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interviewBACKSEAT· 24 mai 2025 55 min

Prêt pour les présidentielles ? avec François Ruffin

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Je disais donc, désormais candidat à l'élection présidentielle de 2027 à travers une élection primaire dont nous allons parler évidemment. François, je me permets de te tutoyer, tu as donné une interview à Libération parue hier dans laquelle tu as annoncé cette volonté d'organiser une primaire geyser de Poutou à Hollande. Ça surprend, il y a quand même beaucoup d'éléments là-dedans. Qu'est-ce que tu appelles une primaire geyser ?

0:23
François Ruffin

Il y a une question qui est la question du départage, mais il y a une question qui m'est beaucoup plus cher, c'est celle du débordement. C'est-à-dire ? Comment on fait pour retrouver des gens par millions ? Là, on est dans un temps où le pays est dans l'apathie, dans la résignation, dans l'abattement, dans le découragement, et c'est encore pire à gauche. Et il y a une constante dans mon parcours, c'est de chercher le chemin, la source, avec mon bâton, qui va nous permettre de faire surgir de l'énergie dans le pays. Quand je fais merci patron et nuit debout au moment de la loi travail, c'est pour faire surgir de l'énergie dans le pays.

Quand on fait la fête à Macron, et derrière, il y a plus longtemps le mouvement des Gilets jaunes, ça fait surgir de l'énergie dans le pays. Quand le 9 juin au soir, il y a, au moment de la dissolution, on dit front populaire, c'est dans l'espoir, comme on jette une bouteille à la mer, de faire surgir de l'énergie dans le pays, qui va faire pression sur les partis, et qui contraindra l'Union.

1:13
Présentateur

Est-ce que ton modèle, c'est la primaire victorieuse de 2011, celle qui a mené François Hollande au pouvoir ? C'est la seule primaire, à ma connaissance, qui a permis l'élection d'un président de la République.

1:22
François Ruffin

Je ne suis pas né avec un désir de primaire, ça ne m'a jamais fait rêver. Maintenant, la question que je pose, c'est quoi d'autre ? Qu'est-ce qu'on a d'autre pour remettre des millions de personnes en mouvement, et en mouvement vers un chemin d'espoir et peut-être de victoire ? On a aujourd'hui une gauche qui joue en deuxième division. Comment on fait pour qu'elle joue la Ligue des Champions et qu'elle puisse l'emporter ? Moi, je pose un chemin. Vous savez, c'est Roosevelt qui disait, le pays ne nous en voudra pas d'avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Je pense que là, il y a quelque chose à essayer. Pourquoi ?

Parce qu'il nous faut un chemin de réunion, on ne va pas se retrouver avec cinq candidatures.

2:06
Présentateur

Qu'est-ce que tu réponds à ceux qui te disent qu'une primaire, c'est une machine à perdre ou à choisir le plus mou, type François Hollande, bon exemple, et ça ne sert à rien de faire une primaire, on a déjà Jean-Luc comme candidat. C'est des critiques que j'entends beaucoup depuis que tu as annoncé ça.

2:20
François Ruffin

Tu vas en annoncer d'autres. Tous les obstacles, je vois les dizaines d'obstacles qu'il y a sur le chemin de cette primaire et sur le chemin de victoire de la gauche. D'abord, la question que je pose, c'est quoi d'autre ? Quoi d'autre pour qu'il y ait des millions de personnes qui se saisissent de ça et qui fassent pression sur les partis pour qu'on se réunisse ? Et ensuite, il n'y a pas de loi de l'histoire comme quoi la primaire accouche du plus mou. Benoît Hamon n'était pas le plus mou des candidats en 2016. François Fignon, dans un autre registre, n'était pas le plus mou des candidats à droite. Maintenant, je ne le dis pas, je le dis, pour moi, il n'y a pas d'idéal de la primaire.

On a une situation historique particulière. La situation historique particulière, c'est Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Aujourd'hui, ils sont donnés gagnants. Et à nouveau, on a un chemin qui n'amène pas à la gauche au deuxième tour. Et si jamais elle est liée avec le candidat qui a fait le plus fort la dernière fois, c'est la garantie de la défaite. Jean-Luc Mélenchon, c'est la garantie de la défaite ? Oui, c'est la garantie de la défaite. Enfin, qui veut prendre le risque aujourd'hui ? Je vous prends la question. Est-ce que vous voulez prendre le risque d'un deuxième tour ? Jean-Luc Mélenchon contre Bruno Retailleau, Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?

Tu parlais de débordement, ça peut marcher. Révon, je te demande... Oui, Révon, si tu veux.

3:29
Intervenant

François Ruffin face à eux, c'est un autre scénario.

3:32
François Ruffin

Et François Ruffin, c'est mieux ? Je ne dis pas François Ruffin, je dis quelqu'un qui est issu d'une primaire qui a rassemblé des millions de personnes, qui a des points d'appui dans le pays et qui apparaît comme étant plus central dans la gauche, plus rassembleur dans la gauche. Léa ?

3:44
Intervenant

Vous parliez de primaire, de sorte à faire pression sur les partis. Donc vous imaginez un dispositif qui s'organise hors parti, je suppose ? Et après, j'aurai une deuxième question dans la foulée, s'il vous plaît.

3:54
François Ruffin

Vous savez, à l'intérieur de chaque partie de gauche, aujourd'hui, il y a des identitaires et il y a des unitaires. Et il y a des gens qui peuvent être traversés par les deux. Un désir d'identité de leur parti et un désir d'unité. Et il s'agit de s'appuyer sur les unitaires de chaque parti. Il y a des partis qui vont venir autour de, ça a été dit, de Lucie Casté, ce qu'elle organise. Il va y avoir du mouvement à gauche.

4:14
Intervenant

D'accord, mais qui organise cette primaire ?

4:15
François Ruffin

Dans l'idéal, puisque Lucie Casté se propose comme étant notre première ministre futative permanente, d'une part, et d'autre part, étant un point de rassemblement, un point de convergence de la gauche, des clés peuvent être entre les mains de Lucie Casté.

4:29
Intervenant

Donc Lucie Casté organise la primaire, vous êtes candidat, pour quelle partie, quelle étiquette ?

4:34
François Ruffin

Est-ce que cette primaire, ça doit être un candidat par partie ? Je ne pense pas. Il peut y avoir du débordement. Et ensuite, moi, j'ai un autre sujet. C'est comment on répond aux idées de gauche dans le pays ? Aujourd'hui, on le voit sur le terrain médiatique, il n'y a pas une idée de gauche qui perce. On est sur la défensive, on est sur le reculoir en permanence.

4:52
Intervenant

On reviendra après, si vous voulez bien, justement sur les idées, sur le fond, on avait prévu toute une séquence là-dessus. Je voulais rester sur la primaire et sur la méthode. Je trouve qu'il y a quand même un petit paradoxe à vous entendre et à vous lire dans Libération, parce que c'est surtout ça qui m'a mis la puce à l'oreille, de voir qu'effectivement, vous êtes fervents, vous êtes presque moteurs de cette union. Vous dites qu'il faut faire pression sur les partis, qu'il faut un candidat ou une candidate unique pour que la gauche puisse se remporter. Et lorsqu'on vous pose la question frontalement, qui va remporter cette primaire, vous dites que c'est vous.

Donc, d'une part, vous dites qu'il faut se reposer sur le choix des électrices et du peuple de gauche, en quelque sorte, des sympathisants et sympathisantes, qu'il faut un débordement. Mais par ailleurs, vous nous laissez entendre que le game est plus ou moins plié. Moi, quand j'entends ça, je me dis que c'est paradoxal, il y a une certaine forme de contradiction. Et du coup, j'ai envie de vous demander c'est quoi votre... Qu'est-ce que ça dit de votre candidature ? Qu'est-ce que ça dit de votre méthode et de votre stratégie ?

