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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 10 mars 2021 25 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesNumérique

Projets de vaccin français contre le coronavirus, concerts tests... Le "8h30 franceinfo" de Gilles Bloch

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    En quoi c'est important de savoir quand le virus est arrivé en France ?

  • 1:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous testez des échantillons plus anciens ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Le président du conseil scientifique a parlé de la situation à Manaus comme d'un virus "diabolique". Est-ce que c'est exact ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Mais est-ce qu'il devient plus méchant à mesure qu'il mute ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on apprend du virus en séquençant ces variants ?

  • 4:50OuverteRéponse partielle

    La France est le seul membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU à n'avoir toujours pas son vaccin fait maison. Est-ce qu'on a été mauvais ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « C'est l'INSERM, par exemple, qui a permis de découvrir que le virus était déjà présent en France depuis le mois de novembre 2019 »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « probablement désarrivée par plusieurs événements et une circulation précoce »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Non, on a donc à l'Inserm construit depuis des années et des années, c'est un effort de long terme, des grandes cohortes en population »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « et donc on a regardé assez loin dans le temps, et c'est à partir du mois de novembre qu'on voit le signal immunologique apparaître »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « ce qu'on observe, c'est qu'il mute assez rapidement, peut-être plus rapidement que les personnes optimistes espéraient »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « On n'a pas d'évidence, il devient certainement plus contagieux »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « Non, le virus, ce n'est pas un être intelligent, mais c'est le darwinisme »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « Non, je crois qu'on n'a pas été nul »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Dès le départ, on avait des candidats vaccins, des industriels qui étaient déjà dans la construction de ces vaccins dès le premier trimestre de l'année »
  • 5:26Invité politiqueFait
    « Vous parlez notamment de ce qui s'est passé chez Sanofi, où il se dit que ce soit une erreur de dosage, etc. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « Par contre, on a un pipeline avec plusieurs dizaines de vaccins en France. Il y en a une douzaine qui sont dans les laboratoires de l'Inserm »
  • 6:06Invité politiqueFait
    « On en est aux essais cliniques de phase 3 qui démarre sur la dernière phase »
  • 8:46Invité politiqueFait
    « Je crois que ce qu'on peut clairement noter, c'est quand même que la France a connu ces dix dernières années un investissement dans la recherche qui s'est ralenti »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Non, je crois que nos scientifiques français sont dans la course internationale »
  • 11:12Invité politiqueChiffre
    « Quand on regarde ce qui s'est passé sur Moderna, qui a quand même sidéré tout le monde par sa vélocité, la Barda américaine a mis 500 millions de dollars pour accompagner le développement »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Invité19 %
  • Invité 210 %
  • Locuteur non identifié8 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Bonjour Gilles Bloch, vous êtes le PDG de l'INSERM, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale. L'INSERM, en quelques mots, en quelques chiffres, ce sont 15 000 chercheurs, ingénieurs, techniciens, deux prix Nobel, et depuis un an, un millier de publications scientifiques sur le Covid. C'est l'INSERM, par exemple, qui a permis de découvrir que le virus était déjà présent en France depuis le mois de novembre 2019, c'est-à-dire un mois avant qu'on le détecte officiellement en Chine. En quoi c'est important de savoir quand il est arrivé chez nous ?

0:29
Invité politique

C'est important parce que ça démontre que probablement il n'y a pas eu un événement d'introduction tardif, comme on l'a soupçonné, avec le patient zéro qui débarque de l'avion, mais probablement désarrivée par plusieurs événements et une circulation précoce, qui explique probablement cette déferlante qui est arrivée ensuite avec des foyers multiples dans tout le pays simultanément. Est-ce que ça veut dire qu'il n'est peut-être pas né en Chine ? Écoutez, il y a un faisceau d'arguments quand même, puisque les premiers foyers importants étaient en Chine. Probablement de là sont partis des patients qui ont diffusé le virus.

