"Fermeté et autorité" pour le Nouvel An prévient Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur
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Et c'est donc le ministre de l'Intérieur qui est notre invité, bonjour Laurent Nunez. Nos auditeurs, comme d'habitude, peuvent dialoguer avec vous, avec nous, au 01 45 24 7000 pour nous appeler et avec l'application de Radio France pour nous écrire. Beaucoup de questions à vous poser Laurent Nunez sur la mobilisation des agriculteurs, sur la sécurité pour le réveillon de la Saint-Sylvestre notamment. Mais d'abord, pouvez-vous éclaircir ce mystère ?
L'homme de 25 ans qui a agressé trois femmes au couteau vendredi dans le métro parisien, présenté d'abord par vos services comme un Malien en situation irrégulière et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire, a en fait un passeport français depuis 2018. Comment se fait-il que les policiers l'aient découvert ? Pourquoi n'étaient-ils pas au courant ?
Je vais vous expliquer, c'est très simple, c'est très simple à comprendre. C'est un individu qui a commis plusieurs faits délictueux. D'abord, c'est un Malien, il est né au Mali, donc à Bamako. Et donc, c'est un individu qui a commis plusieurs faits délictueux. Il était connu des services de police. Il était connu des services de police. C'est pour ça que c'est d'autant plus étonnant. Notamment entre 2023 et 2025, il a fait de la prison, de la détention. Individu non documenté, qui n'a jamais présenté de document d'identité et qui, donc né au Mali, a été traité comme un étranger en fait en situation irrégulière.
Et pendant sa détention, effectivement, une obligation de quitter le territoire français lui a été notifiée. Et à sa sortie d'écrou, il a été placé en centre de rétention administrative. C'est-à-dire qu'il a eu... C'est quelqu'un qui a été en détention. Donc, sa fiche pénale mentionne la nationalité malienne. Il a eu plusieurs procédures qui ont été engagées contre lui, y compris en procédure administrative, pendant son maintien en rétention administrative, qui a duré 90 jours, qui est allé au but du délai. Il est passé devant plusieurs juges des libertés de détention. Il n'a jamais excipé de sa qualité de français.
Vous dites qu'il n'a jamais dit qu'il était français, mais vos services ont quand même moyen de le savoir. On n'aurait pas dû lui délivrer d'ailleurs d'OQTF. Il y a eu un dysfonctionnement quelque part.
C'est au moment de la perquisition à son domicile, après la triple agression qu'il a commise. D'ailleurs, j'en profite pour féliciter à nouveau les fonctionnaires de police de la préfecture de police, qui, deux heures après le dernier fait, l'ont interpellé. C'est au moment de la perquisition qu'un passeport français a été découvert. Évidemment, immédiatement, on a procédé à des recherches, des vérifications. Et hier, on a effectivement pu confirmer que l'individu était français. Il y a eu dysfonctionnement ou pas ? J'y viens. Il a été français par filiation. Donc, c'est son père qui est français et qu'il a reconnu alors qu'il avait 9 ans.
Et donc, il s'est vu effectivement délivrer un certificat de nationalité en 2012, à 12 ans. Et puis, à 18 ans, il a eu effectivement un passeport et une CNI, ce qui n'était pas connu des services. Ce qui n'était pas connu des services. Alors, est-ce qu'il y a eu un dysfonctionnement ? Mais forcément, à partir du moment où vous traitez un individu comme un être agent de situation irrégulière, où vous le mettez, vous le placez en centre de rétention administrative et vous tentez une procédure d'éloignement et qu'en réalité, c'est un français, évidemment qu'il y a eu un dysfonctionnement.
Et je vais regarder dans quelles conditions on a ou pas consulté, tout simplement, le fichier des personnes qui détiennent une carte nationale d'identité ou un passeport français.
Il y a une autre affaire qui n'a rien à voir, mais qui crée beaucoup d'émoi chez les forces de l'ordre. Un homme de 33 ans, sans permis de conduire, condamné 13 fois en particulier pour des infractions routières, qui a percuté deux gendarmes, très grièvement, avec beaucoup de violence jeudi dernier dans les Vosges. Qu'est-ce que vous dites aux policiers et aux gendarmes, en l'occurrence ici, c'était des motards qui ont peur de faire leur métier aujourd'hui ?
