« Bruno Retailleau entretient un climat qui favorise le racisme en France, un racisme d’atmosphère »
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Il est 8h36 avec nous, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et député de Seine-et-Marne. Olivier Faure, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous ce matin. Violence et pillage du week-end, on en parle encore beaucoup, et notamment les ministres régaliens du gouvernement, Gérald Darmanin et Bruno Retailleau. Gérald Darmanin dit qu'il faut faire évoluer la loi. Et que propose-t-il ? De supprimer les aménagements de peine obligatoires, de supprimer le sursis et de mettre en place par la loi, je dis bien par la loi, à l'automne, une condamnation minimum systématique, une fois la culpabilité reconnue. Est-ce que vous êtes favorable à ces mesures-là ?
Bon d'abord je veux dire que je regrette évidemment comme tout le monde, les exactions qui ont été commises, dire que c'était une belle fête, qu'on a eu un très beau match, et qu'à chaque fois voir ces jeunes qui se livrent à des pillages, à des dégradations, c'est insupportable. Et évidemment la question est de savoir comment est-ce qu'on arrive à conjurer ces situations. Le problème des propositions de Gérald Darmanin, c'est qu'elles sont là pour faire du bruit, mais je ne suis pas sûr qu'elles permettent de résoudre grand-chose.
D'abord parce que le premier élément c'est que nous avons un principe constitutionnel qui est celui de l'individualisation de la peine, et qu'il suppose que le juge, le magistrat qui prend la décision, le fasse en fonction du contrevenant qu'il a devant lui. Et ce qu'on observe pour l'instant, on n'a pas vu tous ceux qui ont été interpellés, tous n'ont pas été jugés encore, mais la réalité c'est qu'on a affaire souvent à des gens très jeunes, et à des gens qui ne sont pas des récidivistes, mais des gens qui, pris par l'ambiance générale, se sont livrés pour la première fois, en tout cas pour la première fois, et serrés par la police, et bien se sont livrés à des exactions.
Pris par l'ambiance générale, ce n'est pas une excuse ?
Je ne dis pas que c'est une excuse, je dis simplement, bien sûr que non que ce n'est pas une excuse, ce que je dis simplement c'est qu'on n'a pas affaire là à des bandits de grand chemin, on a affaire à des gens qui sont pour la première fois pris la main dans le sac, et donc la question est de savoir quel est le type de peine que l'on doit leur appliquer, parce que moi je veux bien qu'on dise qu'il y a des peines minimales, bon je viens de dire que ça revenait sur un principe, parce que les magistrats ne croyons pas qu'ils soient laxistes, les magistrats au contraire ont la main lourde, et la réalité statistique c'est qu'aujourd'hui, les peines sont beaucoup plus longues que par le passé, et donc on a plutôt, les prisons sont pleines, parce que précisément on a des gens qui sont en prison beaucoup plus longtemps que dans les années passées.
Maintenant, que voulez-vous faire ? Est-ce que vous avez un jeune qui a 16-17 ans ? Est-ce que vous voulez l'envoyer en prison pendant un mois ? Franchement, est-ce que vous pensez que le système carcéral... Et pourquoi pas ? Allons jusqu'au bout de la démonstration.
Il y a de la place dans les quartiers pour mineurs, dans les prisons, aujourd'hui.
Oui, mais moi ce que je souhaite, c'est que la peine soit en réalité un moyen de faire en sorte que les gens qui ont commis une erreur, une bêtise, et même parfois un délit, eh bien sortent de cette peine en ayant le sentiment que ce qu'ils ont fait n'était pas forcément ce qu'il fallait faire, et qu'ils ne reprennent pas.
Une peine courte d'une semaine, de 15 jours, dès le premier délit, n'est-ce pas une solution ?
Ça dépend quelles sont les conditions pendant lesquelles la peine est exécutée. Si vous faites rentrer des gens qui sont des gens, des primo-délinquants, et qui sont des casseurs, qui ne sont pas des bandits, et que vous les faites rentrer dans un système carcéral avec des gens qui sont, eux, des bandits chevronnés, quel est l'intérêt, si ce n'est de leur faire fréquenter... Il y a des quartiers pour mineurs qui sont réservés, justement... Si ce n'est de leur faire fréquenter des gens qui les amélioreront... On n'est pas obligé de les mélanger non plus. C'est la raison pour laquelle je dis qu'il faut faire attention, et que c'est toujours facile de parler en général.
