Groenland : les menaces de Trump
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
sur un désaccord fondamental entre les Danois et les Américains...
L'Allemagne, la France, la Norvège notamment, ont décidé d'envoyer une mission militaire au Groenland pour affirmer la souveraineté du Danemark, comme l'a dit ce matin E.Macron. - A Nuuk, la capitale du Groenland, les nouvelles menaces du président américain ont jeté un froid glacial.
Hier, ses habitants étaient réunis pour regarder les informations à la télévision. Ils déplorent l'échec des négociations avec les Etats-Unis. - C'est effrayant, car ce qui se passe est énorme.
La réalité vient de nous frapper et c'est très pesant. - Ils ne trouvent pas d'accord, mais je garde espoir, car je veux vivre en paix. - Dans la ville gelée de 20 000 habitants, on voit fleurir un peu partout le drapeau groenlandais, vu comme symbole de résistance aux provocations extérieures.
En boutique, ce t-shirt est même estampillé "le Groenland n'est pas à vendre". La tension monte alors que l'Europe envoie une mission militaire sur place censée réaffirmer la souveraineté de l'île. Un contingent danois et une quinzaine de Français ont débarqué ce matin. - E.Macron: Une 1re équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes.
C'est le rôle que la France doit jouer et qui est celui d'être disponible face à l'évaluation de la menace, de savoir s'adapter et d'être aux côtés d'un Etat souverain pour protéger son territoire. - Le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède, les Pays-Bas enverront également une poignée de soldats au Groenland. Une réponse avant tout symbolique aux dernières menaces de D.Trump. - D.Trump: Nous avons besoin du Groenland pour une question de sécurité nationale.
Si nous n'y allons pas, la Russie et la Chine iront. Le problème, c'est qu'il n'y a rien que le Danemark puisse faire si la Russie ou la Chine décide d'occuper le Groenland. - D'un point de vue stratégique, ce qui inquiète les Etats-Unis, c'est l'apparition de nouvelles routes maritimes autour du Groenland.
Avec la fonte des glaces, plusieurs voies, en particulier la route transpolaire, ici en bleu, s'ouvre aux paquebots, aux pétroliers et à d'éventuels navires militaires. Hier à Washington, une délégation danoise et groenlandaise s'est entretenue avec M.Rubio et J.D.Vance pour tenter d'apaiser les esprits, visiblement sans succès. - Nous n'avons pas réussi à changer la position américaine.
Il est clair que le président Trump veut conquérir le Groenland. Ce n'est pas vrai de dire que des navires de guerre chinois sillonnent la zone. D'après nos renseignements, aucun navire de guerre chinois n'a été aperçu au Groenland depuis une dizaine d'années. - L'autre raison qui motive D.Trump est essentiellement économique.
Le sous-sol du Groenland renferme d'immenses ressources naturelles: diamant, or, terres rares, graphite, nickel, titane...
Probablement des dizaines de millions de tonnes de minerais stratégiques. Un trésor dont les Américains aimeraient bien s'emparer, comme l'assume sans vergogne le nouvel envoyé spécial de D.Trump. - Le président veut un Groenland indépendant avec des liens économiques et des opportunités commerciales pour les Etats-Unis.
C'est ce que j'ai toujours défendu. Notre président est un homme d'affaires. C'est un businessman.
Il veut une économie américaine forte. Il veut des grands partenaires commerciaux. Quand il regarde le Groenland, il se dit: "Nous avons des intérêts militaires, un traité de défense en vigueur depuis des années, une base sur place, mais nous pouvons faire plus.
Nous pouvons offrir davantage au Groenland que ce que l'Europe lui offre. Donc quel est le problème?" - Ce matin, la Russie s'est dite très inquiète de l'envoi de troupes de pays de l'Otan sur place. - C.Roux: Peut-être un mot sur la réaction de la Russie, qui est agacée de voir au fond le Groenland militarisé? - I.Lasserre: Oui, parce que la Russie et la Chine travaillent dans l'Arctique depuis plusieurs années, y compris main dans la main...
Elles ont des joint-ventures en commun pour anticiper les nouvelles routes qui sont en train de s'ouvrir avec le réchauffement climatique et voir comment, à terme, on peut passer d'une mer à l'autre en passant par le nord du Groenland. Les géants pétroliers et gaziers russes Rosneft et Gazprom forent dans l'Arctique. Il est évident qu'ils auront anticipé.
Ils avaient pris un peu d'avance sur les Etats-Unis, d'où l'espace de rattrapage que va faire D.Trump. - C.Roux: Est-ce que c'est justifié?
Il a dit dans ce reportage: "Si nous, on le fait pas, si on n'y va pas, si on ne fait pas le job, c'est la Chine ou la Russie." C'est ça aussi que racontait ce dessin. - I.Lasserre: Comme toujours, avec D.Trump, c'est un peu caricatural.
Il y a 2 choses vraies. La Russie et la Chine s'intéressent de près à cette région. Si les sous-marins ne sont pas vraiment en bordure du Groenland, ils sont en Arctique.
