Jean-Pierre Blanc (Malongo) : "Pour les Français, le café équitable est devenu un achat courant"
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Comment ça se fait que le café soit le produit star du commerce équitable ?
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Que représente le café équitable dans votre gamme aujourd'hui ?
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Est-ce que le commerce équitable et le bio se rejoignent forcément ?
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Le café équitable est plus cher pour le consommateur de combien ?
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Est-ce qu'ils jouent tous le jeu aujourd'hui, ce jeu-là ?
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Est-ce que ça ne vous dérange pas de rester un petit acteur du café ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En France, les ventes de commerce équitable ont encore augmenté 10%. »
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« Elles dépassent maintenant 1 milliard d'euros. »
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« Aujourd'hui, le café du commerce équitable représente plus de 60% de mes achats. »
- 4:51InvitéChiffre
« Le chiffre d'affaires de Malongo dépasse maintenant 100 millions d'euros. »
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« 400 salariés à peu près. »
- 5:45PrésentateurChiffre
« Quatre fois par an, je vais dans toutes nos coopératives. »
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« le prix minimum garanti par rapport au prix du marché »
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« une prime sociale qui permet de faire des projets collectifs, que ce soit d'éducation ou de santé »
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« une prime d'agriculture bio pour aider les producteurs à se déployer sur le bio »
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L'interview éco Jean-Lémarie avec une des figures du commerce équitable.
Bonsoir Jean-Pierre Blanc. Bonsoir. Directeur général des cafés Malongo. La quinzaine du commerce équitable commence demain l'an dernier. En France, les ventes de commerce équitable ont encore augmenté 10%. Elles dépassent maintenant 1 milliard d'euros. Et c'est toujours le café qui tire ses ventes. C'est toujours le café, le produit star du commerce équitable. Comment ça se fait ça ?
Le café c'est le premier produit qui a été labellisé Max Ablar en commerce équitable. Et donc c'est un produit qui est aujourd'hui rentré dans les achats courants des Français. Et je pense que ça correspond principalement à une attente de faire quelque chose pour les pays du Sud. Et de notre côté, en retour, d'avoir une qualité exemplaire qui est faite par des petits producteurs.
Malongo est un torréfacteur niçois. L'entreprise existe depuis les années 30. Vous la dirigez, vous Jean-Pierre Blanc, depuis 1980. Quand avez-vous découvert le commerce équitable ?
Alors je suis tombé dans le commerce équitable par hasard. En 1992, j'ai découvert une petite coopérative dans l'isme de TU Antépec au Mexique. Et j'ai découvert un prêtre hollandais fantastique, docteur en théologie, docteur en économie. C'est le père Francesco Van der Rohe, qui a créé avec un partenaire hollandais le label Max Ablar. A l'époque, ce n'était pas du tout connu. L'idée, c'était de vendre un produit biologique de qualité à un prix plus cher que le prix du marché pour justement donner suffisamment de revenus dans ces zones rurales reculées où il y avait des Indiens qui étaient extrêmement pauvres et qui étaient exploités par ce qu'on appelait à l'époque les coyotes.
Et vous avez vu sur place ce que ça donnait alors ? J'ai vu les Indiens sur place qui étaient extrêmement paupérisés. J'ai vu cette volonté de faire sortir ces paysans du sous-développement. Et donc en 1992, j'ai commencé à acheter des cafés de cette coopérative. Et j'ai décidé en 1997 de lancer le premier produit qui est la boîte des petits producteurs en grande distribution pour justement lui donner de la visibilité et qu'il profite au plus grand nombre, mais en même temps qu'il profite au plus grand nombre de producteurs.
Que représente le café équitable dans votre gamme aujourd'hui, Jean-Pierre Blanc ?
Aujourd'hui, le café du commerce équitable représente plus de 60% de mes achats. Et également, ce sont des cafés qui sont agriculture biologique pour la plupart, c'est-à-dire pas d'engrais, pas de pesticides, pas d'OGM, c'est-à-dire des cafés qui préservent l'environnement car on travaille bien sûr en agroforesterie, on protège bien sûr le sol, ce qu'il y a au-dessus, et on essaie de créer une agriculture vivrière à l'intérieur des petites plantations, parce qu'on dit plantations, mais ce n'est pas des plantations. Un paysan aujourd'hui, il cultive un hectare, deux hectares.
Donc il ne peut pas devenir très riche, sauf s'il est organisé dans le cadre d'un label comme le label Max Avelard, avec des systèmes de coopératives où il y a une démocratie certaine à l'intérieur de ces institutions pour que justement personne ne prenne le pouvoir par rapport aux paysans et qu'ils bénéficient du prix maximum que nous payons.