Mais ce qui est, je crois, important, c'est d'expliquer la diffusion très rapide au début de l'année, par de multiples événements qui ont introduit le virus dans notre pays et plus largement en Europe, puisque c'est parti de plusieurs endroits quasiment simultanément. Il y a eu une incubation à bas bruit, on ne savait pas que le virus existait, il a été identifié, et ça a permis de voir tout de suite qu'il était déjà à beaucoup d'endroits.

1:34
Invité

Là, l'Inserm a testé des échantillons de novembre 2019. Est-ce que vous testez des échantillons plus anciens ? Est-ce qu'il est possible qu'ils soient apparus bien avant ?

1:41
Invité politique

Non, on a donc à l'Inserm construit depuis des années et des années, c'est un effort de long terme, des grandes cohortes en population, c'est-à-dire c'est des centaines de milliers de volontaires qui participent à cet effort de recherche. Vous-même, si vous voulez, vous êtes les bienvenus. Et donc on peut remonter le temps parce qu'on a des échantillons stockés, du sérum typiquement, et donc on a regardé assez loin dans le temps, et c'est à partir du mois de novembre qu'on voit le signal immunologique apparaître.

2:10
Invité

On est sûr qu'il n'était pas, on n'est jamais sûr de rien, mais on pense qu'il n'était pas là avant le mois de novembre.

2:15
Invité politique

Avant on voit rien et puis on commence à voir quelques sérums avec le virus, avec les anticorps qui apparaissent au mois de novembre.

2:23
Invité

Il y a quelques semaines, le président du conseil scientifique avait eu une expression étonnante en parlant de ce virus. Il parlait notamment de la situation dans la ville de Manaus, au Brésil, l'une des villes qui avaient été les plus touchées par la première vague du virus et dont on pensait à l'époque que la population était immunisée et qui s'est pris de plein fouet la deuxième vague avec cette fois le variant brésilien du virus. Jean-François Delfraissy avait dit que ce virus a quelque chose de diabolique. Une forme, je ne vais pas dire d'intelligence, on parle d'un virus, mais une capacité à s'adapter finalement assez hors du commun. Est-ce que c'est exact ?

2:57
Invité politique

Écoutez, ce qu'on observe, c'est qu'il mute assez rapidement, peut-être plus rapidement que les personnes optimistes espéraient. Cela dit, quand on voit les millions et les dizaines de millions de personnes qui ont été exposées, c'est un mécanisme, je dirais, assez connu. Plus le virus circule, plus il est capable de prospérer et de s'adapter à son hôte qui est l'être humain.

3:25
Invité

Mais est-ce qu'il devient plus méchant à mesure qu'il mute ?

3:28
Invité politique

On n'a pas d'évidence, il devient certainement plus contagieux. Ça, c'est les données que l'on voit sur les nouveaux variants qui sont identifiés à différents endroits. En termes de virulence, c'est-à-dire de gravité des symptômes, on n'a pas encore de certitude.

3:45
Invité

Qu'est-ce qu'on apprend du virus en séquençant justement ces variants ? Il change, mais il change dans quelle mesure ? Qu'est-ce qu'on apprend en séquençant ces variants ? Il contourne les vaccins, il contourne ce qu'on apprend au fur et à mesure de la recherche ?

3:58
Invité politique

Non, le virus, ce n'est pas un être intelligent, mais c'est le darwinisme. Il s'adapte pour mieux se reproduire. Et donc, il va d'abord s'adapter pour être de plus en plus infectieux, c'est-à-dire pour toucher le maximum de population. Ça, c'est ce qu'on voit dans la plupart des grandes épidémies dans le monde. Et puis, l'évolution, c'est quand même une évolution au hasard. Il peut devenir, à certains endroits, plus agressif en termes de symptômes. Il peut devenir moins agressif.

Il y a des formes d'adaptation où les virus maintiennent quelque part leur hôte en meilleure santé plus longtemps, avec des formes moins sévères, parce que c'est comme ça qu'il va pouvoir être encore plus contagieux. Tout ça, c'est l'évolution naturelle darwinienne pour s'adapter et prendre le plus de place possible dans l'écosystème.

