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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 20 mai 2022 23 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesEnvironnement & énergie

Geoffroy Roux de Bézieux : "On ne peut pas payer collectivement un 'quoi qu'il en coûte' permanent"

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Qu'attend sur le fond le patron du MEDEF de cette nouvelle équipe ?

  • 1:01RelanceRéponse directe

    Donc les priorités pour vous, c'est ?

  • 1:17OuverteRéponse partielle

    On ne vous a pas encore entendu sur la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon... Comment jugez-vous tous les aspects de son profil ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    La croissance en France, venons-en au cœur des sujets... Dites-nous si l'économie française est en train de ralentir et si vous êtes inquiet.

  • 2:13RelanceRéponse directe

    Donc, vous êtes inquiet pour le pays ?

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Alors, quelques précisions sur les pénuries... Quel impact sur les entreprises ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53Invité politiqueFait
    « On a beaucoup dépensé à juste titre pendant le Covid et maintenant il faut arrêter le quoi qu'il en coûte. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « On baisse nos émissions en France, contrairement à ce qu'on croit. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Au moment du Covid, ça va repartir. »
  • 2:34Invité politiqueFait
    « C'est d'abord des problèmes de pénurie, qu'on n'est pas prêts de résoudre, parce que ce qui se passe en Chine avec la stratégie de l'Euro-Covid, va faire que, comme on est très dépendant de la Chine, trop dépendant de la Chine, on va avoir des problèmes d'approvisionnement. »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « Le problème des PME, c'est souvent de pouvoir répercuter les prix. »
  • 4:20Invité politiqueChiffre
    « La coupelle en aluminium a augmenté de 86%. »
  • 4:48Invité politiqueChiffre
    « On était partis pour faire 4% de croissance, juste avant la guerre en Ukraine. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « Dans l'inflation, il y a du conjoncturel et du structurel. Le structurel, c'est l'énergie. »
  • 6:23Invité politiqueChiffre
    « Il y a 80 milliards d'euros d'investissements supplémentaires par an pour atteindre nos objectifs d'émission carbone. »
  • 7:38Invité politiqueChiffre
    « Ceux qui prennent leur voiture, qui est quand même la très grande majorité de nos salariés, c'est 80%, ils mettent 50, 60, 70 euros de plus en net dans la voiture, dans le plein, tous les mois. »
  • 8:25Invité politiqueFait
    « L'inflation elle vient aussi de là. C'est qu'on a imprimé, pardon de le dire comme ça, on a créé de l'argent avec le quoi qu'il en coûte et on le retrouve dans les prix un an et demi après. »
  • 10:33PrésentateurChiffre
    « La Dares dit que le salaire mensuel de base a progressé sur un an de 2,3% au premier trimestre, ce qui reste inférieur à la hausse des prix, 4,6% sur la même période. »
  • 16:37Invité politiqueFait
    « On est le pays, enfin, un des pays, je crois que c'est le deuxième pays en Europe qui travaille le moins en termes de quantité de travail autour de... »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur28 %
  • Auditeur4 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et l'invité du grand entretien de France Inter est ce matin le président du MEDEF avec lequel vous pourrez dialoguer dans une dizaine de minutes. Amis auditeurs, j'attends vos questions au standard d'Inter 0145 24 7000 sur les réseaux sociaux et également sur l'application mobile d'Inter. Geoffroy Roux de Bézieux, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, nouveau gouvernement annoncé cet après-midi, premier conseil des ministres lundi. Qu'attend sur le fond le patron du MEDEF de cette nouvelle équipe ?

0:29
Invité politique

Écoutez, on a devant nous un énorme défi qui est celui de la transition écologique et climatique. Donc le gouvernement a annoncé que la première ministre serait en charge directement. Je crois que c'est le sujet numéro un. Après, il y a évidemment d'autres sujets. Il y a ce qui se passe en Ukraine qui a des conséquences économiques. Ce n'est pas la première conséquence, mais il y a des conséquences économiques, l'inflation, les problèmes de rupture. Il y a les problèmes de comptes publics. On a beaucoup dépensé à juste titre pendant le Covid et maintenant il faut arrêter le quoi qu'il en coûte. Enfin voilà, donc il y a un certain nombre de sujets.