5:46
François Ruffin

D'abord, ce que je dis dans le papier de libération, c'est j'y vais pour l'emporter. D'accord ? Ce qui est traduit en une, je l'emporterai. Et ma mère m'a écrit un message en disant mais c'est pas du tout toi, François. Voilà. Parce que c'est pas du tout dans mon état d'esprit de donner les résultats à l'avance. Par contre, si...

6:02
Intervenant

J'y vais pour l'emporter ou je l'emporterai, c'est quasiment la même chose. Pardonnez-moi.

6:05
François Ruffin

J'y vais pas pour perdre, ça vous surprend ? Ça vous surprend que je m'inscrive là-dedans et que j'y aille pour gagner ? Bah oui, j'y vais pour gagner. D'accord. Donc c'est vraiment déterminé. Quand je vais dans... Je me présente en candidature dans la Somme face à l'Assemblement national qui à chaque fois est à l'élection nationale 10 points au-dessus de la gauche à l'élection d'avant. À chaque fois, j'y vais pour gagner, j'y vais pour l'emporter. J'y vais pas pour perdre, donc j'y vais pour gagner.

6:29
Intervenant

Donc du coup, pour gagner, pour remporter cette primaire dans cette perspective-là, c'est quoi votre stratégie ? C'est quoi votre méthode ?

6:36
François Ruffin

D'abord, il y a faire exister cette primaire et ensuite, il y a, pour moi, comment on réussit à déborder du cadre de la gauche classique et amener des gens, amener des gens à cette préélection, amener des gens ensuite à la vraie élection qui ne se reconnaissent plus dans la gauche depuis des années.

6:55
Intervenant

Vous la définissez comment la gauche classique ?

6:58
François Ruffin

Je dis qu'aujourd'hui, le métallo d'Arcelor, je dis qu'aujourd'hui, la femme de ménage d'Amian Or, comme je suis marqué par les rimes, je dis que l'auxiliaire de Vicky se fatigue, je dis que le chariste de Martigues, aujourd'hui, ils n'ont pas comme point de repère automatique la gauche et qu'il faut aller les chercher. Cette gauche classique ? Oui, c'est pas seulement l'extrême droite, ça peut être l'abstention, ça peut être la résignation, mais ils ne sont plus là. On les a perdus. Si on ne les retrouve pas, on n'aura pas 51% au deuxième tour de la présidentielle.

7:26
Intervenant

Donc vous vous posez en opposition à cette gauche classique, donc la gauche que vous proposez, elle ressemble à quoi ?

7:31
François Ruffin

Je ne me mets pas en opposition, je dis qu'il faut aller chercher ceux qui nous manquent, ceux qu'on a eus avec nous pendant des décennies et qu'on a perdus. Il faut aller les chercher. Ça veut dire qu'il faut parler aux femmes des ménages et leur dire avec nous vos heures du matin elles seront payées double. Ce qui veut dire que l'entreprise elle aura deux choix, soit elle vous réintègre en journée, vous n'aurez plus à vous lever à 4h du matin, soit vous aurez une meilleure paye à la fin du mois.

Ça c'est de dire à l'auxiliaire de vie avec nous il y a une garantie d'avoir le SMIC au minimum, des salaires minimums que vous n'avez pas, avoir des horaires corrects et pas des petits bouts de contrat le matin et le soir et de parler de ces métiers-là et de parler des conditions de vie, d'existence des gens dans leur concrétude et qu'ils sentent que c'est à eux qu'on parle, qu'ils se reconnaissent et que du coup ça fasse qu'ils reviennent dans normalement le camp qui est le camp du travail qui défend les salariés et qui est la gauche. Malek ?

8:35
Intervenant

Tu dis très souvent que toi sur ta circonscription tu as trois fois le Rassemblement National. Si on prend la dernière élection législative de l'année dernière on peut dire que tu dois un peu ta survie au retrait des macronistes il y a une représentante des jeunes avec Macron notamment qui je crois d'ailleurs contre l'avis de son parti au niveau national s'est retiré. En quoi tu peux toi être justement le grand gagnant avec cette strate et justement avec ton passif sur son territoire ?

9:04
François Ruffin

D'abord deux fois la première fois j'ai gagné en éliminant dès le premier tour de candidat du Rassemblement National alors que celle qui sortait première à l'élection présidentielle dans ma circonscription c'était Marine Le Pen et on a fait diviser son score par deux en un mois. La deuxième élection malheureusement le candidat à la candidature s'est tellement ramassé que ça a ouvert la voie à la candidature qu'on a fait 61-39 alors que à l'élection présidentielle d'avant à nouveau c'était Marine Le Pen qui sortait en tête et qui sortait majoritaire au deuxième tour. Donc saluer ça quand même. Et l'an dernier sans les macronistes qu'est-ce qui se passe ?

Et l'an dernier et bien on a fait ce qui s'appelle un deuxième tour ça veut dire qu'il faut gagner le premier tour il faut se qualifier au premier tour mais oui au deuxième tour il faut qu'à la place de faire fuir les gens du centre et bien entre eux ils y vont pas de gaieté de coeur et les maires de ma circonscription il y a un certain maire qui était des maires plutôt de droite mais ils se disent bah non entre l'extrême droite et François Ruffin malgré tout on choisit François Ruffin parce qu'on choisit un républicain

10:07
Intervenant

Qu'est-ce qu'il faut faire pour les sédures justement ce centre ? Il y a des compromissions quand même à faire non ?

10:12
François Ruffin

Il y a zéro compromission j'ai pas changé quel était mon propos sur le fait qu'il fallait que les salaires augmentent qu'il fallait taxer les dividendes qu'il fallait la fin des contrôles d'identité il y a eu zéro changement de proposition en revanche je l'ai dit et je l'ai expliqué pour moi depuis des années et je n'ai pas envie de revenir là-dessus mais il y a un changement de ton je considère qu'il y a un ton qui est un ton d'épouvantail qui fait fuir les gens qui les effraie et il y a un ton qui peut être plus consignant et qui peut les attirer

10:41
Intervenant

Emilien ? Il y a encore une question de cette méthode de la primaire j'ai vu dans l'interview que vous proposiez 10 idées par candidat est-ce que c'est la réponse un peu évidente est-ce que c'est 10 idées tout court ou est-ce qu'il y a un programme sur lequel on se met d'accord comme le PS l'avait fait en 2012 est-ce que c'est celui du NFP si ce n'est pas celui du NFP exactement comment est-ce qu'on le renégocie donc finalement la question c'est est-ce que c'est le groupe engagé par cette primaire qui parle à tous les gens que vous évoquez ou est-ce que c'est chaque candidat candidate qui va elle-même faire ce travail de propagande

11:16
François Ruffin

je l'énonce dans l'entretien à Libération pour moi il y a une base qui est le programme du Front Populaire il ne s'agit pas d'en faire une bible mais enfin la base elle est là et les grandes orientations elles sont là donc on ne touche pas trop et ensuite il peut y avoir des apports personnels des idées originales du débat qui est créé autour de ça voilà et je le redis il y a quand même un enjeu aujourd'hui à comment on fait pour aller reparler au pays avec des idées de gauche parce que pour l'instant on est dans l'entre-soi quand on en parle ou dès qu'on va dans les médias on est condamné à être sur la défensive je pense qu'on va y venir longuement ensuite mais à venir parler des idées de Gabriel Attal ou de Bruno Rataillot et bien je pense que une primaire c'est un temps où la famille se rassemble au moins pour débattre ensemble et aller débattre devant les gens partout dans le pays et c'est un chemin à retrouver

12:05
Présentateur

est-ce que vous imaginez la possibilité que comme pour la primaire populaire en 2024 en 2022 pardon on puisse voter pour des candidats qui ne sont pas candidats justement

