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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 12 septembre 2021 17 min

Sébastien Chenu : "Si Éric Zemmour veut battre Emmanuel Macron, le mieux est de se rassembler."

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Sébastien Chenu

Bonjour Sébastien Chenu, bonjour monsieur, bonjour madame, vous êtes le porte-parole du Rassemblement National, conseiller régional des Hauts-de-France et député du Nord, en duplex de Fréjus, où Marine Le Pen va faire tout à l'heure sa rentrée politique. C'est à Fréjus qu'elle va prononcer ce matin à 11h30 son premier discours de candidate, une rentrée qui n'est pas si simple pour Marine Le Pen. Par exemple, au Rassemblement National, comment vivez-vous le parasitage de votre rentrée politique par le phénomène Zemmour qui multiplie les pics envers votre candidate ?

0:33
Présentateur

Bon écoutez, le fait qu'il y ait un candidat possible, probable, dans un couloir à la droite de Marine Le Pen n'est pas une nouveauté. Il y a eu toujours, d'ailleurs je crois même à chaque élection présidentielle, un candidat à côté du candidat du Rassemblement National ou à l'époque du Front National. Ce fut Bruno Maigret, ce fut Nicolas Dupont-Aignan, ce fut Philippe Devilliers. Avec plus ou moins de bonheur à chaque fois.

0:54
Sébastien Chenu

D'ailleurs, au RN, Louis Alliot parle d'un caillou dans la chaussure quand il évoque le cas Zemmour. Ça veut bien dire que le journaliste est devenu gênant. Je vous pose la question autrement. Du sang oeuf d'un côté, face peut-être à un risque d'usure de votre candidate. Vous le ressentez ?

1:09
Présentateur

D'abord, moi je ne ferai pas la comparaison, si vous le permettez. Vous avez d'un côté Marine Le Pen, une candidate qui rassemble à chaque élection plusieurs millions de voix, plusieurs millions de français. De l'autre côté, vous avez quelqu'un qui n'a pas encore d'ailleurs déclaré sa candidature, qui pour l'instant n'a jamais été élue et qui porte des analyses qui sont parfois convergentes avec les nôtres. Donc on a des points de convergence avec Eric Zemmour et puis des points de divergence. Mais ce ne sont pas des candidats, j'allais dire, de même calibre, de même forcément niveau, effectivement. Ils ont chacun une expérience, une vie différente, une approche des choses différentes.

1:42
Sébastien Chenu

Sans Z de même calibre, il pourrait empêcher, s'il se présentait, à Marine Le Pen de participer au deuxième tour ?

1:49
Présentateur

Ah ben la division des voix est toujours néfaste. Ça dépend de l'objectif qu'on poursuit, vous savez, quand on est candidat au présidentiel. Nous, l'objectif de Marine Le Pen, il est clairement de devenir présidente de la République, de gouverner la France et de faire changer le pays, de le protéger ou en tous les cas de lui rendre des libertés. Je ne sais pas quel est le projet d'Eric Zemmour, mais si son projet, et je le crois sincère, est de s'opposer à Emmanuel Macron, alors est-ce qu'une candidature de témoignage, aussi intéressante soit-elle, est un élément positif dans cette campagne ?

On peut en douter, moi je pense que plus on est unis, mieux c'est, plus on est rassemblés, mieux c'est. Donc si Eric Zemmour veut faire oeuvre utile et battre Emmanuel Macron pour faire une autre politique, le mieux c'est encore de se rassembler. Oui mais quand même, la ligne d'Eric Zemmour est nationale identitaire, le ton est radical. Qu'est-ce qui distingue vraiment politiquement Eric Zemmour de Marine Le Pen ? Est-ce que vous pouvez nous donner des éléments de fond, voire aussi des éléments de forme ? Oui, c'est probablement le fait que Marine Le Pen, elle, veuille rassembler, rassembler les Français.

Au-delà des étiquettes politiques, et non pas, comme l'a fait Emmanuel Macron d'ailleurs pendant ses 5 ans, les diviser. Ça c'est très fort, c'est une approche très forte finalement d'une capacité à gouverner, qui n'est pas probablement celle d'Eric Zemmour. D'accord, et sur la ligne alors ? Eric Zemmour, un candidat de rassemblement. Et puis Eric Zemmour a effectivement, vous l'avez dit, une ligne radicale. Nous, nous ne sommes pas des radicaux, nous sommes des candidats, des passionnés de la nation française, des passionnés de la République française. Et bien, effectivement, il y a là aussi une différence d'approche.