Donc on est nous prêts à discuter et concerter.

1:01
Présentateur

Donc les priorités pour vous, c'est ?

1:02
Invité politique

Je mets la transition écologique en premier. Enfin, on le voit en ce moment. Alors évidemment, c'est toujours pareil, mais l'impact de la chaleur montre que le problème est urgent. On baisse nos émissions en France, contrairement à ce qu'on croit. Mais pas assez vite. Et puis, il ne faut pas le faire qu'en France, il faut le faire en Europe et dans le monde.

1:17
Présentateur

On ne vous a pas encore entendu sur la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon, une femme pour la première fois depuis 31 ans, Edith Cresson, ministre pendant tout le quinquennat d'Emmanuel Macron, transport, écologie, travail, réputation de bosseuse, femme de dossier. Comment jugez-vous tous les aspects de son profil ? La bonne personne à la bonne place ?

1:38
Invité politique

Écoutez, moi, je n'ai pas à donner des bonnes et des mauvaises notes. Moi, j'ai des bonnes relations avec Mme Borne. On a travaillé quand elle était au ministre de l'Écologie. Voilà, on arrivera avec nos propositions. Elle doit écouter tout le monde. Et après, elle a été élue, du moins le président de la République a été élue sur un programme. Elle doit appliquer le programme du président de la République.

1:55
Présentateur

La croissance en France, venons-en au cœur des sujets, est à l'arrêt. L'inflation est à 4,8%. Certains la voient monter à 5,5% en juin-juillet. Le déficit de la balance commerciale a franchi un record. Dites-nous, selon vous, Geoffroy Roux de Bézieux, si l'économie française est en train de ralentir, si elle est en train de caler, et si vous êtes inquiet.

2:17
Invité politique

Alors moi, j'étais un des rares à être optimiste, je ne sais pas si vous vous souvenez, au moment du Covid, ça va repartir. Là, je suis beaucoup plus prudent, parce que tous les patrons que je vois, quelle que soit la taille, le secteur, me disent, bon là, jusque là, ça va, le mois de mai se passe bien. Mais avec tout ce que je vois à l'horizon, je m'inquiète. Tout ce que je vois à l'horizon, c'est quoi ?

C'est d'abord des problèmes de pénurie, qu'on n'est pas prêts de résoudre, parce que ce qui se passe en Chine avec la stratégie de l'Euro-Covid, va faire que, comme on est très dépendant de la Chine, trop dépendant de la Chine, on va avoir des problèmes d'approvisionnement, des problèmes d'inflation de matières premières, dont on n'a pas complètement répercuté la réalité dans les prix. Ce qu'il faut comprendre aujourd'hui, c'est que le problème des PME, c'est souvent de pouvoir répercuter les prix, sans parler de problèmes de main-d'oeuvre, et toutes les lois nouvelles qui ont été votées dans le quinquennat présent, qu'il faut appliquer.

Donc oui, je pense que la croissance est en train de ralentir. Après, le pire est jamais certain, parce que la guerre en Ukraine prendra bien fin un jour, on est en train de trouver d'autres sources d'approvisionnement. Pour un exemple très concret, le titane, qui venait essentiellement d'Ukraine. Le titane, c'est indispensable pour l'aéronautique. On est en train de trouver des sources d'approvisionnement, évidemment plus chères. On est dans un monde qui est en train de bouger. Il y a aussi quand même un phénomène qui est très marquant, c'est le repli des zones géographiques. La Chine est en train de se replier sur elle-même.

Et donc l'Europe doit trouver en son sein, y compris en relocalisant ses propres ressources.

3:42
Présentateur

Alors, quelques précisions sur les pénuries, bois, batteries, cuivres. Quel impact sur les entreprises ? Combien de temps peuvent-elles tenir dans les discussions que vous pouvez avoir avec les patrons que vous rencontrez ? Sont-ils d'ores et déjà à la gorge ?

