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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 10 juillet 2025 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesJusticeEurope & international

Laurent Jacobelli : "Nous n'arrêterons jamais le combat !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Laurent Jacobelli, bonsoir. Vous êtes député RN. Vous étiez présent lors de cette perquisition ?

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Comment ça s'est passé ?

  • 0:29OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'ils ont saisi ?

  • 0:32OuverteRéponse directe

    C'est-à-dire quoi, à peu près tout ?

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Donc vous vous demandez qu'est-ce qu'ils venaient chercher ?

  • 1:13RelanceRéponse partielle

    Quel est l'intérêt pour le juge d'instruction d'avoir votre stratégie de campagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « À peu près tout. Ils ont vidé tout ce qu'il y avait dans les ordinateurs. »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « Tous ces prêts ont été validés, certifiés par la Commission nationale des comptes de campagne. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Il y aura bientôt des municipales, peut-être des législatives, une présidentielle. »
  • 2:59Invité politiqueFait
    « On a trouvé, pour une élection précédente, une banque tchèque, avec un peu de capitaux russes, qui nous a prêté. »
  • 3:17Invité politiqueChiffre
    « On est sûrs à peu près de faire plus de 5% au Rassemblement national, d'être endossé par les banques. »
  • 5:10Invité politiqueChiffre
    « Elle m'a coûté entre 35 000 et 40 000 euros. »
  • 6:16InvitéChiffre
    « La Commission nationale des comptes de campagne a mis une définition selon ses propres critères, à partir de 5 fois et pour un montant supérieur à 75 000 euros, ça devient quelque chose d'habituel. »
  • 12:40InvitéChiffre
    « En 2021, le Rassemblement national a emprunté 5,3 millions d'euros à des particuliers, 8 millions en 2022 et 3,4 millions en 2023. »
  • 12:49InvitéChiffre
    « En 2021, il y a eu 613 prêts. »
  • 16:37Invité politiqueFait
    « Je demande une peine contre vous parce que vous êtes Rassemblement National. »
  • 17:04Invité politiqueFait
    « Renaissance, le parti Macroniste a été perquisitionné dans l'affaire McKinsey. »
  • 19:44Invité politiqueFait
    « Ils n'ont pas retoqué nos comptes, en tout cas sur ces prêts. »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli48 %
  • Invité17 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 211 %
  • Invité 310 %
  • Invité 43 %

7,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Laurent Jacobelli

Laurent Jacobelli, bonsoir. Vous êtes député RN. Vous étiez présent lors de cette perquisition ? Pas quand la police est arrivée, mais je l'étais après, effectivement. Comment ça s'est passé ? D'abord, l'irruption est toujours un peu étrange. Les salariés du parti ont vu arriver des policiers qui faisaient évidemment leur travail, mais armés avec des gilets pare-balles. C'est vrai que dans son univers de travail, c'est toujours un peu surprenant. Puis une fois la surprise passée, ce sont des policiers qui enquêtent, ils font leur travail. Donc on a répondu à leurs questions, on a mis en évidence les documents qu'ils nous demandaient. Qu'est-ce qu'ils ont saisi ? À peu près tout.

Et c'est bien la question d'ailleurs.

0:32
Invité

C'est-à-dire quoi, à peu près tout ?

0:33
Laurent Jacobelli

À peu près tout. Ils ont vidé tout ce qu'il y avait dans les ordinateurs. Ils ont regardé tous les documents qu'il y avait, même des documents qui n'étaient ni les contrats de prêts, ni des documents comptables. Et d'ailleurs, ça pose une vraie question. Tous ces prêts ont été validés, certifiés par la Commission nationale des comptes de campagne. Donc tous les documents qui justifient ces prêts sont déjà en position de la Commission des comptes de campagne. Donc il n'y a aucune information supplémentaire sur ces prêts.

0:56
Invité

Donc vous vous demandez qu'est-ce qu'ils venaient chercher ?

