Bourdin Direct du 18 mai - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 17 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 24:22OuverteRéponse directe
Le déconfinement va trop vite ou pas assez vite ?
- 26:32FerméeRéponse directe
Faut-il ouvrir tous les parcs et jardins à Paris ?
- 27:17OuverteRéponse partielle
Ouvrir les bases de loisirs, piscines et terrains de sport ?
- 27:52OuverteRéponse directe
Demandez-vous l'ouverture des cafés, bars et restaurants fin mai ?
- 28:58OuverteRéponse directe
Souhaitez-vous que les collèges et lycées rouvrent en zone rouge ?
- 30:32FerméeRéponse directe
L'AIRATP atteindra-t-elle 100% de son offre fin mai ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20InvitéChiffre
« 70 cas de fermeture d'école par précaution, précise ce matin Jean-Michel Blanquer. »
- 3:01InvitéChiffre
« 69 aussi dans un autre abattoir, situé cette fois dans les Côtes d'Armor. »
- 4:22InvitéChiffre
« À ce jour, 144 cas ont été répertoriés selon la Direction Générale de la Santé. »
- 5:33InvitéPromesse
« Un plan santé avant l'été. Il est notamment envisagé de déplafonner les heures supplémentaires. »
- 5:51PrésentateurChiffre
« Le différentiel de salaire entre une infirmière française et le salaire moyen infirmier européen, c'est-à-dire 300 euros par mois. »
- 20:35PrésentateurChiffre
« La moyenne européenne, c'est 44 000 euros par an contre, en France, selon le médecin, la moyenne, c'est entre 35 000 et 37 000 euros. »
- 21:04PrésentateurFait
« Il faut sortir du dogme de la fermeture des lits. »
- 26:02InvitéFait
« Le rythme du déconfinement ne doit pas être le même selon les territoires. »
- 31:13InvitéFait
« il va falloir contrôler tout ça. Distanciation physique, on est obligé d'avoir qu'un tiers des personnes dans les trains. »
- 31:22InvitéFait
« J'ai écrit à M. Castaner, ça s'est bien passé la première semaine. »
- 31:45InvitéPromesse
« l'épidémie va suffisamment régresser pour que le 2 juin, on puisse alléger ces obligations. »
- 31:50InvitéFait
« on est l'un des seuls pays d'Europe à imposer la distanciation sociale dans les transports en commun pour rassurer la population et éviter la propagation du virus. »
- 32:07InvitéPromesse
« Prolongation du télétravail au maximum jusqu'au 2 juin et au-delà et lissage des heures de pointe pour les entreprises. »
- 33:34InvitéFait
« Les tests sont très fiables, ils ont été testés par l'Institut Pasteur. »
- 33:45InvitéFait
« il semble que le fait d'avoir eu le virus donne une forme d'immunité, une forme d'immunité. »
- 35:15InvitéPromesse
« nous en donnerons 150 000 aux soignants d'Île-de-France en signe de reconnaissance et parce qu'ils ont envie d'avoir cette information. »
- 35:49InvitéPromesse
« Oui à la revalorisation des salaires des personnels de santé, toute catégorie confondue. »
- 36:58InvitéFait
« cette crise a montré l'échec du modèle bureaucratique français. On a trop de normes, on a trop de règles à respecter, ça nous empêche d'avancer. »
- 39:38InvitéPromesse
« j'ai demandé à l'État de faire un plan zéro charge sociale pour l'embauche des jeunes pendant deux ans pour éviter qu'on ait cette génération sacrifiée. »
- 41:36InvitéPromesse
« On a décidé qu'on allait acheter tous les surplus alimentaires de nos agriculteurs tous jusqu'à la fin de l'année et que tous ces surplus alimentaires on allait les donner. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Invité37 %
- Invité 29 %
- Invité 35 %
- Présentateur 23 %
- Invité 43 %
≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC. Lundi 18 mai, l'info sur RMC. Il est 8h02, c'est Céline Kalman qui est là pour les infos. Céline, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Après les maternelles et primaires la semaine dernière, rentrer au compte-gouttes pour les collégiens aujourd'hui. Mesures sanitaires strictes et portent du masque obligatoire. 70 cas de fermeture d'école par précaution, précise ce matin Jean-Michel Blanquer. Dans ce journal également un témoignage, celui du père du garçon décédé de symptômes de la maladie de Kawasaki le 8 mai à Marseille. Il avait 9 ans, la famille envisage de porter plainte. Et puis l'Italie rouvre ses commerces, bars, restaurants, mais aussi des lieux de culte comme la basilique Saint-Pierre de Rome. Une reprise trop précipitée pour une partie des Italiens. Bienvenue à tous sur RMC.
Plus de deux mois que le réveil n'avait pas sonné, une partie des élèves de 6e et 5e retrouvent leurs camarades et professeurs au collège. Et comme en primaire, les mesures sanitaires sont drastiques. On retrouve Anaïs Donnet devant le collège de Bussy à Angers. Anaïs, un tiers seulement des élèves de 6e et 5e reprennent ce matin.
Oui, les élèves dans ce collège d'Angers, ils vont arriver ici d'une minute à l'autre. Vous le voyez sur cette image de Pierre-Emmanuel Bessé. Ils vont passer cette grille. Il y aura prise de température, évidemment. Si c'est au-dessus de 37, 8, ce sera un retour à la maison confinement. Si ce n'est pas le cas, ils rentrent à l'intérieur. Ils enlèvent leurs masques personnels. L'établissement leur fournira ensuite 4 masques pour la journée. Ensuite, dans la cour, il y a un marquage au sol. Ils se positionnent à l'intérieur, attendent le signal pour rentrer en classe. Ils restent toute la journée dans la même classe. Ce sont les professeurs qui bougent.
Avant de rentrer en classe, évidemment, lavage des mains, table à 1 mètre de distance. Et ensuite, sur chaque table, de façon nominative, il y aura une visière, un masque. Double protection pour ses élèves pendant leurs heures de cours. Et puis ensuite, le self, le midi à l'intérieur du bâtiment. Ce sera un plateau, pareil, sur une table, tout seul pour manger. Pas de pique-nique. La nourriture, ce midi, est fournie par l'établissement.
Anaïs de nez avec Pierre-Emmanuel Bessé pour RMC. Un masque, pas d'embrassade. Mais qu'importe, Margot, élève de 5e à Nice, va s'adapter avec sa maman Sandra. Elles sont impatientes de reprendre un rythme un peu plus normal.
On peut dire que c'est comme une nouvelle rentrée. Les amis, d'habitude, quand on se voit, on se fait des câlins, on se fait des visos, on se fait dire bonjour. Là, il y aura les 1 mètre de distance. Donc, ça va être un peu plus différent.
