DE « BAMBOULA & CIE » AU DIPLÔME HIP-HOP : UN SÉNATEUR RATTRAPÉ PAR SA CHANSON RACISTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Applaudissements] en 87 la marque des gâteau Saint-Michel sort une nouvelle gamme de biscuit au chocolat etappelle [ __ ] pour accompagner la sortie de ce nouvel opus ils ont décidé de créer le village [ __ ] c'est comme ça qu'à Nant et jusqu'en 94 on pouvait se déplacer dans un zoo pour aller voir des hommes et les femmes noires entre les abres et les girafes des gens venaient en famille photographier des filles qui dansaient nu parfois même sous la pluie ce terme à l'époque n'est pas anodin puisque depuis le 16e siècle déjà ce mot a une malheureuse connotation en effet selon les travaux de la linguiste marie Treps il désire une imagerie alliant la sauvagerie le cannibalisme la sexualité animale et la naïveté enfantine supposé des sal d' à noir mais ce n'en était pas assez pour les équipes de Saint-Michel puisqu'ils décideront aussi de sortir une chanson ils l'appelleront bamboulin les guerriers d'AG sont PIR que méchants ils détestent tout même les petits enfants Boula bambou arrivera-til caca [Musique] plus alors quel rapport avec la tax streaming nous avons appris que l'auteur de cette chanson raciste jeanrmont Hugonet est aussi le sénateur qui a défendu la proposition de l' au Sénat et nous voilà aujourd'hui plongé dans une situation cfcayenne si je devais paraphraser Bernard Blier je dirais qu'on navigue dans le sublime cette taxe propose de prélever une partie des fonds du bénéfice des plateformes streaming pour les reverser au CNM le Centre national de la musique qui lui est chargé ensuite de soutenir les professionnels de la musique a priori rien à dire encore qu'une enquête a été publiée sur le site de Blast et qui décrivait le fonctionnement inégal du système de redistribution du CNM cette proposition a été surnommée taxe antirap parce que c'est à la fois le genre le plus consommé sur les plateformes mais aussi celui dont les artistes reçoivent le moins de subvention certes il y a des les choses avancent et les syndicats font des espèces de communiqués de presse mais ça reste très flou en fait et la problématique c'est que les acteurs du rap eux il très souvent ils font pas partie de ces syndicats ils savent même pas ce que c'est et donc l'information n'arrive pas jusqu'à eux donc ça veut dire queil y a une partie de l'industrie et donc la partie de l'industrie qui rapporte le plus d'argent qui est comme coupé un peu de ces informations là pour moi il y a un vrai travail de vulgarisation qui n'est pas fait par les organismes aujourd'hui et qui est problématique et pas seulement pour les acteurs du rap mais pour tous les acteurs de la musique en général on le prend pour nous alors qu'en fait il s'agit pas de nous il s'agit d'une industrie il s'agit de d'intérêts financiers et rap ou pas rap eux ils sont juste là pour prendre leur argent en fait et faire le maximum de profit on se plaint des institutions mais il y a aussi l'industrie en fait et en fait c'est littéralement ça le combat c'estàdire que d'un côté tu vas avoir les institutionnels qui sont pour la taxe l'industrie qui est contre la taxe et en vérité c'est un peu les deux grands méchants loups qui sont l'un contre l'autre et nous au milieu et en fait on suit le sens du vent tu vois et c'est contre ça aussi que j'essaie de lutter pour moi l'enjeu c'est plus d'accompagner les acteurs du rap à comprendre comment une fois cette taxe mise en place ils peuvent en bénéficier en fait et pas forcément lutter compre parce que là toute façon c'est trop tard mais juste de dire ok on finance le CNM bah dans ce caslà on va aller chercher de l'argent au CNM ce n'est pas tout à fait la proposition de loi qui nous intéresse ici si la personne qui défend la taxe streaming au Sénat est aussi celle qui écrit une chanson raciste pour une célèbre marque de gâteau dans les années 90 est-ce un malheureux hasard ou peuton au contraire considérer ce lien comme un indice du rapport des institutions françaises aux cultures populaires et en même temps que la taxe streaming une autre loi concernant les activités du hiphop était proposé dans l'hémicycle parfois même par les mêmes députés cette loi