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interviewBFMBUSINESS· 4 juin 2026 12 min

On refait la séance : "ASML devient la plus grande capitalisation boursière de l'Histoire du continent européen" - 04/06

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM Bourse, on refait la séance. Avec, ils viennent de nous rejoindre, Edwin Ford, directeur de la gestion de Philippe Autingre, gestion. Bonsoir Edwin. Bonsoir. Gwenaëlle Lessard avec nous, Swiss Live, gestion privée. Bonsoir Gwenaëlle. Bonsoir Guillaume. Bienvenue, ravi de vous retrouver. Une valeur aujourd'hui est au plus haut du plus haut du jamais vu en Europe. Jamais un groupe n'avait autant capitalisé qu'ASML. Ce soir, avec sa nouvelle hausse, on est sur un nouveau top de capitalisation pour une valeur européenne. Devant le record de nos volants disques en 2024, ASML est plus haut que n'importe qui dans l'histoire des marchés européens. Voilà. Il fallait bien que ça arrive un jour.

C'est aujourd'hui. C'est normal. Et c'est mérité. Et ça va continuer. C'est la question à combien ? 600 et quelques milliards d'euros. C'est la capitalisation d'ASML.

0:40
Invité

Moi, je pense que ça peut continuer. Oui. Pour plusieurs raisons. D'abord, ils vont sans doute revoir encore à la hausse leur objectif de chiffre d'affaires sur 2026. Et peut-être aussi sur la période 2026-2030. On parle peut-être plutôt de 36 à 40 milliards de chiffre d'affaires en 2026. Alors qu'on était avant à 34-39. Et sur 2030, on est à 44-60. Donc, je pense qu'on va au moins aller vers beaucoup plus que les 50-52. Donc, ça, c'est une première raison. Deuxième raison, c'est un des grands bénéficiaires de l'IA. Et je pense que les investissements dans l'IA, ce n'est pas pour les six mois. On est parti sur plusieurs années. Donc, c'est un élément important.

Ils ont une avance technologique par rapport aux autres. Il y a une demande très, très forte de puces par rapport à la production. Et je pense même qu'ils produisent un petit peu leurs machines, un petit peu moins pour aussi faire monter un petit peu les prix. Donc, je pense qu'on est à 1 400. On peut très bien aller voir les 1 600, 1 650 sur ASML.

1:36
Présentateur

Oui, qui cote ce soir en hausse de 1 % de hausse. Mais il était en baisse, ce titre, tout au long de la séance. Il termine en hausse à ASML à 1 498 euros. Vous le voyez grimper jusqu'où, disiez-vous ? 1 600, 1 660 ? D'accord. La capitalisation ce soir, c'est du jamais vu pour une valeur européenne. 670 milliards d'euros. On n'est pas à 1 000 encore, mais 670. Vous pensez aussi que ça va continuer fortement, Edwin ?

2:02
Invité

Oui, c'est bien parti. Déjà, il y a beaucoup de visibilité. On a un carnet de commandes pour les prochaines années. On a vu que TSMC, un d'un d'uns principaux clients, a décidé d'augmenter ses investissements en 2026. Et là, il y a la montée en puissance des nouvelles machines. Une machine ASML, c'est environ 200 millions d'euros. C'est énorme pour les nouvelles puces que Nvidia produit. Donc, cette technologie EUV où ils sont en monopole, c'est un peu le seul acteur européen qui est en position monopolistique et qui va bénéficier des tendances de l'IA, mais pas que. Et aussi, c'est du hardware.

Il ne faut pas oublier que sur le début de l'année, il y a des incertitudes sur tout ce qui est software, tout ce qui est entreprise de conseil technologique. Il y a un retour important sur tout ce qui est production physique, hardware, qui a le vent au pouf depuis le début de l'année. Et c'est ça aussi un des drivers du titre. Même si aujourd'hui, il est un peu cher, les perspectives sont bonnes. Attention s'il y a un ralentissement sur l'IA, sinon on est plutôt confiant sur le potentiel de la valeur.

3:08
Présentateur

Romain, graphiquement, vous le sentez comment à ASML ? Au plus haut, donc pour une valeur européenne ? En tout cas, en capitalisation, on n'avait jamais vu un titre valoir autant.

3:14
Invité

C'est plutôt un bon message. On avait indiqué une cible graphique à 1490. Elle termine d'un cheveu au-dessus ce soir. Donc c'est une poursuite haussière possible, avec en mire effectivement 1566. Et puis pourquoi pas 1676 en extension. Les niveaux d'alerte et de retournement, ils sont lointains, c'est 1373. Donc ça reste haussier, même si effectivement, on a été finalement dans le verre qu'à la clôture.

3:40
Présentateur

Alors, une pépite, parce que là, on est à nouveau pris dans les filets de l'intelligence artificielle. Mais il faut aussi savoir s'en libérer. On reparlera d'intelligence artificielle dans un instant, mais sachons nous en libérer aussi. Une pépite comme ça, pas forcément liée à l'IA. Est-ce qu'il y en a une qui vous vient à l'esprit ? Edwin ?

