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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 mai 2026 25 min

Hantavirus, prix des carburants... Le "8h30 franceinfo" de Robert Ménard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Robert Ménard, vous êtes maire de Béziers, ancien soutien du Rassemblement National, désormais plutôt proche de LR. On va voir ça ensemble. Bonjour Mathilde Ciro. Bonjour. Vous travaillez dans l'excellente hebdomadaire Le Point. Les cinq Français évacués du bateau MV1-10 sont donc touchés par l'antavirus des Andes et ils sont à l'hôpital Bichat sous étroite surveillance. Parmi eux, une personne testée positive se trouve en réanimation dans un état grave. Bonne nouvelle, on l'a appris hier soir, les 26 cas contacts français ne présentent aucun symptôme. Pour le moment, le patron de l'Organisation Mondiale de la Santé, en conférence de presse hier à Madrid, se veut rassurant.

L'OMS estime toujours que le risque sanitaire à l'échelle mondiale reste faible. A ce jour, 11 cas ont été signalés, dont 3 décès. Tous les cas suspects sont placés à l'isolement et pris en charge sous stricte surveillance médicale, ce qui permet de réduire au minimum tout risque de propagation. Pour l'instant, rien n'indique que nous assistions au début d'une épidémie de plus grande ampleur, mais bien sûr, la situation pourrait évoluer. Monsieur le maire, pendant Covid, c'était couvre-feu à Béziers, contrôle renforcé, il y a également des messages diffusés dans les rues, avec des haut-parleurs. Vous assumiez à l'époque une ligne très ferme.

Quand vous entendez aujourd'hui ces craintes tentées de notre rassurante sur l'antavirus, est-ce que, collectivement, vous pensez qu'on a retenu la leçon du Covid ?

1:17
Invité

Il me semble. Enfin, attendez, moi je ne suis pas un spécialiste, je fais attention. Non, mais vous êtes maire, vous êtes élu, donc vous devez gérer la crise. Mais ce n'est pas parce que tu es maire que tu connais tout un tas de choses. Enfin, on va juste se calmer soi-même. Non, moi quand j'entends les choses, d'abord c'est une vingtaine de personnes en France. Pardon, ça n'avait rien à voir avec les chiffres qu'on a vécu à ce moment-là. Puis je crois qu'on a retenu un certain nombre de choses. Moi je rappelle, vous vous rappelez les masques, même les masques c'était inutile, c'était même dangereux au début. Je pense qu'on a appris.

1:43
Présentateur

Justement, la demande de masques FFP2 a été multipliée par 5 en moins d'une semaine en France et pour les masques chirurgicaux par 4. C'est France Inter qui dit ça ce matin.

1:51
Invité

Pour ce matin, à BG, vous n'avez pas de problème de masques ? Non, moi je ne sais pas, il faudrait que je demande aux pharmaciens, ça doit être comme le reste de la France. Oui, on s'inquiète parce qu'on a ça dans la tête, mais il me semble qu'on a appris un certain nombre de choses. J'ai vu quand même qu'il y avait une polémique, est-ce qu'on aura, est-ce qu'on a assez de masques ou pas, si jamais ça risquait de se développer. Mais là encore, on n'a même pas les chiffres, donc je ne vais pas parler de quelque chose sur lequel on n'a même pas un fait sur lequel s'appuyer.

2:17
Robert Ménard

À ce stade, vous, au niveau de votre ville, à Béziers, est-ce que vous avez pris des mesures ou est-ce que vous avez adressé des consignes quelconques aux habitants ?

2:26
Invité

Aucune, aucune. Attendez, je n'ai pas alimenté une espèce de paranoïa. Il n'y a aucune raison d'être paranoïaque, il n'y a rien, on verra. Non, là, rien du tout.

