8h30 franceinfo du mercredi 03 juin 2026
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Philippe-Baptiste. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info dans ce moment de vérité pour plus d'un million de lycéens ou étudiants en réorientation. Hier à 19h, les premières réponses sur Parcoursup sont tombées. Sur les réseaux sociaux, certains comparent la plateforme d'admission post-bac à Hunger Games, la saga où les ados s'entretuent pour survivre. Je vois que vous avez la référence. Philippe-Baptiste, qu'est-ce que vous dites aujourd'hui à ceux qui ont reçu un non hier et qui voient leur rêve d'études se briser, s'effondrer ?
Alors déjà, hier soir, on était à la première heure de la campagne. Donc, il n'y a pas de rêve qui se brise là. On est au tout début. Il y a déjà de non ? Oui, bien sûr. Je voudrais quand même rappeler, on a plus d'un million de candidatures sur la plateforme. C'est un chiffre qui est absolument gigantesque. Il n'y en a jamais eu autant. Il n'y en a jamais eu autant. Il y a une dizaine d'années, on était un peu au-dessus de 800 000. Donc, vraiment, on voit bien qu'il y a une expansion, une croissance qui est extrêmement forte. Aujourd'hui, enfin, hier soir, les premiers résultats sont arrivés.
Je voudrais dire que, par exemple, si on prend le public des lycéens, puisque on a à la fois des lycéens sur la plateforme, mais aussi des gens qui sont réorientés ou des gens qui sont en reprise d'études. Si je regarde sur le public des lycéens, donc ceux qui vont passer le baccalauréat, il y a aujourd'hui deux lycéens sur trois qui ont déjà reçu une réponse favorable. Donc, c'est... Je veux dire, et si on regarde les lycéens... Donc, il y en a un sur trois qui n'a pas encore de réponse. Qui n'a pas encore de réponse, mais ça veut dire que... Mais après, la plateforme, on est au tout début de la campagne. Donc, après, ce qui va se passer maintenant, c'est...
Vous savez, en fait, il y a les lycéens qui ont plusieurs choix, qui ont plusieurs possibilités. Ils vont faire un choix. Et puis, ils vont libérer des places. En libérant des places, il y en a d'autres qui vont retrouver... Ça peut redonner une chance à ceux qui ont tué un nom ou qui sont en attente. Et donc, on est au tout début. On est au tout début.
Donc, vous leur dites quoi ? Ne perdez pas espoir ? Qu'est-ce que vous dites aux parents qui sont désespérés, là ? Hier, leur enfant a reçu un nom ou alors ils sont en attente.
Il n'y a aucune raison d'être désespéré maintenant. Ça ne fait que commencer. Moi, je vais vous donner un autre chiffre. Si je prends la campagne de l'an dernier, parmi... Il y avait un tout petit peu moins de candidats, mais c'était les mêmes ordres de l'heure. À la fin, parmi les jeunes qui voulaient absolument continuer dans l'enseignement supérieur et qui n'avaient pas eu de place, qui n'avaient pas trouvé, etc., vous savez, on les accompagne pendant tout l'été. Il y a les recteurs, les proviseurs, les profs du secondaire, les profs du supérieur qui font des commissions pendant tout l'été, qui cherchent des solutions pour chaque jeune. Pour chaque jeune.
À la fin, sur toute la France, on avait 34 jeunes pour qui on n'avait pas trouvé de solution. Que 34 sur toute la France. C'est 34 de trop. C'est 34 de trop. Mais à la fin, c'était 34 pour un million de candidats. Donc, ce que je veux dire, c'est que tout le monde trouvera une place. Tout le monde trouvera une place. Et aujourd'hui... Et puis surtout, moi, je voudrais aussi avoir un autre message. C'est que, pour les jeunes, c'est un moment important. C'est un moment important. C'est un moment stressant. C'est vrai. Bien sûr. Mais vous ne jouez pas votre vie. Vous n'êtes pas en train de jouer votre vie. La vie, elle se construit. Ça veut dire que vous avez le droit de commencer.
