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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 23 octobre 2025 11 min

Trump hausse le ton et Poutine sort ses missiles

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Parlez-en ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. D.Trump durcit les sanctions contre la Russie.

Washington vient de placer sur liste noire les 2 principales compagnies pétrolières russes, Rosneft et Lukoil. Bonsoir. Je cite votre dernier article.

On écoute D.Trump. - D.Trump: La seule chose que je peux dire, c'est qu'à chaque fois que je parle avec Vladimir, nous avons de bonnes conversations.

Ensuite, elles ne vont nulle part. Aujourd'hui est une journée très importante. Ce sont des sanctions énormes.

Elles sont très vastes. Elles sont contre leurs 2 grandes compagnies pétrolières. Nous espérons qu'elles ne dureront pas trop longtemps et qu'un terme sera mis à la guerre. - A.Casse: C'est une étape importante.

D.Trump passe à l'acte. Que changent ces sanctions? - M.Jégo: Ca risque de changer beaucoup.

Le pétrole est le nerf de la guerre. Ca permet à Poutine de financer sa guerre en Ukraine, qui est entrée dans sa 4e année. Les sanctions contre ces 2 majors pétrolières, Rosneft, qui est une société publique dirigée par un proche de Poutine, un ancien traducteur de l'armée soviétique en Angola qui s'est retrouvé propulsé à l'impulsion de Poutine à la tête de cette major publique énorme...

Lukoil est une entreprise pétrolière privée. A elles 2, elles représentent 50 % des exportations de brut russe. - A.Casse: On scrute particulièrement la Chine.

Quelle a été sa réaction après les sanctions? - M.Jégo: C'est très intéressant.

Ca vient de tomber. On apprend, à notre grande surprise, que la Chine, qui est quand même l'importateur majeur de brut russe, s'aligne sur...

Probablement qu'elle craint des sanctions. Si ces entreprises achètent comme elles le faisaient jusqu'ici du pétrole russe à Rosneft et Lukoil, elle risque des sanctions secondaires. Elle se désengage.

Les sociétés chinoises qui achetaient du pétrole russe viennent de déclarer qu'elles ne le feraient plus. - A.Casse: A quel point ça fait mal à V.Poutine? - M.Jégo: Ca risque de faire très mal.

Ce qu'on observe ces dernières années, c'est que la Russie est une championne pour ce qui est du contournement des sanctions. - A.Casse: On l'a vu avec la flotte fantôme. - M.Jégo: Absolument.

Un des navires est venu jusqu'à la limite de nos eaux territoriales. On a arrêté le capitaine et son second et ensuite, on les a relâchés. On a vu à cette occasion à quel point on était impuissant face à cette flotte fantôme qui transporte le pétrole russe sanctionné et aide à contourner les sanctions.

On ne peut rien faire. Tant qu'il circule dans les eaux internationales, ma foi...

Ce qui est intéressant, c'est que jusqu'ici, probablement que les Européens et les Américains étaient réticents à prendre des sanctions sévères sur le pétrole parce qu'ils craignaient probablement une déstabilisation du marché. Le pétrole russe, c'est 5 % du marché mondial. Si on le retire, qu'est-ce que ça fait?

Est-ce que ça ne risque pas d'avoir un impact sur les prix? - A.Casse: Ca a fait bondir le prix du pétrole.

On se demande si ça ne va pas avoir un impact dans la vie des Américains. C'est peut-être pour ça que D.Trump a beaucoup hésité. - M.Jégo: C'était surtout l'administration Biden qui était très inquiète de ça.

En 2023, les Ukrainiens frappaient des raffineries russes sur le sol russe. L'administration Biden était furieuse et les appelait en leur disant: "Ne faites pas ça. Vous risquez de déstabiliser le marché.

Ce n'est pas bien." On n'est pas dans la même configuration, aujourd'hui. L'Opep+, les producteurs de pétrole, se sont entendus, l'Arabie saoudite et d'autres.

Ils se sont entendus pour augmenter leur production. Il n'y aura pas de pénurie. Le pétrole, à l'annonce des sanctions prises par les Etats-Unis, vient d'augmenter de 6 %.

Peut-être que cette hausse va pouvoir être contenue. - A.Casse: Pourquoi D.Trump prend cette décision maintenant? - M.Jégo: Il est probablement humilié.

Il a été humilié par V.Poutine, surtout avec l'annonce de ce nouveau sommet. - A.Casse: Qui devait se tenir en Hongrie. - M.Jégo: A Budapest.

Tout semblait avoir été arrangé. Ils avaient eu une heure de conversation téléphonique jeudi dernier, Trump et Poutine. Pardon, pas 1 heure, 2 heures 30.

A la Trump, ça a été productif. "On va se retrouver et Poutine va accepter de faire la paix." Mais il y a toujours un problème entre Américains et Russes.

C'est comme s'ils étaient perdus dans la traduction. On a l'impression qu'il n'a pas entendu ou compris ce que lui a dit Poutine, et inversement. Finalement, ce sommet n'a pas eu lieu.