Je suis contente qu'elles reprennent. L'idée, c'est quand même reprendre le chemin de l'école. C'est reprendre le chemin de la vie. D'une certaine façon, la vie ordinaire. Chacun, à nouveau, retrouve un peu la place à laquelle il est convié, en fait. Et 70 cas de fermeture d'écoles par précaution. Précise ce matin Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation à Fleury-les-Aubrais. Les collèges n'ouvriront pas. Décision de la maire de la ville par précaution. Là aussi, fermeture aussi des écoles primaires. Après la découverte d'un foyer de contamination dans un abattoir. 34 cas de Covid-19 détectés. 69 aussi dans un autre abattoir, situé cette fois dans les Côtes d'Armor.
Au total, 25 foyers de contamination identifiés sur tout le territoire. Dont l'un à Compiègne, dans l'Oise, dans un foyer de travailleurs étrangers. Tout le monde a très vite été testé. Nicolas Ropère.
C'est début mai qu'un premier membre du foyer est détecté malade du coronavirus. Quelques jours plus tard, un deuxième cas est signalé. Éric Niquez, le directeur de l'établissement, décide alors d'agir. J'ai tout de suite, bien sûr, confiné l'étage. Et on a donc pris l'initiative de demander à l'ARS de tester l'ensemble du foyer. C'est-à-dire un peu plus de 200 personnes. Résultat, 12 personnes au total sont testées positives. Un moindre mal reconnaît le directeur du foyer. Tout s'est fait quand même de façon assez rapide. Parce qu'on l'avait anticipé. Moi, ce que je voulais absolument éviter, c'est d'avoir 200 personnes contaminées.
On est par contre, probablement passé à deux doigts d'une catastrophe qu'on aurait eue si on n'avait pas testé l'ensemble du foyer. Les 12 malades ont été placés à l'isolement. Les résidents vont, eux, être confinés à leur étage.
RMC 8h06. Il a décidé de parler malgré la douleur pour alerter les autres parents. Cet appare anéanti qui prend la parole ce matin. Son fils de 9 ans a succombé le 8 mars dernier à Marseille à une forme proche de la maladie de Kawasaki. Les symptômes décrits chez les enfants ayant été en contact avec le coronavirus. A ce jour, 144 cas ont été répertoriés selon la Direction Générale de la Santé. Ce papa s'est confié à nos confrères de BFM TV pour alerter aussi les autorités. Je ne souhaite à aucun parent de dire une tragédie pareille. C'est parti d'une fièvre, une interne. Elle est arrivée, elle a commencé à l'examiner.
Elle a déshabillé, elle a regardé toutes ses plaques rouges, ses boutons rouges. Elle n'était pas très rassurée. On est rentré à la maison. Le petit, il a commencé à avoir la tête qui va en arrière. Il y a des yeux qui tournent. Les pompiers, ils étaient directement sur place. Ils ont fait très vite. Ils l'ont pris en charge. On l'a mis sur le brancard. Ils ont vu qu'il ne respirait plus. Il n'en trouvait plus son poux. Le cœur, il avait arrêté de battre. Il a été admis en service de réanimation à l'hôpital de l'Antimone. Le diagnostic était que mon fils était tombé dans une mort cérébrale. Il n'y a plus rien à faire. J'ai demandé, est-ce que vous avez trouvé à quoi ça a été dû ?
Le médecin m'a dit qu'il savèrerait que les symptômes ressemblent aux symptômes du Kawasaki. Mon fils n'avait pas d'antécédent médical. Il était en parfaite santé. Et juste après ce journal, le professeur Damien Bonnet, chef du service de cardiologie pédiatrique à l'hôpital Necker à Paris, sera Jean-Jacques votre invité. Dès la semaine prochaine, le gouvernement va réfléchir à un plan pour améliorer les conditions de travail à l'hôpital. Un plan santé avant l'été. Il est notamment envisagé de déplafonner les heures supplémentaires, aujourd'hui limitées à 15 heures par mois. Mais les soignants, eux, ne réclament qu'une seule chose, une revalorisation significative des salaires.
Thierry Amourou, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers, l'a dit ce matin sur RMC.
Nous, ce que l'on attend, c'est le différentiel de salaire
entre une infirmière française et le salaire moyen infirmier européen, c'est-à-dire 300 euros par mois.
On est sous-payés en France. Il y a eu ces parlementaires qui ont lancé un appel aux dons de RTT qui seraient transformés en chèques cadeaux. Non, pas du tout. Nous, on est pour la reconnaissance de nos compétences, de nos responsabilités, de notre engagement au quotidien. Et donc, on veut être payés correctement par l'État employeur.
C'est aujourd'hui que les 30 000 équipes municipales élues dès le premier tour le 15 mars dernier vont entrer en fonction. Un décret a été publié au journal officiel vendredi, début d'une période de transition. Mais ça y est, les conseillers municipaux vont enfin pouvoir mettre les pieds en mairie, préparer le début de leur mandat. Reportage au Chénère au Cancours dans les Yvelines, Juliette Pietraszewski et Pierrick Bonneau.
Neuf élus, pas un de plus pour respecter les règles. Lunettes de soleil sur le nez, nous sommes dans le jardin de Véronique Siadou, future adjointe aux affaires sociales. C'est notre première réunion ensemble. Aujourd'hui, on sait que ça y est, on y est. Mais c'est vrai qu'on a eu plusieurs semaines avec beaucoup d'incertitudes. Ce matin, le nouveau maire Richard Delpierre va enfin pouvoir se rendre en mairie. Mais pas facile de reprendre le flambeau en pleine crise, sans avoir eu accès au dossier. Nous aurions aimé, quand on a vu le temps qui allait durer ce confinement, pour pouvoir préparer la suite. Parce qu'on savait qu'on avait la suite à préparer, et notamment le vote du budget.
Le fait de ne pas pouvoir avoir eu accès ni au service ni au dossier a été un peu compliqué à gérer. Mais on arrive à la fin de cette séquence. Benoît Ribert, futur adjoint à la transition écologique, a hâte de passer aux choses sérieuses.
Il y a un mélange de plein de choses. Il y a de l'envie et il y a une vraie frustration qui se construite. Là, on est effectivement dans une attente qui est compliquée à gérer, finalement, pour tout le monde. On ne sait pas comment tout va se mettre en place.
Priorité de la nouvelle équipe, le vote du budget et la rentrée scolaire. Une fois passé le conseil d'installation, qui aura lieu au plus tard, dans 10 jours, le 28 mai.
Et puis c'est aujourd'hui également que les agences Pôle emploi rouvrent à nouveau leurs portes. Attention, uniquement sur rendez-vous. Nouvelle étape de déconfinement en Italie. La plupart des activités économiques, comme les magasins, les bars ou les restaurants, vont redémarrer. Une activité quasi normale, plus ou moins bien accueillie par les Italiens. Si Pierre Pézeril.
