đŽ EN DIRECT - ClĂ©mentine Autain invitĂ©e de RMC
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8h33 et vous ĂȘtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour ClĂ©mentine Autain. Bonjour Apolline. Merci de rĂ©pondre Ă mes questions ce matin. Vous ĂȘtes la dĂ©putĂ©e de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Et ce matin on est pile entre la promulgation de la loi aprĂšs la validation par le Conseil constitutionnel. Ăa c'Ă©tait ce week-end. Et Emmanuel Macron qui fera une Ă©locution trĂšs solennelle ce soir Ă la tĂ©lĂ©vision Ă 20h. Qu'est-ce que vous en attendez ? Est-ce que vous en attendez quelque chose ?
J'attends d'un Président de la République dans la situation dans laquelle nous nous trouvons qu'il atterrisse. Qu'il atterrisse, c'est-à -dire qu'il comprenne que les Français ne veulent pas transformer les deux pires années de travail, enfin les deux plus belles années de la retraite en deux pires années de travail. C'est ce qu'a fait le gouvernement. Alors attendez, refaites-le parce que du coup... Excusez-moi.
Allez-y, je sens que vous l'aviez prĂ©parĂ©e celle-lĂ . On se sent quand mĂȘme un peu comme...
Quand on se prend les pieds, il faut ĂȘtre honnĂȘte, c'est en gĂ©nĂ©ral qu'on l'a apprise par cĆur. Non, c'est que je l'ai dit beaucoup de fois. Donc lĂ , je l'ai dit Ă l'envers, mais je pense que tout le monde la comprend. C'est qu'en fait, les deux plus belles annĂ©es de retraite, c'est de 62 Ă 64 ans. Et que lĂ , il va les transformer en deux pires annĂ©es de travail pour l'Ă©crasante majoritĂ© des salariĂ©s. Et c'est ce que les Français ne veulent pas. Et donc, il faut qu'il apaise cette colĂšre et qu'il comprenne. Donc j'attends du PrĂ©sident de la RĂ©publique qu'il atterrisse. Et donc qu'il abroge cette loi, c'est ce que veulent les Français.
Il ne va pas l'abroger alors qu'il l'a promulguĂ©e sous ce week-end. Vous me posez la question. J'attends du PrĂ©sident de la RĂ©publique qu'il augmente les salaires et qu'il bloque les prix. Parce que le problĂšme majeur des Français aujourd'hui, c'est qu'ils sont pris Ă la gorge. Et que vous avez vu comme moi Ă quel point le moindre panier que vous faites, panier d'alimentation quand vous faites vos courses, on est dans des niveaux qui sont des niveaux insupportables. Vous avez 42% des Français les plus prĂ©caires qui ont supprimĂ© un repas par jour. Un repas par jour. On ne va pas faire toute la liste. Les Français la connaissent par cĆur.
Mais parfois, il y a des domaines qu'on ne connaĂźt pas parce qu'ils ne nous concernent pas directement. Je vais prendre un exemple. C'est les couches. J'ai Ă©tĂ© frappĂ©e. Vous avez une augmentation du paquet de couches qui est de 1,25 centime. Pour tous les parents, c'est insupportable. Pour tous les parents qui ont des bĂ©bĂ©s, c'est insupportable. Vous avez le prix du sucre. Ăa concerne tout le monde. Mais quand vous passez de 75 centimes Ă 1,50 euro en 3 mois, c'est insupportable. Et pendant ce temps-lĂ , vous avez des salaires qui sont des salaires comprimĂ©s. Est-ce que le prĂ©sident de la RĂ©publique comprend cette situation ?
Est-ce que le prĂ©sident de la RĂ©publique est capable de trouver les mots sur la crise de rĂ©gime que nous traversons ? Peut-ĂȘtre aura-t-il lu LibĂ©ration ce matin qui, en une, dit que 76% des Français estiment que la dĂ©mocratie est en mauvaise santĂ© et qu'un Français sur deux pense qu'Emmanuel Macron est autoritaire. Donc, est-ce qu'Emmanuel Macron, ce soir, aura atterri ? J'entends bien que je fais un vĆu pieux. J'entends bien que, d'ailleurs, les Français, probablement, n'attendent rien du prĂ©sident de la RĂ©publique. Mais voyez que c'est extrĂȘmement grave.
