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interviewLe Média (sur YouTube)· 9 juin 2022

DÉRAPAGE D’ÉLISABETH BORNE, ENTRETIEN EXCLUSIF SUR UN CONTRÔLE POLICIER MORTEL| Contre-Matinale #153

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Chers matinaux, on se retrouve déjà pour la dernière contre-matinale de la semaine. Un petit point sur la campagne d'abonnement. Elle se poursuit afin de renforcer nos équipes qui seront mobilisées autour du nouveau projet du Média.

Une émission quotidienne qui vous donnera rendez-vous à 18h. On vous en dit un peu plus sur ce format original très prochainement. Nous avons besoin de convaincre 5000 nouveaux abonnés à rejoindre l'aventure d'un média indépendant et véritablement inclusif.

La souscription ne vous coûte que 5 euros par mois mais vous pouvez toujours donner plus. Vous trouverez le lien en description dans la vidéo. Vos likes, partages et abonnements nous donnent également de la force pour exister dans un monde où la dictature de l'algorithme règne.

On compte sur vous. Et un blessé grave, trois policiers placés en garde à vue par les GPN. Un contrôle de police aviré au drame.

Samedi 4 juin dans le 18e arrondissement de Paris. Ils avaient ouvert le feu sur les occupants d'une voiture qui tentait d'échapper à un contrôle. Samedi 4 juin dans le 18e arrondissement.

La passagère, une jeune femme de 21 ans, est décédée. Le conducteur, blessé au torse, est toujours hospitalisé. Comme dans toutes les affaires de violences policières, la version des fonctionnaires de police diffère de celle d'autres témoins.

Et notamment de celle d'un des passagers arrière de la voiture. La question n'est plus de savoir si la police tue. Il s'agit de déterminer si la riposte policière était nécessaire et proportionnée.

On discute de ce contrôle policier mortel avec l'avocat du conducteur, maître Ibrahim Chalabi. Il a décidé de porter plainte contre X. Lors de l'émission Ma France sur France Bleu, mardi, la première ministre a eu un échange avec Dolores, une auditrice ayant un lourd handicap, à qui elle a suggéré de peut-être reprendre une activité professionnelle.

Une séquence qui a été critiquée avec Odile Morin, élu d'opposition à Toulouse et activiste anti-validisme. Nous reviendrons sur les propos choquants d'Elisabeth Borne. Des familles venues d'Afrique subsaharienne dorment dans les rues de la capitale depuis des semaines, des mois, voire des années.

Pour certaines d'entre elles, on trouve principalement des femmes, des femmes enceintes, des femmes gravement malades, des femmes avec des bébés, des enfants vivent sous des ponts, dans des parcs, sous la pluie. Dans des tentes de fortune, il n'y a plus aucune place dans les centres d'hébargement d'urgence. Selon plusieurs témoignages, le SAMU social traiterait en priorité les familles venues d'Ukraine.

Face à l'inertie des pouvoirs publics et à l'urgence, Samra Sédic, sage-femme et présidente de l'association Un Petit Bagage d'Amour, coordonne des actions humanitaires. Elle nous racontera le calvaire de ces familles. Nous sommes le 9 juin 2022, il est 8h28.

Vous regardez ou écoutez l'épisode 153 de la Contre-matinale du Média. Sans plus attendre, place à la titrologie. Paiements fractionnés, promo, débrouille.

Le Monde consacre sa une à la France qui se serre la ceinture. Une série d'indicateurs permet de mesurer, au-delà des statistiques officielles, comment la flambée des prix bouscule au quotidien des ménages, du logement au transport, en passant par les courses alimentaires et les habitudes culturelles. Le Monde a cherché à rassembler des indicateurs, de la donnée publique ou signal faible pour rendre compte du poids de l'inflation dans le quotidien des Français.

Le chèque alimentaire a été repoussé, il ne figurera finalement pas en tant que mesure de long terme dans la loi sur le pouvoir d'achat qui doit être présentée. Après les élections législatives, le dispositif devait permettre l'accès des ménages au revenu modeste à une alimentation saine. Que propose l'ANUPS contre la vie chère ?

La gauche unie présente un tout cohérent, nous répond l'UMA. D'un sondage à l'autre, la préoccupation principale des Français s'impose comme étant celle de leur pouvoir d'achat. Or, les Français ont de quoi s'inquiéter.

Dans la situation actuelle, prévient le journal communiste, les crises liées au Covid et à la guerre en Ukraine sont venues aggraver une situation préexistante. En un an, les prix ont augmenté de 5,2% en moyenne, un record depuis 1985. Cette inflation frappe plus durement les ménages modestes qui subissent une baisse encore plus forte de leur pouvoir d'achat, indiquent les économistes de l'ANUPS dans une note rendue publique mardi.

Blocage des prix, hausse des salaires, encadrement des loyers, souveraineté alimentaire et énergétique. L'UMA nous expose dans cet article le paquet de l'ANUPS contre la vie chère. De son côté, l'IB nous propose une enquête sur le trafic d'enquittés, acquisitions litigieuses, rapports passés sous silence.

Le Quotidien a pu consulter plusieurs mails et rapports de police qui pointent les manquements de l'agence France Muséum, une institution créée pour assister le Louvre à Abu Dhabi dans la constitution de ses collections. Dans le vaste trafic international d'antiquités, mis à jour par la justice française qui a conduit à la mise en examen le 25 mai de l'ancien directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, l'agence France Muséum est soupçonnée d'être le maillon-clé de cette chaîne internationale. Du côté de la presse indépendante, on retient cet article de Mediapart.

On vous en parlait hier, les eurodéputés devaient voter un mercredi une vaste réforme du marché carbone, le fameux pacte vert qui prévoyait de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre de moins 55% d'ici à 2030 et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Mais le Parlement a finalement rejeté ce texte. Les très polluants industriels de l'acier, du ciment et des engrais ont opéré un lobbying intense pour pouvoir continuer à émettre gratuitement leur gaz à effet de serre.

Selon les données du registre de transparence de l'UE et celle de l'ONG Influence Map, plus d'une cinquantaine de réunions ont eu lieu avec des eurodéputés clés sur les dossiers du marché carbone et de la taxe carbone aux frontières. Au total, les fédérations européennes de l'industrie lourde possèdent 121 lobbyistes accrédités au Parlement européen avec un budget estimé entre 28 et 32 millions d'euros rien que pour l'année 2021. Résultat de ce rouleau compresseur, indique Mediapart, les eurodéputés ont voté ce mercredi 8 juin pour la suppression définitive des droits à polluer gratuitement, non pas en 2030 mais en 2034.

Un mort et un blessé grave, un contrôle de police a viré au drame samedi 4 juin dans le 18e arrondissement de Paris. Selon une source policière, des policiers auraient remarqué un véhicule dans lequel un des quatre occupants ne portait pas de ceinture de sécurité. Ils auraient alors décidé de procéder à un contrôle et le véhicule aurait pris la fuite à vive allure et foncé sur un équipage de policiers à vélo.

Plusieurs policiers auraient alors fait usage de leur arme, blessant gravement le conducteur et la passagère avant, dont la mort a été annoncée dimanche soir. Selon RTL, la version d'un passager arrière de la voiture est bien différente. Ils racontent que le conducteur, sans permis, n'a pas foncé sur les policiers mais les a ignorés.

