Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 10 juillet 2026 8 min

Le débat RMC : Marine Le Pen sera bien candidate à l'élection présidentielle - 10/07

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, Apolline Matin, le débat. Il est 7h50, on est vendredi, le vendredi c'est le débat, la voix de droite, la voix de gauche. Bonjour Charles Consigny. Bonjour. La voix de droite, Cécile Duflo, la voix de gauche. Bonjour Cécile. Bonjour Apolline. Marine Le Pen, condamnée, mais candidate. Condamnée pour une deuxième fois par la justice, qui a annoncé cette semaine qu'elle serait bien la candidate du RN, qu'elle se pourvoyait en cassation. Est-ce qu'elle a raison ou est-ce que ça abîme la démocratie, Charles ?

0:31
Invité

Ah bah, moi je pense, soit on est une démocratie, et dans ces cas-là, les voix de recours valent jusqu'à leur épuisement, et donc Marine Le Pen est dans la phase ultime de ces voix de recours par ce pourvent en cassation, qui, s'il est rejeté, marquera la fin de la procédure en France, et si au contraire la raie cassée ouvrira un nouveau procès, soit on défend jusqu'au bout la démocratie, et dans ces cas-là, un candidat qui n'est pas condamné définitivement peut, jusqu'à l'épuisement de ses recours, être candidat. Soit on a une vision à géométrie variable de la démocratie, et dans ces cas-là, on fait semblant de défendre l'état de droit en piétinant l'état de droit.

Moi, je pense qu'elle a parfaitement le droit d'être candidate. Le droit d'être candidate, au fond, elle illustre l'état de droit, Cécile Duflo. Elle a le droit d'être candidate, ça c'est sûr d'ailleurs, elle l'est, mais ça ne veut pas dire que ça n'abîme pas la démocratie. Il faut quand même se remettre un peu les choses en place, que je pense qu'on est dans un monde, y compris dans le monde politique, où je les regarde, où en disant, mais oui, mais elle monte du courage, etc. Il y a très peu de gens qui sont condamnés en France, très très peu.

Des gens qui sont condamnés une fois dans leur vie à la prison, c'est peut-être 4% des Français, on est 96% à jamais avoir été condamnés à la prison, et à ne être jamais condamnés à la prison, c'est l'immense majorité des Français. L'immense majorité des Français, ils payent leurs impôts, ils sont honnêtes, même quand ils ont des contraventions, ils les payent. Et donc, je pense qu'il y a un petit décalage entre cette idée de ce que ça signifie, cette condamnation, cette double condamnation, parce qu'elle a été deux fois condamnée. Elle a le droit d'être encore candidate, la procédure n'est pas allée à son terme, mais elle a été deux fois condamnée, et pas pour des faits anecdotiques.

Donc, évidemment que ça pose un énorme problème. D'ailleurs, si c'était une autre condamnation, si elle avait, je ne sais pas moi, tué quelqu'un, tout le monde se dirait que c'est bizarre, même si, légalement, elle aurait le droit d'être candidate, on pourrait quand même se poser la question.

2:22
Présentateur

Charles, le droit, mais est-ce qu'elle devait le faire ?

2:27
Invité

En tout cas, je trouve ce raisonnement de Cécile Duflo un peu bizarre, parce que 99% des gens, effectivement, ne vont pas en prison, mais ils ne font pas de politique. Il n'y a qu'en politique où vous êtes perquisitionné en plein discours à l'Assemblée nationale, par exemple, comme ça a été le cas pour Olivier Véran. Il n'y a qu'en politique où les enquêteurs ouvrent vos paquets de cornflakes pour vérifier que vous ne cachez rien dedans, ce qui a été le cas pour Sibeth Ndiaye.

Il n'y a qu'en politique qu'on court le risque in abstracto et sans vraiment savoir ce qu'on pourrait nous reprocher, d'être perquisitionné à 6h du matin par des enquêteurs qui vous traitent comme si vous étiez Pablo Escobar. Donc oui, effectivement, les politiques sont...

3:10
Présentateur

Ces perquisitions dont ont été victimes Jean-Luc Mélenchon, par exemple, 6h du matin chez lui.

3:14
Invité

Souvenez-vous, par exemple, de la perquisition visant Jean-Luc Mélenchon. On s'est moqué de son attitude ce jour-là, mais ce n'est pas drôle d'être perquisitionné. Donc voilà, moi je pense qu'il y a quand même un petit tropisme des juges vis-à-vis des hommes et femmes politiques, ce qui n'empêche pas que les hommes et femmes politiques doivent bien sûr être exemplaires. Et ce que soulève le cas de Marine Le Pen, qui sont d'ailleurs des faits qui ont été reprochés aussi à Bayrou et à Mélenchon. Mélenchon n'a finalement pas été poursuivi. Bayrou, ce sont ses proches qui ont été condamnés, pas lui directement, mais ses proches l'ont été quand même.

