"Emmanuel Macron a toujours été très radical sur les finances publiques", estime le RN Jean-Philippe Tanguy
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France Inter, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Maxence Lambrec, nous recevons ce matin le député Rassemblement National de la Somme, président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin dans l'actualité française sur l'économie, l'autorité, la sécurité. Mais on va commencer par l'Europe et l'international. Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, vous le savez, l'Iran a massivement attaqué Israël, fait sans précédent.
Les alliés d'Israël appellent l'État hébreu à la retenue afin d'éviter toute escalade dans la région. Quelle est la position du RN sur le sujet ? Pensez-vous qu'Israël doit se retenir de répliquer pour éviter d'entrer dans ce qui pourrait être alors scénario du pire, une guerre ouverte ?
Israël est une démocratie souveraine, mais oui, nous pensons qu'elle doit se retenir, qu'il faut soutenir cette désescalade et qu'il faut surtout trouver une solution pour la paix ou au moins pour la stabilité dans la région. J'ai été attentif aux déclarations hier des dirigeants européens sur ce sujet. Je suis très étonné, alors ça fait un peu écho à ce que disait Pierre Aski dans sa chronique, je pourrais être dans une faille temporelle de pays occidentaux et en l'occurrence européens qui n'ont pas pris en compte les évolutions du monde, l'émergence de la Chine, de l'Inde, de la Russie, qui sont capables de nouer des alliances différentes, contournant le poids de l'Occident.
Et j'ai l'impression que les pays européens, je constate que les pays européens n'ont pas pris la dimension de ce changement. C'est particulièrement dommage pour Emmanuel Macron, puisqu'il y en avait un qui l'avait fait, c'était quand même Jacques Chirac, qui avait l'intuition de ces nouveaux équilibres, qui par exemple proposait par exemple que l'Inde et Marine Le Pen, le soutien, rentrent comme membre permanent du Conseil de sécurité, et que sans le soutien et l'alliance avec un certain nombre de pays émergents, dits du Sud, on ne pourra pas limiter l'émergence de pays autoritaires et de dictatures théocratiques comme l'Iran.
Hier soir, les 27 Etats membres de l'UE, justement, se sont entendus sur un volet de sanctions contre l'Iran, visant notamment les producteurs iraniens de drones, de missiles. Ces sanctions sont suffisantes ou la réponse européenne est trop faible ?
Ce n'est pas qu'elle est trop faible, je pense qu'elle n'est pas adaptée. Ces sanctions, elles sont bienvenues. Moi, je regrette qu'elle n'ait pas été prise lors des émeutes, mais ce n'est pas le bon terme, de la révolution des femmes et des hommes aussi, évidemment, qui soutenaient la liberté des femmes, liberté individuelle. Je pense qu'à cette époque, l'UE et la France n'ont pas été assez en soutien de ces femmes qui continuent leur lutte. Il ne faut pas l'oublier, donc tant mieux pour les sanctions.
Mais une fois plus, je pense que c'est à côté que sans le soutien d'autres puissances, l'Iran pourra contourner, d'ailleurs on le voit au quotidien, pour s'alimenter en armes, notamment avec la Chine, la Russie et d'autres pays. Donc, une fois plus, l'Europe peut se faire plaisir comme ça, mais il faut qu'elle prenne en compte le fait qu'elle n'est plus seule. Nous ne sommes plus dans les années 90, où les Etats-Unis et les pays européens pouvaient faire la pluie et le beau temps.
Enfin, prétendez le faire. Autre front, Jean-Philippe Tanguy, en Europe maintenant, l'Ukraine qui déplore le manque d'aide occidentale face à la Russie. Le président Zelensky a estimé hier que son armée n'avait pas pu empêcher la triple frappe russe sur la ville de Tchernigiv, faute de moyens de défense aérienne. Cela ne serait pas arrivé si la détermination du monde à résister à la terreur russe avait été suffisante, dit Zelensky sur les réseaux sociaux. Il y a péril en la demeure en Ukraine. Il faut renforcer de toute urgence nos livraisons d'armes au pays.
Écoutez, quand Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient dit qu'il fallait livrer des armes défensives, nous avons été tournés en dérision, voire critiqués, comme si c'était vain. Or, on voit bien que la triple attaque qu'a subie l'Ukraine et la région de Kiev, avec beaucoup de morts, montre bien que les armes défensives ne sont pas livrées. Donc, quand on disait qu'il fallait au moins en premier lieu livrer les armes défensives nécessaires à la sécurité des civils, et non pas seulement des armes offensives, nous avions raison de ne pas profiter de cette tragédie, mais ça n'avait pas été fait.
