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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 18 novembre 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsOutre-merJusticeInstitutions & élections

"Ce budget était invotable, ni par les uns, ni par les autres", affirme Yaël Braun-Pivet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Les agriculteurs manifestent leur colère contre la loi d'orientation agricole. Est-ce qu'il y avait moyen d'aller plus vite ?

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Vous parlez d'un risque d'effondrement en Nouvelle-Calédonie. Que réclamez-vous face à cela ?

  • 2:03RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous n'avez pas l'impression de réparer les dégâts causés par la méthode d'Emmanuel Macron jusqu'à présent sur la Nouvelle-Calédonie ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    À quoi avons-nous assisté avec le débat sur la loi de finances ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça peut alimenter une forme d'anti-parlementarisme, de défiance des électeurs ?

  • 5:31OuverteRéponse directe

    Il y a eu des fractures inattendues entre Gabriel Attal et Laurent Wauquiez. Quelles vont en être les conséquences ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Évidemment, c'est une loi qui a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale avant la dissolution. »
  • 0:29Invité politiqueFait
    « Moi j'avais demandé dès septembre à ce qu'elle soit mise à l'agenda du Parlement le plus rapidement possible. »
  • 1:36Invité politiqueChiffre
    « Une aide d'urgence de l'ordre de 850 millions d'euros. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « J'ai été très déçue de la tenue des débats budgétaires. »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « Ce budget était invotable, ni par les uns, ni par les autres. »
  • 4:58Invité politiqueChiffre
    « Nous avons voté le texte sur le report des élections en Nouvelle-Calédonie, à l'unanimité des parlementaires. Je crois, 299 voix. »
  • 7:29Invité politiqueFait
    « La justice est parfaitement indépendante et les magistrats du parquet sont indépendants dans les réquisitions qu'ils prennent. »
  • 7:47Invité politiqueFait
    « C'est la stricte application de loi que nous avons votée, que le Parlement a votée en 2016 et que nous avons confirmée et aggravée en 2017. »

Temps de parole

  • Yaël Braun-Pivet65 %
  • Présentateur35 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Yael Broun-Pivet. Bonjour. Vous rentrez de Nouvelle-Calédonie, nous allons en parler dans un instant. Mais d'abord une petite question. Au moment là où on démarre cette interview, les agriculteurs se mettent en route pour manifester leur colère. Il y a un sujet qui revient dans la bouche de tous les syndicats. C'est la loi d'orientation agricole. Il leur faut attendre jusqu'en janvier. Ils estiment que c'est très tard. Est-ce qu'il y avait moyen d'aller plus vite ?

0:22
Yaël Braun-Pivet

Évidemment, c'est une loi qui a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale avant la dissolution. Moi j'avais demandé dès septembre à ce qu'elle soit mise à l'agenda du Parlement le plus rapidement possible. Ça a traîné, c'est dommage parce que c'est une loi qui est importante, qui était réclamée. Tous les parlementaires avaient été sur les barrages rencontrés les agriculteurs. Nous étions tous très conscients de l'urgence et donc c'est dommage. Mais maintenant, avançons et examinons-la rapidement.

0:53
Présentateur

Alors, six mois jour pour jour après le début des émeutes qui ont fait 13 morts, des milliards d'euros de dégâts. Vous vous êtes rendu en Nouvelle-Calédonie avec Gérard Larcher, le président du Sénat. Vous rentrez en parlant d'un risque d'effondrement. Le mot est très très fort.

1:08
Yaël Braun-Pivet

Que réclamez-vous face à cela ? Alors déjà, il faut une aide financière importante et rapide pour permettre à la Nouvelle-Calédonie de faire face. De faire face aux... Importante comment ? ...destructions massives d'emplois, aux problématiques sanitaires, sécuritaires, etc. Donc il faut qu'on les aide tout de suite. Importante comme quoi, les Calédoniens et ces bons signes portent eux-mêmes, ensemble, tous partis confondus, des amendements qui seront examinés au Sénat. Une aide d'urgence de l'ordre de 850 millions d'euros. C'est fondamental. Ils vont être reçus. Mais ils ont besoin, au-delà de cette aide d'urgence, ils ont besoin d'un retour de la confiance.

Et pour cela, ils ont besoin de perspectives, de perspectives politiques, de stabilité politique. Et c'était principalement l'enjeu de notre mission, remettre tout le monde autour de la table pour que le dialogue se réouvre, pour qu'on puisse avoir une feuille de route pour dresser des perspectives politiques.