On a bien compris que, pour vous, l'important, ce serait aussi le pouvoir d'achat. On va y revenir et la réponse qu'il devrait faire aux Français. Mais quand vous dites, je voudrais qu'ils se rendent compte qu'il y a une crise de régime, est-ce que le fait que vous, vous disiez ce week-end, la légalité, ce n'est pas la démocratie, ça ne provoque pas encore un petit peu plus la crise de régime ?
Non. Ce qui provoque la crise de rĂ©gime, c'est de penser que la lĂ©galitĂ© pourrait ĂȘtre la dĂ©mocratie. C'est-Ă -dire que de penser... La lĂ©galitĂ©, vous dites cette phrase, la lĂ©galitĂ©, ce n'est pas la dĂ©mocratie. Mais Ă©videmment. Bien sĂ»r que la lĂ©galitĂ©, ce n'est pas la dĂ©mocratie. Mais est-ce que l'illĂ©galitĂ©, c'est la dĂ©mocratie ? Prenez l'exemple concret. C'est lĂ©gal, aujourd'hui, que le prĂ©sident de la RĂ©publique puisse passer par le 47-1 de la Constitution... Qui Ă©tait la procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e du dĂ©bat. C'est lĂ©gal. C'est une procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e. Ăa veut dire qu'ensuite, il peut procĂ©der par ordonnance.
C'est légal et le Conseil constitutionnel peut légalement valider une loi qui n'a pas de légitimité auprÚs des Français, puisque l'écrasante majorité est contre. Qui n'a pas de légitimité dans la démocratie sociale, puisque tous les syndicats sont contre. Qui n'a pas de légitimité au Parlement, puisque l'Assemblée nationale n'a pas voté.
Ăa veut dire qu'un homme... A la limite, je l'aurais pu entendre, la lĂ©galitĂ© n'est pas la lĂ©gitimitĂ©. Mais la lĂ©galitĂ© n'est pas la dĂ©mocratie. C'est quoi la dĂ©mocratie, si ça ne repose pas sur des rĂšgles lĂ©gales ? Ăa ne suffit pas.
Ăa ne suffit pas. Et surtout, le problĂšme, c'est que nous sommes dans une Constitution qui permet Ă un homme seul de dĂ©cider. Et c'est pourquoi nous sommes dans une crise de rĂ©gime. C'est quand vous avez un tel dĂ©calage, une telle dĂ©connexion entre le prĂ©sident de la RĂ©publique, qui est normalement garant de l'unitĂ© de la nation, et la majoritĂ© des Français, cela signifie que quelque chose, et tout le monde peut le constater, ne tourne absolument pas rond. Donc ça peut ĂȘtre lĂ©gal, formellement, mais ça n'est pas dĂ©mocratique. Est-ce que, ClĂ©mentine Autain, vous respectez la dĂ©cision du Conseil constitutionnel ? Non, je la conteste. Je la conteste absolument.
D'abord, je pense qu'elle n'est pas fondĂ©e en droit. Nous avions fait un recours avec des motifs trĂšs sĂ©rieux. D'ailleurs, quand vous lisez le rendu du Conseil constitutionnel, ça s'arrachait les cheveux de la tĂȘte. Il nous explique, par exemple, qu'il valide le fait que les ministres ont eu des donnĂ©es, qui Ă©taient des donnĂ©es, je cite, erronĂ©es. VoilĂ , donc c'est-Ă -dire qu'il valide le fait qu'on peut mentir. Mais ça, ce n'est pas grave, parce qu'on a pu en discuter.
Erroné ne veut pas dire mentir.
Des données erronées.
Non, mais avoir des donnĂ©es erronĂ©es, ça ne veut pas dire que... Un ministre peut dire que c'est erronĂ©. Non, mais ça ne veut pas dire que le ministre lui-mĂȘme a menti.
