Jours fériés, dissolution, Bloquons tout.. François Bayrou est l'invité du 20h
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
François Bairrou, bonsoir monsieur le Premier ministre. Merci d'être avec nous ce soir à 4 jours du vote de confiance que vous avez demandé et qui a peu de chance de passer. Ce sera lundi.
Vous êtes quelqu'un de direct François Bairrou. Ma première question sera très directe. Franchement, vous regrettez.
Je regrette quoi ? D'avoir demandé ce vote de confiance. Absolument pas.
D'abord, c'est pas un vote de confiance mais on va pas faire de de la du droit institutionnel. C'est pas un vote de confiance. Vous regrettez vous regrettez d' Le vote de confiance était sous la 4e République.
Maintenant c'est un vote où le gouvernement engage sa responsabilité sur une déclaration de politique générale. Est-ce que je regrette ? En aucune manière.
Aucun cas. C'est et c'est exactement le choix que j'ai fait. Je vais vous expliquer pourquoi.
Euh depuis euh des mois euh la France euh découvre mais sans en tirer de conclusion la situation que j'ai moi-même mise en évidence depuis des années qu'elle croule sous les dettes. Et un pays qui croule sous les dettes, c'est un pays dont toute l'activité, toute la création de richesse est pompé par le fait qu'on doit payer nos créanciers tous les ans. Nos créanciers, ils sont même pas en France, ils sont pour 60 % à l'étranger.
Et donc cette question qui est pour moi une question vitale et notamment une question vitale pour les jeunes parce que c'est eux qui vont pendant 30 ans être obligés de de trimer pour porter la dette qu'on leur laisse. Mais je vous entends dire ça. Les Français vous entendent dire ça.
Ça fait 10 jours qu'on vous entend François Baou partout. Vous êtes là, vous expliquez la dette, la dette, la dette. Euh le matin à la radio, le soir à la télé, vous êtes là, vous essayez de convaincre et franchement arithmétiquement, on la tourne dans tous les sens, ça passe pas lundi.
Vous n'avez pas convaincu. Est-ce que vous dites ce soir j'ai tenté, j'ai essayé, j'ai raté en aucune manière. D'abord, vous êtes euh vous dites vous êtes le matin à la radio, le soir à la télé, c'est vous qui m'avez invité.
Très content de vous avoir. Non non, c'est pas très content de vous avoir. Vous pouvez pas dire "Écoutez, vous faites le tour des plateaux alors que vous avez insisté beaucoup." Mais je suis très heureux de vous recevoir.
Mais la question est qui vous arrivez à convaincre ? Peu importe. La question est que il ne peut pas y avoir de politique courageuse sans que le pays la soutienne parce que autrement on se trouve dans un affrontement dont vous avez entendu des des des présentations qui sont des présentations falacieuses en disant mais c'est le pouvoir contre les Français.
Moi je ne suis pas du côté du pouvoir, je suis du côté des Français. Mais le pays vous soutient. Vous avez l'impression que les gens descendent dans les rues en disant la dette, la dette.
Au contraire, ils disent ils disent on veut pas des des deux jours supprimé des Peut-être vous ne vous ne lisez pas attentivement par exemple les sondages. Un sondage qui sort ce soir euh je sais pas s'il est encore public. Quand on demande aux gens si c'est vraiment les jeunes qui vont devoir payer ça pendant 30 ans, la réponse est oui à 66 %.
Vous trouvez pas que ça pose une question d'équilibre du pays, d'équilibre des générations ? Et euh depuis euh euh d'habitude quand il y a un problème qui apparaît, on a le euh l'impression, les Français ont l'impression que euh les gouvernants se défilent, que ils mettent la poussière sous le tapis pour sauver leur euh respons leur poste et ce que les Français croient leur privilège. Et bien pour une fois, ça n'est pas un gouvernement qui se défile, ça n'est pas euh des gens qui veulent se cacher.
Moi, je dis il est impossible de conduire une politique comme celle-là qui est une politique acceptable, modéré pour rééquilibrer les choses. Il est impossible de conduire une politique comme celle-là si les Français ne prennent pas conscience, ne sont pas persuadés. Et pour que les Français soient persuadés, vous dites est-ce que vous regrettez ? pour que les Français voi la gravité des choses.