Moi, je souhaite parler concrètement, et qu'on puisse dire aussi que la peine de prison n'est pas toujours adaptée, et qu'elle peut être, au contraire, le facteur de récidive, ce qui n'est évidemment pas le but recherché.
Alors, Bruno Retailleau, lui, propose l'utilisation de la reconnaissance faciale, de façon très encadrée, dit-il, pour mieux dessiner les visages des auteurs d'incivilité et les condamnés.
Vous y êtes favorable ou pas ? Mais j'ai du mal à comprendre, parce que là, en l'occurrence, on fait... Je répète ce que je viens de dire, c'est que nous avons face à des jeunes qui ne sont pas des multirécidivistes. Et donc, vous pouvez mettre la reconnaissance faciale que vous voulez, vous n'arriverez pas à les repérer. La reconnaissance faciale, elle a un intérêt à une seule condition, si vous ayez des gens qui sont déjà dans vos fichiers, et que vous sachiez qu'ils sont dans les rues à tel ou tel moment, et encore... Non, mais pour identifier les auteurs de saccages ou les auteurs de pillages, la reconnaissance faciale.
C'est pas la reconnaissance faciale, ça c'est la vidéosurveillance qui permet, a posteriori, d'identifier tel ou tel contrevenant. Ça n'a rien à voir. Et donc, là aussi, nous avons attention à ne pas se retrouver dans un système qui est un système liberticide. Parce que, est-ce que nous avons tous envie que l'État français, demain, comme l'État chinois, puisse contrôler nos faits et gestes dans la rue, etc.
Il y a un moment où Big Brother n'est plus très loin, et je pense qu'il faut faire attention à toutes ces mesures que nous prenons sous le coup de l'émotion, parce qu'il y a un magasin saccagé, mais qui, finalement, viennent entraver la liberté de tous les autres qui, eux, ne sont pas forcément des délinquants.
Alors, les violences, pourquoi y a-t-il eu des violences ? Parce qu'il y avait trop de policiers et trop de gaz lacrymogènes, c'est ce que disent les filles. Oui, ça c'est une bêtise. C'est une bêtise, mais enfin bon. Et les filles qui demandent la création d'une commission d'enquête sur la gestion de la sécurité publique après le match.
Ça, c'est plus intéressant, déjà. Oui.
Vous vous associez à la création de cette commission d'enquête ?
Je n'ai pas été associé, mais je ne trouve pas l'idée absurde. Non pas pour aller chercher, d'ailleurs, enfin, soyons aussi là justes, c'est très difficile d'arriver à maîtriser des grands événements comme ceux d'une finale de la Ligue des Champions. Et donc, la question n'est pas d'aller chercher des poux à tête de tel ou tel ministre ou du préfet de police de Paris. La question, c'est plutôt de faire en sorte de faire émerger les conditions dans lesquelles, en fait, des jeunes ont effectivement été auteurs, de manière non pas inédite, parce que ce n'est pas tout à fait vrai en réalité. Après chaque compétition, on observe ce même type de comportement. Mais est-ce qu'il y a eu des failles ?
Et quelles sont ces failles pour permettre demain de mieux gérer ces compétitions ? On a parfois des compétitions qui se passent très bien. Regardez, les Jeux olympiques, on a créé beaucoup. Et puis ça a été formidablement réussi. Et donc, il y a parfois des leçons à tirer de l'expérience. Et donc, la question d'enquête peut servir à ça.
L'assassinat raciste dans le Var. Bruno Retailleau entretient un racisme d'atmosphère. C'est ce que vous disiez hier matin. Alors, j'aimerais avoir quelques explications. Ça veut dire quoi ? Ça ne veut pas dire que Bruno Retailleau est raciste, j'imagine ? Non, ça veut dire tout simplement...
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, par clientélisme, par volonté de chercher un électorat, notamment celui qui vote à l'extrême droite, Bruno Retailleau, depuis de longues années en réalité, a des mots qui facilitent, qui légitiment les comportements racistes. Je me rappelle de sa façon de considérer les jeunes émeutiers après le meurtre de Naël, quand il parlait de retour aux origines.
Vous dites le meurtre de Naël. Pour vous, c'est jugé, quoi ? C'est clair.
Non, il n'est pas encore jugé. Bon. La mort de Naël. Son inculpation, elle est pour meurtre. Donc, on est bien sur une qualification des faits qui laisse penser que cela pourrait arriver. Je ne veux pas être paragistrat.