D'accord, ben prenez un dictionnaire erroné, ça veut dire qu'il n'est pas juste, qu'il n'est pas vrai. J'ai bien compris. Vous me parlez des données erronées, et ensuite vous me parlez des ministres. Oui, mais vous le savez sur les 1 200 euros, tous les Français l'ont vu. Quand on nous a expliqué au début que tout le monde pourrait avoir 1 200 euros, puis aprÚs on a appris que c'était du brut et pas du net, puis aprÚs on a appris que c'était 200 000, puis finalement c'est 40 000, et puis pour finir de finir, c'est quelques dizaines de milliers.
Ăa s'appelle du mensonge, surtout quand le ministre Dussopt avait la note qu'il a cachĂ©e, notamment Ă la reprĂ©sentation nationale, sur ces donnĂ©es qui Ă©taient validĂ©es par son administration.
LĂ pour le coup, on ne peut pas plus dire absolument n'importe quoi. Il y a une personne qui est trĂšs trĂšs respectĂ©e lĂ -dessus, et j'imagine honnĂȘtement que vous ne direz pas le contraire, c'est MickaĂ«l Zemmour, l'Ă©conomiste, qui est la premiĂšre personne Ă avoir levĂ© le loup de ces 1 200 euros. Il Ă©tait mon invitĂ© ici mĂȘme vendredi, prĂ©cisĂ©ment pour pouvoir dire si oui ou non, il y avait eu mensonge, il y avait eu insincĂ©ritĂ©, comme on dit, des dĂ©bats. Lui-mĂȘme, il disait, Ă cette question des 1 200 euros, que le dĂ©bat public n'avait pas Ă©tĂ© serein et n'avait pas Ă©tĂ© sincĂšre. Mais quand on regardait les textes lui-mĂȘme, il disait que tout Ă©tait dans les textes malgrĂ© tout.
C'est-à -dire qu'il n'y a pas eu de mensonge. Non mais vous ne pouvez pas dire, vous député, vous aviez aussi accÚs aux textes.
Vous pouviez dÚs le début dire que... Mais c'est ce que nous avons dit, simplement l'insincérité... Vous avez pu le dire, vous avez pu l'exprimer. Mais l'insincérité des débats est mise en cause par des ministres qui ont des données formelles et qui racontent autre chose. DeuxiÚme point, c'est pour ça que je conteste la décision.
Non mais c'est important de voir que pendant le dĂ©bat dĂ©mocratique, on peut le dire, pour le coup, ce loup-lĂ a Ă©tĂ© levĂ© au minimum et chacun a pu faire rĂ©fĂ©rence au texte lui-mĂȘme. Et dans le texte, il n'y avait pas de mensonge. Ăcoutez, on ne peut pas jouer sur les mots, sur une question aussi importante que la lĂ©galitĂ©.
Je vous donne diffĂ©rents Ă©lĂ©ments. Je pense que ce dĂ©bat n'Ă©tait pas sincĂšre du point de vue de l'exĂ©cutif. et que la procĂ©dure adoptĂ©e Ă©tait, dit le Conseil constitutionnel, inhabituel. Et vous concluez donc que le Conseil constitutionnel est illĂ©gitime ? Je pense qu'en effet, il prend une dĂ©cision qui est une dĂ©cision Ă©minemment politique. Vous savez, la matiĂšre du droit, ce n'est pas une science exacte. Ce n'est pas une science exacte. Mais c'est quoi ? Ăa veut dire quoi, ça ? Vous le savez bien. Il y a de l'interprĂ©tation. Il n'y a qu'Ă voir un tribunal qui rend une dĂ©cision.
Certains scientifiques, comme Didier Raoult, vous diront que les sciences médicales sont elles aussi relatives.
Ce que je veux dire, c'est qu'Ă partir du moment oĂč vous... Non, alors lĂ , moi, je ne suis pas du tout d'accord avec ça. Il y a des sciences, des sciences dures, voilĂ , des sciences dures. La physique, on ne discute pas de savoir si le soleil tout retourne de la Lune ou l'inverse. C'est prouvĂ© scientifiquement par l'expĂ©rience. En revanche, la matiĂšre juridique, elle est source d'apprĂ©ciation. Donc, les prĂ©tendus sages, qui n'ont pas rendu une dĂ©cision de sagesse, mais au contraire une dĂ©cision que j'estime irresponsable, eh bien, ont fait un travail politique. Politique, et ils ont Ă©galement rejetĂ© le RIP. Ils pouvaient, le rĂ©fĂ©rendum d'initiative populaire.
