Nicolas Sarkozy : "On apprend de ses échecs"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Est-ce qu'un deuxième quinquennat Sarkozy serait différent du premier ?
- 0:53RelanceRéponse directe
Exemple, Nicolas Sarkozy ?
- 1:20OuverteRéponse directe
Est-ce que vous auriez gardé Patrick Buisson à vos côtés ?
- 1:30RelanceRéponse directe
Pour quelle raison ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
Pas pour une question de ligne politique ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Les suppressions de postes dans la fonction publique, c'est de la dépense ou du service rendu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, parce qu'il y a le retour d'expérience, comme l'on dit, on ne change pas fondamentalement ses traits de caractère, mais on apprend, on apprend de ses échecs, on apprend parfois de ses succès, peu, on apprend des trahisons, on apprend des choses qu'on a ratées »
- 0:52Invité politiqueFait
« J'ai appris en 2012. »
- 0:56Invité politiqueFait
« J'irai plus vite aussi dans la mise en place d'une politique, parce que le temps est compté »
- 1:29Invité politiqueFait
« Non. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Parce que je n'aime pas les gens qui se donnent un rôle qu'ils n'ont pas eu. »
- 3:28PrésentateurChiffre
« Vous dites 300 000 postes sur le quinquennat, dont la moitié dans la fonction publique d'État, mais sans toucher à la police, à la justice et à l'armée. »
- 3:45Invité politiqueChiffre
« Une fonction publique d'État, 150 000 suppressions de postes. »
- 3:48Invité politiqueChiffre
« Une fonction publique des collectivités territoriales, 150 000. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Et pour l'hôpital, je souhaite donner l'automie aux hôpitaux. »
- 4:04Invité politiquePromesse
« J'augmenterai la durée de travail dans les services publics pour la porter à 37 heures, payer 37. »
- 4:34Invité politiqueFait
« Si vous me permettez, je ne crois pas que ce soit raisonnable de ne remplacer aucun poste. »
- 4:48Invité politiqueFait
« Non, c'est le 1 sur 2. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Un agrégé, c'est-à-dire le sommet en matière de compétences, c'est 15 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année. »
- 5:05Invité politiqueChiffre
« Un certifié, c'est 18 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année. »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« Et un professeur des écoles, c'est 24 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année. »
Temps de parole
- Nicolas Sarkozy70 %
- Présentateur29 %
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Bonjour Nicolas Sarkozy.
Bonjour Patrick Cohen, merci de m'inviter.
Des sept candidats à la primaire de la droite et du centre, vous êtes celui que les Français connaissent le mieux, évidemment, pour avoir déjà exercé la fonction suprême. Est-ce que dans la façon de présider, dans le rapport à la fonction, dans la façon de constituer vos équipes, est-ce qu'un deuxième quinquennat Sarkozy serait différent, très différent du premier ?
Oui, bien sûr, parce qu'il y a le retour d'expérience, comme l'on dit, on ne change pas fondamentalement ses traits de caractère, mais on apprend, on apprend de ses échecs, on apprend parfois de ses succès, peu, on apprend des trahisons, on apprend des choses qu'on a ratées, et donc je me reconnais dans la phrase de Mandela, je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. J'ai appris en 2012.
Exemple, Nicolas Sarkozy ?
Oh, il y en a beaucoup, je ferai plus attention à ma façon d'exprimer un certain nombre de choses, j'irai plus vite aussi dans la mise en place d'une politique, parce que le temps est compté, et c'est vraiment, il faut avoir exercé le pouvoir pour comprendre ça. Le temps passe vite pour chacun d'entre nous, pour chacun de ceux qui nous écoutent, mais au pouvoir, si vous saviez comme ça passe encore plus vite. Ce qu'on ne fait pas le jour même, il y a peu de chances qu'on se fasse le lendemain.
Vos équipes, vos entourages, Nicolas Sarkozy, si Patrick Buisson ne nous avait pas trahis avec ses enregistrements clandestins, est-ce que vous l'auriez gardé à vos côtés ?
Non.
Pour quelle raison ?