2:35
Robert Ménard

Sur la stratégie du gouvernement, qui a lancé une espèce d'opération de transparence qui communique énormément sur ce virus, est-ce que vous pensez que c'est une bonne chose ? Est-ce que vous pensez que la stratégie qui a été choisie, par exemple un isolement très strict de tous les cas contacts,

2:51
Invité

c'est la bonne stratégie ? Oui, sur ce terrain-là, bien sûr. Enfin, vous vous rappelez, il y a encore des gens qui pensent qu'on nous cache des choses... Et d'ailleurs, les copotistes reviennent sur les réseaux, là. Attendez, mais moi, j'en ai en bas de chez moi, toutes les semaines, qui disent qu'on est responsable. Alors, ils ont chaque fois le nombre de morts, parce que ma femme, à l'époque, était députée, donc, enfin, ça fait des années, ils sont toutes les semaines au même endroit, en bas de mon immeuble, pour protester. Vous allez les voir, qu'est-ce que vous leur dites ? Attendez, au bout d'un moment, non, ça va.

La folie, je veux bien discuter avec tout le monde, mais à ce degré de délire, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Si on vous pense que vous avez tué un certain nombre de gens, non, on ne tue personne. Voilà, c'est tout. Et donc, le gouvernement, pour répondre à votre question, il a raison de se donner toutes les armes ou les moyens de dire aux gens, on ne vous cache rien. Parce que dès que tu as l'impression que quelque chose est caché, vous avez tous les complotistes de la Terre qui s'introduisent là-dedans et qui délirent complètement. Je ne suis pas complotiste pour deux sous.

3:50
Présentateur

Est-ce que vous parlez du gouvernement ? Le ministre des Transports avait annoncé sur France Info, d'ailleurs, deux nouvelles aides du gouvernement pour faire face à cette hausse des prix du carburant liée, évidemment, à la guerre au Moyen-Orient. Sauf que le gouvernement les a repoussés, sans nouvelle date, peut-être en juin. On ne sait pas. Officiellement, en raison de cette crise de l'antavirus. Quelles mesures, vous, ce matin, vous demandez au gouvernement le cornu sur le carburant ?

4:11
Invité

Écoutez, moi, je ne pense pas qu'on puisse, comme ça, imaginer une réponse pour tout le monde. Je n'y crois pas. Je ne suis pas favorable à ça. Je pense qu'il faut des réponses ciblées. Alors, est-ce qu'elles sont mises assez vite en œuvre ? C'est la vraie question. Mais dire aujourd'hui... Sur cette position-là, je suis toujours... Aujourd'hui, si vous dites, on va baisser comme ça le prix de l'essence de temps et temps, moi, je vous demande tout de suite combien ça coûte et comment vous faites pour le payer. C'est juste ça. Quand vous êtes dans l'opposition, tu peux dire n'importe quel truc.

4:46
Robert Ménard

Vous pensez au Rassemblement national, par exemple, qui propose de baisser la TVA à 5,5% sur le carburant ?

4:51
Invité

Très bien, madame. Ça coûte combien ? Plusieurs milliards d'euros. Voilà. C'est ce que je voulais que vous me disiez. Comment tu fais pour payer ça ? Moi, je trouve que c'est très, très bien. C'est formidable si tu dis, en même temps, on va faire des économies là. Parce qu'en même temps, tu ne peux pas, du coup, dire, ah oui, on s'endette toujours un peu plus. Si tu ne sais pas mettre face à des dépenses, des recettes, tu te fous du monde. Mais regardez les propos. Vous avez vu, on a eu droit. Alors, les trucs, c'était, le gouvernement va gagner plein d'argent sur les taxes et tout.

Vous apercevez qu'avec la baisse de la consommation, les recettes pour le gouvernement sur l'essence, elles vont diminuer par rapport à ce qu'elles étaient. Donc, je me méfie des réponses simplistes, un peu démago.

5:39
Présentateur

À l'échelle nationale, mais à l'échelle locale. Vous, en tant qu'élu local, maire de Béziers, est-ce que, comme certains maires, on a entendu des reportages sur France Info cette semaine, vous essayez des solutions locales, je ne sais pas, sur le plat, ou sur l'électrique, ou des petites mesures ? Est-ce que vous réfléchissez à des choses ? Est-ce que vous pouvez aider ? Mais ça n'a aucun sens. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?