Au programme de la journée, pour Marie-Véronique, retourner dans sa librairie préférée de Milan. J'ai très envie d'aller m'acheter de nouveaux livres. Toutes les librairies étaient fermées pendant le confinement. Le seul endroit où on pouvait trouver des livres, c'était dans certains grands supermarchés. Mais c'était un choix quand même extrêmement limité.
Les lieux touristiques, les bars, les restaurants rouvrent aussi. Il ne faut pas aller trop vite. Mais Christine craint que cette relance de l'activité soit trop soudaine et donc risquée. Je ne veux pas me mettre dans un lieu fermé. Je trouve que c'est pas mal en fait de prendre son verre à emporter et d'aller s'asseoir à l'écart et d'aller le consommer comme ça. Moi, je me sens dans le doute de savoir si je suis contagieuse ou pas.
Réponse du Premier ministre Giuseppe Conte. L'Italie ne peut pas rester éternellement sous cloche. Nous sommes confrontés à un risque calculé, sachant, et je le dis très sincèrement, que la courbe épidémiologique pourrait à nouveau repartir à la hausse. Mais nous devons accepter ce risque. Sinon, on ne pourra jamais redémarrer.
Prochaine étape le 3 juin, la réouverture des frontières. L'Italie sera alors un des premiers pays européens à passer ce cap. Dans l'actualité également, à Besançon, la mort par balle d'un adolescent de 17 ans alors qu'il se trouvait devant l'entrée d'un immeuble situé à Planoise, un quartier sensible de la ville. Le tireur a pris la fuite.
Bien, merci Céline. Alors, est-ce qu'on déconfine trop vite ? Pas assez vite, vous nous dites. Ce matin, Mickaël nous a appelés. Mickaël a 34 ans, il habite à Saint-Mendrier dans le Var et il est resté chez lui. Et il n'arrive plus à quitter son domicile. Il va devoir reprendre le travail le 2 juin. Il ne peut plus, psychologiquement, il est resté confiné pendant plus de deux mois. Il ne peut plus sortir de chez lui. Écoutez le témoignage de Mickaël. Depuis le déconfinement, je ne suis pas encore sorti. J'ai une peur bleue d'être contaminé. Pourtant, j'ai trois masques en tissu à la maison,
tant que la mairie de mon village m'a donné, mais je ne sors pas. J'ai peur. Je vais juste chercher mon courrier en bas dans la boîte aux lettres ou quand je reçois un colis. Et c'est encore pire, je demande à ce que le colis ne me soit pas remis. J'ai des amis autour de moi
et je leur donne l'argent. Ils ont ma carte bleue parce que j'ai quand même retiré un peu d'argent sur moi. Et c'est eux qui vont faire les courses à ma place tellement j'ai peur d'aller quelque part. Même avec un masque ? Même avec un masque, j'ai peur de sortir. Vous avez peur que ce virus soit dans l'air ? C'est ça. Vous avez peur du contact avec les autres ?
C'est ça. Quand il y avait le confinement et que je sortais, en fait, quand je croisais quand je croisais une personne, même si c'était rare, je changeais de trottoir.
Qu'est-ce qui vous ferait ressortir, qui vous pousserait à ressortir ? À part le boulot ?
Franchement, je ne sais pas.
Voilà. Témoignage de Mickaël qui vous a fait réagir extrêmement nombreux ce matin. Nous reviendrons demain matin parce qu'il n'est pas seul, Mickaël. Demain matin, nous serons avec un médecin psychiatre qui nous dira comment faire, nous dira s'il est confronté à des cas de plus en plus nombreux d'hommes ou de femmes, souvent jeunes, qui ont peur de sortir. David est à Lambesque dans les Bougirons. Bonjour, David. Bonjour, Jean-Jacques. Vous dirigez une agence bancaire. Vous dites, il ne faut pas vivre avec la peur. Ça, c'est ce qu'on dit, mais ce n'est pas si facile que ça qui paralyse certains. C'est ça.
Pour moi, il ne faut pas vivre avec la peur parce qu'effectivement, on se bloquerait complètement et on ne pourrait plus rien faire. par contre, moi, personnellement, j'ai continué de travailler tous les jours et je vis avec une crainte. Une crainte, et je la trouve, entre guillemets, cette crainte positive parce qu'elle me fait continuer malgré le déconfinement, elle me fait continuer à conserver les distances, à respecter les gestes barrières pour ne pas, justement, me contaminer, mais je pense aussi aux proches, ne pas contaminer les proches puisque j'ai eu la chance d'avoir la naissance de mon troisième enfant pendant le confinement. Et donc, j'ai la crainte de contaminer à la maison.
Et donc, je pense que si on vit sans crainte, malheureusement, on aura tendance à ne pas respecter les gestes barrières et c'est là où ils le vivent. C'est de toujours se dire que le virus est présent et de vivre avec une certaine forme de crainte pour se protéger tous mutuellement. Je comprends. La crainte est utile, selon vous. Merci, David. Merci, c'est très intéressant et merci vraiment d'être avec nous. Vous êtes très nombreux ce matin encore. Merci d'être avec nous. Demain, je reprendrai le sujet, vous appellerez et je vous mettrai l'antenne parce que vraiment, ça secoue notre société en ce moment.
Bien, le professeur Damien Bonnet est avec nous, chef du service de cardiologie pédiatrique à l'hôpital Necker à Paris. Professeur Bonnet, bonjour. Bonjour, M. Bourdin. Merci d'être avec nous. Alors, 144 cas signalés depuis début mars, cas d'affection rare, proche de la maladie de Kawasaki, vraisemblablement liée au Covid-19. On en est presque sûr, professeur Bonnet, ou on a encore quelques doutes ? On en est presque sûr puisque la proportion d'enfants chez qui l'infection a été prouvée par des tests sérologiques est d'environ 90%, ce qui n'était pas le cas au moment où l'alerte a été donnée, mais je pense qu'aujourd'hui le lien se fait de façon très claire. Très claire.
Rappelons les symptômes, professeur. Quels sont les symptômes ? Les symptômes sont d'une grande variété, mais ceux qui sont au premier plan, c'est la fièvre prolongée qui dure plus que 3-4 jours. C'est une fièvre qui est élevée chez des enfants qui sont profondément asténiques. Et les principaux symptômes sont digestifs, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales. Et puis derrière, il y a tout un cortège de signes qui peuvent apparaître avec des éruptions cutanées, une conjonctivite. Et parfois, des atteintes d'autres organes, des atteintes respiratoires ou des atteintes rénales. Des atteintes rénales.