0:58
Laurent Jacobelli

– Oh, je ne me le demande pas, je peux vous le dire. – Alors, allez-y. – Il y aura bientôt des municipales, peut-être des législatives, une présidentielle. Nous avons pré-investi des candidats aux législatives. On a une technique de campagne, une stratégie, un programme. Eh bien tout ça aujourd'hui est à livre ouvert.

1:13
Invité

– Pardon, pardon, mais M. Jacobelli, quel est l'intérêt pour le juge d'instruction ? D'avoir votre stratégie de campagne. Ce ne sont pas des opposants politiques qui ne se présentent pas aux municipales.

1:20
Laurent Jacobelli

– Certains le sont, mais en tout cas, on est face à un système qui prend peur. Je crois que de tous côtés, l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, dans certaines communes, dans certaines régions, est devenue quelque chose d'évident. Et on est face à un système qui...

1:35
Invité

– Attendez, j'essaie de comprendre. C'est-à-dire que pour vous, c'est un prétexte pour fouiller les ordinateurs du Rassemblement national à quelques mois d'une élection ?

1:43
Laurent Jacobelli

– Si les documents qu'ils recherchent doivent être là pour juger si les prêts sont légaux ou pas, et je vous rassure, ils le sont tous, et vous l'avez finalement assez bien expliqué, tout est déjà dans les mains de la justice, c'est à la Commission nationale des comptes de campagne.

1:57
Invité

– Juste un petit détail, vous avez raison de dire que les documents sont entre les mains de la Commission nationale des financements politiques et des comptes de campagne. – Un détail près, c'est que cette Commission, elle a émis un signalement, et que c'est ce signalement qui permet l'ouverture d'une information judiciaire.

2:13
Laurent Jacobelli

– Merci de relever ce deuxième fait qui, en tant que journaliste, devrait vous inquiéter, et je suis sûr que vous allez enquêter là-dessus. Cette même Commission, qui a validé le type de contrat de prêts, qui a eu l'ensemble de ces documents et qui les a validés, c'est-à-dire qu'elle savait que M. X, Mme Y, prêtait tant d'euros au Rassemblement national, qui nous a même donné le montant du taux d'intérêt, pour que ce taux d'intérêt soit juste et qu'on ne soit pas soupçonné, ni de faire du favoritisme, ni au contraire d'exploiter les gens.

Donc, elle est au courant de tout depuis des années, elle a mis le tampon validé sur toutes les élections depuis des années, et là, qu'est-ce qui se passe ? Elle se dit, tiens, j'ai un doute quand même. On va aller perquiser, on va faire en sorte qu'il y ait perquisition.

2:50
Invité

– Ça ne date pas d'aujourd'hui, le signalement.

2:52
Laurent Jacobelli

– Mais la ficelle est un peu grosse, et vous devriez vous-même être à l'armée. Vous avez dit tout à l'heure que c'était difficile pour nous d'emprunter. Je vous le confirme. On a trouvé, pour une élection précédente, une banque tchèque, avec un peu de capitaux russes, qui nous a prêté. Oh là là, qu'est-ce qui ne nous est pas tombé dessus ? Ingérence étrangère, vous êtes à la solde de Poutine, etc. OK, donc on a recommencé à appeler toutes les banques françaises puis européennes. La pression était telle qu'ils nous ont dit, non, un prêt sans risque. On est sûrs à peu près de faire plus de 5% au Rassemblement national, d'être endossé par les banques.

3:20
Invité

– Donc en fait, vous n'avez pas le choix de demander à des particuliers de vous prêter de l'argent.

3:23
Laurent Jacobelli

– Et qu'est-ce qu'on nous dit maintenant ? Quel signal on envoie à ces mêmes particuliers ? Attention, si vous prêtez de l'argent au Rassemblement national, on va dire que vous voulez être banquier ou usurier. – Mais d'accord, mais les juges… – On est en train, clairement, de vouloir carrir tous nos sources de financement.

3:37
Invité

– D'accord, mais le « on » c'est qui ? – D'accord, mais le « on » c'est qui ? – Non, mais les juges d'instruction sont indépendants.

