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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 mars 2023 21 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprises

Mobilisation contre la réforme des retraites, violences dans les manifestations et élections à la CGT... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Marie Buisson

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteÉludée

    Vous êtes à la tête de la CGT Éducation. Est-ce que vous savez ce qui s'est passé ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que, tout simplement, les enseignants, aujourd'hui, en France, sont formés au premier secours ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Dans ces cas-là, est-ce que l'équipe est prévenue en amont qu'un élève souffre de difficultés cardiaques ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Nouvelle journée de mobilisation nationale à l'appel de l'intersyndicale. C'est le baroud d'honneur des syndicats ?

  • 3:06FerméeRéponse partielle

    Si le Conseil constitutionnel valide le texte, valide la réforme, vous vous arrêtez ?

  • 3:34FerméeRéponse directe

    Est-ce que l'objectif, c'est de bloquer le pays ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:20InvitéFait
    « Et puis, surtout, on a un service de santé scolaire qui est dramatiquement sous-doté. »
  • 2:26InvitéFait
    « Mais il faut évidemment, en face, qu'il y ait des personnels qui soient sur place, en permanence, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des établissements. »
  • 3:11InvitéFait
    « ce qu'on refuse, c'est cette réforme qui oblige tout le monde à bosser deux ans de plus. »
  • 3:38InvitéFait
    « L'objectif, c'est qu'il y ait un maximum de gens qui s'arrêtent de travailler. »
  • 3:59InvitéFait
    « Parce que sans les gens qui travaillent, l'économie marche moins bien. »
  • 4:33InvitéFait
    « Encore hier, j'ai eu des camarades de l'Aveyron qui me disaient que dans des entreprises qui n'ont jamais été en grève, une entreprise Molénabois à Aubin, un Ehpad à Villeneuve, etc. Il va y avoir des grèves pour la première fois depuis 15 ans, 20 ans. »
  • 4:55InvitéFait
    « Dans le public, on a les chiffres remontés par les ministères. Dans le privé, ils font un recensement entreprise par entreprise. »
  • 5:41InvitéFait
    « On y croit vraiment. On est convaincus qu'on peut obtenir le retrait de cette loi parce qu'elle est tellement injuste, tellement injustifiée. »
  • 5:54InvitéFait
    « le gouvernement est incapable aujourd'hui de l'expliquer de manière audible, intelligible, compréhensible par tout le monde. »
  • 6:25InvitéFait
    « Comparer ce qui se passe en France en ce moment avec les mobilisations à la prise du Capitole par les soutiens de Trump. Mais on rêve, on rêve. »
  • 7:19InvitéFait
    « c'est la défenseur des droits, c'est la Ligue des droits de l'homme, c'est même l'ONU qui l'a dit, qu'il y avait des abus dans le maintien de l'ordre. »
  • 9:32InvitéChiffre
    « Donc le problème, on a 142 milliards de bénéfices des entreprises du CAC 40 en 2022. »
  • 10:13InvitéFait
    « On lui a écrit il y a plus d'un an, un an et demi pour dire au gouvernement de faire l'automaticité. »
  • 10:43InvitéChiffre
    « Il y a un problème de répartition des richesses. Il y a 142 milliards de bénéfices des entreprises du CAC 40. »
  • 11:55InvitéChiffre
    « Il faut arrêter de donner 150 milliards d'aides publiques tous les ans en exonération de charges sociales. »
  • 14:32InvitéChiffre
    « le RSA, avec ce qu'on a dit sur l'inflation, des plus de 15% et encore 10% sur l'alimentaire »
  • 15:25InvitéFait
    « Il a baissé les indemnités et baissé la durée. »
  • 15:46InvitéFait
    « allocataires du chômage, allocataires du RSA, alors qu'on a des bénéfices records dans les entreprises et que les actionnaires touchent des dividendes records ? »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur18 %
  • Christine Buisson11 %
  • Présentateur 25 %

6,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Marie Buisson. Bonjour. Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites. On va en parler longuement. Évoquer également ce qu'a dit Emmanuel Macron hier. Mais d'abord ce drame à Lille où un lycéen est décédé d'un malaise cardiaque avant-hier. Alors qu'il était en train de passer les épreuves du bac, il avait des problèmes cardiaques, il portait un pacemaker. D'après les témoignages de plusieurs autres élèves recueillis par France Bleu Nord et par la Voix du Nord, l'équipe pédagogique qui surveillait l'épreuve n'a pas prodigué de secours. Alors qu'il était au sol, c'est l'une de ses camarades qui l'a mise en position de sécurité en vain.