La langue qui gonfle, par exemple, professeur Bonnet, là, dès que la fièvre dure plus de 2-3 jours, il faut absolument, absolument consulter. En tout cas, le message est double. C'est-à-dire que les fièvres banales qui sont peu élevées chez des enfants encore en forme justifient un avis auprès d'un médecin ou du pédiatre de l'enfant. Mais les fièvres prolongées plus de 3 jours et élevées chez des enfants très fatigués justifient une consultation rapide. Pourquoi, professeur, cette nouvelle maladie touche-t-elle certains enfants et pas d'autres ?
Alors, ça, on le connaît déjà avec beaucoup de maladies infectieuses et on le connaît aussi avec la maladie de Kawasaki qui a été évoquée puisqu'il y a certains parallèles avec celle-ci. Il y a une susceptibilité génétique. C'est-à-dire que vous avez dans votre génome un certain nombre de variants qui ne sont pas des anomalies mais qui vous rendent susceptible à développer une réaction inflammatoire inappropriée après une infection, par exemple. Et donc, c'est pour ça que la maladie restera. Il y a eu une étude, je crois, du 7 mai dans The Lancet qui explique qu'en Angleterre, 6 des 8 premiers cas observés étaient des enfants d'origine afro-caribéenne.
Alors, en France, vous savez que la loi ne nous autorise pas à recueillir des informations sur l'origine ethnique ou la religion mais cette information est disponible et puis si on veut en faire un parallèle un petit peu en miroir, il est un peu curieux que nos collègues asiatiques n'aient pas déclaré ce type de cas alors qu'ils nous ont précédés dans la pandémie, ce qui peut effectivement suggérer, mais il faut rester prudent pour l'instant, qu'il y ait des populations qui soient plus susceptibles que d'autres à développer cette complication de l'infection par le coronavirus. Oui, professeur, mais paradoxalement, la maladie de Kawasaki classique touche davantage les Asiatiques.
Oui, mais c'est aussi un argument pour la susceptibilité génétique de l'une et de l'autre et un argument pour dire que ce sont des affections différentes. Des affections différentes. Aujourd'hui, 144 cas en France, donc, professeur, ce décès de cet enfant à Marseille. Vous, par exemple, à Necker, vous avez toujours certains enfants qui sont soignés pour cela ? Oui, tout à fait. Il y a toujours des enfants qui sont admis pour cette maladie. Le rythme ne s'est pas accéléré depuis trois semaines. Il y a toujours des enfants hospitalisés.
Nous savons depuis le départ qu'il s'agit d'un problème qui peut être grave puisqu'il y a une atteinte cardiaque qui est au premier plan chez environ deux tiers des enfants. Il est bien sûr extrêmement triste que cet enfant soit décédé à Marseille. Je compatis et je fais mes condoléances à sa famille. Mais il est important que l'ensemble de la communauté médicale ait été averti de ce problème et s'y soit préparé et continue d'être très vigilante justement pour les soigner de façon précoce et efficace. Les enfants qui sont soignés, par exemple, à Necker, restent longtemps à l'hôpital ? Est-ce qu'avant de les retrouver en bonne santé, il faut être très patient ? Professeur ?
Il y a différents moments du séjour. Pour ceux qui sont admis en unité de soins intensifs ou en réanimation, ils y restent quatre ou cinq jours, le temps de récupérer et de pouvoir aller dans une unité de pédiatrie habituelle. Et puis ensuite, il reste encore quelques jours avant de rentrer à la maison. Maintenant, ce que nous avons organisé de façon collective, c'est une surveillance des différents organes et en particulier du cœur pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème à long terme et c'est ce qu'on ne semble pas observer pour l'instant. Pas de séquelles. On va rester prudent.
En tout cas, on va rester prudent pendant les quelques semaines qui viennent avant de dire qu'il n'y en a pas définitivement puisqu'on sait que, par exemple, dans la maladie de Kawasaki qui partage certains... qui a certains parallèles avec ce problème, il peut y avoir des anomalies vasculaires un peu plus tard dans l'évolution. Pour l'instant, on surveille encore les enfants qui ont été atteints. Merci beaucoup, professeur Damien Bonnet, chef du service de cardiologie pédiatrique à l'hôpital Necker à Paris, il est 8h21. Merci.
8h21. À suivre, dans Bourdin Direct, assouplissement des 35 heures, revalorisation des salaires. Que contient le plan du gouvernement à destination des soignants ? Frédéric Simotel nous détaille tout dans une minute sur RMC. RMC, Bourdin Direct. Et vos messages ce matin, celui de Pascal. On a reproché à l'État d'infantiliser la population, de porter atteinte à nos libertés avec les restrictions. Eh bien, quand on voit toutes les images du week-end de masques jetés dans la rue, ne croyez-vous pas que l'État avait raison, écrit Pascal. La population est irresponsable, uncivique, encore une fois, essentiellement, dans les métropoles.
Et le pompon, c'est bien sûr le jet de masques dans la rue scandaleux, geste criminel, écrit même Pascal. Jean-Pierre nous dit qu'il faut sanctionner ces personnes. Lamentable de voir notre voirie inondée d'immondices ainsi que nos plages et nos forêts. Christophe est pour une amende, ils ne comprennent que ça. Yann nous dit qu'ils sont indisciplinés et sales ces gens, ils n'ont aucun respect et l'amende devrait être obligatoire. Pour Philippe, c'est carrément 1000 euros d'amende minimum. Si j'en envoie un jeté au sol, ça fumerait sûrement 100% pour une amende aussi pour les déchets par terre chez Christophe.
Thierry nous dit qu'à Royan, ce week-end, des masques en pagaille par terre, c'est une honte. Olivier nous écoute, lui, de Nouvelle-Calédonie et nous dit qu'en Corée et au Japon, il n'y a aucun masque par terre des gens et des citoyens éco-responsables. RNC, 6h-9h, vaut en direct.
Il est 8h25, c'est Frédéric Simotel qui est avec nous. Hausse des salaires, plus 300 euros demande des infirmiers. Ils étaient avec nous tout à l'heure à 7h10. Réforme des temps de travail. Olivier Véran a dévoilé ce week-end les contours du plan pour l'hôpital qui sera présenté avant l'été qu'apprend-on ? Il est resté assez général mais il a quand même donné quelques pistes assez sérieuses. Il a envie d'aller vite. Le 25 mai, il va réunir les partenaires sociaux et les collectifs hospitaliers pour donner le coup d'envoi à ce qu'il appelle un Ségur de la Santé. C'est du nom de l'avenue où est implanté le ministère de la Santé.
1, vous l'avez dit, amélioration des rémunérations pour les salariés de l'hôpital qui comptent d'ailleurs beaucoup de femmes. Atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne. La moyenne européenne, c'est 44 000 euros par an contre, en France, selon le médecin, la moyenne, c'est entre 35 000 et 37 000 euros. Selon l'infirmier, il y a un gros rattrapage à faire. Ensuite, mise en route d'un programme d'investissement sur la réorganisation des soins, sur la logistique. Il faut sortir du dogme de la fermeture des lits, c'est lui-même qui le dit.