4:50
Invité

La France, Gilles Bloch, est le seul membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU à n'avoir toujours pas son vaccin fait maison, contrairement aux quatre autres pays de ce Conseil. Est-ce qu'on a été mauvais ? Est-ce qu'on a été nul ? Ou est-ce que c'est la faute à pas de chance ?

5:03
Invité politique

Non, je crois qu'on n'a pas été nul. Dès le départ, on avait des candidats vaccins, des industriels qui étaient déjà dans la construction de ces vaccins dès le premier trimestre de l'année. Je crois qu'il y a eu des événements un petit peu aléatoires, qui ont fait qu'on n'a pas fait les bons choix tout de suite. Vous parlez notamment de ce qui s'est passé chez Sanofi, où il se dit que ce soit une erreur de dosage, etc. Une erreur de dosage dans la préparation du vaccin qui fait que ce ne soit pas arrivé. C'est des choses malheureusement qui arrivent dans le développement industriel. Par contre, on a un pipeline avec plusieurs dizaines de vaccins en France.

Il y en a une douzaine qui sont dans les laboratoires de l'Inserm. Et sur les prochains mois, on aura un vaccin français qui va sortir, qui sera utile, je dirais, en deuxième ligne derrière les premiers vaccins qui ont été mis sur le marché. Dans les prochains mois, c'est-à-dire ? Ça, je ne peux pas vous dire au mois près.

6:03
Invité

On en est où de la phase ? On en est à la fabrication ? On en est aux essais cliniques ?

6:06
Invité politique

On en est aux essais cliniques de phase 3 qui démarre sur la dernière phase. On a vu que ça pouvait aller très vite avec la mobilisation, qui a été absolument exceptionnel. L'Inserm contribue en ayant mis en place un réseau de recrutement de volontaires sains pour pouvoir accompagner les industriels dans le développement de ces vaccins. Donc, je suis assez confiant qu'on va être dans le peloton. On n'a pas été dans les tout premiers. Il y a des explications. On n'est plus dans le groupe maillot jaune. On n'est pas maillot jaune.

6:34
Invité

On n'est pas tout à fait dans le groupe maillot jaune, pour être honnête. Ils sont quelques kilomètres devant nous pour l'instant.

6:37
Invité politique

Mais je pense qu'on est face à un virus qui s'installe, qui s'adapte, on l'a dit. Une épidémie qui va probablement connaître plusieurs vagues. Et donc, avoir un deuxième rang de vaccin avec un vaccin d'origine française, je crois que c'est très utile. Gilles Bloch, le PDG de l'Inserm, invité de France Info.

6:57
Invité

Il est 8h40, le fil info, Mélanie Delonnet.

6:59
Locuteur non identifié

Mise à part Dunkerque, où le confinement le week-end est prolongé pendant trois semaines. Pas de nouvelles restrictions prévues à l'issue du Conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée. Même si la situation en Ile-de-France inquiète, il y a maintenant 1000 patients en réanimation dans les hôpitaux de région parisienne. En pleine épidémie, un troisième hôpital visé par une cyberattaque en l'espace d'un mois après Dax et Villefranche-sur-Saône, c'est à Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques. Des messages en anglais pour réclamer une rançon en bitcoins sont apparus sur les ordinateurs. Retour au papier et au crayon, mais le téléphone fonctionne.

Une cellule psychologique est ouverte au lycée professionnel d'Argenteuil dans le Val-d'Oise, dont deux élèves de 15 ans sont soupçonnés d'avoir frappé et poussé dans la scène une autre adolescente. Ils sont toujours en garde à vue. La jeune fille morte noyée était victime de harcèlement. C'est l'envoyé spécial des Etats-Unis pour le climat John Kerry, reçu aujourd'hui par Emmanuel Macron. Il est en tournée en Europe pour tenter de mieux coordonner la lutte contre le réchauffement climatique. C'est redevenu une priorité depuis le retour des Américains dans l'accord de Paris.

8:06
Présentateur

Toujours avec Gilles Bloch, PDG de l'Inserm, vous nous disiez il y a quelques instants

8:15
Invité

que la France reste dans le peloton sur la fabrication d'un vaccin maison. Sans donner de calendrier précis, est-ce qu'on est sûr qu'en 2022, des Français recevront des injections de vaccins français ?