Trois policiers ont été placés à garde à vue dimanche 5 juin par l'IGPN. Cette nouvelle affaire de violence policière a provoqué la colère de Jean-Luc Mélenchon qui a déclaré sur Twitter « la police tue ». Elle tue.

C'est un fait, c'est un objectif. Elle tue. Le seul problème, c'est de savoir si elle a le droit ou pas.

Si un policier voit une voiture qui fonce sur lui et qu'il ne peut l'arrêter qu'en tirant, on peut parler de légitime défense. Tout le problème est de savoir si effectivement la voiture s'en allait. si effectivement ils étaient directement menacés dans leur vie.

Ça, je ne vous dirai rien là-dessus parce que je n'ai pas d'éléments. J'ai des éléments contradictoires. Oui, bien sûr, la police tue.

Parole de juriste. Fin du débat. La loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique précise que les policiers et gendarmes ne peuvent faire usage de leur arme dans l'exercice de leur fonction qu'en cas d'absolue nécessité et de manière strictement proportionnée.

La vraie question est donc de savoir si la riposte utilisée pour se défendre est un cas de légitime défense et si elle est proportionnée. C'est la question que nous posons à Maître Ibrahim Chalabi. Bonjour Maître.

Bonjour. Vous êtes l'un des avocats du conducteur qui a été grièvement blessé par les tirs de la police. Vous avez décidé de porter plainte contre X.

On l'a évoqué, les versions diffèrent, comme toujours, dans les affaires de violence policière. Que s'est-il vraiment passé samedi 4 juin ? Avant de rentrer très rapidement dans les faits, j'indique simplement que je suis conjointement désigné pour la défense des intérêts de monsieur avec mon confrère Louis Storr.

Ça, c'est une première chose. S'agissant des faits, évidemment, je ne pourrais pas rentrer dans le détail parce qu'il y a encore une enquête. Là, c'est même une instruction qui est en cours.

Autrement dit, c'est un juge d'instruction qui est désigné pour continuer l'enquête qu'a mené le procureur de la République. Ce qui s'est passé, pour l'instant, on ne le sait pas. On a des témoignages divergents.

On a les témoignages des policiers qui indiquent qu'ils ont senti un risque, un danger pour leur vie ou leur intégrité physique. Ce n'est pas ce qui ressort des autres témoignages, notamment des passagers. Voilà l'état des choses actuellement.

L'enquête reste à faire. En tout cas, l'instruction avec tout ce qui va s'en suivre, les différentes expertises, c'est-à-dire l'expertise balistique et pyrotechnique, l'expertise de l'automobile, etc., etc.

On avait reçu Amel Bentounsi, que vous connaissez bien, qui est la membre fondatrice du collectif Urgence, notre police assassine. Elle pointait cet article, elle, 435-1, qui est cette loi de 2017 dont je viens de parler. Et elle désigne cet article comme un permis de tuer.

C'est ce que vous pensez aussi ? C'est cette loi qui est problématique ? C'est totalement ce que je pense.

Vous savez, on est un petit peu comme dans James Bond avec le permis de tuer. C'est un petit peu ça. Alors, les policiers et les gendarmes, à mon sens, l'interprètent comme un permis de tuer, comme une possibilité de tuer.

Parce qu'effectivement, il faut bien partir d'un postulat très simple. C'est que la manière dont réagit une balle dans un corps humain est totalement imprévisible et que l'on ne peut pas tirer en espérant simplement blesser. C'est impossible.

Lorsque l'on veut simplement blesser, on utilise des armes que l'on appelle des armes de force intermédiaire, qui sont les tirs de LBD, les tonfas, les matraques télescopiques, les gaz lacrymogènes. Voilà. Ça, c'est pour blesser.

Quand on veut tuer, en tout cas, quand on a la certitude qu'il y a un risque réel de tuer une personne, on utilise son arme à feu. On ne peut pas l'utiliser simplement pour blesser. Et donc, effectivement, lorsque les policiers se targuent de l'application de l'article L435-1 du code de la sécurité intérieure, en disant, oui, j'ai fait application parce que je me suis senti en danger, ou alors parce qu'autrui était en danger, là, c'est exactement dans la considération que sont les policiers, c'est-à-dire, j'ai le droit de tuer, j'ai le droit de tirer, donc j'ai le droit de tuer.

Et on est bien là dans le permis de tuer que j'évoquais tout à l'heure. — Donc là, en l'espèce, vous, vous contestez le fait que le conducteur visait les policiers avec ce véhicule parce qu'on entend les syndicats de policiers qui désignent le véhicule comme étant une arme par destination. — Alors c'est bien une arme par destination.

Juridiquement, c'est exact. Maintenant, les témoignages que nous avons, notamment des passagers et qui sont apparus dans les médias, indiquent bien qu'il n'y a pas eu d'atteinte à l'intégrité physique ou à la vie des policiers qui étaient présents. Tout simplement parce qu'au moment...

En tout cas, c'est ce qui ressort des témoignages. Au moment où les policiers décident de chausser leur arme et de tirer, à ce moment-là, le véhicule était à l'arrêt et derrière un bus bloqué par la circulation à un moment où il y avait des bouchons en plein Paris. — Donc il était...

Il ne pouvait pas prendre la fuite. — Et quand bien même il pouvait prendre la fuite. Quand bien même.

Vous savez, il y a des formateurs qui vous indiquent que le refus d'obtempérer à une consigne de police et de prendre la fuite n'est jamais considéré comme une situation dangereuse, sauf circonstances particulières ou s'ajoutant en plus au délit de fuite. Ça signifie une chose. Ça signifie que lorsqu'il y a un délit de fuite, la consigne est de laisser le passager prendre la fuite parce qu'il y a des possibilités de l'interpeller plus tard, soit en appelant le centre de commandement, soit en prenant la plaque, par exemple, pour savoir qui est le propriétaire du véhicule, l'interroger, le convoquer et savoir qui était présent ou en utilisant les caméras de vidéosurveillance.

Il existe de multiples façons, avec des actes d'enquête, de retrouver les personnes sans mettre en danger la vie d'autrui ou la vie des passagers. — Alors comment on fait pour articuler justement cet article L435-1 du Code de la sécurité intérieure qui permet aux fonctionnaires de police de riposter avec leur arme s'ils sentent un danger ? En l'occurrence, vous l'avez dit, il s'agissait d'un refus d'obtempérer qu'on peut assimiler à un délit de fuite.

Et dans le même temps, la législation dit, dans ce cas précis de délit de fuite, vous devez laisser partir le véhicule. Alors comment on fait pour articuler ces deux lois ? — Le texte du Code de la sécurité intérieure est beaucoup plus restrictif que ce que vous avez mentionné.

Il ne s'agit pas de danger. Le terme « danger » n'apparaît jamais. Il y a plusieurs conditions qui apparaissent dans le texte.

C'est le fait qu'il faille absolument que l'acte de riposte soit nécessaire. Le second, c'est qu'il soit strictement proportionné. Et enfin, on ne parle pas de danger, on parle d'atteinte à l'intégrité physique, d'accord ?