Il y en a un deuxiÚme d'ailleurs qui est en discussion. Mais vu les motifs avancés qui sont là aussi un peu ubuesques, si vous me permettez l'expression, c'est-à -dire... Vous espérez peu. Voilà , je ne sais pas ce qui va se passer. Il peut toujours y avoir un coup de théùtre, mais ce n'est pas l'ambiance. Marine Le Pen, elle dit du RIP que c'est une arnaque. Si nous avions eu 4,8 millions de signatures, et si ce RIP...
Non, mais que la procédure est une arnaque. Qu'en fait, jamais personne n'y arrivera.
Alors, il y a quelque chose qui ne va pas non plus. Vous voyez bien que ça ne tourne pas rond. Quand vous avez un homme qui décide seul d'une mesure dont les Français ne veulent pas, c'est le président de la République, et que tout cela est légal, c'est-à -dire que la Constitution lui permet, et je veux revenir sur cette Constitution, elle a été, vous savez, écrite en 1958 dans un contexte de guerre pour un général, qui était le général de Gaulle, et elle a conféré un pouvoir exorbitant, exorbitant, au président de la République et à l'exécutif. D'accord ?
Aucune démocratie autour de nous, aucune, aucun régime démocratique, en Europe, mais pas seulement, n'a un tel pouvoir qui est donné à un seul homme, et un systÚme institutionnel qui permet, justement, de telles choses complÚtement.
Donc, pour vous, elle est morte, cette Constitution ?
Elle est morte le 14 avril. Elle Ă©tait dĂ©jĂ bien entamĂ©e, depuis fort longtemps, et j'ai envie de dire depuis le dĂ©but. Et Ă gauche, vous savez Ă quel point nous avons dĂ©noncĂ© le coup d'Ătat permanent, le fait que dans ce rĂ©gime-lĂ , il y avait quelque chose de fondamentalement autoritaire. Mais aujourd'hui, je pense qu'il n'y en a pas d'une autre. Je pense qu'on arrive Ă quelque chose qui est nĂ©cronĂ©.
Je voudrais qu'on comprenne oĂč on en est aujourd'hui, ClĂ©mentine Autain. J'ai bien compris que vous espĂ©riez et vous appeliez Ă une nouvelle Constitution, la 6e Constitution, 6e RĂ©publique. Mais cela dit, en attendant, les rĂšgles qui rĂ©gissent notre vie en commun dans cette citĂ©, c'est la 5e RĂ©publique. C'est cette Constitution-lĂ . Or, vous ne la respectez pas. Ă partir du moment oĂč les dĂ©cisions comme celles du Conseil constitutionnel
vous apparaissent illĂ©gitimes, qu'est-ce qui est lĂ©gitime aujourd'hui ? Je pense qu'il y a une interprĂ©tation de cette 5e RĂ©publique qui est poussĂ©e Ă son extrĂȘme d'un point de vue autoritaire. MĂȘme le peu que nous avons, dĂ©solĂ©e, Pauline de Malherme, mais le prĂ©sident de la RĂ©publique et le systĂšme institutionnel, aujourd'hui, ça soit dessus. Et ce qui est fascinant, c'est de voir qu'Emmanuel Macron a Ă©tĂ© Ă©lu dans le cadre de ce qu'on peut appeler un barrage rĂ©publicain et que maintenant, c'est lui qui fait barrage Ă la RĂ©publique.
Il avait lui-mĂȘme dit que ça l'obligeait.