Vous allez commencer des études. Peut-être que ça ne va pas vous plaire. Et peut-être que l'an prochain, vous allez vous réorienter. Et peut-être que vous allez commencer à travailler. Et puis revenir après. Peut-être que ça va vous plaire directement. Ça, ce n'est pas évident à entendre. Mais c'est le message que vous voulez dire. Mais c'est la vérité. Et donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a simplement un moment... Bien sûr, c'est un moment stressant. Pour les parents aussi, on est tous passés à travers ça. Enfin, en tout cas, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que... Voilà. Il faut être un peu serein. Il faut regarder. Et puis, on a le temps.
Et tout le monde trouvera une place. Mais vous qui avez travaillé à cette préfiguration de parcours sup, parce que vous comprenez que pour beaucoup de familles, même si vous dites, ce n'est pas si important d'entendre ce matin, et aussi, vous aimez dire que ce n'est pas une boîte noire, ça reste quand même une espèce de machine assez opaque qui décide du futur de leurs enfants et qui ne comprennent pas complètement.
Parce que c'est quand même très compliqué à comprendre. Je n'ai pas dit que ce n'était pas important. Je dis que c'est important, mais vous ne jouez pas votre vie définitivement. Enfin, voilà. Alors, est-ce que c'est une boîte noire ? Non, c'est une plateforme. C'est une plateforme. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, c'est simplement une plateforme sur laquelle des jeunes viennent avec des projets et il y a des formations en face. Et le but du jeu, c'est quelque part qu'elles se rencontrent. C'est ça, l'objet de la plateforme. Donc maintenant, en quoi c'est une boîte noire ? Parce que des fois, les jeunes ont du mal à comprendre.
Ce n'est pas la plateforme elle-même qui est un outil numérique. On peut le changer. On peut changer la manière dont ils se comportent. Tout est possible. Mais à la fin, ce qui se passe, et ce qui est fondamental, c'est qu'en fait, un jeune, quand il dépose sa candidature pour une formation donnée, eh bien, les professeurs du supérieur ou des universités qui se retrouvent, en fait, ils vont quelque part classer les jeunes qui viennent dans la formation. Mais vous entendez les critiques. Qu'est-ce qui ne marche pas dans votre système ? Il y a beaucoup de critiques.
Souvent, en fait, la difficulté de perception, c'est de comprendre justement pourquoi est-ce que, compte tenu des résultats que j'ai eus, pourquoi est-ce que je suis à tel endroit dans la liste et pas à tel endroit dans l'autre ?
En fait, il faut être un peu stratège. Et il y a des élèves qui sont livrés à eux-mêmes. On voit la différence dans les lycées favorisés où il y a beaucoup de soutien, beaucoup d'encadrement, des gens qui ont les codes et qui vont coacher les élèves pour aller sur Parcoursup et d'autres élèves qui ne sont pas du tout soutenus, pas du tout épaulés.
Vous avez complètement raison. Je vais revenir dans un instant sur l'orientation. Juste peut-être insister sur le fait que la question de la transparence, elle est fondamentale. Je pense qu'on a beaucoup progressé. Aujourd'hui, pour chaque formation, il y a des critères qui sont identifiés. On explique ce qu'on fait. Les professeurs expliquent les attendus, etc. Ce qui tend à expliquer les classements à la fin. Maintenant, vous avez parfaitement raison. Une question fondamentale, c'est la question de l'orientation. Ce n'est pas tellement la plateforme, ce n'est pas ce qui se joue aujourd'hui, c'est ce qui s'est joué les 3-4 dernières années.
C'est comment est-ce qu'on arrive à accompagner les jeunes au lycée pour les aider à trouver leur chemin dans le supérieur. Et ça, ça ne se construit pas, évidemment, en juin d'une année. Ça se construit dans la durée. Et évidemment, c'est une source profonde d'inégalités. Parce que quand vous êtes dans un environnement familial qui est aisé, qui a accès, qui a les codes, etc., c'est beaucoup plus facile. Mais donc, est-ce qu'il y a des moyens supplémentaires ?
Évidemment, le rôle aujourd'hui fondamental, je pense, du lycée, et c'est totalement partagé aussi par le ministre de l'Éducation nationale, c'est bien justement d'accompagner tous les jeunes, tous les jeunes dans ce mécanisme d'orientation.
Alors, est-ce qu'il y a des moyens supplémentaires ? Parce qu'en février, les conclusions d'une mission parlementaire ont fait un constat très mitigé de Parcoursup. Parcoursup a reproduit, va aggraver les inégalités socioculturelles préexistantes depuis 2018, point de cette mission, qu'il s'agisse de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur ou de la réduction des taux de réorientation et d'échec en licence.