12:15
François Ruffin

je pense que enfin je dis les modalités doivent être le moins folkloriques possible je souhaite que les candidats aient rassemblé 100 000 signatures

12:26
Intervenant

ah oui donc vous organisez la primaire vous avez des idées quand même relativement claires

12:30
François Ruffin

je propose il faut mettre des choses sur la table vous arrivez pas les mains vides enfin voilà donc je pose des choses sur la table les gens ils sont d'accord ils sont pas d'accord on en discute mais il y a quelque chose dont on peut discuter donc qui est candidat les gens qui ont rassemblé 100 000 signatures de citoyens qui ont rassemblé les signatures de 250 maires voilà pourquoi pour que ça soit pas une primaire folklorique mais je redirais qu'il faut retenir une leçon quand même de la primaire populaire malgré son côté bricolé amateur à la fin il y a 500 000 électeurs 500 000

13:01
Présentateur

500 000 participants à la primaire populaire oui effectivement

13:04
François Ruffin

alors que

13:05
Présentateur

c'était difficile de faire plus disons contenu alors je suis d'accord 500 000 c'est assez impressionnant pour un truc organisé de briquet de broc ceci étant on a vu le résultat c'est à dire une candidate qui n'a pas eu les 500 signatures de maires et in fine parce que j'en ai été un communiqué

13:21
Intervenant

qui appelle à voter Jean-Luc loin du sein imaginez c'est ça qui arrive vous seriez pas content

13:28
François Ruffin

si jamais il y a des points d'appui dans les parties et qui vont arriver et il y en aura c'est pas si jamais il y aura si il y a déjà le maire de Montreuil Patrice Bessac qui a dit moi je suis pour qu'il y ait une primaire il y a des voix qui s'élèvent pour dire qu'ils sont pour une primaire donc ça veut dire que les 500 000 on va largement les dépasser on sera à 1 million on sera à 2 millions de personnes on part à une candidature à la présidentielle avec 2 millions dans une base de données 2 millions de numéros de téléphones et 2 millions d'adresses mail ça fait déjà un bon point de départ en termes de logistique il y a autre chose vous organisez moi je suis pour une primaire physique la primaire populaire c'était juste sur internet maintenant je pense qu'il faut toujours offrir aux gens il faut des moyens aussi

14:09
Intervenant

financiers

14:09
François Ruffin

il faut une ambition et une ambition l'argent vous allez chercher l'ambition pour moi c'est un bulletin de vote un bureau de vote par canton pourquoi ? parce qu'aujourd'hui il y a des endroits entiers où la gauche a disparu et bien au moins les gens de gauche se rassemblent pour organiser ça et qu'on ait un bureau de vote physique par canton et vous retrouvez un maillage du territoire il faut voir de quel point on part mais tout ça ça se fera pas sans vous l'enjeu pour moi le seul enjeu c'est comment je remets les gens qui sont là les gens qui sont derrière leur écran comment on leur redonne un peu la main

14:44
Intervenant

les 2 millions le mailing de 2 millions c'est basé sur quoi ? c'est un objectif c'est un objectif

14:50
François Ruffin

la première populaire elle fait 500 000 de manière un peu bricolée enfin il faut le rendre en bas je la limite mais je pense que si on s'organise un peu plus en amont qu'on pose des dates et ainsi de suite on peut arriver à 2 millions ma question en fait elle est permanente c'est comment je remets les gens il y a 9 millions de personnes qui sont allées voter et le 7 juillet au soir c'est terminé c'est les 4 chefs de parti qui se réunissent et qui se mettent en accord-désaccord pendant 15 jours pour enfin aboutir à une première ministre et depuis ce temps-là où est la voix des 9 millions de personnes elle a disparu il s'agit de retrouver le chemin qui les remet dans le jeu et on n'aurait jamais eu l'union l'an dernier quand même alors j'ai sauvé ma peau mais c'est pas seulement moi qui ai sauvé ma peau entre guillemets parce que vous savez je peux avoir une vie revenir à mon métier que j'adore de journaliste sans problème mais j'ai sauvé mon siège et surtout ça n'a pas été conquis par le rassemblement national mais c'est le cas pour moi c'est le cas pour plein de personnes dans le pays vous auriez une majorité bardée là dans l'hémicycle s'il n'y avait pas eu cette union des forces de gauche le 9 juin pourquoi elle s'est produite ?

Elle ne s'est pas produite parce que les partis l'ont bien voulu elle s'est produite parce qu'en 24 heures il y a eu 400 000 personnes qui ont signé une pétition parce qu'il y a eu des manifestations devant le siège des partis et que ça a mis une pression mais quand je dis front populaire c'est que je me souviens du front populaire de 1936 en 1934 comment il y a le premier chemin vers l'union il y a un cortège place de la nation avec des gens de la CGT et des gens de la CGTU c'est-à-dire des socialistes d'un côté et des communistes de l'autre et qui dans les deux cortèges se mettent à crier unité, unité, unité et c'est cette pression populaire qui amène à l'union donc si jamais moi aujourd'hui le souci c'est pas que les chefs de parti répondent je vois des titres c'est pas ça le sujet le sujet c'est est-ce qu'il y a quelque chose qui se met en branle dans le pays ça va plaire à Adèle que je dise mais en branle

16:41
Présentateur

ça va beaucoup la faire marrer non mais tu dis je comprends ton idée de dire il faut la primaire la plus large possible évidemment donc de Poutou à Hollande ok moi j'en vois deux énormes absents de cette primaire d'entrée de jeu c'est Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann est-ce que le but de cette primaire c'est de choisir le troisième homme ?

17:00
François Ruffin

on est à ce point là on verra comment les choses évoluent selon qui se met dedans selon quelle est la pression

17:08
Présentateur

je pense que Raphaël Glucksmann

17:09
François Ruffin

ou Jean-Luc Mélenchon peuvent ? oui je pense que Raphaël Glucksmann oui Jean-Luc ça sera plus compliqué et ben voilà moi je dis la porte est ouverte mais ça sera plus compliqué

17:19
Intervenant

on reprend le scénario de la primaire populaire vous vous retrouvez admettons faisons un peu de politifiction moi j'aime bien ça m'amuse pas mal vous vous retrouvez candidat de cette effervescence de cette primaire de la gauche Jean-Luc Mélenchon décide tout de même de se présenter vous sentez que finalement ce que vous portiez à savoir l'union de la gauche cesser la division etc est quand même en contradiction avec le fait de garder votre candidature est-ce que comme Christiane Taubira vous appelez à voter Mélenchon

17:49
François Ruffin

est-ce qu'on va avoir oui ou non est-ce qu'il va y avoir non est-ce qu'il va y avoir une candidature commune où c'est possible est-ce qu'il y aura une candidature unique de la gauche en 2027 non mais je vous dis avec deux candidats on a encore des chances de se qualifier pour le deuxième tour

18:07
Intervenant

donc en fait vous seriez peut-être comment dire moteur de cette désunion finalement alors que l'ambition initiale

18:15
François Ruffin

est d'être dans l'union si on y va comme ça vous n'aurez pas deux candidats vous en aurez cinq d'accord et c'est peut-être un minimum cinq donc là le sujet c'est comment on fait pour qu'au moins il y ait une chance d'accéder au deuxième tour et je ne sais même pas si une candidature unique unique est absolument souhaitable mais en revanche il y aura match il y aura match parce que Jean-Luc il a sa légitimité issue de son score de la dernière fois et qu'il ne s'agit pas de contester et qu'en revanche je dis en cas de deuxième tour que c'est la défaite assurée et il y aura match parce qu'il y aura un candidat issu de cette primaire qui aura deux millions de personnes qui auront voté pour lui en tout cas qui se seront qui se constitueront une base et bien ensuite il y aura un match pour jouer les demi-finales avant de jouer la finale

19:02
Présentateur

On t'a interrogé en tant qu'initiateur et premier candidat à cette primaire maintenant on aimerait aussi t'interroger sur le candidat à l'élection présidentielle on te connait François Ruffin on te connait sur ton discours sur les exclus de la société t'es assez bien identifié dessus on te connait un peu moins bien sur les questions sociétales alors que se pose la question en ce moment de la fin de vie alors que des questions se posent sur les discriminations c'est quoi ta candidature sur les questions sociétales où est-ce que tu veux emmener la société ?