3:59
Invité politique

La gorge, non, il ne faut pas exagérer, mais il y a tous les cas de figure. Vous avez des gens qui, effectivement, il y a des chantiers de bâtiments, par exemple, qui sont arrêtés parce qu'il n'y a pas de bois ou il n'y a pas d'acier. Mais le plus souvent, il y a des produits, mais avec des hausses de prix totalement incroyables. J'ai dans mon groupe une petite emprise d'agroalimentaires qui vend des gâteaux dans des coupelles en aluminium. Vous voyez, la coupelle en aluminium a augmenté de 86%. Ça paraît complètement dingue, quoi. Souvent, d'ailleurs, les patrons commencent à chercher des alternatives avec d'autres matériaux.

Ça permet aussi, alors sur le long terme, trouver des solutions alternatives. Donc, c'est difficile de répondre en général, mais oui, il y a des problèmes de pénurie importants. Et donc, vous êtes inquiet pour le pays ? Je suis prudent sur la conjoncture de l'année. Ça veut dire quoi, prudent sur la conjoncture de l'année ? Ça veut dire qu'on était partis pour faire 4% de croissance, juste avant la guerre en Ukraine. Et que là, si on fait la moitié, ça sera déjà une bonne nouvelle. Et ça, vous n'en êtes même pas certain. Mais parce que vous m'auriez demandé le 22 février comment était la conjoncture, vous avez dit, c'est en plein boom, on est reparti, etc. Donc, forcément, je suis prudent.

5:02
Présentateur

Les grandes banques centrales sont en train d'augmenter leur taux pour lutter contre l'inflation. La BCE, la Banque Centrale Européenne, devrait le faire vers l'été. Y êtes-vous favorable, Geoffroy Roux-de-Bézieux ? L'urgence, c'est l'inflation, quitte à ce que l'argent coûte plus cher et que de nombreuses entreprises en pâtissent dans leur capacité à investir, notamment. C'est un choix cornelien.

5:24
Invité politique

C'est exactement un choix cornelien. D'abord, il faut juste comprendre une chose. Dans l'inflation, il y a du conjoncturel et du structurel. Le structurel, c'est l'énergie. On ne changera pas de modèle énergétique sans inflation, sans que ça coûte plus cher. Je vais le dire d'une autre manière. Le super à 2 euros ou le gazole à 2 euros, je ne pense pas qu'il redescende à un moment. Parce qu'on passe d'énergie fossile, facile à stocker et pas chère, à des énergies renouvelables qui, forcément, sont plus compliquées, coûtent plus cher. Donc, ça, c'est durable. Et donc, ça va continuer. Puis, il y a des choses qui sont spéculatives. Je parlais de l'aluminium. Le beurre a augmenté de 42%.

Bon, il n'y a aucune raison. Il y a ce qui dépend de l'Ukraine. L'huile de colza, par exemple. Donc, je crois, pour répondre à votre question sur les taux, qu'inévitablement, les taux vont augmenter. Mais l'Europe a intérêt à le faire avec prudence. Parce qu'on ne sait rien que c'est un ralentisseur de croissance. Si c'est plus cher d'emprunter, on va moins investir. Or, on a des investissements massifs. Les ménages et les entreprises. La transition énergique, je fais une petite parenthèse. On a fait faire une étude la semaine dernière. Qui monte, il y a 80 milliards d'euros d'investissements supplémentaires par an pour atteindre nos objectifs d'émission carbone. Ménage plus entreprise.

Les ménages, c'est la voiture électrique, les bâtiments. Les entreprises, c'est la décarbonation du transport, de l'industrie. Donc, il faut qu'on investisse. Pour investir, il faut pouvoir avoir du financement. Et donc, prudent sur les taux.

6:43
Présentateur

Donc, il y a une zone d'inquiétude là aussi. Bien sûr. Les prix augmentent donc. C'est ça l'inflation. Certains, très fortement, vous en avez cité quelques exemples. On sait en tout cas qu'Elisabeth Borne présentera avant l'été un projet de loi sur le pouvoir d'achat. Prolongation du bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l'électricité. Chèques alimentaires sous la forme d'une aide de 50 à 60 euros par mois pour les bénéficiaires des minimas sociaux. Augmentation de la prime d'activité. Triplement de la prime Macron. Dégel du point d'indice. Revalorisation au 1er juillet des retraites des minimas sociaux. J'en passe. Baisse des cotisations pour les indépendants.

Ce paquet-là, comme on dit, est-il selon vous bien ciblé ? Est-ce que vous le validez ou est-ce que vous le trouvez trop large ? D'abord, on n'en connaît pas tous les contours.

