La guerre au Moyen-Orient racontée par nos reporters sur place
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On se rend compte que d'un coup les gens paniquent. Est-ce que j'y vais ? Est-ce que j'y vais pas ?
Il y a eu beaucoup d'al 10 jours, on en a eu 86 à Tel Aviv. Il a des gens aussi qui ont pas le droit de dire qu'on a peur parce qu'on est dans des régimes. On essaie de vous faire croire que tout va bien et tout est tout est contrôlé quoi.
Bonjour et bienvenue dans Retour de Mission depuis le 28 février 2026 et les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, nos reporters sont déployés sur l'ensemble du Moyen-Orient à ADOA, Tel Aviv, Beou, Taifa ou encore Herbil en Irak. leur mission, c'est nous raconter la guerre et c'est nombreux à côté. Mais alors, comment travaillent-ils au quotidien dans ces zones sous tension ?
À quoi ressemble leur journée dans Retour de Mission ? Je vous propose de de prendre le temps de discuter avec nos nos reporters qui ont passé plusieurs jours sur le terrain. Certains pour la la première fois, d'autres pour la 5e, 6e, 7e ou ou 8e fois.
Vous allez aussi découvrir des des images qui n'ont jamais été diffusées à l'antenne. Vous verrez par exemple ce qu'il se passe entre les directs, comment se préparent les reportages et et comment se passe la vie sur place entre les différentes alertes, entre les les mises à l'abri. Un épisode que vous regardez sur la chaîne YouTube de BFM TV que vous pouvez aussi écouter en en podcast sur toutes les plateformes de streaming.
Et pour m'accompagner, je suis très content de vous voir en vrai pour pour une fois. D'habitude, on vous voit à la télé ou derrière la caméra et là vous êtes avec moi en studio Jeanne Dodé tout d'abord. Bonjour Jeanne, bonjour.
Je, tu étais au Liban à Beyouth avec Benjamin Danon. On va y revenir dans dans un instant. Philippine David également.
On a moins l'habitude de te voir parce que toi tu es J donc tu es derrière la caméra. Tu étais à T la vive en Israël avec Igor Saieri et puis euh Naoufel Al Kawafi qui était avec Valentin Rivolier à DOA au 14. Bonjour.
Salut. Euh tout d'abord ma première question c'est comment vous avez réussi à vous retrouver sur un terrain de guerre ? Comment vous êtes allé sur place ?
Je voulais démarrer avec toi Nafel parce que toi tu es même pas parti de France, c'est-à-dire que tu étais encore en mission ailleurs en Europe et tu as dû faire tout un périple pour te rendre à Doua. C'est ça. En gros, nous on était au Danemark pour un tout autre un tout autre sujet.
On était sur le Charles de Gaulle, donc il y avait le ministre des affaires étrangères qui était qui était sur place et on je me souviens très bien, il était 7h 7h05, on était pr on était on était positionné pour passer en direct et il y a le mail de de d'Igor et Philippine où on nous explique qu'il y a une alerte et que tout va s'enchaîner. Donc possiblement des attaques et des et des frappes israéliennes en Iran. Et là, on comprend assez rapidement que ça y est, l'édition spéciale commence et et se poursuit.
Et donc moi, je mon duplexe est annulé dans la dans la seconde. Donc j'envoie un message à la redac pour savoir qu'est-ce qu'on fait. Donc on m'explique bah qu'on tout est en standby.
On prenait la route vers l'aéroport et on voit donc on arrive à l'aéroport premier dans un premier temps, on me dit bah tu vas peut-être partir à Washington. Finalement non. Finalement on te dit peut-être que du coup tu vas aller au Moyen-Orient.
Enfin, on est on est dans un flou quand l'édition spéciale commence parce que du coup, il y a ce qui se passe à l'antenne, ce qui se passe en coulisse, tu as des équipes qui sont déjà présentes, tu as celle qu'on essaie d'envoyer et celle qu'on essaie d'envoyer bah c'est très compliqué, l'espace aérien est fermé, la guerre a commencé, donc c'est un peu le brouis, on essaie tu es sur une carte, par quel moyen partir, où partir et donc assez rapidement donc on me dit bah tu vas partir d'abord dans un premier temps en Turquie. Donc on rentre en France, on repart le lendemain en Turquie. L'idée c'était de se rapprocher le plus rapidement possible de la frontière avec l'Iran parce qu'à ce moment-là, on sait pas ce qui va se passer.
On est dans un vraiment dans un flou. On se dit bah le régime peut sauter ou pas ? Est-ce que du coup il y aura plein de gens qui vont essayer de fuir de fuir leur pays ?
On est resté du coup 3 jours là-bas. Mais assez rapidement, on s'est rendu compte qu'il y avait très peu de gens qui fuyaient le le pays parce que c'était des Iraniens qui étaient terrorisés et qui restaient pour la plupart la plupart chez eux quand ils ont connu les manifestations en janvier dernier. Certains se sont dit bah vaut mieux rester chez soi plutôt que tenter de fuir le pays et ont eu très peur.
Et donc au bout du 3e jour, bah l'idée c'était de partir au Qatar à DOA. Effectivement, bah la route très compliquée, on a dû reprendre un vol pour Istanbul. Arrivé à Istanbul, on savait pas encore à ce moment-là qu'on partait à DOA parce que plusieurs hypothèses.