2:03
Présentateur

Et en ça, vous n'avez pas l'impression de réparer les dégâts causés par la méthode d'Emmanuel Macron jusqu'à présent sur la Nouvelle-Calédonie ?

2:10
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, ce sont des sujets extrêmement complexes, donc il faut les aborder avec beaucoup d'humilité, comme on dit en Nouvelle-Calédonie.

2:18
Présentateur

Mais vous avez été un ministre des Outre-mer. J'ai été ministre des Outre-mer.

2:22
Yaël Braun-Pivet

Ce que je trouve toujours dommage, c'est que je pense qu'on ne traite pas les Outre-mer à leur juste place. Il faut avoir une vraie vision pour les Outre-mer. Vous savez, c'est une chance inouïe pour notre République d'avoir des territoires comme ceux-là sur toutes les mers et tous les océans. Le soleil en France ne se couche jamais grâce à nos Outre-mer.

2:42
Présentateur

Est-ce que vous vous sentez en partie responsable des tensions qui ont fini par ravager et faire exploser l'archipel ?

2:49
Yaël Braun-Pivet

Quand on fait de la politique, on est tous responsables et on sait qu'il y a des débats au Parlement qui ont fait partie des raisons pour lesquelles ça a explosé. Donc évidemment, il ne faut pas nier la part de responsabilité qu'on a.

3:01
Présentateur

Yael Broun-Pivet, au même moment, le débat sur la loi de finances a pris fin à l'Assemblée nationale que vous présidez. Je le rappelle, à quoi avons-nous assisté ? La séquence a été très agitée. Des centaines d'amendements parfois très baroques ont été votés au gré d'alliances parfois aussi très inattendues. Le texte réécrit a été rejeté en bloc, en tout cas ce volet-là. Il part au Sénat qui redémarre à zéro. Le travail des députés a été effacé d'un trait. Est-ce que l'Assemblée nationale sert encore à quelque chose ?

3:35
Yaël Braun-Pivet

Yael Broun-Pivet. Bien sûr, parce que l'Assemblée nationale, c'est le reflet de l'expression de la volonté populaire. Et c'est la dernière expression du peuple français, c'était en juillet dernier. Et ils ont élu cette Assemblée nationale, qui est la leur, qui est la nôtre, jusqu'en juillet 2025. Donc moi, maintenant, la mission qui est la mienne, c'est de la faire travailler. Je ne vous cache pas que j'ai été très déçue de la tenue des débats budgétaires. Parce qu'en fait, pourquoi ça s'est passé comme ça ? C'est que chacun a agi en irresponsabilité. Personne n'avait la vision collective globale de ce budget. Donc, on adopte tel amendement, on en adopte tel autre, etc.

Sans regarder la photo d'ensemble, qui fait que ce budget était invotable, ni par les uns, ni par les autres. C'est dommage. Moi, j'ai voulu, j'ai essayé à un moment de dire aux parlementaires, mettons-nous ensemble, regardons ce sur quoi nous pouvons transiger.

4:29
Présentateur

Mais vous pensez que ça peut alimenter une forme d'anti-parlementarisme, de défiance des électeurs, des Françaises, des Français ?

4:36
Yaël Braun-Pivet

Ce qui est sûr, c'est que ça n'améliore pas le regard que les Français ont sur leurs élus. En revanche, il ne faut pas s'arrêter aux questions budgétaires. Il faut regarder les autres textes. Et moi, j'ai beaucoup d'espoir sur le travail de l'Assemblée, hors questions budgétaires. Nous allons avoir, dans les semaines qui viennent, le texte sur la fin de vie. Je suis convaincue que les débats seront de très haute tenue. Nous avons voté le texte sur le report des élections en Nouvelle-Calédonie, à l'unanimité des parlementaires. Je crois, 299 voix. Nous avons réussi à voter aussi des textes transpartisans.

Nous avons recommencé ce travail-là, où nous portons des textes majorité et opposition depuis le début. C'est le texte Airbnb, et il y en aura d'autres. Et c'était ma proposition de fonctionnement. Donc moi, je suis confiante. Il faut qu'on réussisse à avancer. Mais j'ai envie de vous dire, nous n'avons pas le choix, puisque cette Assemblée, c'est la nôtre, jusqu'au mois, en juillet 2025.