D'abord, je veux leur dire, d'abord, saluer le courage des gendarmes et des policiers, puisque dans l'affaire que vous citez dans les Vosges, et dans toutes les affaires, quand il y a des refus d'obtempérer, il y a des poursuites qui s'engagent, il y a des courses poursuites qui s'engagent. C'est ce qui s'est passé dans cette affaire, où l'individu a voulu éviter les gendarmes, et les a à deux reprises percutées, des gendarmes motorisés. On a eu d'autres affaires encore, il y a quelques jours, cette nuit encore, donc il y a énormément de refus d'obtempérer.
25 000 refus d'obtempérer l'an dernier en France.
Les instructions que je passe, évidemment, elles sont très claires, très précises, c'est de ne rien laisser passer en termes de refus d'obtempérer, et donc nous allons continuer, nous allons continuer. Les individus sont interpellés, généralement, quand il y a un refus d'obtempérer, c'est que la personne a souvent quelque chose, tout le temps même, quelque chose à se reprocher, et ça va du défaut de permis jusqu'à la détention de produits stupéfiants. Donc il faut évidemment continuer ces poursuites.
Mais on cite ce chiffre endémique, ça devient un problème de société à ce niveau-là, 25 000 refus d'obtempérer par an. Est-ce que, évidemment, ce sont les policiers et les gendarmes qui sont victimes bien souvent, parfois aussi, ça se termine mal, malheureusement, pour les conducteurs, mais il ne s'agit pas de blâmer ceux qui sont en première ligne, mais est-ce que l'institution doit s'interroger sur cette perte de confiance et de légitimité ?
L'institution s'interroge sur la perte d'autorité, quelque part. Il y a un problème d'autorité. Quand les gendarmes ou les policiers demandent, évidemment, de s'arrêter, on doit s'arrêter. Il y a un certain nombre d'individus qui ne le font pas parce qu'ils ont quelque chose à se reprocher. L'institution, elle répond par la fermeté, la course-poursuite et l'interpellation systématique. Dans le dossier que vous citez, l'individu va être poursuivi, c'est une décision du parquet, pour meurtre quand même. Tentative. Donc voilà, l'institution, elle réagira, elle réagira tout le temps et elle le fait de manière extrêmement ferme.
Mais il y a effectivement, quelque part, il y a aussi, à d'autres étages que celui du ministère de l'Intérieur, à rappeler un certain nombre de règles fondamentaux de ce qu'est l'autorité et le respect de l'autorité.
Puisqu'on parle de refus d'obtempérer, alors on est loin de la gravité de l'affaire dont on parle dans les Vosges, mais des images ont provoqué beaucoup de colère chez les agriculteurs qui sont mobilisés, on le sait notamment, contre la gestion de l'épidémie de dermatoses nodulaires contagieuses. Sur ces images, on voit des policiers, c'était samedi soir à Hoche, dans le Gers, sortir leurs armes pour stopper un éleveur qui est au volant de son tracteur. Est-ce que vous défendez l'action des forces de l'ordre sur cette intervention ?
D'abord, je voudrais rappeler, si vous me le permettez, le contexte de gestion de la crise agricole par le gouvernement et pour ce qui est de l'ordre public, par le ministre de l'Intérieur, par moi-même. C'est un contexte d'extrême souplesse, dont on fait ça avec beaucoup de tact.
Qui a même alimenté l'impression de deux poids, deux mesures, en particulier vis-à-vis des militants écologistes, des activistes écologistes notamment.
On encadre les manifestations la plupart du temps. Encadrer, ça veut dire organiser les déviations pour éviter que la circulation soit bloquée. Le mouvement a été géré avec énormément de souplesse. Il y a assez peu de barrages qui ont été dégagés, très peu, sauf les axes nouveaux, lorsque ça est structurant sur les barrages nouveaux. Par la force, que vous dites. Et on n'a jamais eu besoin trop de recourir à la force. Donc on le fait avec beaucoup de souplesse. Et quand il y avait des blocages sur les axes structurants au moment des départs en vacances, c'est-à-dire la semaine dernière, il y a eu quelques interventions de police qui se sont, la plupart du temps, effectuées par la discussion.