Et puis, un point très important, revoir le cadre du temps de travail à l'hôpital et notamment remettre en cause les sacrosins de 35 heures. Si des salariés de l'hôpital veulent travailler davantage pour gagner plus, il faut les laisser faire. Aujourd'hui, il faut savoir que des infirmières pour augmenter leur rémunération font ce qu'on appelle des ménages dans d'autres... Oui, ils vont travailler dans une clinique privée ou faire des heures et sont payés. Et donc, aujourd'hui, il faut qu'elles puissent le faire à l'intérieur de leur établissement. Et puis, derrière, c'est revalorisation des carrières. Vous savez que c'est un métier qui est très... On avance par gris, par...
Il y a peut-être des choses aussi à revoir dans ce domaine-là. Et puis, derrière, il faudra traduire tout ça dans le futur budget de la Sécu. Voilà, dans le prochain budget de la Sécu. Exactement. Justement, vous pouvez nous donner quelques chiffres clés sur le budget. Alors voilà, j'ai creusé un peu. Alors, il faut savoir que l'hôpital, il est financé à 77% par l'assurance maladie. Le reste, ça vient du paiement des honoraires des patients immutuels. 12 à 20%, c'est la facturation des actes médicaux. Donc, 77% par l'assurance maladie. Et dans les dépenses, eh bien, 50 à 70% des dépenses, c'est du personnel, c'est de l'enveloppe financière pour les salaires.
C'est 30% pour les médicaments, 6 à 8% pour les prestations hôtelières, la restauration. Mais voyez, donc, les deux chiffres qu'il faut retenir, c'est le budget, c'est 77%. Ça vient de l'assurance maladie. Et, allez, 60% de ces dépenses, c'est pour du salaire. Donc, on voit pourquoi il faut vraiment cibler ces points-là. Merci Frédéric. Merci. Tiens, un mot avant de retrouver Valérie Pécresse, qui est la présidente de la région Île-de-France. Au Qatar, on ne plaisante pas avec les masques, Quentin Vinet.
Oui, en France, les amendes, c'est dans les transports en commun. Au Qatar, ce sont les sanctions les plus sévères du monde contre ceux qui ne portent pas de masques en public, que ce soit dans les transports ou dans la rue, jusqu'à 50 000 euros d'amende et 3 ans de prison. Pourquoi ? Eh bien, pour endiguer la pandémie
qui se propage rapidement. Qui se propage rapidement. Alors, si vous ne portez pas de masque dans la rue, au Qatar, 50 000 euros, jusqu'à 50 000 euros d'amende et 3 ans de prison. Oui, là, remarquez, on ne lésigne pas. On porte un masque. Enfin,
bon.
Et au Brésil, Bolsonaro se moque des gestes barrières.
Oui, alors, il a harangué ses partisans qui ont manifesté par centaines ce week-end sans masque, sans distanciation sociale, bien sûr, alors que le virus a tué plus de 16 000 Brésiliens. Les États, là-bas au Brésil, ont plus de pouvoir que Bolsonaro dans la gestion de cette crise. Alors, certains, certains pro-Bolsonaro décident de manifester. Ils réclament carrément une reprise en main militaire et la fermeture du Parlement.
Bien, ben, merci, merci à toutes et à tous de nous avoir accompagnés ce matin. Encore une fois, c'est un vrai plaisir de vous avoir là. Vous connaissez notre lien, le 32-16 et puis notre lien quotidien. Vous êtes avec nous, nous sommes avec vous. Il est 8h29. Valérie Pécresse et notre invitée dans un instant, la présidente de la région Île-de-France.
RMC Bourdin Direct,
Jean-Jacques Bourdin. Il est 8h34, Valérie Pécresse est avec nous. Bonjour. Merci d'être notre invitée, présidente de la région Île-de-France. Alors, le déconfinement a commencé depuis huit jours maintenant, une semaine et j'entends déjà, ça et là, le débat. Certains disent, ça ne va pas assez vite, d'autres disent, ça va trop vite. Quel est votre sentiment ? Ça va trop vite ou pas assez vite ?
Je crois qu'on est dans une progression et qu'il faut l'accompagner, mais il faut l'accompagner avec beaucoup de vigilance. L'Île-de-France, vous le savez, a failli ne pas être déconfinée. Donc, on avance avec encore beaucoup de prudence. on est sous contrôle permanent. Je vous prends un seul exemple, les transports. Les transports sont déconfinés depuis huit jours. Ça s'est globalement bien passé, mais ça s'est bien passé pourquoi ? Pour plein de raisons. D'abord, parce qu'on a demandé à tous les franciliens de rester au maximum en télétravail. Et il faut qu'ils continuent jusqu'au 2 juin à rester au maximum au télétravail.
On a demandé aux entreprises de lisser les heures de pointe, c'est-à-dire de faire arriver leurs salariés entre 6h30 et 10h30. D'ailleurs, vous avez été écouté par l'État. Elle pourrait le faire encore plus. On a une charte de dialogue social qui le prévoit. Elle devrait le faire encore plus. Et puis, on a réussi globalement pas trop mal. Pourquoi ? Parce qu'on regarde jour après jour ce qui se passe dans les transports. Et on adapte jour après jour ce qui se passe. Donc, vous voyez que tout cela se fait sous haute surveillance.
Voilà, je vais revenir sur la collaboration entre les régions et l'État. on s'est aperçu de l'importance des régions, du rôle des régions, pas que des régions d'ailleurs, des départements ou des municipalités. Mais est-ce que ce déconfitement se fait sur un bon rythme ? Valérie Pécresse, vous trouvez ?
Pour moi, parler de rythme national, ça n'a pas de sens.
N'a pas de sens.
Vous venez de le dire. Oui. Quel est le rapport entre une région, vous avez un nom, Grande Aquitaine, dont on pense que 1,5% de la population a été touchée, ou l'Île-de-France, où près de 15% de la population a été touchée ? Ça n'est pas la même chose. Et donc, je pense que le rythme du déconfinement ne doit pas être le même selon les territoires. On doit pouvoir s'autoriser un petit peu plus de vitesse, puisque vous parlez de vitesse, dans des régions qui sont beaucoup moins touchées. Tout ça, évidemment, en veillant à ne pas faire repartir l'épidémie.
Alors, je vais être très concret. Est-ce qu'il faut ouvrir tous les parcs et jardins à Paris et en Île-de-France ? Alors, vous avez... Oui ou non ? C'est ce que demande la maire de Paris. Anne Hidalgo, quelle est votre position ?