8:25
Invité politique

Je crois que c'est un pari qu'on peut faire raisonnablement. On n'est jamais à l'abri d'événements inattendus, mais c'est un pari qu'on peut faire raisonnablement.

8:33
Invité

Sur le retard pris par la France sur ce vaccin, est-ce qu'il y a une question plus philosophique aussi, une aversion au risque, une différente culture que l'on paierait aujourd'hui, des procédures trop longues, trop complexes ?

8:45
Invité politique

Non, je ne crois pas que ce soit une question de procédure. Je crois que ce qu'on peut clairement noter, c'est quand même que la France a connu ces dix dernières années un investissement dans la recherche qui s'est ralenti. Je dirais même un sous-investissement. Moi, j'ai plaidé assez fréquemment la nécessité d'un réinvestissement, en particulier sur le secteur biomédical. Et donc, on peut clairement relier le foisonnement des solutions qui viennent des Etats-Unis, qui viennent du monde anglo-saxon, à une différence, je dirais, sur la dernière décennie d'investissement. Donc un manque d'investissement, mais pas un problème de culture scientifique ?

Non, je crois que nos scientifiques français sont dans la course internationale. On le voit bien, nos jeunes français qui partent à l'étranger faire des post-docs, ils sont courtisés partout. Le problème, c'est qu'ils ne restent pas chez nous.

9:34
Invité

Quand vous voyez aujourd'hui que les laboratoires Moderna et AstraZeneca sont dirigés aujourd'hui par deux français, est-ce que pour réussir, il faut partir ?

9:42
Invité politique

Je crois qu'aller faire un petit tour à l'étranger pour se frotter à la compétition dans d'autres pays, c'est très bien. On a plein de français qui reviennent, qui font des belles carrières en France. Et je crois qu'aujourd'hui, on a, avec la loi de programmation de la recherche, avec les actions des investissements d'avenir, un réinvestissement qui se fait de façon très concrète, et en partie pour réattirer plus de jeunes dans les carrières de recherche dans d'autres pays.

10:09
Invité

Est-ce que le réinvestissement passe aussi par le fait de sécuriser les pépites de ce qu'on appelle la biotech ? Quand on voit par exemple que le français Valneva, le franco-autrichien installé près de Nantes, est distribué d'abord au Royaume-Uni, qui a financé les essais cliniques et qui finance la construction d'une usine en Écosse, est-ce que vous vous dites qu'il faut faire plus pour garder les pépites françaises ?

10:28
Invité politique

Alors ça, c'est vraiment un gros, gros, gros sujet qui dépasse la capacité d'action de l'Inserm, mais je crois qu'il y a une prise de conscience au niveau français, au niveau européen. On est capable de créer des startups de grande qualité, de les faire grossir. Malheureusement, souvent, elles sont soit rachetées, soit contraintes de faire des deals.

10:47
Invité

Et qu'est-ce qu'il faut faire pour les garder ?

10:49
Invité politique

Il faut des mécanismes d'investissement importants par la BPI, par des actions au niveau européen, pour faire de l'investissement stratégique pour garder ces startups dans notre pays.

11:00
Invité

C'est-à-dire que dans le cas de Valneva, la France aurait dû débloquer, elle aussi, des milliards pour financer les essais cliniques, pour construire des usines ?

11:07
Invité politique

On est en train de, clairement, de travailler sur cette hypothèse. Quand on regarde ce qui s'est passé sur Moderna, qui a quand même sidéré tout le monde par sa vélocité, la Barda américaine a mis 500 millions de dollars pour accompagner le développement.

11:24
Invité

La Barda ?

11:25
Invité politique

C'est donc une agence d'investissement américaine pour le développement de certains produits industriels face à des crises. On aurait eu un tel outil au niveau français ou même au niveau européen, ça aurait peut-être accéléré les choses sur certains développements.