Parce que je n'aime pas les gens qui se donnent un rôle qu'ils n'ont pas eu.
Pas pour une question de ligne politique, comme il le développe longuement dans son livre ?
C'est un grand mot. La ligne politique, c'est une question très importante. Vous savez, j'ai beaucoup réfléchi à toutes ces questions. Pourquoi, au fond, la primaire de la gauche en 2012, Patrick Cohen, a été un succès de participation incontestablement, mais au fond, a été un échec politique ? Parce qu'elle n'a pas servi à trancher les débats, les lignes politiques, comme vous dites, pour reprendre votre expression. Il y a eu un choix de personne. Ils ont choisi François Hollande plutôt que Martine Aubry. On sait ce qui était arrivé à Dominique Strauss-Kahn. Mais il n'y a pas eu un débat qui a permis de trancher une ligne.
Et je pense que pour la primaire de la droite, il faut que nous nous inspirions de ce qui fut l'échec, je ne juge pas, mais de la primaire de gauche, et que la primaire de droite serve à trancher ce débat-là. Est-ce qu'on veut une alternance véritable ou est-ce qu'on veut une alternance des demi-mesures ou de l'immobilisme ? C'est la question centrale qui dépend du diagnostic qu'on fait de la France aujourd'hui.
Enfin, vous parlez de l'échec de la primaire de gauche. Elle a permis de désigner le futur président de la République.
Oui, mais pardon. D'abord, ce n'était pas un jugement désagréable. Et j'ai même dit, Patrick Cohen, que ce fut un succès de participation. Mais quand même, ce fut un échec. Pourquoi ? Regardez l'état du quinquennat de M. Hollande et comment il termine. Je pense que l'échec du quinquennat de M. Hollande, paradoxalement, était contenu dans les mensonges ou dans les compromis ou dans les absences de clarification de la primaire. Alors, au fond, la campagne, c'est le premier acte du quinquennat.
Alors, question économique, Nicolas Sarkozy, on a beaucoup de questions pour vous. Mais les suppressions de postes dans la fonction publique, c'est de la dépense, mais c'est aussi du service rendu aux Français. D'où les questions répétées sur les secteurs concernés, si vous revenez aux affaires. Vous dites 300 000 postes sur le quinquennat, dont la moitié dans la fonction publique d'État, mais sans toucher à la police, à la justice et à l'armée. Qu'est-ce qu'il reste ? L'éducation, l'hôpital ?
Non, l'hôpital, c'est la fonction publique hospitalière. Excusez-moi, il y a trois fonctions publiques. Une fonction publique d'État, 150 000 suppressions de postes. Une fonction publique des collectivités territoriales, 150 000. Et pour l'hôpital, je souhaite donner l'automie aux hôpitaux. Tous les secteurs seront concernés, à l'exception des forces de sécurité. C'est la raison pour laquelle, Patrick Cohen, vous me permettez, je vous en remercie, de préciser une chose. J'augmenterai la durée de travail dans les services publics pour la porter à 37 heures, payer 37.
Naturellement, Patrick Cohen, s'il y a moins de fonctionnaires et qu'on ne veut pas diminuer la qualité du service public, il faudra augmenter la durée de temps de travail. Dans les services publics, au lieu des 35 heures, je les porterai à 37, payer 37.
Mais dans l'éducation, où il y a environ 20 000 départs à la retraite par an, ça veut dire que vous ne remplacez aucun poste pendant 5 ans ? Non, ce n'est pas exact.
Si vous me permettez, je ne crois pas que ce soit raisonnable de ne remplacer aucun poste. Parce que dans ce cas-là, vous faites vieillir le corps, bien sûr, puisque vous ne le remplacez pas. Et surtout, qu'est-ce que vous faites des écoles de formation ? Ça veut dire que pendant 5 ans, vous n'en voyez plus personne, donc vous les fermez, ça serait absurde. Non, c'est le 1 sur 2. Mais vous avez raison sur cette question. Je veux dire aux enseignants qu'on ne peut pas continuer comme ça. Un agrégé, c'est-à-dire le sommet en matière de compétences, c'est 15 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année.