C'est un mouvement qui est géré avec beaucoup de souplesse. Certains agriculteurs réclament la saisie de l'IGPN, la police des polices. Il y a lieu de le faire ou pas ?
Je vais venir précisément sur cette intervention, mais je veux rappeler quand même le contexte, parce qu'on entend dire un peu tout et n'importe quoi sur une répression excessive du mouvement et tout. Tout ça est faux. Vous savez, moi, c'est ma première crise agricole comme ministre de l'Intérieur. Je suis ministre de l'Intérieur depuis deux mois et demi, mais j'étais au fonctionnaire, et c'est ma 6 ou 7e crise agricole. Je connais bien le sujet, et on gère toujours ça avec beaucoup de souplesse. En revanche, et on a toujours dit, qu'il ne pouvait pas y avoir de débordement, de dégradation.
Sur la ville d'Hoche, pendant plusieurs nuits consécutives, il y a eu des déversements de fumier sur plusieurs bâtiments publics, mais à un moment, il était temps de dire stop. Et c'est ce qu'ont fait les policiers ce soir-là. Ils sont intervenus pour empêcher un déversement de fumier.
Ils ont eu raison de sortir leurs armes ?
Il était question d'empêcher un déversement de fumier, en l'occurrence sur un organe de presse, la dépêche du midi, et se sentant menacés par un mouvement d'un agriculteur qui venait dans leur direction, ils ont effectivement sorti leurs armes quelques secondes seulement. Quelques secondes seulement, et dès que la personne a obtempéré, ils ont rangé leurs armes. Voilà, donc c'est un événement qui n'a duré que quelques secondes.
Il n'y a pas lieu de le faire ici.
Le ministre de l'Intérieur que je suis ne saisira pas l'IGPN dans cette affaire. Que les choses soient claires, et je le rappelle, et je le redis aux policiers, aux gendarmes, et c'est ce qui se passe, le mouvement sera géré avec la même souplesse, le même tact, on l'encadre, on permet que cette expression, cette revendication, on la permet dans le cadre du mouvement agricole, mais il ne peut pas y avoir de débordement et de violence.
Vous dites souplesse, encore une fois certains disent deux poids deux mesures vis-à-vis notamment des activistes du climat et de l'écologie, de la biodiversité, mais vous dites aussi aucun barrage ne sera toléré, aucun nouveau barrage pour le réveillon de la Saint-Sylvêtre, et le nouvel an il faut laisser les gens circuler librement. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il y a des barrages, vous les lèvrez par la force ? Deux choses,
deux poids deux mesures sur les mouvements pour la biodiversité, quand vous prenez à partie les forces de l'ordre et que vous jetez des projectiles sur les forces de l'ordre, il y a généralement une réponse proportionnée des forces de l'ordre pour ce qui est des mouvements de défense de l'environnement.
Elle n'a pas été notamment à Saint-Sylvêtre après des documents, des vidéos qui sont sorties
il y a quelques semaines. Dans des contextes de prise à partie des forces de l'ordre qui n'ont, vous me le considérez, rien à voir avec ce qu'on vit avec la crise agricole actuellement et la manifestation des agriculteurs qui est très majoritairement pacifique. Donc ça n'a rien à voir, donc il n'y a pas de poids deux mesures. Deuxièmement, oui, c'est ce qui a été annoncé dès la semaine passée déjà, dès le début de la semaine passée, s'il devait y avoir des blocages d'axes structurants dans cette période de congés scolaires, oui, il y aurait évidemment des déblocages. C'est ce qui s'est passé la semaine dernière, tout le week-end, et généralement les blocages ont été levés par la discussion.
Il n'y a pas eu d'intervention des forces de l'ordre.
Vous dialoguez avec les syndicats, a priori, quelle sera la situation ?
Évidemment, on dialogue avec, chaque préfet gère la situation, on dialogue avec les organisations syndicales. Vous imaginez bien que vu le parcours qui est le mien de haut fonctionnaire de 20 ans sur les questions de sécurité, qui a géré plusieurs crises agricoles, j'ai moi-même des contacts directs avec les représentants syndicaux agricoles.