Au début, l'idée c'était de partir aux Émirats arabes unis, en l'occurrence Dubaï, sauf que du coup, on avait pas d'autorisation de tournage, donc très compliqué et on prenait le risque d'y aller sans et euh de se faire arrêter et donc de pas pouvoir travailler. Même chose pour pour Oman. Et donc assez rapidement, comme on avait une autre équipe qui était présente depuis depuis quelques jours à Doa, l'idée c'était de la rejoindre pour la relever.
Donc il a fallu, comme l'espace aérien au Qatar est fermé, qu'on passe euh par l'Arabie Saoudite. Donc on a pris un vol direct jusqu'à Riyad. Euh et le lendemain bah trois trois véhicules différents pour passer euh pour passer la frontière.
Donc un long péripouvoir être en place, quoi. Mais c'est intéressant parce qu'on l'imagine pas forcément quand on vous voit à l'antenne avec le micro, vous êtes en ville, on a l'impression que vous êtes arrivé comme ça assez facilement et en fait il y a tout un tout un périple derrière. Jeune, toi c'est pareil.
Tu t'es retrouvé au Liban et c'était absolument pas prévu. Ah non, c'était absolument pas prévu. Euh nous, enfin moi on m'appelle le samedi, je suis en train de rentrer de vacances donc je suis en famille dans une gare en France.
Je suis en train de me demander un peu ce qui se passe. Puis en même temps, j'ai les yeux rivés sur le téléphone depuis des heures comme je pense à peu près tous les journalistes qui même s'il travaillent pas, se rendent bien compte qu'il se passe un truc de fou. H euh et moi mon chef m'appelle en me proposant à la base de partir aux Émirats Arabes Unis parce que j'y étais allée un mois avant pour suivre les négociations dans le D3 d'Ormous et que connaissant le pays, il m'a il m'a proposé ça.
Donc je dis "OK, je rentre en je rentre à Paris très vite le samedi soir, le lendemain formation sécurité que je fais avec Naoufel pour qu'on fait à chaque fois pour se remettre les gestes de base en tête et on prend la direction avec Benjamin Nan d'abord d'Istanbul parce qu'on se rend compte qu'il y a pas de vol pour les Émirats arabes uniques comme on avait fait la première fois. l'espace aérien est fermé et arrivé à Istanbul, on passe une nuit, la nuit du dimanche au lundi, euh on dort à Istanbul et on arrive et pour le coup, on a passé une journée entière à l'aéroport où au départ, on se dit "Est-ce qu'on passe par Omane ? On prend la route et on va aux Émirbunie, on se rend compte que c'est compliqué, que les autorités auises sont extrêmement frileuses à l'idée de nous faire intégrer le pays, qu'en plus de traverser la frontière, comment on y va ?
Les voitures de location veulent pas qu'on traverse, les bus sont arrêtés, enfin, on se rend compte que le périple est compliqué. Donc pareil, on essaie de trouver des solutions avec la rédaction. Eux nous disent qu'est-ce que vous voyez de possible ?
Enfin voilà. Et puis en fait le lundi matin dans la nuit du enfin très rapidement le le Liban était pareil rentré en guerre parce que le esbola avait avait frappé Israël et Israël avait reposté. Donc le Liban devient une destination où il faut aller très rapidement pour raconter ce qui se passe.
Et nous on voit sur le tableau d'affichage un vol pour Beou et vous êtes et là on est à Istanbul et donc on se on dit à la redac bon bah nous on voit un vol pour Beyouth et il y avait déjà une équipe qui partait de Paris mais on ait jamais trop de deux pour couvrir une journée entière et un territoire aussi vaste et donc le vol est complet. Le vol est dans 4 heur mais il est complet. Et les autorités là-bas nous disent bah en fait il faut attendre le dernier moment.
S'il y a des gens qui se présentent pas vous rentrez. Et donc là commence une attente assez interminable. Enfin, d'abord on nous propose ça.
Moi je dis "OK, est-ce que j'y vais ? Est-ce que j'y vais pas ?" Parce qu'on faut vraiment reformater un peu son cerveau.
Je prends 10 minutes, je dis "OK, on y va." Et donc on attend des heures et des heures et au dernier moment, on nous dit "OK banco, on jette littéralement nos bagages et nous disent "Courz, le vol va fermer et on court dans l'aéroport d'Istan." Il y a un côté absurde.
On court dans l'aéroport d'Istanbul pour foncer à Beyrout, quoi. Et on arrive le lundi soir à Beyrout. Sachant que Beyou il était déjà allé euh pour couvrir la venue du pape, je crois.
Ah oui, l'ambiance à l'arrivée n'est pas du tout la même. Ou imagine, ouais, quand tu arrives à l'aéroport, comment comment ça se passe déjà ? Tu arrives de jour ou de de nuit à Beyroute ?
Non, on arrive de nuit, on arrive très tard le soir et on doit attendre pendant 1h et3 à l'aéroport l'autre équipe parce que la route étant compliquée entre l'aéroport et l'hôtel parce qu'on passe par les quartiers sud qui sont bombardés, la décision avait été prise notamment par la rédaction de on s'attend tous et on part tous ensemble. Il y avait aussi une équipe d'MC qui arrivait très rapidement lorsqu'on arrive. Donc il fait nuit, on a des questions de la part des autorités, on nous check nos bagages.