Et d'atteinte à la vie, soit des policiers ou des gendarmes, parce que cet article concerne à la fois les policiers et les gendarmes, soit l'atteinte à l'intégrité physique d'autrui. Donc on n'est pas sur le danger. On est bien au-delà.

Il faut qu'il y ait eu une atteinte. Donc il faut que l'atteinte soit effective. Et au-delà de ça, l'article vous pose, s'agissant de la contrainte à obliger un véhicule à s'arrêter, on vous pose une autre condition.

C'est celle de la double sommation. Ça, ça ne ressort pas, en tout cas pas à mon connaissance pour l'instant, des témoignages qui ont pu être publiés, prononcés dans les différents médias. Vous avez décidé de porter plainte contre X.

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Pour l'instant, il ne s'agit pas de déposer plainte contre X. Il s'agit de se joindre à l'information judiciaire qui a été ouverte.

Puisque l'information judiciaire a été ouverte pour les faits qui sont survenus. Alors je ne sais pas aujourd'hui si les policiers ont été mis en examen. Pour l'instant, je n'en ai pas connaissance.

Ça, nous le saurons dans la journée. Et donc nous allons nous constituer partie civile en revanche et présenter cette constitution de partie civile au juge d'instruction avec mon confrère Thor. — D'accord.

Donc dans cette affaire, comme dans celle du Pont-Neuf, comme dans d'autres affaires, ce qui est vraiment problématique, c'est cette loi de 2017, cet article L435-1 du Code de la Sécurité intérieure. Est-ce que les...

C'est une question que j'avais posée à Amel. Je vous la pose aussi à vous. Est-ce que des juristes de concert avec des parlementaires se mettent d'accord pour demander l'abrocation de cette loi ?

Est-ce que vous militez aussi dans ce sens ? — Alors je milite évidemment en ce sens parce qu'on a de plus en plus d'événements qui se ressemblent, c'est-à-dire des policiers qui pensent, comme je le disais tout à l'heure, qu'ils disposent d'un permis de tuer sous prétexte qu'il y a à un moment un faible risque pour leur vie ou la vie d'autrui. Là, le risque n'est même pas avéré.

Moi, je vous ai parlé tout à l'heure qu'il fallait une atteinte. Là, il n'y a même pas de risque en l'espèce. La voiture était à l'arrêt.

Cet article-là est très largement surinterprété s'agissant des pouvoirs qu'il confère aux autorités de police, qu'il s'agisse des policiers eux-mêmes ou des gendarmes. Donc c'est effectivement un article qui pose problème, qui confère des pouvoirs disproportionnés quand bien même son encadrement est très strict, parce que la loi pénale est d'interprétation stricte. Et cet article-là encadre très strictement l'application et l'usage de l'arme à feu, qui doit être encore une fois absolument nécessaire et strictement proportionné.

Ce sont des termes assez forts pour indiquer que cela ne doit apparaître. Et en tout cas, les armes ne doivent être utilisées qu'en cas de stricte nécessité. C'est-à-dire quand il n'y a rien d'autre à faire que ceci, que dégainer son arme, la chausser et tirer.

En l'espèce, c'est ce que je disais tout à l'heure, encore une fois, il y avait mille autres possibilités, mille autres actes d'enquête à faire sans tirer. Là, encore une fois, et je vais rajouter un élément qui me semble très important à la lecture du dossier. C'est...

J'ai eu beaucoup d'affaires, moi, vous savez, de violences policières. Et j'ai eu une affaire qui est l'affaire Shenva, où effectivement, on a eu un cas similaire avec un policier qui a décidé de poursuivre seul sur scooter un individu qui lui a tiré dessus et qui l'a tué. Ce qui ressort en réalité, c'est qu'il est nécessaire dans ce cas de figure, lorsque les policiers tirent, de toujours faire un tir qu'on appelle fichant.

Fichant, c'est-à-dire diriger vers le sol pour éviter justement les dommages collatéraux. Ici, ça n'apparaît pas parce qu'une personne est décédée d'une balle de latte dans la tête. Donc on a, je le crois en tout cas, dans tous les stades, dans tous les stades au moment où les policiers ont décidé d'interpeller jusqu'au moment où ils ont décidé de tirer, une méconnaissance des obligations qu'ils avaient et un défaut de diligence et surtout de discernement dans leur manière d'agir.

Oui, surtout que cette intervention a eu lieu à 11h, c'est ça ? À Paris, il y a un moment où les rues étaient bondées. Dans une note du mois de juillet 2017, un IGPN indiquait que le nombre de tirs par les policiers a cru de 50% par rapport à l'année précédente, c'est-à-dire vraiment dans le semestre qui a suivi la promulgation de cette loi.

Alors très rapidement, parce que je le dis à nos auditeurs et à ceux qui nous regardent, vous êtes attendus pour une conférence de presse, donc c'est vraiment un entretien assez exclusif que vous nous offrez en fait ici. Alors j'ai perdu du coup le fil de ma pensée. C'est ici, voilà, ça revient.

On a entendu beaucoup de choses, beaucoup de propos aussi, calomnieux à l'encontre du conducteur et même de la défunte. C'est peut-être l'occasion ici d'essayer de restaurer un petit peu leur honneur. Alors celle qui va restaurer l'honneur à la fois de mon client, de notre client, mais aussi de la défunte, c'est la justice elle-même.

Moi je ne participe pas à ce jeu un peu vil qui consiste à déshonorer et à salir le passif, le passé judiciaire ou social des personnes pour accroître la crédibilité de la version policière dès le début du stade de l'enquête et s'accaparer un petit peu l'opinion publique. Je le comprends d'autant moins ce jeu-là lorsqu'une personne est décédée et qu'on décide de salir son passif, de grossir ses traits les plus négatifs, de les fantasmer, voire même de les imaginer. Est-ce que ça arrive que les avocats, dans ce cadre d'affaires de violences policières, on le disait, les versions se contredisent et on salit beaucoup effectivement l'histoire, le passé des personnes qui sont, on va dire, incriminées dans ce genre d'affaires.

Est-ce que ça vous arrive de porter plainte pour diffamation contre les fonctionnaires de police ? Est-ce que c'est une pratique de la profession ? Moi ça ne m'est jamais arrivé, mais tout simplement parce que pour l'instant il n'y a pas de diffamation.

Dans d'autres cas, dans d'autres affaires. Non, mais il y a des fuites de sources policières. On ne sait pas de qui elles émanent.

On ne sait pas qui a divulgué ces informations qui, de toute manière, sont erronées. Ce que l'on peut faire, et ce qu'il y a de mieux à faire, en tout cas à mon sens, c'est d'attendre ce qu'auraient dû faire aussi les autres parties, sans avoir à prononcer un discours particulièrement affligeant, sale, détestable, sur la personnalité, sur le passif des autres. Là, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est d'attendre que l'instruction se fasse, que la vérité se fasse, et qu'elle éclate au grand jour avec un procès.

Très bien. Très bien. Maître Chalabi, est-ce que vous aimeriez ajouter quelque chose sur cette affaire de violence policière, ou même une autre, avant que vous partiez ?