3:41
Laurent Jacobelli

– Je ne sais pas, moi, écoutez, ils sont relativement indépendants. – Pardon, pardon, excusez-moi. – Ils ont des liens avec la presse, par exemple. Est-ce que vous croyez que quand ils vont avoir devant eux le nombre de tous nos candidats, de notre stratégie de campagne, il est complètement farfelu d'imaginer que dans la presse, on lise « Monsieur Machin sera candidat dans telle circonscription ».

3:58
Invité

– Donc en fait, vous craignez les fuites, les documents qui ont été saisis par la brigade financière pourraient se retrouver dans la presse ?

4:03
Laurent Jacobelli

– Mais il y a un côté intimidation, il y a un côté perte de temps, parce que quand on travaille là-dessus, on ne travaille pas sur la campagne. il y a un côté faire peur à ceux qui voudraient nous prêter, à créer le doute sur la probité de notre mouvement, il y a tout un tas de choses derrière.

4:19
Invité

– Et je le répète. – Est-ce qu'il n'y a pas ce côté aussi juste d'enquêter, d'investiguer, de voir s'il y a quelque chose d'illégal, et au final de prendre une décision qui peut être un non-lieu, comme une mise en œuvre ?

4:28
Laurent Jacobelli

– Il y aura sûrement ça, mais le mal aura été fait. Une fois encore, quand vous prêtez au Rassemblement national, vous avez un contrat, ce sont souvent des militants… – C'est un prêt avec intérêt, bien sûr. – Bien sûr, c'est obligatoire, sinon c'est un don. – Oui. – Les gens qui prêtent sont souvent des adhérents des militants, ce n'est pas des banquiers.

4:47
Invité

– Parfois, vous prêtez entre vous, Philippe Ballard, votre collègue député, disait que lui-même avait prêté de l'argent à un candidat RN.

4:53
Laurent Jacobelli

– Mais une fois encore, quand vous voyez votre… Vous savez, beaucoup de candidats chez nous sont allés aux élections sans être élus déjà. Donc ils n'avaient pas l'indemnité de député.

5:02
Invité

– Vous par exemple, votre campagne a été financée comment ?

5:04
Laurent Jacobelli

– Moi, j'ai la chance d'avoir eu les moyens de la financer seule. – Comment elle vous a coûté ? – Elle m'a coûté entre 35 000 et 40 000 euros.

5:10
Invité

– Et ensuite, c'est remboursé si vous dépassez 5 % ?

5:12
Laurent Jacobelli

– C'est remboursé, donc c'est finalement une avance de quelques mois, puisque l'État vous rembourse ensuite. Mais tout le monde n'est pas dans ma situation. Moi, par exemple, pour la dernière élection, j'étais député sortant, donc j'ai des indemnités députées. Quand vous êtes infirmier, chauffeur de bus, et que vous voulez être candidat à Rassemblement national, vous n'avez pas les moyens de vous payer une campagne. Et donc, aucune banque ne vous prête. Donc, qu'est-ce que vous faites ? Vous appelez des particuliers, des particuliers qui vous prêtent dans un cadre très strict. Et donc, il n'y a rien d'illégal. En fait, c'est le mot habituellement qui crée le doute.

C'est-à-dire que si une personne a prêté plusieurs fois, on se dit, tiens, finalement, est-ce que ce n'est pas un banquier ? Mais est-ce que vous croyez vraiment ?

5:46
Invité

– Alors justement, le mot habituellement…

5:48
Laurent Jacobelli

– Et puis juridiquement, allez définir habituellement.

5:50
Invité

– Non, mais je suppose que je me retourne vers Vincent. Est-ce qu'il y a une jurisprudence là-dessus ? Parce que ça veut dire quoi habituellement ? – Alors, c'est vrai qu'il y a un vrai flou dans la loi actuelle, dans le code électoral. On parle de prêts habituels qui seraient contraires à la loi. Sauf que le juge, enfin la loi, ne définit pas ce qu'est le terme habituel. – Combien c'est habituel ? – La Commission nationale des comptes de campagne a mis une définition selon ses propres critères, à partir de 5 fois et pour un montant supérieur à 75 000 euros, ça devient quelque chose d'habituel, ça devient quelque chose de problématique, pourrait-on dire à leurs yeux.