Et les élèves, toujours d'après ces témoignages, ont été invités à continuer de travailler jusqu'à l'intervention des pompiers. Vous êtes à la tête de la CGT Éducation. Est-ce que vous savez ce qui s'est passé ?

0:44
Invité

Non, je n'ai pas plus d'informations précises sur ce qui s'est passé. Je pense que c'est un événement traumatisant. Évidemment, nos pensées vont à la famille, à ce jeune homme. Et puis, à l'ensemble des personnels et des élèves qui étaient dans cette salle pour cette épreuve, on ne s'attend jamais à ce type de choses. Donc, effectivement, en l'absence d'informations plus précises, je me garderais bien de porter un jugement sur ce qui a été fait, pas fait. C'est compliqué.

1:07
Présentateur

Il ne s'agit pas, évidemment, de pointer la responsabilité de quiconque. Mais est-ce que, tout simplement, les enseignants, aujourd'hui, en France, sont formés au premier secours ?

1:12
Invité

Non, ça peut arriver. Et de manière volontaire, les enseignants peuvent le demander. Parfois, ça s'organise. Mais ce n'est pas dans leur formation. Et puis, surtout, on a un service de santé scolaire qui est dramatiquement sous-doté. Et on se bat pour avoir des infirmières, des médecins scolaires. Et donc, la médecine de prévention et de secours, même si là, il s'agit quand même de premiers secours et de secours lourds, pas du tout d'un travail. Mais on est très sous-doté. Et nous, on a des tas de revendications là-dessus.

Effectivement, ne pas avoir de service de santé pour les personnels et les élèves à la hauteur des besoins, On le voit bien, à un moment où, on le sait, la jeunesse rencontre des problèmes, des problèmes y compris psychologiques forts. C'est dramatique.

1:53
Présentateur

Vous avez été, jusqu'à récemment, enseignante en lycée. Dans ces cas-là, est-ce que l'équipe est prévenue en amont qu'un élève souffre de difficultés cardiaques ? Est-ce qu'il y a une procédure qui est prévenue, une procédure particulière ?

2:04
Invité

Pas forcément l'équipe, mais il y a une procédure dans l'établissement. Les élèves qui souffrent de pathologies graves, si la famille le signale, il y a contact avec le médecin traitant. Et il y a un protocole mis en place avec l'établissement.

2:13
Présentateur

Y compris pour les épreuves du bac, par exemple, comme c'était le cas, dans son lycée.

2:17
Invité

Elles-ci, elles sont dans son lycée, donc c'est la même chose que tous les jours dans l'établissement. Mais ça marche, ça, et c'est plutôt une bonne chose, ces protocoles. Mais il faut évidemment, en face, qu'il y ait des personnels qui soient sur place, en permanence, ce qui n'est pas le cas dans la plupart des établissements.

2:32
Christine Buisson

Marie Buisson, 9e journée de mobilisation nationale à l'appel de l'intersyndicale. La première depuis l'adoption du projet de loi grâce au 49.3. C'est le baroud d'honneur des syndicats ?

2:42
Invité

Non, pas du tout. Ce sera une journée très, très forte de mobilisation. Ça, on en est convaincu. Vous l'avez vu comme nous, depuis le passage en force par le 49.3, il y a de la colère. Cette colère, aujourd'hui, elle va s'exprimer à travers les mobilisations, les manifestations, mais aussi à travers la grève, comme on y appelle depuis maintenant plusieurs semaines.

3:03
Christine Buisson

Essayons de voir ce qui peut se passer dans les prochains jours. Si le Conseil constitutionnel valide le texte, valide la réforme, vous vous arrêtez ?

