban les conditions d'une paix juste et durable.

7:01

- J.Wittenberg: Allez-vous encore une fois exiger un cessez-le-feu à monsieur B.Nétanyahou qui dit que pour l'instant, il n'en veut pas? - J.-N.Barrot: Oui, et le respect du droit international, du droit international humanitaire. Les violations doivent cesser. - J.Wittenberg: En France, des militants propalestiniens exigent l'annulation d'un match France-Israël. Ils ont pénétré hier au sein de la FFF. - J.-N.Barrot: Il faut cesser d'importer ce conflit dans le débat public en France. La semaine dernière, Sciences Po Strasbourg mettait fin de manière inacceptable à une coopération avec une université israélienne. Aujourd'hui, c'est le sport. Cessons d'importer le conflit dans notre pays. - J.Wittenberg: Ce match doit avoir lieu le 14 novembre au Stade de France comme prévu?

7:46

- J.-N.Barrot: Oui. Il ne faut pas boycotter des universités ou le sport. La guerre n'a rien à faire avec ces affaires. - J.Wittenberg: Une image a fait le tour du monde depuis ce week-end, celle de cette jeune étudiante iranienne marchant en sous-vêtements dans une rue de Téhéran, défiant l'ordre islamique imposé par le régime iranien. Que savez-vous du sort de cette jeune femme qui a été arrêtée manu militari? - J.-N.Barrot: Je salue son courage. Elle s'est hissée au rang d'icône pour le combat des femmes en Iran,

8:27

Pour le combat des femmes partout où leurs droits sont menacés. La France se tient aux côtés d'elles en Iran, en Afghanistan