que dorénavant chaque professeur qui souhaiterait enseigner la danse Hipop doivent d'abord passer par l'obtention d'un diplôme plusieurs fois présenté elle à chaque fois été largement repoussé par les acteurs du milieu Hipop je danse depuis que j'ai l'âge de 12 ans j'en ai maintenant 50 et j'ai réussi à à à progresser dans ce milieul-à sans avoir forcément de certification ou de diplôme parce que j'avais compris que c'était une danse qui nous permettait justement d'évoluer de progresser et d'avoir quelque chose si si on s'y mettait à fond et culturellement le hiph hop c'est c'est la validation de nos anciens c'est pas forcément d'avoir un un diplôme qui fait que qui fait de toi soit un bon danseur ou soit un bon enseignant on est dans vraiment dans dans quelque chose de élitiste quelque part dans le sens où on est plus dans les valeurs du hiphop elle-même qui sont qui sont bah de d'exercer ce métier librementel un autre un notre un autre chaque professeur apporte une histoire différente apporte un morceau de ce que c'est donc si on vient et on commence à dire voilà l'histoire c'est ça comme si comme ça ce qui n'existe pas chez nous euh c'est c'est problématique en fait c'est problématique on est on part de quelque chose de vivant et l'écriture a cette particularité à la différence de l'oralité c'est qu'elle arrête elle arrête le mouvement euh là où l'oralité permet de de de pouvoir de pouvoir le continuer donc il y a des choses il y a des pionniers à connaître il y a des mouvement à connaître il y a plein de choses qui sont qui et qui sont mis en valeur dans les formations qui existent déjà euh mais je ne pense pas qu'il y ait une pensée unique qui soit à diffuser dans dans tout un dans tout un territoire c'est pas possible cette fois et à la différence des précédentes années cette loi peut compter sur un appui de taille William Messi gendarme réserviste et juriste de formation cet ancien danseur connaî peut-être aussi bien le hiphop que les institutions avec on2h l'organisation nationale du hiphop qu'il a créé en 2018 il travaille en étroite collaboration avec les rapporteurs de la loi pour faire avancer le projet depuis 93 que ce sujet sur la table à chaque fois qu'il y a eu une initiative venant de l'État le milieu lui-même ne s'est pas saisi du sujet pour proposer des choses ça a toujours été on est contre on est contre dès que le texte est retiré on rentre à la maison et puis ça recommence B là on s'est dit qu'à un moment donné va peut-être falloir stopper cette cette spirale et se dire que si on est mécontent de la méthodologie appliquée par l'État pourquoi nous on ne proposerait pas quelque chose c'est la réflexion que on s'est fait en 2017 c'est que nos enfants on a aimerait qu'il continue à faire exactement ce qu'on a et ce qu'on a fait qu'il fasse des battles qu'il a des compagnies qu' fassent du street show qui fassent tout ce qui entoure la culture Hipop mais qu'il a quand même une sécurité parce qu'on sait que dans notre pays le passeport d'entrée c'est le diplôme pour beaucoup de domaines est-ce que c'est regrettable au sa de l' pas c'est un fait cette proposition ne vient pas de nulle part elle s'inscrit dans une longue tradition du rapport de domination des institut es cultures populaires et au cultures issues des populations colonisées en particulier le Hipop comme toutes les cultures issues des populations dominées est né d'une impuissance politique empêché pas moyen d'investir les champs classiques d'action citoyennes les volontés d'indépendance et les contestations s'expriment alors dans des modes d'expression culturell en 1959 le ministère des Affaires Culturelles dirigé à l'époque par André malero finance la construction de centre culturel français en Afrique dans un rapport déposé par Émile biazini administration coloniale propose d'établir dans chaque zone importante une base culturelle de départ un centre de diffusion et de rayonnement de la pensée de la culture française en d'autres termes une maison mère ils vont aller très vite en besogne dans le sens il va très vite avoir une école comme une maison mère de cette maison mère certaines personnes vont devoir mandier pour être donc les formateurs dans cette dans cette école mère tout ce qui est