Il fait barrage à la République, aujourd'hui. Donc, non seulement on pourrait faire mieux dans le cadre de la 5e République, le président de la République a par exemple le pouvoir de faire repasser aujourd'hui, c'est l'article 10 de la Constitution, le texte devant l'Assemblée nationale. Il a le pouvoir de le faire. Il choisit de ne pas le faire. Donc, il est particuliÚrement autoritaire. Et je veux que chacun comprenne que ce changement institutionnel, ce n'est pas quelque chose qui n'aurait rien à voir avec la vie quotidienne des Français. C'est quelque chose qui a à voir. Tout le monde peut le comprendre. Qui décide aujourd'hui ?
Mais de choses simples, je vous parlais tout Ă l'heure des salaires. Qui dĂ©cide des salaires ? Qui dĂ©cide que, par exemple, l'annĂ©e derniĂšre, 80 milliards d'euros... Et la plupart du temps, c'est les patrons. Non, ça peut ĂȘtre l'Ătat. Bien sĂ»r que ça peut ĂȘtre l'Ătat et la loi.
Mais la plupart du temps, pour l'instant, en tout cas...
La hausse du SMIC, qui peut le dĂ©cider ? L'Ătat. VoilĂ , l'Ătat, donc l'AssemblĂ©e nationale. Donc, vous voyez, ça dĂ©pend de nous. DĂ©cider d'indexer les salaires sur l'inflation, qui peut le dĂ©cider ? Un systĂšme politique.
Tout Ă fait ĂȘtre une dĂ©cision, ça avait d'ailleurs Ă©tĂ© le cas jusqu'Ă dans les annĂ©es 80.
Une dĂ©cision politique. L'annĂ©e derniĂšre, 80 milliards d'euros ont Ă©tĂ© redistribuĂ©s en dividendes aux actionnaires. Qui le dĂ©cide ? Qui le dĂ©cide ? Qui dĂ©cide qu'on est dans une sociĂ©tĂ© oĂč, depuis les annĂ©es 80, on donne des milliards et des milliards aux grandes entreprises sans contrepartie et pendant ce temps-lĂ , on aide moins les mĂ©nages qui sont dans la galĂšre ? Qui dĂ©cide qu'on ferme des maternitĂ©s ? Qui dĂ©cide qu'on n'investisse pas dans l'Ă©cole et les hĂŽpitaux ?
Ce que vous voulez dire, c'est qu'il est face à ses responsabilités sur des questions trÚs quotidiennes des Français. Et d'ailleurs, vous espéreriez que ce soir, il parle pouvoir d'achat, vous le disiez, la question de l'augmentation des salaires.
Je veux juste dire, Pauline de Malerme, je veux ici tirer la solenne d'alarme sur la crise de régime et dire que le temps est venu d'une nouvelle République, la sixiÚme de ce nom, parce que la cinquiÚme. Mais que cette question institutionnelle n'est pas une question qui va intéresser un tout petit milieu. C'est une question qui intéresse les Français, puisque chacun a vu que de la crise sur la question des retraites, nous sommes passés à une crise démocratique.
Et que si on veut renouer un lien de confiance entre les Ă©lus, entre tous les Ă©lus, y compris les dĂ©putĂ©s, qui n'ont pas forcĂ©ment une confiance, enfin les Français n'ont pas une confiance absolue dans leurs dĂ©putĂ©s, n'ont pas confiance dans leur systĂšme institutionnel, n'ont pas confiance dans le Conseil constitutionnel, pour justement qu'ils soient Ă l'Ă©coute des prĂ©occupations des Français. Eh bien, si on veut retrouver ce lien, alors il faut faire un grand mĂ©nage et il faut ĂȘtre capable de tout revisiter du sol au plafond.
S'il parlait ce soir de pouvoir d'achat, s'il lançait une nouvelle loi sur la question du pouvoir d'achat, sur la question de l'augmentation des salaires, vous seriez prĂȘt dans ces cas-lĂ Ă voter des lois avec le gouvernement ?
Non mais nous on est toujours prĂȘt, s'il y a une loi qui est d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et qu'on estime juste, qui permet de faire reculer les inĂ©galitĂ©s, qui permet d'amĂ©liorer le quotidien des Français, on le fait. D'ailleurs, on l'a fait Ă plusieurs reprises ces derniers temps, et mĂȘme quand on a fait avancer les choses, le PrĂ©sident de la RĂ©publique est passĂ© par derriĂšre avec la PremiĂšre Ministre et a fait un 49-3. Onze fois, onze fois, ils ont empĂȘchĂ© les votes qui Ă©taient des votes progressistes Ă l'AssemblĂ©e nationale, pour justement imposer leur loi.