19:33
François Ruffin

vous savez la question c'est pas soit tout seul comme président de la république c'est quelles sont les forces sociales qui vont l'appuyer mais moi je vais porter comme c'était la quatrième mesure puisque moi les dix mesures je les avais faites dans ma circonscription la quatrième mesure c'était la fin des contrôles d'identité donc voilà on pose une direction qui dit il n'y a plus de contrôle d'identité il n'y a plus de demande de papier quand il n'y a pas de délit qui est constaté ça c'est une chose après moi je me positionne pour le changement de genre possible en mairie sans avoir à passer devant un tribunal j'ai pas de difficulté à dénoncer des choses qui sont pour moi des évidences à gauche Malek

20:15
Intervenant

j'ai entendu à ce moment on allait pouvoir parler justement du modèle que tu nous proposes j'ai du mal en fait à voir une vision globale et c'est pour ça que c'est bien de t'entendre on est d'accord pas d'accord on a Jean-Luc notamment qui parle de Nouvelle-France qui le théorise qui l'explique toi ta divergence avec LFI ça a toujours été de dire je te cite les bourgs et les tours ok et moi malheureusement quand je t'entends j'ai très souvent de tendance de parler pour les bourgs et les bourgs si tu dois parler au tour qu'est-ce que je dois entendre parce que laisse-moi te dire que quand tu me parles de mesures sur les contrôles d'identité je suis très content je me suis encore fait contrôler lundi soir franchement je serai le plus heureux du monde but le problème est systémique il est beaucoup plus grand que ça qu'est-ce que tu nous proposes comme modèle de société ?

21:04
François Ruffin

moi je propose je suis bonheuriste ça veut dire que je pense qu'il faut remettre le bonheur

21:09
Intervenant

comme Fabien

21:11
François Ruffin

il faut remettre le bonheur comme mot qui soit pas interdit en politique idée neuve en Europe je le dis parce que il faut voir le moment qu'on traverse le moment qu'on traverse c'est un moment d'obscurité et où il y en a qui ont pour projet de mener la société vers des temps plus obscurs et c'est énoncé par alors on a Trump on a Musk mais l'idéologue c'est Ravir Milley qui vient nous dire qu'est-ce qu'il veut il veut que le nord écrase le sud il veut que les hommes écrase les femmes il veut que les blancs écrase les racisés et il nous dit qu'il faut revenir en arrière sur la révolution française les lumières et même l'humanisme de la renaissance et bien moi je pense qu'il nous faut renouer avec l'humanisme de la renaissance les lumières la révolution de 1789 qui pose comme principe qu'il doit y avoir une possibilité de bonheur pour chacun il y a un obstacle au bonheur qui est quand même très régulièrement le porte-monnaie donc c'est les questions sociales les questions de salaire qui doivent pas être négligées et il y a des obstacles au bonheur qui sont les discriminations sur la couleur sur la religion sur le genre ces discriminations là elles existent elles doivent être levées alors après on peut faire on peut y aller vers une série de mesures mais en tout cas l'orientation qui est donnée c'est celle-là

22:25
Intervenant

et moi maintenant ma question et je pense que tu t'attends à cette question parce que de toute manière si je ne te la pose pas je commets un impair

22:32
Présentateur

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23:01
Intervenant

À l'automne dernier tu as parlé d'une honte sur le fait de parler différemment au centre-ville d'Amiens qu'aux Noirs et aux Arabes de Damien Nord Si je veux moi encore une fois t'amener sur le modèle de société que tu me vends et sur justement moi je suis ok pour les bourgs et les tours à condition que le et soit en majuscule Comment tu me parles à moi si je suis un jeune justement d'Amiens Nord et que tu me vends ton projet de société parce que encore une fois le bonheur c'est cool mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? François Ruffin

23:36
François Ruffin

D'abord le bonheur vous savez tu sais quand on regarde quelles sont les priorités des français en quartier populaire ou en dehors des quartiers populaires les cinq premiers thèmes qui viennent ce sont les mêmes le logement la santé le travail l'éducation et c'est sur le sixième thème qu'il y a une différence qui apparaît puisque d'un côté c'est la police en quartier populaire et de l'autre côté c'est l'immigration donc la question c'est est-ce qu'on centralise sur ce qui va déchirer le pays ou bien sur tout ce qui peut le rassembler sur la masse de ce qui peut le rassembler Si tu centralises

24:11
Intervenant

alors pourquoi tu avais deux tracts différents ?

24:14
François Ruffin

D'abord malheureusement tu sais c'est pas moi seulement qui ne mettais pas et ce n'est pas pour l'année dernière c'est pour il y a des années qui ne mettais pas la photo de Jean-Luc Mélenchon dans les campagnes parce que ça ne passe pas ça ne passait plus ça ne marchait pas et il y a des tas de candidats qui se sont retrouvés à faire la même chose parce que ça ne passait plus T'as des noms ?

Il y en a des noms qui sont parus dans la presse je ne vais pas livrer à les camarades mais voilà malheureusement vous regardez le résultat des dernières élections législatives regardez où est-ce que les députés insoumis se sont fait dégager c'est dans tous les endroits de campagne Après la stratégie de la France insoumise c'est de mettre le paquet sur les quartiers populaires Très bien mais comment moi je dis la nouvelle France moi je veux la France en entier d'accord ?

Moi si tu me théorises et que tu m'expliques tu me déroutes la France en entier Il faut la France en entier moi je veux les quartiers mais je veux le reste aussi je ne peux pas accepter que dans une région comme la mienne qui est de tradition communiste socialiste de pendant un siècle on a envoyé des députés de gauche à l'Assemblée nationale hors centre-ville je suis le dernier député de gauche de tous les Hauts-de-France je lutte contre ça je lutte pour que la gauche elle reste ancrée dans des terres populaires qui ne sont pas seulement les quartiers et je le dis en menant la même campagne en 2024 dans les bourgs et dans les tours Léa ?

25:34
Intervenant

Vous parliez tout à l'heure vous avez mis le doigt sur quelque chose d'assez fondamental et on en parlait avant votre arrivée en plateau la question du débat public et voilà de ce qui va se passer en 2027 quelle va être la gueule du débat pour le dire un peu un peu clairement vous dites qu'il faut reprendre la main sur le débat public que c'est fondamental j'ai le sentiment que ça fait quand même pas mal d'années qu'on échoue et je mets on je dis la gauche parce que par ailleurs les forces médiatiques entre autres mais aussi financières etc. ne sont pas forcément en notre faveur qu'est-ce que vous faites pour que on reprenne la main du débat public ?

