Sébastien Chenu : "Pour l'instant, Sébastien Lecornu ne rompt pas avec le macronisme !" (France 3)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Invité de dimanche en politique, Sébastien Chenu. Bonjour. Vous êtes vice-président du Rassemblement National, député du Nord.
- 0:15OuverteRéponse partielle
Nicolas Sarkozy ne demandera pas de grâce présidentielle après sa condamnation à 5 ans de prison.
- 1:26RelanceRéponse partielle
Les politiques que vous êtes n'ont-ils pas une part de responsabilité dans les menaces envers les juges ?
- 3:06RelanceÉludée
Vous faites l'avocat de Nicolas Sarkozy ?
- 3:11FerméeRéponse partielle
En 2007, vous étiez à l'UMP. Est-ce que vous avez entendu parler de mouvements de fonds bizarres en Libye ?
- 4:10OuverteRéponse directe
L'exécution provisoire : votre allié Éric Ciotti a voulu supprimer cette mesure, ça n'a pas marché. Le RN va déposer une proposition de loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Invité politiqueFait
« Moi, je crois que d'abord, il faut toujours protéger l'institution. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Il y a dans la justice de mon pays des hommes et des femmes, des magistrats qui poursuivent des vendettats, qui poursuivent des missions qui sont plus de l'ordre politique que de l'ordre de la justice. »
- 2:44Invité politiqueFait
« M. Cahuzac, qui a menti les yeux dans les yeux du Parlement, n'a jamais vu les barreaux d'une prison. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Je vois d'ailleurs que la justice a dit qu'il n'y avait pas eu de financement illégal, pas de détournement de fonds. »
- 6:39PrésentateurFait
« Sébastien Lecornu ferme la porte à une révision de la retraite à 64 ans, à un impôt sur la fortune. »
- 7:56Invité politiqueFait
« Nous, on demandait un moratoire sur les panneaux solaires, mais pas seulement sur les panneaux solaires, les éoliennes en mer, on les demande aussi sur l'éolien terrestre. »
- 8:10Invité politiqueFait
« On avait cru comprendre qu'un mouvement du côté du gouvernement pouvait se faire dans ce sens. »
- 9:55Invité politiqueFait
« Le problème de la dette, c'est la dépense toxique, c'est l'immigration, c'est la fraude, c'est l'aide au développement. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu64 %
- Présentateur22 %
- Invité5 %
- Invité 22 %
- Invité 32 %
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Invité de dimanche en politique, Sébastien Chenu. Bonjour. J'insiste pour ne pas me tromper. Vous êtes vice-président du Rassemblement National, député du Nord. Et vous allez pouvoir largement commenter évidemment ce qu'a dit déjà Sébastien Lecornu. Mais d'abord, je voudrais vous parler de Nicolas Sarkozy, qui ne demandera pas de grâce présidentielle. Il l'a dit aujourd'hui dans le journal du dimanche, après sa condamnation à 5 ans de prison dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. L'ancien président de la République a fait appel. Il connaîtra le 13 octobre les conditions de son incarcération.
Et jeudi, à la sortie du tribunal, il a mis en cause la décision des juges avec des mots forts.
La haine n'a donc décidément aucune limite. J'assumerai mes responsabilités. Je déférerai aux convocations de la justice. Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison. Mais la tête est haute. Je suis innocent. Cette injustice est un scandale.
Sébastien Chenu, Nicolas Sarkozy s'en prend en juge comme Marine Le Pen avait pu le faire quand elle avait été déclarée en Égypte pour 5 ans, en commentant les décisions de justice, en disant que la justice n'est pas totalement impartiale, qu'elle peut même être politique. Et en retour, les juges reçoivent des menaces. Les politiques que vous êtes, en gros, n'ont-ils pas une part de responsabilité dans la menace que reçoivent les menaces envers les juges ?