Vous n'êtes pas inquiet pour la circulation des gens qui vont rejoindre leur famille ?
Non, parce que les choses se passent dans la discussion, dans le dialogue, et si ça ne devait pas être le cas, s'il devait y avoir un blocage d'un axe structurant, nous interviendrons, évidemment. Mais encore une fois, je tiens à redire, ce mouvement, il est géré avec souplesse et tact, et résumer la façon dont on le gère aux quelques secondes d'images qui ont été vues samedi soir sur Roche me paraît un peu excessif et n'est pas du tout révélateur de ce que nous faisons d'une manière générale, mais encore une fois, dans ce cas-là, il y a des policiers qui se sont sentis menacés, et donc, je vous le redis, je ne saisirai pas les GPN.
Vous promettez, vous promettez, Laurent Nunez, d'assurer donc la libre circulation des gens qui vont aller passer le réveillon de la Saint-Sylvestre en famille ou entre amis. Vous promettez aussi d'assurer la sécurité de ce réveillon, des rassemblements notamment. Alors, comme chaque année, le gouvernement dit, en l'occurrence par votre voix, tolérance zéro, présence renforcée sur tout le territoire. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement, en chiffres ?
Non, concrètement, ça veut dire qu'on va mobiliser comme chaque année. Comme chaque année, évidemment, j'ai reconduit ces consignes qui sont des consignes de fermeté et d'autorité, évidemment. Le risque, la nuit de la Saint-Sylvestre, d'abord, il y a beaucoup de gens qui sortent dans la rue pour fêter le passage à la nouvelle année. Donc, il y a sécurisé toutes ces personnes. Et puis, il y a les traditionnelles violences urbaines de fin d'année qui se déroulent dans certains quartiers où il y a des jets de mortiers contre les forces de l'ordre, ce qu'on appelle des violences urbaines.
Et le dispositif, il vise à prévenir ces violences urbaines et sécuriser les personnes qui vont se rendre sur l'espace. Donc, 10 000 policiers,
gendarmes, c'est ça ?
Pour fêter la nuit, pour fêter le passage à la nouvelle année, notamment sur les Champs-Elysées à Paris, mais dans d'autres villes. Il y a 90 000 policiers, gendarmes au total qui seront mobilisés et 10 000, c'est pour Paris et la Petite-Gouronne. Avec une présence renforcée et surtout, s'il devait y avoir des dégradations, des violences, moi, j'ai redemandé au préfet évidemment des consignes d'extrême fermeté.
Vous parlez des Champs-Elysées, est-ce que vous déconseillez les rassemblements ? Non,
mais absolument pas. Par peur de mouvements de foule
comme ceux qu'on avait vécu
l'année dernière, par exemple ? L'année dernière, il y avait un concert, il n'aura pas lieu cette année, un concert qui avait été à l'origine effectivement de mouvements de foule. Les choses s'étaient très bien passées, mais il avait fallu extraire un certain nombre de personnes en raison de cette foule importante. Donc cette année, le préfet de police que j'étais à l'époque et le nouveau préfet de police et la maire de Paris ont convenu qu'il n'y aurait pas de concert, mais il y aura un rassemblement sur les Champs-Elysées comme chaque année. Il y a un feu d'artifice à minuit comme chaque année sur les champs.
Il y a une projection sur l'arc de Trillon, enfin un mapping d'une dizaine de minutes avant le passage à la nouvelle année et il y aura un gros dispositif de sécurité avec un périmètre de protection et comme chaque année, les choses se passeront bien.
Et quel est l'état de la menace terroriste ? Vous avez dit il y a quelques jours ou quelques semaines avoir déjoué, enfin vos services ont déjoué six attentats je crois en 2025. Est-ce qu'il y a une menace terroriste particulièrement forte ?
La menace terroriste, elle est toujours très forte, voilà, elle est toujours très forte avec sa dimension, surtout dans sa dimension endogène d'individus qui peuvent passer à l'action, se radicaliser et commettre des actions terroristes mais la Direction Générale de la Sécurité Intérieure et l'ensemble des services de renseignement français veillent et déjouent effectivement énormément d'attentats.