Cette position du Rassemblement National avait été critiquée comme si c'était une évidence, et comme si on ne proposait rien, parce que ça avait été fait. Mais c'est l'inscrite qui demande toute forme d'armes, là. Oui, mais là, vous m'avez questionné sur les armes défensives. C'était la position de Marine Le Pen et de Jordan, d'au moins dans un premier temps, de fournir ces armes défensives. Et il en faut davantage ? Oui, bien sûr, nous avons toujours dit qu'il fallait davantage, et en priorité, des armes défensives.
Ça n'a pas été livré, je le regrette, parce que ça expose la vie des civils, et aussi un certain nombre d'installations nécessaires à la guerre, puisque l'énergie, à une fois plus, était ciblée dans ces frappes également. Or, sans énergie et sans industrie, le peuple ukrainien ne peut pas se battre. Donc, les armes défensives, c'est aussi permettre à l'Ukraine de se défendre.
Avant le début de la guerre au Parlement européen, vous votiez contre toutes les résolutions visant la Russie, notamment celles relatives à l'empoisonnement de l'opposant Alexei Navalny. Depuis deux ans, vous vous abstenez, à chaque fois, même sur le soutien sans faille de l'UE à l'Ukraine. Vous n'êtes pas à l'aise ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ? Vous êtes gêné avec ces résolutions ? Non, pas du tout, c'est que nous sommes souverainistes. Nous refusons le fait que l'Union européenne... Mais vous intervenez sur des résolutions sur l'Algérie, Cuba, Venezuela ? Vous votez, celle-là ? Il ne faut pas intervenir sur la politique étrangère. Mais vous le faites. Mais il ne faut pas, voilà.
Il y a des tas de résolutions qui ont été votées par des députés RN qui sanctionnent des pays qui visent d'autres pays.
La position, je ne connais pas l'ensemble de toutes les résolutions qui sont votées, mais la position générale du RN, on peut toujours trouver une ou deux exceptions, c'est d'être souverainiste, de critiquer, de refuser, même en l'occurrence, le fait que l'UE s'attribue tout pouvoir en diplomatie et en politique extérieure. C'est la position de tous les programmes de Marine Le Pen, c'est la position de Jordan Bardella. J'ignore pourquoi il y a eu une ou deux exceptions, visiblement mineures, comme Cuba, quand j'en ai pris connaissance dans les médias, mais la position générale a toujours été celle-là. Et vous savez très bien que nous refusons que l'UE se mêle de politiques étrangères.
C'est la politique constante du RN.
Donc dans le prochain mandat, pas de vote non plus contre la Russie, pour l'Ukraine. Vous excluez toutes ces résolutions-là de votre champ ?
Nous les votons à l'Assemblée nationale. Et vous le savez, nous avons voté les soutiens à l'Ukraine, la condamnation aussi de groupes russes comme Wagner à l'Assemblée nationale. Donc nous sommes parfaitement cohérents. C'est l'Assemblée nationale, la représentation française de faire de la diplomatie, de s'occuper de défense. Ce n'est pas au Parlement européen. Et d'ailleurs, je vous rappelle que les Français, lors du référendum de 2005, avaient refusé d'octroyer ce pouvoir à l'Union européenne. Et je pense que s'ils étaient consultés aujourd'hui, ils le refuseraient encore.
Au Parlement européen, la semaine dernière, c'était à Bruxelles. Le RN a voté contre l'essentiel du pacte asile-migration. Votre allié, la chef du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a soutenu ce pacte. Vous risquez de faire comme elle, une fois au pouvoir, obligé de suivre Bruxelles ?
Non, pas du tout. Notre allié, c'est Matteo Salvini. Quand il était, lui, au pouvoir... Matteo Salvini appartient au gouvernement de Giorgia Meloni. Soyons précis, le système italien n'est pas le système français. C'est un système de coalition avec une force principale. Madame Meloni, fut un temps, c'était la Léga de M. Salvini et des alliés mineurs en soutien. Quand M. Salvini avait la main, tenait le gouvernail. Vous savez très bien qu'il avait même été mis en cause. Il avait même un procès parce qu'il avait été trop dur dans sa politique migratoire. Évidemment, on le soutient. Madame Meloni a fait d'autres choix.