Non, pas du tout. Moi, je crois que d'abord, il faut toujours protéger l'institution. Moi, je n'ai rien contre l'institution judiciaire. Je crois en la justice de mon pays. Mais il faut bien dire qu'il y a dans la justice de mon pays des hommes et des femmes, des magistrats qui poursuivent des vendettats, qui poursuivent des missions qui sont plus de l'ordre politique que de l'ordre de la justice.
Vous remettez une pièce dans la machine quand vous dites ça.
Mais c'est une réalité. Vous mettez une cible sur certains magistrats. Non, je ne mets pas une cible. Je dis une banalité. Il y a des juges qui sont politisés, des juges qui font valoir leurs options politiques, les règlements de compte, d'ailleurs, qu'ils essayent de faire à travers leurs options politiques, qu'ils mettent ceci au-delà, au-dessus de l'idée de rendre une justice impartiale. Et quand l'impartialité de la justice est touchée, quand les Français se rendent compte que selon que vous soyez de droite ou de gauche, selon que vous soyez l'un ou l'autre, vous ne vivez pas, vous ne subissez pas la même chose, c'est l'édifice qu'ils abîment eux-mêmes. M.
Cahuzac, qui a menti les yeux dans les yeux du Parlement, n'a jamais vu les barreaux d'une prison, n'a pas fait un jour de prison. Non, des terroristes, des délinquants sont condamnés à moins que M. Sarkozy. Il y a donc, dans le jugement qui est fait à Nicolas Sarkozy, qui est aujourd'hui présumé innocent, je vous le rappelle, puisqu'il fait appel, une mesure, à travers l'exécution provisoire, qui est au moins humiliante, qui est destinée à faire œuvre de vendetta.
Vous faites l'avocat, entre guillemets, de Nicolas Sarkozy. En 2007, vous étiez encore à l'UMP. Non, vous vous trompez. C'est là où vous vous trompez ? Juste, parce que j'aurais un petit point d'histoire. En 2007, vous étiez à l'UMP. Bien sûr. Dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous avez entendu dire, à l'époque, qu'il y avait des mouvements de fonds bizarres, des choses qui venaient de Libye ? C'était quoi l'ambiance ?
Non, mais j'étais un militant. J'étais un militant, j'étais un élu local. Et évidemment, je n'ai jamais entendu de choses pareilles. Je vois d'ailleurs que la justice a dit qu'il n'y avait pas eu de financement illégal, pas de détournement de fonds. Mais là où vous vous trompez, je ne me fais pas l'avocat de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, moi j'ai quitté l'UMP il y a longtemps, j'ai quitté cette famille politique en 2014, je me suis rangé aux côtés de Marine Le Pen, et nous avons mené des batailles contre l'UMP, contre les Républicains, ils ont mené des batailles contre nous. Je me fais l'avocat d'un certain nombre de principes.
Je pense que l'exécution provisoire, c'est-à-dire appliquer une peine, alors même qu'un appel est en cours, une peine de prison, justement, en l'occurrence, ou une peine d'inéligibilité, dans le cas de Marine Le Pen, eh bien, aujourd'hui, ça nie, ça percute le deuxième degré de juridiction.
Justement, l'exécution provisoire. Votre allié à l'Assemblée nationale, Éric Ciotti, a voulu faire passer une proposition de loi pour supprimer cette exécution provisoire, ça n'a pas marché. Est-ce que vous, à l'Assemblée nationale, le Rassemblement national, vous allez reprendre cette idée et déposer une proposition de loi dans ce sens ?
Nous, nous sommes hostiles à cette exécution provisoire, et je souhaite, j'espère, que des députés, qu'ils soient Rassemblement national ou d'autre bord, parce qu'il n'y a pas eu que des députés du RN et d'Éric Ciotti, qui d'ailleurs ont voté cette proposition, reprennent, à un moment ou l'autre, fassent évoluer la loi en ce sens.
Donc, vous n'êtes pas une proposition de loi à l'Assemblée ?