Je m'inscris en faux contre cette analyse.
En faux ? Oui, parce que... Pourtant, c'est une mission parlementaire sérieuse.
Oui, enfin, c'est une mission parlementaire comme... Enfin, voilà, des rapports... Vous contestez les résultats ? Il y a quand même des données... Alors, dites-le pourquoi. Je vais vous dire, en fait. Aujourd'hui, à travers Parcoursup, il y a le moyen, en particulier, de favoriser les jeunes qui sont, par exemple, des jeunes qui sont boursiers. Ça veut dire que... Et on les favorise comment ? C'est simplement, quelque part, il y a des listes qui ne sont pas les mêmes entre les boursiers et les non-boursiers. Et on favorise, c'est-à-dire qu'on dit, enfin, formation par formation, tout ça est complètement transparent. Et on le voit sur chaque formation.
Et, en fait, ça permet de mesurer, en fait, combien de jeunes, par exemple, boursiers, ont accès à une formation alors qu'ils n'auraient pas eu accès à cette formation s'il n'y avait pas eu les systèmes où on les boostait. Et on voit aujourd'hui qu'il y a des dizaines de milliers de jeunes chaque année qui, grâce à Parcoursup, accèdent à des formations qu'ils voulaient alors que, justement, ils n'y auraient pas accédé, normalement. Donc, il y a un vrai effet. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce qu'il faut pousser les curseurs ? Mais ça, c'est possible, on peut en discuter. Mais, en tout cas, les outils, ils sont disponibles pour le faire.
Mais alors, comment vous expliquez que 40% des bacheliers de 2020 ont réussi à obtenir leur diplôme de licence après 3 ou 4 ans d'études en baisse de 6 points ? Il y a moins, beaucoup moins, d'étudiants qui réussissent. Comment vous l'expliquez ?
Est-ce que ce n'est pas l'échec de Parcoursup? Non, pas du tout. Je crois que ce n'est pas le sujet du tout. Le sujet, c'est derrière. Le sujet, c'est aujourd'hui. La loi nous dit que toute personne qui a un baccalauréat, baccalauréat professionnel, baccalauréat technologique, baccalauréat général, a accès à l'enseignement supérieur. La question fondamentale qu'on doit se poser, et que je ne vais pas trancher dans les mois qui viennent, mais qui, je trouve, devrait être une des questions dont on devrait parler pour la prochaine campagne présidentielle, c'est, est-ce que ça a encore du sens aujourd'hui, ça ?
C'est-à-dire que, est-ce qu'à un moment ou à un autre, on ne doit pas se demander si, véritablement, le baccalauréat, dont les taux de succès l'année passée étaient quand même de 97%, je crois, en série générale, qui sont donc extrêmement élevés, on sait tous que, voilà, derrière, est-ce que tous les jeunes qui arrivent, ils sont préparés pour faire une licence, par exemple ?
Et à votre façon de poser la question, on comprend que pour vous, non. Donc il faudrait qu'il y ait moins de bachueliques
qu'il y ait de l'enseignement supérieur ? Mais c'est l'effet, c'est quelque part, en fait, quand vous voyez, en fait, la difficulté qu'ont les jeunes, effectivement, à passer la barrière de la licence, alors probablement qu'on peut améliorer les choses et qu'on peut être plus efficace, etc., mais il y a aussi un problème, je pense, de formation initiale, et moi, je voudrais rappeler, quand vous avez un bachelier professionnel, par exemple, qui s'inscrit en licence, le taux de succès des jeunes bacheliers professionnels en licence, il est de l'ordre de 5%.
Et donc, quelque part, quand on dit aux bacheliers professionnels, venez en licence, c'est possible, alors personne ne dit ça comme ça, mais quand on...
Donc il faut redonner de la valeur au bac.
Mais il faut aussi dire la vérité aux jeunes, je n'ai rien fait. Il faut aussi dire la vérité. C'est que, par exemple, quand vous faites un bac professionnel, vous pouvez peut-être faire une licence après, mais avant, il faut faire une année de, ce qu'on appelait dans le temps, une propédotique, ou une année de formation additionnelle, pour vous mettre à niveau, pour vous donner les capacités de réussir. Il ne faut surtout pas l'interdire. Mais par contre, il faut donner, il faut dire la vérité aux jeunes, il ne faut pas être hypocrite. Et donc, je crois vraiment que ce discours de vérité, c'est indispensable, et il faut qu'on le porte.