Enfin, ça pour le coup, c'est assez classique notamment quand on arrive sur un terrain de guerre. Et là, on entend des tirs en l'air très rapidement quand on arrive dans le hall. Donc bah, ça surprend et on nous dit "Soyez pas surpris, il va y avoir un bombardement d'ici 15 20 minutes à côté de l'aéroport." Et on dit ça très calmement, très Ah oui, oui.
Enfin, on nous avertit, ils avertissent un peu tous ceux qui sont dans le hall. Donc tout le monde quand même se regarde, il y a un petit moment de flottement et effectivement très rapidement on entend un bombardement parce qu'un un bâtiment avait été ciblé par l'armée israélienne. Ils avaient indiqué qu'ils allaient frapper à cet endroit-là et ça se trouvait pas loin de l'aéroport et on entend très nettement le bombardement et c'est vrai que comme première impression lorsqu'on arrive dans le pays de on est vraiment direct plongé dans l'actualité quoi.
Et l'aéroport est pas très loin en plus de la banlieue sud. Bah il est collé à la banlieue sud pour le coup. Il appartient vraiment à la banlie sud et c'est ça qui est assez fou c'est que cet aéroport continue à fonctionner.
C'est le seul aéroport qui continue à fonctionner dans la région. C'est un des rares. Euh et il y a une compagnie qui continue à faire ses rotation, c'est la compagnie libanaise qui euh coûte que coûte continue à voler et te dire que tu as pu atterrir dans ces conditions là aussi.
C'est c'est vrai que sur le coup quand on arrive, il y a un petit moment de il y a une espèce de sentiment un peu étrange. On regarde quand même par le hublot. Ouais.
On se pose on se pose un peu des questions, on se dit comment ça va se passer l'arrivée ? Forcément, il y a un petit côté après, il y a aucun avion qui a été victime d'un bombardement, mais sur le moment, c'est vrai qu'on regarde, on est curieux, on regarde et tout de suite on essaie de capter des images. Après, je pense c'est une déformation professionnelle, mais est-ce qu'on voit les bombardements depuis l'avion ?
Est-ce que c'est la première chose qu'on voit en arrivant ou pas ? Et pour le coup, c'est la première chose qu'on a entendu nous. Et toi, Philippine, tu étais déjà à Telévivive depuis quelques jours.
Comment vous l'avez vécu ce 28 ce 28 février ? Ça fait déjà une semaine qu'on était sur place dans Tela Aviv. Donc tous les jours, on faisait quand même quelques duplexes pour parler des des des tensions qui étaient quand même évidentes, mais il y avait plein de questions encore en suspend.
Chaque chaque soir, on se disait "Est-ce que c'est cette nuit ?" Euh on savait pas, mais on était préparé en tout cas à être réveillé dans la nuit, quoi qu'il arrive et d'être opérationnel le plus rapidement possible. Euh mais oui oui, en fait, je me souviens que le vendredi soir, on se dit on le sent quand même pour ce weekend, on l'a senti.
Et donc du coup, quand on se couche le vendredi soir et que à 7h nous nous il était 8h 7h heure française, 8h heure locale euh 8h15 je crois exactement 8h15 presque l'alarme j'étais pas surprise. Mon cerveau s'y attendait. Ouais.
Tu étais préparé, tu étais conditionné à ça un petit peu. Ouais. Ça faisait tous les soirs euh chaque soir mon matériel était prêt devant ma porte, ma caméra prête, le fil avec la vie ouest, la vie ouest qui nous permet de de retransmettre nos images en direct ou faire des duplexes en direct. euh mes chaussures euh et mon petit sac à dos quoi, ma bouteille d'eau euh prête à partir.
Tous les soirs c'était prêt. Et donc quand je suis réveillée à 8h par mon téléphone du coup qui sonne et l'alarme euh l'alarme, on a eu une pré préalerte sur notre téléphone donc ensuite euh il y a quelques minutes avant qu'il y ait l'alarme dans les airs. Euh mais donc oui et là je sors de ma chambre tout équipé, on se croise avec Igor et on dit "ça y est maintenant quoi." Et donc on descend à l'abri euh directement et et là ça suit une très longue journée avec euh la répose de l'Iran le soir.
On a des images que je voulais euh vous vous montrer. Ça c'est les images le soir il me semble. Euh vous vous retrouvez dans dans un abri.
Vous êtes dans un parking et quelques minutes après, vous allez sortir de ce parking et vous passez quasiment en direct tout de suite. C'est en plein cœur de Tel Aviv qu'un missile balistique iranien a atterri dans ce dans ce quartier. Il y a encore des lances à eau des pompiers israéliens qui sont en train de de travailler pour éteindre un incendie.
Donc là, pour bien comprendre, l'incendie, il a eu lieu juste à côté de de vous étiez là où était. Ouais. En fait, il faut savoir que c'était compliqué sur cette journée parce que donc la première alerte en fait, on on est on est à l'hôtel.
Ouais. Et donc on se met à l'abri, on sort de l'abri une vingtaine de minutes plus tard évidemment, on fait notre premier direct dans la rue. Euh enfin, j'étais déjà connecté, la caméra était déjà connectée à la vieest pour qu'on fasse le direct le plus rapidement possible et cetera.
On est on est en direct. Je crois qu'on arrête le duplexe. Il y a de nouveau une alarme.