7:27
Invité politique

Vous avez posé la bonne question. Autant, moi, j'entends la difficulté quand certains Français à finir les fins de mois, y compris d'ailleurs certains de nos salariés, parce que ceux qui prennent leur voiture, qui est quand même la très grande majorité de nos salariés, c'est 80%, ils mettent 50, 60, 70 euros de plus en net dans la voiture, dans le plein, tous les mois. Autant ces systèmes généralisés, donc par exemple le 18 centimes, etc., je pense qu'on ne peut pas se le payer éternellement. Donc il faut prendre en compte ces problèmes d'inflation, mais le faire de manière probablement beaucoup plus ciblée que ce que j'ai compris qui allait être annoncé.

8:02
Présentateur

C'est trop large, a priori.

8:04
Invité politique

Surtout, ça coûte très très cher. C'est un nouveau quoi qu'il en coûte ? C'est un peu le quoi qu'il en coûte de croisière. Or, le quoi qu'il en coûte, nous on l'a soutenu parce qu'on était dans un système où il y avait un risque de 200, 300, 400 000 entreprises qui faisaient faillite. On n'avait plus d'économie. Mais on ne peut pas se payer collectivement un quoi qu'il en coûte permanent. Ce n'est pas vrai. On ne peut pas imprimer de l'argent. D'ailleurs, entre parenthèses, l'inflation elle vient aussi de là. C'est qu'on a imprimé, pardon de le dire comme ça, on a créé de l'argent avec le quoi qu'il en coûte et on le retrouve dans les prix un an et demi après.

8:34
Présentateur

Marine Le Pen déclarait à ce micro que les mesures de pouvoir d'achat telles que je viens de les décrire, laisser les classes moyennes dans une situation insoutenable. Elles ont la double peine, ces classes moyennes. Elles payent ces chèques-là par les impôts et elles payent aussi car elles voient augmenter les prix et ne bénéficient jamais d'un coup de pouce. Elles défendent la suppression de la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité. Qu'en pensez-vous sur les classes moyennes et sur la TVA à zéro ? Que lui répondez-vous ?

9:07
Invité politique

La TVA à zéro, c'est une mauvaise solution parce qu'on sait qu'on ne vient jamais derrière. C'est une perte de recettes fiscales qui finance par ailleurs d'autres choses, l'école, la défense, etc. Mais sur le sujet des classes moyennes, elle a raison. Il y a un coût à aller travailler, paradoxalement. Et notamment, je reviens sur la voiture. Nous, on a fait une proposition qui est assez simple. C'est de laisser la possibilité aux chefs d'entreprise de distribuer des chèques essence, défiscalisés, désocialisés, pour les gens qui viennent de loin. Parce que dans les difficultés de recrutement qu'on a, il y a des tas de raisons, le rapport au travail qui a pu changer, etc.

Mais il y a aussi le coût d'aller travailler qui est essentiellement le coût déplacé. Alors, on me dit, oui, mais il ne faut pas encourager les gens à prendre leur voiture. Et ça, c'est quand même un peu un réflexe de parisiens ou de villes, métropoles. Parce que les transports en commun ne sont pas accessibles partout. Venir en vélo, c'est sympa. Moi, j'aime bien faire du vélo. Mais il y a des moments où ce n'est pas possible à cause de la distance. Donc, il y a cet enjeu-là qui est important. Et oui, il ne faut pas, si vous voulez, que le travail ne paye pas.

10:06
Présentateur

Mais il y a un trou dans la raquette, donc, à vous entendre, pour les classes moyennes. Oui.

10:09
Invité politique

Alors, vous allez me poser la question des salaires, donc je vais la poser moi-même. Non, mais bien sûr. Évidemment, on va y arriver. Et donc, il y a eu des augmentations. Vous savez, ce qu'on appelle les NAO, négociations annuelles obligatoires, qui ont eu lieu. Alors, c'est difficile de donner une moyenne, mais on est autour de 3%. Les chefs d'entreprise qui ont fait moins de 3% vont m'engueuler, mais c'est à peu près la moyenne. Bon, mais évidemment...