5:56
Invité

Rien ? Vous ne pouvez rien faire ? Attendez, moi, je veux bien la démagogie à l'état pur. Je veux dire, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Moi, j'essaye, oui, ce que je fais, c'est que j'essaye de faire d'économies sur nos dépenses d'essence, qui sont importantes, parce que les dépenses qu'ont fait la ville ou l'agglo, puisque je suis aussi président de l'agglo, elles sont, in fine, payées par les impôts des gens. Comment de déplacement locaux ? Comment de déplacement de vos véhicules ? On fait attention. On fait attention. Mais dire que ça va changer la donne, ce n'est pas vrai. La note, à la fin, elle sera plus importante pour tout le monde.

Elle sera plus importante pour tout le monde.

6:27
Robert Ménard

Qu'est-ce que vous disent les bitérois et bitéroises, les habitants de Béziers ? On sait qu'avec un prix de l'essence moindre en 2018, les gilets jaunes étaient sur les ronds-points. Aujourd'hui, il n'y a pas de colère sociale, en tout cas, qui s'exprime. Mais est-ce que pour autant, vous sentez que la population est dans un état quand même d'irritation et qu'il pourrait y avoir une colère sourde à un moment donné qui explose ?

6:52
Invité

Il ne parle que de ça. Dès que je suis avec quelqu'un, il parle du coût de la vie et du prix de l'essence. Évidemment. En plus, moi, je suis dans une ville, comme toutes les villes de province, c'est les bagnoles ou rien. Je veux dire, quand tu habites dans un rayon de 20 bornes autour de Béziers, il y a 15 000 à 20 000 personnes qui rentrent dans la ville chaque année, chaque jour, qui viennent travailler. Attendez, il n'y a pas le métro, il n'y a pas le RER, il n'y a pas le bus.

7:15
Présentateur

Est-ce que comme à Laval ou à Lorient, vous parlez du milieu ?

7:17
Invité

Et ça veut dire que les gens, ils ont cet impératif d'utiliser la voiture. Tu n'as pas le choix. Et donc, c'est évidemment quelque chose que tu sens tout de suite. Et comme je suis dans une ville pauvre où les gens, vous savez, ce n'est pas une formule de plateau de télévision de dire qu'ils sont à quelques dizaines d'euros près à la fin du mois. Plein, plein de gens. Évidemment, quand l'essence coûte plus cher, c'est un vrai problème. À partir de quel prix à la pompe,

7:43
Présentateur

c'est invivable pour eux, d'après vous ? À partir de quel prix à la pompe, c'est invivable ?

7:47
Invité

Je ne sais pas. Aujourd'hui, ils font des économies. Mais tu fais des économies de quoi ? Tu peux aller faire sur le boulot puisqu'il faut bien y aller au travail. Tu le fais sur le reste. Oui, nous, on s'est posé la question de rendre la possibilité plus de gens de faire du travail à distance. Télétravail. Et tout, voilà, télétravail. Mais attendez, quand vous ramassez les poubelles, tu ne fais pas du télétravail. Quand, oui, dans un certain nombre de boulots à la mairie, l'administration, elle peut. Le reste, il faut bien la balayer, la ville.

8:15
Présentateur

Puisque vous êtes aussi président de l'agglomération, est-ce que, comme à Laval ou Lorient, vous auriez envie, par exemple, d'essayer de diminuer le prix du transport en commun ? Même si la voiture est indispensable à la plupart de vos...

8:23
Invité

Vous savez quel est le prix, chez moi, du transport en commun ? Je pense que je n'en ai aucune idée. Non, mais je vais vous le dire. J'imagine que vous ne le savez pas. Pour les gens qui ne gagnent pas beaucoup d'argent, c'est 2 euros par mois. Donc, il n'y a pas besoin de diminuer. Voilà. Alors, donc, on arrête avec ces conneries-là. Et surtout, surtout, on arrête avec les bêtises du transport en commun gratuit. Parce que, pardon, la gratuité des transports, ça n'existe pas. Si ce n'est pas le passager qui paye le transport, il y a forcément quelqu'un qui le paye. Et qui paie le transport aujourd'hui, les transports collectifs dans nos villes, c'est à 80% les chefs d'entreprise.