11:40
Invité

Est-ce que c'est l'une des raisons qui explique que, sur le plan technologique, par exemple sur l'ARN messager, la France passe totalement à côté ?

11:48
Invité politique

La France ne passe pas totalement à côté. On a des laboratoires qui ont travaillé. On a encore dans le pipeline des vaccins ARN. Il y a eu des investissements massifs aux États-Unis. Il y a un petit peu de hasard favorable aussi, il faut le dire. et je pense que la France aura aussi des vaccins ARN dans les années qui viennent contre la Covid-19 ou contre d'autres virus, puisque cette technologie se révèle être extrêmement efficace et je pense qu'elle va permettre d'autres applications.

12:15
Invité

Vous évoquez la question des moyens. Toute petite question, combien doit gagner un chercheur français pour que la France redevienne compétitive à l'international ?

12:22
Invité politique

Écoutez, moi je pense que la France a d'autres côtés attractifs. Ce n'est pas qu'une question de salaire. Les statuts, l'environnement, ce n'est pas qu'une question de salaire. Ce que j'ai dit... Vous voulez dire, pour garder nos chercheurs, il ne faut pas trop miser sur le salaire ? Il faut miser sur le salaire.

12:33
Invité

Il faut leur dire, c'est chouette, il y a des bonnes écoles, les routes sont bien construites. Il faut manger de la bonne nourriture, mais ne comptez pas gagner trop d'argent.

12:39
Invité politique

Il faut miser sur le salaire. Je crois que la loi de programmation réinvestit sur les salaires, y compris dans nos établissements publics. On va être à l'aune de quelques années à plus de 1000 euros par mois pour certaines catégories de personnel. Je pense qu'il y a d'autres éléments d'environnement, notre système social, notre système qui permet de faire des carrières beaucoup plus libres dans notre pays que dans d'autres, qui sont aussi des facteurs d'attractivité.

13:05
Invité

Vous aviez lancé au mois d'octobre un appel aux volontaires pour qu'ils se fassent vacciner contre le Covid. De quel vaccin on parle dans ce cas-là précisément ?

13:14
Invité politique

Alors attendez, ce n'était pas un appel à volontaires pour se vacciner, c'était un appel à volontaires pour rentrer dans des essais vaccinaux. La plateforme Covid-Revac qu'on avait lancée début octobre, on avait un objectif de 25 000 personnes pour pouvoir commencer à recruter. On est pratiquement aujourd'hui à 50 000 volontaires, donc ça a répondu au-delà de nos espérances. Et donc c'est des personnes qui acceptent de rentrer soit dans des essais industriels, par exemple on a un essai avec le vaccin Janssen qui a déjà démarré, en phase 3, c'est aussi des essais plus académiques pour vraiment comprendre par exemple la réponse immunitaire fine sur certains vaccins déjà commercialisés.

Donc c'est à la fois un objectif de recherche et puis un objectif industriel pour certains des projets.

13:59
Invité

Donc on leur inocule à certains d'entre eux des vaccins qui sont déjà commercialisés, j'allais dire dans le grand public, on n'est pas tout à fait dans le grand public en France avec nos 6% de vaccinés. On cherche quel type d'informations ? Les réactions désagréables que peuvent provoquer des vaccins ? Des réactions à plus long terme sur l'immunité au bout de 3, 4, 5, 6 mois ?

14:18
Invité politique

Exactement. La pharmacovigilance c'est un autre sujet. C'est pas chez vous. C'est organisé par la NSM en particulier. Nous on est plus sur la compréhension fine de la réaction immunitaire dans des populations plus âgées ou bien chez les jeunes. Donc c'est vraiment des études qui vont produire des résultats scientifiques nouveaux. Et puis on contribue à des phases 3, je dirais classiques, industrielles, avec quelques milliers de patients dans notre pays pour accompagner le développement de ces vaccins.

14:45
Invité

Est-ce que c'est cette étude qui permet de voir le terrain génétique, l'effet du terrain génétique sur la maladie ? L'Inserm a prouvé qu'il y avait une inégalité génétique devant le Covid.