Par exemple, lorsque Eric Zemmour parle du grand remplacement, vous avez vu qu'il ne s'agit pas de l'analyse de Marine Le Pen, elle n'a jamais défendu la théorie du grand remplacement. Nous considérons qu'effectivement, la France, permettez-moi l'expression, a changé de gueule depuis 20 ans, et que si on ne fait rien, elle risque de continuer à changer de visage dans les 20 ans qui viennent. Mais ça ne procède pas d'une théorie imaginée, appliquée, pensée, étudiée pour remplacer le peuple français. Ce sont les conséquences des décisions politiques de ces 30 dernières années menées par ceux qui nous gouvernent.

Mais l'expression grand remplacement ne pose pas de problème au vice-président du Rassemblement National, à savoir Jordan Bardella. Avançons malgré tout. Face à la radicalité d'Éric Zemmour, dont vous parlez parfaitement, est-ce que le problème de Marine Le Pen, ce n'est pas justement d'apparaître désormais de plus en plus fade ? Non, je crois que Marine Le Pen est une femme d'expérience. Alors évidemment, vous les médias, et peut-être beaucoup aussi de Français, trouvent en l'arrivée sur la scène politique d'un produit nouveau, d'un candidat nouveau, un intérêt.

Et moi je peux reconnaître que c'est toujours intéressant quand quelqu'un de nouveau apparaît sur la scène politique, mais ça ne suffit pas à en faire un homme ou une femme d'État. Marine Le Pen est là depuis un certain temps, elle a l'expérience, elle est tombée plusieurs fois, elle s'est relevée, elle a repris de l'énergie. Et je crois que c'est ce chemin initiatique qui fait un bon candidat, un homme ou une femme capable de pouvoir gérer la France demain et de rassembler les Français. Je pense en cela que Marine Le Pen a effectivement beaucoup plus de solidité, de capacité et une vision pour le pays que je ne vois pas dans aucune autre candidature.

4:52
Sébastien Chenu

Si on vous entend bien Sébastien Chenu, Zemmour Le Pen, d'un côté la radicalité, de l'autre celle qui veut rassembler, et pour y parvenir à ce rassemblement, elle a quand même pas mal changé de discours Marine Le Pen. Quand elle dit désormais que l'islam est compatible avec la République, qu'il n'est pas question, plus question de soutenir Génération Identitaire, quand elle dit qu'elle ne sortira pas de Schengen ni de la Convention européenne des droits de l'homme, est-ce qu'elle n'a pas fini finalement par dissoudre les valeurs qui étaient les vôtres ? Est-ce que ce n'est pas une difficulté aujourd'hui ?

5:20
Présentateur

Marine Le Pen a une obsession qui est celle de protéger le peuple français, de protéger l'identité française. Dans cette identité, il y a aussi ce que les Français ont construit à la sphère de leur travail, le système social en particulier, et par conséquent, elle s'y attellera avec les moyens qu'elle aura. C'est-à-dire que s'il faut faire bouger les lignes, s'il faut repousser les lignes pour que les choses deviennent possibles, elle le fera.

C'est le cas effectivement, et vous le verrez si vous écoutez son discours ce matin, Marine Le Pen s'exprimera sur ses libertés, sur le respect qu'elle a aussi, évidemment, de nos institutions, mais sur la nécessité de bouger un certain nombre de lignes pour pouvoir faire en sorte de mener une autre politique. Sinon, on ne fait jamais rien. C'est d'ailleurs ce qui a piégé beaucoup de ceux qui nous ont gouvernés. Ils n'ont jamais voulu bouger les lignes, résultat, ils n'ont rien fait. Je vous donne deux exemples, et vous l'avez bien vu, c'est la nationalisation des autoroutes et la privatisation du service public de l'audiovisuel. Ça fait des années que ces débats sont sur la table.

Eh bien, Marine Le Pen, parce qu'elle en fait aussi des axes importants de son programme, ira jusqu'au bout de ses logiques, parce qu'elle considère que c'est nécessaire pour le pays, alors que les autres, pendant des années, on a entendu ces débats pendant des années, des candidats de droite et de gauche, d'ailleurs, les ont portés, n'ont jamais rien fait.