10:28
Présentateur

L'inflation... Eh bien, voilà. La Dares dit que le salaire mensuel de base a progressé sur un an de 2,3% au premier trimestre, ce qui reste inférieur à la hausse des prix, 4,6% sur la même période.

10:41
Invité politique

Donc, les deux chiffres sont différents. La moyenne des NAO et la moyenne de la Dares ne sont pas les mêmes, mais bon, on est à peu près dans le même. Non, non, ce qui veut dire quoi ? Ce qui veut dire qu'il va y avoir forcément des demandes salariales si l'inflation continue à se tenir à ce niveau. Mais est-ce qu'il va y avoir des réponses salariales ?

Le problème, c'est qu'une PME dans l'agroalimentaire qui voit le beurre à plus 42, le blé à plus 5, enfin, ses matières premières augmentées, le gaz qui lui permet de faire tourner son usine qui augmente très fortement, qui ne peut pas repasser à ses clients finaux ou à ses clients distributeurs l'ensemble de ses coûts, elle va avoir du mal à augmenter le salaire. Et le problème, du moins, il va être là. C'est-à-dire, comment on fait pour vivre dans un monde d'inflation ? Vous savez, une inflation à 5%, moi, je ne l'ai pas connu, j'étais encore à l'école, vous aussi, je suppose. On ne sait pas faire avec. Mais alors, comment on fait ? Comment on fait ?

Vous êtes patron de l'EDEF, donc comment on fait ? Ce n'est pas forcément la réponse à tout.

11:35
Présentateur

Oui, mais vous avez dû y réfléchir. Comment on fait ?

11:38
Invité politique

On est en train d'essayer d'imaginer un monde avec de l'inflation qu'on n'a pas connu depuis 30 ans. Et ça veut dire probablement une hausse des prix plus régulière sur certains composants. Quand c'est structurel, ça veut dire aussi des négociations salariales plus régulières.

11:51
Présentateur

À ce micro, Laurent Berger avait une solution. Il disait vouloir conditionner les allègements de cotisation au fait qu'il n'y ait pas de branche qui ait des minimas en dessous du SMIC. Quand vous avez des minimas en dessous du SMIC, eh bien, vous révisez les aides qui sont allouées aux entreprises. Là-dessus, a-t-il un point ?

12:11
Invité politique

Non. Oui et non. Non, mais oui et non. Parce qu'effectivement, depuis que le SMIC a augmenté très fortement, on a, je crois, 140 branches qui se retrouvent en dessous. Le problème, c'est que le SMIC va réaugmenter en septembre. Donc, on est dans un système où il faudrait négocier quasiment tous les 3 mois. Donc, je pense que là, il faut qu'on réfléchisse avec Laurent Berger et avec les syndicats sur comment on réfléchit aux négociations de branches dans un monde où le SMIC augmente 2, voire 3 fois par an. Parce qu'il est indexé, lui,

12:37
Présentateur

sur l'inflation.

12:37
Invité politique

Parce que, exactement. Et tout le problème, c'est cette idée d'indexation. Vous savez, on dit souvent que l'inflation, c'est du dentifrice qui sort du tube et on ne sait pas comment le faire rentrer. Je pense que l'image est assez parlante.

12:48
Présentateur

Le député de la France Insoumise, François Ruffin, lui, veut indexer les salaires sur l'inflation comme c'était possible et ce fut le cas jusqu'en 1983. C'est une bonne idée pour vous ?

12:59
Invité politique

1983, c'est ce que je disais. Moi, j'étais encore à l'école. Je ne sais pas comment il faisait, mais si on indexe les salaires sur les prix, forcément, ça va augmenter le coût de production de toutes les entreprises françaises donc qui vont augmenter leurs prix et on rentre dans une spirale dont je ne sais pas comment on sort. Donc, je pense que ce n'est pas la bonne solution. J'entends la question et je n'ai pas de réponse, j'allais dire, magique à ce nouveau problème qu'on ne connaît pas qui est de vivre avec une inflation supérieure à 5% ou autour de 5%.

13:26
Présentateur

Mais en tout cas, vous acceptez l'idée qu'il y a aujourd'hui un problème sur les salaires.

13:32
Invité politique

Bien sûr.

13:33
Présentateur

Et qu'il ne peut pas rester...

