Pascal Obispo : "On va avoir des chansons avec une version unique pour le concert SOS Solidarité incendies"
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C'est un raz-de-marée, nous disait Julien Courbet hier soir sur RTL. Les places du concert-événement du 27 août près de Bordeaux pour tous les sinistrés se sont arrachées en quelques heures. Bonjour Pascal Obispo. Bonjour à vous. Les places pour ce concert-événement sont en vente depuis hier matin, 10 heures, elles se sont arrachées ?
Oui, c'est complet. C'est complet depuis hier après-midi. On a été obligés aussi d'agrandir la jauge parce qu'il se trouve qu'on fait en même temps et simultanément une émission de télé sur M6. Et on sera donc en direct chez vous sur RTL. Donc il va falloir placer aussi les caméras. On essaye de faire la plus grande jauge possible. Donc je pense qu'on va avoisiner les 10 000 personnes le 27. Donc là, vous avez poussé les murs déjà ? On a déjà poussé les murs. C'est la production de la télé qui va râler un peu, mais c'est important. C'est important parce qu'on a travaillé beaucoup depuis quelques jours pour monter dans un temps record ce projet. Et voilà, on le fait parce que c'est important.
Nous sommes de la région, mais aussi on pense à tous les sinistrés de toutes les autres régions, puisque la Fondation de France, qui est notre partenaire, va justement dispatcher les dons aux quatre coins de la France, pas seulement en Gironde, d'où part ce projet, mais aussi dans le Var et dans d'autres régions. Et on voulait absolument faire quelque chose. On a une équipe de soldats et on avance à grande vitesse avec des artistes qui ont répondu présents aussi, avec le patron du festival ODP, Eric Jean-Jean, Julien Courbet. Et puis, il y a plein de gens qui se sont greffés. Tous ces artistes, que je ne vais pas citer, que vous pourrez citer, il y en a d'autres qui viennent se rajouter.
Mais justement, je prends ma respiration, Pascal Obispo, mais Zazie, Renault, M, Superbus, Bena Barga et Tanrouxel. Bon, je ne les cite pas tous. Vous avez dû tous les appeler un par un ?
Bien sûr, oui. C'est l'avantage d'avoir un téléphone qui fonctionne. Et l'avantage aussi d'avoir des artistes qui sont réactifs. L'important, c'est d'avoir une petite troupe. Il y en a qui n'étaient pas disponibles. Il y en a qui ne pouvaient pas être là le 27. Mais voilà, on a une petite troupe et on est en train de concocter un spectacle avec un groupe qui va jouer en direct. Donc, on va avoir des chansons avec des versions uniques, mais que des chansons que vous connaissez, que des chansons que le public connaît. On essaie d'oeuvrer pour ce 27 août.
Alors, je lis depuis quelques jours des chansons adaptées à la situation. Qu'est-ce qu'on doit comprendre par là ?
Disons qu'on va essayer de rester positif. Je pense déjà, je ne sais pas, pour Julien Clerc, Laissons entrer le soleil ou Utile, qui est une chanson sublime. Et c'est vrai qu'on a tous envie d'être utiles, à vivre, à rêver, mais aussi à reconstruire et à aider les gens. Ils sont très attachés à la région aussi, les artistes qui seront là le 27 ? Non, pas seulement, parce que justement, on en discutait d'ailleurs avec Zazie. L'idée, très rapidement, a été de ne pas se cantonner à la région pour le travail de reversement, mais aussi ailleurs. Vous avez vu, il y a plus de 100 maisons qui ont été touchées dans le Var.
Il y en a ailleurs, c'est incroyable les dégâts qui ont pu faire ces incendies. Donc, l'idée, c'est vraiment de travailler avec des artistes de tout horizon, parce qu'on va travailler pour les sinistrés de toute la France, et c'était important pour nous.
Vous l'avez répété, les dons seront intégralement reversés à tous les sinistrés, et pas seulement des Landes et de la Gironde. Vous pouvez choisir, en fait.
Vous pouvez choisir, quand vous faites votre don, à la Fondation de France, quelle est la destination que vous désirez ? Voilà, tout simplement. Quand on fait des dons, souvent, quelques fois, on se dit, mais où va le chèque que je vais faire, l'argent que je vais donner ? Où va l'euro que je donne ? Eh bien, avec cette fondation, on peut choisir et déterminer, si vous préférez le Var, Viscarros, le Porges, Lenton ou Fontainebleau. Enfin, tous les dons pourront cibler les endroits des sinistres.
Alors, vous avez donné quelques informations sur les coulisses. Il y aura des pompiers, il y aura des bénévoles, des gens qui ont tout perdu. Ils seront avec vous sur la scène, dans les coulisses, sur scène ?
Déjà, il y a 120 pompiers qui seront là pour aider. J'espère qu'ils monteront sur scène aussi. Il y aura une cinquantaine d'enfants aussi qui vont venir. On va essayer de concorter un spectacle qui soit positif et un spectacle rempli de solidarité, sans doute, dans les textes aussi. Donc, ça, c'est vraiment important. On est en train de concocter tout ça. Mais vous savez, tout a été très, très vite. Franchement, l'équipe est dingue. Et je pense que le soir du 27 août, quand on se sera arrêté, on pourra se dire qu'on a fait quand même quelque chose. Le truc principal aussi, la chose principale pour moi, c'est qu'après le 27 août, ça continue.