Philippe Baptiste, vous voulez faire le ménage dans la jungle du secteur privé, et vous portez une loi qui vise à filtrer davantage, pour résumer, les écoles qui pourront avoir accès à Parcoursup. Est-ce que ça signifie qu'en dehors de Parcoursup, ce sera toujours la jungle ?
Le but du jeu, c'est de réguler par la qualité. Aujourd'hui, vous avez un étudiant sur quatre qui est dans le privé. C'est énorme, ça a explosé en dix ans. Ça a explosé. Et moi, je n'ai pas de problème avec ça. Je pense qu'il faut laisser une très grande liberté à tout le monde. Il y a la très grande majorité des formations privées qui sont de qualité ou de très grande qualité. Donc, je n'ai pas de difficulté. Par contre, avant, c'était minoritaire, on n'avait pas besoin de ces mécanismes de régulation. On voit bien qu'il y a eu aussi, marginalement, des excès.
Il y a notamment un livre qui avait pointé les dérives du secteur privé.
Et puis, il y a par exemple, vous regardez les titres de la presse, une formation qui s'appelait le Digital College qui a fermé, qui est accusé quand même de choses assez graves. Il y a eu des excès. Ils sont marginaux mais ils existent. Donc, moi, il faut que je sois incapable comme ministre de l'enseignement supérieur de réguler. Et c'est bien l'objet de la loi. C'est de donner au ministère la capacité de régulation par la qualité. Donc, c'est simplement être capable d'aller regarder dans un établissement privé donné quels sont les dispositifs qui existent et qui permettent d'assurer la qualité des formations. Et c'est ça le but du jeu. Donc, c'est simplement on régule par la qualité.
Mais donc, en dehors,
vous ne pouvez rien garantir.
Et derrière, ceux-là, ils auront accès à Parcoursup. En dehors, il y aura toujours la liberté d'entreprendre. Vous pourrez toujours faire des choses. Mais l'État, à la fois, ne mettra pas d'argent et en même temps, l'État ne le prendra pas sur Parcoursup. Mais vous dites clairement si ce n'est pas sur Parcoursup par enfouillé ou c'est plus compliqué que ça ? Alors, je pense qu'aujourd'hui c'est plus compliqué que ça mais le but du jeu c'est de simplifier et d'aller vers un message très simple qui dit en gros sur Parcoursup je vous garantis la qualité des formations en dehors, je ne sais pas.
Une question avant le fil, il faut Philippe Baptiste s'il y a une nouvelle crise à Sciences Po. Son directeur, Louis Vassy, qui incarnait le retour au calme dans cette école qui avait été bousculée par les crises, par les manifestations pro-palestiniennes, il est contesté par le corps enseignant on l'écoute il était sur France Inter tout à l'heure.
Quand je vois ça la violence honnêtement des propos qui sont tenus à mon égard on parle quand même de Vassy génocidaire Vassy assassin Vassy a du sang sur les mains et je m'inquiète vraiment pour la salubrité du débat public. Attaquer un directeur du fait des décisions qu'il prend c'est objectivement s'en prendre à l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur.
Est-ce que le directeur de Sciences Po a le soutien de son ministre de tutelle ?
Mais bien sûr et puis moi je comprends l'inquiétude qui est formulée par Louise Vassy moi je crois que l'école avait besoin de sérénité et je constate que Louise Vassy avec une politique qui est d'ailleurs la politique qu'on essaye de mener dans tous les établissements il a restauré une forme de sérénité.
Et c'est pas de l'autoritarisme
comme on lui reproche ? Mais non c'est-à-dire interdire enfin dire en gros le blocage ne fait pas la théorie du blocage ne fait pas partie du syllabus c'est pas de l'autoritarisme. Et envoyer les forces de l'ordre il y a des étudiants
qui bloquent un amphi ?
Enfin écoutez je suis désolé mais bloquer un amphi ne fait pas partie d'une formation quelconque. Alors qu'il y ait des discussions qui soient riches qu'il y ait des prises de positions politiques au sein des établissements des étudiants etc. de l'accueil de personnalités politiques c'est normal ça fait partie du débat c'est la tradition en France et moi j'y suis tout à fait favorable. Par contre les violences les blocages non j'y suis pas favorable je crois que Louise Vassier a ramené une forme de sérénité aujourd'hui à Sciences Po après qu'il y ait des dissensus que les gens contestent etc.