Et en fait, je pense que il y a eu ça pendant à peu près 3 4 heur où on n pas nous av enchaîné les direct en fait sortir de l'hôtel, enfin sortir de la zone de notre hôtel. Donc au fur et à mesure de la journée, on essayait de s'écarter notre hôtel pour essayer d'aller euh questionner des Israéliens, essayer d'aller voir d'autres d'autres places. Et en fait le soir, on arrive il y a une acalmie, je pense, de peut-être 1 heure euh et on arrive à aller grâce à notre fixeur.
Donc le fixeur, c'est notre guide sur place, notre traducteur qui connaît très bien le pays, qui est israélien, euh qui nous dit "Écoutez, il y a il y a un spot à Telé Aviv, c'est un parking qui est extrêmement enfin qui est très bien connu à Telé Aviv, qui est très safe, sécurisé. Tous les Israéliens se retrouvent là-bas et et campent, mettre des matelas, mettre des sacs de couchage. Nous, on dit bah évidemment, on va aller là-bas, on va rencontrer du monde, on va pouvoir faire des interview, alimenter nos duplexes.
Et en effet, on arrive euh je crois qu'on fait un duplexe et il y a une alarme alors qu'on voulait sortir. Donc on décide de rester évidemment à l'intérieur. Et là, on en effet, on on sent on on entend le bombardement et on le sent même dans le parking.
C'était je crois qu'on était au moins 4 ou 5 quand même. Donc, on était quand même très bien abrité. Ouais.
Et donc on sort, notre fixeur euh vérifie très rapidement euh où est-ce que ça s'est passé et cetera et en fait on se rend compte que c'est à 5 minutes à pied de nous. Et donc là on court on court avec le matériel et en fait on comprend pas trop ce qui s'est passé. On a juste entendu un bruit, on sait où c'est tombé mais on sait pas ce qu'on va découvrir.
Donc euh donc ouais, on arrive et en fait euh et en fait oui euh le le missile était tombé dans la rue et donc a endommagé plusieurs bâtiments et notamment un bâtiment qui a pris feu et euh où il y a eu de nombreux blessés et une personne décédée. Ouais. Et dans ces moments-là, peut-être plus Jean ou ou Naoufel, il faut être prêt à passer à l'antenne en direct pouvoir faire état de la situation.
C'estàd qu'il faut déjà avoir une très bonne connaissance de la situation sur place, de la ville, du contexte et il faut pouvoir tenir comme ça parfois de de longues minutes. Comment comment on se prépare à ça ? On se prép Je pense qu'on se prépare pas.
En fait, je pense qu'on se prépare pas et on est conditionné et l'un et l'autre à enfin Philippine, elle est conditionnée à pouvoir d'un coup dégainer sa caméra et montrer tout de suite ce qu'il faut voir. Et moi, je trouve que ils ont une façon de J'ai même pas commencé à absorber des images que Philippine, elle en a déjà tourné 18. Enfin, ils ont une rapidité d'exécution qui est dingue et je pense que nous on en en tout cas moi c'est ma manière de travailler.
Je récupère un maximum dans ma tête d'imag de sensations. J'essaie de parler avec trois qu personnes et surtout je je me enfin je me fais confiance. C'est-à-dire que je raconte ce que je sais et ce que je sais pas.
Et je trouve que tout est une information. Je sais que c'est tombé. Je vois les choses.
Voilà ce que je vois. Voilà ce que je perçois. Voilà ce qu'on m'a dit.
Voilà ce qu'on sait pas. Et voilà pourquoi c'est potentiellement la panique sur place en fait. Et je pense que de se mettre parfois à hauteur de témoins et devenir plus témoin que journaliste euh c'est tout aussi important et que parfois vaut mieux se mettre à hauteur de témoins et ne pas aller trop loin dans les supputations.
Et je trouve que parfois il y a un écueil de vouloir trop raconter des choses qu'on ne sait pas, qu'on maîtrise pas. Il faut savoir dire je sais pas parfois. Et c'est toute la difficulté dans ce genre de dans ce genre de situation.
Moi je pense effectivement il faut qu'on se reste témoin. On est vraiment le témoin de la situation. on raconte ce que l'on voit.
Euh mais il faut pas tomber dans le piège de surinterpréter. Dans ce genre de situation, il y a beaucoup de gens, il y a l'inquiétude à la fois des gens qui t'entourent, à la fois une inquiétude qui peut t'être propre. Toi aussi, tu peux avoir peur, tu sais pas ce qui se passe, tu essayes de comprendre.
Et je pense que le piège parfois essaie du surinterpréter de raconter des choses parce que du coup quelqu'un a pensé ou a vu quel enfin pense avoir vu quelque chose et donc du coup le le répéter le répéter bêtement. Donc dans ce genre de situation effectivement, on marche sur euh je pense qu'on marche sur un fil, il faut rester euh journaliste jusqu'au bout. Donc effectivement témoin raconter ce que l'on sait, ce que l'on voit et ce que l'on ne sait pas aussi.
S'autoriser à dire je ne sais pas bien sûr mais c'est une information toutes les informations qu'on donne en tout cas moi je j'ai pris je pense comme tout le monde je source tout. Ouais. Euh voilà qui m'a dit quoi, voilà ce que je sais de sources sûres, c'est-à-dire les sources officielles, euh voilà ce que disent les médias locaux, ce qui sont souvent nos relais très importants notamment dans ce genre de de d'information.