3:55
Invité

Oui, nous, on est très confiants sur une entreprise italienne qui s'appelle Icop. C'est un leader de tout ce qui est infrastructures complexes. Donc tout ce qui va être micro-tunneling pour faire les métros, les trains. Mais c'est aussi les fondations marins, donc tout ce qui vous retrouvez dans les ports à travers le monde. Ils sont présents en Europe et ils vont bénéficier aussi de deux tendances très fortes géographiques. Les États-Unis, où la technologie micro-tunneling n'existe pas encore, où il est très peu implémenté. Le plan allemand, les 1 000 milliards qui vont être investis, ça va aider beaucoup les infrastructures.

Et en Italie aussi, qui est leur principal pays aujourd'hui, où depuis l'effondrement du pont de Gênes, les Italiens ont décidé de réinvestir massivement sur les 10-20 prochaines années dans leur infrastructure. Vous avez un bon momentum sur des structures de qualité. C'est pour ça que l'entreprise a des marges élevées, parce que c'est que des fondations techniques. Elles ne se payent pas encore trop cher pour une entreprise de cette taille-là. Donc on est assez confiants. Et bien sûr, c'est une entreprise familiale, les dirigeants sont les principaux actionnaires. Ça, vous aimez bien. Qu'on rappelle le nom de ce titre ?

5:01
Présentateur

Icop. I-C-O-P. Exact. Ça s'écrit comme ça, voilà. Comme ça se prononce. C'est l'avantage de l'italien. Le français est plus compliqué là-dessus. On nous le reproche beaucoup à l'étranger. Quand même, vous écrivez comme vous ne prononcez pas, vous prononcez comme vous n'écrivez pas. En italien et en espagnol, c'est un peu plus simple. Gwenaëlle, une valeur, une pépite comme ça pour la suite, hors IA. Parce que l'IA, c'est pas qu'on ne va pas en parler dans un instant, bien sûr qu'on va le faire. Mais ça fait du bien aussi de parfois sortir des mailles du filet.

5:25
Invité

Vous avez raison. Il y aura beaucoup, beaucoup d'investissements en dehors de l'IA dans tout ce qui est l'énergie. On parle de 800 milliards d'investissements dans les réseaux, dans tout ce qui est production d'énergie pour l'Europe jusqu'en 2030. Et 2 trillions au niveau mondial. Et je pense pour plusieurs raisons. Déjà pour être moins dépendant de toute la production pétrolière. Et aussi pour pouvoir apporter l'électricité à tous les data centers qu'on va avoir en Europe et dans le monde. Donc nous, on a choisi Technip, qui est vraiment un des leaders dans l'ingénierie, un des leaders aussi dans le GNL.

Ils ont souffert un petit peu au T1 parce que le Qatar et un de leurs gros clients, ils sont 50% au Moyen-Orient, donc c'est important. Donc à cause de la guerre, le Qatar a reporté certains investissements. Mais c'est juste reporté. Ils vont sortir, ils avaient 16 milliards de chiffre d'affaires en backlog en fin 2025. Ils sont à 20 milliards fin du T1 et 24 milliards fin du semestre. Donc il y a une visibilité très forte. Ils sont numéro un sur le LNG. On va continuer à augmenter les dépenses très fortes dans le LNG, que ce soit au Canada, au Qatar ou aux Etats-Unis. Ils font très attention sur les nouveaux contrats qu'ils vont faire pour ne pas avoir de problèmes dans l'ingénierie.

Il faut faire attention et ça ne se met pas très cher. Ça se met à peu près 14 fois 2026, 11 fois 2027. Donc nous, on trouve que c'est quelque chose, il n'y a pas que les investissements dans l'IA, l'investissement aussi dans l'énergie et Technip nous paraît très important pour profiter de ce secteur.

6:54
Présentateur

Romain, là, il y a deux propositions de nos experts qui n'ont rien à voir. Une valeur française, une valeur italienne dans des domaines complètement différents. Techniquement, graphiquement, lequel gagne la Gwenaëlle avec Technip ou plutôt, en l'occurrence, Edwin avec sa valeur italienne Icop ?

7:08
Invité

Icop, c'est haussier, il n'y a pas d'invalidation, mais on a peut-être atteint une cible graphique de court terme en tout cas. Donc pas de signe de retournement. Mais le potentiel de rebond vient peut-être plus pour Technip, qui, il faut le dire, avait bien réagi sur son support majeur à 30-60 au mois de mars, est allé buter contre une résistance à 40-18 et depuis dans une structure de pause dans la tendance haussière qui s'appelle un biseau. Et donc, c'est pour l'instant un repli de 15% depuis les sommets, mais une réactivation haussière possible.

Donc un potentiel haussier qui est peut-être plus important à court terme, en tout cas, pour Technip, qui pourrait retourner chercher une zone située entre 40 et 41 au moins.