– Et de quand date cette définition ? – Elle date il y a quelques mois, quelques années.

6:25
Laurent Jacobelli

– Donc après en fait. C'est génial, on change les règles du jeu après. – Mais c'est une loi qui reste, qui date de 2021. – C'est-à-dire qu'il y a eu des prêts habituels, ou pas avant, et puis après, on a défini ce qui était habituel. Et de manière rétroactive, et ce n'est pas la justice qui a défini, c'est seulement la Commission. – Mais c'est pour ça que la justice... – Si il y a une même loi acceptée, c'est prêt. – Enfin, excusez-moi, si vous ne voyez pas l'éléphant au milieu du couloir, je suis de lunettes, parce que clairement, la manip, elle est grosse.

6:49
Invité

– Voilà, dans tous les cas, là maintenant, il s'agit pour le Rassemblement national, avec M. Jacobi, de répondre. D'ailleurs, Marine Le Pen est sortie de son silence, et Jordan Bardella prendra la parole tout à l'heure, dans quelques minutes, en direct sur BFM TV.

6:59
Présentateur

– Oui, qui a exactement, sans surprise, le même discours que vous. La justice tranchera sur le point de savoir si c'était illégal ou pas.

– Il y a un problème, il est vrai, avec le financement du Rassemblement national, qui est un parti, alors qui dépense beaucoup pour ses campagnes, parce qu'il fait de bons scores électoraux aussi, qui est extrêmement endetté depuis des années, on le sait, qui a dû se financer en faisant un emprunt, des emprunts même, un emprunt russe, un emprunt dans une banque en Hongrie, et qui a multiplié les prêts, mais alors de façon évidente, ce n'était pas du tout caché, il y a même eu des grands emprunts patriotiques du Rassemblement national, dont un encore, après les législatives de 2022, parce que les législatives de 2022, il y a eu 89 députés RN, ça a rapporté plus de 10 millions d'euros au RN, mais le temps que cet argent tombe et arrive, le RN a encore fait un gros emprunt en demandant, clairement, à tous les donateurs de venir avec un taux d'intérêt de 5%, donc c'était assez attractif.

Une fois qu'on a dit ça, il n'est pas normal qu'un parti qui fasse autant de suffrages et autant de voix ne puisse pas se financer non plus auprès de banques françaises, et Emmanuel Macron et François Bayrou avaient d'ailleurs promis d'y apporter une solution, et en tout cas, à un moment donné, on devait réfléchir à une banque publique pour arriver à financer ces partis.

8:10
Invité

La banque de la démocratie.

8:11
Présentateur

Ça n'a jamais été fait, et on pourrait aussi y réfléchir pour que ça se passe éventuellement, peut-être mieux en France, et de façon plus juste. Après, ça ne justifie en rien s'il y a eu une façon illégale de se financer, je ne parle pas de ça, mais il y a un problème de fait sur la façon dont fonctionne le financement de ces partis.

8:27
Invité

Il y a d'autres partis qui demandent aussi à ces militants, à des partis de prêter de l'argent. Alors le plus gros parti, enfin le parti qui a le plus gros recours auprès des particuliers, c'est le Rassemblement National et de Loin, et juste après, on trouve le parti Reconquête d'Éric Zemmour qui a aussi eu ces dernières années recours à ces prêts de particuliers. Mais Laurent Neumann, c'est quand même une année compliquée pour Marine Le Pen et le Rassemblement National, il y a la condamnation en première instance de Marine Le Pen, il y a cette affaire qui éclate au grand jour.