26:13
François Ruffin

vous savez il y a des occasions qui sont manquées il y a des fois où on perd sur notre propre terrain pour moi en 2022 le débat il est sur notre terrain on est dans l'après-crise Covid la crise Covid a monté a montré le caractère essentiel d'invisible dont on ne parlait pas auparavant il pouvait y avoir sur les métiers que j'ai cités précédemment quand je disais auxiliaire de vie femme de ménage cariste camionneur et ainsi de suite il pouvait y avoir une grande campagne qui cible qui mettent ces métiers-là en lumière et c'est des métiers que vous allez à la fois dans les bourgs et dans les tours ça n'a pas été fait alors que le terrain il était fécond pour ça donc moi il y a toujours une bataille d'habitude je viens avec un bouquin je viens avec un film pourquoi ?

parce que dans les médias c'est le moyen d'amener le débat sur votre propre terrain et pas aller jouer sur le terrain de l'adversaire et donc le sujet c'est comment on fait et moi pour poser un certain nombre de questions qui sont des questions de gauche et qu'on va pouvoir amener dans le débat public mais je crois que c'est déjà possible de déplacer le débat public et de ne pas considérer comme une fatalité qu'il va y avoir que les propositions de Bruno Retailleau qui vont être discutées et celles-là il faudra les affronter

27:27
Intervenant

alors c'est pas impossible ça c'est sûr ce n'est pas évident pour autant c'est un combat effectivement parce que on voit bien que sur les dernières élections on s'est un peu échoué pour le coup est-ce qu'il ne faudrait pas une proposition forte un peu comme le revenu universel je me souviens de Benoît Hamon c'était quand même une proposition qui avait été pas mal débattue et qui lui avait permis de se positionner bon avec le score qu'il a fait certes mais tout de même ça avait permis pendant un temps de mettre ça sur le devant de la scène est-ce que vous vous avez parmi vos dix propositions d'ailleurs j'aimerais bien les connaître si elles sont déjà prêtes une proposition phare qui pour vous pourrait être fédératrice mais qui pourrait effectivement permettre à la gauche de reprendre la main sur le débat public

28:13
François Ruffin

dans le débat public je vais pas vous la livrer ce soir d'accord c'est dommage je peux vous livrer des choses qui me paraissent être de nécessité publique mais voyez une proposition comme le revenu universel il faut quand même mesurer avant de la porter si elle passe ou non dans les classes populaires et elle est pas passée la question du travail de vivre de son travail de bien vivre de son travail et de non pas en survivre est une question qui demeure clé dans les classes populaires de notre pays et le revenu universel n'est pas passé et donc moi je pose la question je pose des principes en tout cas bien vivre de son travail et bien en vivre la question de donner un sens donner un sens à son travail ça suppose la démocratie au travail par exemple moi je suis pour une extension de la démocratie qui doit pas être vous savez il y avait un gilet jaune sur lequel il était marqué faire l'amour une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie sexuelle voter une fois tous les 5 ans ça n'est pas une vie démocratique et bien je pense qu'il doit y avoir une consultation

29:11
Intervenant

si je propose

29:13
François Ruffin

l'idée d'une primaire c'est que je pense qu'il doit y avoir des consultations qui doivent être beaucoup plus régulières et qu'il doit y avoir le référendum d'initiative citoyenne mais par exemple qu'il y ait de la démocratie

29:22
Intervenant

délibérative ou pas ?

29:24
François Ruffin

Tout !

Les 4 modalités je vais pas vous les réciter mais on en parlait on en parlait avant dans l'émission Moi je suis favorable à ce qu'on offre ce nouvel outil là au peuple je le dis comme ça il y a une question du rapport entre le politique et la société entre le pouvoir et la société est-ce qu'on pense que le pouvoir parce qu'il y a Ruffin un autre un bon copain une bonne copine qui est à l'Elysée que même il y a du monde d'humanistes de féministes d'antiracistes d'écologistes dans les ministères et à l'Assemblée est-ce qu'on pense que comme ça ça va suffire pour changer la société je vous dis j'y crois pas je crois pas ça je crois qu'on arrive à changer la société avec la société il y a des grands moments où on arrive à faire des choses parce qu'on a fait mûrir la société

30:11
Intervenant

Donc il faut remettre à plat la constitution il faut une nouvelle constitution une assemblée constituante

30:17
François Ruffin

qu'est-ce qu'il faut ? Le Front Populaire ça a marché pas seulement parce qu'il y a une victoire dans les urnes parce qu'il y a eu un mouvement dans la rue c'est comme ça qu'on a eu les 40 heures et les congés payés quand Ambroise Croizat fait la sécurité sociale en 1945 qui est une espèce d'utopie réelle pourquoi il peut le faire ?

Il aurait été traité de fou sinon mais pendant un demi-siècle il y a eu des mutuelles il y a eu des fédérations il y a eu des caisses d'entraide qui a construit du déjà là qui a fait qu'il y a eu du déjà là dans sa société qui fait qu'il n'y avait plus que entre guillemets le fruit à cueillir mais il était déjà mûr il y a des fruits qu'on doit faire mûrir quand par exemple on fait une proposition de loi sur les vacances avec des membres de tous les groupes parlementaires pour dire voilà tous les gamins doivent pouvoir partir en vacances l'été être encadrés et ainsi de suite le fait de dire que à Trappes ou à Poitiers ils le font déjà en payant 10 euros ça fait que les gens ils nous écoutent ils disent mais c'est pas des fous s'ils le font à Trappes à Poitiers pourquoi on ne pourrait pas le faire partout ailleurs dans le pays donc je pense que on doit considérer que le pouvoir politique il est là non pas pour inventer la société mais il est là pour permettre au meilleur de la société d'accoucher or aujourd'hui on a des dirigeants politiques qui sont là pour faire accoucher la société de son pire

31:32
Intervenant

ah ouais du coup il va vraiment nous expliquer la méthode parce que c'est intéressant

31:35
François Ruffin

je ne dis pas comment faites-toi une grande

31:38
Intervenant

consultation citoyenne

31:39
François Ruffin

je ne vous explique pas seulement la méthode je vous la mets en oeuvre quand j'essaye de mettre les gens en mouvement autour d'une primaire c'est la première étape d'un réchauffement du pays je me demande qu'est-ce qu'il y a d'autre pour remettre les gens en branle et pour faire qu'ils se saisissent de quelque chose mais évidemment il va falloir qu'il y ait des maïfs parce que en face de nous quand on aura le pouvoir il va y avoir le Sénat qui va venir dire je crois que ça ne va pas être possible il va y avoir le MEDEF qui va venir dire je crois que ça ne va pas être possible il va y avoir la Commission européenne qui va venir dire je crois que ça ne va pas être possible et le seul moyen de lever ces obstacles-là ça sera le peuple ça sera le peuple en manif mais ça sera le peuple par exemple il nous faut des états généraux la fiscalité voilà et derrière si ça bloque il nous faut un référendum qui dit oui vous avez raison mais la seule manière de faire lever les obstacles et qu'on n'ait pas des micro-changements mais qu'on ait des grands changements ça sera un appui populaire ça veut dire un appui aussi sur ce qu'ils font les associations font les élus locaux font il y a les syndicats qui font il faut qu'on réchauffe la société et qu'on fasse traverser ça d'une espérance la gauche ne gagne pas à froid mais elle change encore moins la société à froid

32:50
Intervenant

Emilien ?

Oui j'ai une question sur les sujets pour lesquels vous êtes le plus identifié les questions de travail et sur le côté structurel un peu des propositions j'ai entendu ce que vous disiez sur la question des erreurs des femmes de ménage et effectivement je n'ai pas du tout le côté très important concret immédiat des changements pour elles mais la question c'est est-ce que c'est pas un peu pansement de même vous parliez de démocratie d'entreprise je crois que vous proposez un tiers de salariés dans le conseil d'administration ça reste minoritaire la question c'est c'est quoi la grande transformation structurelle dans le monde du travail qui change la structure on va dire de l'économie tout comme du point de vue social la sécurité sociale a pu être en 45

33:37
François Ruffin

je veux dire la démocratie dans le travail pour moi je vois la démocratie parce que je crois vraiment que c'est la remise on sortira la société de sa torpeur seulement si on remet les gens avec du pouvoir entre les mains c'est pour moi une démocratie par le haut je dis un tiers de salariés au conseil d'administration mais je dis un tiers d'ONG d'élus locaux de représentants d'associations de consommateurs et ainsi de suite qui viennent représenter des intérêts différents et un tiers de représentants du capital donc voilà pourquoi ?

parce qu'on a des multinationales aujourd'hui qui ont un poids considérable sur leur territoire sur les sous-traitants sur l'économie en général et qu'il n'y a pas de raison que 100% du pouvoir soit laissé simplement aux détenteurs du capital bon ça c'est une chose mais je dis démocratie par le bas ça veut dire quoi ?