3:11
Invité

Non, on va continuer, nous, à se mobiliser parce que ce qu'on refuse, c'est cette réforme qui oblige tout le monde à bosser deux ans de plus. Et c'est ce qu'on refuse depuis le départ avec l'ensemble de l'intersyndicale. Mais évidemment, sur les actions, la manière dont on va les faire, ça va dépendre aussi de nos discussions avec l'intersyndicale.

3:27
Présentateur

C'est-à-dire peut-être des actions plus dures ?

3:30
Invité

Je ne sais pas. Plus dure, c'est difficile à dire. Nous, on appelle quand même à la grève partout.

3:34
Présentateur

Est-ce que l'objectif, c'est de bloquer le pays ?

3:36
Invité

L'objectif, c'est qu'il y ait un maximum de gens qui s'arrêtent de travailler. Parce que vous voyez bien la colère énorme qu'il y a. Si la colère, elle s'exprime par la grève collectivement, ça permet d'obliger à aller à la négociation. Et c'est le meilleur moyen de gagner sur ce qu'on demande. C'est-à-dire d'amplifier le rapport de force. Mais rapport de force dans le sens où on oblige de manière économique à écouter. Parce que sans les gens qui travaillent, l'économie marche moins bien. Contrairement à ce qu'on a l'air de croire un certain nombre de ministres.

4:04
Christine Buisson

Sauf que vous voyez bien que c'est de plus en plus difficile de faire grève. Parce qu'un jour de grève, c'est de l'argent en moins. Est-ce que vous avez constitué une caisse de grève suffisante ? Combien de temps elle peut vous permettre de continuer cette caisse de grève ?

4:17
Invité

Alors la caisse de grève, vous savez bien, c'est pour indemniser et aider. Mais ça ne remplace pas le salaire. C'est toujours en dessous du salaire. Donc c'est un gros effort. Et c'est pour ça que les salariés réfléchissent bien avant de se mettre en grève. Pourtant, il y a des centaines de milliers à le faire. Encore hier, j'ai eu des camarades de l'Aveyron qui me disaient que dans des entreprises qui n'ont jamais été en grève, une entreprise Molénabois à Aubin, un Ehpad à Villeneuve, etc. Il va y avoir des grèves pour la première fois depuis 15 ans, 20 ans. Donc tous ces gens-là, malgré l'inflation...

4:49
Présentateur

Y compris dans le privé où ça n'a pas pris pour l'instant ?

4:51
Invité

Mais ça, je ne crois pas que ce soit vrai que ça n'est pas pris dans le privé. Dans le public, on a les chiffres remontés par les ministères. Dans le privé, ils font un recensement entreprise par entreprise. Et dans un moment où...

5:01
Présentateur

Mais vous, vous ne le faites pas ce recensement ?

5:03
Invité

On le fait, mais là où on est... Donc on n'est pas partout, malheureusement, en visaïette, mais on n'y est pas partout. Mais il y a des chiffres forts de grèves dans les entreprises. Alors parfois, c'est une heure de grève, deux heures de grève, une heure de grève à prise de service ou en fin de service, au changement d'équipe. Elles sont moins visibles que ces grosses grèves qui impactent très directement notre vie quotidienne, mais elles sont très présentes.

5:24
Christine Buisson

Vous dites on continue, on va continuer la mobilisation, mais jusqu'où ? Vous souhaitez encore le retrait du texte ? Hier, on a vu un président de la République déterminer droit dans ses bottes. Vous y croyez encore ?

5:33
Invité

On croit à notre capacité collective et à notre détermination à faire retirer cette loi. On y croit vraiment. On est convaincus qu'on peut obtenir le retrait de cette loi parce qu'elle est tellement injuste, tellement injustifiée. Le gouvernement est incapable aujourd'hui de l'expliquer de manière audible, intelligible, compréhensible par tout le monde. et la seule chose qu'on comprend, c'est qu'il nous demande de bosser deux ans de plus et il nous demande à ceux qui travaillent de faire encore une fois la totalité des efforts. Et ça, c'est hors de question.

