Canicule : "Je ne souhaite pas que le débat politique continue de dériver vers une violence verbale"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, pas de mauvaise polémique entre nous. La canicule n'a pas fait 10000 morts, mais comme d'éminents spécialistes, nous redoutons un bilan terrible. Nous saluons la mobilisation des agents de l'État et nous associons à la peine des familles.
Mais nous le répétons, la canicule était prévisible et beaucoup de ces morts étaient évitables. Alors, je vous le demande, combien de morts faudra-t-il pour que la France soit prête ? Le dérèglement climatique tue d'abord les plus fragiles, les personnes âgées isolées, les SDF, les enfants, les travailleurs exposés, les habitants des bouilloirs thermiques.
Il tuent aussi le vivant, la faune, les arbres et ruinent les agriculteurs. Vous n'êtes pas seul responsable du réchauffement climatique, mais vous avez la responsabilité de l'adaptation. Réduire ma prime rénove, sier le fond vert, revenir sur le Zan, remettre sur le marché des passoirs thermiques, acheter des climatisur en urgence et prolonger les soldes n'est pas une politique d'adaptation.
Monsieur le Premier ministre, il est temps de vous ressaisir. Allez-vous créer un fond d'urgence canicule pour financer des protections solaires, des îla de fraîcheur, une veille et des travaux d'adaptation des bouilloirs thermiques ? Allez-vous négocier avec les partenaires sociaux pour adapter le travail aux fortes chaleurs et créer un congé climatique ?
Allez-vous redonner aux élus locaux l'ingénierie et les moyens d'agir via le fond vert ? Une facilité d'empreunt et des financements massifs pour le bâtis scolaire. Allez-vous porter ma prime rénove à plus de 5 milliards d'euros par an pour enfin financer un programme lisible et durable de rénovation thermique ?
Allez-vous faire de l'adaptation au changement climatique une priorité nationale et mettre à contribution les plus gros pollueurs ? Quand la guerre est à nos portes, nous trouvons des dizaines de milliards pour la défense. À quand la même mobilisation face à la canicule ?
Monsieur le ministre, gouverner ce n'est pas compter les morts, c'est empêcher qu'il meurent. Qu'allez-vous faire ? Pond de la parole est à monsieur le Premier ministre.
Monsieur le président du Sénat, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, monsieur le président Guillaume Gontard, je le refais devant la haute assemblée évidemment en redisant l'ensemble de l'émotion et du gouvernement, j'en suis certain, de l'ensemble de ces bancs devant le nombre de victimes, leur famille et vous l'avez fait, ce qui n'était pas le cas hier et je vous en suis infiniment reconnaissant. On peut combattre l'action du gouvernement en soutenant l'action des services de l'État. Et je veux devant la haute assemblée dire merci aux soignants, aux pompiers, aux policiers, aux élus locaux.
Car queles que soient nos convictions politiques ici, nous savons leur engagement et nous devons les soutenir quoi qu'il arrive et quoi qu'il en coûte et surtout pendant les crises. La deuxième des choses, merci de la tonalité de votre question. Et pour être direct parce que nous nous connaissons un peu pour avoir travaillé ensemble y compris à la commission de la défense et des forces armées, je pense et je crois à une forme d'éthique dans le débat politique.
Je crois au débat de fond, je crois au débat d'idées et la liste de projets d'idées que vous avez soutenu à l'instant montre bien que la campagne présidentielle au fond a déjà un peu démarré. Peut-être aussi la campagne sénatoriale et peut-être aussi une future campagne législative. C'est bien naturel.
Et je le redis ici dans la confiance de notre relation, je ne souhaite pas que le débat politique continue de dériver vers une violence verbale qui va jusqu'à des spéculations sur un bilan humain. Et ce qui s'est passé hier à l'Assemblée nationale n'était pas raisonnable pour le débat démocratique. Je le redis ici avec beaucoup de force. [applaudissements] Vous êtes mon opposant.
Je suis votre opposant. Nous sommes des républicains. On croit la démocratie. représentative et parlementaire et c'est comme cela que les choses doivent se faire.
Si vous me permettez, c'est d'autant plus dommage que je ne comprends pas euh lescalade au fond verbal qu'un certain nombre de membres de votre parti politique ont pu avoir ces trois ou quatre derniers jours. Vous l'avez pas fait là, mais c'est plutôt votre moment au fond d'un point de vue historique, passer de lanceur d'alerte à comment on planifie localement, nationalement. Je vais y arriver.
Je vais y arriver. je arrivé localement, nationalement, à l'échelle européenne être capable de reconnaître que tous les gouvernement de gauche et de droite et singulièrement depuis le président Jacques Chirac jusqu'à aujourd'hui, chacun à sa mesure comme je le disais hier, on fait des choses et nier justement l'action de chaque gouvernement, c'est abîmer le consensus de nos concitoyens, nos concitoyens et la la recherche de compromis justement autour de la lutte contre le réchauffement climatique. J'en suis intimement convaincu.
Dernier point, il nous va nous falloir en tirer effectivement un certain nombre de conclusions et de conséquences. La première, c'est sur l'adaptation. On y reviendra très longuement.
Je sais que des débats ont été demandés de 50-1, je crois, par le groupe socialiste ici au Sénat. J'en discuterai avec le président du Sénat dans un instant, j'y suis évidemment favorable, qui permet peut-être d'objectiver le bilan, ne pas le caricaturer et être en situation d'en tirer des conclusions y compris pour le projet de loi de finance pour l'année prochaine. Deuxième des choses, il y a une urgence sur les hôpitaux.
J'y reviens pas maintenant, je le referai dans les 48 prochaines heures avec la ministre. Il y a une urgence en matière de sécurité civile qui va nous falloir encore durcir et je pense qu'au moins nous sommes tous d'accord pour dire que le débat entre atténuation et adaptation est derrière nous et que désormais nous devons faire les deux en même temps avec également une réponse diplomatique internationale dont on peut tous s'accorder que la France est quand même plutôt seule et que l'enjeu et le débat européen est aussi là quand même pour le driver en tout cas le tirer vers le haut. En tout cas les choses sont assez simples, monsieur le président GTard.
Si votre question c'était est-ce que le gouvernement est disposé disponible à travailler de bonnes foi dans la mesure des moyens et des contraintes budgétaires qui sont les nôtre vous le savez mais comme des démocrates, comme des élus, nous sommes présents. Si l'objet est malheureusement, comme j'ai pu le comprendre hier, plus politicien. Si la question c'est l'avenir de la relation entre telle ou telle formation politique et la France insoumise, si le but de tout cela n'était que de déposer une motion de censure contre le gouvernement la semaine prochaine, comme si au moment où une reprise potentielle de la canicule nécessitait de rajouter une crise politique et une instabilité politique, de priver justement les services de l'État, d'avoir une direction politique au moment où on a une crise, là je crois que pour le coup on fait fausse route.
Donc c'est un moment de vérité. Président Gontard, est-ce qu'on avance dans l'intérêt général des quelques semaines qui sont devant nous jusqu'à l'élection présidentielle sereinement, calmement, dans le respect des opinion de chacun ou est-ce que c'est la politique politicienne qui domine le tout et auquel cas je ne pourrais rien faire ?
Sébastien Lecornu