Il y aura une suite dans la rue.
C'est une minorité qui impose sa loi à tous.
Il y aura... Enfin, ce n'est pas une minoritĂ©, vous ne pouvez pas non plus exagĂ©rer. Bien sĂ»r que c'est une minoritĂ©. Vous considĂ©rez que c'est une minoritĂ© ? Vous considĂ©rez... Non, il a une majoritĂ© relative. Il n'a pas de majoritĂ©. Il n'a pas de majoritĂ©. C'est bien ce que je viens de dire, il a une majoritĂ© relative. Pour autant, il est quand mĂȘme le groupe.
Une majorité relative, ça ne veut pas du minorité. Il est le plus grand groupe de la... La plus grosse minorité, si vous voulez, mais ce n'est pas une majorité.
D'accord. Donc pour vous, il n'est mĂȘme pas... Enfin voilĂ , cette majoritĂ© relative, vous ne la reconnaissez pas. Il a Ă©tĂ© Ă©lu malgrĂ© tout, au deuxiĂšme tour.
Il n'a pas de majorité.
Il a été élu. Il a été élu, pourquoi ?
Il a Ă©tĂ© Ă©lu en grande partie parce que nous, les Français... Mais il a Ă©tĂ© Ă©lu. Oui, mais il faut comprendre sur quelle base il a Ă©tĂ© Ă©lu. Ensuite, le premier groupe... Mais c'est qualifiĂ© au deuxiĂšme tour, par exemple. Je veux dire, Jean-Luc MĂ©lenchon n'Ă©tait pas au deuxiĂšme tour. Certes, mais il n'a pas Ă©tĂ©... Ăa change les choses quand mĂȘme. Mais je l'entends bien, ça. Alors, simplement, je vous dis qu'il devrait songer aux conditions dans lesquelles il a Ă©tĂ© Ă©lu. Et qui d'ailleurs, quand on regarde l'AssemblĂ©e nationale, donne Ă voir qu'il avait plus de 300 dĂ©putĂ©s avant. Et puis lĂ , il n'a pas de majoritĂ©. Donc il devrait en tirer des conclusions.
Si Jean-Luc Mélenchon avait été élu à la place d'Emmanuel Macron, il aurait commencé par un processus constituant pour une 6e République. Donc déjà ...
Le fait d'ĂȘtre Ă©lu face Ă Marine Le Pen, est-ce que ça veut dire que dĂ©sormais, toute personne qui est Ă©lue face Ă Marine Le Pen n'a pas de lĂ©gitimitĂ© ?
C'est-à -dire qu'il y a la légitimité que lui confÚre ce vote-là , ça c'est sûr. Mais il doit aussi en tirer des enseignements. Et d'ailleurs, c'est ce qu'avait fait le président... Mais il n'est pas illégitime. Mais là , je pense que la façon dont agit le président de la République depuis des mois n'est pas légitime. Et je pense que ce n'est pas simplement moi qui le ressent. C'est celles et ceux qui nous regardent, vous savez.
Non mais bien sûr, tous les sondages... Non mais moi, je ne parle pas de la question de... D'abord, il est évident que désormais, il y a peu de sondages qui lui donnent une quelconque foi. S'il regarde effectivement les sondages, sondage aprÚs sondage... Vous n'avez pas l'impression qu'il est complÚtement déconnecté ? Non mais la question... D'abord, moi, je n'ai pas d'impression. J'ai des questions. Mais Clémentinotin, pour la suite, parce que c'est important ce que vous dites au fond, quand on est élu face à Marine Le Pen, on est, en tout cas toutes les derniÚres élections l'ont montré, élu en grande partie aussi par rejet...
Non, la derniÚre fois, ce n'est pas le cas parce qu'il avait une majorité confortable à l'Assemblée nationale.
Enfin ça, vous ne le savez pas au moment de l'élection.