6:04
Présentateur

Marie Buisson, depuis le 49.3, depuis une semaine, on assiste à des manifestations spontanées qui dégénèrent parfois la nuit. Emmanuel Macron a dénoncé hier les factieux et les factions. Est-ce qu'il a eu raison de faire cette mise au point ?

6:16
Invité

Sur Emmanuel Macron hier, j'essaie de vous dire ça. Sur ce point, c'est inadmissible la manière dont il s'exprime, y compris là-dessus. Comparer ce qui se passe en France en ce moment avec les mobilisations à la prise du Capitole par les soutiens de Trump. Mais on rêve, on rêve. Il y a des jeunes, ce sont les jeunes qui se mobilisent ce soir. Les jeunes, depuis le vote du 49.3, de manière spontanée, ils sortent dans les rues parce qu'ils sont sensibles à la question des retraites, mais aussi à la question de la démocratie.

6:44
Présentateur

Avec parfois, vous l'avez vu aussi, des dégradations, des incendies, 17 députés menacés depuis dimanche, 300 policiers blessés depuis le début de la contestation.

6:51
Invité

Il y a des dégradations. Nous, ce n'est vraiment pas ce qu'on demande, ce qu'on porte.

6:56
Présentateur

Que vous condamnez très fermement.

6:58
Invité

Le terme de condamnation est toujours gênant. En tout cas, nous... Pourquoi c'est gênant ? Parce que moi, je ne suis pas juge, je ne condamne personne. Par contre, ce n'est pas ce que nous, on demande. Nous, on demande des manifestations. Mais il y a cette colère-là, réduire cette colère-là à un bris de mobilier. Et par contre, la violence, on voit d'où elle vient aussi. Parce que moi, j'ai entendu, et ce n'est pas la CGT qui le dit, c'est la défenseur des droits, c'est la Ligue des droits de l'homme, c'est même l'ONU qui l'a dit, qu'il y avait des abus dans le maintien de l'ordre.

Quand on arrête les jeunes, qu'on les met en garde à vue sans raison, pour les empêcher de manifester, excusez-moi, mais on ne peut pas accuser la rue de violence sans regarder aussi la violence et démocratique et physique qui est exercée sur cette jeunesse en ce moment.

7:39
Présentateur

On va parler dans un instant d'une des annonces faites par Emmanuel Macron hier qui concerne les entreprises qui font de gros bénéfices. Mais d'abord, le fil info à 8h45 avec Sophie Echène. Neuvième journée de mobilisation contre la réforme des retraites et plus de 300 rassemblements prévus dans toute la France aujourd'hui. À Toulouse, Rouen, La Rochelle, Strasbourg, le cortège parisien partira de la place de la Bastille à 14h. 12 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur tout le territoire. Manifestations et grèves aussi dans les transports, notamment comptés 1 TGV sur 2 et 1 TER sur 3 en moyenne aujourd'hui. À la RATP, la quasi-totalité des lignes de métro sont impactées.

Et puis dans les aéroports, 30% de vols annulés à Paris-Orly, 20% à Lyon, Marseille-Provence et Toulouse. Ce coup de pouce du gouvernement aux Français qui utilisent leurs voitures personnelles dans le cadre de leur travail avec une revalorisation du barème de l'indemnité kilométrique de plus de 5%. Cela concerne 2 millions de foyers. Et puis 6 étudiantes en journalisme portent plainte. Toutes pensent avoir été droguées lors d'une soirée inter-école à Lille. C'était le week-end dernier à l'issue d'un tournoi de football. La soirée était privée. Seuls les étudiants des différentes écoles de journalisme pouvaient y participer. France Info Le 8.30 France Info Salia Brachia, Marc Fauvel

8:56
Christine Buisson

On est toujours avec Marie Buisson, secrétaire générale de la CGT Éducation et candidate à la succession de Philippe Martinez à la tête du syndicat. C'est une annonce faite par le Président hier, la mise en place d'une contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises qui font des bénéfices records. Elle serait réservée aux entreprises de plus de 5000 salariés qui profitent de leurs bénéfices pour racheter des actions, pour faire remonter leurs cours en bourse. Est-ce que c'est une mesure de justice sociale ? Ce qu'a annoncé le Président ?