Le dernier point que j'aimerais évoquer, c'est le nombre de tirs qui a été évoqué par les médias, qui était de 9. 9, c'est juste énorme. C'est-à-dire que 9, nous ne sommes pas dans le cadre d'une riposte.

En face, il y avait des personnes qui sortaient d'une fête. Nous ne sommes pas face à des personnes armées, nous ne sommes pas face à des personnes habituées de la criminalité organisée, nous ne sommes pas face à des personnes qui étaient armées, de quelque manière que ce soit. Nous étions face à des personnes qui souhaitaient simplement sortir de leur fête, se reposer, retourner chez eux.

Il y avait, à mon sens, presque une zone de guerre, vu le nombre de tirs. Une zone de guerre, en tout cas des tirs qui n'étaient absolument pas justifiés par le contexte. Et ce nombre-là, on dit très long sur le discernement des policiers qui ont agi à ce moment-là.

Et ce nombre de tirs même prouve une riposte disproportionnée d'emblée. Absolument. En tout cas, ça, c'est mon avis.

Merci beaucoup, Maître Chalabi, l'un des avocats du conducteur qui a été visé par une balle et qui est à ce jour encore grièvement blessé. Lors de l'émission Ma France sur France Bleu mardi, la Première ministre a eu un échange avec Dolorès, une auditrice ayant un lourd handicap, à qui elle a suggéré de peut-être reprendre une activité professionnelle. Je vais vous appeler pour savoir si l'État compte faire quelque chose pour les personnes qui sont handicapées.

Malheureusement, j'ai eu un très grave accident. Je me retrouve en fauteuil, je ne peux plus travailler. J'ai fait la demande d'AH.

Et dans la mesure où mon époux touche 1810 euros par mois, malgré qu'on ait un noyer de 2000 euros sur Nice, on me dit que j'ai droit à rien parce qu'on déplace les plafonds à tous les deux. Ça fait que je n'ai rien. Si je n'ai pas mon époux aujourd'hui, je serais dans la rue.

Merci Dolorès, on comprend votre émotion. Vous qui demandez donc l'adlocation d'adultes handicapés, mais il y a ce problème de plafond. Alors c'est toujours compliqué parce qu'il y a ces barèmes, il y a ces critères Elisabeth Borne.

Et quand on est un peu en dessous, un peu au-dessus, on n'est pas éligible. Et ça, ça crée des situations de détresse comme Dolorès l'exprime. Alors moi j'entends votre émotion Dolorès, et je pense qu'il faut absolument qu'on puisse vous trouver une solution.

D'abord, en tant que personne handicapée, vous avez droit à des aides pour votre vie courante, pour que vous puissiez continuer à vivre normalement, à vous déplacer par exemple. Ça vous le savez Dolorès. Et ça, il y a des aides qui ne sont pas du tout sous condition de ressources.

D'accord. Et puis ensuite, il y a la façon dont on peut vous accompagner pour que vous puissiez peut-être reprendre une activité professionnelle. J'imagine que c'est quelque chose que vous pourriez souhaiter.

Et là, il y a des structures dont c'est la responsabilité. Dolorès ? Oui, je vous écoute.

J'adore quand Madame le Premier ministre dit de reprendre une vie professionnelle. Vous savez, quand vous arrivez en fauteuil...

Excusez-moi. J'entends votre émotion Dolorès. Je pense qu'il ne faut pas considérer que les employeurs doivent fermer la porte à des personnes en fauteuil roulant.

Mais peut-être que ce n'est pas le moment de parler de cette hypothèse de reprise de l'activité professionnelle. Déjà vous accompagner. Effectivement, ce n'est peut-être pas le moment.

Ces propos d'une extrême violence racontent la façon dont l'État regarde et traite les personnes en situation de handicap. Bonjour Odile. Oui, bonjour.

Bonjour Odile Morin. Vous êtes élue d'opposition à Toulouse et activiste anti-validisme. Et vous avez été, comme nous tous, choquée par les propos de la Première ministre.

Oui, effectivement. Elisabeth Borne nous a fait un numéro de validisme et d'handiphobie qui est à la hauteur de sa déconnexion du réel. Et des mensonges aussi de la Macronie et de Sophie Cluzel.

Parce que le validisme ou le capacitisme, c'est quoi ? C'est l'ensemble des préjugés et des comportements discriminatoires à l'encontre des personnes en situation de handicap. Ça désigne un jugement porté sur les personnes handicapées en fonction de l'écart à une norme qui serait une norme valide.

En effet, la capacité physique, intellectuelle, sensorielle, émotionnelle constituerait ce qui permet à l'individu d'être indépendant, utile à la société, performant. Et dans un idéal sociétal qui est fondé sur la performance et la croissance, d'ailleurs plus en termes de production et de marché qu'en termes de qualité de vie, de réalisation personnelle et collective, l'individu capable représente l'idéal. Et plus il développe de capacités, plus il est performant, plus il est utile et plus il est conforme à la norme souhaitable, la norme souhaitée par le système.

Et plus il bénéficie à ce moment-là de privilèges. A l'inverse, l'individu considéré comme moins capable ou incapable de réaliser telle ou telle action de manière indépendante se voit disqualifié et stigmatisé. C'est une forme de discrimination qui est basée sur un système de valeurs qui considère que certaines caractéristiques du cœur et de l'esprit sont essentielles pour vivre une vie épanouie et ça part du principe que la qualité de vie des personnes handicapées est extrêmement faible.

Et dans le validisme, comme dans le racisme, comme dans l'homophobie ou d'autres formes d'oppression, le groupe social dominant considère sa propre image comme étant le modèle selon lequel l'humanité devrait être, rejetant ou ignorant les autres, les considérant comme inférieurs, pas normaux ou inaptes. Et donc les personnes handicapées, c'est considéré comme une sorte de version amoindrie des personnes valides. Et il y a une seconde facette dans le validisme qui consiste au contraire à prêter des vertus, des qualités extraordinaires aux personnes handicapées, par exemple des vertus de courage, d'abnégation exceptionnelle.

Et on voit des personnes qui sont présentées comme des leçons de vie dans les médias, comme si le handicap leur apportait une sorte de plus-value morale qui ferait d'elles des sources d'inspiration. Mais ce sont deux facettes complémentaires, parce qu'elles aboutissent toutes deux à une essentialisation des personnes handicapées. C'est-à-dire qu'en fait, le validisme consiste à figer les personnes handicapées dans une sorte d'altérité par rapport à une prétendue normalité.

Et pourquoi il a fallu créer ce terme ? Parce que ces idées validistes, elles sont particulièrement redoutables, parce qu'elles apparaissent comme des évidences, elles passent pour des choses naturelles. Et du coup, ça les rend très difficiles à identifier.

Alors qu'en fait, ce n'est pas nos situations médicales qui sont le problème, c'est les jugements issus de normes arbitraires qui ont inventé le validisme. Et parce qu'il n'y a pas de lien naturel entre le fait qu'on est en handicap et le fait qu'on ne puisse pas aller à l'école, accéder à l'emploi, avoir une vie amoureuse épanouie. Et si on rencontre ces difficultés, c'est parce que ces difficultés, elles sont le fait de la manière dont notre société est construite.