5:31
Présentateur

Alors, j'ai parlé d'alliances parfois baroques. Il y a eu aussi, comment dire, des fractures inattendues, des oppositions que l'on ne voyait pas venir. Michel Barnier, Premier ministre, est supposé s'appuyer sur ceux qu'on appelait auparavant les macronistes. Et sur la droite, ce sont ses deux pieds, ses deux jambes. Or, les deux présidents de groupe, Gabriel Attal et Laurent Wauquiez, se tirent dans les pattes. Vous êtes aux premières loges de cette guéguerre. Quelles vont en être les conséquences ? Ou quelles en sont déjà les conséquences ?

6:01
Yaël Braun-Pivet

Les conséquences, pour moi, sont graves. Parce que lorsqu'on fait de la politique, lorsqu'on est dans une situation politique dont on sait la complexité, il faut être capable de prendre de la hauteur, il faut être capable de se distancier. Et là, on voit beaucoup qui ont des ambitions pour plus tard. Mais moi, je cherche aujourd'hui leurs ambitions pour le pays.

6:19
Présentateur

C'est ça. Donc, Gabriel Attal et Laurent Wauquiez, ils jouent chacun leur partition présidentielle pour 2027 ? En tout cas, c'est ce que beaucoup constatent, oui.

6:28
Yaël Braun-Pivet

C'était à Laurent Wauquiez d'annoncer un compromis sur les petites retraites au JTT ? Peu importe. Peu importe. Mais je crois que quand on fait de la politique, il ne faut pas chercher à vouloir être devant tout le temps. Vous savez, vous parliez de la Nouvelle-Calédonie. Nous y sommes allés avec le président du Sénat. Ce qui fait la réussite de notre duo, c'est que ni l'un ni l'autre, nous cherchons à tirer la couverture à nous. Nous sommes dans un esprit extrêmement républicain, complémentaire, et on essaye de faire au mieux pour servir nos compatriotes. Et c'est ce à quoi il faut appeler chacun aujourd'hui. Nous sommes en 2024. Laurent Déplaise.

7:07
Présentateur

Et pas en 2027. En tout cas, pas encore tout à fait en 2027. Mathiel Brounvillet, vous êtes une ancienne avocate pénaliste. Que pensez-vous des réquisitions du parquet contre Marine Le Pen ? Je peux peut-être répéter, 5 ans de prison requis, ont été requis, 3 avec sursis, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec une exécution provisoire.

7:29
Yaël Braun-Pivet

Déjà, en tant qu'avocate, mais surtout en tant que présidente de l'Assemblée nationale, je suis garante de respect de nos institutions et de la séparation des pouvoirs. La justice est parfaitement indépendante et les magistrats du parquet sont indépendants dans les réquisitions qu'ils prennent. Et donc, je ne les commenterai pas. Ce qui est certain, c'est que c'est la stricte application de loi que nous avons votée, que le Parlement a votée en 2016 et que nous avons confirmée et aggravée en 2017, à notre arrivée aux responsabilités, dans un élan qui était commun à toutes les formations politiques. C'était les fameuses lois confiance.

Et ces lois confiance, je crois qu'il n'y a que 4 parlementaires qui ont voté contre. Donc, l'ensemble des parlementaires ont voté ces lois-là.

8:14
Présentateur

Alors, Marine Le Pen parle d'une exécution politique, d'une mise à mort politique. Mais plus près de votre famille politique, Gérard Darmanin, ancien ministre de l'Intérieur et actuel député, dit que ce serait choquant de voir Marine Le Pen déclarer immédiatement inéligible et qu'elle ne puisse pas se présenter devant le suffrage des Français. Jean-Luc Mélenchon s'est dit hier contre la peine d'inéligibilité obligatoire, donc automatique. On a l'impression qu'en fait, ils la veulent tous comme adversaires politiques.

8:46
Yaël Braun-Pivet

En fait, ils veulent tous les peines d'inéligibilité, mais pour les autres.

8:49
Présentateur

Ah ben là, c'est pour les autres. C'est pour Marine Le Pen.

8:52
Yaël Braun-Pivet

Non, mais c'est quand même absolument ahurissant. Les Français nous disent quoi ? Ils veulent des élus exemplaires. Nous portions en 2017 le fait que le casier judiciaire d'un élu devait être vierge. Rappelez-vous. Et aujourd'hui, on viendrait critiquer le fait qu'effectivement, la justice, en toute indépendance, peut se prononcer sur cette inéligibilité. Moi, je suis absolument effarée. Il faut laisser les magistrats travailler et il nous faut des élus exemplaires en tout point.

9:22
Présentateur

Merci à Elbron Pivet.