À 27 août, il y aura des gens qui seront toujours sans maison, etc. Donc, voilà, je n'ai pas envie qu'un événement chasse l'autre. On a envie que ça continue. Ça veut dire que ça pourrait être un concert annuel ? Ça veut dire que Julien Courbet va sans doute contrôler déjà et qu'il va aller voir comment ça se passe sur le terrain avec les plus démunis. Et ça, c'est très, très, très important. Ça ne s'arrête pas après le 27. Il faut reconstruire des choses. Et la Fondation de France est là pour ça. Si vous pouvez, personne n'impose à quelqu'un de donner. Nous, on fait quelque chose. Ceux qui pourront, ceux qui peuvent le faire. Voilà, merci en tout cas de le faire et on va avancer comme ça.
Tout cela s'est fait très vite. C'est une logistique titanesque. Alors, vous, vous êtes artiste. Vous allez chanter le 27. Mais là, en fait, vous êtes presque devenu organisateur. Vous avez changé de métier ?
Non, non, non. Je ne suis pas organisateur. Vous savez, quand on est dans un collectif qui avance à grands pas, il n'y a pas de leader, il n'y a pas d'organisateur. C'est qu'on est tous ensemble. On fait masse. On fait une masse de gens. On se parle tout le temps. On a des groupes WhatsApp. On se parle avec les artistes. J'ai échangé avec Zazie beaucoup. J'ai échangé avec Icard. J'ai échangé avec Renaud. J'ai échangé avec Julien Ter. On s'échange des idées avec les producteurs aussi, avec tout le monde de l'équipe, avec Julien, qui est une personne absolument formidable. Éric Jean-Jean. Franchement, il n'y a pas de chip leader.
On ne fait qu'un pour ce programme. Alors, Pascal Obispo, sur un autre sujet, vous avez posté sur Instagram une petite mise au point parce que vous avez accueilli des gendarmes chez vous pendant les incendies. Ça vous a blessé que certains aient pu penser que vous aviez bénéficié de traitements de faveur ?
Écoutez, vous savez, ça fait plus de 45 ans que je fais de la musique. Ça fait plus de 35 ans que je suis devenu un chanteur et que je fais des concerts dans toute la France. On sait ce que c'est que les haters. On sait ce que c'est que les jaloux. On sait ce que c'est que les gens qui cherchent à faire des histoires et des polémiques. Donc, ce que j'ai dit simplement, c'est que j'invite tous ces gens, plutôt que de rester derrière les écrans, j'invite tous ces gens à venir nous rejoindre. À venir nous rejoindre et voir ce que c'est que la solidarité. Et que je pense que ça peut même devenir contagieux.
Et les gendarmes qui étaient chez vous, vous leur avez offert un camp de base, en fait, pour lutter contre les flammes au Cap Ferret ? Je ne leur ai pas offert.
Quand j'ai été évacué, moi, j'ai une grande maison avec beaucoup de possibilités de mettre des tentes où j'ai des logements, j'ai simplement dit « Si vous avez besoin de moi, je mets ma maison à disposition. » Tout simplement, comme n'importe qui l'aurait fait. Et donc, dès que j'ai fait passer le message, on m'a appelé et j'ai eu des gens qui ont fait des missions et qui faisaient des gardes. J'ai juste essayé à mon petit niveau d'être utile. C'était viscéral chez moi. Et puis, je continue, vous voyez, aujourd'hui, en train de participer avec ce groupe pour essayer de monter ce projet. Donc, tous ces gens qui dansent des polémiques, je les invite à nous rejoindre.
Dernière question, Pascal Obispo. Est-ce que vous avez peur que les gens oublient ce qui s'est passé cet été, aussitôt l'automne arrivé ?
Alors, il y a deux choses. D'abord, comme je vous ai dit tout à l'heure, le 27, ça ne s'arrête pas après le 27. Justement, il continuera d'avoir des dons, j'espère, et qu'on continuera à travailler. Je pense que Julien Courbet va s'y attacher pour justement voir comment ça se passe, comment on peut aider les sinistrés. Ça, c'est la première chose. Après, la deuxième réflexion, je dirais simplement que moi, je ne fais pas de politique. Mais disons que quand on a eu l'incendie il y a quatre ans, il y avait des mesures à prendre qui n'ont pas été a priori suffisamment prises ou même pas du tout. Je veux parler des pare-feux.
Donc, moi, je ne suis pas un spécialiste, mais de l'avis de grands spécialistes d'ici, il y aurait eu des sortes de blocages qui n'ont pas permis de...
des enseignements de 2022, des feux de 2022
n'ont pas été tirés. Ça, c'est sûr que non. Sinon, on n'aurait pas été dans cet état-là. Alors, c'est toujours bien. C'est toujours près de la nature. J'avais fait un projet qui s'appelle Capitaine Samouraï Flower où on parlait des endroits à protéger. Donc, voilà, je suis très, très concerné. Mais à un moment donné, il faut s'adapter au réchauffement climatique. Donc, il va falloir arriver à réfléchir et travailler autrement. et comme vous dites, tirer les enseignements, c'est de quoi, enfin, et laisser faire les spécialistes. Arrêter de les bloquer.
Il faut absolument laisser les gens travailler et fabriquer le monde un peu différemment pour à la fois garder les arbres, mais s'il faut en couper pour protéger les biens et les habitations, il faudra le faire. C'est comme ça. On ne peut pas faire autrement. Si on l'avait fait avant, on n'en serait pas là aujourd'hui, malheureusement. Parce que le feu, quand vous avez un mur de 30 kilomètres de feu et quand tout d'un coup ça se déclare et que ça bat à vitesse grand V, ce n'est pas facile, ça ne doit pas être facile de contrôler.
Et la lutte des pompiers n'est absolument pas en cause d'ailleurs sur ces feux. Merci beaucoup Pascal Obispo d'avoir été l'invité de RTL Matin.
Merci à vous et bonne continuation et puis on va suivre cette histoire de près. A bientôt. Merci, au revoir.
Chanté de Pascal Obispo.
Merci. Merci. Merci.