Moi, j'y suis favorable à condition qu'il y ait plus de contrôles. Parce que, vous le savez, l'Île-de-France est réouverte ses 39 forêts. Donc, on a 39 forêts en Île-de-France qui sont réouvertes. Je pense que dans une région comme la nôtre, notamment à Paris, où tout le monde est confiné dans de petits espaces, le fait de ne pas réouvrir les parcs et jardins, ça peut avoir un effet pervers, celui qu'on a vu ces derniers week-ends, de gens qui sont entassés sur des quais du canal Saint-Martin, etc. Donc, oui, je pense qu'il faut les réouvrir, mais avec beaucoup de contrôles pour vérifier qu'il n'y a pas d'attroupement et que les règles de distanciation sociale sont bien...
Ouvrir les bases de loisirs, les piscines, les terrains de sport ? Alors,
les piscines, c'est un petit peu plus compliqué, les terrains de sport aussi parce que c'est des sports collectifs. On se touche dans un certain nombre de sports collectifs. Le rugby, je pense que vous devez être un amateur. Oui, j'adore ça. Donc, il y a des sports où on se touche. Là, c'est vraiment aux autorités sanitaires de nous donner les clés, mais en revanche, les parcs pour la promenade, pour la respiration, pour aérer la ville, bien sûr.
Bien, et les bases de loisirs ?
Les bases de loisirs, je le crois aussi parce que c'est le jardin de ceux qui n'en ont pas. Après, les piscines, c'est un autre problème.
Bien, les cafés, bars, restaurants, fin mai, début juin, vous demandez cette ouverture ?
Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on travaille et je sais que le gouvernement le fait avec la Fédération des Cafés-Restaurants sur un protocole qui soit un protocole crédible parce que le problème des restaurants, et vous le savez, c'est est-ce qu'ils peuvent survivre en n'ayant qu'une seule table sur deux qui est occupée ? Est-ce qu'ils ont un modèle économique ? Et donc, moi, je suis très inquiète pour le secteur des cafés-restaurants. J'ai d'ailleurs appelé solennellement le secteur des assurances parce que vous savez qu'un certain nombre de cafés-restaurants ont pris des assurances de perte d'expagation et qu'il y a un certain nombre d'assurances qui refusent
de compagnie
qui refusent de payer ces pertes d'exploitation. Il y en a un certain nombre d'autres qui, comme le crédit mutuel, la société générale, le crédit agricole, ont dit c'est notre devoir moral de compenser ces pertes d'exploitation. Les assureurs mutualistes. Exactement. Et ils ont fait un fonds de solidarité. Moi, je dis que j'appelle tout le secteur des assurances à vraiment prendre en compte ce devoir moral. Vous les avez appelés ? Ce devoir moral. Je leur ai écrit.
Vous leur avez écrit. Bien. Valérie Pécresse, les élèves de collège 6e, 5e retrouvent les classes en zone verte. Je dis bien en zone verte. Est-ce que vous souhaitez que les collèges et lycées rouvrent rapidement en zone rouge en Ile-de-France ?
Si c'est possible sanitairement, si c'est possible sanitairement, je pense que pédagogiquement ce serait utile. Je le pense parce que je pense qu'avoir au moins un mois encore de reprise de contact avec les professeurs, la classe, pouvoir avoir peut-être aussi quelques notes supplémentaires pour ceux qui ont eu un mauvais premier trimestre et qui se retrouvent, je pense aux élèves de première, de terminale qui se retrouvent avec un contrôle continu qui n'est pas bon. Vous savez que les notes de confinement n'ont pas été prises en compte. Donc vous avez des élèves qui ont fait un mauvais premier trimestre mais qui ont travaillé pendant le confinement.
Donc il faut qu'on puisse essayer, je pense, de réouvrir si c'est possible. Et d'ailleurs, la région s'y prépare. On est en train de nettoyer et de remettre en place, de désinfecter tous les lycées et d'Île-de-France. On sera prêt à réouvrir en juin si les autorités sanitaires nous autorisent.
Vous souhaitez cette réouverture ?
Je pense que pédagogiquement pour les élèves, ce serait bon de réavoir un contact avec la classe avant la fin de l'année. Mais comment faire pour les cantines ? Et notamment pour les décrocheurs mais pas que.
Mais pas que. Et pour les cantines, comment faire ?
Alors pour les cantines, à ce stade, nous ne prévoyons pas la réouverture, nous prévoyons des paniers repas qui pourraient être distribués aux élèves.
Vous pourriez, la région pourrait distribuer des paniers repas ?
Absolument, absolument. C'est ce qu'on est en train de préparer.
C'est ce que vous êtes en train de préparer.
Parce que sinon, c'est très compliqué de réouvrir des cantines, vraiment.
Bien sûr. Les transports, on en parlait tout à l'heure. L'AIRATP, fin mai, 100% de son offre ? Valérie Pécresse ?
En tout cas, c'est l'objectif. L'objectif, c'est que d'ici le 2 juin, qui est la période que l'État nous a donnée, on soit vraiment à 100%. On va même essayer d'anticiper au maximum pour avoir plus d'offres. Mais là encore, M. Bourdin, je vous le dis tout de suite, 100% de l'offre, ça veut dire 25% des passagers. Ça veut dire que dans un RER où on met 700, on met, pardon, un RERA où on met 2500 personnes tous les jours, on ne peut en mettre que 700. Dans un métro où on met 700 personnes tous les jours, on ne peut en mettre que 200. Donc, si on veut respecter cette décision, il va falloir contrôler tout ça.
Distanciation physique, on est obligé d'avoir qu'un tiers des personnes dans les trains. Ça nécessite un filtrage qui doit se poursuivre. J'ai écrit à M. Castaner, ça s'est bien passé la première semaine. Policiers et gendarmes ? Oui, ça s'est bien passé la première semaine parce qu'il y avait ce filtrage. Si ce filtrage, si les policiers ne sont pas là pour prêter main forte, vous le savez, les transports, c'est un grand goulet d'étranglement et on aura des effets de foule que nous ne voulons pas avoir. Alors peut-être, et c'est ce que je souhaite, l'épidémie va suffisamment régresser pour que le 2 juin, on puisse alléger ces obligations.
Parce que vous savez qu'on est l'un des seuls pays d'Europe à imposer la distanciation sociale dans les transports en commun pour rassurer la population et éviter la propagation du virus. Donc on est l'un des plus stricts
au monde. L'un des plus stricts au monde, c'est vrai. Vous demandez donc une prolongation du renfort des policiers et des gendarmes.
Absolument. Prolongation du télétravail au maximum jusqu'au 2 juin et au-delà et lissage des heures de pointe pour les entreprises. Vraiment, j'y insiste parce que ça peut, à l'avenir, le télétravail et le lissage des heures de pointe résoudre nos problèmes écologiques. Ça peut résoudre le problème des embouteillages en Ile-de-France.