Donc, voyez, nous, ce qu'on veut, c'est repousser les limites du possible, et parfois, c'est vrai, et elle le dira ce matin dans son discours, eh bien, parfois, il faudra prendre des décisions qui feront évoluer, probablement, peut-être, ici, la constitution du pays, ici, un certain nombre d'équilibres, mais oui, l'idée est de protéger, de libérer. Rentrons dans le fond, vous parliez, là, à l'instant, de privatiser l'audiovisuel public, de nationaliser les autoroutes. Sébastien Chenu, ça ne relance pas l'économie d'un pays qui a fonctionné au ralenti pendant presque un an et demi, j'ai envie de dire.

Aujourd'hui, on en est à la relance économique de la France, avec un plan France 2030, qui devrait être présenté par le gouvernement en octobre prochain. Qu'est-ce que vous proposez, vous, au Rassemblement National ? Quelles sont vos priorités pour relancer le pays ? Comment ferez-vous ? Madame, je ne vais pas dévoiler les priorités thématiques, elles seront dévoilées au fur et à mesure de la campagne, simplement une approche. Oui, Marine Le Pen considère que notre société ne doit jamais devenir la société du flicage, la société du fichage, mais également une société qui éteint les libertés individuelles.

Dans les libertés individuelles, vous avez évidemment les libertés économiques, et elle en parlera dans son discours. Vous me parlez des deux thématiques que je vous ai proposées, on égrènera un certain nombre de propositions, qui montreront d'ailleurs que nous sommes des gens capables de gouverner, prêts à gouverner. Nous avons réfléchi à des propositions pour la France, vous voyez, nous ne sommes pas dans des incantations, nous ne sommes pas uniquement dans de la contestation, nous avançons des propositions. Celles dont je vous ai parlé ne sont pas effectivement des propositions révolutionnaires, qui vont... Relancer l'économie. Ou relancer l'économie, mais elles peuvent y participer.

Parce que la renationalisation des autoroutes, elle peut ramener jusqu'à 5 milliards. Et bien parlons de l'autre proposition... Sur l'aménagement du territoire, par exemple.

8:09
Sébastien Chenu

Parlons de l'autre proposition que vous avez évoquée ce matin, que Marine Le Pen a évoquée. Pourquoi vouloir privatiser tout ou partie de l'audiovisuel public ?

8:18
Présentateur

Vous savez, ça fait, je crois, 58 ans que l'ORTF est né. Ça fait un certain temps que notre système audiovisuel, finalement, n'a peut-être pas été réformé. On a vu apparaître un certain nombre de chaînes privées. Et puis, je pense qu'il est sain, dans une démocratie comme la nôtre, que l'État puisse se désengager en tant qu'acteur économique du secteur audiovisuel, afin d'y jouer, en fait, pleinement son rôle de régulateur. Je pense qu'il faut donner de l'oxygène. C'est pas incompatible ? C'est pas incompatible ? Écoutez, jusqu'à présent, on a vu un service public de l'audiovisuel qui peut avoir des qualités. Il en a, inévitablement.

Il faudra d'ailleurs faire en sorte de protéger l'idée de pouvoir parler des provinces, de pouvoir... Ce sera dans les cahiers des charges que l'État rédigera lorsqu'il donnera aux privés la capacité à, demain, gérer l'audiovisuel public. Mais il y a quand même besoin de se réformer. Vous voyez très bien le coût énorme, d'ailleurs, de cet audiovisuel public.

Moi, je pense que dans un État moderne, l'indépendance de la presse et des médias, eh bien, la liberté qu'on en attend n'a pas besoin de l'État pour se transformer, finalement, en patron de presse, je pense qu'à l'heure d'Internet, lorsqu'on veut accéder à de la culture, lorsqu'on veut accéder à du sport, lorsqu'on veut accéder, eh bien, on y arrive très facilement. Et que, donc, la question de l'audiovisuel public est en droit d'être posée. Je crois qu'effectivement, cette réforme de l'audiovisuel public, aujourd'hui, elle est nécessaire.