Je ne suis pas sûr que pour les employés des chefs d'entreprise, en l'occurrence, ce soit une très, très bonne idée d'augmenter encore les taxes sur les transports.

9:03
Robert Ménard

Si on résume sur la crise du virus et celle des carburants, donc ces deux crises qui se superposent, vous donnez plutôt qui tue ce gouvernement, là, en l'occurrence, sur le coût de la vie, de résister à la tentation du chèque, d'un nouveau quoi qu'il en coûte, du fait du montant de la dette.

9:19
Invité

Madame, on n'en a pas les moyens. Si ça se fait en Espagne, moi, j'habite à Sambord de l'Espagne, les gens, ils vont faire des plats en Espagne. Évidemment, attendez, ça doit être à 1,40 ou à 1,50. Aujourd'hui, en Espagne, le litre. Mais c'est, attendez, alors là, c'est la faute du gouvernement actuel. Autant, je suis d'accord pour vous dire que peut-être il n'a pas d'autres mesures à prendre aujourd'hui. Mais qu'est-ce qui nous a mis dans une situation où on est incapable, où on est incapable de faire ce genre de chèque parce que nos finances sont tellement catastrophiques ? C'est ce même gouvernement.

Alors oui, il ne peut pas échapper à ses critiques, mais pas sur ce qu'il fait aujourd'hui, sur ce qu'il n'a pas fait depuis que M. Macron est au pouvoir. Ça, oui, évidemment.

10:00
Présentateur

On peut dire l'un et l'autre. Et le gouvernement n'a pas donné de coup de pouce au SMIC. Le SMIC va augmenter le 1er juin de 2,4% en suivant uniquement la courbe de l'inflation, sans aucun coup de pouce, que peut faire, que doit faire le gouvernement si on a dit que pour vous, il n'avait plus d'argent.

10:15
Invité

Mais là encore, si tu es complètement démago, tu proposes comme tout un tas d'oppositions de droite et de gauche, il faut augmenter le SMIC. Très bien. Est-ce qu'on sait les conséquences que ça a pour les entreprises ? Chez moi, vous savez, les grosses entreprises, il n'y en a pas beaucoup. Il y a tout un tas de petites entreprises. Pour moi, je suis prêt, évidemment, à imaginer un effort sur ce domaine-là en se disant quelles conséquences ça va avoir sur un certain nombre de petites entreprises où, vous savez, le patron d'une entreprise de 7 ou 8 salariés ou de 5 salariés, il ne gagne pas 4 fois ce que gagnent ses salariés. Donc, ce que j'essaye de vous dire, c'est quoi ?

C'est que je ne veux pas donner l'impression ici de promettre tout quand tu sais pertinemment que quand tu es au pouvoir, les contraintes que tu as, elles sont plus fortes que tes promesses. Je sors d'une campagne électorale où j'ai entendu tout un tas de gens dire de telles âneries, faire des promesses dont tu sais pertinemment, dont ils savent pertinemment qu'elles sont inténables. Des candidats ! Écoutez, vous pouvez toujours dire on paiera plus les employés municipaux, on en emplera plus et en plus, on baissera les impôts. Vous y croyez un instant, vous n'êtes pas complètement demoré. Vous vous dites évidemment que ce n'est pas vrai.

11:28
Robert Ménard

Sur la question du prix des carburants et des matières premières, la clé, c'est quoi ? C'est la sortie du conflit de l'Iran. Est-ce que la visite actuellement, ces jours-ci, du président américain en Chine peut changer les choses ?

11:42
Invité

Il est juste cinglé. Donald Trump ? Donald Trump, il est cinglé. Pourquoi ? Vous vous rappelez ce qu'on disait de Biden, y compris lui ? Il disait, oui, personne, y compris dans la presse américaine, ne disait à quel point il était fatigué, il était incapable d'être chef de l'État. Je crains, je crains pour nous tous, vous êtes deux journalistes ici, que dans quelques mots, dans quelques années, on vienne vous adresser la parole, madame ou monsieur, en vous disant, mais vous n'aviez pas remarqué que les délires des siens posent problème ? Vous avez vu, à la veille de son arrivée, quelques heures avant son arrivée, de prendre l'avion pour la Chine, vous avez vu comment il a tweeté ?