Et c'est vraiment un problème qui est lié à l'organisation sociale. Et l'organisation sociale, elle peut être changée. Donc le validisme, ça permet d'agir sur les représentations et de changer le monde social.

Et il ne s'agit pas de lutter contre les valides, mais bien de dénoncer un système de pensée et de fonctionnement très ancré. Et en l'occurrence, Elisabeth Borne a été abjecte dans ses propos, mais il ne faudrait quand même pas ignorer aussi les réactions d'un certain nombre d'organisations et notamment des forces qui se réclament de la gauche. Et je dirais que la seule différence programmatique qu'il y a entre aujourd'hui en France les forces qui se réclament de la gauche et puis Macron, Elisabeth Borne et tous les autres.

C'est juste sur l'augmentation de la hache et sa déconjugalisation qu'effectivement les forces de gauche réclament alors que le gouvernement, et on l'a vu l'année dernière, ont tout fait pour refuser cette mesure de justice parce qu'au nom de quoi, une femme, parce que c'est souvent une femme, serait dépendante de son conjoint. Au nom de quoi, qu'est-ce qui justifie de rendre quelqu'un indépendant et en plus de rendre les deux membres du couple, de les mettre en situation de pauvreté. Parce que si on prend l'exemple de Dolorès et de son époux, lui gagne 1800 euros, ce qui est, ça ne fait pas de lui une personne riche, mais ça fait quelqu'un qui, voilà, s'en sort, on peut dire.

Le problème, c'est qu'en divisant par deux ces revenus, puisqu'ils sont deux êtres dessus, on fait deux personnes pauvres. Exactement. Voilà, donc en fait, c'est un flux d'amour aussi.

Alors Emmanuel Macron, pendant la campagne présidentielle, je pense que ça ne vous a pas échappé, lors du débat du 20 avril qu'il a opposé à Marine Le Pen, a réitéré son intention de revenir justement sur le calcul de l'allocation adulte handicapé pour les couples. Et donc, il serait pour la déconjugalisation qui est demandée depuis des années. Alors ça, c'est ce qu'il raconte, mais je crois qu'il faut se souvenir de ce qu'Emmanuel Macron a dit en 2017.

Emmanuel Macron a dit que le handicap serait sa priorité. En fait, en matière de priorité, en matière de handicap, on a eu, il était censé, je rappelle qu'il était censé, augmenter la hache immédiatement de 100 euros. En fait, et c'est là qu'on voit que M.

Macron est un menteur et son équipe aussi, et un bonimenteur, et il n'y a aucune raison de penser que ce sera différent cette année par rapport à 2017, il avait augmenté la hache non pas de 100 euros immédiat, mais de 50 et de 40 euros sur plus de deux ans. Et surtout, il a l'art de prendre dans la poche des pauvres ce qu'il remet dans la poche des autres pauvres. C'est-à-dire qu'en fait, comment est-ce qu'il a financé cette augmentation de la hache qui fait que ce revenu est toujours inférieur au seuil de pauvreté ?

Il l'a fait en supprimant le complément de ressources, c'est-à-dire le complément qui est accordé aux personnes les plus lourdement handicapées et les plus éloignées de l'emploi, celles qui sont dans l'impossibilité totale d'avoir un emploi, et les a privées de 179 euros par mois. Donc, les progrès et les engagements de M. Macron en matière de handicap, je pense qu'il est clair qu'on ne peut pas le croire et qu'on ne peut pas lui faire confiance.

D'autant plus qu'il n'a pas dit qu'il allait déconjugaliser la hache, il a dit qu'il allait revoir la question. Bon, revoir la question, ça ne coûte pas cher. Et puis, toute la manière dont ça a été fait, les votes bloqués, les mensonges de Sophie Cluzel, cette volonté de faire que la solidarité familiale prime sur la solidarité nationale, et ça uniquement pour les personnes handicapées, parce que pour les plus riches, on ne leur dit pas « Écoutez, votre conjoint gagne très bien sa vie, donc on va vous fiscaliser à mort. » Non, non, c'est uniquement avec les pauvres qu'on mène ce genre de politique.

Et comment vous expliquez, justement, Odile Morin, dans une société française qui se gargarise d'être la société des droits humains, la société qui défend les droits des femmes, donc les droits des femmes à être indépendantes, étonomes, de pouvoir disposer de leur compte bancaire comme elles l'entendent. Et là, très subitement, s'agissant des personnes en situation de handicap, cette société devient archaïque et place la femme en situation de handicap sous la tutelle de son mari. Tout à fait, tout à fait.

On a des politiques qui sont spécifiques aux personnes handicapées, comme si on n'était pas des êtres humains comme les autres, et comme si l'égale dignité que prévoit la Constitution française ne s'appliquait qu'aux personnes valides. Il faut quand même rappeler que pour accéder à l'emploi, pour les personnes handicapées, il y a plusieurs conditions à réunir et qui ne sont absolument pas réunies dans notre pays. Il y a, pour les personnes en fauteuil encore plus, la question de l'accessibilité du bâti, de l'espace public, des transports.

On a vu un jeune homme qui est obligé de faire une grève de la faim pour que les quais de la gare dont il dépend soient rendus accessibles. Comment voulez-vous avoir une activité professionnelle quand vous ne pouvez pas vous déplacer ? Comment voulez-vous avoir une activité professionnelle quand vous êtes prisonnier de votre logement ?

C'est ce qui arrive à de nombreuses personnes qui se retrouvent en situation de handicap au cours de leur vie et qui se retrouvent prisonniers de leur logement. On a, nous, énormément d'exemples. C'est la possibilité d'accéder à des formations.

Aujourd'hui, les formations qu'on propose aux personnes handicapées, c'est ridicule. Ça ne permet pas d'acquérir des niveaux de qualification qui changent la donne. Par exemple, pour des personnes qui ont eu des activités essentiellement physiques, qui sont dans des emplois mal payés et mal considérées ou qui nécessitent de la force physique, une fois que vous avez perdu cette force physique, ce n'est pas en faisant six mois de formation que vous allez pouvoir acquérir des compétences qui vous permettront d'être, je dirais, banquable sur le marché de l'emploi.

Et puis, au-delà de ça, est-ce que le but de la vie, c'est d'avoir une activité professionnelle ? L'activité professionnelle, c'est normalement un moyen, un moyen de participer à la vie en société, un moyen de gagner sa vie. Oui, mais est-ce qu'on doit être astreint à l'impossible dans un pays qui ne fait rien pour nous permettre l'accès à la vie autonome ?

Parce que c'est ça qui pose problème. Aucune force politique aujourd'hui ne propose de moyens de compensation des handicaps, d'aménagement raisonnable, comme le prévoit la jurisprudence européenne, pour nous permettre d'exercer une activité professionnelle. C'est aussi tous les préjugés par rapport au handicap, le manque d'accompagnement, le fait que les entreprises aujourd'hui qui sont incitées à employer, finalement, plus elles produisent de handicap en leur sein, moins elles ont pénalité à payer.

Donc, on est dans un système qui est complètement perverti. Et puis, quand Sophie Cluzel ou Elisabeth Borne disent que le chômage des personnes handicapées a reculé, elles confondent le taux de personnes inscrites à Pôle emploi et le taux de chômage. Ce qui est important à considérer, c'est le taux d'insertion dans l'emploi, le taux d'emploi.