Vous êtes satisfait que le policier soit conduit devant les assises ?
Oui, bien sûr. Oui. Bien sûr. C'est une façon de répondre aussi, justement, à ces jeunes qui considèrent que la justice est à deux vitesses, qu'elle est simplement là pour condamner les tout-venants, mais qu'elle n'est pas capable de juger ses propres policiers. Eh bien, aujourd'hui, la démonstration est faite. La justice...
Je ne venais pas défendre Bruno Retailleau, mais enfin, il a dénoncé un crime raciste et peut-être un crime terroriste, même.
Oui, non, mais ça, c'est à poissiiori. Il est capable de le faire. Ce que je dis, c'est qu'il entretient et à dessein une forme d'atmosphère, un climat qui favorise... Il entretient le racisme. Il favorise les expressions qui sont celles du racisme parce qu'il est celui qui, en permanence, cherche à expliquer... Enfin, je ne vous apprends rien.
Donc, il encourage le racisme. Vous n'osez pas aller jusque-là dans le pensée. Il encourage le racisme avec ses propos.
Je ne veux pas dire qu'il encourage le racisme. Je ne vais pas le rendre coupable de ceux qui, aujourd'hui, tuent par racisme. Ce que je dis simplement, c'est que par clientélisme, il est de ceux qui, en permanence, ont cette obsession pour la question migratoire, pour la question de l'islam et donc qui entretiennent cette idée que nous soyons aujourd'hui dans une forme de submersion, de grand danger qui viendrait exclusivement de nos concitoyens d'origine étrangère ou étranger ou supposé étranger et que donc, il entretient effectivement un climat qui est un climat nauséabond.
Et ce climat-là, effectivement, il peut conduire des gens qui sont déjà portés sur ce terrain, soit faibles psychologiquement, soit des gens qui avaient déjà un terrain raciste propice, eh bien, à passer à l'acte. Et donc, moi, ce que je souhaite, c'est que dans notre pays, on puisse, à un moment, en finir avec les obsessions identitaires, avec tout ce qui permet à des gens de croire qu'ils sont légitimes à considérer qu'il y a eu des civilisations dans ce pays.
Vous pensez, quelque part, qu'il est complice de la mort de ce Tunisien coiffeur dans le Sud, quoi ? Ben oui !
Non, non, je ne dis pas, je ne prononce pas le mot de complice, parce que ça va loin et vous allez trop loin. Non, mais Olivier Faure, je... Non, mais il s'agit d'être... Là, je ne cherche pas à... Je ne cherche pas à la mauvaise polémique. Je dis simplement, je cherche justement à ce que le débat public retrouve... Enfin, que le fleuve retrouve son lit. Il retrouve un équilibre. Qu'il y ait un débat politique, y compris sur la question migratoire, ça me paraît normal. En revanche, qu'on ait cette espèce d'obsession, qu'on puisse aller dans des réunions et parler de « abat le voile », enfin, ce n'est pas les mots que devrait utiliser un ministre de l'Intérieur.
On est dans une situation où lui-même cherche à accréditer l'idée que derrière chaque musulman, il y a maintenant un frère musulman. Eh bien, moi, ce que je dis, c'est qu'il faut en finir avec cette obsession et qu'il faut retrouver un peu de calme dans ce pays et chercher à l'apaiser et non pas toujours à tout conflictualiser. parce qu'on a beaucoup dit que les filles cherchent à tout conflictualiser et ça n'est pas faux. Mais, pardon, ils ne sont malheureusement pas les seuls. C'est aujourd'hui le cas pour ce gouvernement.
Gabriel Attal conflictualise lorsqu'il propose d'interdire le voile aux jeunes filles de moins de 15 ans ?
Il est sur un terrain qu'il croit favorable mais il sait très bien que la mesure qu'il entend proposer est absolument inapplicable. Et il le fait simplement parce qu'il sait qu'il flatte là des opinions publiques qui aujourd'hui sont effectivement dans une forme de suspicion généralisée face aux musulmans.
Je voudrais vous lire quand même ce qu'a déclaré hier Kamel Daoud, l'écrivain, à propos du voile. Je le cite. La plus grande avancée de l'Occident sur le monde musulman, c'est le statut de la femme. Chez nous, il appartient à son père, son frère et son fils. Chez les musulmans, c'est un esclavagisme confessionnel. Le voile est tragique et inacceptable. Si tu veux sortir, tu dois te cacher. Vous partagez ce qu'il dit ?