Igor et Philippine de leur côté, c'était beaucoup la chaîne N1 qui est la chaîne israélienne qui qui voilà est très vérifiée, qui a de bonnes sources sur place et donc voilà comme source. moi de du côté libanais, c'était beaucoup l'Orient le jour, certains médias locaux où on sait que ils ont de bonnes sources, qu'ils sont très bien informés et qu'ils auront des information bien avant nous. Mais voilà, sourçons, osons dire que c'est pas notre info en fait, que l'information vient des médias locaux.
Euh voilà ce que m'ont dit les témoins sur place, mais parfois employer le conditionnel, ça fait pas de nous des mauvais journalistes. Au contraire, je trouve que c'est bien de dire voilà pour le moment ce qui est sûr, voilà ce que je vois, voilà ce que je sens, vraiment utiliser tous nos sens, voilà ce que je perçois comme tension ou euh et vraiment raconter une histoire. On est là pour raconter une histoire comme si j'avais quelqu'un de mon entourage au téléphone et que je lui dis voilà de quoi je viens d'être témoin et en même temps de raconter parce qu'on a aussi notre travail de journaliste mais il faut euh il faut laisser avoir et il faut laisser percevoir surtout l'histoire elle s'écrit au moment où tu en parles aussi ça évolu c'est là où on voit le travail d'équipe parce que nous quand donc quand on filme les les JRI en fait on voit ce qu'on filme mais notre champ de vision finalement il est il est quand même très réduit c'est-à-dire que là je marche dans la rue, bah je filme ce qu'il y a devant moi.
Euh et en fait le fait d'avoir dans notre oreille donc le rédacteur qui est avec nous qui parle dans le micro, finalement en fait le le duplexe nous nous permet de savoir vers quoi on va se tourner aussi. Euh si nous si euh La Igor par exemple sur ce duplexe-là euh continue à marcher, bon je sais que peut-être il a vu quelque chose, il veut aller voir plus loin. Donc je vais l'accompagner et en fonction de ce qu'il dit, ça me permet de savoir vers où je vais pouvoir tourner ma caméra et pour euh renforcer un petit peu ce que vous pouvez dire en fait dans le duplexe.
Ouais, un duplexe, ça se fait à deux et moi parfois et Benjamin très vite il me dit comment tu veux qu'on travaille ? Parce que il faut vraiment pour le coup surtout sur ce terrainl se mettre d'accord et qu'il y a une cohésion qui se fasse très rapidement dans un duo ou dans un trio, ça dépend. Euh et moi il m'a dit "Hésite pas même pendant le direct presque à m'interpeller." Et c'est vrai que par moment je dis et en fait je vais demander à Benjamin de venir avec moi parce que regardez ce qui est en train de se passer.
Et ça plusieurs fois j'ai vu parce que c'était en train de se passer et comme il est fixé sur il a tellement de choses à gérer sur il faut que je reste stable, il faut que je montre ça, il faut que je fasse attention à ça que moi je dis regardez en fait venez mais en disant venez je dis presque à Benjamin viens avec moi parce que Benjamin c'est pour moi c'est les téléspectateurs et donc lui il le perçoit très bien et donc il y a parfois où je limite je le prends par le sac à dos ou je l'embarque avec moi mais parce que lui-même m'a demandé de faire ça et c'est vrai que ça nous permet d'avancer ensemble et de raconter une histoire et Je découvre parfois en direct des trucs et je me je m'autorise à être assez pas chamboulé mais c'est vrai que à dire mais en fait c'est complètement dingue ce que je suis en train de voir. Il faut avoir une manière de le dire pour le retranscrire et montrer bon ben regardez là ce qui est en train de se passer et regarder un peu plus bas pour que dans allez en une minute et demi 2 minutes de duplexe on ait raconté toute notre histoire. J'ai pas mal fouillé aussi un petit peu dans dans vos rush, c'est-à-dire dans tout ce que vous envoyez, dans toutes les vidéos pour essayer vraiment de comprendre comment vous travaillez et surtout dans ce cadre où il y a beaucoup d'alertes, notamment toi Philippine avec Igor et et j'ai cet extrait, vous êtes pas encore à l'antenne, je pense que c'est 5 10 secondes avant d'être à l'antenne et on entend les sirènes et je trouve qu'on se rend beaucoup plus compte aussi de la difficulté de de travailler entre ces sirènes.
Je vous propose de regarder ça. Ouais, je t'entends. Ouais, il y a une alerte.
On peut faire un live maintenant si tu veux. C'est une préalerte mais il faut que ce soit maintenant. Mais c'est juste qu' faut qu'on sache où on va après.
On va où ? Ifrat, do you know where we can go ? Nous partons tout de suite sur le terrain à nouveau en Israël à Talaviv pour aller retrouver nos équipes sur place.
Igor Sairi, vous êtes avec Philippine David où les sirènes sont encore en train de retentir alors qu'un missile s'est abattu sur sur Israël tout à l'heure. Ouais, nous sommes en préalerte en réalité. Donc les sirènes dans le ciel de Tel Aviv ne retentissent pas encore.
Mais en fait l'idée c'est pas juste d'avoir un un direct, de raconter ce qui se passe, c'est aussi de de penser à ce qui va se passer après et avec ces alertes qui j'imagine étaient hyper récurrentes. Ouais, il y a eu beaucoup d'alertes. On en a compté d'ailleurs pour un ordre d'idée en 10 jours, on en a eu 86 à Tel Aviv.
