Second quinquennat : Jérôme Guedj et Olivier Véran en désaccord sur le bilan des "100 jours".
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Après la désastreuse adoption au forceps de la contre-réforme des retraites, vous avez donc bricolé avec le président Macron les 100 jours. Nous y voilà. Pour quel résultat ? Vous vouliez gagner du temps pour vous-même, vous en avez fait perdre au pays et aux Français. Vous promettiez aux Français 100 jours d'apaisement, vous les avez plongés un peu plus dans l'épuisement. Épuisement face à l'inflation et à la crise du pouvoir d'achat. Épuisement social, évidemment, après la réforme des retraites. Épuisement face à la crise des services publics, de la police à l'hôpital.
Comme si cela ne suffisait pas, vous avez ajouté un épuisement démocratique, toujours plus de verticalité et la promesse enterrée de légiférer autrement, refusant par exemple nos propositions transpartisanes sur les déserts médicaux avec Guillaume Garraud, sur EDF avec Philippe Brun ou sur le Grand-Âge. Et à la place, toujours plus de 49-3. Épuisement républicain, enfin, avec votre obsession à délivrer des brevets et à rabourguer l'arc républicain. Alors la seule question qui vaille pour vous, madame, bien plus que pour vous, mais pour les Français, y a-t-il une vie heureuse après les 100 jours ?
Monsieur le député Jérôme Gage, j'ai envie de dire cher Jérôme, eh oui, parce qu'il se trouve qu'aujourd'hui, il me revient d'avoir de la mémoire pour nous deux. Monsieur le député, au bout des 100 jours, le plein emploi. Vous dites quel progrès pour les Français ? Plus de mobilité professionnelle, plus de pouvoir d'achat, du meilleur emploi, le bon emploi qui va avec le plein emploi. Monsieur le député, j'ai de la mémoire pour nous deux. Nous étions sur ces banques, nous vautions des budgets de 2 ou 3 milliards pour la rénovation thermique.
La première ministre vient d'annoncer ce dimanche 7 milliards supplémentaires qui s'ajoutent aux 25 milliards déjà engagés dans le cadre de la planification écologique. Vous et moi aurions, je le dis, je le dis, et vous vous en souvenez parce qu'au fond, vous avez de la mémoire, nous aurions salué ce type d'annonce en disant que ça allait dans le bon sens. Que vous est-il arrivé, monsieur le député, pour ne plus pouvoir le reconnaître ? Est-ce que c'est la nupécisation qui vous a rendu aveugle au progrès pour les Français ? Je me pose la question. Vous parlez de l'hôpital, monsieur le député. Nous étions dans la même commission.
Le budget annuel accordé à l'hôpital était de 18 milliards de moins que ce qu'il est aujourd'hui avec Emmanuel Macron. Reconnaissez les progrès, le dédoublement des classes, bientôt l'extension des horaires de cours. Vous y étiez favorables, je me souviens, des discussions que nous avions, l'un et l'autre sur ces sujets. Que vous est-il arrivé, monsieur le député Gage ? Ouvrez les yeux, rejoignez, rejoignez cette majorité. Il n'est jamais trop tard. Nous portons des progrès pour les Français. Vous auriez tout intérêt à vous en rendre compte. Quand vous regardez sur votre gauche, ce qu'il y a à voir ne fait pas envie aux Français. Je suis sûr que vous ne vous avez pas oublié.
Jérôme Guedj