9:39
Sébastien Chenu

Alors, pardon d'être jugé parti, on va clore avec ce débat, parce que je rappelle que vous exprimez sur France Inter un service public fort, tout de même, c'est indispensable, notamment, vous parliez de liberté d'enquête, justement, indispensable, le service public pour enquêter sur les grands groupes privés qui financent la pub, les écrans pubs de ces privés, allez voir les radios et les télés privés qui ont du mal à enquêter sur les grands groupes alimentaires. Le service public, ça ne nous pose pas de problème, au contraire, c'est un service public que nous rendons aussi. Et nous en sommes, d'ailleurs, devenus la première radio de France.

10:14
Présentateur

Mais que vous défendiez votre boutique, monsieur, c'est tout à votre honneur, et que vous défendiez l'idée que vous en ayez, ça l'est tout autant. Mais imaginez bien qu'effectivement, il y a des entités, d'ailleurs, du service public qu'on pourrait continuer à soutenir. Par exemple, je pense à l'Institut national de l'audiovisuel, je pense à Arte France, on a dans le service public des outils qui sont encore, je pense, nécessaires, et puis on en a d'autres qui se font, dont l'objectif, dont la capacité est portée par le privé de façon tout aussi efficace.

Donc, moi, je crois que dans ce monde moderne dans lequel il faut pouvoir ouvrir porte et fenêtre un peu pour le regarder tel qu'il est, l'audiovisuel public doit aujourd'hui se poser la question de son existence telle qu'il est aujourd'hui. Alors, regardons les choses telles qu'elles sont, vous avez raison, est-ce que le contexte économique vous est favorable, Sébastien Chenu, à sept mois d'une élection présidentielle ? On a une bonne reprise de l'activité économique, on a une croissance forte, on a un chômage à 8% des entreprises qui recrutent. Est-ce que c'est un contexte qui peut faire gagner le Rassemblement national ?

Vous savez, madame, moi, j'ai toujours pensé que le jour où nous serions élus, il fallait que nous le soyons pour de bonnes raisons et pas pour de mauvaises raisons. C'est-à-dire qu'il ne faut pas qu'on soit élus parce que la France est à feu et à sang, notre pays traverse de grandes difficultés, elles ne sont pas uniquement économiques, elles sont également sociales, elles sont sanitaires, elles sont sécuritaires, elles sont identitaires, et je pense que c'est parce que les Français seront en adhésion avec notre analyse et avec nos propositions qu'ils nous feront confiance et aussi parce qu'ils seront en désaccord avec le bilan d'Emmanuel Macron.

Que l'économie, aujourd'hui, se porte mieux, très bien, moi je souhaite le mieux pour mon pays. Vous savez, nous ne faisons pas la politique du pire. Moi, je ne crois pas, je ne suis pas un défaitiste, je ne crois pas que notre pays ne se relève pas. Je pense que la France a d'énormes talents, d'énormes atouts, mais simplement, je pense que c'est un peuple de Lyon gouverné par des ânes, c'était, je crois, Clémenceau qui disait ça, je pense que de mauvaises politiques ont été menées qui amènent aux tensions que nous connaissons.

Alors oui, que la vie économique se porte bien, mais on l'a déjà vu dans des années précédentes, ça n'a pas d'ailleurs permis la qualification, forcément, sous le nom de Lionel Jospin, de gens qui étaient des sortants et qui étaient dans une économie florissante. Je pense que les Français sont attachés à autre chose. Ils sont attachés au fait de pouvoir continuer à vivre en France tel qu'ils aiment le faire. Ils sont attachés à des grands équilibres. Ils sont attachés à pouvoir continuer à aller à la chasse et s'ils ont envie d'aller à la chasse. Bref, ils sont attachés à ces grands équilibres, à cette identité, à ce que la France est et au fait que la France ne doit pas mourir.

Nous sommes là pour ça.

12:49
Sébastien Chenu

Le tout résumé avec un slogan sur les affiches de campagne de Marine Le Pen « Liberté, liberté chérie » avec des S à liberté à chaque fois, référence à l'hymne national. Cette référence à la liberté, c'est une main tendue vers la droite libérale que vous avez pourtant combattue en devenant le premier parti ouvrier de France.

13:10
Présentateur

Moi, je crois que la liberté qui fait partie du triptyque républicain, ce n'est pas la propriété de la droite ou de la gauche. Si vous imaginez cela, ça voudrait dire que vous imaginez que l'égalité et la fraternité sont la propriété d'autres, moi, je ne crois pas du tout. Je crois que la liberté, c'est ce qui nous permet de faire le reste, finalement, de participer à l'égalité et à la fraternité. Donc, les libertés, vous savez, elles sont multiples.