subvention tout ce qui est voilà c'est dans cette maison donc c'està dire c'est le plein ça s'appelle les plein pouvoirs parce que Don déà c'est ce qui s'est passé ok il y a une école à Paris qui avait les plein pouvoirs OK et donc à partir de là bah que tu habites à Lille que tu habites à Marseille ou au perpignon je suis désolé même si tu as une école depuis 30 ans tu es obligé de passer par la maison mer aujourd'hui il existe des formations des écoles qui qui donnent un C qui con un certificat diplôant d'accord et et ça existe on peut s'en contenter la culture de la façon qu'elle est née de la façon qu'elle a combattu elle ne veut pas de ton diplôme toi tu veux ce diplôme je comprends on le nous gar on n'est même pas contre toi parce qu'on on comprend très bien ce que tu veux mais ne parle pas à un notre nom parce que nous on en veut pas en fait et on te dit pourquoi parce que c'est libre de droit en fait on ne m'a jamais démontré à quel point le hiphop se développe en dehors du cadre institutionnel dans ce cas-là on se lève on prend son carton on le met dans la rue parce que tous ceux qui dans sur les cartonsah je les vois pas dès qu'ils ont pu entrer dans les théâtres ils y sont allés dès qu'ils ont pu avoir des des subventions ils ont pris ces subventions dès qu'ils ont pu sortir de la rue ils sont sortis de la rue nous on pensait que c'était une chance de de voie de professionnalisation par rapport à à à entrer dans les théâtres mais on a on a vite compris que petit à petit il fallait rentrer dans les théâtres avec une un dictact du monde contemporain de la danse contemporaine et qui voulait c'était pas de c'était pas un échange d'égal à égal c'était plutôt PL on va on va vous mettre sur les rails et vous conduire dans une voie qui va de plus en plus être scalée aujourd'hui et là en l'occurrence maintenant si tu vas voir un spectacle hip hop et ben c'est c'est clairement de la danse parce que maintenant ils l'ont nommé c'est c'est de l'hybride c'est complètement diffus il y a un peu de danse Hipop mais c'est c'est plus tel que c'était à à l'époque en fait nous on a la sensation que avec l'exemple du jazz qui a eu déjà eu son histoire avec un diplôme d'état ça a complètement brisé l'évolution d'une danse qui était vouée à à avoir une esthétique propre à elle donc voilà donc le le jazz est mort parce que le jazz la force l'énergie du jazz c'est qu'encore une fois c'était pareil tu tu aurais vu les salles de danse pleines à craquer de gens qui aimaient Fame ou ou dirty danting qu'est-ce que j'en sais tu vois le diplôme d'État a tué tout ça parce que tout d'un coup les gamins monté encore pareil monté il monter à Paris pour le diplôme d'état ils redescendent chez eux ils ouvrent des écoles enfin les parents ouvrent les écoles B la petite elle a 20 ans et B elle a le diplôme d'état qu'on met fièrement comme ça voilà au revoir le jazz c'est pour cela qu'il faut que ces acteurs participe de ces groupes de réflexion qui sera dans les centres de formation ce sont ces acteurs de haut niveau qu'on a déjà aujourd'hui c'est une opportunité pour nous de renforcer encore nos bases j'ai envie de dire donc c'est c'est des éléments qui nous motivent quand même dans ce dans dans la défense de ce texte puce que vous avez été mis autour d'une table avec des autres camarades et cetera pour discuter non c'est simple non bien sûr que non bah oui parce que si avais été consulté à la rigueur on aurit eu un discours voilà non pas du tout bien sûr que non si c'était vrai moi j'ai j'aiai pas d'intérêt à mentir parce que je m'en fous déjà et donc non non bien sûr qu'ils m'ont pas consulté bien sûr que non parce qu'il seraient déjà dès le départ que j'aurais pas été d'accord c'est en fait ils ont selon leur discours ils ont éloigné justement certains anciens parce qu'ils savaient déjà qu'on allait dire non donc du coup ça ça aurait été ce qu'on appelle un frein d'accord donc c'est pour ça qu'encore une fois si je me mets à leur place moi non plus je me serais pas consulté c'est extrêmement paternaliste venez on va vous apprendre à être des des adultes finalement et pour être adulte il faut un diplôme donc c'est oui enfin la résonance avec une dynamique coloniale elle se fait très facilement et et et