ça veut dire que la personne dans son atelier dans son bureau a raison d'une demi-journée par mois et a la possibilité de se réunir sans sa hiérarchie avec c'est pas la possibilité avec ses collègues et de décider de qu'est-ce qui va qu'est-ce qui va pas dans l'organisation et de faire remonter ça avec un pouvoir comprégnant de manière à ce que les gens retrouvent la parole vous savez faut voir de où on part moi je veux bien peindre une société idéale moi j'ai un enjeu j'ai un enjeu c'est que ça fait 40 ans qu'on est dans le grand bond en arrière d'accord et ça s'accroît là avec un grand bond en arrière réactionnaire donc je souhaite montrer un vaste horizon mais simplement si on pouvait mettre le coup de talon au fond de la piscine si on pouvait remettre la société dans le sens de la marche avant plutôt qu'en permanence dans le sens de la marche arrière j'en serais déjà bien content vous voyez et simplement le droit à la parole les gens se taisent il faut comprendre que les classes populaires ont peur elles ont peur elles ont peur dans leur quotidien elles ont peur en particulier sur le lieu de travail et la possibilité d'ouvrir sa bouche simplement de dire des choses sur son travail ça existe pas aujourd'hui donc il y a un espoir c'est un espoir que vous connaissez le beau texte de Simone Veil quand on était dans les usines automobiles au moment du front populaire elle dit à ce moment là c'est comme si ce qu'on avait comprimé pendant des années et des années d'un seul coup c'était un ressort et un ressort d'espérance qui se levait je cherche le chemin qui va permettre de faire sauter ce ressort d'espérance

35:56
Présentateur

un autre sujet dont on a déjà parlé dans la première partie de cette émission c'est la situation humanitaire catastrophique à Gaza la volonté d'occupation voire de destruction de la bande de Gaza par Benyamin Netanyahou et son gouvernement on voulait t'interroger sur ce sujet aussi notamment qu'est-ce qui t'a fait évoluer sur ta position sur la qualification du génocide en décembre dernier tu disais je cite on n'en est pas là qu'est-ce qui a changé ?

36:19
François Ruffin

ce qui a changé d'abord c'est la qualification par les instances internationales elles-mêmes et la rapporteure des Nations Unies a évolué sur la question et passé de risque génocide directement Amnesty International également mais vous savez au-delà de la qualification je veux bien mais il y a et ce que je réclame parce que là depuis le début qu'il y a des sanctions c'est ça alors lesquelles on cible qui ?

36:45
Présentateur

on cible qui si on fait des sanctions sur Israël ? déjà la remise en cause je suppose de l'accord de

36:49
François Ruffin

je suis pour un embargo sur Israël comme on l'a fait sur l'Afrique du Sud le temps de l'Apartheid tant que tu n'auras pas à cesser le feu je suis pour que pour tous les soutiens du gouvernement de Benyamin Netanyahou qui soit culturel parce qu'on a vu ce chanteur venir même projeter des odds à l'armée israélienne en plein cœur de Paris il y a 48 heures maintenant que les soutiens de Benyamin Netanyahou qui soient sportifs qui soient culturels et encore davantage politiques soient privés de visa pour les territoires européens et je dis moi de mon côté j'étais privé de visa je devais aller en Israël et en Palestine pour rencontrer des amis de gauche là-bas des deux côtés et bien on nous a interdit d'y aller pourquoi on leur permet à eux je suis pour qu'il n'y ait pas la possibilité pour Benyamin Netanyahou de survoler le territoire l'espace aérien français or on lui a permis ce survol du territoire français donc il y a des mesures très concrètes très directes qui peuvent être prises par la France évidemment je suis pour qu'on ait une résolution aux Nations Unies qui disent cessez le feu à Gaza et qui disent fin des colonies en Cisjordanie et que ça soit la France qui réclame cette session extraordinaire du conseil de sécurité je suis évidemment pour la reconnaissance de l'état de Palestine vous savez je rencontrais l'ambassadeur de Palestine en Espagne puisque j'avais fait un voyage là-bas l'an dernier puisque c'est l'un des premiers pays qui a reconnu enfin qui a émis le souhait de reconnaître la Palestine comme état l'ambassadeur de Palestine me disait faites tout pour que la cause de notre pays ne soit pas la cause d'un camp ne soit pas la cause d'un parti mais soit la cause de toute l'humanité et je crois que c'est à ça qu'on doit ouvrir

38:37
Intervenant

Malek je veux vraiment qu'on revienne sur cette bascule sur le mot génocide parce qu'en réalité désolé de te dire qu'en décembre dernier juridiction internationale organisation parlait déjà de génocide et en réalité le fait que tu bascules moi je le vois c'est bienvenu mais merci c'est peut-être un peu tard mais merci mais je vois que tu es dans ce mouvement où même le président de la République est en train d'évoluer sur le sujet moi maintenant sur les sanctions j'ai l'impression qu'il y a plus ou moins tout le monde est plus ou moins d'accord sur la demande des sanctions maintenant c'est comment déjà on les met en place mais surtout explique-nous d'où vient justement cette bascule parce qu'il y a un an il y a un an on ne t'entendait pas comme ça François

39:14
François Ruffin

tu m'entendais sur la même chose sauf sur la qualification mais je dis la même chose mais même le 7 octobre d'accord le 7 octobre le jour des attentats terroristes commis par le Hamas je dis ma compassion pour les victimes mais je dis attention ce qui va arriver pour les palestiniens avec ce gouvernement d'ultra droite pour les populations civiles palestiniennes c'est le pire qui puisse arriver

39:39
Intervenant

c'est vrai François mais sur les élections européennes par exemple alors que c'est aussi un sujet européen sur les élections européennes tu reprochais aussi un petit peu à la France insoumise de parler de Gaza là où les autres d'ailleurs ne le faisaient pas

39:49
François Ruffin

je n'ai jamais reproché à la France insoumise de parler de Gaza je dis simplement qu'il doit y avoir d'autres thèmes aussi comment on s'adresse au pays comment on fait pour que le pays tout entier se reconnaisse et donc il y a évidemment j'ai fait 157 tweets pour dire mon indignation face à ce qui se passe en Palestine avec une évidente un évident désir que non seulement il y a un cesse-faux je veux dire j'ai reçu les comités populaires de Palestine j'ai soutenu l'Uno Roi quand ils avaient leur interdiction d'accéder à la bande de Gaza voilà donc maintenant je l'ai fait depuis le 7 octobre et depuis le 7 octobre en me disant il ne doit pas y avoir d'hémiplégie dans l'humanité il y a les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne on est d'accord moi je demande simplement est-ce qu'il y a cette pleine humanité et je vois parfois une demi-cécité Léa

40:52
Intervenant

moi je voulais revenir un peu sur vous président et du coup j'élargi un peu aux questions internationales parce que je trouve ça assez intéressant parce que c'est quand même un comment dire une chaise gardée un peu du président de la république déjà première question vous aujourd'hui à la place d'Emmanuel Macron par rapport à ce qui est en train de se passer et on peut le qualifier de génocide sans avoir peur à Gaza qu'est-ce que vous faites très concrètement genre vraiment quelles sont les actions que vous mettez en place et par ailleurs quelle est votre position sur un certain nombre de sujets notamment internationaux par rapport vous avez parlé pas mal des barrières douanières en étant plus ou moins favorable à avoir une riposte assez forte face à Donald Trump et pourquoi pas remettre des tarifications douanières etc voilà quel est un peu votre projet en tout cas