Quand elle a gagné les élections, Marine Le Pen a alerté à de nombreuses reprises contre un certain nombre de médias qui disaient qu'elle allait la soutenir automatiquement. Elle a pris ses distances immédiatement en disant que Mme Meloni, ce ne serait pas Matteo Salvini. Donc non, nous ne ferons pas du tout les choix que font Mme Meloni qui, malheureusement, il faut bien le dire, est aussi tenu par les finances européennes. On le voit au quotidien avec un plan d'aide massif qu'elle n'arrive pas d'ailleurs à gérer correctement. Ça la met dans une situation... Ça la met malheureusement dans une situation... Non, nous ne sommes pas du tout dépendants de l'argent européen.
C'est nous qui payons et on paiera encore malheureusement beaucoup avec une augmentation systématique de la contribution française aux finances publiques. Je pense qu'on y reviendra. Mais nous, nous avons une politique très ferme sur l'immigration et d'ailleurs Reconquête qui est alliée... Elle avait la même, je suis désolé. Le Méloni a soutenu d'ailleurs le fameux, ce n'est pas le bon terme, filtrage, c'est en fait un accueil systématique des migrants qui pourront pénétrer malheureusement sur le territoire national sans contrôle comme c'est arrivé quand l'Ocean Viking a déposé des personnes sur le territoire national. M.
Darmanin dit qu'il arriverait à les maintenir dans un centre fermé et le lendemain, ils étaient tous dans la nature.
Jean-Philippe Tanguy, sur les élections européennes, un mot rapide. D'abord, Jordan Bardella était absent du troisième débat organisé avec les principaux candidats. Mardi, c'était sur l'écologie avec le Shift Project de Jean-Marc Jancovici. Il avait mieux à faire ? Il est au-dessus de tout ça, les débats ? Ça ne l'intéresse pas ? Et la piscine ? Non, c'est moi qui étais...
J'ai vu que j'étais une doublure. Ce qui est un peu baroque quand même.
Vous êtes député français, vous n'êtes pas candidat aux européennes.
Non, mais il se trouve que sur ce sujet-là, Marine Le Pen et Jordan Bardella m'ont fait confiance et m'ont demandé de travailler sur le projet écologique et sur la transition énergétique. C'est très étrange aussi. Pendant des années, on a dit au Rassemblement National, il n'y a que Marine Le Pen, puis il n'y a que Marine Le Pen et Jordan Bardella. Là, c'est une élection, il y a des têtes de liste, il y a des débats. Oui, mais c'est une liste. C'est une liste et c'est une force politique qui est représentée. Donc, Jordan Bardella fait campagne sur le terrain, il fait une campagne intense.
Les sondages, même s'il faut les prendre avec prudence, confortent cette stratégie de campagne de terrain intense. Et dans un débat de spécialistes, il a jugé que j'étais plus à même de le représenter et lui, il fait autre chose. Et d'ailleurs, le lendemain matin, il avait un média important pour parler au français. Il ne faut pas non plus... Moi, je vois aussi mes adversaires, d'ailleurs, ça m'a frappé dans ce débat sur l'écologie, qui sont un peu perchés quand même dans un monde parallèle, qui se parlent beaucoup entre eux, qui parlent beaucoup aux représentants des représentants et oublient de parler aux français. Nous, on parle directement aux françaises et aux français.
Ça peut déranger, mais visiblement, c'est plébiscité. En tout cas, même s'il faut les prendre avec prudence, les sondages confortent cette stratégie de campagne. Donc, on écoute les français et pas les commentaires.
La tête de liste LR, François-Xavier Bellamy, qui était à ce débat mardi soir, estime que le RN n'a pas de bilan à l'échelle européenne. Votre liste appelait « Prenez le pouvoir en 2019 ». Quel pouvoir vous avez pris ? » Il dit « J'entends des français qui disent « On n'a pas essayé le RN, mais vous les avez essayés, vous avez gagné les européennes en 2014, en 2019. Et eux, ce que dit François-Xavier Bellamy, ils n'ont pas déplacé une virgule dans un seul texte européen, ils n'ont pas gagné une seule bataille, ils n'en ont pas mené une seule. » Vous lui répondez quoi ?
Et je lui réponds que M. Bellamy seulement a un bilan, mais qu'il a un passif et que M. Bellamy n'assume jamais son passif. C'est un peu dommage, puisque Mme Vendé à la hyène, présidente de la commission et du parti de M. Bellamy. Donc M. Bellamy, au lieu de prendre ses responsabilités de quitter le Parti populaire européen, continue à siéger dedans et qu'il est donc comptable de toute la politique de Mme Vendé à la hyène sur l'immigration, sur la faiblesse avec la Chine, sur le libre-échange, sur la dérive des comptes publics européens qui est dramatique et qui fait payer une lourde facture aux Français. Donc oui, moi je n'ai pas envie d'avoir le bilan de M.