14:54
Invité politique

Absolument. Là on n'est pas dans le vaccin, on est plutôt dans les formes sévères. Des personnes qui n'ont pas bénéficié de la vaccination. Et donc effectivement il y a eu de très beaux résultats en 2020 montrant qu'une petite fraction de la population a une faiblesse génétique. C'est dans la cascade de la réponse immunitaire qui est un petit peu déficiente. De quelle catégorie on parle ? Catégorie de patients ? Oui. C'est des formes sévères qui parfois malheureusement arrivent jusqu'au décès. Qui s'explique par ces facteurs génétiques ?

15:30
Invité

Mais ça veut dire que ça peut être des hommes, des femmes, des personnes âgées ?

15:32
Invité politique

Plus d'hommes que de femmes. On retrouve plus d'hommes que de femmes dans ces personnes avec cette fragilité génétique. Qui est autour de l'interféron, donc une molécule dont on a déjà beaucoup parlé dans le cadre de la Covid-19.

15:47
Invité

Est-ce qu'on sait pourquoi les femmes, notamment, sont celles qui souffrent plus de la forme longue du Covid ? C'est une forme qui touche un pourcentage assez important, de l'ordre de 10% d'après ce que j'ai cru en comprendre. Des formes de troubles neurologiques, de douleurs, parfois pendant des semaines, parfois pendant des mois. Il semble, je dis il semble, parce que les femmes sont les premières touchées. Est-ce qu'on sait pourquoi ?

16:10
Invité politique

Non, très honnêtement, aujourd'hui, on ne sait pas pourquoi. C'est un des sujets importants, d'abord, de comprendre ces formes de Covid long qui touchent aussi bien le système neurologique, qui touchent le système respiratoire, tous ces phénomènes de fatigue. Donc, il y a un très gros papier qui va sortir en fin de semaine dans le JAMAS sur ce sujet. Le JAMAS, pardon, excusez-moi. C'est le Journal of the American Medical Association. C'est un des grands journaux de recherche clinique.

16:40
Invité

On n'a pas dans notre revue de presse matinale.

16:42
Invité politique

Non, on ne parle pas que de Science et Nature. Il y a aussi quelques grands journaux de spécialité plus médicales. Et donc, c'est un travail qui continue, où il faut maintenir l'effort, où la France et l'Inserm sont présents.

16:56
Invité

On va laisser la presse scientifique de côté, si vous voulez bien, Gilles Bloch, dans quelques instants, pour parler de la musique, cette fois, puisque l'Inserm prépare avec le gouvernement les fameux concerts tests qu'ils doivent avoir lieu. On n'a pas bien compris quand, d'ailleurs, puisque leur date a été repoussée, semble-t-il, à plusieurs reprises, les concerts tests à Marseille et à Paris. Vous nous direz ce que vous en attendez dans un instant. D'abord, le fil à info à 8h50. Mélanie Delaunay.

17:18
Locuteur non identifié

Ils sont toujours entendus par les policiers. Les gardes à vue vont être prolongés pour les deux adolescentes 15 ans après la mort d'une autre élève de leur lycée professionnel d'Argenteuil, dans le Val d'Oise. Ils sont soupçonnés de l'avoir frappée et poussée dans la scène. La mère de cette adolescente de 14 ans avait signalé qu'elle était victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. On fait le doron, car c'est la dernière ligne droite. Avant des jours meilleurs, confie un ministre à France Info. Pas de changement à attendre du Conseil de défense sanitaire ce matin à l'Elysée.

Même si la situation en Ile-de-France, plus d'un millier de personnes désormais en réanimation, préoccupent le gouvernement. L'accès aux archives datant de plus de 50 ans va être facilité, en particulier sur la guerre d'Algérie. Les procédures de déclassification accélérées dès aujourd'hui pour les universitaires, les historiens. Elles se font désormais par carton entier et non plus feuille par feuille. Les footballeurs du Paris Saint-Germain veulent capitaliser sur leurs trois buts d'avance. Ils affrontent Barcelone au Parc des Princes à 21h ce soir pour une place en quart de finale de la Ligue des Champions. France Info

18:19
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Marc Fauvel.