41:40
François Ruffin

il y a deux choses différentes quand même mais je vais vous le redire Emmanuel Macron a toutes les cartes en main pour mettre en moins sur les marchandises françaises un embargo en fait ce qu'on fait sur Poutine et l'Ukraine face à la Russie qu'on fasse la même chose sur Netanyahou et Israël qu'il n'y ait pas de deux poids deux mesures parce que le deux poids deux mesures il a des conséquences multiples d'abord évidemment c'est un abandon de la perturbation de Gazaoui dont il faut dire aujourd'hui c'est pas seulement deux millions de déplacés c'est deux millions d'affamés qu'on est en train de construire et entre eux ce qu'on compte on compte tous les jours le nombre de personnes tuées sous les bombardements malheureusement ça va être la pointe apparente d'un iceberg parce que ce qui va tuer les gens ça va être les maladies ça va être la difficulté d'accéder à la nourriture et d'accéder aux médicaments c'est déjà le cas donc ce qu'on a fait pour la Russie on peut le faire et on doit le faire parce qu'il y a cette première conséquence là il y a une deuxième conséquence que vaut la voix de la France mais que vaut la voix de l'Occident dans les pays du Sud qui aujourd'hui se disent bah attendez ils nous demandent ils disent qu'il faut intervenir face à Poutine qu'il faut que c'est c'est une grande affaire et ils font rien face à Gaza et moi j'ai un souci de paix civile aussi de paix civile dans notre pays où on a à la fois la première communauté juive d'Europe et la première communauté musulmane ça veut dire que si jamais le président de la république si jamais le gouvernement il montre pas qu'il est juste sur une affaire comme celle-là et bien ça crée des tensions intérieures à notre pays et donc je pense que pour toutes ces raisons-là Emmanuel Macron a des leviers pour agir je l'ai dit il peut embargo sur Israël refus de visa pour les soutiens du gouvernement de Netanyahou et cession extraordinaire devant les Nations Unies tout en continuant à réclamer la libération des otages du Hamas

43:40
Présentateur

en attendant la primaire et l'élection présidentielle pardon excusez-moi le libre-échange alors si je pars

43:45
François Ruffin

sur le libre-échange là on est parti pour longtemps mais allons-y une dernière question vas-y

43:49
Intervenant

vous pouvez faire court sur votre vision du libre-échange parce que c'est vrai que je vous ai entendu sur France Inter récemment en disant qu'il fallait clairement remettre en place des tarifs d'Agné qu'il fallait une réponse assez forte à ce qu'était en train de faire Donald Trump voilà je voulais avoir un peu votre avis hors et dans l'Union Européenne parce que du coup ça a aussi une conséquence sur la place de la France au sein de l'Union Européenne

44:09
François Ruffin

je veux vous dire que ce que je raconte le plus souvent c'est pas comme si je l'improvisais dans la semaine qui précède parce que j'ai eu la chance d'avoir une vie avant de faire de la politique et j'ai eu 20 ans pour écrire des bouquins tous azimuts et donc il y a une constante chez moi oui je souhaite des taxes aux frontières des barrières douanières des quotas d'importation si et c'est même pas à l'égard des Etats-Unis au vérité aujourd'hui le gros souci il demeure à l'égard de l'Asie et en particulier de la Chine qui est en surcapacité de production déjà et qui là en plus va se voir fermer le marché américain et va faire rebasculer toutes ces marchandises sur le continent européen ce qui veut dire quoi ?

ce qui veut dire qu'on a eu la fermeture de la dernière usine de fabrication de panneaux voltaïques photo watt d'accord ? normalement c'est une industrie d'avenir nécessaire pour l'écologie et bien notre dernière usine à fermer c'est pareil en Allemagne mais c'est à peu près toutes les usines qui souffrent de cette manière là et ça va être pire dans les temps à venir oui je considère que face à ça il nous faut des régulations ont fait que le libre-échange est une machine à dumping c'est une machine à dumping sociale c'est une machine à dumping fiscale c'est une machine à dumping environnemental et même c'est une machine à dumping démocratique pourquoi ?

parce que c'est comme si les multinationales mettaient en permanence un couteau sous la gorge des gouvernants en disant mais attendez si vous relevez vos normes environnementales si vous nous taxez plus on va partir et bien oui contre ça je demande à l'Union Européenne d'avoir une politique de protection vous savez même je crois que le verbe protéger est le verbe qui attendent le plus les français moi je voudrais qu'on soit les protecteurs je pense que protéger c'est important et ensuite il y a ce qu'on peut faire au niveau français au niveau français je pense qu'on peut faire un by French Act que la commande publique soit dirigée en priorité tous France c'est bien aussi tous France tous France c'est attirer le capital américain on a déjà un tiers de nos industries qui est aux mains d'actionnaires anglo-saxons est-ce qu'on pense qu'il en faut plus ?

moi je crois pas je crois qu'en revanche on a 2000 milliards d'assurance vie dans notre pays et que la grande question d'Emmanuel Macron devrait être de se demander comment on fait pour mobiliser le capital national pourquoi faire dans quelle direction ?

46:24
Intervenant

Malek ? je voulais aussi qu'on parle de François Ruffin député parce qu'avant d'être futur président de la république il y a quand même un mandat de député à finir depuis alors tu fais partie de ce qu'on a appelé communément les purgés je mets des guillemets et depuis tu sièges dans le groupe écologiste et social puisque le nom du groupe a changé comment ça se passe dans le groupe ? comment ça se passe depuis un an ? d'abord je tiens à dire

46:49
François Ruffin

que je me suis auto-purgé j'ai fait un choix tu as appuyé sur le bouton voilà donc je veux dire le souci aujourd'hui c'est le rôle de l'Assemblée nationale mais qui était déjà un souci auparavant pour le coup elle revient sur le premier plan l'Assemblée alors on a je dis la chance d'avoir le projet loi fin de vie aujourd'hui parce que c'est un vrai projet et qui interroge sur le sens de la vie de la mort bon et donc il y a un projet intéressant mais hors dehors de ça Jean tu regardes les textes qui passent à l'Assemblée non mais je suis d'accord c'est pas dingue c'est pas dingue je veux dire posons les choses autrement c'est que le monde est dans un temps de bascule que la France a de grandes questions à régler et c'est même pas qu'elles ne sont pas tranchées à l'Assemblée c'est qu'elles n'y sont pas débattues la question du libre-échange dont je considère que ma réponse ça c'est dans le budget

47:43
Présentateur

comme le budget

47:45
François Ruffin

il n'y a pas de question de libre-échange dans le budget et le budget il passe par 49 fois et on doit attendre l'automne bon les questions est-ce qu'il faut du réarmement les questions de démographie le pays est en train de vieillir comment on se prépare face à ça le président nous a déjà fait des gosses voilà tu vois j'ai produit tu me demandes François Ruffin député j'ai reproduit un rapport sur la politique familiale parce que je considère que les questions démographiques c'est des grandes questions Emmanuel Todd avait prévu la chute de l'URSS en regardant les indices démographiques à la fin des années 70 donc c'est une grande question