c'est aussi des discours que le le le hiphop que le danou que le Crump sur lesquel ces mouvements là à travers la musique à travers le graph à travers la danse ramène de la conscience sur ces questions là donc est-ce qu'on est prêt à faire face à faire face à tout ça est-ce que dans les écoles où on va donner un diplôme d'état est-ce qu'on va parler de ces dimensions là si oui sous quel angle toutes ces questions on aurait dû y répondre avant de de positionner une loi le Hip Hop est passé en quelques années d'une musique marginale réservée au SE banlieusard au genre le plus écouté en France 80 % des moins de 25 ans disent d'écouter du rap tu imagines mettre la main sur quelque chose à plus les sanctions c'est c'est tout bon et en plus encore une fois l'État a besoin parce qu'en fait je pense que il faut comprendre l'état partout moment il y a quelque chose qui circule et qui engendre tellement de de revenus et qu' n' pas la main dessus je suis désolé ça peut pas marcher tu vois donc quelque part ils sont en train de se dire ça a assez duré au fait ça assez duré 40 ans je pense que ça va quoi maintenant il est temps pour mettre la main dessus parce quec c'est ce que les gens comprennent pas c'est que le diplôme d'état c'est qu'un prétexte pour ouvrir pour pour saacappparit tout il faut choisir c'est c'est ça que je trouve pas très honnête ça que je trouve pas très honnête dans le le raisonnement intellectuel qui a derrière tout ça il faut faire des choix faut faire des choix soit on dit c'est totalement libre mais dans ce caslà on va jusqu'au bout de la logique le Hipop est déjà institutionnalisé depuis les années 90 c'est une réalité on peut pas vivre dans un pays comme la France sans les institutions mais c'est plus une collaboration OK et encore une fois le comment on appelle ça le l'institution quelle qu'elle soit si elle s'intéresse à nous on est là tuis on vient pas de maître on est là mais mais donc du coup si si l'institution quelque part d'une manière ou d'une autre à une certaine époque nous a dit qu'on était une subculture mais dans un sens péjoratif nous à la ROR c'est bon le côté underground on aime bien ça ok ben alors justement donc du coup vous êtes une subculture c'estàd qu'en gros une culture qui n'existe pas ok donc dans cette culture qui n'existe pas aujourd'hui elle est partout dans la mode dans la musique dans tout elle est partout cette sub culture qui n'existait pas donc ça c'est quand même une institutions qui n dit au départ donc aujourd'hui comme elle est partout bah je comprends que la que les institutions s'intéressent à nous pourquoi pas avoir les alliés des institutions avec toi bien sûr ça peut toujours servir et et et bien sûr que ça sert en France mais le fait qu'un diplôme d'état est une obligation avec une mise à la soit l'évolution naturelle du hiphop je je vois pas qu'est-ce qu'il y a de naturel là-dedans en fait c'est vraiment la sensation d'un contrôle d'une culture par le biais d'un aspect de la culture qui est uniquement la danse mais quand on parle de danse hip hop ça fait partie d'une culture on ne peut pas stopper quelque chose qui est culturel cette main qui veut se mettre sur le hip hop ressemble quand même fortement à celle qui s'était posé déjà sur les pratiques culturelles des anciennes colonies les indices toujours on a retrouvé une des députées qui défendait le diplôme d'état c'est un projet de loi sur la reconnaissance du diplôme d'État de hip hop breakdce la même qui raconta à la télévision ses aventures avec un chauffeur de taxi algérien en arrivant dans votre émission j'étais dans le taxi le taxi a compris comme je téléphonais que j'étais député il m'a tout de suite demandé ce que j'avais voté ce que j'avais voté pour la loi immigration je lui ai dit pour il était d'origine algérienne et il m'a dit il s'est retourné et il m'a serré la main au feu rouge arrêtez il m'a serré la main en me remerciant c'est pas que la chanson le problème c'est surtout ce que ça nous dit sur les mécanismes parce qu'ils disent ta streaming loi immigration diplôme d'État mais peut-être qu'au fond dans leur garage avec leur groupe de rock le weekend juste pour déconner ils [Musique] disent ça se placee de [Musique] commentair
Jean-raymond Hugonet