OK. Donc ça fait entre 8 et 9 alertes par jour. C'est en fait on se rend pas compte mais c'est énorme.
Donc ça fonctionne. Il y a une préalerte. Donc on reçoit sur nos téléphones une notification qui nous dit "Attention, mettez-vous près d'un abri, dans quelques minutes euh on va vous alerter qu'il y a une menace imminente et à partir du moment où il y a cette deuxième alerte, on a euh 1 minute 30 pour vraiment être à l'abri." Donc il y a quand même là, on voit sur les images, donc on a un lapse de temps pour et penser à ce qu'on va faire pour l'antenne, le duplexe, mais aussi nous mettre en sécurité.
Et donc là, on le voit très bien, c'est que il y a une préalerte sur nos téléphones. On sait que dans quelques minutes, il y a une menace imminente. En plus, on est sur le lieu d'une frappe et et donc Igor s'assure avec le fixeur qu'on ait un abri euh très proche pour qu'on puisse si ça retentit dans les airs, si l'alarme retentit dans les airs, qu'on qu'on puisse se mettre à l'abri le plus rapidement possible.
Ouais. La priorité c'est la sécurité avant l'antenne, avant les les directs. Jeanne, comment ça se passait toi de de ton côté au Liban au niveau des alertes ?
Alors, pas de préalerte, pas d'alerte, pas grand-chose pour être honnête. Euh nous de notre côté en fait l'armée israélienne la plupart du temps et pas tout le temps ciblait avant de frapper indiquait via les réseaux sociaux notamment parfois des bâtiments en disant attention on va frapper ce bâtiment éloignez-vous à 300 m donc on savait à peu près où ça allait se passer et puis il y a eu des moments où il y a eu des frappes je pense notamment à Beyrout euh mais aussi dans la BK dans l'est du pays ou dans le sud mais là on en a pas été témoin direct. On est beaucoup resté à Beyrout avec Benjamin parce qu'on était vraiment dans les premiers temps.
Euh et là il y a eu des frappes qui n'avaiit pas été indiqué, qui n'avaient pas été averti auparavant et d'un coup ils ont frappé alors soit une chambre d'hôtel, soit des bâtiments donc dans des quartiers qui avaient pas été visés, ce qui d'ailleurs avait créé une espèce de psychose dans la ville où il se disaient "Mais en fait on peut être frappé partout." Surtout que souvent c'était des quartiers où les réfugiés étaient venus se mettre à l'abri. Donc du coup, ils avaient vraiment une impression de ça peut être partout tout le temps.
Et il y a pas d'alerte en fait. Il y a pas d'alerte. On entend des tirs en l'air.
C'est le esbola souvent qui tire en l'air pour ceux qui n'ont pas forcément d'accès internet pour dire attention faut évacuer. Euh ça on a compris très vite que c'était ça. Et après on en fait on sait pas quand est-ce que ça peut frapper.
Ouais. Euh parfois il y a des tirs d'avertissement d'Israël. On dit "Ah attends, ça a bombardé." Mais en fait, on se rend compte que c'est pas vraiment un bombardement.
C'est un enfin voilà, c'est un tir d'avertissement et après ça bombarde. Et tu t'étais retrouvé près de l'aéroport il me semble où il y a eu un ordre d'évacuation et là tu te retrouves dans les bouchons. Enfin j'ai j'ai cette image de bouchon d'un coup qui se forme de tout le monde qui Ouais.
Il y a eu un un moment c'est vraiment un moment de flottement mais même pour nous c'est je pense un des rares moments où on a eu un peu où Ouais. on a eu un peu peur euh parce qu'en fait l'armée israélienne indique qu'il faut évacuer quatre quartiers entiers du sud de Beout. C'est un ordre d'évacuation qui est inédit.
Ça n'a jamais été aussi large. Et sur le coup, je me souviens de notre fixeuse qui nous le dit et puis qui répète et qui dit "Mais attends, est-ce que j'ai bien compris ?" Je dis "Mais dans quatre quartiers, c'est quatre bâtiments." Elle dit "Non, c'est quatre quartiers." Et en fait, petit à petit, ça se propage et on se rend compte que on est sur la corniche, on est sur le bord de mer et on se rend compte que d'un coup les gens paniquent en se disant "Mais mais attends, le quartier il est bah il est là." En fait, on est collé à l'un des quartiers.
Et donc nous très vite, je me dis "OK, il faut qu'on s'en aille. Un, il faut qu'on se mette en sécurité de il va si effectivement parce que sur le coup on imagine des frappes hyper intense, on imagin sait pas vraiment à quoi s'attendre puisque c'est inédit. Donc on se dit il va falloir qu'on se mette en position de pouvoir raconter ce qui se passe, donc de voir ce qui se passe et de raconter ce qui se passe tout en étant nous-même à l'abri.
Et donc on se retrouve sur la route mais on a tous enfin tous les quartiers sont en train d'évacuer, tout le monde est en train de s'éloigner et on se retrouve dans des bouchons monstrueux et on avance pas en fait. on avance pas et donc euh moi je me dis que la meilleure moyen est de garder mon calme et d'être utile, c'est de travailler et donc je me mets à faire des directs au téléphone dans la voiture et à aucun moment vous êtes dit on va évacuer la voiture, on va finir à pied ou enfin que que faisaient les gens autour ? Euh un peu tout et n'importe quoi.