Tout ça c'est normal mais moi je lui fais confiance pour établir un dialogue qui soit un dialogue serein avec l'ensemble de sa communauté académique.
Donc il est pleinement soutenu par son ministre de tutelle dans un instant on va parler de l'espace parce que c'est une autre de vos casquettes vous avez notamment été président du centre national des études spatiales vous le ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur mais pour l'instant il est 8h47 et c'est l'info en une minute avec Maureen Suignard.
Les enquêteurs tentent toujours de retrouver Liana qui a disparu vendredi dans le Gers la petite fille de 11 ans connaît le principal suspect il s'agit du père d'une amie cet homme de 41 ans est mis en examen selon les informations de France Info il avait déjà été visé par deux plaintes l'une d'elles déposée l'année dernière pour viol sur une fillette de 10 ans. La loi d'urgence agricole passe un cap les députés adoptent largement le texte voulu par le gouvernement il prévoit notamment de simplifier les agrandissements des élevages de faciliter aussi le stockage de l'eau et cela inquiète les associations environnementales fin juin ce sera au tour du Sénat d'examiner le texte.
Au Koweït le trafic aérien est suspendu après une attaque contre l'aéroport international il y a plusieurs blessés selon l'armée du pays un peu plus tôt ce matin l'armée américaine a dit avoir abattu des missiles et des drones iraniens visant ses bases et ses alliés dans le Golfe. Et puis la cérémonie va débuter à 11h tout à l'heure hommage national aux Invalides pour Edgar Morin le philosophe et ancien résistant et mort à l'âge de 104 ans la semaine dernière. Avec Philippe Baptiste
ministre de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'espace on va rester encore un tout petit peu à l'université pour parler du sort des étudiants étrangers.
Parce que la mobilisation des facs se poursuit contre l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne une licence ça coûte à peu près 178 euros par an pour eux ça va coûter 2895 euros par an pour avoir une licence vous dites beaucoup monsieur le ministre Choose France mais pour beaucoup d'étudiants africains maghrébins asiatiques le message entendu c'est plutôt payer plus cher ou rester chez vous est-ce que vous assumez ce signal ?
Alors d'abord je voudrais rappeler que c'est pas quelque chose de nouveau ces tarifs ils sont fixés depuis 2019 ils étaient appliqués de manière assez on va dire aléatoire effectivement je voudrais aussi rappeler que le coût réel d'une licence aujourd'hui tourne autour de 10 000 euros pour simplifier 10-11 000 euros
l'étudiant paie
70 euros et donc ce qu'on est en train de dire aujourd'hui c'est qu'on est en train de dire on demande effectivement à des étudiants internationaux qui viennent de contribuer à hauteur de en moyenne entre la licence et le master 3000 euros pour simplifier et ça veut dire que derrière l'Etat les français contribuent eux pour la formation de l'étudiant à 7000 euros donc
c'est pas du racisme comme le point les étudiants qui sont en colère aujourd'hui
non justement on est en train de dire justement bien sûr on continue à assumer le fait qu'on contribue à la formation de ces jeunes mais par contre ce qu'on veut aussi et c'est bien l'objet de ce plan d'attractivité d'abord on assume le fait que la France est un grand pays d'enseignement supérieur et qu'on veut attirer les talents internationaux et on veut les attirer pourquoi ? c'est pour le rayonnement de la France bien sûr mais c'est aussi parce qu'on en a besoin dans un certain nombre de secteurs aujourd'hui des étudiants en sciences en technologie des techniciens si on n'a pas les étudiants qui viennent en dehors de l'UE ils viennent d'ailleurs vous avez des données là-dessus ?