9:19
Invité

Non, c'est une mesure... D'abord, moi j'avais compris que le ministre de l'économie disait qu'il n'y avait pas de super profit, qu'il n'y avait aucun problème. Donc ça c'est une grande nouvelle, oui, visiblement il avait mal compris. Donc le problème, on a 142 milliards de bénéfices des entreprises du CAC 40 en 2022. Alors cette mesurette qui vise à donner des primes, tant mieux, mais le problème central c'est pas ça.

9:44
Présentateur

Doubler le montant de la participation, de l'intéressement dans ces entreprises, c'est pas bon à prendre ?

9:48
Invité

Tout est bon à prendre, vu l'état dans lequel... Mais ce qui est incroyable, il parle hier d'un problème de pouvoir d'achat, ou je ne sais plus comment il le formule. Il ne prononce pas le mot de salaire. Qu'est-ce qu'attendent les Français aujourd'hui des augmentations de salaire ? Parce que la seule chose qui n'augmente pas c'est les salaires, les prix augmentent.

10:06
Christine Buisson

Il a parlé des minima sociaux dans certaines branches.

10:08
Invité

Ah oui, ça fait... On lui a écrit il y a plus d'un an, un an et demi pour dire au gouvernement de faire l'automaticité. C'est l'automaticité d'une mesure... Je croyais que c'était interdit de payer les gens en dessous du SMIC. Et ils laissent faire, et là, ils renvoient à des négociations de branches.

10:23
Présentateur

Personne n'est payé aujourd'hui en dessous du SMIC. Les barèmes sont augmentés dans les entreprises. On ne peut pas gagner moins que le SMIC aujourd'hui.

10:29
Invité

Oui, mais quand même, c'est incroyable qu'ils aient des grilles, parce que vous voyez bien ce que ça fait. Ça fait du tassement de grilles derrière. C'est-à-dire qu'on reste très longtemps à l'échelon minimum qui correspond au SMIC. C'est quand même inacceptable. Et puis, franchement, il y a un problème de répartition des richesses. Il y a 142 milliards de bénéfices des entreprises du CAC 40. Il faut qu'une partie de cette richesse, elle aille au salaire, et pas en prime, pas en choses ponctuelles, en salaire.

10:52
Présentateur

Il y a eu justement, Marie Buisson, une discussion, une négociation qui a abouti récemment entre le patronat et l'ensemble des syndicats, sauf la CGT, qui n'a pas signé le texte, sur le partage de la valeur, qui prévoit d'étendre la participation et l'intéressement à toutes les entreprises de plus de 11 salariés. Pourquoi vous n'en voulez pas non plus ? Parce que ce n'est pas du salaire.

11:11
Invité

Exactement. On veut du salaire. Évidemment, si les salariés y prennent, parce qu'ils ont besoin d'argent, 50% d'augmentation des prix sur l'huile, sur le sucre. Évidemment, tout est bon à prendre pour vivre, essayer de vivre et boucler ce fin de mois, faire les cours. Mais vous dites qu'à la fois tout est bon à prendre,

11:30
Présentateur

mais on ne signera pas ce texte.

11:31
Invité

Ah non, on ne signe pas. Comment voulez-vous discuter du partage de la valeur ajoutée sans parler des salaires ? C'est inacceptable. C'est inacceptable. Les gens travaillent. Aujourd'hui, vous avez une partie des gens qui travaillent, qui n'arrivent pas à vivre dignement de leur travail, dans une des plus grandes puissances mondiales. Comment voulez-vous que nous, on valide ce genre de choses ? Il faut répartir autrement les richesses. Il faut arrêter de donner 150 milliards d'aides publiques tous les ans en exonération de charges sociales. Ce n'est pas possible de faire ça.

12:00
Christine Buisson

Marc Bisson, hier, Emmanuel Macron a esquissé quelques points qui devraient être dans la prochaine loi travail. Est-ce que vous êtes prêts à revenir autour de la table pour discuter ? Là, aujourd'hui, comme ça, maintenant, on n'a pas du tout envie d'aller...