Oui, bien sûr. Pour supprimer l'exécution provisoire ? Bien sûr, c'est le rôle des députés. Mais ce n'est pas le RN qui va faire la démarche ? Non, ce n'est pas dans notre programme qu'il y aura ça, si vous voulez, mais ça viendra du Parlement, et tant mieux. Ce n'est pas une loi d'amnistie. Moi, je ne suis pas favorable aux lois d'amnistie, vous ne verrez jamais une loi d'amnistie dans nos propositions politiques. Mais en revanche, l'exécution provisoire pose un certain nombre de problèmes avec des dérives extrêmement fortes.
Il faudrait que ce soit fait avant la présidentielle.
Avant ou après, écoutez, on verra quand les choses peuvent être faites, mais ça cause des dommages irréparables. Quand vous privez Marine Le Pen de pouvoir être candidate à l'élection présidentielle, C'est pour ça que je vous disais,
il faudrait mieux que ce soit avant la présidentielle.
Évidemment, ça cause un dommage irréparable.
C'est pour ça que je vous disais, il faudrait mieux que ce soit avant la présidentielle.
Ben oui, le plus tôt sera le mieux. Mais pareil pour Nicolas Sarkozy. L'envoyer en prison, si en appel, il gagne. Il aura donc vécu derrière les barreaux, ce qui cause un dommage irrémédiable. Donc on voit bien que cette exécution provisoire, elle est utilisée aujourd'hui comme volonté vexatoire, humiliante, avec l'idée de régler un compte. On voit bien qu'il y a des magistrats qui n'ont jamais accepté le discours de Nicolas Sarkozy et qui aujourd'hui utilisent cette possibilité pour régler un compte.
Toujours pas de gouvernement, en tout cas, trois semaines après la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon. Est-ce que c'est inquiétant pour vous, ce temps d'attente ?
Oui, c'est inquiétant parce que pendant ce temps-là, la France continue de vivre des drames. Je pense par exemple à Stellantis, à Poissy. Mais moi, je pense à Stellantis parce qu'on a un site à Ordain dans ma circonscription. Et la désindustrialisation du pays nécessiterait d'avoir un Premier ministre, un gouvernement qui aille se battre un peu, qui se bouge. Et finalement, on a le sentiment, et peut-être même davantage qu'un sentiment, que M. Lecornu, comme ses prédécesseurs, cherche à gagner du temps, cherche à nous enfumer, cherche à nous entraîner, cherche à nous enliser.
Il y a la fameuse interview aux Parisiens d'Aventière, où Sébastien Lecornu ferme la porte à une révision de la retraite à 64 ans, à un impôt sur la fortune. Vous vous défendez un impôt sur la fortune financière. Bon, avec ça déjà, il y a peu de chances que le RN vote le budget. Vous êtes d'accord ?
Oui, mais on l'a dit, c'est-à-dire que Jordan Bardella l'a dit très clairement, s'il n'y a pas rupture, il y aura censure. Donc il y a peu de chances. Or, il n'y a pas de rupture, visiblement. Donc il y aura censure. En tous les cas, on attend le discours du Premier ministre, parce que... Vous connaissez déjà. Non, mais nous, on n'est pas des machines. On n'appuie pas sur des boutons. Il ne dit pas grand-chose, en fait, dans cette interview. Il ne dit pas ce que je viens de vous dire. Il dit ce qu'il ne fera pas. Non, il dit ce qu'il ne fera pas. Il ne fera pas l'abrogation des retraites. Il ne fera pas... Ce que vous demandez, vous. Ce que nous demandons et...
Il ne fera pas d'impôt sur la fortune
ou de taxation financière supplémentaire. Il dit ce qu'il ne fera pas.
Mais il ne nous dit pas ce qu'il va faire. C'est-à-dire qu'en fait, il est toujours au milieu du guet. Il ne nous dit pas je vais m'attaquer aux dépenses toxiques de l'État. Je vais m'attaquer à la contribution à l'Union européenne. Je vais m'attaquer à l'immigration. Jamais, à un moment, le dossier de l'immigration, c'était le cas sous Barnier, c'était le cas sous Beyrou, c'est le cas visiblement avec M. Lecornu. Jamais on ne s'attaque au coût de l'immigration dans ce pays.