c'est très unique alors bien sûr qu'on a les données et en fait il n'y a pas un seul pays qui fait plus de 10% de l'ensemble des étudiants donc ce que je veux dire par là c'est qu'en fait on a des bassins de recrutement qui sont extrêmement larges on a des croissances très très fortes dans un certain nombre de pays l'Inde par exemple donc c'est très international aujourd'hui et aujourd'hui on assume ça évidemment on veut continuer on veut continuer à les attirer donc c'est pas du tout un message de fermeture et moi je pense qu'en fait ces talents il faut non seulement les attirer il faut aussi faire en sorte qu'après une fois qu'on les a formés ils restent et ça c'est quand même une vraie difficulté aujourd'hui parce qu'il y a des difficultés de transition entre les titres de séjour entre les visas étudiants et les visas salariés donc on travaille là-dessus c'est pas du tout une mesure de fermeture par contre ce qu'on dit c'est qu'effectivement il y a un coût et qu'on demande aux étudiants d'assumer une petite fraction de ce coût et à côté de ça pardon mais à côté de ça on a des bourses on a des bourses du gouvernement français pour les meilleurs donc ça c'est aussi très significatif et aujourd'hui excusez-moi mais le fait de tenir un message quand j'entends de temps en temps en disant il faut que tout soit gratuit etc la vérité c'est quoi c'est qu'on a aujourd'hui parmi les étudiants internationaux qui viennent aujourd'hui un nombre significatif de ces étudiants qui sont en situation de très grande pauvreté ils arrivent en France alors effectivement les études sont gratuits mais ils n'ont pas de quoi se loger ils n'ont pas de quoi se nourrir est-ce que ça c'est pas aussi une forme un peu d'hypocrisie du système moi je plaide pour avoir des systèmes qui soient clairs et un système qui est clair c'est de dire vous êtes un très bon étudiant international pardon mais ça coûte 3000 euros l'année pour ces étudiants ça va être encore plus dur pour les empêcher de venir mais non mais c'est pas ça mais c'est ce qu'on dit aujourd'hui c'est si vous venez en France mais ces étudiants qui sont en situation de très grande précarité ils ne réussissent pas pardon je veux dire la vérité c'est qu'en moyenne ils ne réussissent pas donc il faut quand même avoir un discours de vérité vous voulez trier en amont
filtrer en amont
moi je veux de très bons étudiants qui bénéficieront de bourses du gouvernement français et puis je veux aussi des étudiants qui veulent venir en France et qui ont les moyens de vivre en France je veux dire il me semble que cette mesure là c'est une mesure de bon sens aujourd'hui tout simplement
Philippe Baptiste on va faire appel à une autre casquette celle de ministre de l'espace parce que Thomas Pesquet va partir pour la troisième fois dans l'espace l'année prochaine dans le cadre d'un accord entre la France et une start-up américaine on écoute exactement on écoute Thomas Pesquet il était sur France Info ce matin
comme pour mes premières missions en fait rien n'est fait jusqu'à ce qu'on soit dans l'espace donc aujourd'hui la nouvelle est sortie mais tant que je ne serai pas sur le pas de tir je pense que je n'y croirai pas complètement c'est une nouvelle page de la conquête spatiale plusieurs stations vont trouver leur place en orbite basse terrestre et puis pendant ce temps là les astronautes vont s'y aller un petit peu plus loin on parle du retour vers la lune Artemis
bon on a peu de motifs de se réjouir en ce moment Philippe Baptiste mais malgré une dette abyssale un président enfin de règne une société une classe politique divisée on peut dire que la France est une puissance spatiale majeure c'est ça que le signal que cela envoie
c'est à dire que lundi effectivement moi j'ai vu des motifs de se réjouir presque 100 milliards d'euros qui ont été annoncés d'investissements à Versailles sur Choose France et en plus de ça des investissements aussi dans le spatial et aussi une annonce effectivement vaste qui va emmener deux astronautes français en plus de Sophie Adnaud qui est déjà aujourd'hui sur la station spatiale internationale et donc voilà oui et le siège de vaste aussi qui sera en France enfin le siège européen de vaste qui sera en France donc tout ça c'est des très bonnes nouvelles ça montre aussi la dynamique qu'il y a en France sur le spatial ça montre aussi qu'on est très ouvert justement aux start-up à ce qu'on appelle dans le jargon le new space le nouveau spatial la nouvelle façon de faire du spatial avec des méthodes plus agiles et plus rapides donc vaste on est très content on est ravis pour Thomas on est ravis aussi pour Thomas qui va être aussi le commandant de la capsule premier commandant non américain d'investissement américain c'est quand même ça montre aussi la confiance que la NASA aussi a en Thomas Pesquet qui est quelqu'un évidemment d'incroyable
vous oubliez le futur Thomas Pesquet c'est ça ? bien sûr
et puis Arnaud Prost Arnaud qui est aussi très fort et qui va faire son premier vol un petit peu après et puis surtout qui va être pilote d'essai et qui va aussi quelque part travailler sur une nouvelle station nouvelle donc pas la station spatiale internationale une nouvelle station qui est en train de se créer autour de Vast et donc c'est des aventures qui sont extraordinaires
vous êtes aussi un spécialiste de l'intelligence artificielle or dans nos facs les étudiants utilisent massivement Tchats GPT qu'est-ce que vous voulez ? vous voulez l'encadrer l'interdire dans certains cas ou vous dire en fait c'est très bien et on va apprendre aux profs à vivre avec ?
