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interviewINA Politique· 27 mars 2022 5 min

Anne Hidalgo revendique sa politique sur les transports à Paris | INA adn

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Sur le trajet de son prochain chantier, cet artisan a la boule au ventre. Le temps qu'il va passer aujourd'hui dans les embouteillages à Paris, Sylvain Varraud n'en a absolument aucune idée.

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Invité

On est obligé d'anticiper au maximum.

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Présentateur

Mais quand il s'agit de faire les comptes, les bouchons ont un prix. Ils font perdre 9000 euros tous les mois à son entreprise.

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Invité

Au-delà de ce manque à gagner, c'est quand même du temps pendant lequel on paye les salariés. C'est du temps aussi un peu de stress pour nos salariés. Parce qu'ils ont toujours cette aléa du bouchon, cette angoisse, pour reprendre le mot de tout à l'heure, du combien je vais mettre de temps pour rentrer ce soir.

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Présentateur

Les bouchons, un argument qui dissuaderait déjà un artisan sur 10 d'intervenir au centre de Paris. Trouver un électricien ou un plombier dans la capitale pourrait donc bientôt devenir le parcours du combattant. Excédé par ce montant, une association d'automobilistes interpelle la mairie de Paris sur le temps passé dans les bouchons.

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Invité

Notre mouvement s'appelle « Dis-le à Anne » et on appelle tous les automobilistes bloqués dans les bouchons à prendre leur téléphone, à connecter leur kit main-lit dans la voiture et à appeler Anne Hidalgo en direct pour lui dire ce qu'ils vivent sur la route. Votre politique municipale est-elle un handicap pour vous dans cette campagne ?

1:17
Anne Hidalgo

Vous savez, j'ai, comme beaucoup d'autres villes dans le monde, pris aussi un autre sujet qui est très très important, qui est celui de la pollution, dont les dégâts sont incommensurables, peut-être moins visibles. Mais par exemple, dans une ville comme Paris, c'est 2500 morts liées à la pollution atmosphérique par an. C'est beaucoup de coûts pour notre système de santé. Et donc, j'ai pris évidemment le pari, comme toutes les grandes villes du monde, et d'ailleurs toutes les villes du pays, de diminuer la circulation automobile, polluante notamment.

1:55
Invité

Mais au bord des axes, les Parisiens ont le sentiment que les bouchons aggravent la pollution.

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Anne Hidalgo

Oui, mais vous savez, on est à l'INA et il y a des sources incroyables, impressionnantes d'images que vous auriez aussi pu passer dans l'histoire de Paris sur les bouchons parisiens. Et donc, moi, je sais que le moment où on accomplit une transformation, où on est dans le moment de la transition, c'est-à-dire on prend conscience que la pollution, ça tue, et que ça coûte beaucoup plus cher, d'ailleurs, que tout ce qu'on peut imaginer, et que les habitants des métropoles et d'une ville comme Paris réclament de pouvoir respirer. Qu'en plus, on est à un endroit où il existe des transports en commun. Un métro à moins de 10 minutes à pied de chez vous, c'est la chance qu'ont les Parisiens.

Eh bien, la décision que j'ai prise, c'est aussi une décision qui a été validée par le suffrage des Parisiens, par deux fois. Par deux fois. Une première fois en 2014, une deuxième fois en 2020, et d'ailleurs qui m'a valu aussi beaucoup de reconnaissance, non seulement des Parisiens, mais aussi à l'international. Je pense à un certain nombre de reconnaissances, y compris à l'ONU, qui me valent et qui nous valent à Paris d'être justement dans une ville, la ville de l'accord de Paris, qui a su prendre à bras le corps cette question de la pollution, du changement climatique et de la nécessité de changer nos modes de fonctionnement.

Bien sûr que quand vous êtes dans le moment où on change, c'est compliqué. Il faut adapter, il faut ajuster, il faut trouver aussi, par exemple, des adaptations pour ce que l'on a fait, ce que j'ai fait pour tous les artisans, les accompagner dans l'achat de véhicules propres. Il y a une grande transformation de la mobilité à accomplir dans notre pays, ce que je propose d'ailleurs dans mon programme. Ce que nous faisons tous les maires des grandes villes en France et dans le monde n'est pas transposable, par exemple, dans des territoires ruraux. Donc il faut inventer d'autres solutions, permettre l'achat de véhicules électriques.

Donc ça veut dire aussi organiser sur tout le territoire l'existence de bornes et d'infrastructures permettant ces véhicules électriques. C'est mettre en place, comme je le propose, un leasing social, c'est-à-dire un accompagnement pour ceux qui vivent dans les territoires ruraux, qui n'ont pas de transport en commun, de pouvoir avoir accès à une location de véhicules électriques qui leur coûtera moins cher d'ailleurs compte tenu du prix de l'essence. Bref, ce sont des transformations absolument indispensables. Et Paris est une ville d'innovation, c'est une ville moderne qui accompagne évidemment les artisans, mais qui ne pouvait pas rester en arrière de la transformation écologique.

Ce qui s'est passé à Rome, qui est une ville qui n'a pas connu les mêmes transformations que Paris, Rome a été supplantée par qui ? Par Milan. Nous, Paris est devenue une référence mondiale qui a attiré aussi beaucoup d'entreprises qui sont venues à Paris parce que justement j'avais cette politique écologique très très très avant-gardiste et qui a montré ses résultats. Merci d'avoir regardé cette vidéo !