FAIRE CLUB 2026 : Anatomies d'Architecture
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous, c'est un peu intimidant de commencer, je vais essayer d'être rapide. Ok, ça marche. Je viens de vous parler de le projet qu'on a fait nous pour faire, qui remonte à il y a quelques années, et qui a pour particularité d'être un projet qui est associé à un vrai chantier, dans la vraie vie, dans lequel on a essayé d'intégrer différentes choses qui se rapprochent de la recherche. La première chose, ça a été de faire ce chantier de construction d'une maison, qui est une maison familiale, sur laquelle il va y avoir plusieurs foyers, c'est plutôt une sorte de petit habitat groupé, à 5 minutes de Paris.
Intégrer dans ce chantier autant que possible des matériaux franciliens, c'est la première chose. Deuxième chose, ouvrir ce chantier. Donc ça s'est traduit par l'organisation de 5 chantiers participatifs, qui sont des chantiers écoles, où des participants sont venus apprendre des techniques de construction. Donc on a eu plus de 100 participants en total, et je pense autant de visiteurs, peut-être même un petit peu plus. Et troisième chose, la mise en œuvre grâce à ces chantiers participatifs de techniques non courantes.
Et ces trois points, la question, c'est qu'on les retrouve souvent dans des projets qui sont plutôt en milieu rural, périurbain éventuellement, mais en milieu aussi proche de Paris, un peu moins. Donc ça pose la question de l'adaptation, et de comment on change un petit peu les choses. Donc voilà, c'est ce... Il marche le petit déservé. Donc c'est ce petit projet-là. L'emplacement du chantier, c'est ici. Nous, on est actuellement là, donc c'est vraiment pas loin. C'est tout près du Bois de Vincennes. C'est une maison globalement en structure porteuse bois, et puis isolée en paille, et avec de la terre un peu partout.
Voilà, ça c'était l'emplacement de l'implantation de la nouvelle maison ici au fond. Je montre cette petite carte. Est-ce que vous connaissez le réseau social qui s'appelle Twiza ? On ne dirait pas. C'est le premier réseau social en France qui permet d'organiser des chantiers participatifs. On les connaît depuis plusieurs années. À chaque fois qu'on fait des présentations, on parle d'eux parce qu'ils sont totalement indispensables et incontournables sur ces questions-là. Et ce que vous pouvez voir quand même dans cette carte, c'est qu'il y a plein de chantiers participatifs un peu partout en France, mais à Paris, pas tant que ça.
Donc ça montre qu'il y avait une expérimentation, une tentative à faire à ce niveau-là. J'en parle aussi parce que si vous, en tant qu'archi, avez besoin d'organiser des chantiers participatifs dans des chantiers vous-même, si les participants adhèrent à cette association, à Twiza, ils sont couverts par une assurance chantier. Voilà, en tant que participants. Donc nous, dès qu'on fait des chantiers participatifs, on demande à tout le monde de rejoindre ce réseau. Comme ça, ils sont couverts. Sur la question du sourcing des matériaux, j'ai passé de temps pour tout détailler, mais par exemple, la question de la terre qu'on a utilisée sur le chantier, elle est assez parlante.
On a essayé de sourcer de la terre localement. On a eu trois types de terres qu'on a utilisées de différentes façons, vous allez voir après. de la terre de sites, qui est celle-ci, là, qui a pour origine le fait qu'on a creusé à côté de la maison un trou pour faire une citane de récupération d'eau de pluie. Du coup, on a conservé la terre qu'on a mise en œuvre dans le projet par la suite sous différentes formes. On a aussi de la terre qui vient de Montreuil. On a un autre projet où le voisin creusait une cave et du coup, on a négocié de lui gratter trois tonnes de terre gratuitement.
Et puis, on a aussi de la terre qui vient un petit peu de chez De Vulves, qui est, je pense, un fournisseur que pas mal de gens connaissent aujourd'hui, qui est une briqueterie artisanale à 88 km de Paris et qui, du coup, a comme coproduit, enfin, sous-produit de l'argile qu'ils vendent et dont on peut servir aussi. Petite parenthèse, quand on prend de la terre de Montreuil, il faut la faire tester par un labo parce que la pollution des sols dans ce genre de ville de première couronne, c'est partout. Et il se trouve que la terre n'était pas polluée. Voilà la même chose en carte.
Donc voilà, le premier chantier qu'on a organisé, c'était pour faire un grand plancher en terre au premier étage pour apporter de la masse dans le plancher parce qu'en construction bois, un des problèmes majeurs, c'est le phonique. Et donc, on a mis en œuvre cette technique qui s'appelle les quenouilles entre les solives. Là, vous voyez l'image avant l'organisation du chantier. Pour ce faire, il faut trois ingrédients. Donc, premier ingrédient, des bâtons, comme ça, de bois vert qui viennent du bois de Vincennes, juste en face.