12:11
Invité

Pas ici aujourd'hui, mais dans quelques semaines. Demain. Demain, pas sûr. Ce qui est sûr, c'est qu'on en discutera. On en discutera, mais on n'ira pas comme ça, s'asseoir autour d'une table avec des gens qui se moquent de nous. Parce qu'hier, le président de la République, il s'est moqué de nous. Il a marché sur les organisations syndicales et par là, sur l'ensemble des Français qui se mobilisent avec leurs organisations syndicales.

12:35
Christine Buisson

Mais alors, à quelles conditions vous asseyez autour de la table ?

12:38
Invité

Des négociations salariales sur l'augmentation générale des salaires, la fin du dogme sur l'allongement de la durée du travail à 64 ans et les moyens de financer autrement la retraite solidaire pour toutes et tous ?

12:49
Présentateur

C'est-à-dire, si Emmanuel Macron ne revient pas sur sa réforme des retraites, ce sera politique de la chaise vide jusqu'à la fin du quinquennat ?

12:55
Invité

Je ne m'engage pas là-dessus. D'abord, parce qu'il faut qu'on en discute collectivement. Je pense aussi qu'il faut qu'on en discute avec les autres organisations syndicales. Parce qu'on a vu là que c'était une force aussi d'être capable de se mettre d'accord sur quelques points qu'on pouvait porter ensemble. Mais là, tout de suite, vu ce que nous disent les ministres et le président, effectivement, ça ne donne pas du tout envie d'aller discuter. En plus, les discussions, vous avez vu ce qu'ils appellent des concertations et vous avez vu comment ils les utilisent derrière pour essayer de faire croire que les syndicats seraient irresponsables, qu'ils n'auraient fait aucune proposition.

13:24
Christine Buisson

Mais ça veut dire que si demain, Emmanuel Macron invite la CGT, la CFDT, Philippe Martinez, Laurent Berger à l'Elysée... Ou vous, si vous lui succédez. Ou vous, si vous lui succédez, vous n'y allez pas ?

13:34
Invité

Ah ben ça, peut-être, on en a fait une lettre pour demander à être reçu avec l'ensemble de l'intersyndicale. S'il décide tout à coup qu'il s'est trompé. Mais visiblement, en ce moment, il a du mal à penser qu'il s'est trompé. Donc, je ne pense pas qu'il va revenir là-dessus. Puis après, il faudra une négociation. On sait au départ ce qu'il va y avoir sur la table de négociation. On y va pour porter nos revendications. Si on pense que c'est pour discuter deux heures avec des ministres et puis que ça ne change rien et qu'on ressort et que c'est tout, ben non, on a d'autres choses à faire.

14:00
Christine Buisson

Un point auquel a fait référence le président de la République hier, il a parlé des allocataires du RSA. Il faudra qu'ils soient inscrits à Pôle emploi et auraient l'obligation de suivre une formation. Sinon, il y aurait des sanctions. Ça, c'est une précision d'Olivier Dussopt qui nous avait dit lorsqu'il était l'invité du 8-30. Vous en pensez quoi de cette obligation de suivre une formation pour pouvoir être allocataire du RSA ?

14:26
Invité

Je pense que le truc qui était hyper urgent à faire maintenant, c'est de proposer des sanctions pour les allocataires du RSA. Vous imaginez, le RSA, avec ce qu'on a dit sur l'inflation, des plus de 15% et encore 10% sur l'alimentaire, les gens qui sont au RSA, de quelle manière ils vivent ? Et le truc que propose le gouvernement, c'est des sanctions, alors que la formation, c'est un droit. On leur doit la formation.

14:48
Présentateur

Donc, sur l'aspect formation, vous dites, oui, il faut que les allocataires du RSA puissent bénéficier encore plus nombreux de formations pour tenter de retrouver un travail.

14:56
Invité

Oui, mais des vraies formations, pas des trucs en ligne, à distance, non qualifiantes. Il faut des formations. Et ça doit être une obligation ? Choisis, discutés. Mais c'est évidemment que si vous proposez une formation payée aux allocataires du RSA, ils vont la prendre. Mais dans quel monde en vit ? Si vous leur proposez un travail, ils vont le prendre. C'est d'ailleurs ce qui se passe. M. Macron dit que les chiffres du chômage, ils baissent. En fait, en réalité, il oblige les gens à prendre n'importe quel travail parce qu'ils se retrouvent sans droit. Il a baissé les indemnités et baissé la durée. Et donc, évidemment, les gens, ils prennent.