Or, le taux d'emploi des personnes handicapées, il n'a pas bougé. Il n'a pas bougé depuis 2016. Donc, de toute façon, il n'y a pas plus de personnes handicapées qui sont en emploi.

Par contre, il y en a de moins en moins qui sont inscrites à Pôle emploi, d'autant plus avec la disparition des cap emploi. Donc, on est dans une communication, encore une fois, qui se sert des personnes handicapées pour se prétendre respectueux des droits humains, alors que ce n'est absolument pas le cas. Et donc, il est temps, d'une part, de déconstruire tous les préjugés, de considérer qu'effectivement, il y a des personnes qui ne sont pas en capacité, dans le contexte actuel, de travailler, même certaines qui ne seront jamais en capacité de travailler parce qu'elles ont trop de douleurs, parce qu'elles ont trop de... voilà, qu'elles ont des soins importants à venir.

Donc, elles sont physiquement empêchées, comme c'est le cas de Dolorès, typiquement, qui expliquait qu'elle était sur une chaise roulante. Ce n'est pas la chaise roulante qui empêche de travailler, ce n'est pas la chaise roulante qui empêche de vivre. Par contre, qui empêche de vivre, c'est le fait que ce pays ne soit pas accessible, c'est le fait que ce pays ne s'adapte pas à nous.

C'est ça, le problème. Et ça, personne n'en parle. Donc, l'écrit d'Orphée par rapport à ce que dit Elisabeth Borne, oui, mais il va falloir aussi qu'un certain nombre d'organisations dans ce pays fassent leur mets à coups bas.

Quand on voit les programmes politiques, je ne parle pas de ceux de la droite et du Rassemblement national, parce que là, c'est un peu lignomidi, mais même dans notre camp, parce que je considère que la gauche est mon camp, dans notre camp, on a des attitudes de validisme, de ségrégation. Quand on voit que le programme de la NUPES ne propose, encore une fois, que de donner des moyens aux institutions de continuer à ségréguer en contravention avec la Convention ennue des droits de l'homme, on a encore un énorme chemin à parcourir. Donc, les associations de lutte contre le validisme impèlent bien évidemment à défaire dans les urnes Emmanuel Macron, parce que cette politique, qui est une politique hyper violente à l'égard des pauvres, des personnes handicapées, cette politique doit être combattue, mais il ne va pas suffire d'élire des gens de gauche.

Il va falloir que la gauche fasse son mets à coups bas sur la manière dont elle considère les situations de handicap et considère qu'il est normal que les personnes soient ségrégées. C'est pareil, les ESAT, ce scandale des ESAT. Comment on peut imaginer que des personnes handicapées n'aient pas les droits du travail, le droit de grève, les droits syndicaux, ne touchent pas le SMIC, n'aient pas droit à la retraite ?

Comment est-ce qu'on accepte dans notre pays que des personnes soient traitées ainsi ? Est-ce qu'on accepterait de faire ça pour n'importe quelle autre catégorie ? Ce n'est pas admissible.

Donc l'égalité des droits n'est absolument pas garantie. C'est ce que dit l'ONU de la France. Elle parle de ségrégation, de privation de liberté et d'atteindre aux droits humains.

Donc on a vraiment de gros progrès à faire. Et moi, j'invite Elisabeth Borne et Sophie Cluzel déjà à se taire, parce qu'au vu de la politique qui a été menée sur ces dernières années, en divisant par cinq la production de logements neufs accessibles, en faisant que...

Moi, j'ai des exemples tous les jours de personnes qui sont prisonnières de leur logement. Ce n'est pas qu'elles ne peuvent pas travailler, ces personnes-là. C'est qu'elles sont prisonnières de leur logement parce que rien n'est fait pour permettre de nous loger dans des conditions dignes.

Donc commençons par avoir une politique respectueuse des droits fondamentaux des personnes handicapées, et on pourra parler effectivement de les envoyer travailler. On pourra en parler après, maintenant qu'on commence par nous donner les moyens de vivre et de ne pas survivre, parce que vivre sous le seuil de pauvreté, il faut l'avoir vécu pour savoir ce que c'est, quand vous n'avez pas les moyens de vous nourrir correctement, quand vous êtes déprimé d'être isolé. Enfin, c'est des situations qui ne sont pas liées à nos maladies ou à nos déficiences ou déficiences physiques, qui sont liées intrinsèquement à la société dans laquelle nous vivons.

Oui, d'ailleurs, vous avez reçu un Oudile Morin dans une précédente contre-matinale pour parler de cette difficulté d'accéder à un logement, et même quand on accède à ce logement, l'agencement des espaces ne permet pas aux personnes en situation de handicap de pouvoir se mouvoir de manière sans difficulté, tout simplement. On vous invite d'ailleurs aussi sur le sujet de la déconjugalisation de l'AAH, de l'allocation adulte handicapé. Ma collègue, Lisa Lapp, avait donc produit un reportage et est allée à la rencontre d'un couple en situation, les deux d'ailleurs, en situation de handicap et en grande difficulté financière à cause de cette politique qui méprise effectivement les droits les plus aisémentaires des personnes en situation de handicap.

Avant de terminer, j'aimerais bien parler rapidement de votre actualité, Odile Morin, puisque le 20...

Voilà, vous pouvez me reprendre. Le 20 juin prochain, c'est ça ? Non, le 30 juin prochain.

Le 30 juin prochain. Voilà, vous pouvez nous en parler. Donc il y a 15 personnes en situation de handicap et quelques proches qui vont de nouveau passer devant la cour d'appel de Toulouse pour avoir simplement dénoncé la politique handicap de la France.

Et si on l'a fait, c'est parce qu'on avait, depuis des années, participé aux différentes instances de concertation sur le handicap et qu'on a vu nos droits reculer. Donc on a bloqué un TGV pour obtenir que la gare de Toulouse-Mata-Bio soit accessible, c'est-à-dire qu'on puisse prendre un train sans être obligé de réserver 48 heures à l'avance, ce qui est un droit élémentaire qui n'est pourtant pas respecté en France. Et on a bloqué les pistes de l'aéroport de Toulouse pour alerter sur la loi Elan qui a divisé par 5 la production de logements neufs.

Et pour ça, nous avons été condamnés à des peines de prison allant de 6 mois à 2 mois avec sursis, alors que nous avons agi en état de nécessité. C'est-à-dire qu'on ne s'amuse pas à faire ce genre d'action pour le plaisir. On le fait parce qu'on n'a pas d'autres solutions pour alerter les pouvoirs publics.

Et je remercie de nous donner la parole parce que c'est aussi une des problématiques qu'on a, c'est qu'il est difficile d'avoir des moyens de grande écoute pour parler de la vie des personnes handicapées. Je rappelle que dans une population, c'est 15% d'une population parce qu'au-delà du fauteuil roulant qui est visible, il y a 80% des situations de handicap qui sont invisibles et sur lesquelles il y a aussi des préjugés parce qu'on voit quelqu'un sur ses deux jambes, on se dit « va bien » mais on ne voit pas s'il y a un problème cardiaque. Il y a plein de maladies qui, effectivement, ont un impact sur la qualité de vie des personnes mais encore plus dans le contexte actuel d'une société qui nous nie nos droits fondamentaux et qui est construite par les valides, pour les valides et sans jamais tenir aucun compte de nos besoins. quand on voit le nombre de bâtiments neufs qui continuent à être construits sans respecter les règles d'accessibilité, c'est inadmissible.