Si au lieu d'arriver tous, de reprendre nos mauvaises habitudes après le confinement, de réarriver tous entre 8h et 9h, on arrivait tous entre 6h30 et 10h30, pas tous à 6h30 tous les jours, pas tous à 10h30 tous les jours, mais qu'on espacait nos arrivées sur une tranche horaire large, on n'aurait plus d'embouteillages en Ile-de-France et on n'aurait plus ces transports et les Franciliens sont en train de découvrir qu'on peut prendre des transports en commun sans être serrés les uns contre les autres.
Le dépistage, 5 millions de tests sérologiques à disposition des associations, des entreprises et des collectivités en Ile-de-France. C'est bien ce que vous annoncez. Des tests sérologiques, pardon, mais qui ne sont pas très fiables, Valérie Pécresse pour l'instant.
Si, les tests sérologiques que nous allons mettre à disposition pour les soignants et pour ceux qui souhaitent en acheter et en disposer, les personnes fragiles notamment en matière de santé, ces tests sérologiques c'est une brique supplémentaire dans la politique de déconfinement. C'est quoi cette brique ? C'est de permettre de savoir si vous avez eu le virus ou pas. Les tests sont très fiables, ils ont été testés par l'Institut Pasteur.
Ces tests ne permettent pas de savoir si une personne est immunisée ou pas.
Alors, ils permettent de savoir si on a eu le virus et il semble, je le dis avec beaucoup de prudence, il semble que le fait d'avoir eu le virus donne une forme d'immunité, une forme d'immunité. À ce stade, on ne s'en sait pas plus. On n'en sait pas plus. On n'en sait pas plus. On ne sait pas si cette forme d'immunité est durable ou pas. Mais vous savez, on est en train de chercher, on est en train de chercher et donc on va se trouver. Petit à petit, on va savoir. Et pourquoi c'est important ces tests ? Ces tests qui sont importants notamment pour les personnels soignants.
Les personnels soignants qui sont beaucoup au contact du virus voudraient savoir si elles ont eu le virus ou si elles ne l'ont pas eu. Et de cette réponse dépend aussi la stratégie de l'hôpital, la stratégie de mettre en avant telle personne ou telle autre. Pareil pour les personnes qui sont en grand risque de santé. Si vous êtes diabétique, si vous êtes en surpoids, si vous êtes immunodéprimé, si vous avez des gros risques, savoir que vous avez eu le virus ou savoir que vous ne l'avez pas, ça peut vous conduire à vous protéger davantage ou à moins vous protéger ou en tout cas à reprendre une vie plus normale.
Donc cette information, les Français souhaitent l'avoir et c'est l'État qui va définir comment cette information peut leur être donnée. Aujourd'hui, il y a un décret qui va paraître. Mais moi, ce que je voulais, c'est qu'on ne soit pas dans cette politique de testing, qu'on ne soit pas en retard et qu'on soit prêt. Donc on sera prêt et il y aura 5 millions de tests à l'achat sur la plateforme de la région pour tous les professionnels de santé qui voudront entre 8 et 9 euros le test. ils doivent être faits en présence d'un professionnel de santé.
L'État va dire comment ça va se passer et nous, nous en donnerons 150 000 aux soignants d'Île-de-France en signe de reconnaissance et parce qu'ils ont envie d'avoir cette information. Vous savez, moi je me déplace dans tous les hôpitaux d'Île-de-France et les soignants veulent savoir s'ils ont eu la maladie ou s'ils l'ont pas.
Bien, Valérie Pécresse, puisque vous parlez des soignants, parlons-en. Les soignants qui demandent des hausses de salaire et notamment infirmiers et infirmières qui demandent 300 euros pour revenir à la moyenne européenne. Est-ce que le gouvernement doit répondre à cette demande ?
Plus largement, il faut un vrai plan de relance qui passe par la réforme de la santé. Oui, oui à la revalorisation des salaires.
Des 300 euros, vous dites oui.
Oui à la revalorisation des salaires des personnels de santé, toute catégorie confondue, mais aussi oui à une réorganisation profonde de notre système parce que ce qu'on a vu, Jean-Jacques Bourdin, c'est en fait qu'il faut fonder notre système de santé sur la coopération, qu'il faut arrêter que chacun soit dans son couloir, qu'il faut arrêter que les urgences hospitalières accueillent toutes les personnes qui devraient être traitées par la médecine de ville, qu'il faut repositionner notre hôpital sur les vraies urgences, qu'il faut aussi débureaucratiser tout ce système, essayer de faire mieux aussi en mutualisation.
Revoir le carcan des 35 heures à l'hôpital ?
Non, revoir plutôt le carcan des normes publiques, je le dirais comme ça parce qu'aujourd'hui, l'hôpital public, il a toute une série de procédures, d'appels d'offres, de règles administratives qu'il doit respecter et on s'aperçoit que des structures qui sont plus souples, structures associatives par exemple, sans but lucratif, fonctionnent en coûtant beaucoup moins cher et c'est le coût de la norme. Vraiment, ce que je ressens, c'est que cette crise a montré l'échec du modèle bureaucratique français.
On a trop de normes, on a trop de règles à respecter, ça nous empêche d'avancer, ça nous empêche d'agir et on l'a vu, pourquoi les régions ont été plus agiles que l'État pour se procurer des masques, pourquoi elles ont été plus agiles que l'État dans les aides économiques de proximité, dans l'accueil des sans-abri, mais parce qu'on n'a pas de normes, on a beaucoup moins de normes à respecter et puis on s'en est affranchis. Et on s'en est affranchis.
Comme en Allemagne, d'ailleurs.
Absolument.
Bien, la médaille de l'engagement, vous trouvez que c'est une bonne idée, ça ou pas ?
Écoutez, moi je pense qu'effectivement, c'est symbolique, mais le symbolique, ça a du poids et de la puissance. Moi, je suis favorable. Vous y êtes favorable. Je suis favorable, mais évidemment, ce n'est pas pour soldes de tout compte et ça ne nous exonère pas de réformer complètement notre système de santé.
Bien, la relance économique, taxer les plus riches, rétablir l'ISF ?
Ce que je crois, c'est que si on commence par partir sur le concours l'épine des hausses d'impôts, il n'y a qu'une seule chose qui va se passer, c'est qu'on va complètement casser la relance. Donc, zéro hausse d'impôts, pour moi, c'est une ligne rouge. Ni SF, ni... Mais en revanche, là où vous avez, je pense, raison, c'est qu'il va falloir qu'on fasse tous des gestes de solidarité. Parce que la vérité, c'est que la crise sociale, elle est devant nous. La crise sanitaire, j'espère qu'elle est derrière, avec beaucoup de vigilance. En tout cas, on l'a prise à bras le corps, mais la crise sociale, la crise économique, elle est devant nous.