Et comme si ça ne suffisait pas, la Cour européenne des droits de l'homme vient de rejeter sa requête aujourd'hui en disant qu'il n'y a pas de risque imminent d'un dommage irréparable à ce qu'on appelle les droits qui sont dans la Convention européenne des droits de l'homme. Bref, sa requête est rejetée à l'unanimité des sept juges, à l'unanimité des sept juges, donc il n'y a pas de discussion. Et donc tout ça arrive le même jour, en quelques heures effectivement, en moins de deux jours, ça veut dire qu'il n'y a pas de débat sur cette requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. Vous avez mal lu, si je peux me permettre, vous avez mal lu.

9:31
Laurent Jacobelli

Je reviens juste d'un mot sur... La conclusion dit que s'il y avait des élections législatives, alors l'urgence pourrait se représenter. C'est ce que je viens de dire, il n'y a pas de risque imminent. S'il y avait une dissolution dans les prochains... Voilà, c'est une nuance importante quand même.

9:45
Invité

Il n'y a pas de risque imminent.

9:47
Laurent Jacobelli

Mais s'il y en a un, ils rejèrent peut-être.

9:48
Invité

Voilà, il y a un droit. Et deuxièmement, je reviens à ce que vous avez dit sur la Commission des comptes de campagne. Il se trouve que cette commission n'a pas de compétence pénale. Elle ne peut pas ouvrir une enquête ex nihilo et avoir des moyens de police pour enquêter. Donc qu'est-ce qu'elle fait ? Elle trouve quelque chose qui, à ses yeux, pose problème. Et donc elle fait un signalement et il y a l'ouverture d'une information judiciaire. On n'est même pas dans une enquête. Il n'y a pas de mise en examen. On est au début d'une ouverture d'une information judiciaire. Et pardon d'un mot, les perquisitions, je veux bien qu'on se victimise.

Mais tous les partis politiques ont été perquisitionnés.

10:25
Laurent Jacobelli

Et on n'a pas crié à la démocratie.

10:28
Invité

Escroquerie, le terme de l'information judiciaire est ouvert pour des faits d'escroquerie.

10:32
Laurent Jacobelli

C'est sur demande de la commission des comptes de campagne. Non, sur un signalement. Sur un signalement, vous êtes d'accord, si vous voulez. Qui a changé les règles après les faits ? C'est quand même énorme comme situation. Personne ne pourrait le comprendre, honnêtement. Regardez la chronologie. L'impossibilité pour Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle. Cette histoire abracadabrantesque au Parlement européen qui arrive. Cette perquisition qui tombe de nulle part sur un motif complètement farfelu, je vais vous dire. D'abord, s'il croit nous affaiblir et nous faire regarder nos chaussures, il se trompe, ça nous rend plus fort. Et maintenant, on a une conviction.

Jusqu'alors, on se battait pour sauver la France. C'était un objectif important. On a un deuxième objectif maintenant. C'est aussi sauver notre démocratie qui, par de telles manœuvres, est aujourd'hui en danger.

11:14
Invité

Il y a un... Juste pour bien préciser les choses, on parlait des critères qui ont été définis par la Commission nationale des comptes de campagne. Ce n'est pas là-dessus que les juges vont se forger une opinion. Eux, ils analysent le texte de loi qui précise qu'il y a un prêt habituel. C'est eux qui vont fixer les critères en fonction de la loi qui a existé à l'époque d'Evée. Donc, en fait, dire qu'on refait les règles à partir de nouveaux critères, c'est totalement faux.

11:35
Laurent Jacobelli

Le signalement est dû aux nouveaux critères. Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Vous étiez là ce matin, vous avez pu voir probablement ce qui s'est passé. Donc, ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Le signalement vient de la Commission des comptes. Si demain, vous me prêtez 100 euros, d'abord je vous remercie, parce que vous avez le droit de prêter à quelqu'un qui est invité sur le même plateau que vous. Bon, vous me prêtez 100 euros. Voilà, c'est la règle. À 5% donc ? À 5%. Et puis après, juste une fois que vous m'avez prêté et que vous avez remboursé, quelqu'un dit « Oui, mais attention, si c'est BFM TV, ce n'est pas légal.