18:24
Invité

Toujours avec Gilles Bloch, le PDG de l'Inserm. L'Inserm qui va participer au concert test qui doit avoir lieu dans quelques jours à Marseille d'abord, de concert, puis à Paris. Vous en avez la date aujourd'hui ?

18:35
Invité politique

Non, on n'a pas de date, on travaille sur la mise en place du protocole, l'obtention des autorisations. C'est un format de recherche un petit peu inédit et donc ça prend un petit peu de temps, je ne peux pas vous donner de date.

18:48
Invité

C'est inédit mais d'autres pays européens, l'Espagne, en l'occurrence Barcelone l'a fait au mois de décembre. Les Pays-Bas l'ont fait, je crois que c'était en début de deux semaines. Pourquoi c'est si long en France à organiser ? Est-ce que ça aura un sens finalement de l'organiser et d'en avoir les résultats avant la saison estivale ?

19:01
Invité politique

On fera le maximum pour avoir les résultats le plus tôt possible. On va apprendre des choses importantes sur l'efficacité des mesures barrières dans un endroit confiné avec une configuration de salle de concert. Donc je pense qu'on est vraiment à l'échelle de quelques semaines pour la mise en place. Et c'est important qu'on sache aussi dans la configuration de nos événements que ça marche réellement.

19:28
Invité

Alors à Marseille ça va se passer au Dôme, sur scène il y aura Ayam. Vous voyez j'ai bien suivi la préparation. C'est d'ailleurs une question bête, le choix de l'artiste c'est important. On ne participe pas, non ça dépend pas forcément de l'insert, non c'était pas ma question. On n'assiste pas à un concert de rap comme on assiste à un concert de musique classique. On tape peut-être un peu plus du pied, on a peut-être un peu plus envie de se lever. Ça a joué, c'est-à-dire que vous avez voulu choisir un artiste qui a priori fait bouger la salle.

19:53
Invité politique

Le choix c'est quand même que les gens restent assis pour qu'on limite quand même les risques, qu'on puisse observer les gens avec de la vidéo et ça, ça fait partie de la démarche scientifique pour voir si les gestes barrières sont bien respectés, si les gens ne tombent pas les masques et ne se touchent pas les uns les autres dans l'enthousiasme de la musique. Donc il faut commencer par des conditions extrêmement rigoureuses parce qu'il faut qu'on soit bien responsable vis-à-vis des volontaires qui participent à ces événements.

20:21
Invité

Donc on comprend bien, c'est 5000 personnes par exemple pour Marseille, comment vous organisez ? Quel est le protocole ?

20:26
Invité politique

Le protocole qui se prépare à Marseille, c'est environ un millier de personnes dans la salle qu'on va comparer à un millier de personnes qu'on va suivre aussi, qui ne seront pas dans la salle, qui ne participeront pas à l'événement et qu'on va suivre aussi en termes de tests de diagnostic pour voir si au temps initial ils sont porteurs ou non du virus et puis on regarde ensuite une semaine après et puis on diffère. Et donc on compare des gens qui vont dans le concert, qu'on observe de très près, à des gens qui ne vont pas dans le concert, qu'on observe aussi de très près.

20:56
Invité

Ce millier de personnes qui seraient à l'intérieur de la salle de concert, il y en aura parmi elles qui auront le virus. Qui ont le virus. Certainement. On va les dépister, c'est ça ? Oui, absolument. On va les tester, pardon, avant. On ne leur donnera pas le résultat ? Avant ?

21:10
Invité politique

Le test, il est fait vraiment au moment du démarrage. Ils vont au concert.

21:15
Invité

Mais on ne leur dit pas, ceux qui ont un test positif, on ne leur dit pas. On les laisse aller au concert normalement. Absolument. Sinon, on vient de complètement laisser. On leur dit quand même à la sortie, j'espère. Pardon ? On leur dit quand même à la sortie du concert, j'espère.

21:24
Invité politique

Oui, bien évidemment. Mais l'important, c'est de voir si un porteur du virus peut être infectieux dans les conditions du concert avec tous les gestes barrières.