Vous dites qu'il est fou ? Il est fou. Il y a 59% des Américains qui disent aujourd'hui qu'il n'a pas l'État mental pour être chef de l'État. Vous avez varié vous-même

12:31
Présentateur

sur Donald Trump. Vous vouliez un président autoritaire et protecteur sur le modèle de Trump en 2022. Et là, dans votre dernier livre, Lettre à Clara, aux éditions Télémac, vous décrivez Trump, certes, comme fantasque, misogyne et raciste. Vous rajoutez donc fou ce matin. Mais vous écrivez aussi qu'il aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix. Vous êtes sérieux ? Attendez, vous êtes un faux cul là. Non, je ne vous permets pas de dire ça. Je ne suis absolument pas faux cul. J'ai lu votre livre

12:51
Invité

et je vous pose une question en vous citant. C'est page 26. Qu'est-ce que je dis ? La phrase suivante de cette phrase... Je me souviens, vous voyez Barack Obama. Parce que je dis, on l'a bien donné à Barack Obama, on ne peut bien lui donner à lui. Honnêtement, parce que Barack Obama, expliquez-moi pourquoi on lui a donné. Vous dites quand même qu'il aurait dû recevoir le prix Nobel de la paix. Attendez, je retire faux cul, je vais dire faux jetons, ça ne va pas lui plaire plus. Mais vous maintenez qu'il devrait recevoir

13:18
Robert Ménard

le prix Nobel de la paix.

13:20
Invité

Non, pas aujourd'hui. Mais quand ça s'est posé, pas moins que Barack Obama. Or, personne d'entre vous dans les médias n'ont trouvé beaucoup scandaleux que Barack Obama, on lui donne le prix Nobel. Qu'est-ce qu'il a fait pour la paix Barack Obama ? Rien. Alors, on pouvait à ce moment-là gueuler sur Barack Obama, sauf que les médias, y compris ici, chez vous ou ailleurs, on ne l'a jamais dit.

13:41
Présentateur

Le 8.30 France Info, Paul Larouturou, Mathilde Sirot. Avec le maire de Béziers, Robert Ménard. Mathilde, une déclaration fracassante du capitaine de l'équipe de France.

13:52
Robert Ménard

Oui, Kylian Mbappé dit qu'un footballeur ne doit pas jouer et se taire. Il explique dans le magazine Vanity Fair craindre une victoire du Rassemblement National en 2027. Il dit « Moi, ça me touche. Je sais ce que ça signifie et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes. » Marine Le Pen lui a répondu. C'était hier au micro de RTL.

14:15
Invité

Kylian Mbappé, moi, quand il dit qu'on ne va pas gagner les élections, ça me rassure parce qu'il est parti du PSG au Real Madrid en disant que c'était pour gagner avec des champions. Entre-temps, le PSG a gagné avec des champions. Donc, somme toute, quand il dit « Je ne veux pas que le RN gagne les élections ou le RN ne va pas gagner les élections, qui continue, ça me va bien. »

14:35
Robert Ménard

Quand vous entendez ces déclarations du footballeur Robert Ménard, vous vous dites quoi ? Vous vous dites que finalement, c'est son droit, c'est la liberté d'expression ou qu'il est sorti de son rôle en ayant des propos à teneur politique en donnant aussi son point de vue sur aujourd'hui le favori des sondages pour l'élection présidentielle.

14:51
Invité

C'est-à-dire, je vais être le dernier, j'ai passé ma vie à défendre la liberté d'expression à la tête de Reporters de Sondure, je ne vais pas lui reprocher de dire ce qu'il dit. Je trouve que Marine Le Pen, elle est plutôt rigolote dans la réponse. C'est vrai que sportivement parlant, il ferait mieux de faire un petit peu attention. Mais bien sûr, qu'il dit ce qu'il veut, il peut avoir les préférences qu'il veut. Ça ne m'empêche pas de dire qu'il dit une grosse connerie. C'est autre chose. Mais comme je le dirais de n'importe qui, n'importe qui évidemment.