» Mais vous ne le saviez pas à l'époque, moi non plus. Et la règle a changé en cours de route. Puis cela n'a pas de sens. On ne parle pas de 100 euros, on parle de 4,5 millions d'euros. Non, mais ensemble, mais ce sont de petits dons généralement. C'est combien en général la moyenne du don ? Je n'ai pas le chiffre, mais je sais, en tout cas pour l'avoir vécu moi sur une autre campagne, qu'en général ce sont des gens qui ont envie de participer.

12:21
Invité

Il n'y a pas de plafond pour ces prêts ? Si, il ne faut pas que ça dépasse 75 000 euros sur plusieurs. Mais moi, je vais vous donner les chiffres, comme ça, ça pourra vous donner une idée. En 2021, il y a 6 parties qui ont souscrit des prêts auprès de particuliers, dont l'ERN, sur un total de 600 parties. Il faut bien comprendre qu'on est quand même sur quelque chose de limité. En 2021, le Rassemblement national a emprunté 5,3 millions d'euros à des particuliers, 8 millions en 2022 et 3,4 millions en 2023. Et en 2021, il y a eu 613 prêts. Donc on peut estimer qu'il y a plusieurs prêteurs. Voilà, il y a des gens qui ont prêté...

12:55
Laurent Jacobelli

Désolé, il faudrait que vous ayez une statistique globale, c'est-à-dire combien les autres ont de près des banques que nous, on n'a pas. Parce que, mais oui, mais excusez-moi, il ne faut pas comparer des choux et des carottes.

13:06
Invité

C'est-à-dire qu'en fait, certains partis n'ont pas de difficultés à emprunter devant des banques traditionnelles françaises.

13:13
Laurent Jacobelli

Ce qui est normal d'ailleurs, moi ce n'est pas un reproche que je leur fais, ce qui est anormal, c'est notre situation. Mais nous, finalement, on voit bien que le jeu, les règles du jeu sont faites pour qu'au final, on soit toujours perdant.

13:22
Invité

Là où vous avez tout à fait raison, c'est qu'il y a un problème historique de financement et de recours aux prêts bancaires pour le Rassemblement national. Il faut rappeler les années 2000, je me souviens, c'est un débat qui a été abordé, notamment lors du procès récent. Il y avait Fernand Lerachinel, qui a prêté beaucoup d'argent à Jean-Marie Le Pen pour financer aussi le parti dans les années 2000. Ça s'est fini là aussi au tribunal, entre un litige entre les deux. Il y a eu 2012, on se souvient de l'affaire des kits de campagne pour essayer de favoriser les choses, qui a débouché sur une échéance judiciaire.

Il y a eu le prêt, vous en parliez tout à l'heure, souscrit auprès d'une banque tchèque avec des fonds russes. Il y a eu le prêt en Hongrie. Donc on le voit, oui, il y a un problème fondamental de financement des campagnes électorales pour le Rassemblement national. Il n'empêche que les juges qui instruisent aujourd'hui cette information judiciaire, ils vont simplement regarder l'application de la loi. Ils ne vont pas regarder. – De toute façon, si tout est transparent, si tout est nickel, il n'en sortira rien.

14:13
Laurent Jacobelli

– Je n'ai absolument aucun doute sur le résultat, parce que j'ai vu à quel point, de près, on était exigeant sur les papiers demandés, sur la vérification, on a vérifié le texte avec la commission, avec des avocats. – Vous êtes plutôt sur la cabale politico-judiciaire. – On voit bien quand même que ce système est un peu nécrosé aujourd'hui, qu'ils savent bien que rien ne marche. On voit bien tous les indicateurs économiques, sociaux, sécuritaires, il n'y a rien qui va. On leur promet une déculottée, et donc, évidemment, affaiblir le premier parti de France

14:41
Invité

– C'est là où je ne suis pas, moi, pardon, Laurent Jacobelli.