Un certifié, c'est 18 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année. Et un professeur des écoles, c'est 24 heures d'obligation de service par semaine, 6 mois de l'année. Ça veut dire qu'un prof commence à 1 600 euros. Il faut absolument revaloriser la fonction enseignante, qui est très utile, qui est très difficile. Et il faut en même temps augmenter la durée de présence des enseignants dans les établissements scolaires. Je souhaite notamment que tous les enfants dans nos collèges puissent bénéficier d'études dirigées. Donc les enseignants travailleront plus, entre 20 et 25% d'obligation de présence dans l'établissement en plus, mais seront payés davantage.
Ça ne donne pas la réponse à ma première question. Si vous ne remplacez 1 sur 2, ça ne fait que 50 000 enseignants en moins. Pour atteindre les 150 000 que vous voulez avoir de postes supprimés dans la fonction publique d'État, le comptiez pas ?
Si, le comptiez. Je l'ai fait exactement. Entre 2007 et 2012, nous avons supprimé exactement 150 000 postes. Donc c'est possible. Parle 1 sur 2, 150 000...
Oui, mais en visant d'abord la défense et la police, Nicolas Sarkozy.
Non, non, non, non. Pas en visant d'abord la police.
Proportionnellement, si c'est la défense qui a été la plus touchée.
Non, la défense a eu un gros effort de restructuration. Il faut leur rendre hommage parce qu'ils l'ont accepté. Ils ont fait un travail absolument remarquable. 40 000 postes à supprimer. 150 000 postes seront supprimés. Dans la fonction publique, nous n'avons pas le choix. Les dépenses publiques dans la richesse nationale, c'est 57%. Comme je veux baisser les impôts, parce que nous avons les impôts les plus lourds d'Europe, si on ne diminue pas les dépenses, on ne s'en sort pas.
Ce qui n'a pas marché dans mon précédent quinquennat, je le reconnais bien volontiers, c'est que dans le même temps où je diminuais de 150 000 les effectifs dans la fonction d'État, les collectivités territoriales, à l'époque, pour les trois quarts dirigées par des équipes de gauche, en ont créé 150 000. Donc pour les déficits de la France, ça ne changeait rien. Est-ce qu'on peut continuer avec les déficits et la dette ? Je ne le pense pas.
Ce bilan de votre quinquennat, Nicolas Sarkozy, il est au centre de la campagne de la primaire de droite. Vous êtes le plus exposé, le plus critiqué par vos rivaux. Bruno Le Maire, encore hier soir, à Neuilly, qui vous accuse, en quelque sorte, d'avoir trahi la droite. Jean-François Copé dit à peu près la même chose. Qu'est-ce que vous inspirent ces attaques et ces critiques répétées ?
D'abord, quand on est candidat à la présidence de la République, il faut avoir le cuir épais et du sang froid. Bruno Le Maire souhaitait être mon Premier ministre. Il ne devait pas être très différent de moi. Sinon, pourquoi l'aurait-il voulu ? Et il a été ministre les cinq années. Alain Juppé a fait l'ouverture et a fait la fermeture. Quant à Jean-François Copé, il était tellement heureux de ce que je faisais qu'il avait conceptualisé le thème de la coproduction législative. Bon, les Français ne sont pas dupes. Il y a des choses que je n'ai pas réussies. C'est de l'ingratitude. Il y en a une. C'est comme ça. Je n'y attache pas à grande importance.
Vous pourrez vous rassembler, vous retrouver ensemble. Patrick Cohen, il n'y a pas le choix.
Mais il y a une chose dont je suis fier. C'est qu'on a connu entre 2008 et 2010 la plus grande crise que le monde ait jamais connue depuis 1929. Personne ne m'en parle. C'est donc qu'on a plutôt dû bien la gérer, protéger la France et protéger l'Europe.
Nicolas Sarkozy, invité de France Inter ce matin. On vous retrouve évidemment dans quelques minutes avec les questions des auditeurs de France Inter. et dans un instant avec la revue de presse d'Hélène Jouan et d'autres sujets d'actualité. A tout de suite.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.
Nicolas Sarkozy