Bellamy, ni ça l'achetait d'ailleurs. Mais vous, potentiellement. Donc je lui laisse. Je lui laisse. Par ailleurs, nous avons une force politique considérable au Parlement européen. Toutes les batailles idéologiques que nous avons menées, nous les gagnons sur l'immigration. C'est évidemment le Rassemblement national qui a mis ce sujet. Et tout le monde s'aligne en parole. Vous avez voté contre le pacte. Tout le monde s'aligne en parole. Malheureusement, oui, c'est pour ça qu'il faut que nous gagnions et surtout que nous reprenions un jour le contrôle de cette Union européenne. Je l'espère avec la victoire de Marine Le Pen en 2027.
Sur la fausse écologie, sur cette écologie punitive qui consiste à faire systématiquement payer les plus pauvres au lieu de remettre en cause l'ordre économique mondialiste. Nous avons aussi gagné. Sur l'agriculture, avec la mobilisation forte des agriculteurs, c'est encore nos thèses qui sont au centre de tous les débats. Et sur l'énergie avec le nucléaire. Voilà, il y a cinq ans, le nucléaire était une énergie bannie, combattue par l'Europe. Sur ce sujet-là aussi. Donc en fait, l'ensemble du programme de Jordan Bardella en 2019 est devenu le centre de l'agenda européen en parole. Reste à le faire en acte et pour ça, il faut continuer la lutte.
Est-ce que vous avez... Vous allez encore siéger dans un groupe minoritaire qui est celui d'Identité Démocratie. Ce groupe qui est complètement à l'extrême droite de l'hémicycle européen qui ne fait rien bouger. C'est-à-dire que vous votez systématiquement contre et vous ne participez à aucune majorité. Vous allez rester dans ce groupe ?
Mais on fait bouger les débats. Moi, je veux bien que vous repreniez les débats européens, par exemple, il y a dix ans où c'était le libre-échange parfait, la concurrence pure et parfaite, tout allait bien dans le meilleur des mondes, il fallait accueillir tous les migrants. Non, dire qu'on n'a rien fait bouger, personne n'est d'accord avec vous. Une fois plus, visiblement, les sondages vous montrent que votre analyse n'est pas justifiée. Donc, savoir si le groupe sera minoritaire ou pas, ça, c'est la démocratie, ça dépend du vote des gens. Donc, je les invite à se mobiliser le 9 juin massivement en France et ailleurs en Europe, même si je doute qu'ils m'entendent aujourd'hui.
Mais qu'ils, et c'est ça, on ne va pas participer, en tout cas, ça c'est sûr, à la co-gestion socialo-verdo-libérale qui a mis l'Europe dans le mur. Et effectivement, contrairement à Mélanie qui fait des ronds de jambes pour s'associer à la Vandeleaïenne, on ne s'associera jamais à Vandeleaïenne ou à n'importe quel de ses avatars. J'ai vu que Thierry Breton, très élégant, fasse par exemple sa vie à savonner la planche de sa collègue après lui avoir fait des ronds de jambes pour avoir toujours plus de pouvoir. Mais ça, ça montre bien la cohérence de M. Breton après avoir ruiné la France, ruiné Atos, ruiné Thomson, il ruine les finances européennes. Qu'attendre d'un macroniste ?
Finalement, c'est leur fil rouge ruiner les finances et ruiner l'intérêt des peuples où qu'ils soient.
Encore un mot, Jordan Bardella a déclaré hier qu'il réclamerait une dissolution de l'Assemblée nationale s'il arrivait en tête des Européennes le 9 juin. Quelle est sa légitimité ? Lui qui n'est pas député français, qui ne prévoit pas de lettres, légitimité à demander une dissolution après un scrutin européen ?
Il a quand même une légitimité, c'est que Marine Le Pen a indiqué que si on avait une majorité au Parlement français à l'Assemblée nationale, il serait Premier ministre. C'est un scrutin européen le 9 juin. Oui, mais si on fait de la politique, c'est très étrange parce que... Je vous pose la question. Je ne vous dis pas que ce n'est pas que vous qui posez cette question. Donc, ce commentaire dans le pays est très étrange puisque les élections sont évidemment liées l'ensemble des sujets européens à des conséquences en France. Les sujets français ont des conséquences en Europe.