Et quand on voit la faiblesse des revenus, on met les gens en situation de dédépendance l'un à l'autre comme si on était des mineurs aux éternels. Merci, Odile Morin. Vous êtes, je le rappelle, élue d'opposition à Toulouse, activiste anti-validisme.

On vous invite à suivre les réseaux sociaux très animés. Le 30 juin, à la Cour d'appel de Toulouse, 15 activistes vont de nouveau être jugés et on va défendre l'état de nécessité dans lequel on était pour alerter sur les reculs de nos droits. Merci.

Merci à vous, Odile Morin. On retient donc la date du 30 juin. Merci.

Merci à vous. On va continuer de parler de ces populations qui sont vulnérables et que les pouvoirs publics ignorent complètement. Des familles venues d'Afrique, subsahariennes, dorment dans les rues de la capitale depuis des semaines, des mois, voire des années.

Pour certaines d'entre elles, on trouve principalement des femmes, des femmes enceintes, des femmes gravement malades, des femmes avec des bébés. Là, ça fait combien de temps que vous êtes là tous les jours ? Ça fait deux mois.

Deux mois que vous êtes là tous les jours ? Oui, oui. Et que vous dormez un coup dans l'attente ?

À l'attente, oui. Ça fait déjà des mois, oui. Ça fait déjà deux mois avec l'Etopia.

Nous dormons parfois, il y a des places dans les familles, mais ça fait déjà deux semaines. Il n'y a plus de place, il n'y a plus de solution. Depuis deux semaines, il n'y a plus de solution.

Nous dormons toujours sous les attentes là-bas, dans les camps là-bas. Nous sommes d'ailleurs avec l'enfant, avec ma situation, je suis enceinte comme ça, nous sommes toujours d'ailleurs. de combien de mois ?

De six mois. Nous sommes toujours d'ailleurs, donc il n'y a plus de solution, donc ce n'est pas facile. Ce n'est pas vraiment facile.

Vous venez d'où ? Le pays ? Oui.

République démocratique du Congo. Vous faites ça depuis ? Donc moi, depuis le 3 novembre, elle a cinq ans en France.

Mon mari a trois ans. Selon plusieurs témoignages, le SAMU social traite en priorité les familles venues d'Ukraine. Face à l'inertie des pouvoirs publics et à l'urgence, Samra Sédic, sage-femme et présidente de l'association Un petit bagage d'amour pour tous, a été un petit bagage d'amour tout court, a été interpellé par Utopia 56, qui gère difficilement cette situation catastrophique.

Samra Sédic, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.

Vous êtes sage-femme et présidente de l'association Un petit bagage d'amour qui vient en aide aux femmes enceintes, réfugiées ou dans la grande précarité, n'ayant pas les moyens de se payer une valise décente, de quoi passer un séjour dans la dignité et accueillir son bébé dans de bonnes conditions. Vous êtes allée à la rencontre de ces familles ? Racontez-nous.

Alors, tout à fait. Alors, la connexion n'est pas très bonne. Est-ce que vous m'entendez bien, Samra Sédic ?

Alors, je ne sais pas, Origi, si vous m'entendez. Alors, nous, en plateau, on ne t'entend pas du tout Samra Sédic. Je vous propose de renouveler...

Renouveler dans un endroit où les personnes sont domiciles. Moi, je vous entends. Vous m'entendez ?

Super. Vous m'entendez, là ? Oui, oui, voilà.

Est-ce que vous pouvez reprendre ? Nous, il y a eu un petit problème en plateau de notre côté. Ah, OK.

Voilà. Oui, tout à fait. Donc, j'ai l'une de mes collègues qui s'est rendue sur place.

En fait, ce qui se passe, c'est que, comme vous le disiez, il y a des familles qui se trouvent à la rue avec bébé, dans des situations vraiment très, très, très vulnérables. Et quand elles n'ont pas de réponse du 115, ce qui est récurrent depuis plusieurs mois, le 115 est saturé, saturé. Est-ce que vous m'entendez, Samra ?

Elles se rendent, donc, sur une...

Oui. Oui. Donc, oui, voilà.

Les centres d'ébargement sont saturés, vous disiez ? Oui, oui, oui, tout à fait. Donc, c'est saturé.

Donc, le 115, c'est une mission du combattant pour les avoir. Parfois, les familles les appellent toute la journée, dès 7h du matin jusqu'au soir, sans aucune réponse. Donc, quand c'est le cas, quand elles n'ont aucune réponse, elles se rendent sur une place où les attendent entre l'association Utopia 56, donc, qui est composée de bénévoles qui ont pour mission de caser ces familles sans domicile, donc, qui se substitue totalement au rôle de l'État, en fait, l'État qui a totalement abandonné ses familles.

Du coup, ils se rendent sur place et la plupart du...

Enfin, pour certaines familles, pour beaucoup de familles, il n'y a aucune solution. Donc, soit il n'y a pas de place chez les hébergeurs solidaires, il n'y a pas de place en hôtel ou autre. Donc, là, dans ces cas-là, ils montent des tentes dans un parc, un panlieu parisien, où dorment des familles.

Donc, ils vivent dans des campements de fortune. Il y a aussi des bébés...

Au jour le jour. Pardon ? Au jour le jour.

Ce sont des familles qui ne savent pas le lendemain où elles seront, en fait. On a effectivement quelques photos où on voit des bébés assis dans ses tentes. Il y a l'histoire de ce bébé Ibrahim, 10 mois, malade, d'avoir dormi à même le sol, sous les violents orages de la veille.

Il a été même hospitalisé. Oui, il a été hospitalisé, il est sorti d'hospitalisation, il a de la fièvre, il a un petit peu du mal à s'alimenter. Donc, il y a une des bénévoles de l'association qui suit la situation de près.

Mais c'est vrai que Ibrahim, c'est un bébé parmi tant d'autres. Est-ce que vous m'entendez ? Dans la même situation.

Je suis désolée. Je capte très bien. Je vous entends très, très bien.

D'accord. C'est un peu compliqué. Mais vous disiez, oui, effectivement, que l'histoire de ce petit Ibrahim était une histoire de... que c'était un bébé parmi tant d'autres, que d'autres bébés aussi avaient la santé bien fragilisée par cette situation.

Tout à fait. Imaginez, ils ont la santé fragilisée. Les bébés, quiconque a des bébés en bas âge sait que c'est très important qu'il ait un rituel pour le coucher, pour qu'il soit stable, entre guillemets, psychologiquement, pour qu'il puisse bien s'endormir, etc.

Là, ce sont des bébés. Ils n'ont jamais les mêmes repères. Ils sont dans des tentes un jour, ils sont dans un autre endroit le lendemain.

Il n'y a aucun repère, aucune stabilité. C'est dramatique, en fait. C'est dramatique.