21:35
Invité

Et pour qu'on comprenne bien dans quelle mesure cet essai est avancé, les spectateurs ont été choisis, sélectionnés à ce jour ?

21:41
Invité politique

À ma connaissance, je ne sais pas si nominalement ils ont été choisis. Mais on sait que c'est une population d'étudiants et qu'il n'y a pas de frein de ce côté-là, les gens répondent.

21:48
Invité

Population uniquement d'étudiants, donc ? Oui, a priori. Bon, une autre question importante, Neila, c'est celle des traitements contre le Covid. Là aussi, l'Inserm joue un rôle, Gilles Bloch. Effectivement, le dernier rapport d'activité de l'Institut évoque un essai à venir sur une combinaison d'anticorps monoclonaux. Où en est cet essai ? Est-ce que c'est lancé aujourd'hui ?

22:06
Invité politique

Alors, c'est la suite de l'essai Discovery dont on avait parlé au début de l'année. Qui n'a pas marché. Qui a marché, c'est-à-dire qu'on a eu des résultats, mais des résultats négatifs. Oui. Et comme dans la plupart des essais thérapeutiques, malheureusement, qui ont été conduits à travers le monde, il n'y a pas eu de molécules nouvelles, miracles. Il y a eu des molécules déjà éprouvées, type corticoïdes, la fameuse d'hexamétasone, qui a fait la preuve de son efficacité. Et donc, riche de cet essai qui a organisé le travail sur plusieurs centres de recherche hospitalier, on va lancer un nouveau bras.

Là aussi, les contrats sont quasiment signés avec le partenaire industriel, pour tester un cocktail d'anticorps. C'est une piste qui est suivie sur plusieurs pays, simultanément. Et donc, il faut que la France soit aussi dans la course.

22:54
Invité

Que va apporter le traitement, justement, par rapport à des vaccins ? On accélère la vaccination d'un côté ? C'est deux choses différentes.

23:00
Invité politique

Le vaccin, il sera, on l'espère, le plus général possible dans la population. Mais on peut se dire qu'on a encore de longs mois, voire quelques petites années, où toute la population ne sera pas protégée et où il y aura encore des cas de Covid. Et donc, il faut qu'on ait des réponses thérapeutiques pour les cas de Covid. Et parmi eux, les cas les plus graves.

23:18
Invité

Et sur les anticorps monoclonaux, il y a eu une polémique récemment sur l'achat par la France de dizaines de milliers de doses d'anticorps monoclonaux. Est-ce qu'on s'est précipité ? J'entends que l'Inserm va poursuivre des investigations d'un côté. Que ce monde a été passé de l'autre ?

23:30
Invité politique

Quand on agit vite, on reproche de se précipiter. Quand on prépare trop longtemps, on reproche de ne pas être assez agile. Mais je crois que le gouvernement, les opérateurs de soins et de recherches essayent vraiment d'être réactifs et d'anticiper. Et je trouve ça très raisonnable.

23:49
Invité

Je voudrais connaître, si vous le voulez bien, Gilles Bloch, votre position sur la vaccination des soignants. Je sais que ce n'est pas exactement votre domaine, mais vous êtes à la tête d'un institut de recherche médical. On voit, on entend aujourd'hui une forme de réticence dans une partie du corps médical chez les infirmiers, les infirmières, chez les aides-soignants. Également, quelle est votre opinion ?

24:10
Invité politique

Mon opinion, je suis moi-même soignant, je suis médecin, c'est qu'il faut absolument se vacciner. Il faut encourager, je crois qu'Olivier Véran le fait très bien, tous les soignants à se vacciner. Moi, j'ai assez confiance dans mes confrères et mes collègues pour aller vers cette vaccination. C'est une protection un peu pour soi, mais beaucoup pour le collectif et les patients. Encourager ou aller plus loin ? D'abord encourager et voir rapidement comment ça répond.

24:39
Invité

Merci à vous, Gilles Bloch, PDG de l'Inserm. C'était ce matin l'invité de France Info. Belle journée à vous.