Donc, croire que les Français vont seulement voter sur des enjeux européens alors que tout est intriqué, c'est d'ailleurs la ligne d'Emmanuel Macron. On l'a encore entendu hier. D'ailleurs, à cette occasion, M. Macron a utilisé les moyens de l'Elysée pour faire campagne pour Mme Maillet, ce qui prouve son manque total d'éthique et de cohérence, a toujours lié son destin personnel, sa ligne politique à la tête de l'État français et les questions européennes. D'ailleurs, il veut le refaire. Donc, on ne peut pas à la fois dire que les lignes sont liées et refuser la sanction, en tout cas, l'avis des Français. Donc, c'est très clair.
Plus le vote sera massif pour Jordan Bardella, plus nous pourrons faire pression pour dissoudre l'Assemblée nationale et bloquer toutes les dingueries du gouvernement, en particulier les finances. Parce que, quand j'entends hier M. Casennav que nous avons auditionné en commission finance, il faut trouver, c'est vos collègues de l'opinion qui l'ont révélé hier soir, il faut trouver, avec la politique de M. Macron et de M. Attal, 95 milliards d'euros. 95 milliards d'euros, ça, c'est la purge que va imposer Emmanuel Macron après les élections du 9 juin si nous ne sommes pas largement majoritaires. Alors, on y vient
aux finances publiques.
Le gouvernement, doit-il être plus radical dans ses mesures d'économie ? 20 milliards en 2024, 20 milliards en 2025 ? Est-ce que le retour à 3% de déficit en 2027, c'est un impératif, même si ça suppose de s'attaquer aux services publics ?
Mais, Emmanuel Macron a été très radical sur les finances publiques. Dès qu'il est élu, il fait des choix fiscaux extrêmement injustes, privilégiant une minorité, suppression de l'ISF, installation de la FLAG-TAC, cadeau multiple, multinational, tout ça payé par les plus taxes les plus dégueulasses, il faut bien dire, les taxes sur l'énergie, les taxes indirectes sur la consommation qui frappent les plus modestes et aussi les retraités à l'époque. Donc, il a toujours été radical et ça ne fonctionne pas.
Donc, le ruissellement, c'était du bidon, le fait que la finance internationale allait soudainement soutenir la France, c'était faux et par contre, la facture est très lourde pour les Français, donc plus de 1000 milliards de dettes. M. Macron a créé plus de dettes à lui seul que tous les présidents de la République, du général de Gaulle à Jacques Chirac. Mais 3% ça doit rester un objectif ? Oui, mais ce n'est pas le 3% qui est un objectif magique, c'est le rétablissement des comptes publics. Ça fait 50 ans que les gouvernements qui se succèdent mettent systématiquement la France en déficit. Les intérêts de la dette vont aller à 70 à 90 milliards.
Ça veut dire que le premier budget de l'État, ce ne sera pas l'éducation, ce ne sera pas la défense, ce ne sera pas la police ou le régalien, ce sera régler la facture de M. Macron et de ses amis. Il faut que les Français en aient conscience et donc l'objectif c'est le rétablissement des comptes publics en s'attaquant aux grands tabous qui font que ça fait depuis 50 ans qu'on est en déficit, l'immigration, la suradministration, le millefeuille des collectivités et des élus où plus personne ne comprend rien, les normes, la facture européenne, qu'on s'attaque déjà à ça et on verra ensuite.
Sur l'économie et les actionnaires de Stellantis ont validé mardi un salaire en forte hausse pour le patron de l'entreprise, Carlos Tavares, un salaire qui pourrait atteindre 36,5 millions d'euros pour l'année 2023. Une telle rémunération vous paraît-elle légitime ?
Non. Personne ne produit autant de richesses. Il ne peut pas y avoir autant de différence entre un ouvrier, un salarié qui travaille, qui participe à une entreprise et un dirigeant. Ça n'a pas de sens. Voilà. Bon, M. Tavares a des résultats. On n'est pas à cette époque pas si lointaine où des dirigeants s'octroyaient des bonus quand ils échouaient. M. Tavares a réussi à redresser Peugeot. qui avait été quand même vendu aux intérêts chinois par les socialistes, il faut le rappeler. Redresser, fait un champion mondial. Bon, il y a des intéressements, il y a de la participation dans Peugeot. Tout n'est pas noir. Tout n'est pas noir. Mais voilà, ils en veulent toujours plus.
