Procès du RN, déclaration de politique générale de Michel Barnier, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Jacobelli.
Bonjour.
Marine Le Pen et une vingtaine de personnalités du Rassemblement National, convoquées aujourd'hui par le Tribunal Correctionnel de Paris, poursuivies pour détournement, recel ou complicité de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires. On parle d'un préjudice estimé à près de 7 millions d'euros. Le procès doit durer deux mois. Finalement, l'ERN est un parti comme les autres.
L'ERN est un parti comme les autres, je vous le confirme, mais ce procès sera un moment de vérité aussi, un moment où nous pourrons défendre la liberté des parlementaires. Parce que, de quoi parle-t-on ? On parle d'un Parlement européen qui, probablement pour des raisons politiques, a poursuivi le Rassemblement National, parce qu'ils ont un rôle des collaborateurs parlementaires qui pourraient se définir comme des fonctionnaires du Parlement.
Pour nous, un collaborateur parlementaire, c'est quelqu'un qui fait de la politique, de la politique auprès de son député, mais qui peut avoir un engagement militant au sein du parti, au sein de sa fédération départementale, qui peut aller coller des affiches le soir, écrire des discours. Et donc, c'est deux visions de la politique qui s'affrontent. Une vision un petit peu rigide, administrative, et une vision, comme nous le présentons, plus incarnée. Et c'est d'ailleurs le cas de la politique en France. Trois partis aujourd'hui sont concernés, parce que cette vision de la politique, c'est la vision française.
Sauf que, quand je parlais de normalisation du RN, de votre parti, un parti comme les autres, je faisais référence aussi à ce que disait Jean-Marie Le Pen il y a plusieurs années, tête haute, main propre, on n'y est plus.
On n'y est. Vous savez, il n'y a aucun enrichissement personnel dans l'histoire. Personne n'a pris l'argent de l'Union Européenne pour s'acheter une voiture. Ce n'est pas ça l'idée. L'idée, c'est que des gens ont été rémunérés pour travailler avec nos députés européens, nos parlementaires européens, mais qu'en plus de ces fonctions, ils ont eu parfois des fonctions dans le parti politique, des fonctions locales, et c'est normal, ça s'appelle l'engagement politique. Dans le fond, c'est un peu plus compliqué, justement, on va l'expliquer.
Il faut quand même préciser pour nos auditeurs qu'il y a un règlement qui est explicite au Parlement européen qui précise que les collaborateurs doivent travailler pour le député européen et non pas pour le parti. Ça, c'est marqué noir sur blanc dans ce règlement. Ces sommes versées aux européens députés, elles ont par exemple servi à payer le garde du corps de Jean-Marie Le Pen. Est-ce que c'est normal ?
Mais qu'il y avait d'autres fonctions. Une fois encore, je vous le dis, on peut la journée travailler pour un député européen et le dimanche faire autre chose. Vous savez, c'est deux visions politiques. Mais attendez.
Non juste, Laurent Jacobelli, on prend l'exemple de Thierry Léger, le garde du corps en question, que tous les journalistes politiques qui ont suivi le Front National et le Rassemblement National connaissent, puisqu'il est aujourd'hui le garde du corps de Marine Le Pen. Il a été celui de Jean-Marie Le Pen. Quand il était avec Jean-Marie Le Pen au Parlement européen, il n'était pas là pour faire des fiches. Il était là pour être son garde du corps.
Mais nous verrons bien. Il y a deux mois, nous allons présenter tous nos arguments. Je peux vous assurer que Marine Le Pen est sereine, combative. Nous verrons bien ce qu'il en sortira. Mais je crois que nous allons défendre notre vision de la politique. C'est deux visions de la politique qui s'opposent. Une fois encore, soyez patientes. Nous sommes assez confiants.
Il y a deux mois de procès, donc on va le suivre.