Alors, il y a quelque chose aussi qui était une ligne rouge il y a quelques mois pour vous. Au Rassemblement national, et vous menaciez de censurer Michel Barnier à l'époque, c'était qu'il fallait un moratoire, c'est-à-dire geler les installations d'éoliennes et de panneaux solaires. Or, Sébastien Lecornu dit qu'il ne veut pas de ce moratoire. Vous avez une raison de plus pour le censurer.
C'est vrai, il nous amène, il nous donne une raison de plus pour le censurer. Nous, on demandait un moratoire sur les panneaux solaires, mais pas seulement sur les panneaux solaires, les éoliennes en mer, on les demande aussi sur l'éolien terrestre. Et on avait cru comprendre qu'un mouvement du côté du gouvernement pouvait se faire dans ce sens. Parce qu'il faut bien le dire qu'on a entendu beaucoup des élus macronistes et LR dire qu'effectivement, l'éolien coûtait cher, était une énergie intermittente qui était sans intérêt. Moi, dans ma région, Xavier Bertrand nous avait dit qu'il interdirait l'éolien, qu'il se battrait contre l'éolien.
Résultat, l'autre France a couvert d'éoliennes, il n'en a rien fait. Donc, on a entendu ce discours. Et puis là, au moment des grands choix, parce que les budgets, ce sont les grands choix, Sébastien Lecornu referme la porte, en disant non, non, finalement, on va continuer l'éolien. Eh bien, on pense qu'effectivement, c'est une très mauvaise décision.
Et donc ? Et donc, c'est une raison de plus pour le censurer.
Ah ben, il alourdit chaque jour la charge qui le mènera probablement à une censure.
Parce que c'était une ligne rouge contre Michel Barthes. Oui, mais c'est pour ça que je vous dis.
Elle reste. Il alourdit la barque, et cette barque va le mener à la censure, à moins d'un changement de direction très fort lors du discours politique général. Mais aujourd'hui, on a le sentiment qu'il alourdit la barque.
Un petit mot quand même, il dit, finis la taxe Zuckman. Vous, vous êtes contre la taxe Zuckman. Est-ce que ce n'est pas un petit geste en votre direction, ça ?
Non, mais la taxe Zuckman, enfin, on ne va pas en faire l'alpha et l'oméga de la fiscalité française. Non, mais est-ce que ce n'est pas un geste en votre direction quand il dit, moi, j'abandonne la taxe Zuckman ? Non, mais la taxe Zuckman, c'est ridicule. Je veux dire, au bout d'un moment, ça va rapporter... Il va faire de votre sens. Non, mais ça va rapporter très peu, et ça va faire fuir les entreprises. Il va dans votre sens. Il va dans votre sens. Tant mieux, mais il va dans le sens tout simplement de la lucidité. La taxe Zuckman, les entreprises vont immédiatement délocaliser. Ça ne rapportera absolument pas ce que la gauche essaie de nous faire croire. Donc, il faut un peu de lucidité.
Qu'il y ait un peu de lucidité sur ça, c'est bien, mais ce n'est pas ça qui va résoudre le problème de la dette. Taxe Zuckman ou pas taxe Zuckman. Le problème de la dette, c'est la dépense toxique, c'est l'immigration, c'est la fraude, c'est l'aide au développement. Enfin, c'est tous ces sujets-là sur lesquels on n'entend pas Sébastien Lecornu.
On va accueillir de nouveau Nathalie Moret, reporter politique dans les quotidiens du groupe EBRAR. Bonjour Nathalie.
Bonjour Sébastien Genu.
Le RN qui joue la montre, on va en parler juste un petit mot. La gauche va être reçue par Sébastien Lecornu vendredi. Est-ce que vous allez être reçue, vous ?