13:35
Invité politique

Et il est d'autant plus... Non traité. Voilà. Il est d'autant plus fort qu'il faut rappeler que le principal problème de pouvoir d'achat, enfin, les deux principaux postes de pouvoir d'achat, c'est logement et transport. L'inflation alimentaire, elle est très visible, elle est très spectaculaire, mais en réalité, dans le pouvoir d'achat, elle pèse moins que le sujet du logement et le sujet du transport.

13:57
Présentateur

Sur le logement, est-ce qu'il faut avoir un dispositif ponctuel parce que ça monte, là aussi ?

14:03
Invité politique

Alors, sur le logement,

14:03
Présentateur

nous, ce qu'on demande...

14:04
Invité politique

Les loyers ? C'est rapidement une conférence sur le logement parce qu'on a un problème de logement structurel, d'offre. Non, non, non. Avant de parler de blocage de loyer, il y a un problème d'offre. On ne construit pas assez. Pourquoi on a des problèmes de loyer ? Pourquoi les loyers représentent le principal poste de dépense beaucoup plus qu'en Allemagne qu'en Europe du Nord ? Parce qu'on ne construit pas assez. Donc, le premier truc à faire, c'est de construire plus pour détendre l'offre de logement en particulier de ce qu'on appelle les zones tendues. Après, le blocage des loyers... Parce que tout se tient. Exactement.

Mais le blocage des loyers, il va faire que les gens qui sont propriétaires ne vont pas toucher cette augmentation. Alors, évidemment, il y a quelqu'un qui va payer. Ce n'est pas l'État, c'est le propriétaire. Quand c'est un propriétaire collectif type habitat social, du coup, il va moins construire. Donc, ça mérite au moins qu'il y ait une conférence pour en discuter parce que c'est assez simple de bloquer les loyers, mais il y a des conséquences directes rapidement.

14:53
Présentateur

Plusieurs pays européens ont déjà mis en place sous une forme ou une autre une taxe exceptionnelle sur les super profits des entreprises du secteur de l'énergie qui profitent de fait de l'envolée des prix. Italie, Espagne, Bulgarie, Roumanie, bientôt la Grèce, l'Allemagne, la Grande-Bretagne y réfléchissent. Faut-il que la France y aille, taxe les super profits de ces entreprises pour financer, par exemple, les mesures pouvoir d'achat ?

15:17
Invité politique

Je vais vous faire une réponse un peu ironique, mais le jour où il y a des super pertes, ce qui va arriver, vous me parlez là des géanticiens, mais il y a les transporteurs maritimes qui ont fait des profits exceptionnels puisque le prix du conteneur a monté. Il ne faut pas oublier que ces mêmes transports maritimes, il y a 6 ans, ils étaient tous en perte parce que le prix avait baissé. Et donc, je pense que le raisonnement est faux parce que si on ne taxe les super profits, il faut aussi, le jour où il y a des pertes, d'une certaine manière, rembourser les pertes. Ça n'a pas de sens.

15:44
Présentateur

Donc, ça n'a pas de sens pour vous ?

15:46
Invité politique

Je pense que ça n'a pas de sens et surtout, les montants dont on parle ne sont pas... Ce n'est pas ça qui va résoudre les problèmes, malheureusement.

15:51
Présentateur

Alors, vous disiez, venons-en aux retraites maintenant, au Figaro, le 24 août dernier, le futur président devra relever l'âge de départ en retraite en tenant compte des situations individuelles. Il devra le dire pendant la campagne et le faire juste après son élection. Fin de citation. Il l'a dit pendant la campagne, nous sommes juste après l'élection. La réforme des retraites, est-ce que ça reste pour vous, patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, l'urgence des urgences ?

16:18
Invité politique

Non, je ne dirais pas que c'est l'urgence des urgences, mais il faut le faire rapidement. Alors, après les élections législatives, je ne sais plus ce que j'avais dit dans le Figaro du 24 août, tout simplement parce que... Après son élection. Oui, enfin bon, il s'agit d'avoir une majorité, etc. Mais pourquoi ? Parce qu'on est le pays, enfin, un des pays, je crois que c'est le deuxième pays en Europe qui travaille le moins en termes de quantité de travail autour de... Enfin, dans la durée de la vie. C'est la quantité de travail qui crée la richesse.