Alors, j'ai dit et bien, je mets sur la table le l'avenir du gouvernement. C'est un gouvernement qui ne se défile pas. Vous dites, c'est un premier ministre qui ne se défile pas en parlant de vous, mais c'est un premier ministre qui risque très fortement de tomber dans 4 jours.
Qu'est-ce qui vous laisse penser que vous avez une chance d'éviter la chute dans 4 jours ? Peut-être vous, moi ben le journal de France 2 à 20h est un grand journal. Le journal de France 2 à 20h, il y a beaucoup de millions de spectateurs qui le regardent et s'ils sont convaincu que celui qui leur parle leur dit la vérité, alors eux leur prise de conscience sera entière et elle joue sur les parlementaires.
Mais ce ne sont pas eux qui votent lundi, ce sont les députés et pour cela, il fallait les convaincre. Vous avez reçu aujourd'hui le Parti socialiste. Emmanuel Macron a dit "La clé est au Parti socialiste, il faut travailler avec les socialistes.
Est-ce que vous avez réussi à convaincre, à faire changer d'avis, à faire signer Olivier Fort ?" Je ne fais signer personne. Le Parti socialiste et d'autres, le Rassemblement national, place publique sont venus et ont dit "Mais en fait sur le bilan, vous avez raison.
C'est un énorme progrès. Si nous pouvons si nous pouvions nous arrêter à cette phrase sur le constat, vous avez raison. Après, les forces politiques en question sont venus défendre devant nous avec courtoisie sont venus défendre des positions radicalement inverses entre elles.
On va s'arrêter une seconde à ça si vous voulez bien. Le Parti socialiste dit il faut créer 32 milliards d'impôts supplémentaires, en particulier sur les entreprises. Et à côté en face où le Rassemblement national dit pas 1 € d'impôt supplémentaire.
Le Rassemblement national dit il faut mettre la charge sur les immigrés. Oui. Et le Parti socialiste dit Et le Parti socialiste dit "Vous avez pris ces jours-ci une décision sur l'aide médicale d'État, c'est-à-dire l'aide médicale réservée au aux immigrés en situation irrégulière et vous avez enlevé un certain nombre de prestations." C'est la vérité.
Oui, c'est la vérité pour aller parce que parce que vous vouliez faire un geste en direction du Rassemblement national. ne voulait faire aucun geste en direction de personne. Madame.
Alors pourquoi vous avez Excusez-moi, je l'ai parce que j'essaie de trouver de la justice. Et par exemple dans la liste des des aides et des prises en charge qu'on faisait pour les immigrés en situation irrégulière, il y avait la balnéothérapie. Vous trouvez normal ?
Les Français en tout cas, je suis sûr, ils disent "Mais c'est pas possible parce que on ne peut pas donner à des étrangers en situation irrégulière. On peut pas leur donner des avantages qui sont supérieurs aux avantages des Franç. Vous auriez pu avoir cette discussion, tout ce que vous nous dites là sur l'AME, sur l'aide médicale avec le Rassemblement national sur la taxé les plus riches avec le PS sans demander ce vote de confiance et en estimant que vous étiez vous n'aviez pas la majorité qu'il fallait composer.
Or, vous n'avez rien fait de tout cela. vous vous trompez complètement. Euh mais je peux vous affirmer avec certitude que toute l'exploration que nous avions faite, tout le travail de discussion préalable qu'on avait avec les uns et les autres jusqu'au mois de juillet, jusqu'à la fin du mois de juillet, c'était un travail qui conduisait à penser qu'on se focalisait uniquement sur des mesures pardon de dire secondaires.
Vous avez tout à l'heure dit la question c'est les jours fériers. Les jours fériers, c'est 10 % de l'effort qu'il faut faire. 4 milliards sur 44 milliards.
Est-ce que ce soir vous nous dites, vous dites qu'il y a des millions de gens qui vous regardent et c'est la vérité ce soir. Est-ce que vous leur dites les de jours fériers que je vous demande, la suppression des deux jours fériers, je la retire, ça passe pas, je la retire. Je je n'emploie pas ce genre de phrase parce que ce genre de phrase veut dire des marchandages qui sont pas justes.
J'ai dit à mes interlocuteurs, tous mes interlocuteurs, par exemple LR qui sont venus me voir avec cette idée des formations politiques du socle central, le Renaissance et le modèle, ils ont dit "On a d'autres idées que les jours fériers." Très bien, je les prends. Pourquoi les jours fériers ?