Oui, mais maintenant, il le sait quand mĂȘme. Au moment de la prĂ©sidentielle, en tout cas, on peut dire tout ce qu'on veut. On n'a pas encore la question de la majoritĂ© et de la composition de l'AssemblĂ©e. Maintenant, il le sait. Quand vous avez des millions de gens dans la rue, Ă Pauline de Malher, quand vous avez des millions de gens dans la rue, d'accord, qui arrivent Ă faire 12 jours de mobilisation, c'est historique. 12 jours de mobilisation dans un contexte oĂč encore une fois, vous avez les salaires...
Vous mĂ©langez la suite avec le moment de l'Ă©lection. En tout cas, si je reviens sur cette question du face Ă face du deuxiĂšme tour, il y a aussi une question qui est que malgrĂ© tout, on a vu Ă©videmment cette prise de position de Jean-Luc MĂ©lenchon la semaine derniĂšre qui, face au sondage, qui donne une bonne place Ă François Ruffin et Ă Jean-Luc MĂ©lenchon. Jean-Luc MĂ©lenchon dit qu'il est prĂȘt, il pense dĂ©jĂ Ă la suivante. Et il se dit que François Ruffin serait le candidat visiblement idĂ©al de la France insoumise. Est-ce que ça, pour vous, c'est une perspective et c'est important ?
Est-ce que c'est votre candidat ? D'abord, oui, je pense qu'il faut se projeter. Maintenant, la question de qui va nous reprĂ©senter la prochaine prĂ©sidentielle n'est pas le sujet. D'ailleurs, François Ruffin a rĂ©pondu en disant que c'Ă©tait trĂšs sympa, mais que ce n'Ă©tait pas le moment. Et je suis d'accord avec François Ruffin pour dire que le moment est celui de notre Ă©quipe, que nous devons former ensemble, et consolider la NUPES, qui est l'outil qui justement... Pourquoi c'est ça, Jean-Luc MĂ©lenchon ? Ăcoutez, vous lui demanderez. Mais vous ne lui avez pas demandĂ©, aucun de vous ne lui a demandĂ© ? Pourquoi il faisait ça sur un tweet ? LĂ , ce n'est pas mon sujet.
Mon sujet, c'est de savoir... Non, je suis dĂ©solĂ©e, mais le sujet... C'est le sujet de Jean-Luc MĂ©lenchon, en tout cas, visiblement. Certes, mais ce n'est pas la prĂ©sidentielle. LĂ , tout de suite, qui incarne la NUPES Ă la prĂ©sidentielle en 2027 n'est pas le sujet du moment. C'est un moment encombrant. Non, je vous dis que ce n'est pas le moment. Je vous dis qu'aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est dĂ©jĂ consolider la NUPES. Vous voyez ? Donc, moi, ce que j'aimerais, c'est d'abord que la NUPES soit prĂȘte. Et en avant pour la NUPES. La prĂ©sence d'Adrien Quatelens, vous aviez votĂ© contre ? Alors, nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas dire quel Ă©tait notre vote.
Maintenant, j'ai donné ma position, vous la connaissez, je peux la redire. Je me suis exprimée dessus. Je pense qu'en effet, quatre mois, c'est trÚs court pour passer de la condamnation à des faits de violence. Vous auriez préféré qu'il ne réintÚgre pas le groupe ? Et à l'interprétation qu'il en a fait dans la foulée, au fait de réintégrer un groupe qui porte des valeurs féministes et le combat contre la lutte, enfin, de la lutte contre les violences faites aux femmes, c'est court. Voilà . Maintenant, il y a une décision qui a été prise démocratiquement. Et donc, Adrien Quatelens va réintégrer. Ah non, mais c'est assez rare.
Je veux dire, dans votre groupe, il y a plein de décisions. On ne comprend pas trop comment on est pris.
Dans le groupe, nous avons pris une décision dans des formes démocratiques, en effet, avec un vote. Et donc, il faut le respecter. Mais je veux juste dire que la question, elle est encore devant nous. C'est-à -dire qu'on n'a pas tout réglé avec ce vote. Demain, des situations, ces logiques vont continuer de se retrouver là , devant nous. Ou penser à d'autres dossiers ? Je redis qu'il faut un groupe de travail qui permet de codifier les situations, de surmonter les difficultés, de dire comment il peut y avoir de la réparation à tous les groupes de la NUPES. Et ce groupe-là n'existe pas. Il y a bien des cellules.