Moi, je ne suis pas musulman et je ne suis pas pour le voile. Je considère que c'est laisser penser qu'on a aujourd'hui des femmes qui devraient porter de manière obligatoire le foulard ou le voile. Ça me paraît effectivement très rétrograde et que je suis attaché à l'idée de liberté et à l'idée de l'égalité entre la femme et l'homme. Et donc, je ne suis pas le promoteur de tout cela. Ce que je viens de dire à l'instant, c'est simplement que quand on propose, comme Gabriel Attal, de supprimer la possibilité, de condamner les familles, les parents d'une jeune femme qui porterait le voile parce qu'elle a moins de 15 ans, je dis que cette mesure est inapplicable.
Et donc, qu'on est dans une situation où on a une espèce de surenchère à droite qui, en réalité, vise simplement à rappeler en permanence qu'il y aurait un problème avec les musulmans. Et moi, je souhaite que nous en finissions avec cette espèce de chasse permanente aux musulmans qui conduit effectivement derrière à ce que des gens pensent que nous sommes dans une guerre civilisationnelle et que nous sommes menacés aujourd'hui par l'islam, que nous soyons dans une forme de grand remplacement qui n'existe pas. – Bien, Olivier Faure,
demain vote des militants PS. Votre concurrent adversaire, Nicolas Maillard-Rossignol, vous reproche de ne pas vouloir débattre avec lui. La mobilisation sera-t-elle forte ou pas ? François Hollande, lui, a choisi apparemment Nicolas Maillard-Rossignol. Il dit, oui, il y a eu quoi ? 24 000 votants lors de ce premier tour ? Moi, à mon époque, il y avait 180 000 militants lorsque j'étais premier secrétaire du Parti Socialiste. Que lui répondez-vous ?
– Que François Hollande a la mémoire courte, c'est dommage. – Oui. – Parce que moi, si j'avais été le président de la République qui a conduit à ce que le Parti Socialiste passe de plus de 150 000 adhérents à 50 000 ou à 40 000, je crois que je serais très modeste. – Et j'en étais ? – Non, pas qu'il se taise, mais qu'il ait la volonté, au moins, de ne pas entraver le travail de ceux qui bossent. Parce que la réalité, c'est que nous avons connu à l'issue du quinquennat de François Hollande une forme de grand désarroi liée au fait que nous avions tout en arrivant en 2012.
Nous avions l'Assemblée, nous avions le Sénat, nous avions toutes les régions moins une, nous avions la majorité des départements, nous avions toutes les grandes métropoles, ou presque. Et puis à la fin de ce quinquennat, nous étions non seulement isolés par rapport à nos partenaires, nous n'avions plus d'accord avec personne, nous étions dans une situation où nous avions perdu à peu près tout ce que nous avions majoritairement, et nous avons perdu l'élection présidentielle dans des conditions dont vous vous souvenez. Et donc, moi je veux bien qu'on me fasse la leçon. Mais la réalité, c'est que depuis que je suis Premier Secrétaire, eh bien, il y a des gens qui reviennent.
Et que la réalité, c'est que dans le Congrès présent, il y a 6% de votants supplémentaires par rapport au Congrès précédent. Ça n'est pas suffisant. Et je veux bien que... Vous appelez au vote, là ? Mais bien sûr que j'appelle au vote. J'appelle celles et ceux qui peuvent le faire. Mais je rappelle aussi les règles particulières du Parti Socialiste. Nous, nous ne votons pas en cliquant sur un bouton. Il faut payer une cotisation. On le fait simplement sur des horaires très restreints. Il n'y a pas de procuration possible. Tout ça conduit effectivement à ce que... C'est un peu dommage, non ? Oui, c'est un peu dommage. C'est un peu dommage.
Elles ont été très strictes pour éviter, justement, qu'il y ait toute forme de fraude. Et donc, peut-être qu'on a tellement resserré les critères que ça devient compliqué. Mais bien sûr que j'appelle au vote.
Alors, Olivier Faure, vous dites qu'il faut rassembler la gauche et les écologistes. Il y aura un rendez-vous municipal l'année prochaine, important, une élection importante, parce qu'elle précède l'élection présidentielle. Elle sera très importante sur le terrain politique. Est-ce que vous vous engagez ce matin ? Est-ce qu'il n'y ait aucun accord électoral, premier et second tour, entre socialistes et insoumis ?