Et comme on a un système de protection sociale qui est généreux, comme on a besoin d'investir dans l'école, quand on a besoin d'investir dans la défense, il nous faut des recettes de cotisation. Il n'y a pas 36 solutions. Alors, ce que j'entends, moi, dans les déclarations de Laurent Berger et d'autres, c'est qu'il faut prendre les cas individuels. C'est pour ça que je dis, oui, la retraite, il faut augmenter l'âge de la retraite, mais il faut être aussi intelligent. Nous, on a un travail à faire sur l'emploi des seniors, c'est clair, il faut qu'on y travaille.

Il faut aussi prendre en compte le fait qu'il y a des gens qui ont commencé à travailler plus tôt, le fait que certains métiers usent plus que d'autres, etc.

17:23
Présentateur

Et Laurent Berger dit, dans le contexte actuel, économique, l'inflation, tout ce dont on vient de parler, toute cette crise économique, ce serait explosif de mettre la question de la réforme des retraites cet automne sur la table. Il exagère ?

17:37
Invité politique

Non, je pense qu'il a tort parce que, justement, à la différence de 2017, le président de la République qui a été élu, les Français ont voté majoritairement, c'est la démocratie, avait annoncé la couleur. C'est bien ce que j'avais dit le 24 août. C'est-à-dire, autant en 2017, c'était très compliqué parce que rien n'avait été dit dans la campagne, autant en 2022, on a annoncé la couleur, enfin, le président Macron a annoncé la couleur. Donc, on est en démocratie. Je comprends que les oppositions s'expriment, c'est logique, c'est légitime, mais on est en démocratie. Emmanuel Macron a promis

18:05
Présentateur

sur le sujet une très large concertation avec les partenaires sociaux. C'est une bonne idée ou vous dites que, bon, il y a déjà eu largement assez de concertations et que, maintenant,

18:16
Invité politique

la parole est aux actes ? Non, parce que, si vous voulez, une fois qu'on a dit retraite à 65 ans, il y a des dizaines ou des centaines de points à régler dans le détail. Il y a des tas de régimes différents, comme vous le savez. Il y a des cas de carrière très différents. Donc, oui, il faut de la concertation sur tous les sujets. Ce qu'on attend quand même de ce quinquennat, c'est une méthode de gouvernement peut-être un peu différente, un peu moins verticale, un peu plus décentralisée, avec nous, d'ailleurs, comme avec les autres parties prenantes de la société civile. Vous y croyez ? Joker. Allez-y. Non, écoutez, j'entends le discours qui dit... Voilà, qui dit...

18:57
Présentateur

Ça, c'est la précaution oratoire. Est-ce que vous y croyez à la nouvelle méthode du gouvernement ?

19:01
Invité politique

Mme Band, vous m'appelez cet après-midi, donc j'en saurais plus. J'attends, effectivement, ce que je ne veux pas, pardon, alors je vais prendre dans l'autre sens. La grand-messe, si vous voulez, non, non, mais je vais vous répondre à une question. La grand-messe, si vous voulez, la grande tradition du Grenelle, du machin ou du truc, qui consiste à s'asseoir à 31, on sort de la réunion, personne n'a convaincu personne, on se met sur le perron de l'Élysée ou de Matignon, quelqu'un a fait sa déclaration et puis on retourne à ses occupations.

19:27
Présentateur

Ça, ça ne sert à rien.

19:28
Invité politique

Honnêtement, ça ne sert à rien. Je pense qu'il faut mettre un truc... Je parlais du logement, par exemple. Le logement, c'est un problème numéro un. Nous... Plutôt des réunions thématiques. Thématiques avec les professionnels et où on parle vraiment, on parle des sujets.

19:41
Présentateur

Et sur la méthode de... C'est assez étonnant, Philippe Martinez a jugé qu'Elisabeth Borne écoute mais qu'elle n'entend pas et le président délégué du MEDEF, Patrick Martin, a eu quasiment les mêmes mots. Elle écoute mais on ne sait pas si elle entend toujours.

19:55
Invité politique

Je vais devoir l'engueuler, mon président délégué,

19:57
Présentateur

s'il parle comme Martinez. Pour une fois, la CGT et le MEDEF disent exactement la même chose, mais blague à part.