Vous parlez de tolérance zéro, là c'est moins grave on va dire que la menace terroriste mais c'est un sujet de santé publique notamment pour les jeunes, c'est le sujet du protoxyde d'azote, nul doute que beaucoup de jeunes vont en consommer pendant ces festivités. Il y a un flou juridique autour de ce produit qui est un produit entre autres de cuisine, quelles consignes vous donnez aux forces de l'ordre ?
D'abord c'est évidemment de procéder à des contrôles mais à terme on le sait il faudra qu'on renforce la législation sur le protoxyde d'azote qui a à la fois sa détention, sa consommation sur la voie publique, son port, son transport donc voilà donc il y a toute une batterie de mesures législatives qui sont préparées sur eux il y a une proposition de loi que le gouvernement va probablement soutenir probablement amender mais voilà il faut renforcer durcir les sanctions contre le protoxyde d'azote
Alors l'actuel des forces de l'ordre ne peuvent rien faire concrètement ?
Assez peu de choses finalement assez peu de choses il y a une utilisation qui est faite en cuisine dans le domaine médical et puis elle est utilisée j'ouvre des guillemets de manière soi-disant festive mais en réalité c'est un gaz qui provoque des dommages en matière de santé extrêmement important et surtout qui altère le discernement et on a bien vu de graves accidents qui ont pu avoir lieu pour des personnes qui ont consommé du protoxyde d'azote donc on va renforcer les mesures législatives pour réglementer sa commercialisation son usage son port son transport
Il y aura aussi malheureusement beaucoup de cocaïne comme dans beaucoup de fêtes de soirées en France c'est la une du Parisien aujourd'hui en France ce matin entre 2012 et 2023 la quantité de cocaïne consommée en France a triplé au-delà des discours sur la lutte contre le narcotrafic c'est un tsunami blanc qui se déverse sur la France
D'abord il faut arrêter de dire que sur le narcotrafic il n'y avait que des discours ça fait dix ans qu'on travaille sur le sujet je sais qu'on a pu laisser croire que la vraie vie avait commencé en matière de lutte contre le narcotrafic il y a seulement un an ça fait dix ans qu'on travaille sur le narcotrafic dix ans dix ans qu'il y a eu des actions continues qui ont été menées qui ont visé à renforcer les moyens juridiques budgétaires des services en matière de lutte contre le trafic de stupes et de fait le nombre de mises en cause le nombre de drogues saisies ne cesse d'augmenter depuis ces dix dernières années force est de constater que ce n'est évidemment pas suffisant et on va évidemment poursuivre l'action qui est menée il y a une nouvelle loi la loi de juin 2025 qui a été élaborée suite à un rapport sénatorial qui a été extrêmement important qui a donné de nouvelles prérogatives au préfet de nouveaux moyens d'enquête judiciaire aux enquêteurs de la police judiciaire en matière de lutte contre le trafic on va continuer mais vous voyez bien que ce que vous dites nous conforte évidemment ce que disent les articles de presse il y a aussi un problème de consommateur évidemment que s'il n'y avait pas de consommateur il n'y aurait pas de trafic d'où les annonces qu'a faites le président de la république de durcir les mesures contre les consommateurs et notamment l'amende forfaitaire délictuelle qui passera de 200 à 500 euros et puis il y a d'autres mesures auxquelles on réfléchit vous savez est-il normal que quelqu'un qui consomme régulièrement des produits stupéfiants ait encore son permis de conduire est-il normal probablement pas donc on y réfléchit
il faut le signaler à l'employeur aussi ça c'était dans le débat
c'est une mesure qui a été avancée par un responsable d'une organisation syndicale de commissaires personnellement je considère que cela s'est étudié aussi il faut qu'on montre clairement aux consommateurs que consommer des produits stupéfiants c'est quelque part participer au trafic et à tous les morts et toutes les violences qui entourent ce trafic