D'abord, il n'y aura pas d'accord national entre les insoumis et les socialistes sur les municipales. Je vous réponds très clairement, c'est une évidence. Mais là aussi... Non, non, non, c'est pas sur la question. C'est pas sur la réponse.
Il n'y aura aucun accord, premier et second tour.
Je viens de vous dire qu'il n'y aura pas d'accord national entre les socialistes et les insoumis sur les élections municipales. Je reviens quand même un instant sur la question que vous me posez, qui a été suggérée hier par l'un de mes contradicteurs dans le Congrès, par Jérôme Gage. Qui était ici, même à votre place. Oui, absolument. J'aimerais que, là aussi, on change un peu d'obsession. Pourquoi est-ce qu'on passe notre vie ? Des fois, dans le Congrès du PS, j'avais l'impression qu'on était dans le Congrès des insoumis. Mais moi, je ne suis pas insoumis. Et je ne me pose pas à chaque matin la question de savoir ce que fait Jean-Luc Mélenchon.
Non, mais vous savez bien qu'il y a un doute sur votre compromission avec eux. Il y a un doute sur...
Jean-Jacques Brodin, quelle compromission ? Je ne sais pas, moi. Ah bah alors ? Sur les alliances que vous avez passées avec eux précédemment.
Mais est-ce que vous croyez que tous ceux qui sont opposés à moi dans ce Congrès ont repoussé les alliances avec LFI ? Est-ce que vous croyez que François Hollande n'était pas candidat du nouveau Front populaire ? Est-ce que vous pensez que Nicolas Mayer-Rossignol n'avait pas sa candidate dans sa circonscription qui était, elle aussi, sous les tillets du Front populaire ? Mais ça a changé aujourd'hui. Mais ça a changé. Mais attendez, c'est qui la compromission ? Non mais je veux bien. Mais enfin, il faut quand même qu'à un moment ça s'arrête. Vous savez ce que disait Jérôme Gage hier ? Je me le dis.
LFI est un bracelet qui plombe la gauche dans son travail de reconquête. C'est ce qu'il disait hier matin. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Est-ce que LFI c'est un boulet ? Il dit, pas un bracelet, un boulet. qui plombe la gauche dans son travail de reconquête. Est-ce que vous êtes d'accord ou pas ?
D'abord, la première chose que je vous dis, c'est que le soir du 7 juillet, au moment où le Front populaire est arrivé en tête de l'élection législative, il y avait, au moment où j'ai pris la parole à 20h sur les chaînes de télévision, il y avait derrière moi toutes celles et ceux qui aujourd'hui s'opposent à moi dans ce congrès. Et toutes et tous à ce moment-là voulaient gouverner. Voulaient gouverner et pensaient qu'ils auraient leur place dans ce gouvernement. Et les voilà aujourd'hui qui m'expliquent qu'eux sont dans une forme de pureté idéologique et qu'ils ne mangeraient jamais de ce pain-là. Alors je dis stop à l'hypocrisie. Voilà ce que je dis.
Et donc il faut parler vrai aussi peut-être. Et se dire aussi que le Front populaire, il a évité quelque chose. C'est que s'il n'y avait pas eu de Front populaire, il y aurait aujourd'hui Jordan Bardella à Matignon. Et moi je suis fier d'avoir à la fois construit avec François Ruffin le nouveau Front populaire, puis ensuite d'avoir fait en sorte qu'il y ait un Front républicain auquel nous avons appelé les Premiers et que les autres ont eu du mal à suivre. Mais le Bloc central dit la même chose que vous. Le Bloc central, s'ils n'avaient pas été là,
aussi, il aurait partagé à la Première ministre.
Le Bloc central d'abord a été largement battu au premier tour et ensuite il a mis beaucoup de temps, le Bloc central, à venir sur le Front républicain. Je vous rappelle que Gabriel Attal était très réticent au départ, qu'il a été très lent à la manœuvre et que les LR n'ont jamais appelé au Front républicain. Jamais. Jamais. Donc là aussi, bravo les leçons. Mais enfin, ceux qui font le job,
on sait où ils sont. Bon, donc, présidentielle de 2027, municipal, aucun accord national, on est bien d'accord, présidentielle 2027, vous dites rassemblement de toute la gauche, vous avez dit toute la gauche, à l'exception d'Elefi.