Nous n'avons pas, au moment où nous nous parlons, ce dimanche, été invité par Sébastien Lecornu. Nous sommes le premier groupe de l'Assemblée nationale et en général, Marine Le Pen et Jordan Bardella acceptent toujours d'aller exposer leurs propositions. Oui, d'accord, mais…
Vous souhaitez être de nouveau invité ?
On souhaite, le Premier ministre fera bien ce qu'il veut, mais la courtoisie républicaine, eu égard au nombre d'électeurs que nous représentons, voudrait qu'il se tourne vers le premier groupe qu'est le Rassemblement national à l'Assemblée nationale. On verra bien, au moment où nous nous parlons, nous n'avons pas été invités.
Donc un truc en plus dans la barque de Sébastien Lecornu, si j'entends bien.
Voilà, il alourdit un peu plus.
On vient de l'entendre, honnêtement vous menacez Sébastien Lecornu de censure. C'était déjà votre discours à l'époque du gouvernement de François Bayrou, sauf qu'en neuf mois, vous n'avez voté aucune motion de censure. En clair, peut-être que Sébastien Lecornu peut être un petit peu tranquille de votre côté ?
Non, mais madame, vous avez raison sur une chose, ça a toujours été notre discours, c'est-à-dire qu'on explique quelles sont nos lignes, on explique quelle est la politique qu'on veut, et puis à un moment, on censure ou on ne censure pas. On nous a beaucoup reproché de censurer, là j'entends dans votre discours, qu'on pourrait nous reprocher de ne pas le faire. Alors, sachez une chose, nous on considère que la censure, elle doit tomber au moment où elle peut protéger les Français d'un certain nombre de politiques.
Ça veut dire que vous ne serez pas plus clément avec Sébastien Lecornu ?
Nous n'avons pas peur de la censure. Quand nous avons censuré Michel Barnier, c'était pour protéger les retraités, de la désindexation des retraites. Quand nous avons censuré François Bayrou, c'est parce qu'il construisait un budget, mais à la fin, nous n'avons pas voté la confiance. Il est bien tombé, là, nous n'avons pas voté la confiance. Nous aurions voté d'ailleurs la censure, si censure il y avait eu sur le budget, parce qu'il voulait alourdir de 20 milliards d'euros d'impôts le budget, sans faire aucune réforme. D'accord. Pourquoi le truc qui fasse que vous faites la censure ? Là, c'est l'absence de rupture. C'est quand même Sébastien Lecornu.
Mais c'est vague, c'est vague, les économies. Non mais c'est quand même Sébastien Lecornu lui-même qui a parlé de rupture. Alors forcément, on a probablement tous entendu rupture avec Emmanuel Macron, et dans sa tête, ça devait être rupture avec François Béroud, peut-être, sur la méthode. Oui, mais sur quoi ? Là, vous avez donné des exemples précis. Je vous donne des exemples précis. Le exemple. Je vous donne un exemple précis, vous l'avez donné vous-même, l'éolien en fait partie. L'immigration, changement de cap sur l'immigration. Ouvrir le dossier du coût de l'immigration, s'attaquer à l'aide au développement. Nous finançons la France, finance des pays qui sont des concurrents.
Est-ce qu'on a besoin de déverser des millions sur la Chine, par exemple ?
Alors, on l'a entendu, il a sans doute que Sébastien Lecornu va se tourner plus vers le Parti Socialiste pour ne pas être censuré. Il se trouve que si le PS ne censure pas, le gouvernement ne tombe pas. Clairement, c'est le Parti Socialiste qui a la clé, ce n'est plus vous, ce n'est plus le RN qui est au centre du jeu. Est-ce que c'est une position de faiblesse pour votre parti ?