Et donc, ce qui montre, c'est le chiffre de gens qui ont du chômage en complément d'une activité partielle parce qu'ils prennent n'importe quoi, y compris 10 heures par semaine, 20 heures par mois pour essayer de survivre. Et donc, comment on peut comprendre que ce gouvernement s'attaque à ces gens-là en priorité, allocataires du chômage, allocataires du RSA, alors qu'on a des bénéfices records dans les entreprises et que les actionnaires touchent des dividendes records ? C'est incompréhensible.

15:54
Présentateur

Marie Buisson, la loi sur l'immigration devait arriver dans quelques jours au Sénat. Elle va finalement être découpée en plusieurs petits morceaux et examinée de ci, de là. Cette loi devait permettre notamment d'accorder des cartes de séjour aux sans-papiers qui travaillent dans des métiers en tension. On pense à la restauration notamment ou encore au bâtiment. Est-ce que vous souhaitez que cette mesure en particulier soit maintenue et appliquée ?

16:15
Invité

Nous, ce qu'on pense, c'est que toute personne qui travaille doit avoir immédiatement tous les droits attachés au fait de travailler, de cotiser dans ce pays. On se bat depuis plusieurs années auprès des travailleurs sans-papiers pour leur obtenir ces droits parce que leurs conditions de vie sont inacceptables.

16:31
Présentateur

Donc oui, sur cette mesure en particulier, elle aura le soutien de la CGT ou pas ?

16:34
Invité

On a un problème sur la question des métiers en tension. Les métiers en tension, c'est mouvant. Ça veut dire qu'est-ce qui se passe quand le métier est plus en tension ? Les gens repartent alors qu'ils ont construit leur vie ici ? Comment ça se passe tout ça ? Nous, on n'est pas là-dessus. On est sur des droits liés au travail. Et après, découper en petits morceaux, franchement, ça fait penser à ce qui s'est passé hier, ce qu'on nous prend pour des imbéciles. Si la loi ne change pas sur le fond, la mettre en petits paquets alors qu'on met les mêmes choses dedans, c'est majaque.

17:02
Présentateur

Vous vous dites qu'il faudrait des papiers pour tout le monde, mais est-ce qu'au moins en accorder à ces sans-papiers-là qui, du coup, n'ont pas toujours le pouvoir de dire à leurs employeurs ce qu'ils pensent vraiment ? Ce n'est pas un droit supplémentaire, au moins pour eux ?

17:16
Invité

Bien sûr que si. On est pragmatique. On prendra tout ce qui permet que les gens qui travaillent aient des papiers et les droits afférents d'avoir des papiers. mais on ne signera pas des textes qui mettent des limites à quelqu'un qui travaille. Les métiers en tension, c'est un truc qui bouge sans arrêt et qui bouge de manière assez rapide, etc. Il faudrait les actualiser, c'est ce que vous dites ? Même, en fait, selon les endroits, selon les lieux, il y a besoin de travailleurs aujourd'hui en France pour faire ce travail et puis surtout, il y a des gens qui ne font pas le choix de devoir quitter leur pays, leur famille, pour venir vivre ici.

Ils ont le droit au travail et avec ce travail, ils ont le droit à tous les droits qui s'y rattachent.

17:55
Présentateur

Un mot avant de parler de la succession de Philippe Martinez. Dans un instant, le roi d'Angleterre, Charles III, arrive en France dimanche. Il doit y passer plusieurs jours avec un dîner prévu à Versailles avec Emmanuel Macron. Il doit ensuite se rendre à Bordeaux. Est-ce que vous dites, comme Olivier Besancenot, il faut, je cite, une bonne vieille grève générale pour l'accueillir ?

18:11
Invité

C'est le sens de l'accueil français.

18:15
Présentateur

C'est-à-dire à la grève générale ?