il y a les consommateurs et puis les réseaux évidemment de criminalité organisée un parquet national est créé sur le modèle du parquet antiterroriste pour lutter contre ces réseaux vous espérez dans le budget 2026 une rallonge pour créer 700 emplois supplémentaires notamment 300 pour lutter spécifiquement contre cette criminalité organisée sauf que le budget n'est pas voté donc dans les faits ça vous empêche d'agir ce blocage politique
pour l'instant oui on a un renforcement significatif des moyens en matière d'investigation judiciaire dont un renfort d'effectifs au total c'est 1400 emplois pour les forces de sécurité intérieure dont 700 pour la police dont 300 pour la criminalité organisée et dont je le rappelle 400 pour les militaires de la gendarmerie nationale pour créer de nouvelles brigades sur le territoire 58 brigades en 2026 évidemment sans budget tout ça n'est pas possible tout ça n'est pas possible sans budget
et blocage sur des pour rejet de loi que vous attendez aussi que vous espérez faire passer en tout cas et c'est un gros enjeu politique avant les municipales la loi sur la sécurité du quotidien et pour le renforcement des prérogatives des polices municipales là aussi tout est bloqué voilà
ça ce sont des textes qui sont en partie qui sont indépendants évidemment du vote du budget mais j'espère que sur ces textes on recueillera évidemment les majorités nécessaires renforcer notre sécurité du quotidien ça veut dire renforcer les sanctions pour l'usage de mortiers pour les rôdés urbains pour les raf parties les raf parties enfin les rassemblements musicaux illégaux donc voilà ce sont des textes qui sont très attendus de nos concitoyens et des forces de sécurité intérieure et puis renforcer les prérogatives des polices municipales je crois que c'est maintenant très attendu aussi par les élus locaux pour enfin conforter cette troisième force que représentent les policiers municipaux dans notre pays
Un mot du piratage informatique dont vous avez été victime au ministère de l'intérieur il y a dix jours un jeune hacker de 22 ans avait été interpellé est-ce que vous en savez plus aujourd'hui sur son mobile est-ce qu'il a agi pour le compte d'une puissance étrangère ?
Non enfin probablement pas donc voilà les investigations judiciaires sont en cours Il agit tout seul ? C'est un individu qui n'est pas très causant voilà donc les investigations judiciaires se poursuivent ce qui est important c'est je l'avais fait publiquement très vite dans la plus grande transparence j'avais rappelé évidemment qu'il y avait bien eu des extractions de fiches notamment du fichier des traitements d'antécédents judiciaires et du fichier des personnes recherchées
Il a supprimé des fiches ? Non il a extrait un certain nombre de fiches Il les a extraits
mais il ne les a pas supprimées et il a extrait des sommaires c'est-à-dire des listes des sommaires de personnes recherchées et des fiches donc il a extrait jusqu'à 120 fiches à date je n'ai pas connaissance qu'il ait extrait d'autres fiches donc voilà
Est-ce que ça c'est problématique en matière de sécurité ?
Ce qui est problématique c'est qu'on doit respecter une hygiène informatique donc le chemin qu'a parcouru le hacker pour s'introduire dans nos systèmes d'information ça a été par des messageries électroniques des boîtes mail d'agents dans lesquelles il y avait des mots de passe Il a pu récupérer un certain nombre de mots de passe C'est un peu inquiétant
pour le ministère de l'Intérieur
de la 7ème puissance mondiale Le ministère de l'Intérieur c'est 300 000 fonctionnaires il suffit de quelques personnes qui ne respectent pas l'hygiène numérique pour qu'on ait ce genre de conséquences et donc évidemment on va y remédier et on a évidemment assuré la protection de nos systèmes d'information
Un autre sujet Laurent Nunez l'engorgement des commissariats il y a un nombre faramineux de procédures en attente c'est-à-dire des français qui attendent que leur plainte soit traitée c'est 3 millions c'est ça ?
Oui c'est ça Qu'est-ce que vous comptez faire pour remédier ?
Tout confondu c'est 3 millions de procédures judiciaires qui sont en stock avec une mobilisation importante des effectifs qui travaillent sur la police judiciaire et la nécessité surtout de revaloriser cette filière et une partie des réponses se trouve dans le projet de budget donc des embauches de 2026 d'officier de police judiciaire et puis aussi il y a aussi une question évidemment d'allègement de la procédure à laquelle nous travaillons avec le garde des Sceaux parce que c'est important aussi d'avoir une procédure qui soit beaucoup plus simple pour deux raisons d'abord on traite plus vite les affaires et ensuite c'est plus attractif pour les agents on ne devient pas policier ou gendarme pour s'enfermer à faire uniquement des procédures qui sont longues fastidieuses en tout cas ça c'est un sujet que vous avez en tête c'est un sujet que j'ai pris à bras le corps et je crois que l'ensemble de mes prédécesseurs l'ont fait avant moi il faut que je le fasse aboutir
autre sujet je vous pose beaucoup de questions rapides d'actualité mais il y a beaucoup de sujets qu'on voulait aborder avec vous Laurent Nunez comptez-vous toujours vous rendre prochainement en Algérie compte tenu du nouveau durcissement des relations de cette loi adoptée par le Parlement algérien qui qualifie la colonisation française de crime d'état qui prévoit d'exiger des réparations pour les ressources pillées dans ce contexte un déplacement est toujours possible ?
Le déplacement aura lieu les discussions se poursuivent il est bien évident que ce nouveau texte qui a été adopté par le Parlement algérien n'a pas marqué un coup d'arrêt mais c'est un frein indiscutablement c'est un frein donc les discussions se poursuivent à un niveau technique et pour l'instant ma visite en Algérie n'est pas programmée à date
Que dites-vous aux parents de Christophe Glez notre confrère journaliste arrêté en 2024 parce qu'il faisait son métier dont la condamnation vient d'être confirmée 7 ans de prison il est derrière les barreaux actuellement à Tiziouzou ses parents demandent au président Téboune la grâce présidentielle est-ce que vous appuyez cette demande est-ce que vous demandez au président algérien de le gracier
sur ce sujet évidemment tout est mis en oeuvre par la France le président de la république l'a rappelé tout est mis en oeuvre pour obtenir la libération de Christophe Glez soyez-en assurés est-ce que vous demandez
la grâce présidentielle
évidemment si la grâce présidentielle t'invendrait ce serait une très bonne chose évidemment mais ce que je veux dire surtout c'est que ce qui s'est passé récemment c'est un frein évidemment aux discussions qui étaient en cours mais ces discussions elles se poursuivent à un niveau technique voilà il faut évidemment les poursuivre
Deux questions sur deux maires le maire de la commune d'Augignac d'abord en Dordogne Berdard Basinet qui a été exclu du parti socialiste après des propos antisémites qu'on s'abstiendra de répéter ici c'est pas nécessaire il est convoqué je crois aujourd'hui à la sous-préfecture vous demandez sa révocation ?
Oui alors il est convoqué à la sous-préfecture parce qu'on engage une procédure contradictoire on lui demande ses observations sur les déclarations qu'il a eues qui étaient inacceptables et qui sont inacceptables et à l'issue de cette procédure il y aura de toute façon une suspension
Voir une révocation ?
On verra Au minimum une suspension On va écouter ce qu'il a à nous dire d'une part et effectivement vous avez raison de rappeler que ça va de la suspension à la révocation donc voilà je déciderai au vu de ce qu'il va dire dans le cadre de cette procédure contradictoire
Et sur le maire de Mont-de-Marsan Charles Daillot élu au horizon qui conduisait depuis 4 ans sans permis est-ce que vos services manifestement c'est ce qu'il dit lui ont bien notifié sa suspension lui dit que non Alors
il y a une procédure judiciaire qui est en cours dans cette affaire donc je resterai prenant parce qu'évidemment le parquet des Landes va essayer de savoir si le procureur de Mont-de-Marsan va essayer de savoir s'il a conduit en connaissance de cause ou pas Vous savez en droit français quand vous perdez votre permis vous recevez une notification vous êtes censé aller retirer votre pli quand la notification est adressée à la bonne adresse et quand vous ne le faites pas vous êtes censé être informé voilà moi c'est tout ce que j'ai à dire il y a une procédure judiciaire en cours on verra bien ce qui se passe à l'issue de cette procédure le parquet s'en est saisi
Laurent Nunez ministre de l'Intérieur merci d'avoir été avec nous ce matin merci à vous
Laurent Nuñez