Ma question est importante parce que vous dites qu'il y aura d'autres cas. Est-ce qu'au moment oĂč on se parle, ClĂ©mentine Notin, vous avez connaissance de quoi ce soit ? Absolument rien.
Absolument. En plus, je ne suis pas dans les cellules. Je n'ai connaissance de rien. Mais je sais juste l'ampleur de ces violences et le fait qu'on ne vit pas hors le monde quand on fait de la politique. Et donc, forcément, ces situations vont se retrouver. Et j'aimerais bien que la prochaine fois, on ait des modes de réaction qui soient plus appropriés, du début jusqu'à la fin.
Et donc, pour y arriver, je dis qu'il faut un groupe de travail qui se mette en place et qui ne soit pas simplement les cellules composées de femmes, essentiellement, qui partagent leurs difficultés entre elles, mais qui a une prise en charge politique au plus haut niveau et qu'on décide que ce sujet est un sujet majeur dont on se préoccupe. Dont les hommes aussi se préoccupent. Il faut qu'ils fassent partie aussi des différentes commissions. Oui. J'entends bien que les hommes ne peuvent pas forcément recueillir la parole. Les femmes qui parlent aiment parler à des femmes.
En revanche, pour ce qui est de l'expression publique, pour ce qui est de la décision politique, bien sûr qu'il faut le prendre à bras-le-corps. Et je veux que tout le monde comprenne que c'est un sujet de premier plan. De premier plan.
ClĂ©mentine Autain, merci en tout cas d'avoir rĂ©pondu Ă mes questions ce matin. Vous qui ĂȘtes dĂ©putĂ©e de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, on a bien compris que vous espĂ©riez beaucoup qu'Emmanuel Macron sera ce soir apaisĂ© et qu'il parlera pouvoir d'achat, salaire et blocage des prix. Mais des salaires et des prix. Il est 8h53 et vous ĂȘtes bien sĂ»r Ă la MCBFM TV. Ce serait tout un dĂ©bat sur le pouvoir d'achat.
Merci beaucoup Ă Pauline de Malher. Dans quelques instants, le live sur BFM TV avec Cerber dans les pĂ©rillĂ©es orientales. 930 hectares de forĂȘts parcourues par les flammes. Le premier grand incendie de l'Ă©tĂ© alors que nous ne sommes qu'en avril. GĂ©rald Darmanin est sur place et puis bien sĂ»r, l'intervention ce soir Ă la tĂ©lĂ©vision. d'Emmanuel Macron Ă tout de suite. Qui peut concurrencer la MAF ? Ătre rĂ©compensĂ© pour ma bonne conduite, c'est ma façon d'ĂȘtre. Bonus de 50% maintenu Ă vie sur votre assurance auto. Il Ă©tait une fois un ogre Ă la petite gargantuesque qui ? Ah pas du tout, je concerte, c'est tout. Ah, je suis dĂ©solĂ©.
Donc, il Ă©tait une fois l'appareil de mise sous vide Ă 24,99⏠dĂšs mercredi chez Aldi. Vous n'oubliez pas l'exposĂ© pour lundi. Que l'on peut agir pour l'environnement. Rejoignez les 4 millions de clients Engie qui ont fait le choix des offres d'Ă©lectricitĂ© verte. Et pour toute subscription d'un contrat d'Ă©nergie Engie, participez Ă la protection des abeilles en parrainant des ruches. J'agis avec Engie. Tu sais ce que c'est mon sujet ? Avec Red. NapolĂ©on 3. C'est facile de profiter. Je vais dire quoi ? Je n'ai pas vu le 1 et le 2. Votre tĂ©lĂ©phone, s'il vous plaĂźt ? Le plus dur, c'est de s'arrĂȘter. Je crois qu'il y a le prof qui me demande mon 06.
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Clémentine Autain