18:17
Invité

À la grève générale, nous, on appelle à la grève reconductible et on appelle à développer les grèves reconductibles. Après, le roi d'Angleterre, je ne suis pas sûre qu'il influence beaucoup les choix d'Emmanuel Macron sur les questions de retraite en France. Non. Donc, l'agenda présidentiel est en ce qu'il y a. Je dirais que ce n'est pas la priorité du gouvernement.

18:32
Présentateur

Est-ce que c'est que son séjour puisse se dérouler comme prévu ou qu'il soit bloqué, qu'il ne puisse pas, par exemple ?

18:39
Invité

Il doit prendre le train à Paris-Bordeaux. Est-ce qu'il pourra monter à bord ? Il y a peu de chance et il manque quand même pas mal de trains. Donc, ce que j'espère, c'est qu'on ne privilégiera pas le roi d'Angleterre à la place d'autres gens qui souhaiteraient voyager pour d'autres raisons. Mais alors, franchement, à vrai dire, je pense que la visite du roi d'Angleterre en France... C'est la huitième roue du carrosse pour vous. Voilà, merci beaucoup.

19:02
Présentateur

Je voulais souffler. La succession Philippe Martinez.

19:06
Christine Buisson

Oui, il souhaite que ce soit vous qui lui succédez à la tête de la CGT. Le Congrès, c'est la semaine prochaine. Est-ce que ça fait de vous, ça protégeait ? Ou alors, c'est carrément juste de l'autoritarisme de Philippe Martinez ?

19:16
Invité

Non, non. Contrairement à ce qui peut parfois circuler, il n'y a pas d'autoritarisme. En fait, c'est une proposition du secrétaire général. Ça se passe comme ça, à la fois à la CGT nationalement et dans toutes nos organisations. Mais ensuite, il y a eu un débat et un vote de notre direction collective qui a validé à grande majorité cette proposition. Vous comprenez bien qu'une organisation de plus de 600 000 adhérents, on n'en prend pas la direction en une journée comme ça parce que le 3 avril, tout le monde aura besoin que la CGT soit présente, puisse répondre à certaines sollicitations.

19:44
Christine Buisson

Certains disent que vous êtes trop molle, qu'ils vous reprochent aussi d'avoir travaillé au sein d'un collectif qui réunit Greenpeace, notamment sur la sortie du nucléaire. Est-ce que ça fait de vous une anti-nucléaire dans un syndicat qui a défendu l'atome depuis le début ?

20:00
Invité

Eh non, moi je suis porte-parole de la CGT, je porte les positions de la CGT qui sont pour le mix énergétique, avec évidemment du nucléaire et des énergies renouvelables.

20:09
Présentateur

Avec construction de nouvelles centrales par exemple ou pas ?

20:11
Invité

Bien sûr, si nécessaire, mais ce qui est sûr, c'est que, moi j'entends les reproches sur l'environnement, ce qui est sûr, c'est que la question environnementale aujourd'hui, elle est centrale, elle est centrale pour tout le monde. Il y a eu des incendies incroyables cet été. Cet hiver, on est en sécheresse hivernale au mois de février. Penser que tout ça n'est pas en rapport avec le travail, la manière dont on produit, dont on travaille dans ce pays, c'est une bêtise, c'est évidemment central.

20:39
Présentateur

Mais pour revenir à ce que vous dites, le nucléaire, pour vous, aux côtés des énergies renouvelables, fait partie de la solution.

20:44
Invité

Oui, aujourd'hui ça fait partie de la solution.

20:46
Présentateur

C'est-à-dire que vous restez dans la ligne de la CGT ?

20:49
Invité

Bien évidemment.

20:50
Présentateur

Vous n'êtes pas dans la ligne de Greenpeace avec qui vous travaillez depuis des années.

20:52
Invité

Mais vous savez qu'on travaille en ce moment beaucoup avec la CFDT, pour autant on garde pas mal de différences avec eux, mais on est d'accord pour se battre ensemble sur des questions de justice sociale pour le monde du travail.

21:01
Présentateur

Merci Marie Buisson et bonne journée à vous.