Non, mais l'inverse est vrai. Si le PS censure et que nous, on refuse de censurer, eh bien, le gouvernement ne peut pas tomber. Vous ne vous sentez pas en position de faiblesse. Non, mais vous voyez bien que dans votre démonstration, si je la retourne, l'inverse est valable aussi. Dans cette Assemblée nationale, personne à lui seul ne peut censurer un gouvernement. Si le PS accepte de se faire acheter, pour rien, puisqu'en fait, pas de taxe Huckman, pas d'abrogation des retraites, je ne sais pas quel petit gadget Sébastien Lecornu peut-il donner au Parti Socialiste pour essayer de les acheter, ça les concerne. Nous, on fait de la politique sur des choix clairs.
Et vous n'avez pas peur de la dissolution.
Mais parce que nous l'attendons, nous la réclamons. Et pourquoi ? Parce que nous voulons accéder aux responsabilités le plus tôt possible.
Justement, est-ce que ce n'est pas trop tôt pour vous ? Est-ce qu'à 18 mois de la présidentielle, avoir l'opportunité de former un gouvernement, ce n'est pas trop tôt pour vous ?
Non, mais ce n'est surtout jamais assez tôt. Vous voyez l'État du pays, il y a urgence à ce qu'une autre politique soit menée.
Justement, en 18 mois, c'est très court pour la mener.
Oui, absolument. Mais enfin, on peut donner des signes. On peut déjà arrêter de régulariser à tour de bras, comme le fait M. Retailleau. On peut arrêter de délivrer du droit d'asile à tour de bras, comme le fait M. Retailleau. Ça, on ne sera pas empêché par une quelconque cour. On peut s'attaquer aux dépenses toxiques de l'État. On peut fermer le Conseil économique et social. On peut fermer un certain nombre d'agences d'État.
Et ça, ça ne change pas la vie des Français ?
Les dépenses toxiques de l'État, si. On peut engager une réforme territoriale. Si, ça change considérablement la vie des Français. On peut faire baisser la TVA sur les produits de première nécessité, sur l'énergie. On peut changer la vie des Français.
Donc, pour vous, ce n'est pas un souci de gouverner avant l'élection présidentielle ?
Mais c'est même la nécessité. On réclame. On veut gouverner. On veut que les Français nous voient aux responsabilités. On veut changer la ligne politique de ce pays. Vous voulez une cohabitation avec Emmanuel Macron ? Bien sûr. Bien sûr. Mais nous l'assumons, nous la réclamons, et nos électeurs avec nous. Les Français ont envie d'une autre politique. La rupture, c'est nous. Et la stabilité, c'est nous.
Merci, Nathalie. Jeudi prochain, tous les syndicats soutenus par l'ensemble des partis de gauche appellent à manifester pour plus de justice sociale. Nouvelle journée d'action. Et de l'autre côté, le MEDEF hausse aussi le ton.
Le Premier ministre nous a parlé de rupture et d'engagement concret. Le problème, c'est qu'il n'y a eu ni rupture, ni engagement concret. J'ai redit que nous exigions l'abrogation de la réforme des retraites. Et là-dessus, il s'est contenté de dire qu'il continuait à examiner les conclusions du conclave. Le compte n'y est pas. Donc nous avions dit que si nous n'avions pas de réponse claire, une nouvelle date de grève et de mobilisation serait à l'ordre du jour. Ce sera donc le 2 octobre. De la grande manifestation des patrons. Le 13 octobre prochain. Non, mais écoutez, a priori, non, nous n'y serons pas.
Notre propos, et on le démontrera le jour dit, donc le 13 octobre, c'est de bien confirmer à nos concitoyens qui savent très bien ce que font les entreprises et qui ont une bonne image des entreprises, tout ce que l'on apporte au bien commun. Chacun devra faire un effort à sa mesure, mais pour que cet effort soit accepté, il faut qu'il soit équitablement partagé. Il y a ce besoin d'apaiser et de réconcilier. Les chefs d'entreprise sont d'accord pour contribuer à hauteur de ce qu'ils peuvent faire, à condition que l'État fasse de vraies économies structurelles.