Nous sommes assez confiants. Nous avons assez de preuves pour prouver ce que nous disons. Et surtout, je voudrais rassurer les téléspectateurs et les auditeurs, parce que parfois, il y a des résumés qui sont faits. Personne ne s'est mis d'argent dans les poches. Aucun argent n'a été volé. C'est simplement le rôle d'un collaborateur parlementaire européen qui est redéfini. Eh bien, nous en débattrons. Vous dites que personne ne s'est mis d'argent dans les poches.
Mais quand, par exemple, la sœur de Marine Le Pen, la mère de Marion Maréchal, est déclarée assistante parlementaire de Bruno Goldnich sans, selon la procédure, y avoir mis un pied au Parlement européen, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas de l'argent qui est mis dans la poche ?
Je ne vais pas fuir le débat, mais je ne connais pas le cas des 26 personnes qui vont participer. C'est pour bien expliquer à nos auditeurs et à l'explicateur. Ce que vous dites, c'est à nous de prouver que ce n'est pas vrai. Et c'est ce que nous allons faire pendant les mois qui viennent.
Parce qu'au fond, l'accusation est grave, Laurent Jacobelli, il est question d'emploi fictif au Parlement européen. Je vous donne juste un exemple du rapport. Je sais de quoi il est question. Et ce n'est pas rien, c'est de l'argent public.
On est bien d'accord que ce n'est pas rien, mais je vous donne notre version et je vous dis que nous allons trouver l'inverse.
Si on se réfère au rapport de l'enquête de police, parce que c'est important d'être sur les faits, il y a quelques mois, la presse a publié, a révélé le rapport de l'enquête de police et il fait état d'un échange de mails entre un député européen et le trésorier du RN Valéron de Saint-Just, un mail daté du 22 juin 2014, où l'eurodéputé Jean-Luc Schaffauser écrit « Ce que Marine nous demande équivaut à ce qu'on signe pour des emplois fictifs. Et c'est le député qui est responsable pénalement sur ces deniers, même si c'est le parti qui en est bénéficiaire. » Réponse du trésorier laconique, je crois bien que Marine sait tout cela.
Donc, c'était un système mis en place, validé par Marine Le Pen ?
Eh bien, nous allons prouver qu'il n'y a pas de système pour détourner l'argent de l'Union Européenne ou du Parlement européen. Nous allons prouver que, oui, on peut être assistant d'un parlementaire européen et s'impliquer dans la vie du Rassemblement national. Voilà, nous avons deux mois pour le faire. Moi, je veux bien qu'on prenne ensemble tous les mails qui ont été écrits. Je ne connais pas le contexte. Je ne suis ni avocat, ni juge. Je suis simplement membre d'un parti dont je sais que l'engagement est une des clés de voûte. Et on ne va pas au Rassemblement national comme on va dans un autre parti.
Quand on est au Rassemblement national, eh bien, ça veut dire qu'on défend une cause, qu'on a la France au cœur, qu'on y bosse 24 heures sur 24 et parfois le dimanche. Mais on fait la politique à fond d'égard du corps. Et ça veut dire qu'on n'est pas un petit fonctionnaire gris de l'Union Européenne. Alors, je sais bien que les petits fonctionnaires du Parlement européen voudraient qu'on soit tous les fonctionnaires.
Leur rôle, notamment, c'est de contrôler cette Commission européenne que vous critiquez régulièrement. Et cet argent, s'il est employé, par exemple, pour rémunérer un garde du corps, il n'est pas employé pour contrôler la Commission européenne, ce qui est pourtant le rôle des parlementaires européens.
Mais n'allez pas tout de suite à la conclusion. Il y a deux mois de procédure.
Mais les faits sont là.
Mais les faits sont là. Nous verrons bien si les faits sont là. J'entends souvent sur votre radio, et vous faites bien de le préciser, présomption d'innocence. Dès qu'on parle d'un cas précis, eh bien, aujourd'hui aussi, et même pour le Rassemblement national, il y a présomption d'innocence, de bonne foi. Et c'est une vision politique de liberté départementaire que nous allons défendre avec Marine Le Pen, qui y consacrera le temps qu'il faut. Elle ne fuira pas le débat, parce qu'elle porte une vision de la politique, oui, qui est une politique, une vision noble.