14:44
Laurent Jacobelli

– Bah si, parce qu'on n'y a rien à reprocher.

14:45
Invité

– Je pourrais vous suivre sur l'acharmement des juges qui veulent à tout prix vous faire tomber, mais vous dites « on », c'est-à-dire que ça sera organisé par le pouvoir politique, les juges d'instruction sont indépendants. – Mais c'est pas qui nomme la CNCCF. – Non mais les juges d'instruction sont indépendants. Ils enquêtent, alors pas que vous pouvez les trouver trop durs. – Mais vous sous-entendez ce que vous disiez devant le siège ce midi, et je reprends vos termes, vous sous-entendiez quand même que les juges ou les policiers sont venus chercher des pièces pour informer le gouvernement ou les autorités de la future stratégie. – Voilà, c'est là où on a du mal à vous suivre.

– C'est quand même une accusation qui est extrêmement lourde.

15:17
Laurent Jacobelli

– Ben oui, mais je crois que ce qui est plus lourd dans une démocratie, c'est d'essayer d'empêcher de vivre le premier parti de France.

15:22
Invité

– Mais on peut être d'accord sur un point, pardon, et Amandine le disait très bien, c'est vrai qu'il est anormal que les partis politiques puissent pas emprunter – C'est avant l'un des premiers partis de France. – Et je me souviens qu'Emmanuel Macron, François Bayrou, avaient promis une fameuse banque de la démocratie.

15:36
Laurent Jacobelli

– Donc ils avaient bien défini le problème.

15:38
Invité

– Très bien, donc ça, ça vous donne raison. Ce qui ne vous donne pas raison, c'est de dire, puisqu'on ne peut pas se financer auprès des banques, puisqu'il n'y a pas de banque de la démocratie, on pourrait contourner les règles à trouver de l'argent ailleurs.

15:50
Laurent Jacobelli

– Attention, très attention à ce que vous dites. – Oui, mais c'est pas ce qu'il dit. – On n'a jamais contourné et on a fait chaque prêt main dans la main. – Non, alors on se parle en première instance, avec la commission des comptes de campagne. – Mais le parti a été condamné en première instance. – Vous voyez que leur coup est en train de fonctionner, probablement un peu, parce que des gens en profitent pour dire, vous voyez finalement, ils doivent bien être un peu malhonnêtes dans le coup.

16:13
Invité

– Ou d'ici à ce que Neumann y soit dans le coup. – Évidemment, évidemment, nous ne le sommes pas.

16:17
Laurent Jacobelli

Excusez-moi, si j'étais journaliste… – Oui. – On vous le souhaite, c'est un très beau métier. – C'est sûr, j'ai travaillé avec beaucoup de collègues.

16:24
Invité

– On s'en tiendrait aux décisions judiciaires.

16:26
Laurent Jacobelli

J'ai vu, je vois quand même une forme d'acharnement, moi ça me troublerait. Je pense que nous ne sommes pas exactement traités comme les autres. Vous savez, moi je viens, moi-même j'ai eu un procureur face à moi qui m'a dit clairement je demande une peine contre vous parce que vous êtes Rassemblement National. Il me l'a dit. Bon, demandez-moi.

16:43
Invité

Donc quand on en est là... Oui mais d'autres parties ont été perquisitionnées, on se souvient de la perquisition spectaculaire de la France Insoumise. Au Modem, à Renaissance, à l'Élysée, même l'Élysée a été perquisitionnée. Matignon après le Covid. Edouard Philippe a été perquisitionné après le Covid.

16:59
Laurent Jacobelli

Renaissance, le parti Macroniste a été perquisitionné dans l'affaire McKinsey. Il n'y a pas une affaire par semaine. Et est-ce que pendant cette perquisition, ils sont repartis avec toutes les données du mouvement ? Parce que la vraie question, elle est là aussi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans une démocratie occidentale, le premier parti d'opposition, promis, après c'est la vérité des urnes seulement qui compte, en tout cas j'espère, promis à un sort national, on part avec toutes les données. Donc à l'extrario, il ne se souvient pas perquisitionnées. Non, non, non, mais c'est vrai, la question... Excusez-moi, tout cela est très troublant.