Tous les clients qui étaient prêts à s'engager sur un projet de construction ont fait marche arrière parce que la dissolution a poussé tout le monde dans l'incertitude. Plus on nous prend d'impôts, notamment calculés sur le chiffre d'affaires, les impôts de production, moins on peut embaucher, moins on peut augmenter, moins on peut investir. Les entreprises sont asphyxiées, les salariés ne s'en sortent plus à la fin du mois, nous on le voit bien, donc c'est le même combat.
Sébastien Chen, une nouvelle journée d'action des syndicats le 2 octobre, ce sera la deuxième, voire la troisième si on compte, bloquons tout, depuis la rentrée. En ce moment, ce sont les syndicats et la gauche qui préemptent, j'allais dire, parfois les thèmes. Vous disiez le texte Juckman, on en a parlé des mois et des mois, c'était porté par la gauche, et qui donne le tempo un peu aussi à la vie politique. Est-ce que vous n'êtes pas condamné à être observateur dans le contexte aujourd'hui ?
Non, parce qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale ne siège pas, donc évidemment on entend peut-être davantage la voix des syndicats, et tant mieux. Moi j'ai été intéressé et frappé par le discours d'une responsable que nous avons vue sur les images, salariés et dirigeants, même combat. La réalité c'est celle-ci, c'est que les Français, il y a une problématique de salaire en France. Les Français n'en ont pas assez pour leurs efforts. Il y a une problématique aussi d'entreprise, c'est-à-dire de croissance, permettre, protéger, c'est un peu nos leitmotivs, nous en ce qui concerne les entreprises.
Leur permettre de faire de la croissance, leur permettre d'aller plus loin, les protéger également en ce qui concerne effectivement l'accès notamment au marché public. Ben oui, je crois que l'idée de produire dans notre pays n'est pas suffisamment soutenue.
Alors puisque vous parlez de ça, le 13 octobre c'est le MEDEF qui va s'y mettre et qui va organiser un grand rassemblement pour s'opposer à tout projet de taxation supplémentaire. Ils estimaient être eux les vrais insoumis en reprenant un autre label. Est-ce que vous soutenez ce mouvement ?
Mais moi je n'oppose jamais les Français les uns aux autres, je viens de vous le dire. Les salariés et les entreprises, je les soutiens de la même façon les deux. C'est-à-dire que je soutiens autant les salariés qui vont dans la rue réclamer du pouvoir d'achat et de meilleurs salaires. On a une proposition, la hausse des salaires de 10% qui intéresse en échange du gel des cotisations patronales des entreprises. Donc ça intéresse à la fois les entreprises et les salariés. Donc moi j'ai beaucoup de sympathie pour les entrepreneurs qui se bougent, mais j'ai beaucoup de sympathie pour les salariés qui font bouger et qui tiennent debout le pays.
Alors soyons concrets, parce que le MEDEF refuse, vous le savez, tout impôt supplémentaire. Avec votre impôt sur la fortune financière, l'outil de travail et la résidence principale seraient exclus de cet IFF. Question claire, est-ce que Bernard Arnault, patron de LVMH, paierait l'IFF ?
Oui, il le paiera, il a plus d'un million trois d'actifs financiers, donc il paierait l'impôt sur la fortune financière.
Et quand il dit qu'il menace de s'exiler à l'étranger, ça ne vous fait pas peur ?
Je pense que ce n'est pas cet axe-là qui l'inciterait évidemment à déménager. Mais pourquoi nous demandons que les plus riches puissent contribuer à travers cet impôt sur la fortune financière qui vient remplacer, tuer l'impôt sur la fortune immobilière ? Parce que nous, on ne crée pas un nouvel impôt, on en tue un avant d'en créer un. C'est-à-dire qu'en fait, s'il y a un nouvel impôt tel que celui sur la fortune financière, à partir d'un million trois d'actifs financiers, un million trois d'actifs financiers, il n'y a pas la résidence principale dedans, il n'y a pas les actions dans les petites boîtes, dans les PME, dans les ETI, etc. Donc si vous voulez, ça touche assez peu de monde.