Il y avait plus de feu rouge, il y avait plus grand-chose pour être honnête, chacun y allait un peu. Bah c'était vraiment la panique pour le coup. C'est un des rares jours où ça a été autant la panique à Beou parce que c'est quand même une population qui est habituée aux frappes et habitué à la guerre depuis tellement d'années que il y a une résilience qui est assez incroyable dans la population libanaise.
Mais là vraiment c'est la panique. Euh il y a des moments un peu de flottement et nous à un moment on n'est pas trop loin de l'hôtel. Je regarde avec le télé avec Benjamin sur le téléphone, je me dis écoute on n pas trop loin là.
De toute façon, on avance plus, la voiture, elle est bloquée, on s'en va, on sort de la voiture et on bah on court et on se met à courir avec moi j'ai le matériel, Benjamin prend le matériel de sécurité qui est extrêmement lourd et en fait on se retrouve à un escalier immense. Et je me souviens de Benjamin qui regarde vraiment l'Everrest et il dit "OK, c'est parti." Il prend la valise sur son dos et il court dans l'escalier et moi je suis avec le matériel et on sprinte en fait parce que il y a et le côté, il faut qu'on se mette à l'abri vite comme ça ça va déjà il y a ça qui va redescendre.
Et puis il va falloir qu'on se mette à à travailler parce qu'on sait pas quand est-ce que ça les frappes peuvent intervenir. Ça peut intervenir dans 10 minutes dans un dans un quart d'heure et il faut qu'on soit prêt. Jeune, toi tu étais donc à Beou au Liban Naoufel, tu étais à Doua au Qatar en quasiment même temps, je crois si je si je dis pas de bêtises.
Et quand on regardait tes directs, on avait l'impression qu'il y avait pas la guerre à Doua. On avait l'impression qu'on était à l'autre bout du monde, que tout se passait bien. Comment tu as fait pour raconter la guerre dans un pays qui veut pas la montrer ?
Bah, c'est une guerre qui euh est complètement différente de ce que euh toi tu as connu au Liban, ce que toi tu as connu euh euh en Israël. Euh alors du coup sur sur les alertes, nous c'était des des alertes qu'on recevait sur nos téléphones de manière euh de manière quotidienne. Et euh donc là, c'est les autorités qui t'avertissent qu'il faut absolument te mettre en sécurité, sauf qu' il y a pas d'abri comme tu peux avoir en Israël.
Donc l'idée c'était de se mettre à l'abri dans des hôtels, dans des dans des bâtiments dans des bâtiments fermés. Et euh l'avantage c'est que enf en tout cas c'est la volonté des autorités Qatarie qui revendique le fait que la défense antiérienne fonctionne tout le temps, presque parfaitement. Euh donc, tu entends plusieurs fois des explosions et on t'explique quelques minutes après euh que les autorités Qataris ont intercepté euh x nombre de drones en provenance d'Iran, x nombre de de missiles.
Oui, c'est c'est une une guerre qui est complètement complètement différente parce que le Qatar, les Émirats arabes unis, tous ces pays à vrai dire du golf, ce sont des des pays qui ces dernières années ont ont commercialisé ou en tout cas mis en avant de plus en plus le fait que ce soit des pays sûrs, des pays sécurs, des pays très sécurs, où il fait bon vivre, où le tourisme euh est un excè enfin on ess exactement, on essaie d'attirer les gens euh pour le tourisme. Et donc du coup là, on leur c'est une très mauvaise image, c'est une très mauvaise image de ces pays-là qu'on qu'on montre parce que c'est des pays qui sont malgré tout vulnérables parce que parfois ces drones, ces ces missiles peuvent tomber et des sites peuvent être endommagés. En l'occurrence, c'était le cas à plusieurs reprises.
Donc il faut il faut encore une fois marcher sur le fil, essayer de comprendre euh prendre du recul, comprendre ce qui est en train de se passer. Il y a ses attaques, il y a ce qu'on nous dit, il y a ce qu'on nous à ce qu'on ne nous dit pas. Et donc il faut essayer de voyez de prendre du recul et de raconter un petit peu bah que c'est une guerre, que il y a ce que nous disent c'est les autorités les autorités Qataris, les autorités mirati et il y a aussi ce qui se passe à côté quoi.
Mais on est sur de la télé donc il faut toujours de l'image. Tu étais accompagné de Valentin Rivolier. Euh comment on fait pour montrer quelque chose que le pays ne veut pas que tu montres ?
Parce que ils ont été il y a eu beaucoup de répressions aussi. eu beaucoup d'avertissements sur les réseaux sociaux. Ça a commencé avec les influenceurs, mais ça visait aussi les habitants, les journalistes, les expatriés.
Euh si vous diffusez de fausses informations, après qui va juger si c'est des fausses informations ou non ? Vous risquez de la prison ou une amende. Comment on fait pour travailler dans ce cas-là ?
Est-ce que tu as une autorisation ? Parce que si on prend l'exemple du Qatar où on était pendant près de semaines, nous on avait une autorisation ce qui nous permettait relativement de travailler relativement parce que on était on avait le droit de travailler uniquement dans certains endroits. Certaines auraient eu la corniche, on avait pas le droit de filmer le souc.