20:03
Invité politique

Tout ça fait référence à un quinquennat où il y a eu effectivement un côté, à prendre l'expression journalistique, jupitérien. Bon, moi, je n'ai pas de raison de ne pas faire confiance à un discours qui dit on a changé, on a entendu le message des Français puisque ce n'est pas tellement le message d'organisation syndicale. Enfin, patronal, qui compte ? C'est le message des Français et on va changer de méthode. Rendez-vous dans... Qu'est-ce que vous allez lui dire

20:24
Présentateur

à Elisabeth Borne tout à l'heure au téléphone ?

20:25
Invité politique

Ce que je viens de vous dire, c'est qu'on attend de la concertation, les quelques priorités qu'on a évoquées, un point de conjoncture et puis quand est-ce qu'on se met au boulot ? Au standard, Olivier nous attend. Bonjour, bienvenue.

20:38
Auditeur

Oui, bonjour à tous. Bonjour. Allez-y, Olivier. Oui, donc ma question au président du MEDEF est de savoir, avec la réélection de M. Macron, s'ils vont vraiment se pencher sur les emplois non pourvus afin de faire un deal, baisser les charges salariales de la part de l'exécutif et donc augmenter les salaires de la part des patrons. car longtemps, ces métiers non pourvus ont été dévalorisés, sous-payés, non reconnus et l'effet Covid ont fait réfléchir beaucoup de personnes avant de se reconvertir dans des métiers moins contraignants à salaire égal. Vous parlez de l'hôtellerie, j'ai ça sous les yeux, Olivier ?

Oui, spécialement l'hôtellerie parce que c'est un métier que j'ai fait quand j'étais jeune et c'était vraiment infernal, non reconnu, avec des heures à rallonge, des patrons voyous, alors pas tous, mais à l'époque, il y a une trentaine d'années. J'espère, pas tous. Donc, c'était infernal. Bien compris, bien compris.

21:32
Présentateur

Merci Olivier pour cette question.

21:33
Invité politique

Geoffroy Roux de Bézieux vous répond. Oui, votre auditeur a tout à fait raison et je vais encore plus dans son sens. Des emplois non pourvus, il y en a partout maintenant. Chauffeur, routier, il n'y a plus, vous voyez, juste l'hôtellerie qui souffre. La tension est générale. Il y a un rapport au travail qui a changé. Il y a effectivement indiscutablement un problème entre les contraintes du travail et le salaire qui est payé. Mais pour augmenter les salaires dans l'hôtellerie, il faut effectivement baisser les charges. Il faut aussi pouvoir augmenter le prix de la carte ou du menu.

Parce qu'in fine dans l'hôtellerie, enfin, télérestauration, je pense qu'il parle de restauration d'ailleurs, le coût du salaire, c'est beaucoup, surtout beaucoup dans la carte. Mais oui, nous, on est prêt à avancer là-dessus. C'est clair que si on avait, je vais reprendre la question sur la retraite, si on avait un taux de chômage à 3%, on aurait certainement besoin d'allonger la retraite beaucoup moins. parce que c'est la quantité de travail qui compte.

22:22
Présentateur

Le chef de l'État a promis durant la campagne le plein emploi, soit un taux de chômage d'environ 5% en 2027. Rapidement, c'est faisable selon vous ?

22:31
Invité politique

Oui, je continue à croire que c'est possible. Au bémol des difficultés qu'on a aujourd'hui, mais à un moment, ça va s'arrêter. Nos pays voisins, l'Allemagne est à 3,8% ou 3,7%, je ne sais plus. La Hollande est à 4 depuis 20 ans. Donc, il n'y a pas de raison que nous, on reste à 7. Il n'y a pas de raison structurelle. On a eu longtemps une démographie beaucoup plus favorable, ce qui a des avantages mais des inconvénients. Là, la démographie, elle va faire qu'il y a de moins en moins de jeunes en plus par rapport aux gens qui partent à la retraite. Donc, on a un moment, cet objectif, il est possible. Mais je ne vais pas faire de promesses.

23:06
Présentateur

Oui, on l'a bien entendu. Geoffroy Arroud, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Il est 8h44.

23:14
Invité politique

France Inter