48:18
Intervenant

il n'a pas bon bref Emmanuel Todd mais oui ok

48:21
François Ruffin

démographe donc quand il parle de démographie ça va mais aujourd'hui il y a 2,4 enfants désirés par femme il y a 1,6 enfants réalisés par femme et par homme d'accord il y a 1,6 enfants réalisés moi je crois que c'est triste qu'un président de la république vienne enjoindre au réarmement démographique c'est à dire que ça dit quelque chose de la vision d'Emmanuel Macron qui ne voit les individus que comme des producteurs et y compris des producteurs d'enfants et qui est incapable de parler de joie de bonheur de désir parce que c'est ça avoir un gamin l'amener à l'école le tenir par la main qui parle pas comme ça mais qui donne des ordres qui enjoint alors qu'il y a un désir d'enfant encore dans notre pays les gens ils ont envie d'avoir des enfants qu'est-ce qui fait qu'ils n'en ont pas ça coûte cher et on n'a plus les moyens donc on repousse à un petit peu plus tard à quand on aura un CDI on a un logement qui est trop petit donc j'ai étudié dans un très bref rapport mais les causes qui font que les gens disent bah non on repousse le moment où on aura un enfant on en aura un alors qu'on en aurait voulu deux voilà c'est pour ça qu'il faut le bonheurisme il faut libérer ce qui enlever les obstacles à ce que les gens s'épanouissent et là puissent avoir le nombre d'enfants qu'ils souhaitent parce qu'avoir des enfants

49:43
Intervenant

oui ou pas d'enfants s'ils le souhaitent aussi bah pas d'enfants

49:45
François Ruffin

j'ai pas de problème avec ça je dis juste quand on interroge les gens je leur dis alors c'est 2,4 ça veut rien dire derrière la virgule on va pas les découper

49:52
Intervenant

oui c'est marrant moi j'aime bien ces chiffres comment tu fais mais voilà

49:55
François Ruffin

en tout cas il y a un fossé entre le désir et moi c'est des témoignages très concrets j'ai une animatrice vous connaissez c'est du ruffin là j'ai une animatrice périscolaire de chez moi qui voulait des enfants qui a attendu pendant 8 ans parce qu'elle elle avait un petit contrat parce que son copain il était en intérim voilà bon là ça y est je l'ai croisé à la braderie à une braderie chez moi le 1er mai elle était toute contente elle m'a dit voilà j'ai eu un enfant voilà donc bon mais ça se réalise tardivement du coup il y en aura un alors que peut-être il y aurait eu la volonté d'en avoir deux

50:28
Présentateur

alors tu n'es plus dans aucun parti parmi les membres du NFP du coup je te pose la question d'autant plus librement si Emmanuel Macron dissolvait l'Assemblée Nationale là au mois de juin-juillet est-ce que tu penses

50:41
François Ruffin

c'est vrai qu'on sait jamais ce qui peut lui passer non mais voilà

50:42
Présentateur

on sait jamais au point où on en est maintenant tu nous connais on fait gaffe mais du coup si ça arrive sérieusement vraie question est-ce que le nouveau Front Populaire je te rappelle quand même c'était toi qui avais eu l'idée dans une matinale de radio d'appeler ça le Front Populaire est-ce que ça pourra réexister ou est-ce que tu sens que le torchon a brûlé définitivement entre les socialistes et les insoumis je pense que ça va être

51:03
François Ruffin

très compliqué quand même c'est-à-dire quand je lance l'idée de la primaire c'est pour reprendre le chemin par un autre biais voilà mais on sent que ça va mais quel chemin parce que je vais pas te mentir

51:13
Présentateur

il y avait des insoumis dans le chat au début de l'interview bon tu les connais pas super giga chaud sur ton idée de primaire

51:19
François Ruffin

mais je le dis

51:20
Présentateur

quelles sont tes relations avec les insoumis

51:22
François Ruffin

qu'est-ce que tu as envie de leur dire j'ai envie de leur dire qu'il faut qu'on fasse cause commune parce que je vois pas très bien comment on va faire 51% comment on va aller battre la droite battre l'extrême droite parce que c'est quand même ça l'enjeu et qu'il faut que on ait le rassemblement qui soit le plus large possible derrière une figure qui soit la plus rassembleuse possible voilà mais je pense que vous savez je sais à quel point comptent les rapports de force donc dans l'état du rapport de force présent la politique c'est du rapport de force aussi il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon qui fonctionne comme ça dans l'état du rapport de force présent je vois pas pourquoi les insoumis se mettraient dans une primaire verraient du rassemblement ainsi de suite donc il y a la nécessité de construire quelque chose qui apparaisse puissant qui apparaisse dynamique qui apparaisse appétissant pour faire que ça vienne ensemble le 9 juin au soir quand est lancé Front Populaire les insoumis et c'est pas les seuls ont pas envie de rentrer dans cette histoire mais il y a 400 000 signatures en 24 heures et il y a des manifestations avec il y avait un point qui était un point négatif à l'époque et qui est presque devenu un point positif c'est qu'il y avait une urgence là on a une urgence moyenne donc c'est pas il n'y a pas la même

52:40
Intervenant

dynamique une dernière question Emilien oui j'ai une question très envie de vous poser parce que c'est une question de stratégie globale de la gauche qui est bloquée à 30% depuis aujourd'hui une dizaine d'années ce qu'on constate notamment c'est que c'est que chez les classes populaires qui pour beaucoup s'abstiennent mais aussi pour beaucoup voteraient ils se développent ce qu'on appelle dans ce sujet une conscience sociale triangulaire c'est à dire que on n'aime pas les gros mais on pense aussi qu'il y a des petits qui profitent trop notamment voilà pas de la bonne couleur de peau mais pas que comment est-ce que des gens comme vous faites pour dire aux gens ce qui semble préalable de la reconquête de leur vote non c'est pas les gens d'en bas qui comptent c'est les gens d'en haut parce qu'on peut le répéter et vous le répétez mais c'est structurellement ancré dans l'inconsens

53:29
François Ruffin

comment vous faites c'est une bataille de faire regarder vers le haut d'autant plus que au fond les figures du capital ont disparu du lieu où les gens habitent enfin je donne un exemple mais quand l'applique secours c'était des filiatures textiles il y avait des châteaux des frères saints qui étaient tout alentour et les gens ils sortaient de l'usine ils voyaient les châteaux ils allaient au cimetière ils voyaient les grands mausolées pendant qu'eux ils étaient enterrés à même le sol ils entraient dans l'église il y avait le carré réservé pour les frères saints avec des petites dorures et puis les sièges molletonnés pendant qu'eux ils étaient à l'extérieur sur des sièges en paille donc tout ça se voyait à partir du moment où Bernard Arnault a tout repris et viré tout le monde le yacht de Bernard Arnault il siège pas sur la somme donc il y a la nécessité pour la gauche de montrer ça c'est une lutte quand il y a la fermeture de Whirlpool et que je commence à entendre les ouvriers sur le parking qui s'en prennent aux réfugiés aux assistés aux immigrés je me dis est-ce que c'est eux qui viennent de vous licencier bon non je reviens le lendemain avec un tract où je remonte la tête de Jeff Fettig mais ils savent pas qui est Jeff Fettig vous savez pas non plus qui est Jeff Fettig c'était le PDG de Whirlpool d'accord et non seulement je fais ça mais je montre sa maison qui est un espèce de château moderne avec 17 chambres avec une piscine extérieure avec un cours de tennis avec un accès direct à la plage aux Etats-Unis à 5000 kilomètres de là pour qu'il matérialise où va l'argent donc ça c'est un enjeu et après moi je suis pour des droits universels je le dis parce que la question qui revient c'est beaucoup les assister les assister les assister et bien je suis pour que je dis la République elle s'est grandi quand elle a fait l'école gratuite à la fois pour les enfants d'ouvriers et pour les enfants de Bernard Arnault la République elle s'est grandi quand elle a fait la sécurité sociale et l'hôpital où Bernard Arnault est remboursé tout comme le sont les enfants des ouvriers c'est l'hôpital public mais oui mais voilà mais je pense qu'aujourd'hui il nous faut reconstruire des droits qui sont universels il y a un outil pour égaliser pour c'est l'impôt et en dehors de ça il faut construire la possibilité d'accéder aux droits pour tous merci beaucoup François Ruffin

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Présentateur

d'être venu sur le plateau de Backseat Merci d'avoir regardé !