Mais c'est parce qu'on a besoin de financer des politiques publiques, on a besoin de financer la politique de la natalité dans notre pays. Et les trois milliards qu'on récupère ici, on les flèche pour pouvoir ouvrir la deuxième part non fiscalisée à partir du deuxième enfant.
Dernière question pour vous. Mercredi aura lieu à l'Assemblée nationale la réélection du nouveau bureau de l'Assemblée nationale. Il y a un an et demi, vous étiez vice-président de l'Assemblée nationale. Et puis lors du renouvellement, après la discussion, vous avez perdu le poste parce qu'il y a eu des accords et des votes qui ont fait que vous n'avez pas été réélu. Est-ce que d'abord, vous êtes candidat de nouveau à ce poste ?
Ça, c'est la décision de mon parti politique, de mon groupe politique autour de Marine Le Pen. Hélène Laporte et moi, nous étions tous les deux des vice-présidents du RN. On est à la disposition de notre groupe politique pour ses fonctions. Si ce ne sont pas celles-ci, ce seront d'autres. Vous savez, en politique, les fonctions, elles vont, elles viennent. Nous, nous réclamons à être respectés au niveau… Nous, nous réclamons deux vice-présidents de l'Assemblée nationale et deux secrétaires. Mais pas pour simplement le plaisir d'être dans le bureau de l'Assemblée nationale, c'est parce que ça correspond à ce que nous représentons notre poids politique.
D'accord, c'est la même Assemblée que celle qui est là aujourd'hui, mais vous n'aviez pas de vice-président.
Voilà, parce qu'il y a eu un accord entre LR et les macronistes.
– Alors, alors, alors, la suite, ça veut dire que vous demandez aux macronistes
de voter pour vos candidats ? – On leur demande de voter, effectivement, de façon équilibrée, de regarder l'Assemblée telle qu'elle est. C'est finalement ce que dit Yael Brown-Pivet, que l'Assemblée, que le bureau de l'Assemblée nationale corresponde aux grands équilibres de l'hémicycle.
– Vous pensez qu'ils vont vous entendre ?
– Je pense que la parole de la présidente de l'Assemblée nationale, ça pèse quelque chose, oui. – Chez les macronistes, elle est entendue ?
– Oui, je pense, oui. – Et parce que, je vous pose la question, parce que vous reprochez par ailleurs, moi bien, à l'Assemblée, aux macronistes d'avoir fait élire des insoumis avec le Front républicain. Donc on efface tout et on recommence ?
– Ça, vous savez, c'est la règle de l'Assemblée nationale. Chaque année, on réorganise le bureau de l'Assemblée nationale. Donc moi, je pense qu'il y a eu effectivement une manœuvre politique la première année pour nous sortir, qui ne correspond pas ni aux attentes des Français, ni à ce qu'ils ont exprimé. et je pense qu'il y a l'occasion de corriger cela. Et nous appelons l'ensemble de l'hémicycle, les LR, les macronistes et même la gauche, à corriger cela.
– La gauche a peut-être peu de chance.
– Oui, c'est bien dommage, parce que nous, on n'a pas de problème parce que la gauche occupe un certain nombre de responsabilités.
– Mais ils en auront moins, mais ils en auront moins.
– Oui, parce qu'ils représentent moins l'Assemblée nationale, mais on n'a pas de problème parce qu'ils occupent des responsabilités.
– Du côté du RN, ce sera quoi, la ligne pour l'élection des vice-présidents ?
– Ce sera l'équilibre, ce sera un hémicycle, un bureau de l'Assemblée qui correspond aux grands équilibres politiques de l'Assemblée et donc du pays.
– Donc on votera même pour des défis s'il le faut.
– On verra comment les choses s'organisent, mais on l'a déjà fait, ça ne nous pose pas de problème que la gauche existe. – Sous-titrage ST' 501
Sébastien Chenu