alors d'abord vous savez le ministre de l'enseignement supérieur il dicte pas les programmes de l'enseignement supérieur c'est pas comme ça que ça marche il y a une forme de liberté académique qui est absolument indispensable et à laquelle je tiens beaucoup maintenant je peux vous donner mon opinion sur le sujet je pense d'abord que la première chose c'est qu'il faut expliquer à tous les jeunes et j'aurais envie de dire même avant peut-être l'université ce que c'est que l'intelligence artificielle et sur quoi ça repose et donc pour ça il faut faire un peu de science un peu de technique un peu de maths pas trop compliqué mais vous savez on peut expliquer à des lycéens moi je l'ai fait plusieurs fois des choses de base sur l'intelligence artificielle on n'a pas besoin de concepts forcément très complexes mais il faut expliquer il faut expliquer ce que c'est et comment ça marche pourquoi ?
parce que vous n'avez pas besoin d'être mécanicien auto pour piloter votre voiture par contre savoir ce que fait l'intelligence artificielle si vous ne comprenez pas que l'IA aujourd'hui elle se contente de répéter ce qui existe déjà mais c'est plutôt un problème ou c'est plutôt une nouvelle pour vous à la fac aujourd'hui ?
alors attendez on n'a plus beaucoup de temps ok deuxième point c'est qu'après je pense que ça pose des problèmes d'usage c'est à dire qu'en fait quelle que soit votre discipline vous apprenez à être journaliste et bien vous devez comprendre ce que va faire l'IA pour vous et c'est vrai pour toutes les disciplines et moi j'appelle tous mes collègues dans les universités dans toutes les disciplines mais ils le font déjà à se poser justement cette question là et aussi à en discuter avec des étudiants et personne n'a la réponse aujourd'hui parce que les évolutions sont extrêmement rapides mais par contre il faut que cette discussion elle se noue entre les étudiants entre les professeurs quotidiennement presque j'ai envie de dire pour accompagner les usages moi je ne crois pas du tout aux interdictions mais je pense aussi qu'évidemment il faut développer de l'autonomie auprès des étudiants
Philippe Baptiste c'est la question qui choisit vous êtes réputé proche d'Edouard Philippe est-ce que c'est vous qui planchez en ce moment sur le volet enseignement supérieur de son programme est-ce que c'est votre candidat pour la présidentielle de 2027 ?
vous savez moi je n'ai pas de carte de parti politique je suis un ministre de la société civile je suis là pour travailler et travailler jusqu'au bout du quinquennat pour porter des réformes que je crois mais profondément indispensables dans notre secteur on essaye d'en porter beaucoup
donc vous bottez en tout vous ne voulez pas dire que vous soutenez d'autres équipes aujourd'hui ?
j'ai évidemment mes opinions politiques j'ai un immense respect pour Edouard Philippe avec qui j'ai eu l'honneur de travailler mais avec d'autres aussi donc c'est pas le moment de... c'est pas le moment
Philippe, votre collègue à Maud Bréjean porte-parole du gouvernement était à votre place et a dit attention on a plusieurs trains lancés à toute vitesse une primaire sauvage et on a un risque de sang sur les murs est-ce que vous partagez ce constat ?
je ne sais pas je pense en tout cas qu'en tout cas il y a effectivement beaucoup de candidats et je pense qu'à un moment ou à un autre il me semble qu'il y aurait du sens est-ce que de la droite républicaine jusqu'à la gauche républicaine il y ait un peu de travail pour réduire l'offre ?
merci beaucoup Philippe Baptiste d'avoir répondu aux questions de France Info merci Paul merci beaucoup