Je ne comprends pas cette dérive d'un certain nombre de dirigeants d'entreprises qui veulent toujours plus et qui en fait gâchent leur travail parce que le travail de M. Tavares est de qualité. Il faut le reconnaître. Donc pourquoi créer des polémiques inutiles ? Qu'est-ce qu'il va faire dans tout cet argent ? C'est quand même
d'argent, Carlos Tavares répond qu'on n'a qu'à faire une loi pour... C'est vrai, il a raison. Voilà, donc le Parti Socialiste va s'y mettre, la France Insoumise aussi, le RN voterait une loi visant à limiter la rémunération des grands patrons.
Nous avons proposé un amendement chaque année, un double amendement, un amendement pour réserver la flat tax aux revenus inférieurs à 60 000 euros, aux revenus financiers inférieurs à 60 000 euros, rétablir un impôt sur la fortune financière et vu les conditions de la rémunération de M. Tavares qui sont essentiellement non pas du salaire mais du variable, cela le concernerait. Mais est-ce que M. Tavares est honnête quand il dit qu'il resterait et qu'il ne partirait pas peut-être aux Etats-Unis où il y a Chrysler ou en Italie où il y a Fiat ? Je ne sais pas, ça le regarde, mais bon, c'est peut-être pas non plus aussi simple que ça dans son esprit.
Autre sujet, Emmanuel Macron annonce le lancement d'une grande concertation sur la violence des mineurs et le Premier ministre Gabriel Attal veut marquer ses 100 jours à Matignon avec un discours ce matin à Viry-Châtillon sur l'autorité partout pour tous. Il est question d'internat pour les élèves violents, de travaux d'intérêt éducatif, d'exclusion possible des établissements scolaires dès le primaire, d'éducation civique renforcée. Est-ce que ça va dans le bon sens ?
Mais c'est toujours ça avec M. Attal, ce sont des discours toujours les mêmes, systématiques. Cela existe déjà. Le problème, c'est quand M. Dupond-Moretti veut créer, soi-disant, une amende pour les parents. Elle existe déjà les 30 000 euros et veut le faire passer à 45 000. Mais elle n'est pas appliquée. Le problème des lois en France est qu'elle n'est pas appliquée. Or, c'est ça le sens de l'autorité. Ce n'est pas faire des promesses et des discours pseudo-virils. C'est d'appliquer la loi. C'est d'appliquer cette autorité. C'est de répondre à la délinquance, à la criminalité par une réponse ferme, immédiate, systématique. En particulier quand elle touche l'intégrité physique des personnes.
Donc la philosophie de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, c'est des peines systématiques courtes peut-être au début mais que chaque enfant ou chaque adolescent, chaque mineur qui enfreint la loi, en particulier quand il s'attaque à l'intégrité physique d'une personne, est une réponse pénale immédiate. C'est le développement de centres fermés. C'est la suppression des allocations familiales pour les parents défaillants quand ils n'accompagnent pas leurs enfants, quand ils ne se battent pas pour eux. Bref, des mesures efficaces, concrètes et surtout qu'il y a la volonté de les appliquer. La réalité, c'est qu'il n'y a pas de volonté de les appliquer. M.
Attal dit ça, il le disait il y a six mois et malheureusement, il y aura encore des drames et des tragédies. Moi, je pense à la famille de Philippe à Grand-Synthe qui a vécu vraiment une agression barbare épouvantable et je ne veux pas m'habituer à ces drames.
Cette nuit, Gérald Darmanin a annoncé la mise en place d'un couvre-feu à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe pour les mineurs de 20h à 5h du matin. Ça aussi, c'est considéré que c'est une solution ? Oui,
mais très rapidement. Dans le territoire d'Outre-mer, Marine Le Pen est à La Réunion et à Mayotte, malheureusement, c'est récurrent parce qu'une fois plus, on peut prendre cette mesure-là mais l'ordre public n'est pas assuré dans le territoire ultramarin. La justice sociale, un certain nombre de réformes ne sont pas assurées. Dans ces territoires, il n'y a pas encore l'eau courante. Quels Français accepteraient dans nos territoires hexagonales de ne pas avoir l'eau courante depuis des mois, des années ? Donc, qu'on s'occupe des priorités des territoires ultramarins et ce sont des Français comme les autres. Ils ne sont malheureusement pas traités comme des Français comme les autres
arrêtés au micro d'Inter ce matin.
Jean-Philippe Tanguy