Quelques mois après qu'on ait interdit de participer à l'élection présidentielle, à celle qui était donnée gagnante dans les sondages.

17:39
Invité

Pourquoi on prend tout, en fait, dans une perquisition ? Sans faire de distinction entre les papiers qui concernent ces prêts et puis, effectivement, sans doute des mails entre candidats, la stratégie politique, etc., la vie du parti. Bien sûr, mais c'est une vraie question. Et parce que le travail des enquêteurs, en fait, ne fait que commencer. Aujourd'hui, c'est la phase de saisie qui va donner lieu à une exploitation. Je vais juste faire un parallèle. Vous vous souvenez de l'affaire McKinsey, dans laquelle on a impliqué Emmanuel Macron. Ils ont saisi des tonnes et des tonnes de documents qui sont toujours en cours d'exploitation. C'est ce que les enquêteurs font.

Ils saisissent les documents. Et puis, après, ils vont travailler dessus avec des assistants de justice, avec des assistants spécialisés, avec les magistrats, avec des services spécialisés pour voir exactement si, derrière, ça vient étayer ou, au contraire, ne pas étayer les soupçons qu'ils se créent. Dans tous les cas, Amandine Attalaya, en attendant la prise de parole de Jordan Bardella, envoie le Rassemblement national à l'offensive. C'est vrai que ça leur donne du carburant électoral. En disant, vous voyez, c'est toujours sur nous que ça tombe. Est-ce que ça leur profite ou, au contraire, c'est négatif parce qu'une fois de plus, c'est une affaire qui touche le RN ?

18:37
Présentateur

C'est entre les deux. Ça n'a pas vraiment d'effet. Ils ne baissent pas du tout dans les sondages. Aujourd'hui, ils sont toujours extrêmement hauts. Mais après, la stratégie que Marine Le Pen avait essayé de mettre en place avec ce grand meeting à Paris, vous savez, pour attirer du monde parce qu'ils étaient, disaient-elles, victimes d'une injustice, n'avait pas fonctionné. Il y a très peu de monde qui était venu à ce meeting. Il n'y a pas eu de branle-bac de combat en France. Ça se voyait d'ailleurs dans les sondages pour estimer que le RN était victime d'une grande injustice.

Au-delà, cela dit, il y a le sentiment quand même, dans une partie du parti, oui, qu'il y a eu une forme d'acharnement. Et Marine Le Pen, elle, va connaître son sort, on le rappelle, l'an prochain, avant l'été 2026, a priori, sur la décision de son procès en appel pour savoir si, oui ou non, elle peut se présenter à l'élection présidentielle. Elle était, lors du début du procès et de l'affaire, extrêmement confiante sur le fait qu'il ne lui arriverait rien. Donc il y a souvent cette stratégie du RN d'aller tout feu, tout flamme, au début, au combat, en se disant victime d'un acharnement sans réellement préparer sa défense, qui parfois lui nuit in fine.

Marine Le Pen, sur ce point-là, était mal préparée.

19:38
Laurent Jacobelli

Nous avons répondu à toutes les questions de la commission des comptes de campagne quand ils nous en ont posé au fil des campagnes, justement. Ils n'ont pas retoqué nos comptes, en tout cas sur ces prêts. Ils ont les prêts. Donc, une fois encore, je ne comprends pas bien cette opération. Mais je tiens à dire, en tout cas, et je profite d'être sur votre antenne, à tous ceux qui votent pour nous, à tous ceux qui nous soutiennent, nous ne nous laisserons pas faire, nous ne baisserons pas les bras et nous n'arrêterons pas de nous battre pour vous et pour la démocratie. Ils peuvent tout essayer, ils n'y arrivent pas.

Laurent Jacobelli : "Nous n'arrêterons jamais le combat !" (BFMTV) — Laurent Jacobelli · Pourquijevote