Trump est humilié. Il s'est avancé. Ce n'est pas la 1re fois qu'il tend une main trop amie à V.Poutine et que finalement, V.Poutine le méprise, ne répond pas à ses sollicitations. - A.Casse: Il y a eu ce coup de fil entre Trump et Poutine.

Trump dit qu'il va y avoir une rencontre et qu'ils vont refaire un sommet. Pour préparer ce sommet, il y a eu l'autre coup de fil entre M.Rubio et S.Lavrov.

Voilà ce que dit S.Lavrov. Les exigences russes étaient peut-être trop élevées? - M.Jégo: Oui.

Surtout, il ne bouge pas d'un iota. Ces exigences ont été formulées par Poutine noir sur blanc en juin 2024. Depuis, elles n'ont pas bougé d'un iota.

Trump aimerait que les Russes fassent un petit pas. D'autre part, l'exigence de Poutine, qui est que l'Ukraine lui donne les territoires du Donbass, qu'il n'a pas conquis militairement...

Volontairement, l'Ukraine se retirerait de son propre territoire, dirait à sa population: "Partez, les Russes arrivent." On n'a jamais vu ça nulle part. Normalement, un conflit, on le gèle à la ligne de front, là où les combats ont eu lieu.

Le territoire pris militairement reste aux mains, en tout cas provisoirement, de la Russie. Mais Poutine ne veut pas ça. Il veut la paix avant le cessez-le-feu.

Ca n'a pas de sens. On fait d'abord un cessez-le-feu et ensuite, on discute pour la paix. Lui, non.

Il veut discuter d'abord et pas de cessez-le-feu. En gros, il veut poursuivre sa guerre. - A.Casse: La réaction de V.Poutine a été immédiate après l'annonce de D.Trump de l'annulation de leur tête-à-tête.

Il s'est montré dans une salle de commandement. Il a fait une nouvelle démonstration de force. - M.Jégo: Il a lancé un exercice... - A.Casse: On voit la photo. - M.Jégo: De ses missiles stratégiques.

Il est seul dans cette salle. Il est face à un écran plat. Ensuite, on verra les officiers du commandement, ceux qui sont impliqués dans une éventuelle frappe nucléaire...

Il est toujours dans le même registre: le chantage au nucléaire. Il a sans doute voulu montrer par là...

Ce n'est pas anodin, une partie des exercices avait lieu dans le grand nord russe. Il y a quand même un missile balistique qui est allé au Kamtchatka, en direction des Etats-Unis. Après, c'est le détroit de Béring et les Etats-Unis.

C'était symbolique. - A.Casse: L'extrême orient russe...

C'est une façon de menacer D.Trump? - M.Jégo: Bien sûr.

Poutine est extrêmement duplice, donc il ne le dit pas. Si on retient ce que Trump a dit... "A chaque fois qu'on se parle, avec Poutine, ça se passe bien.

Les conversations sont très productives." Autant, il vilipende les Européens...

Ils ont dit dans toute la presse russe que c'était de la faute des Européens si le sommet de Budapest n'avait pas eu lieu. "Trump est gentil. Il est bon.

Il veut notre bien. Les méchants sont les Européens." - A.Casse: Comment comprendre cette réaction de D.Medvedev face aux sanctions américaines? "Trump s'est alignée sur l'Europe folle." - M.Jégo: C'est ce que je dis.

Au fond, pour eux, Trump n'est pas méchant et n'a pas l'intention de nuire à la Russie. Il a pris extrêmement longtemps avant de prendre des décisions. C'est cette idée que l'Europe est l'ennemie.

Finalement, avec les Etats-Unis, qui sont la seule puissance à laquelle la Russie veut se comparer, parce que pour Poutine, l'Europe n'existe pas, il y a juste les Etats-Unis en tant qu'égal...

La rencontre à Budapest a été qualifiée de rencontre "entre les 2 grands". - A.Casse: Avec une Europe peut-être humiliée.

Le début de cette phrase est de dire que c'est une déclaration de guerre. C'est l'escalade. Que pourrait être la suite? - M.Jégo: Les Russes, et surtout D.Medvedev, excellent dans le théâtre.

Ils sont outranciers. Ils font de la théâtralité. Particulièrement D.Medvedev.

Il n'a rien d'autre à faire que ça. Il est un peu le pit-bull de V.Poutine.

Il n'a pas vraiment de fonction. Il est secrétaire adjoint du conseil de sécurité. En gros, il ne compte pas tellement.

Il est la personne qu'on met en avant pour dire des choses qui excèdent...

Une déclaration de guerre, oui, il nous dit depuis longtemps que l'Otan fait la guerre. Poutine nous le disait avant que la guerre commence en 2021. Il disait: "L'Otan nous a attaqués et on a nulle part où reculer." C'est cocasse, étant donné qu'il y a 17 millions de kilomètres carrés après la partie européenne de la Russie.

Ce qu'ils disent parfois est quand même outrancier et pas en phase avec la réalité.

Trump hausse le ton et Poutine sort ses missiles — Georges Naturel · Pourquijevote