Et donc, ça veut dire qu'il va y avoir une montée de la précarité. Et donc, ça veut dire qu'il va falloir faire des gestes de solidarité. Tous, là où nous sommes et avec les moyens que nous avons.
Mais alors, gestes de solidarité, c'est quoi ? Certains demandent aux salariés de travailler un petit peu plus. Non, pour moi, les gestes de solidarité... Non, pour moi, les gestes... Non, mais attendez, ce n'est pas provocateur. Vous êtes provocateur. volontairement provocateur.
Le vrai sujet, ça va être de remettre dans l'emploi tous ceux qui, aujourd'hui, en sont privés, en sont éloignés et faire redémarrer toutes les entreprises qui ne peuvent pas redémarrer. C'est ça la priorité et ce n'est pas faire de la provocation sur le temps de travail.
C'est de la provocation sur le temps de travail ?
Aujourd'hui, ça ne peut être vécu que comme ça par des millions de chômeurs qui ne demandent qu'à retravailler. C'est ça la situation aujourd'hui. Et d'ailleurs, si on fait un plan de relance et il doit être très puissant, je pense que l'emploi doit être le cœur et la baisse des cotisations et des charges sur l'emploi doit être au cœur. Il faut baisser les charges patronales. Il faut aussi... Moi, j'ai très peur, M. Bourdin. J'ai très peur des jeunes. J'ai très peur... Enfin, pas des jeunes, pour les jeunes. J'ai très peur pour les jeunes.
J'ai très peur d'une génération sacrifiée, de jeunes qui vont avoir leur diplôme, leur CAP, leur bac, leur diplôme, leur qualification en juin et que personne ne va recruter. C'est pour ça que j'ai demandé à l'État de faire un plan zéro charge sociale pour l'embauche des jeunes pendant deux ans pour éviter qu'on ait cette génération sacrifiée. Pas de charge sociale pour l'embauche d'un jeune
pendant deux ans.
Absolument. Mais vous savez, je vous parlais de solidarité. Je vais vous donner un exemple de geste de solidarité que je trouve très parlant. À la région, les directeurs de la région se sont réunis et ont dit nous allons donner des jours de RTT aux associations caritatives pour lutter contre la pauvreté. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils disent on a des RTT, on ne va pas les prendre, on les donne, la région s'engage à les transformer en argent puisqu'un jour de RTT ça vaut de l'argent de les transformer en argent et cet argent on le donnera aux associations caritatives. Vous voyez ?
Donc même dans la fonction publique où on n'a pas des salaires mirobolants, il y a des gestes de solidarité qu'on peut faire, des dons qu'on peut faire, on peut donner ces RTT et donc vous voyez, mais quand on est chef d'entreprise, quand on a des hauts salaires, en revanche, les gestes de solidarité peuvent être en espèce.
Et permettre à un salarié de donner des RTT au personnel soignant. Mais permettre aussi aux dirigeants de réduire leur rémunération.
Moi je pense que les dirigeants devraient aussi réfléchir à réduire leur rémunération.
Quels dirigeants ? Lesquels ?
Les dirigeants, ceux qui pensent qu'ils touchent des salaires très élevés et que dans cette période il y a des gestes de solidarité à faire.
Vous allez diminuer votre rémunération puisque vous êtes dirigeante ?
Oh, écoutez, c'est des choses qui peuvent s'envisager aujourd'hui parce que...
Vous pourriez aujourd'hui décider de dire je vais baisser un temps ma rémunération pendant je ne sais pas
trois mois ? En tout cas, moi ce que je pense c'est qu'aujourd'hui nous allons tous être appelés à faire des dons et donc ces dons il faut qu'on réfléchisse comment on va les faire. Soit ce seront des dons à des associations caritatives soit ce seront des réductions de salaire. Je pense qu'il va falloir qu'on se mette tous dans cette logique de lutter contre la précarité. Mais qui doit réduire
ces salaires ? Tous les élus ? Tous les directeurs d'administration ? Je ne sais pas.
Monsieur Bourdin, vous savez, la France a montré des trésors de solidarité dans cette période et il va falloir continuer. Je vais vous donner d'autres exemples. grands plans de lutte contre la précarité. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a décidé qu'on allait acheter tous les surplus alimentaires de nos agriculteurs tous jusqu'à la fin de l'année et que tous ces surplus alimentaires on allait les donner. On va les distribuer dans les lycées d'Île-de-France.
C'est-à-dire que la région va acheter tous les surplus des agriculteurs de la région ? Absolument.
Et vous allez distribuer ? On a commencé et on va les distribuer et on a commencé on a déjà fait des distributions dans une dizaine de villes populaires parce qu'aujourd'hui malheureusement vous le savez il y a des personnes qui n'ont pas eu de revenus depuis deux mois et qui peinent à trouver à manger. C'est ça la situation de la France. Mais de la même façon Emmaüs a crié au secours et la région va donner 250 000 euros dans le cadre de la souscription des communautés Emmaüs qui n'ont pas pu travailler pendant le confinement. Pour les familles les plus modestes les familles des lycéens les plus modestes nous allons donner une aide pour 109 000 familles pour remplacer les cantines.
Parce que vous savez que la cantine ça permettait aux familles en réalité d'avoir un repas équilibré très subventionné par la collectivité. Le fait de ne pas avoir eu de cantine pendant deux mois c'est des coûts pour les familles qu'on a évalués à à peu près 60 euros. Donc on va donner cette aide de 60 euros à 109 000 familles pour leur permettre de retrouver le pouvoir d'achat qu'elles avaient pendant le confinement. Donc vous voyez toute cette question de la lutte contre la précarité va être au cœur à mon sens des politiques. Je pense aussi à la précarité étudiante.
Je pense à la précarité de tous ces jeunes qui aujourd'hui ont été confinées n'ont plus de petit boulot pour travailler pour améliorer leur fin de mois. Donc sur tous ces sujets-là la région sera présente.
Dernière question à les municipales. Est-ce que le second tour doit avoir lieu en juin ?
Je crois que les municipales doivent avoir lieu le plus tôt possible dès que sanitairement vous demandez parce que vous avez vu beaucoup de maires
demandent le 28 juin demandent à ce que ce second tour ait lieu le 28 juin.
Ce n'est pas dans mon pouvoir de fixer la date mais là où je les rejoins totalement c'est qu'il faut avoir des maires rapidement. Pourquoi ? Parce que le plan de relance passera par les maires passera par la commande publique passera par les permis de construire passera par le redémarrage d'un certain nombre de travaux qui vont donner de l'emploi. Donc il nous faut des maires en place légitimes qui peuvent faire des travaux. Vous savez qu'un maire en campagne ne lance jamais de travaux dans sa ville. Donc il faut des maires élus rapidement dès que c'est possible.
Merci Valérie Pécresse d'être venue nous voir ce matin il est 8h53 sur RMC et BFM TV.