On on s'arrête juste à cette idée qui n'est qu'une proposition qu'on peut changer, qu'on peut bouger, qu'on peut amender. Pourquoi les jours fériers ? Parce que le drame de la France, c'est qu'elle produit moins que les autres.
Les chiffres sont sortis hier, vous les avez vu. Alors, je les répète. Quand la France produit 100, l'Allemagne 100 par français, l'Allemagne produit 116, les Pays-Bas produisent 135.
Si nous avions 16 % de production de plus, les salaires seraient 16 % plus hauts et les ressources de l'État seraient 16 %. Vous savez ce que disent les Français, vous les entendez, vous les avez entendus, vous leur dites il va falloir travailler de jours de plus parce qu'on travaille pas comme les autres et parce qu'il y a cette dette. Et ils disent nous on nen peut plus, on n peut plus d'être taxé, on en peut plus de faire des efforts.
Quand le gouvernement de François Bairrou et depuis 8 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, la dette a augmenté de 1000 milliards. C'est insupportable. qu'on nous dise à nous, il va falloir bosser en plus.
Excusez-moi de dire, cette manière de présenter les choses est insuffisante euh parce que la dette, elle a commencé en 1974 et tous les gouvernements de toutes les tendances ont été au pouvoir l'un après l'autre et la dette a constamment augmenté. Elle a augmenté les deux dernières fois les plus importantes sous Nicolas Sarkozy parce qu'il y a eu la crise qu'on a appelé des subprime, vous savez, une crise financière internationale partie des États-Unis et elle a augmenté à partir de 2020. Entre 2017 et 2020, les gouvernements du Quinquena précédent avaient diminué mais à partir de 2020, pourquoi ? parce qu'il y a eu le Covid, on a dépensé, on a emprunté pour le Covid 250 milliards et on a continué les années suivante parce qu'il y a eu la guerre en Ukraine, parce qu'il y a eu le le la crise de l'énergie, d'abord, il a fallu subventionner à la pompe pour que les pleins de carburants ne soient pas trop lourds et ça a continué avec l'Ukraine et avec l'inflation.
Oui, il y a eu une succession de crise terrible. La question de la France, c'est que parce qu'on n'a pas conscience de la gravité de la situation, on crée des dépenses et on ne revient jamais sur ces dépenses. Et ce que nous disons est très simple, c'est pas l'austérité qu'on plaide.
On plaide un ralentissement des dépenses et s'il n'y a pas de ralentissement des dépenses, la dette continue à augmenter et le et le poids qu'on met sur le sac à dos plus jeunes devient de plus en plus important. Monsieur le Premier ministre, la journée de mobilisation du 10 septembre, un mot sur ce mouvement bloquou qui est maintenu. Une note des renseignements dit qu'il sera très suivi 100000 personnes peut-être attendues avec des actions peut-être violentes, des actions de sabotage.
Est-ce que vous la redoutez cette journée ? Non. Euh mais excusez-moi, 100000 personnes, c'est un chiffre euh vous qui connaissez assez bas pour euh pour la société française.
Euh parce que 100000 personnes, ça veut dire 1000 personnes en moyenne par département. D'habitude pour les grandes journées de mobilisation, c'est beaucoup plus. Donc vous n'êtes pas inquiet.
Mais je je suis inquiet de la situation du pays. Je suis inquiet de l'absence de prise de conscience. Et c'est pourquoi je vais plus loin qu'aucun gouvernement ne va jamais en disant voilà nous mettons en jeu la vie même du gouvernement pour que le pays comprenne que ce sont des choses graves et les et les et les parlementaires que vous évoquez les les groupes politiques prendront chacun leur responsabilité.
Ce que je sais c'est que nous les avons prises. Il y a une question qui intéresse beaucoup de Français. Il y a les affaires courantes puisqu'il y a la politique, il y a les affaires courantes.
Euh, est-ce que vous allez signer ces prochains jours le décret pour doubler les franchises médicales ? Est-ce que les les Français vont payer leurs médicaments plus chers ? Alors, doubler les franchises médicales, c'est un mot qui fait peur à tout le monde.