Il y a le commerce équitable, il y a les labels bio, et c'est vrai qu'aujourd'hui, 80% des produits dits équitables vendus en France sont aussi des produits bio. Est-ce que c'est forcément la même chose ? Est-ce que ça se rejoint forcément ?
Ça se rejoint forcément, on ne peut pas faire du commerce équitable si on n'a pas une volonté.
Parce qu'on connaît aussi l'un et l'autre séparément.
On peut les connaître séparément, mais il y a une convergence très forte dans le label bio et le label équitable, parce que nous travaillons justement en termes de productivité. J'ai créé par exemple un centre de formation à l'agriculture biologique intensive au Mexique où on fait des échanges de savoirs intensifs, c'est un mot qui me plaît par rapport au biologique, puisque ça permet d'avoir des rendements supérieurs à l'agriculture conventionnelle. Donc tout est possible avec le bio, tout est possible avec l'équitable, il suffit d'en avoir la volonté de le faire.
Le café équitable est plus cher pour le consommateur de combien ?
Quelle est la différence ? Alors normalement, le café du commerce équitable doit être plus cher pour le consommateur, mais ce n'est pas toujours le cas, car nos amis distributeurs souvent vendent en réduisant leur marge ou même quelques fois en supprimant leur marge, ce qui fait qu'on trouve des produits du commerce équitable à des prix équivalents au café conventionnel.
Est-ce qu'ils jouent tous le jeu aujourd'hui, ce jeu-là ?
Aujourd'hui, oui. Il y a vraiment une réflexion qui est faite avec les grands distributeurs français sur justement le développement des produits équitables, le développement des produits bio et aussi l'accompagnement avec des coopératives et des filières que nous montons régulièrement, que ce soit en Amérique centrale, en Afrique ou en Asie.
Le chiffre d'affaires de Malongo dépasse maintenant 100 millions d'euros. Oui. Ça veut dire que vous restez quand même un petit acteur du café. Est-ce que ça ne vous dérange pas, ça, Jean-Pierre Blanc ?
Ah non, au contraire. Au contraire. Nous sommes une PME, une ETI. On ne veut pas devenir un gros groupe. 400 salariés à peu près. 400 salariés, on ne veut pas devenir une multinationale. On a une adhésion de tous nos collaborateurs qui sont engagés comme moi dans cette aventure du commerce quittable et nous voulons rester à taille humaine parce que là, nous faisons des choses concrètes. Quand on décide de monter une coopérative, on monte une coopérative et on le fait avec plaisir.
Sur vos boîtes de café, les consommateurs, les clients voient le logo du label Max Avelar. Qu'est-ce que ça garantit ? Comment être sûr qu'au bout du compte, les producteurs sont bien traités ? C'est la question des contrôles aussi.
Oui, le contrôle est fait chaque année dans chaque coopérative. Et vous y allez, vous, Jean-Pierre Blanc ? Moi, en plus, j'y vais régulièrement. Quatre fois par an, je vais dans toutes nos coopératives. On revérifie les éléments qui sont le prix minimum garanti par rapport au prix du marché parce qu'il faut savoir que le café est coté à la bourse de New York en ce qui concerne les Arabica et aujourd'hui, le prix est très bas. Donc, un prix minimum garanti, une prime sociale qui permet de faire des projets collectifs, que ce soit d'éducation ou de santé et ensuite, une prime d'agriculture bio pour aider les producteurs à se déployer sur le bio. Donc, on a aujourd'hui...
Donc, vous êtes sûr de ce que vous avancez ? Moi, je suis sûr que ce qu'on avance, et je peux vous prouver, en vous amenant à la prochaine fois dans ces coopératives, que nous avons des projets qui sont aboutis et qui profitent aux producteurs.
Dernière question, en pensant à tous ceux qui boivent du café, qui, aujourd'hui, produit les meilleurs cafés ?
Alors, le meilleur café, c'est celui que vous allez aimer, mais ça dépend de votre mode de préparation. Moi, ce que j'aime beaucoup, ce sont des cafés d'altitude, Arabica, cueillis à la main, une à une, les cerises, bien à maturité pour avoir le meilleur des arômes. Ensuite, avec une préparation traditionnelle, en torréfaction, qui va vous exprimer le meilleur des arômes.
Et, notamment, il y a des cafés qui sont extraordinaires, d'Afrique de l'Est, ou, par exemple, d'Ethiopie, qui est le berceau et l'origine du café, ou dans la région de Sidamo, vous avez des cafés avec des notes un peu de miel, de jasmin, de fruits mûrs, qui sont extraordinaires et que vous pouvez faire en filtration ou en espresso.
Jean-Pierre Blanc, le directeur général des cafés Malongo. La quinzaine du commerce équitable commence donc demain. Merci à vous.
Merci.