Il y a quand même le cas particulier de Jordan Bardella. Un livre paru mi-septembre, La machine à gagner, de Tristan Bertolo, affirme que de fausses preuves ont été produites, donc, a posteriori, pour justifier l'embauche de Jordan Bardella comme assistant parlementaire quelques mois. Document qui aurait été, donc, antidaté. Vous êtes inquiet par ces révélations ?
Mais Jordan Bardella ne fait pas partie des personnes qui sont convoquées dans ce procès. Donc, il n'est pas convoqué et il va fabriquer de fausses preuves. Je crois que là, on atteint le maximum du délire. Je pense qu'il faut arrêter de créer comme ça un faisceau de faux indices autour de nous. Oui, d'accord. Et alors, il n'est pas convoqué. Donc, ce qui veut bien dire que la justice pense qu'il n'y a pas de problème. Si c'est faux, il doit porter plein pour diffamation ? Je ne sais pas, ça le regarde, mais au bout d'un moment, cet acharnement politique, je n'ai pas vu le même acharnement quand le Modem a été, a suivi le même processus. C'est quand même quelque chose
qui a coûté son poste à François Bayrou qui était ministre de la Justice.
Peut-être, mais François Bayrou a été relaxé. On verra bien d'ailleurs si la justice est logique dans ses attendus. Une fois encore, nous n'avons pas peur de ce procès. Nous y allons la tête haute, nous y allons avec des arguments et vous verrez bien à la fin ce qui se passe. Juste une petite précision
quand même par rapport à François Bayrou. La situation avec Marine Le Pen est totalement différente. François Bayrou n'était pas député européen à l'époque alors que Marine Le Pen est complètement concernée par l'affaire. Oui, d'accord, mais il était chef de parti
et on soupçonnait son parti aussi d'avoir bénéficié.
Lui, il dit qu'il n'était pas au courant. Marine Le Pen ne peut pas évoquer cet argument-là.
Non, on est bien d'accord mais une fois encore, je crois que je vous ai répondu, je pense qu'il y a vraiment des sujets qui intéressent beaucoup les Français. Pourquoi ça nous intéresse aussi ? Ce qui est important
et pourquoi on en parle ce matin, c'est parce que Marine Le Pen risque d'être inéligible si sa culpabilité a été reconnue. Est-ce que c'est une hypothèse dans laquelle vous vous placez ?
Nous n'y croyons pas. Non, nous n'y croyons pas parce que les arguments de Marine Le Pen sont des arguments de bonne foi. Ils sont logiques et nous ne pouvons pas imaginer qu'il y ait un tel acharnement que contrairement au bon sens, contrairement à l'évidence, Marine Le Pen soit rendue inéligible. Ce serait, je crois, un signal démocratique, antidémocratique terrible.
Alors, attendons, il va y avoir deux mois d'explications, deux mois où sereinement, calmement, nous allons exposer des faits, nous allons exposer notre vision des choses et où, j'en suis persuadé, Marine Le Pen sortira en étant notre candidate naturelle pour 2027 et croyez-moi, croyez-moi, il y a urgence à voir Marine Le Pen à la présidence de la République.
Juste, justement, sur le cas de Marine Le Pen qui risque, donc on l'a dit, jusqu'à dix ans de prison, une peine d'inéligibilité de cinq ans et un million d'euros. J'ai l'impression
que vous vous régalez
quand vous dites ça. D'amende, je rappelle les faits, moi, juste, je ne suis pas là pour donner mon avis. Marine Le Pen a déjà remboursé les 326 401 euros qu'elle devait au Parlement européen. Ça, ce n'est pas le signe d'un début de culpabilité.
Non, c'est le signe d'une responsabilité. Je pense que quand on est un leader politique comme Marine Le Pen, il faut, à un moment donné, essayer de fuir les faux débats et aller vers l'essentiel. L'essentiel, c'est quoi ? C'est la sécurité des Français, c'est l'arrêt de cette immigration submersive et c'est le pouvoir d'achat des Français. Et pour s'y consacrer, eh bien, il faut solder tout un tas de choses qu'elle a fait en responsable, digne et, je crois, consciente des problèmes que les Français veulent voir régler.
Alors, l'autre sujet de ce début de semaine, c'est la déclaration de politique générale que le Premier ministre Michel Barnier doit prononcer demain devant l'Assemblée. Vous répétez que vous êtes le premier parti d'opposition. Pourquoi alors ne pas vous joindre à la motion de censure qui est déjà annoncée par le Nouveau Front Populaire ?
Vous savez, il y a deux formes d'opposition. L'opposition de façade, celle du Nouveau Front Populaire qui se désiste d'ailleurs pour faire passer les macronistes au second tour des législatives. Moi, j'appelle ça plutôt des associés que des opposants. Et puis, quand il faut agir, alors là, pour le coup, ils vont dans la rue, ils tapent sur des casseroles, ils chantent des chansons, ils crient, ils insultent mais ils ne sont pas à l'Assemblée. Moi, je me dis qu'une opposition, ça doit être au contraire constructif, raisonnable avec un projet. Nous, on a un projet, il est clair et j'espère qu'on ira dans les détails de ce projet. Mais surtout, on n'est pas là pour casser la Ve République.
On n'est pas là pour ajouter de la violence et du chaos à la violence et au chaos. Vous parlez de l'importance
du projet. Votre projet, il diffère Michel Barnier est un Européen convaincu. Vous, pas du tout. Au contraire, vous êtes europhobe. Pourquoi vous le censurez pas ? On a une autre vision de l'Europe. On a une autre vision de l'Europe que Michel Barnier. Pourquoi vous le censurez pas sur la vision européenne déjà ?
Nous verrons bien ce que va dire parce que d'abord, moi, je ne le lis pas dans les cerveaux, dans les esprits. Je ne suis pas cartomancien. Je suis porte-parole du Rassemblement National et député. Je ne sais pas ce que va nous dire demain le Premier ministre. Et en fonction de ce qu'il dit, nous prendrons nos décisions. Il ne va pas changer d'avis sur l'Europe. On a des lignes rouges. Mais peut-être n'en parlerait-il pas. On a des lignes rouges. Le pouvoir d'achat des Français, arrêtez d'y toucher. La sécurité des Français, c'est une priorité. L'immigration, on arrête maintenant avec cette folie migratoire. On va y revenir dans les détails
sur l'immigration notamment.
Ces trois points sont respectés. Si le Premier ministre ne va pas à l'encontre du mandat que nous avons reçu des 11 millions d'électeurs qui nous ont envoyés à l'Assemblée et s'il prend en compte les éléments que nous mettons en avant et j'ai l'impression que certains ministres nous ont très bien entendus, alors il n'y aura pas de censure. A l'inverse, s'il fait le jeu de la gauche, s'il ne respecte pas ces lignes rouges, il y aura censure. Sur les impôts,
vous avez des lignes rouges ?
Oui, clairement. Arrêtez d'asphyxier et de matraquer fiscalement les Français. Pour l'instant,
il n'est pas question d'augmenter les impôts.
Je vais terminer ma phrase. Selon Eurostat, 48% du PIB aujourd'hui va dans la fiscalité. C'est le record européen. La moyenne est à 41%. Honnêtement, est-ce qu'on a besoin d'impôts supplémentaires en France ? Bien sûr que non. On a besoin de moins de dépenses. Moins de dépenses dans l'immigration, moins de dépenses dans le millefeuille carré du Réal. Mais pas d'impôts supplémentaires
même pour les plus riches, même pour les grosses entreprises qui font des profits ?
Mais faire des profits, ce n'est pas honteux. C'est la base de l'économie.
Non, mais une contribution exceptionnelle. Vous entendez bien ce que dit le gouvernement aujourd'hui.
En revanche, c'était dans notre programme. Et donc, on ne va pas se renier nous-mêmes. Quand une entreprise va faire des sur-profits, c'est-à-dire des profits qui ne sont pas dus à ses investissements, à sa stratégie, à ses recrutements, mais à la conjoncture. Par exemple, le Covid, l'explosion de l'énergie. Alors oui, bien sûr, là, on peut taxer parce que le pays s'est appauvri à cause d'un phénomène qui a enrichi des entreprises, qui est un jeu de vase communiquant. C'est logique. Mais taper sur une entreprise qui a fait son boulot, qui simplement a fait des bénéfices parce qu'elle avait investi, parce qu'elle avait imaginé, parce qu'elle avait créé.
Alors, on envoie un signal terrible aux entrepreneurs français.
C'est là où on a du mal à savoir où vous mettez votre curseur au Rassemblement National par rapport aux entreprises. Petit rappel, lorsqu'il était auditionné au MEDEF pendant la campagne des législatives, Jordan Bardella a surpris vraiment l'assistance en plaidant pour la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés, les C3S. Une taxe qui concerne donc les entreprises qui font plus de 19 millions de chiffres d'affaires. Il a voulu la supprimer cette taxe. C'est quoi ? Il s'est trompé ou alors vraiment il voulait faire des cadeaux aux grosses entreprises ?
Mais ce n'est pas des cadeaux. Nos entreprises françaises, aujourd'hui, elles croulent sous le poids des taxes, des normes. Et il y a des entreprises 19 millions de chiffres d'affaires. Vous savez, ce n'est pas forcément énorme et ça ne veut pas dire 19 millions de résultats. Il y a aujourd'hui des entreprises de chiffres d'affaires, oui. Il y a aujourd'hui des entreprises qui ont du mal à recruter parce que justement, si elles recrutent, elles vont basculer du côté sombre de la fiscalité. Il y a des entreprises qui n'investissent pas parce qu'elles ont peur de leur avenir fiscal. La pression fiscale, aujourd'hui, est devenue pour beaucoup d'entreprises une dépression fiscale.
C'est-à-dire qu'elles ont peur. Eh bien nous, nous devons les libérer. Entreprendre, c'est créer de l'emploi. Créer de l'emploi, c'est cotiser aux retraites et protéger notre système. Nous sommes pro-business. Il faut être très clair. Mais en revanche, en revanche, effectivement, taxer les sur-profits, c'est quelque chose d'audible.
Laurent Jacobelli est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Je rappelle que vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On vous retrouve juste après le fil. Info, 8h47. Maureen Suignard.
Le chef du Hamas au Liban est mort, tué dans une frappe israélienne dans le sud du pays. Israël poursuit ses raids aériens dans le pays. Hier, les autorités françaises ont confirmé la mort d'un deuxième français dans ses frappes. Le chef de la diplomatie française est à Beyrouth aujourd'hui. Il n'y a eu aucun enrichissement personnel, se défend sur France Info. Laurent Jacobelli, le porte-parole du RN, le procès des assistants parlementaires du RN débute aujourd'hui. Le Rassemblement National est soupçonné d'avoir détourné des fonds européens pour rémunérer des personnes travaillant en réalité pour le parti. Marine Le Pen risque 5 ans d'inégibilité.
Ensemble, on a écrit un morceau d'histoire. Se réjouit le chef du FPE, le parti d'extrême droite fondé par d'anciens nazis en tête des élections législatives en Autriche. Près de 29% des voix pour le moment, les autres partis refusent de former une coalition avec le FPE. Les conservateurs sont arrivés 2e. Le gouvernement britannique promet que sa décision favorisera la création de nouveaux emplois dans le secteur de l'énergie. Le Royaume-Uni ferme sa dernière centrale à charbon aujourd'hui. Le pays va donc s'en passer pour produire de l'électricité. Une première pour un pays membre du G7. France Info
Le 8.30 France Info,
Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Et Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national, député de Moselle. Le meurtre de Philippines a suscité une immense émotion dans le pays. Le suspect est récidiviste sous occupation de quitter le territoire français. Sa première victime a pris la parole hier dans une lettre adressée à l'agence France Presse. Elle s'adresse aux députés notamment que vous êtes. Elle réclame une commission d'enquête sur la question de la récidive. Est-ce que vous soutenez cette démarche ?
Oui, et plus généralement il faudra se poser la question des failles qu'il y a eues dans ce dossier parce que clairement un prédateur était en liberté alors qu'il n'était pas français. Il était sous le coup d'une OQTF, obligation de quitter le territoire français qu'il avait déjà violé, qu'il avait été libéré de manière anticipée du centre de rétention dans lequel il était. Il y a beaucoup, beaucoup de moments où on aurait pu stopper ce violeur criminel en puissance. D'abord, honnêtement, il aurait dû être envoyé immédiatement dans son pays à la sortie de prison. Jamais il n'aurait dû être libéré. Il n'aurait pas
le laissé passer.
Il est arrivé
le laissé passer consulaire au Maroc, il est arrivé trop tard.
Il est arrivé trop tard parce qu'on l'a libéré trop tôt. Aussi, on l'a libéré avec 15 jours d'avance du centre de rétention dans lequel il était. Pire encore, le juge des libertés qui l'a libéré a dit qu'il reconnaissait libérer quelqu'un de potentiellement dangereux et qu'il pouvait récidiver. Je ne sais pas sur ce sujet-là.
Quelle justice vit-on ? Est-ce que vous avez lu précisément cette lettre ? Parce que cette femme qui, on le rappelle, est la première victime du meurtre présumé de Philippines dit qu'en fait, le sujet n'est peut-être pas d'abord la question des OQTF mais celui de la récidive. Elle dit que c'est ça qui est primordial. Elle dit par exemple quel est l'impact de la détention dans la réduction des risques de récidive. Est-ce que vous l'entendez ça ? Que le sujet le plus important ce n'est pas forcément l'éloignement du territoire ?
Je pense qu'il n'y a pas qu'un seul sujet. Il y a le sujet de l'immigration et de la protection des frontières. Pourquoi ce Marocain est-il arrivé en France ? Il y a la question des remises de peine. Pourquoi n'a-t-il fait que 5 ans de prison sur les 7 qu'il aurait dû faire pour viol ? Il y a la question de l'exécution des obligations de qualité et le territoire français qui est une question importante. Et il y a effectivement une question de la justice pénitentiaire et de la prison en France. Il faut arrêter avec les remises de peine. Il faut des peines planchées.
C'est-à-dire que quand on a violé, quand on a tué, quand on a commis des délits graves ou des crimes, on ne peut pas sortir avant tant d'années de prison. Ce sera d'ailleurs une de nos propositions pour la niche parlementaire du Rassemblement National.
Ça a déjà été mis en place sous Nicolas Sarkozy
et ça n'a pas marché. Ça n'a pas marché, excusez-moi, mais quand la personne est 2, 3, 4, 5, 10 ans supplémentaires en prison, pendant ce temps-là, elle n'est pas un danger pour la société. Vous savez, je crois que le rôle de la prison, le rôle de la justice,
c'est ça que je veux dire.
Le rôle de la justice, c'est de prémunir la société de ses prédateurs. Le plus longtemps il reste en prison, le plus longtemps la société est protégée. Il faut faire effectivement aussi un travail en prison pour suivre mentalement, psychologiquement, les personnes. Ça manque aujourd'hui. Mais nous voulons aussi rétablir des peines de sûreté. C'est-à-dire que quand quelqu'un à la fin de sa peine est jugé potentiellement dangereux, il faut qu'un juge réétudie son cas pour voir si on le libère réellement. Une fois encore, la priorité n'est pas le bien-être des voyous. C'est-à-dire qu'il est condamné à une peine ?
La priorité, c'est la préservation de la sérénité, du calme et de la liberté des Français.
C'est-à-dire quelqu'un qui est potentiellement récidiviste.
Nous l'avons proposé pour ceux qui étaient liés au terrorisme. Aujourd'hui, il y a des gens qui sont en prison. Vous savez qu'on en libère plusieurs centaines par an. Ils purgent leur peine ? Mais si on estime, si un juge estime au moment de la libération qu'il peut passer à l'acte et donc devenir réellement terroriste, tuer des gens, la question mérite d'être posée si on doit réellement le libérer.
Sans avoir rien fait ? Un juge doit le faire.
Laurent Jacobelli, hier, chez le confrère de LCI, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, s'est dit pour un référendum sur l'immigration mais aussi pour le rétablissement de la double peine, c'est-à-dire l'expulsion systématique vers leur pays d'origine des étrangers qui ont été condamnés. Le RN l'a rêvé. Bruno Retailleau l'annonce, vous allez le soutenir ?
Écoutez, nous verrons bien si Bruno Retailleau passe de la parole aux actes. Moi, je suis un peu étonné des alliances qu'il a faites. Alors, s'il veut vraiment un référendum sur l'immigration comme Marine Le Pen le propose et elle l'avait proposé lors de la dernière présidentielle, il est prêt à le référendum.
Il dit qu'il y est favorable mais qu'en l'état des rapports de force au Parlement, ça n'est pas possible.
Juridiquement, ça n'est pas possible. Oui, oui. J'aimerais bien mais je peux point comme on disait dans la chanson d'Annie Cordier la bonne du curé. C'est-à-dire, il a des idées mais il nous dit tout de suite mais je ne pourrais pas le faire. Écoutez, ça s'appelle être véléitaire mais si M. Retailleau est honnête, pourquoi a-t-il choisi la Macronie ? Ce qu'il dit c'est qu'en l'état de la constitution, il ne peut pas le faire. Je termine. La Macronie qui a fait exploser les compteurs de l'immigration et de l'insécurité et qui refuse la double peine. Que fait-il avec eux ?
Qu'ils rejoignent la grande coalition que nous avons lancée avec Éric Ciotti et qu'ils travaillent avec nous parce que le référendum sur l'immigration pour nous, il est prêt. Il est prêt à l'usage. La double peine, nous sommes pour et nous voulons la proposer. C'est-à-dire qu'un délinquant ou un criminel étranger qui sort de prison, dehors, dehors immédiatement pour préserver nos compatriotes. La différence avec vous,
c'est qu'il est au ministère de l'Intérieur, il est au pouvoir, du coup, il est en train de vous couper l'herbe sous le pied ?
Mais qu'il le fasse, nous serons heureux, on applaudira des deux mains s'il le fait. Vous savez, nous, on n'est pas là pour dire c'est nous qui avions raison, c'est nous qui avons gagné, on est là pour dire il faut protéger les Français. S'il met en place ce référendum, s'il met en place la double peine, nous les voterons. Entre vous et moi, je n'y crois pas une seconde. Mais si jamais, si jamais, c'était fait, nous serions du beau côté de l'histoire et nous voterions évidemment cela.
Pas Bruno Retailleau, mais du coup, Laurent Jacobelli. Laurent Jacobelli, on a parlé du budget tout à l'heure et pour faire des économies, vous proposez en boucle la suppression de l'AME, l'aide médicale d'État. C'est un milliard d'euros quand on en cherche au moins 110 d'ici trois ans. Mais au-delà de ça, c'est toute la communauté médicale qui s'alerte face à cette proposition. Écoutez, pourquoi Rémi Salomon, représentant du personnel médical des CHU ? D'abord, éthiquement, ce n'est pas recevable. Le médecin font le serment d'Hippocrate. Il n'y a pas de sélection en fonction de quelques considérations ethniques, sociales, économiques. On soigne tout le monde.
Deuxièmement, sur le plan de la santé publique, c'est une très mauvaise idée car un certain nombre de personnes concernées peuvent avoir des maladies infectieuses, transmissibles. Et donc, si on ne les prend pas en charge tôt, ils vont contaminer leur entourage. Et troisièmement, même sur le plan économique, puisque c'est ce qui est avancé, c'est une très mauvaise idée, car les patients, si on ne les prend pas en charge tôt, leur état de santé va se dégrader. Ils vont finir par arriver à l'hôpital dans des situations compliquées avec une prise en charge beaucoup plus complexe. Vous les entendez, ces arguments ?
Bien sûr, respecter le serment d'Hippocrate, respecter les Français, respecter nos lois, tout cela n'est pas incompatible. D'abord, on parle de soins à des migrants clandestins, clandestins, qui n'ont pas le droit d'être en France. Donc déjà, en protégeant les frontières, les frontières de l'Europe puis les frontières de la France, comme le propose Jordan Bardella, nous allons réduire le nombre de migrants clandestins. Ensuite, il y a deux types de maladies. Il y a un migrant clandestin qui a une maladie qui met en danger sa vie ou qui met en danger la vie de ceux qui l'entourent par la contagion. Bien sûr qu'il faut l'aider, bien sûr qu'il faut le soigner.
En revanche, ceux qui viennent en France illégalement, qui se font poser un anogastrique et qui repartent, alors là, ça existe et ça a été documenté. Non, ça n'existe pas. Là, il faut dire stop. C'est-à-dire qu'il faut faire la différence entre l'open bar et la distinction qui est faite selon la gravité des cas. Mais je le dis encore, on tourne autour du pot. Le problème de la France aujourd'hui, c'est que les portes et les fenêtres sont ouvertes à l'entrée mais qu'elles sont fermées à la sortie. Tout le monde et n'importe qui peut arriver en France. Quelqu'un en mauvaise santé, quelqu'un avec de mauvaises intentions, quelqu'un qui n'aime pas notre pays et puis ne jamais en repartir.
Tout cela n'est plus possible. Il faut qu'on choisisse ce qui peut rentrer en France. Oui, mais sauf que c'est lié à l'immigration clandestine. Je suis désolé. Il y a 450 000 à peu près bénéficiaires de l'AME. C'est-à-dire 450 000 personnes qui n'ont pas le droit d'être en France qui se font soigner. Cela veut dire qu'il y en a combien en tout ? Les chiffres sont terrifiants. Notre pays, aujourd'hui, est ouvert comme un moulin avant. Est-ce que vous savez combien il y a de personnes sous le coup d'une OQTF aujourd'hui ou qui ont eu une OQTF qui demeurent sur le territoire national ? 700 000 selon le Sénat.
Ces chiffres font froid dans le dos et on ne peut plus jouer avec la sécurité des Français. On ne peut plus jouer avec les finances publiques pour faire bénéficier une immigration qui n'a jamais été décidée par les Français. Alors oui, il y a urgence d'un référendum.
Laurent Jacobelli, est-ce que vous confirmez que le RN prépare déjà les prochaines législatives, que vous êtes prêt pour l'été prochain ?
On est en cours. On est en cours parce que nous, nous pensons qu'effectivement, sans majorité, sans le soutien du Président de la République, avec des ministres qui lui tirent dans le dos, M. Barnier ne pourra pas durer longtemps. Et vous scrutez à la loupe les profils cette fois-ci ? Et donc, il y aura forcément une élection législative anticipée. nouvelle organisation voulue par Jordan Bardella et qui permettra d'éviter les trous dans la raquette. Il y en a eu. Il y en a eu. Nous avons tiré toutes les conclusions, mis en système, mis en place et il commence, pour tout vous dire, pour vous dire un secret, la semaine prochaine avec des commissions d'investiture.
C'est bizarre d'utiliser le mot les trous dans la raquette comme si ce n'était pas grand-chose parce que si on prend l'exemple tout récent du député du Var, Philippe Schreck, il a comme assistant parlementaire Raphaël Ferron qui est le chef de file d'un mouvement néofasciste provençal. C'est un trou dans la raquette ?
Ce n'est pas le député, c'est un de ses collaborateurs. Là, on parlait des législatives. Écoutez, c'est très simple. Si ce que vous dites est vrai, ce collaborateur n'a rien à faire dans l'univers du Rassemblement national. C'est très clair.
Donc, il va devoir s'en séparer, là ?
En tout cas, on lui conseille très fortement. Oui, bien sûr.
Merci beaucoup, Laurent Jacobini, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Laurent Jacobelli