Moi, je suis exaspéré de temps en temps par des gens qui, parce qu'ils sont de bons comédiens et ils sont de bons comédiens, vous assènent un certain nombre de vérités. Il a le droit de le penser. Je pense qu'aujourd'hui, le problème pour ce pays, et Dieu sait que je suis critique, je viens de vous le dire encore sur un certain nombre de propositions que font le Rassemblement National, mais le Rassemblement National, il ne menace rien du tout demain les libertés. Je pense que M. M.

Papé devrait s'intéresser à l'autre bout de l'échiquier, à la France insoumise, où ils disent, où un maire de Saint-Saint-Denis, vous voyez à qui je fais allusion, il faudrait qu'il y aurait peut-être une insurrection lors de main des élections. Ça, c'est un problème et ça, tenir des propos comme ça, c'est des propos... Imaginez que le Rassemblement National dise, si jamais la France insoumise gagnait, il y aurait une insurrection populaire. On dirait, mais vous jetez sur l'huile sur le feu, vous ne respectez pas les élections. Ça, notre joueur de football, ça ne lui a pas traversé l'esprit.

Donc, il a le droit de dire ce qu'il veut et j'ai le droit de dire qu'il dit de grosses bêtises pour ne pas dire plus.

16:18
Robert Ménard

Vous voulez comprendre, ce matin avec vous, Robert Ménard, comment vous vous situez, justement, par rapport à cette échéance, par rapport à l'élection présidentielle. On a parfois du mal à vous suivre politiquement. Vous avez appelé par le passé à voter pour Marine Le Pen, puis à faire bloc derrière Emmanuel Macron. C'était aux législatives. Aujourd'hui, vous dites plutôt, vous avez des propos plutôt aimables à l'endroit de Bruno Rotaillot. En 2027, qu'est-ce que vous allez faire ?

16:43
Invité

Écoutez, c'est terrible qu'une journaliste ne comprenne pas ça. Vous ne faites pas partie d'un clan, madame. Moi non plus. Non, mais... Non, non, non. Vous avez quand même beaucoup varié, factuellement. Oui. Attendez, non. Je peux répondre à la question ? Vous en priez, allez-y. Oui. Moi, j'ai appelé à voter pour Marine Le Pen au dernier présidentiel. Je suis le seul, en plus, qui a appelé à voter pour elle, au premier et au deuxième tour. Alors que je n'ai jamais caché, à ce moment-là, vous n'avez qu'à reprendre ce que j'ai dit, j'ai même dû le dire ici, que j'étais en désaccord et je lui ai dit à elle que sur les questions économiques et sociales, elle disait des âneries.

Et le mot n'était pas celui-là que j'avais choisi. Elle continue à dire des âneries là-dessus. Je pense que sur les questions de sécurité ou les questions d'immigration, même si je ne suis pas d'accord avec les réponses, pardon, c'est elle qui, la première ou son parti, qui, les premiers, ont traité, ont osé parler de ces questions quand, à ce moment-là, tu es allé sur un plateau de radio ou de télévision et tu disais que l'immigration à ce point-là, aussi nombreuse que ça, ça pouvait poser un problème et on te traitait de facho. Donc, tu peux dire ça par rapport à, attendez, par rapport à, je ne sais pas, à Emmanuel Macron.

Moi, je suis dans une ville où l'insécurité, où les problèmes de sécurité comme partout en France, c'est important. Je peux dire qu'il n'a jamais été foutu de tenir son engagement sur les prisons. Vous vous rappelez, il avait dit qu'on va créer 15 villes-passes de prison. Il ne l'a jamais fait et en même temps, dire que ce qu'il a fait sur l'Ukraine, par exemple, je lui donne raison. C'est quand même dingue.

18:12
Robert Ménard

Mais vous allez devoir faire un choix ou bien vous présentez vous-même pour la prochaine élection ?