Il y a même des enfants autistes qui se retrouvent dehors dans la liste que nous avons mis un accueil de jour. Donc, il y a une liste de familles, cet accueil de jour qui nous a contactés à la base. La connexion va revenir, je pense.

Parce qu'on est alerté. Parce qu'à la base, nous, on fait vraiment...

Je disais, j'ai reçu un coup de fil, pourtant, j'ai mis mon téléphone en mode...

Donc, oui, je disais, on a même dans la liste qu'un accueil de jour nous a fourni des enfants autistes. Donc, vous imaginez la gravité. Un enfant autiste qui est dehors, en fait, sans aucun cadre, sans aucun repère. des femmes avec des cancers.

Ce n'est vraiment pas la place de ces personnes dans la plus grande vulnérabilité qui, en plus de la grande précarité, cumulent des problèmes de santé grave de se retrouver à la rue. L'État, vraiment, les a abandonnés. C'est dramatique. en essayant de lancer l'alerte comme on peut, mais on n'est pas entendus, on n'est pas écoutés.

C'est...

Oui. Alors, Utopia 56, c'est l'association humanitaire qui accompagne ces familles. C'est elle qui vous a appelée parce qu'elle s'est sentie dépassée par les événements et parce qu'il y a énormément de femmes et de bébés qui sont à la rue.

Comment vous, vous aidez concrètement ces femmes ? Alors, concrètement, donc à la base, on fournit du matériel pour la naissance comme vous l'expliquiez au début. Et en fait, il s'avère qu'en donnant ces valises, on se rend compte que ces femmes, elles n'ont pas que cette problématique-là.

Donc à la base, ce n'était pas notre mission d'aider ces femmes à se loger, ces familles à se loger dans l'urgence. Donc on a été obligés, en fait, au vu de toutes ces situations qui s'accumulaient, de pallier, et d'essayer de pallier à ça comme on pouvait. On entend des cagnottes, notamment, où on leur paye des nuits d'hôtel en urgence.

Il y a également des personnes sur la page qui nous contactent et qui se proposent d'héberger ces familles. Voilà, la plupart en province. Certaines personnes sur Paris, donc on essaye aussi de mettre les familles et les réfugiés en lien pour pouvoir cohabiter, en fait.

Et c'est vrai que là, surtout, c'est les nuits d'hôtel, les Airbnb, nuits d'hôtel, etc. Et donc, quand on se rend sur les sites, parce qu'on y a passé beaucoup de temps ces derniers jours, on se rend compte qu'il y a un traitement différent, en fait. Il y a une case où c'est écrit « Si vous êtes ukrainien, cochez ici et vous n'aurez pas à payer le logement ou que ce soit pour l'hôtel ou l'Airbnb. » Vous l'avez observé sur place ?

On l'a observé sur les sites, oui. Vous pouvez aller regarder et essayer de réserver un hôtel. Vous avez une petite case exprès pour les réfugiés ukrainiens qui peuvent ne pas payer les nuits.

Ce qui est une très bonne chose, je ne dis pas le contraire. Bien sûr, bien sûr. Le traitement devrait être le même pour tous les réfugiés, en fait.

Oui, c'est un traitement discriminatoire. Voilà. Tout à fait.

C'est complètement discriminatoire. Il n'y a pas que cette discrimination dans le logement, il y a également dans les transports où les réfugiés ukrainiens voyagent gratuitement, en fait. Alors que nous, nos réfugiés originaires d'Afrique subsaharienne ou d'Orient se prennent des amendes quand ils n'ont pas de type de transport.

Ils subissent des contrôles d'identité. Ils craignent de venir à notre local. Ils nous ont pas dit ça, je n'ai pas de type de transport, je ne sais pas si je vais pouvoir récupérer mon bagage, etc.

À quoi ? Alors, je rappelle, Samra, que vous êtes la présidente de l'association Un petit bagage d'amour et qu'aujourd'hui, vous vous retrouvez effectivement à devoir organiser le relogement de ces familles, ce qui n'est absolument pas en principe la mission qui est dévolue, non seulement à vous et à tous les membres de votre association. Vous avez lancé une cagnotte.

On peut donc participer à loger de manière ponctuelle. C'est vraiment un palliatif puisque, effectivement, ce n'est pas une solution pérenne. Mais face à l'urgence, il n'y a pas d'autre choix.

Voilà, c'est vraiment face à l'urgence et nous espérons que l'État prenne ses responsabilités et se réveille et puisse trouver une solution pérenne pour ses familles. Il y a énormément de logements vacants, notamment en Ile-de-France, en province également. Il faut faire quelque chose.

On ne peut pas, c'est inadmissible aujourd'hui en France que des familles, que des bébés, dans ma même le sol. Il y a eu même des années, en fait, on avait remarqué que ça s'était un petit peu calmé, entre guillemets. Il y avait moins de familles à la rue, notamment depuis le Covid.

Donc, avec le confinement, sans doute, là, ils ont pu trouver miraculeusement des places aux 115. Donc, il y avait moins. Et puis, depuis le problème ukrainien, là, on se rend compte que le problème est plus récurrent, en fait.

Vous êtes en contact avec l'élu au logement, par exemple, Yann Brossard ? Vous l'avez interpellé ou d'autres élus locaux pour vous aider ? On a essayé d'interpeller Aurélien Taché, Emmanuel Macron, continuellement, l'initre en charge du logement, des solidarités.

Mais on n'a aucune réponse, en fait. On n'a aucune réponse, on est complètement ignorés. Merci, Samra Sédic, présidente de l'association Un Bagage d'Amour.

On vous invite vraiment à aller sur la page Facebook, la page Instagram de l'association. Vous y verrez toutes les actions qui sont menées par Samra et tous les bénévoles au sein de l'association. Vous voulez dire quelque chose, Samra, je crois ?

Oui, moi, j'allais parler de la cagnotte, là, j'en profite, du coup, pour pouvoir permettre à ces familles d'avoir un legement très précaire, en fait, en hôtel ou autre. On a la cagnotte, donc, qui se trouve sur le lien, dans la bio, de notre page Instagram. Donc, voilà.

Un petit bagage d'amour, UPBDA. Merci, merci beaucoup, Samra Sédic, d'interpeller...

Merci, Samra, pour la participation. Avec plaisir, merci d'interpeller l'opinion publique, comme vous le faites, sur cette situation catastrophique. Merci à vous, chers auditeurs, chères auditrices, et merci à celles et ceux qui nous regardent de nous avoir suivis.

Vous pouvez, bien évidemment, retrouver cette émission en grippelé et également en podcast. On vous rappelle, on finit toujours avec ça. Et oui, la campagne d'abonnement est toujours en cours.

On a besoin de 5000 nouvelles souscriptions pour pouvoir nous aider à renforcer nos équipes et soutenir le lancement à la rentrée de cette émission au format très original dont on vous parlera très bientôt. Je vous dis à la semaine prochaine. À bientôt.

DÉRAPAGE D’ÉLISABETH BORNE, ENTRETIEN EXCLUSIF SUR UN CONTRÔLE POLICIER MORTEL| Contre-Matinale #153 — Élisabeth Borne · Pourquijevote