Les franchises médicales, cela est actuellement à 50 € par an. Et ce que le gouvernement et la sécurité sociale par la sécurité sociale envisage, c'est de les passer de 50 € par an à 100 € par an. Euh et le sommet, c'est pour des gens qui gagnent à peu près 4000 € par an.
Euh le euh passer de 50 à 100 € c'est 4 € par mois, c'est-à-dire je sais pas 1/3 d'un abon d'un abonnement pour ceux qui vont au sommet des franchises, pour ceux qui dépensent ou qui achètent beaucoup. Et donc je trouve que c'est une mesure qui fait en effet partie des efforts normaux qu'on devrait pouvoir tous accepter pour que notre pays se sauve. Ce qui est en question aujourd'hui, ça n'est pas désagrément, ça n'est pas faire des sacrifices excessifs, c'est faire chacun un geste pour que le pays se sauve.
Euh le 9, peut-être que la France n'aura pas de premier ministre ou plus de premier ministre. Elle en aura un mais il ne sera il sera peut-être comme on appelle en situation d'expédition des affaires courantes. Voilà, il gérera les affaires les affaires courantes.
Ce sera vous Il y a toujours un premier ministre en France. Mais il faudra quoi ensuite parce qu'on sera dans une situation de blocage. Vous savez que les Français, les chefs d'entreprise n'aiment pas l'incertitude.
Il faudra quoi ? Vous avez une liberté de parole. Vous conseillez Emmanuel Macron depuis longtemps, il faudra nommer un autre premier ministre.
Oui. Ou il faut une dissolution ? Non, il faudra nommer un autre premier ministre et c'est le jeu normal des institutions.
Alors, je vous dis ce que je pense. La décision appartient au président de la République. Une dissolution, ça ne résout absolument rien.
On a dissous. Il y a 1 an après les élections européennes, le président de la République a pris la décision de dissoudre. Qu'est-ce qui est sorti ? une assemblée encore plus paralysée que la précédente.
Et qu'est-ce qui risque de sortir d'une dolution prochaine ? C'est une assemblée encore plus divisé que celle-ci. Et donc cette cette situation là, c'est une situation que je ne recommanderai pas pour le pays.
Il y a des gens qui en rêvent. Pourquoi ? Parce qu'ils croient que l'extrême droite va avoir la majorité, que et que ça ouvre des perspectives aux uns et aux autres.
Je ne trouve pas que ce soit euh quelque chose qui peut permettre au pays d'avancer. Je suis persuadé que si on accepte de regarder les choses en face comme je le propose et si on accepte après, comme un certain nombre de forces politiques me l'ont proposé, de se mettre autour de la table, ben peut-être on pourra avancer mieux. En tout état de cause, je sais que on ne peut pas éluder, on ne peut pas mettre sous le tapis une question aussi importante que celle-là.
Et c'est pourquoi j'ai pris la décision de courir le risque. Les gouvernants prennent jamais de risque. Tomber.
Oui. Bah ça arrive à des gouvernements de tomber et à des gouvernements très bien, vous savez. Ça arrive à des gouvernements de tomber.
Le 9 septembre, François Baou, vous serez où ? Euh j' j'imagine que je serai exactement encore assis au même bureau parce que je doute que d'ici au 9 septembre, on aurait des on aura des on aura les nominations que les institutions imposent. Donc vous avez déjà Mais de toute façon euh accepter l'issue du 8 en fait.
Exactement. Non. Pourquoi je suis venu sur votre plateau ?
Pourquoi ? Parce que vous m'avez invité. Je suis venu sur le plateau parce qu'on a besoin de convaincre.
On a besoin quand on croit quelque chose dans la vie, on se bat jusqu'à la dernière minute. On se bat au-delà de la dernière minute. On se bat au lendemain de la dernière minute parce que la situation de la France ça n'est pas le gouvernement.
La situation de la France c'est hélas l'équilibre que nous avons perdu de nos comptes et peut-être un peu de nos repères. Merci François Bairou. Merci à vous.
Merci d'avoir été notre invité. Vous avez vu un petit truc en plus ? Mes enfants l'ont vu ils en ont été ils ont trouvé ce film formidable.
Je crois qu'ils ont pas été les seuls parce qu'il paraît qu'il y a eu 11 millions de spectateurs. 11 millions de spectateurs, c'est le plus gros succès de la décennie. Et si on avait 11 millions de voix, on trouverait que que c'est une bonne chose.
François Bayrou