Ça soulève la question très complexe, et qui n'est pas résolue en France, du financement politique. Parce qu'il faut de l'argent pour faire de la politique. C'est très difficile d'en faire sur le plan logistique. Et dans ces cas-là, effectivement, certains partis font des tripatouillages. Alors quand on a des élus au Parlement européen, je ne les excuse pas, mais je ne pense pas, si vous voulez, ce que je veux dire, simplement parce que je réponds à votre question et ce qu'il fallait que Marine Le Pen soit candidate.

Je ne pense pas que ce qui était reproché à Marine Le Pen dans ces faits-là, à savoir d'avoir employé des gens sur le quota du Parlement européen pour travailler pour le parti en France, Non, pas que pour le parti. Vous pouvez justifier ou pour eux, à titre personnel, à la marche, je ne sais pas, comme garde du corps. Je ne suis pas sûr que ça justifiait l'empêchement pour la principale figure d'opposition, malgré tout, en France, d'être candidate à la présidentielle.

4:37
Présentateur

Est-ce qu'il faut, Cécile Duflo, l'empêcher de faire campagne ? C'est-à-dire que les militants qui l'ont accueilli sur le terrain dans la Sarthe avec des casseroles contraignant son déplacement à devoir être écourtée, est-ce qu'il faut l'empêcher sur le terrain ?

4:50
Invité

Qu'il y ait des gens qui soient choqués, c'est normal. Et par ailleurs, je voudrais revenir sur ce que dit Charles sur les politiques, il n'y a qu'à eux que ça arrive. Mais il y a des milliers et des milliers d'élus dans ce pays qui ne sont jamais perquisitionnés. Pardon, mais il y a des milliers d'élus, eux aussi, qui sont honnêtes. Ça dépend à quel niveau. Je voudrais terminer. Oui, mais sauf que, en fait, c'est normal qu'il y ait une exigence supérieure. Moi, j'ai été une femme politique et je peux vous dire, il y a des gens qui regardaient ce que je mangeais en regardant les courses dans mon caddie. Il y a des gens qui me prenaient en photo. C'est désagréable.

Je ne vais pas vous dire que c'est agréable. Mais c'est normal à partir du moment où vous représentez les gens et où vos décisions vont peser sur la vie des gens. Ce n'est pas les juges, Cécile. Oui, d'accord. Mais du coup, que les juges fassent de façon très sérieuse leur travail sur des gens qui ont vocation à prendre des décisions qui ont du pouvoir, des décisions qui impactent la vie des gens, parfois qui donnent des leçons aussi, c'est assez logique. Je veux dire, ça fait effectivement partie des inconvénients palliés par des avantages. Mais je veux m'inscrire en fausse sur le fait aussi que la question de l'argent, c'est important.

Et c'est vrai d'ailleurs qu'après des scandales, il y a eu un financement public de la vie politique. Ce qui est vrai aussi, c'est que les campagnes présidentielles et leurs résultats sont souvent corrélés, liés au montant d'argent qu'il y a dépensé pour faire compagnie. Et ça, c'est une vraie question. Donc peut-être qu'on peut améliorer le financement de la vie politique, que chaque citoyen puisse décider par exemple qu'une part de ses impôts va à une organisation politique.

Non, je pense d'abord, souvenez-vous que Kamala Harris avait récolté plus d'un milliard de dollars de budget pour sa campagne et qu'elle a quand même perdu contre Trump qui avait récolté en tout je crois 350 millions de dollars. Non mais ça veut dire que le financement, le montant qu'on a pour faire campagne n'est pas forcément ce qui détermine à la fin le choix des électeurs et d'ailleurs, fort heureusement. Moi, je pense que tout est une question de mesure, de proportionnalité.

Je pense d'ailleurs à cet égard, même si je vois bien qu'il y a, y compris dans la population qui est en quête d'exemplarité et d'une certaine sévérité de la justice, il y a une espèce de dépit face à cette possibilité qui est laissée à Marine Le Pen d'être candidate parce qu'on se dit au fond, on peut détourner joyeusement 3 millions d'euros et somme toute, il n'y a pas de vraies conséquences.

Je pense que les juges d'appel ont jugé d'une manière assez fine en condamnant quand même et en sanctionnant quand même Marine Le Pen parce qu'il y a bien un moment où elle va devoir mettre son bracelet électronique et tourner en rond chez elle dans les Yvelines en attendant que ça passe plus les sanctions financières plus le fait que malgré tout quand vous êtes condamné ça abîme votre image sur le plan politique il y a beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui en fait ne se sont pas relevés de condamnations judiciaires donc la justice l'a sanctionné mais elle a voulu faire la juste part des choses prendre la mesure des choses en se disant que peut-être ça ne méritait quand même pas d'interférer dans une élection aussi qu'elle a été

7:38
Présentateur

les français jugés c'était écrit noir sur blanc alors pas jugé mais laisser le pouvoir démocratique et le suffrage universel c'était un des arguments effectivement des juges merci beaucoup Charles Consigny voix de droite Cécile Duflo voix de gauche pour ce débat du vendredi

Le débat RMC : Marine Le Pen sera bien candidate à l'élection présidentielle - 10/07 · Pourquijevote