La 2e chose, c'est que l'Europe avait complètement laissé tomber la sécurité et la défense du Groenland, donc c'est un bijou à prendre. Une fois qu'on a dit ça, évidemment, l'intérêt de D.Trump, c'est aussi, sans doute, de piller les richesses du Groenland.
Et pour les piller, il vaut mieux avoir l'acte de propriété intégral. Donc la réalité est sans doute au milieu. - J.-D.Giuliani: L'UE n'a pas laissé tomber le Groenland.
Depuis 5 ans, il y a un problème... - I.Lasserre: Je n'ai pas dit "laissez tomber le Groenland", mais "laissez tomber la sécurité et la défense".
On s'en désintéressait. - J.-D.Giuliani: Il y a l'Arctique et le Groenland.
Ce n'est pas exactement le même endroit. L'UE a développé depuis 5 ans un programme notamment d'exploitation des terres rares, du graphite, du pétrole, mais avec des règles environnementales qui vont bien aux Groenlandais, et avec des compensations. Le Groenland n'est pas dans le marché unique européen, mais les Groenlandais sont des citoyens européens.
Donc ils sont soumis à la justice européenne. On a donc investi, et je connais même les sommes, 230 millions... - I.Lasserre: Je parlais de forces militaires. - J.-D.Giuliani: Oui, effectivement.
Mais il y a déjà plus de 300 millions d'euros qui ont été versés et qui seront doublés dans le prochain budget européen pour le Groenland, mais à des conditions européennes. Sur le plan économique, l'intérêt des Américains...
On ne doit pas oublier que les Européens y sont déjà. - C.Roux: Là aussi, c'est hostile vis-à-vis de l'Europe et des intérêts européens au Groenland.
Question. - Gal F.Chauvancy: C'est un peu en filigrane de tout ce que nous disons.
On ne peut pas en arriver là. - C.Roux: Pourquoi? - Gal F.Chauvancy: Déjà pour des questions de politique intérieure américaine.
Je vois mal aujourd'hui, quel que soit le parti, une grande partie des Américains accepter que cela arrive. Il y a aussi un problème au niveau de l'Otan. L'Otan éclate.
L'Otan n'existe plus, s'il y a ce simple affrontement. C'est inconcevable. Ce qu'on voit depuis 24 heures, c'est un coup d'arrêt donné grâce à la France aux ambitions de Trump dans le domaine de la sécurité.
On a réagi très vite. Ca va être intéressant de voir ce que va faire Trump mais on a mis un coup d'arrêt. C'est presque une révolte symbolique, soyons raisonnables, mais une révolte quand même contre cet appétit impérialiste des Américains. - C.Roux: C'est pas rien de dire ça.
Ca veut dire qu'on est capables aussi de fixer des lignes rouges à D.Trump? - Gal F.Chauvancy: Oui.
On n'est pas obligés d'avoir des milliers de chars. Exprimer sa volonté, c'est déjà la base de tout. Le reste, ce ne sont que des moyens.
C'est ce qu'a dit le président de la République aujourd'hui sur beaucoup de sujets du même type. Il faut avoir le courage de s'opposer à. Là, c'est symbolique mais néanmoins avec des actes concrets sur le terrain.
On dit à Trump: "On a montré qui on était. Vous faites quoi maintenant?" - C.Roux: La balle est dans son camp. - D.Benoit: On a évoqué les ressources minières très importantes du Groenland...
Trump ne les évoque que peu. Il se met vraiment derrière ce besoin de renforcer la sécurité du Groenland. Mais le titre de propriété qu'il convoite n'est en aucun cas une obligation pour renforcer la présence militaire des Etats-Unis, présents sous forme de personnels militaires, ou alors d'infrastructures militaires, pour défendre mieux le Groenland, sachant que les Etats-Unis sont liés depuis longtemps par un accord de défense avec le Danemark qui leur permet d'étendre leur présence...
Ils ont une base, à Pituffik. Ils peuvent envisager D'augmenter leur présence ou de s'équiper de moyens d'interception dans leur fameux Dôme d'or de défense antimissile...
Sous réserve naturellement de feu vert du Danemark. Mais tout ceci peut se faire de façon pacifique et non pas à coups d'annexions territoriales. - C.Roux: Ca veut dire qu'il y a d'autres projets?
L'expansionnisme territorial américain? - D.Benoit: Oui.
Là où j'ai du mal à saisir, mais peut-être suis-je encore dans un logiciel du temps d'avant...
J'ai du mal à saisir en quoi c'est dans l'intérêt de D.Trump de risquer le futur de l'alliance transatlantique juste pour une histoire de territoire qu'il voudrait prendre... - C.Roux: Peut-être qu'il se dit que ça va passer.
Tout passe. Le bras de fer sur la guerre commerciale avec les Américains, U.von der Leyen est allée valider les 15 % en baissant la tête.
Il peut considérer que les Européens vont accepter
Emmanuel Macron