La liberté, j'en parlais, c'est la liberté d'aller et venir, c'est la liberté d'être protégé dans son pays, c'est la liberté de prescription quand on est médecin, c'est la liberté syndicale, et là, on peut tutoyer des thématiques de gauche, voyez-vous. Est-ce que ça vaut aussi, Sébastien Cheney,

13:49
Sébastien Chenu

est-ce que ça vaut aussi pour la liberté du corps que revendiquent les antipasses ?

13:54
Présentateur

Oui, moi, je crois que la liberté du corps, vous savez, les combats qui ont été menés dans notre pays pour que les femmes soient libres de leur corps, la liberté vaccinale, c'est-à-dire d'avoir le choix ou pas, en tout cas, en particulier dans cette période de Covid, est une liberté à laquelle nous sommes attachés et c'est vrai qu'on a vu le président de la République prendre lui-même des libertés avec les libertés des Français. On a l'impression d'un président de la République qui est un libéral en économie mais qui est autoritaire sur les libertés des Français. Eh bien, nous, on sera probablement un peu l'inverse. On sera probablement bien moins libéraux en économie, bien moins libéraux.

La renationalisation des autoroutes en est un exemple, mais vraiment bien plus respectueux des libertés individuelles.

14:34
Sébastien Chenu

Je reviens sur les antipasses parce qu'on n'a pas très bien compris la stratégie de Marine Le Pen. Pas question, dit-elle, de les blâmer, mais pour autant, pas question d'aller manifester à leur côté. Pour quelles raisons ?

14:44
Présentateur

Oui, mais écoutez, je crois que, vous savez, Marine Le Pen, et elle l'a démontré dans un certain nombre de moments de la vie politique, ne participe pas aux manifestations parce qu'elle laisse les gens libres parce qu'après, d'ailleurs, on imagine tout de suite qu'on serait taxé de récupération. C'était le cas d'ailleurs des Gilets jaunes, de la manif pour tous. Marine Le Pen ne participe pas aux manifestations. Elle laisse les Français se décider et décider de ce qu'ils ont envie de faire.

En revanche, cette hypocrisie du pass sanitaire, ne doit pas faire oublier justement la casse ici d'un service public, celui de la santé, la baisse des lits d'hôpitaux, le mépris des soignants, leur rémunération parfois indigente. Oui, effectivement, nous nous considérons que derrière cette mécanique du pass sanitaire contre laquelle nous avons voté, derrière cette obligation ou cette capacité à faire en sorte que des Français puissent perdre éventuellement leur travail, eh bien, la liberté non seulement doit primer, mais il y a une autre politique qui doit être menée, une autre approche sanitaire qui doit être menée.

Vous savez, dès le premier jour, fin janvier, Marine Le Pen disait à Agnès Buzyn, interpellé Agnès Buzyn qui lui parlait en écho de tourisme. Après, on va s'étonner qu'Agnès Buzyn doive rendre des comptes dans les heures qui viennent, mais oui, nous nous considérons que nous pouvons faire autrement, que nous pouvions faire autrement et nous l'avons prouvé. On sent que les lignes bougent en permanence. Aux dernières élections municipales et régionales, du coup, vous avez quand même perdu une partie de votre électorat qui n'est pas venu voter. Comment est-ce que vous espérez le remobiliser très rapidement ? Quelle stratégie ? Nos électeurs ne sont pas allés voter pour les autres.

Voyez-vous, c'est déjà ça. Je pense que le président de la République, lui, ne devait pas être tellement satisfait du résultat puisque ses électeurs sont allés voter en masse pour les sortants. Oui, mais il faut regarder aussi ce que font les autres. C'est un contexte global. Eh bien, nous, nous considérons que nous sommes à un tournant politique, que les Français sont un peuple politique, que l'offre politique qui les a bernées pendant ces cinq dernières années est en train d'être découverte. Et nous avons donc une autre offre politique à faire valoir. Merci.

16:35
Sébastien Chenu

Merci à vous, Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National, conseiller régional des Hauts-de-France et député du Nord, en duplex de Fréjus. Merci et bonne journée. Il est 9h20.

Sébastien Chenu : "Si Éric Zemmour veut battre Emmanuel Macron, le mieux est de se rassembler." — Sébastien Chenu · Pourquijevote