18:16
Invité

Pardon, je finis là-dessus. D'accord, mais où êtes-vous aujourd'hui ? Attendez, c'est dingue. Juste, je finis là-dessus. C'est dingue d'être obligé. Moi, je ne me sens pas obligé de dire que quelqu'un, que madame, vous avez raison sur tout ce que vous dites. Je peux dire que vous avez raison sur un point, vous, monsieur, et puis sur un autre, vous avez raison. Où êtes-vous aujourd'hui ? Est-ce que vous soutenez Bruno Retaille ? Est-ce qu'on peut dire ça pour la présidentielle ? Spontanément, aujourd'hui, dans ce qu'il dit, je suis le plus proche de Bruno Retailleau.

Est-ce que Bruno Retailleau, il a le charisme, l'étoffe, la capacité de parler aux gens et de parler aux gens en dehors de la partie de son électorat ? C'est la question que je vous pose. Mais c'est la question que je lui pose. Moi, la question que je vous pose,

18:59
Présentateur

c'est est-ce que vous, vous hésitez encore à être candidat à la prochaine présidentielle ?

19:01
Invité

Non, mais vraiment, sérieusement. Oui, mais ce que là, je ne vous dis que des choses sérieuses. Je le dis avec ma façon de le dire, mais c'est des choses sérieuses. Bien sûr que tu te poses cette question-là, mais en même temps, en même temps, d'abord, il y a 40 personnes aujourd'hui qui... On n'arrive même pas à compter ici. Comment ? On n'arrive même pas à compter. On n'arrive même pas à compter. Attendez, il faut une certitude de soi. Il faut être une capacité, par exemple, à juger que quelqu'un à côté de vous, votre concurrent, à tort, surtout, je ne suis pas prêt à ça. Je ne suis pas prêt à dire que la gauche, parce que je suis plutôt de droite, elle aurait tort sur tout.

Et je ne suis pas prêt à dire que la droite, même les LR, enfin, Bruno Rotaillot, dont je suis proche, a raison sur tout. Je pense qu'il est sorti du gouvernement de façon un peu calamiteuse et il a fait une grosse connerie. Et le mot connerie, c'est ce que je lui ai dit quand je l'ai vu.

19:50
Robert Ménard

Aujourd'hui, en l'état actuel des choses, et au niveau où on en est de cette pré-campagne, est-ce que vous diriez qu'un second tour entre la France insoumise, entre Jean-Luc Mélenchon et le candidat du RN, qu'il soit Jean-Dane Bardella ou Marine Le Pen, est inéluctable ?

20:04
Invité

Je ne sais pas si c'est inéluctable, mais je ne souhaite pas me retrouver dans ce cas-là. Je ne souhaite pas avoir que ce choix-là. Je ne souhaite pas être obligé de choisir, alors vous avez raison, Marine Le Pen, encore que pour moi, ce n'est pas tout à fait la même chose, Marine Le Pen et M. Bardella, et de l'autre côté, Jean-Luc Mélenchon, et je ne souhaite pas que mon pays ait ce choix-là. Mais en même temps, vous allez trouver que c'est un peu compliqué.

Si j'étais dans ce cas de figure-là, et pardon, on y est tous les trois peut-être forcés à se retrouver là dans moins d'un an maintenant, je voterai pour le RN, parce que je pense que le danger aujourd'hui, avant tout, c'est la France insoumise.

20:41
Présentateur

Nicolas Sarkozy pourrait retourner en prison. Le parquet général a requis hier 7 ans de prison dans l'affaire libyenne contre l'ancien président de la République, une peine alourdie par rapport à celle dont il avait écopé en première instance. La décision ne sera connue que le 30 novembre, mais vous, aujourd'hui, est-ce que pour vous, c'est la preuve que la démocratie fonctionne encore ou est-ce que ça vous heurte ?

20:59
Invité

Ça me peine que quelqu'un qui a été le chef de l'État, qui n'est pas rien, qui a été notre chef de l'État à un moment donné, quand tu le vois en prison ou quand tu le sais avec un bracelet électronique, j'ai de la peine pour mon pays. Maintenant, la multiplication des affaires autour de Nicolas Sarkozy me font dire que l'argument de ces défenseurs qui expliquent que c'est un acharnement des juges, d'abord, il a été poursuivi par combien, je ne sais pas combien de juges, tous ces juges-là ne sont pas aujourd'hui au syndicat de la magistrature. Je ne crois pas qu'il y ait un complot contre le chef de l'État.

