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interviewC à vous· 12 mars 2025 5 min

Les parisiens face aux années Hidalgo - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il sera aux côtés de ceux qui ont triomphé aux César et aux Oscars. J.Audiard sera avec nous.

Evidemment, l'Oscar de la meilleure chanson originale, signée Camille et C.Ducol. Voilà pour le programme.

Tout de suite, L'Edito de P.Cohen. 2 informations à suivre.

Vous connaissez bien Paris car vous y êtes né au siècle dernier. Vous avez établi une typologie des Parisiens face à la politique de leur maire. - P.Cohen: Politique qui a transformé Paris.

La ville que vous dirigez n'est plus la même que celle qui vous a élue maire il y a 11 ans. Votre 1er mandat de 1re adjointe, c'était il y a 24 ans, aux côtés de B.Delanoë.

Métamorphose automobile...

La pollution n'a cessé de se réduire. Ce n'est pas le seul aspect de votre politique qui fait débat. Citons la propreté, la gestion des chantiers, le verdissement de la ville.

Autant de sujets qui peuvent animer des soirées entières quand votre nom surgit dans la conversation. - A.-E.Lemoine: Ca fait déjà 2 catégories de Parisiens. - P.Cohen: La 1re catégorie: les réfractaires qui disent que Paris, c'était mieux avant.

Il y a ceux qui ne qui ne vivent pas à Paris mais qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer en Ile-de-France. 4 % seulement des déplacements intramuros s'effectuent en voiture, contre 11 % à vélo. La voiture représente encore 17 % des déplacements entre Paris et la grande couronne.

Parmi les réfractaires: des professionnels, des artisans, des livreurs et des commerçants qui se plaignent de leur perte de chiffre d'affaires. A côté de ça, il y a ceux qui approuvent globalement votre politique. Je les ai appelés les "réceptifs".

Ils vous donnent raison de vouloir chasser la voiture, mais doutent parfois des modalités de ces changements, avec des chantiers interminables. "Le Parisien" a compté ce matin 120 rues ou places où les chantiers se sont enchaînés ou prolongés depuis plus de 3 ans. Une vingtaine de rues avec un chantier depuis plus de 4 ans, ou du moins des palissades...

Ca conduit à 2 sous-catégories de réceptifs: les résignés, qui se disent que c'est un mauvais moment à passer, que la ville est en transition mais qu'elle va dans le sens de l'histoire, et les exaspérés, qui ne supportent plus la laideur de ces chantiers. Certains sont tellement exaspérés qu'ils en viennent à rejoindre les réfractaires. C'est pour ça que j'ai fait une flèche. - A.-E.Lemoine: Les réceptifs entièrement satisfaits, il n'y en a pas? - P.Cohen: Sûrement.

Il y a une catégorie à part entière: les cyclistes. Ouverture de dizaines de kilomètres de pistes cyclables. - A.Hidalgo: 1400 km. - P.Cohen: La pratique du vélo a explosé.

Les cyclistes sont les nouveaux rois du bitume, sur les pistes, ce qui est normal, sur les chaussées, souvent sans respect pour les piétons et les feux rouges, et parfois même sur les trottoirs. La police municipale a commencé récemment à verbaliser, mais les mauvaises habitudes se sont ancrées au détriment des piétons. La majorité des déplacements dans Paris se fait à pied. 53 % des trajets, 5 fois plus que le vélo.

On a donc là des réceptifs qui peuvent gonfler les rangs des exaspérés, voire des réfractaires, si on suit mon tableau. A part ceux-là, des réceptifs et entièrement satisfaits, je n'en connais pas beaucoup. Je me réfère aussi à celui qui a été votre plus proche pendant près de 6 ans: E.Grégoire.

Il écrit dans sa profession de foi: "Les transformations de Paris doivent être accompagnées d'une méthode nouvelle qui associe davantage, qui prend le temps nécessaire au dialogue, qui assume la confrontation dans le cadre d'un débat éclairé." Ca va aussi compter dans votre bilan. Je ne parle pas de la méthode, mais de votre succession.

Celle de B.Delanoë a été apaisée. Il vous avait désignée.

Cette fois, votre parti se déchire entre 2 dauphins successifs: E.Grégoire et R.Féraud. - A.Hidalgo: Réécriture de l'histoire.

La succession de B.Delanoë n'était pas si apaisée. Il ne m'a pas nommée.

J'ai été élue. - P.Cohen: Il vous a désignée. - A.Hidalgo: J'avais des concurrents.

A la fin, ils ont accepté le leadership et j'ai rassemblé mon camp. Pour être seul candidat en politique...

Maire de Paris, c'est une très belle fonction. La politique, c'est un monde de passion, avec des ambitions. Elles sont normales et naturelles.

Cette histoire est un peu un conte de fées.