Qu'est-ce que j'ai dit qui n'était pas clair ? J'ai dit de Ruffin à Glucksmann. – Donc à l'exception d'Elefi ? – Ben, ça me paraît assez simple, mais non seulement… – Il n'y aura aucun accord. – Mais même cette question me paraît, enfin, cette question me paraît folle. Pourquoi ? – Pourquoi folle ? – Ben d'abord parce que j'ai toujours dit de Ruffin à Glucksmann, ensuite parce que les Insoumis eux-mêmes ont déjà répondu à François Ruffin qui a proposé une primaire, qui ont dit, et ils ont dit, on n'en veut pas, on sera de toute façon candidat à l'élection présidentielle, et chacun a bien compris que celui qui se préparait à être candidat pour la quatrième fois, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Donc qu'est-ce qui n'est pas clair ? Pourquoi cette question-là revient chaque matin ? – Parce qu'il y a toujours un doute. – Mais ça fait la millième fois que cette question est posée. – Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on répand le doute pour vous fragiliser ?
– Ben, vraisemblablement, parce que c'est une question qui revient chaque matin, et en réalité, c'est une question à laquelle tout le monde a répondu, tous les acteurs ont répondu, et donc il n'y a aucun doute possible. Donc cette question-là est une question rhétorique qui a simplement pour objet de dire qu'il y aurait des gens qui seraient peut-être… Voilà.
– Tiens, je prends un exemple. À Montpellier, les municipales,
vous soutenez Delafosse ?
– Bien sûr. – À fond ? – Bien sûr. – Alors qu'elle est vive sa défaite ?
– Mais moi je suis socialiste, Jean-Jacques Brodin, et je pense que Michael Delafosse aujourd'hui fait du bon boulot. Ce qu'il fait sur les transports, ce qu'il fait sur une série de politiques publiques, je soutiens ça. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'il peut dire, notamment quand il me critique, ça va de soi. Nous n'avons pas tout à fait le même rapport aux insoumis, à la gauche et au reste. – Mais il n'empêche que les politiques publiques qu'il conduit à Montpellier sont celles que je soutiens, évidemment. – Vous serez candidat ? – Et je ne le soutiens pas d'aujourd'hui, je les soutiens déjà la dernière fois, en 2020. – Vous serez candidat en 2027 ?
– Alors candidat à la Châtie ?
– À la présidentielle, je nomme à la présidentielle.
– Mais là aussi, c'est une question rituelle. Est-ce que vous pensez vraiment que… Enfin, je conseille à toutes et tous, à gauche, tous ceux qui se rêvent candidats à la présidentielle. – Il y en a. – Il y en a beaucoup. – Mais de se modérer un peu. – Clémentine Autun, François Ruffin… – Tout le monde, tout le monde, oui, tant d'autres. – Toute la gauche. Je vois des gens… Enfin, on a des candidats qui se multiplient. – Oui. – Et moi, ce que je crois, c'est que plus ils se multiplient, moins on a de chance.
Parce que la réalité, c'est qu'on sait très bien que nous sommes aujourd'hui dans une situation où c'est l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir et qui a obtenu, au moins, alors dans les résultats des législatives, mais dans les sondages d'aujourd'hui, qui culmine autour de 40% au premier tour. La gauche n'a jamais été à ce niveau-là avec François Mitterrand. François Mitterrand a fait 32% dans l'élection de 88. Et donc, nous sommes là dans une situation où, que ce soit Bardella ou Le Pen, ils sont au-dessus de ce score-là. Et on voudrait faire les malins à expliquer les uns les autres qu'on est tous candidats.
Je le dis, au lendemain des municipales, après avoir construit un projet commun, une plateforme commune avec toutes celles et ceux qui veulent bien s'y joindre, il faudra choisir le ou la meilleure d'entre nous, c'est-à-dire celui ou celle qui a le plus de chance, au lendemain des municipales, qui a le plus de chance de figurer au deuxième tour et de battre l'extrême droite. Dans une primaire ? Une primaire peut être la solution. Je ne l'exclue pas, même s'il y a des primaires de différentes natures. Et ça peut être une primaire, ça peut être d'autres solutions.
Simplement, ce que je dis, c'est qu'il faudra qu'on décide ensemble du mode d'emploi et qu'à un moment, on soit tous suffisamment responsables pour ne pas mettre nos égaux devant, en fait, le destin de notre pays. Voilà.
Merci Olivier Ford d'être venu nous voir ce matin. 8h59. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Olivier Faure