Même si les habitants ne voulaient pas trop qu'on en parle, ils y sont allés avec leurs trois fils, leur vélo cargo, et ils ont récupéré après du bois délagage dans le bois de Vincennes 1,5 km de long de bois vert, comme ça. On le scie sous forme de petits bâtons. Il faut ensuite du foin. Ça, c'est un des charpentiers qui va tous les week-ends dans une ferme qui nous a ramené deux bottes de foin qui viennent de chez son voisin. Troisième ingrédient, la terre qui, en grande partie, venait soit du site, soit de Montreuil, soit de chez le briquetier. Et ensuite, après, on roule des quenus comme ça, qu'on envoie à l'étage en chaînes humaines. Et après, on remplit ce grand plancher.
Mais voilà, il faut faire... On a compté entre 1 500 et 1 700 quenus, ce qui est énormément de travail d'huile de coude. Mais on a quand même formé plus de 35 personnes, je crois, sur ce chantier à cette technique-là, en espérant que ce sera répliqué ailleurs et à commencer dans la métropole autour de Paris. Voilà, le deuxième chantier qu'on a organisé, qui est un petit peu plus conventionnel, c'était l'isolation en paille de l'ensemble de la maison. Voilà, avec tous les protocoles de test sur les bottes de paille qui ont été faits, enfin, tous ces protocoles ont été transmis, appris aux participants, etc. Voilà, on voit juste un aperçu de comment ça peut fonctionner.
Mais troisième chantier participatif qu'on a organisé un peu plus inhabituel, enfin, c'est vraiment une technique non courante. C'est une technique de partition des espaces au premier étage et au rez-de-chaussée qui sont des cloisons en terre-paille. Donc, on a récupéré toutes les chutes des bottes de paille. Voilà, et quand on fait un chantier paille, Dieu sait qu'il y en a, de la paille partout. Donc, on la récupère, voilà. Qu'on a mélangé, voilà, en très grande partie avec de la terre de site. Voilà, donc on voit tout le processus à droite de mélange. Et puis ensuite, on met sur les cloisons bois des canisses d'un côté.
Et puis ensuite, une fois qu'on les met toute hauteur, on monte des canisses en les déroulant au fur et à mesure. Et en faisant ça progressivement, on bourre l'interstice avec du terre-paille. Donc, une fois qu'on a nos magnifiques cloisons en terre comme ça, il faut ensuite les enduire en deux phases. Première phase avec des enduits terre sous forme d'enduit de corps. Donc, c'est la première phase qu'on va laisser sécher et sur laquelle on ira faire une finition après. Et la particularité de ces cloisons, et c'est vraiment une technique en courant, c'est qu'on a expérimenté des cloisons terre chauffantes, avec du chauffage très basse température qui passe dans les tuyaux comme ça, là.
Donc, c'est de l'eau à 20 degrés, quelque chose comme ça, qui est noyé dans l'enduit terre, en fait. Parce que l'ensemble de la maison est en chauffage basse température, donc il fallait trouver une façon d'avoir un catalyseur pour cette chaleur. Donc, voilà, le protocole, c'est ça. Un peu comme on fait pour un plancher chauffant, mais on le met à la verticale, on le noie dans l'enduit. Voilà, et une fois qu'on a ce résultat, là, c'est le mur, une fois les tuyaux recouverts. Et après, on vient faire une couche de... Enfin, on laisse passer 3-4 semaines le temps que l'enduit de corps sèche. Puis ensuite, on vient faire l'enduit de finition par-dessus.
Juste pour montrer les différents types de terre qu'on a mélangées. Le résultat, c'est qu'on a pris la terre de montre, la terre de deux, la terre de site, et on a fait différentes couleurs, différents mélanges pour les différentes pièces. Donc, c'était une espèce de best-of de terre française, silienne, qu'on peut voir dans la maison. C'était encore en cours de séchage. Ça, on aime, on n'aime pas, mais bon, c'est dans un cours de la maison. Et voilà, c'est une petite parenthèse, c'est juste là. Ça, c'était la maison encore en cours de chantier, là, au mois de février. Et puis ça, c'est la façade sud.
C'était il y a peut-être un ou deux mois, c'est que les feuilles commençaient à sortir sur les arbres et tout ça. Voilà. Je m'arrête là. Je dis juste que ce qu'il y a à retenir, c'est qu'on a expérimenté sur ce chantier en fait, une miniaturisation de toutes ces techniques-là pour les adapter à un milieu assez parisien qui était contraint par l'espace, contraint par le temps, contraint par les voisins chiants, comme tous les chantiers à Paris. Et que voilà, c'est ça que nous, on a expérimenté. On pourra peut-être en reparler plus tard. Voilà. Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada