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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 12 novembre 2019 24 minContradictoireMixteInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéEurope & international

Valérie Pécresse: "Il faut une grande vigilance quand on est une femme, encore plus quand on est de droite"

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:15OuverteRéponse directe

    Pourquoi un livre aussi intime aujourd'hui ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça dit de vous, de ce que vous êtes, de vos choix, ce grand-père ?

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Vous vouliez être psychiatre, vous vouliez aussi être actrice.

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire exactement, être deux fois plus vigilante qu'un homme, et quatre fois plus quand on est de droite ?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    Dominique de Villepin vous reçoit à l'Elysée pour un entretien d'embauche. Comment se déroule cet entretien ?

  • 9:05RelanceRéponse directe

    Pourquoi êtes-vous parti après la déroute et ne pas l'avoir fait avant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:26Valérie PécresseChiffre
    « Je pense qu'il faut supprimer la première année de médecine. »
  • 5:56Valérie PécresseFait
    « Marine Le Pen pense que le SMIC horaire est à 36 euros. »
  • 8:07Valérie PécresseFait
    « C'est cité dans le livre Place Beauvau, où on se rend compte qu'en fait, quand on est au pouvoir, on peut manipuler la police et faire sortir des affaires. »
  • 10:54Valérie PécresseFait
    « vous l'avez vu, 50 000 personnes, eh bien on a figé le résultat, empêché ce débat sur la ligne »
  • 11:31Valérie PécresseFait
    « je pense à la réforme des retraites, parce que la RATP et la SNCF ont le pouvoir de bloquer tout le pays. »
  • 12:26Valérie PécresseFait
    « Ça fait deux ans que je tire la sonnette d'alarme pour dire qu'il faut un plan pour les banlieues, que les banlieues sont dans une situation explosive »
  • 18:32Valérie PécresseChiffre
    « on a fait des violences faites aux femmes, la grande cause régionale, en 2017 »
  • 18:54Valérie PécresseChiffre
    « j'ai financé le recrutement de 750 personnes de sécurité de plus pour la RATP, la SNCF, le réseau de bus »
  • 19:12Valérie PécresseFait
    « Christophe Castaner, comme on avait remis 750 personnels de sécurité en plus, lui, en même temps, il a retiré 350 policiers de la police nationale du réseau de métro »
  • 19:28Valérie PécressePromesse
    « j'ai demandé à Mme Belloubet, j'ai obtenu, de faire voter une loi qui dit que les harceleurs multirécidivistes pourront désormais être interdits de réseau de transport »
  • 23:35Valérie PécressePromesse
    « je demande aussi qu'on sorte les mineurs de ces prisons pour adultes et qu'on mette la salle de classe au cœur des centres de détention de mineurs »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Présentateur 214 %
  • Présentateur 312 %
  • Invité3 %
  • Auditeur2 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui dans le grand entretien de la matinale la présidente LR de la région Île-de-France. Pas LR, monsieur Demorand. Pardon, pardon, pardon, excusez-moi, on est déjà au cœur du sujet, excusez-moi. Elle publie, ex-LR, chez Robert Laffont, un livre... Libre, c'est un parti politique. Voilà, et on va y venir à ça aussi. Elle publie donc, chez Robert Laffont, un livre d'entretien avec la journaliste Marion Van Renterguem, intitulé « Et c'est cela qui change tout ! » Questions et réactions dans une dizaine de minutes, 01, 45, 24, 7000. Et les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter.

Ce n'est pas un livre, bonjour Valérie Pécresse, ce n'est pas un livre politique classique de ceux qui s'intitulent, vous savez, « La France dans les yeux » ou « La paille et la poutre », dont on se demande si ceux qui les signent les ont écrits ou même lus. Non, c'est un livre d'entretien qui est déjà agréable à lire. Vous y portez un regard singulier sur la politique en général, sur votre parcours, sur la droite française. Il y a des pages effarantes, notamment sur la condition des femmes en politique, sur lesquelles on va revenir. Mais dites-nous d'abord, pourquoi un livre aussi intime aujourd'hui ? Est-ce parce que vous aviez l'impression que les Français vous connaissent mal ?

Ou est-ce parce qu'un livre de ce type est une étape obligée, quand on s'imagine un destin présidentiel ? Non, je crois que c'est tout simplement parce que j'avais des choses à dire. J'avais des choses à dire, c'est vrai que pendant 20 ans, puisque maintenant ça fait presque 20 ans que je fais de la politique, je me suis construit une carapace, et j'ai pensé que finalement, toute ma vie politique devait se résumer à ce que je faisais, donc à mes résultats, à mon action, à mes actes.

Et puis finalement, je me rends compte que c'est important aussi d'exprimer ce que je vois, mon regard sur la France, mon regard sur la politique, et de témoigner d'un certain nombre de choses, que ce témoignage peut être utile. Il peut être utile à la fois pour les femmes qui veulent faire de la politique, il peut être utile pour la droite, pour la reconstruire, et il peut être utile peut-être aussi pour mon pays.

Alors, votre regard, et il y a aussi votre parcours, vous décrivez longuement votre famille, gaulliste, vos grands-parents maternels résistants de la première heure, et on apprend que vous avez un grand-père psychiatre qui a fait reconnaître la dépression comme maladie à part entière, qui a introduit le lithium en France, qui avait pour patients André Malraux et Romain Garry, et que vous, vous avez imaginé un temps être psychiatre. Qu'est-ce que ça dit de vous, de ce que vous êtes, de vos choix, ce grand-père ? D'abord, je crois qu'il était médecin de l'âme, donc j'aime bien l'expression « réparer les vivants ».

« Réparer les vivants », c'est ce qu'on ressent quand on est psychiatre et qu'on est confronté au burn-out, à la dépression. Et ce que m'a appris mon grand-père, c'est que la faiblesse, c'était toujours passager. La dépression, on en sort toujours, c'est une maladie. Elle peut être chronique, on peut retomber, mais on en sort toujours. Et moi, j'ai vu ma grand-mère tenir au téléphone des patients qui étaient en train de se suicider, pendant que mon grand-père a appelé police secours sur une autre ligne pour les sauver. Donc j'ai vu sauver des gens parce qu'on les écoutait, parce qu'on comprenait leurs problèmes, leurs maladies, et puis surtout parce qu'on ne les prenait pas à la légère.

Et c'est vrai que j'aurais aimé être psychiatre. J'avoue que j'ai été rebutée par la dureté des études de médecine. D'ailleurs, je leur fais un sort dans mon livre. Je pense qu'il faut supprimer la première année de médecine. Je m'en expliquerai. Je pense que ça pourrait dégager beaucoup d'argent pour sauver l'hôpital. Et ça permettrait aussi de plus sélectionner les médecins par l'échec. Alors vous vouliez être psychiatre, vous vouliez aussi être actrice. Actrice, sérieusement ? Oui, actrice, mais j'étais desservie par mon physique, puisque quand j'étais adolescente, j'étais un peu ronde. Et donc du coup, j'étais assez timide en fait. J'étais assez timide. Alors finalement, ce n'est...

Mais j'étais bonne oratrice déjà à l'époque. Ni actrice, ni psychiatre. Vous choisissez la politique parce que c'est un carrefour, la politique, entre la psychiatrie et le métier d'acteur. Alors, on ne joue pas des rôles de composition, je tiens à le dire, parce que c'est important pour les auditeurs qui ne croient pas que les hommes politiques récitent un texte. Mais c'est vrai que... De toutes les façons, on ne peut pas faire de la politique si profondément on ne s'intéresse pas aux autres. Et par ailleurs, effectivement, il y a dans la politique tout un talent avec le langage qui est évident. Évident, on n'arrive pas à convaincre si on n'est pas soi-même convaincante.

Valérie Pécresse, vous consacrez une part importante de votre livre, et c'est cela qui change à tout, à ce que c'est que d'être une femme en politique, d'être une femme politique. Ces passages sont très intéressants. Vous dites, en politique, une femme doit être deux fois plus vigilante qu'un homme, et une femme de droite, quatre fois plus. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? C'est simple, de toute façon, quand une femme politique dit une bêtise, elle n'est pas du tout traitée de la même façon qu'un homme. Un homme qui dit une bêtise, c'est une bourde. Une femme qui dit une bêtise, c'est une gourde. Bourde-gourde, ce n'est pas tout à fait la même chose.

Le problème, c'est que, typiquement, on prenait Ségolène Royal, combien y a-t-il d'hommes politiques qui font des fautes de français absurdes, horribles, et Ségolène dit bravitude, et tout de suite, oh là là, qu'est-ce qu'elle est idiote. Donc le sujet est quand même très fort. Je vous prendrai un autre exemple. Nathalie Kosciusko-Morizet, le ticket de métro. Jean-Paul Huchon, mon adversaire socialiste, ne savait pas le prix du ticket de métro. Mais comme c'était un homme de gauche, il était forcément proche du peuple, il connaissait forcément les réalités populaires. Nathalie Kosciusko, elle, se trompe, se trompe dans le prix du ticket de métro.

Tout de suite, elle est déconnectée, elle est loin, elle ne connaît rien, etc. Donc je pense qu'il faut effectivement une très grande vigilance quand on est une femme, et encore plus quand on est une femme de droite. Alors je ferai une exception pour Marine Le Pen, à qui on pardonne absolument tout, y compris de penser que le SMIC horaire est à 36 euros. Marine Le Pen pense que le SMIC horaire est à 36 euros. Ça ne la disqualifie pas pour diriger le pays et pour parler au nom du peuple. Alors Nicolas parlait tout à l'heure d'une anecdote effarante. Je vais lire le passage, vraiment il nous a fait sursauter, où Dominique de Villepin vous reçoit à l'Elysée pour un entretien d'embauche.

A l'époque, vous travaillez dans une société d'information et d'internet, vous avez été repérée, et voilà, voilà comment se déroule votre entretien d'embauche. Avec son sens habituel de la provocation, il m'interpelle, Dominique de Villepin, il m'interpelle abruptement. Savez-vous que vous êtes favorite pour le poste uniquement parce que vous êtes une femme ? Je lui réponds qu'il ferait néanmoins un très bon choix. Puis vint ce dialogue, ce diagnostic définitif. Vous, vous ne ferez jamais de politique parce que vous êtes une femme normale, vous avez un mari, vous avez des enfants. En politique, il n'y a pas de femme normale, il n'y a que des névrosés. Je lui réponds pardon.

Et il commence à ménumérer les anciennes ministres, les conseillères politiques qui n'ont pas de mari, pas d'enfant, qui ont bousillé leur vie de couple. Une telle, pas de vie, telle autre, pas de vie. Et il ajoute, pensez-vous vraiment être faite pour cette ville-là ? Ça explique aussi pourquoi je me suis vraiment carapasonnée. Ce que les auditeurs ne savent pas, c'est que ça fait dix ans que je n'ai plus de numéro de téléphone fixe. Dix ans que je n'ai plus de numéro de téléphone fixe parce qu'il y a dix ans, des jeunes socialistes, pour me déstabiliser pendant une campagne, m'ont fait un terrible canular téléphonique.

Ils ont appelé à trois heures, à quatre heures, à cinq heures du matin, en se faisant passer pour la maîtresse de mon mari. Et en hurlant dans le téléphone, « C'est pas parce que ta femme fait de la politique que tu peux m'emmener dans des hôtels glauques et me laisser tomber comme une vieille chaussette. » Je peux vous dire, je ne sais pas si ce genre de canular vous est déjà arrivé, mais c'est quelque chose de très traumatisant. Et il faut avoir une sacrée confiance dans son couple et en soi-même pour surmonter ce genre d'affaires. Alors, ça peut paraître anecdotique, mais si vous voulez, j'en raconte beaucoup d'autres anecdotes de ce type.

Comment on m'a dénoncé, on m'a fait une fausse dénonciation d'accidents de voiture avec des lits de fuite. Comment ils sont allés chercher mon fils, mon fils Clément, en montant en affaire une affaire de consommation de drogue. Et qu'on a su après, grâce à des journalistes du Canard Enchaîné, que tout était parti des collaborateurs de Claude Bartholone et de Manuel Valls. Je les cite à l'antenne volontairement. C'est cité dans le livre Place Beauvau, où on se rend compte qu'en fait, quand on est au pouvoir, on peut manipuler la police et faire sortir des affaires. Et derrière, l'idée était très simple. Je suis une femme. Si mon fils fume du shit, c'est donc que je suis une mauvaise mère.

Même s'il a 19 ans, même s'il est étudiant, même s'il n'habite plus chez sa mère. Voilà, donc c'est tout ça, tout ce que je raconte. C'est des choses vécues. On a voulu, parce que justement, Nicolas disait que ce n'est pas un livre politique, comme on en lit plein. On va parler politique maintenant. Mais on avait envie, vous voyez, de vous laisser la parole pour expliquer et raconter ce qu'on a lu dans ce livre-là. Qui sont aussi les suppléments d'âme d'une femme politique et son expérience. Oui, ceux qui aiment la politique aimeront, dans ce livre, passer dans les coulisses et voir comment la dureté et la violence. Mais il n'y a pas que la dureté et la violence.

Il y a aussi les bons moments. Il y a aussi une analyse, évidemment, de ce qu'est la droite aujourd'hui. Alors, venons-en, justement, à votre ex-parti Les Républicains. Merci, M. Demont. Vous êtes très critique de ce parti, de ce qu'a été la présidence Laurent Wauquiez. Vous quittez donc le navire après la lourde défaite des Européennes. Pourquoi êtes-vous parti après la déroute et ne pas l'avoir fait avant ? Xavier Bertrand, lui, est parti avant. Vous donnez le sentiment, au fond, de voler au secours de la défaite. Ce n'est pas très courageux, non ? Mais vous avez vraiment lu le livre, M. Demont ? Oui, oui, bien sûr. Non, parce que j'explique exactement l'inverse.

J'explique que je suis restée pendant toutes les Européennes, alors même que je n'avais fait part d'un certain nombre de désaccords sur la ligne. Je suis restée parce que c'était en plein milieu de l'élection et que je ne voulais justement pas laisser ma famille au moment de cette élection, qui était une élection qui devait être cruciale pour redémarrer. Vous l'avez laissée quand votre famille a fait 8%. Si elle avait fait 15%, peut-être que vous seriez restée. Non, ce n'est pas du tout.

Ce que vous ne comprenez pas, mais ce que j'explique longuement dans le livre, c'est qu'en réalité, j'ai cru qu'avec la démission de Laurent Wauquiez, s'ouvrait une nouvelle ère pour le parti et qu'on allait pouvoir avoir une élection, j'allais dire, loyale, sincère à la présidence du parti, dans laquelle on pourrait exposer des lignes différentes. Parce que mon problème, c'est que je pense qu'on ne se relèvera pas si on ne construit pas une droite moderne. Une droite moderne, c'est-à-dire une droite qui est de son temps, une droite qui parle d'intégration, une droite qui retrouve sa fibre sociale, une droite qui assume d'être aussi une droite libérale.

Et toute cette question de la ligne, vous l'avez bien vu, n'a pas pu être tranchée lors de l'élection d'octobre, pour une seule et bonne raison, c'est que tout a été verrouillé au départ de Laurent Wauquiez. Quand Laurent est parti, au lieu de se laisser 6 mois pour faire réadhérer des Français, pour ouvrir les vannes des Républicains, on a dit, les élections ont lieu en octobre, et donc on a figé la liste des votants. Et en figeant la liste des votants, puisqu'il n'y avait plus personne dans le parti, vous l'avez vu, 50 000 personnes, eh bien on a figé le résultat, empêché ce débat sur la ligne, empêché cette possibilité d'ouvrir le parti. Vous dites vouloir... Et donc je suis parti.

Parce que c'était verrouillé, parce que tout était écrit d'avance. Vous dites vouloir incarner une droite moderne, mais la droite moderne aujourd'hui en France, est-ce qu'elle n'est pas à l'Elysée ? Alors j'explique toutes les différences que j'ai vis-à-vis d'Emmanuel Macron. D'abord sur les réformes, parce que autant je pense qu'il a été réformateur au début de son quinquennat, autant je trouve qu'aujourd'hui, non seulement ça patine, mais en plus il s'engage dans des réformes qui risquent d'être très injustes. Je pense à la réforme des retraites, parce que la RATP et la SNCF ont le pouvoir de bloquer tout le pays.

Mais si le gouvernement cède au régime spécial de la RATP et de la SNCF et n'est dur qu'avec ceux qui n'ont pas le pouvoir de se rebeller, ce sera une réforme très injuste. Pour l'instant, il ne cède à rien. Pour l'instant, la réforme se fera et c'est la fin du régime spécial à la SNCF et à la RATP. En tout cas, c'est ce qui est annoncé. Oui, c'est ce qui est annoncé par Jean-Paul Delevoye, mais d'après ce que j'ai compris, le gouvernement n'est pas totalement sur sa ligne. Donc laisse s'entendre qu'en réalité, il reculerait sur certaines catégories, ce qui serait évidemment d'une immense injustice.

Alors, je pense que ça patine sur les réformes, mais surtout, j'ai un désaccord avec Emmanuel Macron sur des sujets qui sont plus durs, qui sont ceux de la sécurité, de la justice, de l'ordre, du communautarisme et de la laïcité. Ça fait deux ans que je tire toutes les sonnettes d'alarme étant présidente de région en Ile-de-France, ayant installé le siège de la région en Seine-Saint-Denis.

Ça fait deux ans que je tire la sonnette d'alarme pour dire qu'il faut un plan pour les banlieues, que les banlieues sont dans une situation explosive, qu'il faut une stratégie d'éradication de ces ghettos qui sont livrés à la fois au trafic, à la délinquance, mais aussi au communautarisme, mais aussi à la radicalisation. Et je vois le gouvernement qui agit, mais franchement, par touche homéopathique, on ne prend pas conscience du vrai danger. La nation est en train de se fissurer, Madame Salamé, et on l'a encore vu samedi. On l'a encore vu samedi avec une manifestation contre l'islamophobie, mais qui n'était pas une manifestation pour rassembler, qui était une manifestation qui clivait.

Les manifestants disaient qu'ils étaient là pour rassembler, ils disaient on est français, on est comme tout le monde. Elle vous a choqué cette marche ? Mais vous savez, le concept d'islamophobie est un concept diabolique. C'est un concept diabolique parce que c'est un concept qui utilise la victimisation, et moi je suis extraordinairement sensible à la détresse de nos compatriotes musulmans face à l'attentat de la mosquée de Bayonne, mais on utilise la victimisation pour empêcher toute critique de l'islam politique ou de l'islamisme. Et la vérité, c'est qu'on est en France, l'islam est une religion française.

L'islam est une religion française, mais qui dit religion française dit même droit et même devoir. Et le premier de ses devoirs, c'est de respecter les lois de la République. On a beaucoup de questions à vous poser encore avec Léa, mais j'aimerais ouvrir le dialogue avec les auditeurs de France Inter, nombreux ce matin au Standard. Bonjour Antoine ! Oui, bonjour à vous tous. Bonjour.

13:53
Auditeur

M'appé 13, bonjour. Bonjour. M'appé 13, déjà, on est en fait pour vous parce qu'une part en politique, je comprends que c'est très compliqué. Désaccord avec vous, moi qui suis quelqu'un de gauche par rapport à ce que vous avez fait au niveau du planning familial en Ile-de-France.

14:06
Présentateur

J'ai augmenté les budgets de 30%, alors je ne pense pas que vous soyez en désaccord avec ça, monsieur.

14:11
Auditeur

En tout cas, j'appelle l'Ile-de-France, c'est une région...

14:13
Présentateur

Mais si vous n'êtes pas certain, vérifiez quand même, monsieur, parce que je travaille la main dans la main avec le planning familial.

14:19
Auditeur

Alors, allez-y Antoine. Alors, en tout cas, est-ce que votre départ de républicain après la déroute, contrairement à monsieur Berkant qui est parti avant, n'est-ce pas un calcul politique pour vous pour être rappelé en tant que sauveuse au moment de la présidentielle vu que votre ancien parti, j'ai bien noté que c'est votre ancien parti, était vraiment aujourd'hui avec un vrai problème face au Rassemblement National ?

14:40
Présentateur

Merci Antoine. Bonne journée. Merci Antoine pour cette question. Valérie Pécresse vous répond. Non, mais la question Antoine est pertinente. J'aurais pu partir au moment de l'élection de Laurent. J'ai choisi de rester. parce que je pensais qu'on pouvait faire vivre un parti à deux voix. Avec une voix plus conservatrice et une voix plus moderne. Que certains pouvaient effectivement, aux républicains, empêcher les départs au Front National. Et ça, c'est évidemment une urgence démocratique. Mais que d'autres, aux républicains, pouvaient aller chercher les électeurs de Macron et montrer les failles du macronisme. Moi, c'était ma tâche, en réalité.

Et je pensais qu'à deux voix, on pouvait, on pouvait, on pourrait, on pourrait faire ce parti. Et j'ai échoué. Parce qu'à chaque fois que j'ouvrais ma bouche et que je disais quelque chose, par exemple, que j'étais favorable à l'avortement, ou par exemple, que j'étais favorable à l'écologie, ou à la privatisation d'aéroports de Paris. Ouh là là, j'étais là pour diviser. Donc, je me suis dit que si je partais, je reconstruirais à l'extérieur et que je ne serais plus en division, mais en construction. Et c'est important d'être en construction. La droite a besoin de se reconstruire et à mon avis, sur plusieurs piliers.

Un pilier centriste, un pilier conservateur et un pilier radicalement contemporain, moderne. Pour poursuivre sur la question de l'auditeur, Gérard Larcher veut une primaire de la droite pour 2022. Christian Jacob n'en veut pas. Est-ce que vous êtes pour une primaire de la droite ? Mais la question du leadership se posera nécessairement. Moi, je pense qu'il faut d'abord avoir des idées providentielles avant de chercher l'homme providentiel. Là, vous avez repris votre casquette de politique. C'est la phrase qu'on entend tout le temps. Les idées d'abord, l'homme après, etc. Oui, pardon, mais j'ai écrit 330 pages pour quand même en mettre quelques-unes sur la table. Mais on vous a...

Léa, je ne fais pas qu'en parler des idées. Je les écris. Non, non, mais on vous a largement donné la parole. La question est pour ou contre une primaire de la droite ? Absolument pour, parce que je crois que, et il faut le dire, le leadership, qui tranchera le leadership si ce n'est les électeurs ? C'est les Français qui doivent trancher. Et ce n'est pas un parti qui a été un très grand parti, mais qui aujourd'hui n'a plus que 50 000 adhérents. Vous savez, quand j'ai été choisi pour aller en Ile-de-France contre Roger Carucci en 2010, il y avait 70 000 militants qui ont voté en Ile-de-France seuls. Là, Christian Jacob est élu par 50 000 personnes sur toute la France.

Donc, on n'a plus les réserves de voix nécessaires pour pouvoir désigner un candidat présidentiel. Deuxième question très précise, puisque c'est une question d'actualité. Les municipales, les républicains, ont désigné leur candidate à Paris. Elle s'appelle Rachida Dati. Est-ce qu'elle est la vôtre également ? Alors, moi, ce que je veux dire, c'est que la droite à Paris, ce n'est pas que les républicains. La droite à Paris, c'est aussi des libres, c'est aussi des centristes, c'est aussi Pierre-Yves Bournazel et Agir. Donc, moi, je plaide aujourd'hui pour un grand rassemblement, pour une alternance à Anne Hidalgo. Et c'est ce que j'ai proposé à Rachida Dati.

Je lui ai dit, moi, j'ai des élus libres qui sont prêts aujourd'hui à venir aider, notamment dans ces arrondissements de l'Est, ces arrondissements populaires auxquels la droite ne parle plus depuis des années. Pierre Lissia, par exemple, dont le combat contre, j'allais dire, pour les habitants du quartier de la Chapelle est connu de tous. Et je lui ai proposé un partenariat avec un rassemblement. Je veux élargir la droite. Elle vous répond quoi ? Elle va me répondre, je pense. Donc, si Rachida Dati fait le rassemblement, vous êtes pour elle ? Moi, je crois qu'il faut une alternance à Anne Hidalgo à Paris. Je pense que cette ville est mal gérée.

Je pense que ses habitants ne sont pas heureux de vivre dans un Paris qui n'est pas sûr, qui n'est pas propre, où les familles sont évacuées hors de Paris, et que pour cela, ça vaut le coup de se rassembler. La parole au Standard d'Inter à Aurore. Bonjour et bienvenue.

18:04
Invité

Bonjour à tous et à toutes. Merci. Madame Pécresse, je voulais vous interpeller sur le fait que 100% des utilitatrices de transports en commun aujourd'hui disent être victimes de violences sexuelles et sexuelles dans les transports. Et sachant que la région est chargée de transports en commun, qu'est-ce que vous comptez faire pour éradiquer ce fléau et pour faire en sorte que les femmes se sentent en sécurité dans les transports en commun ?

18:25
Présentateur

Merci Aurore pour cette question. Valérie Pécresse vous répond. Alors, on a fait des violences faites aux femmes, la grande cause régionale, en 2017. Vous voyez, on n'a pas attendu MeToo. Et on a créé, avec la SNCF et la RATP, un numéro qui s'appelle 31-17, qui permet immédiatement d'envoyer sa plainte, soit par SMS, soit par téléphone, et de faire parler aussi les témoins des actes. Mais ça ne suffit pas. Et moi, j'ai financé le recrutement de 750 personnes de sécurité de plus pour la RATP, la SNCF, le réseau de bus.

Et quelle n'a pas été ma surprise et mon désenchantement quand je me suis aperçu que Christophe Castaner, comme on avait remis 750 personnels de sécurité en plus, lui, en même temps, il a retiré 350 policiers de la police nationale du réseau de métro. Donc, je viens de lui écrire pour lui dire que c'était inadmissible. Aujourd'hui, nous avons besoin, dans le métro, non seulement d'agents de sécurité, mais aussi de vrais policiers. Parce que pour les dépôts de plainte, c'est très important. Et j'ajoute que j'ai demandé à Mme Belloubet, j'ai obtenu, de faire voter une loi qui dit que les harceleurs multirécidivistes pourront désormais être interdits de réseau de transport.

Et cette peine complémentaire, elle est très importante. Parce que les harceleurs du métro, c'est souvent des multirécidivistes, c'est souvent des types malades qui recommettent les mêmes actes, toujours dans les mêmes endroits. Allez, encore une question au standard. Claude, bonjour. Vous nous appelez de Blois. Bonjour, Mme la Présidente. Bonjour.

19:53
Invité

Je voudrais vous parler de transport à nouveau. Ne serait-il pas temps de réouvrir cette magnifique infrastructure qu'est la petite ceinture ? C'est une magnifique double voie à ciel ouvert. Elle désengorgerait la ligne C du RER dans sa partie sud. Elle ferait une magnifique relation entre Bercy et Batignolle dans sa partie nord. Elle raviverait ce quartier de l'Est parisien dont vous parliez à l'instant, avec les gares de Charonne, des Méniles-Montant, chantées par Charles Trenet, de Belleville. Ce serait une magnifique réouverture qui ferait énormément plaisir aux habitants de Paris et d'Ile-de-France. Et puis, on se demande vraiment pourquoi elle est en sommeil depuis des décennies.