7:46
Présentateur

Preuve qu'on peut faire de la perf et satisfaire le marché sans parler d'IA, aussi, il y a Rémi Cointreau qui a annoncé ses prévisions. Ce titre, Rémi Cointreau, gagne plus de 10% ce soir. Comment osent-ils gagner 10% alors qu'il ne parle pas d'IA ? C'est fou, ça, quand même. Quelle prétention de la part de Rémi Cointreau ? Non, non, mais je plaisante, mais c'est rare de voir des boîtes gagner autant hors tech, actuellement, et hors IA. Là, c'est le cas avec Rémi Cointreau. Est-ce que vous êtes aussi convaincu que le marché par ce qu'ils ont annoncé, Edwin ?

8:09
Invité

C'est pas mal. Après, ils ont perdu 70% de leur valeur en 4 ans. Donc, il faut mettre un peu l'église au milieu du village. La publication est rassurante parce que c'est vrai que c'est un titre qui a beaucoup souffert depuis 2021 du surstockage de la consommation de cognac aux États-Unis post-Covid, du ralentissement de la consommation en Chine, d'une consommation des jeunes dans l'alcool qui a baissé, d'alternatives comme le whisky qui devient un peu plus populaire. Donc, l'environnement est assez morose depuis quelques années pour Rémi Cointreau et qui explique la baisse. Aujourd'hui, on sent qu'il y a un effet de stockage américain qui est derrière nous.

Donc, on va repartir avec un peu de croissance. Le groupe a décidé d'avoir une stratégie plus large, de changer son offre, des offres plus low cost, des nouveaux formats, de la distribution à travers le travel retail. Donc, on commence à avoir un profil plus diversifié et pas mono-centré sur le cognac. Et aussi, ce qui est intéressant, c'est un projet d'amélioration des marges. Donc, on va devoir améliorer les marges, une augmentation de plus de 60% des marges opérationnelles dans les prochaines années à venir. Donc, c'est un nouveau Rémi Cointreau. Avant, c'était premiumisation et de la croissance. Maintenant, c'est une nouvelle histoire.

9:31
Présentateur

Oui, qui vous convainc complètement ou pas ?

9:34
Invité

Nous, on préférait la première, l'ancienne période. Donc, c'est sûr que nous, on trouve ça moins bien. Mais on pense que la société est obligée de passer par là. Et on a touché peut-être un point bas au niveau des valorisations et des marges.

9:49
Présentateur

Rémi Cointreau gagne 10% ce soir. Alors, parmi ses concurrents dans les boissons, il y a LVMH. Parmi ses nombreux concurrents, voilà. LVMH qui a fêté hier, c'est 39 ans, mine de rien. Ils sont nés le 3 juin 1987. Louis Vuitton et Moetensi se sont rapprochés le 3 juin 1987. Donc, 39 ans, LVMH. Un auditeur nous demande si, à 39 ans, on est un jeune qui avance, mais un jeune. Ou au contraire, si, à 39 ans, on peut entrer dans la catégorie des gens qui vieillissent. C'est une question qu'on peut poser sur LVMH. C'est un groupe vieillissant ou c'est encore un groupe relativement jeune, même s'il a de la maturité ?

10:20
Invité

39 ans, c'est quand même dans la force de l'âge. Donc, il n'y a pas de problème. Non, non. C'est un groupe qui doit se restructurer malgré tout. Il y a sans doute trop de marques. Donc, ils doivent aussi, ils vont peut-être en vendre certaines pour se reconcentrer. Mais moi, je pense que c'est plus le secteur du luxe qu'il faut regarder qu'LVMH. Souvenez-vous, avant le Covid, on était à 8-9% de croissance sur le secteur. Après la sortie du Covid, explosion à 13%. Depuis deux ans, on est à zéro. Donc, la question sur LVMH et sur le secteur, c'est si on revient à 5-6% sur les prochaines années, LVMH, ça vaut 600-650. Si on reste autour de zéro, on reste autour de 475-500 euros.

10:55
Présentateur

Bon, ben voilà. LVMH, donc, on en râle de dresser le portrait ce soir d'un mot d'un seul. Vous investirez dans SpaceX ou pas la semaine prochaine ? L'introduction en bourse ? Non. Edwin ?

11:05
Invité

Ben non. Déjà, l'entreprise perd de l'argent. Il y a des capex importants. Il n'y a pas beaucoup de visibilité. Ça se paye entre 80 et 100 fois le chiffre d'affaires. C'est très, très, très, très risqué. Ce n'est pas notre philosophie d'investissement, donc on n'investira pas dedans.

11:20
Présentateur

C'est dit. Merci beaucoup à tous les deux de nous avoir accompagnés. Je ne vous demande même pas à Gwenoël, parce que je sais que c'est... Non. Voilà. Merci de nous avoir accompagnés. Ce soir, le CAC 40 gagne 1,1%. Gwenoël Lessard, Swiss Live, gestion privée, Louis de Fort, Philippe Autin, gestion, étaient nos experts.