Je suis peiné et je trouve que ce n'est pas bien et ça donne une image catastrophique de notre pays ce qui se passe en ce moment, mais je ne suis pas un complotiste, pour reprendre, qui pense que l'ensemble de la magistrature a décidé de faire la peau à Nicolas Sarkozy. Voilà. Et maintenant, sur le fond de l'affaire, je n'en dirai rien parce que j'en sais, comme vous, ce que je lis dans la presse, pas plus que ça. Alors, je ne me prononce pas là-dessus.

22:02
Robert Ménard

Vous êtes, vous aussi, convoqué à la rentrée devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour toute autre affaire pour avoir refusé de marier, c'était en 2023, une Française et un citoyen algérien en situation irrégulière. Vous, vous en courez, 5 ans de prison, une amende de 75 000 euros et une peine d'inéligibilité. Comment est-ce que vous préparez ce procès, Robert Ménard ?

22:24
Invité

D'abord, je suis sidéré. Vous avez de la prison, des amendes et surtout l'inéligibilité. Je viens d'être élu chez moi il y a deux mois avec plus de 65 % des voix. Allez, essayez d'expliquer au Bitérois ça. Attendez, ce garçon, moi, je ne me prononce pas son histoire d'amour ou pas avec cette dame, ça ne me regarde pas et je n'en sais rien. Donc, je ne parle pas de ça.

22:48
Locuteur

Juste,

22:48
Invité

il était en situation illégale, il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire. Il y a le mot obligation de quitter le territoire, ce n'est pas moi qui l'ai délivré, c'est le pouvoir, les pouvoirs publics. Et il avait été condamné à huit mois de prison pour avoir, pour vol avec violence en Réunion. Ce n'est pas ça. Attendez, et c'est moi qui vais me retrouver devant le tribunal correctionnel. le 30 septembre.

23:13
Présentateur

C'est incroyable. On verra ça le 30 septembre mais pour l'heure, il est 8h58 sur France Info et vous l'attendez peut-être, c'est l'heure de la question qui, ce matin, la question qui attend la grâce. Son portrait est à l'entrée du stade de votre ville. Le journaliste français Christophe Gleize a été condamné, on le sait, à sept ans de prison et détenu depuis près d'un an en Algérie. Il a reçu lundi l'autorisation de recevoir la visite du consul de France. Les nouvelles sont plutôt rassurantes. Cette annonce a été faite par Reporters sans frontières dont vous êtes l'ancien patron. Qui plus est, vous êtes né en Algérie.

Cette question, que préconisez-vous pour convaincre le président algérien Théboune d'accorder sa grâce

23:45
Invité

à Christophe Gleize ? Je crois qu'il y a deux choses. Ça, les otages, les emprisonnés, j'ai fait ça pendant 25 ans de ma vie. Je crois qu'il n'y a pas de contradiction entre ce que peut faire la France et la diplomatie française et elle travaille, je ne sais pas ce qu'elle fait donc je ne me prononce pas là-dessus mais je crois que nous, je parle des journalistes parce qu'il est journaliste et les gens qui ne le sont pas, il faut taper du poing ça à la table, faire du ramdam, c'est ce qui sert. Et quand le gouvernement vous dit il faut vous taire, il a tort, il faut les deux.

Vous avez compris, le travail en coulisses de la part du Quai d'Orsay et je ne sais pas s'ils le font ou pas donc je ne mets pas en accusation et d'autre part une mobilisation qui n'y est pas. Enfin attendez, où elle est la mobilisation pour Gleize ? Alors moi, quand vous arrivez au stade de Bézier, alors on ne joue pas au foot mais on joue au rugby chez moi, il y a deux grands portraits et qui ne seront jamais enlevés parce que je sais que ça sert. Ce que je rêve c'est que les médias ne cessent d'en parler, les médias pas que dans les pages portiques mais tout. Évidemment.

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Présentateur

Et on en parlera et on continuera à en parler jusqu'à sa libération. Vous venez de le faire et je vous en félicite. Merci beaucoup Robert Bernard. Merci Mathilde.