20:37
Présentateur

Merci, Claude, pour cette question. Valérie Pécresse. Je tiens à dire que Claude est le plus parisien des habitants de Blois. Parce qu'il connaît Paris comme sa poche. Alors, ça, c'est un choix urbain. C'est un choix urbain qui appartient à la mairie de Paris. Et moi, je ne suis pas là pour contester ces choix urbains. Le choix qui a été fait, d'abord par M. Delano et puis par Mme Hidalgo, c'est de faire un grand tramway. Un grand tramway à la place de la Petite Ceinture. Et aujourd'hui, nous sommes en train de boucler ce tramway. Et effectivement, il manque encore un tronçon. Il manque un tronçon de la Porte d'Anière au pont du Gard-et-Glano.

Et évidemment, il faut boucler ce tramway pour qu'on puisse faire le tour de Paris de manière à ne pas avoir à prendre le métro. Valérie Pécresse, vous comparez Emmanuel Macron à Tony Blair dans votre livre. Vous dites, on est différent parce que lui, c'est Tony Blair. Et du coup, vous êtes allé demander conseil à David Cameron pour identifier avec lui quelle droite vous pourriez construire. Demandez conseil à l'homme qui a fait le Brexit. Franchement, c'est la bonne personne. Vous savez, en politique, il y a des bons et des mauvais moments. Il y a des erreurs. Il y a des erreurs historiques qui entraînent un pays. Oui, il y a des erreurs historiques qui entraînent un pays.

Et le référendum sur le Brexit qu'il pensait gagner était une erreur. Mais enfin, Jacques Chirac a fait aussi une dissolution ratée. Ça ne l'a pas empêché de prononcer un formidable discours à Johannesburg sur l'environnement ou de refuser d'aller faire la guerre en Irak. Les hommes politiques, ils décident. Alors, c'est ce que je dis. C'est d'ailleurs le titre de mon livre. Et c'est cela qui change à tout. C'est en référence à un poème qui parle de ces croisés des chemins où on doit prendre des décisions. Décider, gouverner, c'est décider. David Cameron a fait des erreurs. Mais il a quand même fait quelque chose de très positif à mes yeux.

C'est qu'après Gordon Brown, il a fait revenir les conservateurs au pouvoir. Il les a fait revenir au pouvoir non pas avec une droite ultra-conservatrice à la Thatcher, mais avec une droite sociale, compassionate conservatism, une droite sociale, une droite ouverte. Et il m'a dit les républicains sont en train de faire la même erreur que les tauris ont fait contre Blair. Blair occupait un espace central et du coup, les tauris se sont excentrés, devenus ultra-conservateurs. Ils sont restés dix ans en dehors du pouvoir. Encore une question d'actualité, même si c'est une actualité qui risque de durer extrêmement longtemps. La Turquie expulse onze djihadistes français vers leur pays, la France.

On en fait quoi ? Je suis très inquiète effectivement du retour de ces djihadistes. Je pense qu'évidemment il faut qu'ils soient jugés pour leurs actes. Tous ceux qui ont participé aux exactions de Daesh doivent être jugés. Mais surtout, ce que je demande et ce pourquoi je plaide, c'est qu'on construise des prisons de haute sécurité. On ne peut pas mettre des personnes qui ont tué, qui ont assassiné, qui ont égorgé dans des prisons de droit commun. On ne peut pas transformer nos prisons en école de la radicalisation et du prosélytisme islamiste. Donc moi, je demande qu'on brise un tabou.

Je demande, y compris dans mon livre, qu'on se mette à construire des prisons qui soient différentes en degré de sécurité en fonction de la dangerosité des individus. Et je demande aussi qu'on sorte les mineurs de ces prisons pour adultes et qu'on mette la salle de classe au cœur des centres de détention de mineurs. à lire ce livre d'entretien et c'est cela qui change à tout publié chez Robert Laffont. Vous le signez, Valérie Pécresse et c'est un ensemble d'entretiens avec la journaliste Marion Van Renterghem. Merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin et d'avoir dialogué avec les auditeurs. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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