On avait le droit d'interroger les gens. En revanche, on ne pouvait pas forcément leur poser des questions sur la situation, sur leurs peurs, leurs craintes. Donc c'était c'était assez compliqué, mais on pouvait relativement travailler. en revanche au Qatar et comme dans plein d'autres pays du golf, c'est le cas de Dubaï, des Émirats arabes unis, Doman, du Coè, il y avait interdiction formelle à la fois pour nous journalistes mais également pour les civils de filmer des bâtiments militaires, des frappes également quand c'est ces images qu'on voit de de missiles qui traversent le pays, des sites, des bâtiments qui ont été endommagés par les frappes iraniennes, interdiction formelle de la part de ces pays de les de les filmer et de les mettre de les publier sur les réseaux sociaux sous peine d'amende d'emprisonnement, ce qui a été le cas pour plusieurs ressortissants étrangers des Français qui ont été arrêté aussi à Dubaï pour avoir diffusé ces ces informations.
Donc nous, c'est très compliqué parce que on entend ces explosions. La les autorités Qatarie vous disent "Bah, il y a eu interception de d'une dizaine de drones, dizaine de missiles mais on vous dit pas quel site a été quel site a été visé parce qu'il y a des débris aussi qui sont qui sont tombés qui ont endommagé certains endroits. Donc on essaie de de fouiller euh à travers les les réseaux sociaux, d'essayer de comprendre.
Mais quand on interroge les gens, les gens ont peur aussi. Don les gens ne n'osent pas forcément nous dire euh moi ça ça ça m'avait frappé parce qu'à plusieurs reprises, on avait fait un sujet justement sur euh pourquoi les pays du golf ne repostent pas. parce que c'est des pays qui sont euh qui ont été largement attaqués par euh par l'Iran, mais n ont toujours refusé de de reposter en tout cas pour l'heure.
Et quand on interroge les gens, ce qui était assez fou, bah est-ce que selon vous euh le Qatar et les autres pays du du golfe doivent doivent riposter ? Tout le monde dit "Bah non, faut jouer la diplomatie." Mais vous inquiétez pas, ici on est en sécurité, la défense antienne marche toujours.
On intercepte à chaque fois les drones, les my le pensent ou tu sens qu'il y a aussi un discours officiel qui passe ? Non, bien sûr, il y a il y a un discours officiel. Bien sûr, quand on interdit quand plusieurs centaines de personnes sont arrêtées pour avoir soit diffusé et filmé des bâtiments dissensibles, donc bâtiments militaires, bâtiments officiels ou des endroits qui ont été ciblés pour avoir diffusé des fausses informations ou des fausses rumeurs.
Qu'est-ce qu'une fausse rumeur ? Ouais. Qui est juge finalement ?
Bien sûr. Donc oui, les gens flippent bien sûr, ils savent très bien qu'ils peuvent pas qu' peuvent pas dur et ça nous est arrivé plusieurs fois quand on fait une interview donc les gens spontanément répondre et 5 minutes après je dis non finalement je je suis pas sûr j'ai pas envie que vous passiez c'est c'est pas c'est pas évident de tourner sujet ça et il y a je me souviens une interview qu'on faisait avec Valentin dans sur la corniche on interrogeait justement les les habitant et un qui me répond et 5 minutes après il m'envoie un message qu'on avait changé le numéro de téléphone s'il vous plaît est-ce que finalement J'ai pas envie de passer à la télé. Est-ce que vous pouvez retirer ce que je dis ?
Ouais, il y avait une crainte. Bien sûr, il y a une vraie crainte. Bien sûr.
Et on avait fait un sujet aussi sur le parce que les ces pays-là vivent beaucoup du tourisme. En tout cas, le Qatar mise beaucoup sur le tourisme parce qu'il y a l'aprèsgaz, il y a la préénénergie fossile. Et donc on a voulu faire un sujet sur les professionnels du tourisme qui s'inquiètent euh de de la situation et de voir bah les les touristes les touristes partir et ne plus revenir.
Et ça extrêmement compliqué de faire pour avoir des commerçants. Je me souviens, tu as un commerçant à un moment on le voit entièrement flouter et il est pas enfin tu vas le voir un peu en off. Tu es obligé.
Bien sûr, bien sûr. Il accepte alors de très loin mais faut pas qu'il soit faut pas qu'il soit reconnaissable. Mais oui, il nous lui dit bah la situation on a pas le droit de parler en fait.
On n pas le droit de dire qu'on s'inquiète. On n pas le droit de dire que on sait pas de quoi demain est fait, que nos métiers, nos professions, notre avenir est en est en suspend. On n pas on n pas le droit de dire qu'on a peur aussi.
G qui ont pas le droit de dire qu'on a peur parce qu'on est dans des dans des régimes où on essaie de vous faire croire que tout va bien et tout est tout est contrôlé quoi. Et tu sentais qu'ils avaient peur que c'était vraiment inédit à ce qu'il vivait ? Bah c'est des gens qui sont pas habitués à la guerre.
Ils savent pas ce que c'est des missiles qui traversent leur pays, des bombardements, des détonations. Moi, je me souviens d'une scène en particulier euh donc on était avec euh Valentin et Élise et Morgan, l'autre équipe qui qui nous accompagnait. On était en dehors de l'hôtel, on était allé dîner quand on revient.
Donc on avait reçu un peu avant un message d'évacuation de plusieurs quartiers, de plusieurs rues de la capitale d'O. Et quand on arrive, on voit notre hôtel, en l'occurrence le quartier de notre hôtel complètement bouclé. Tout le monde invité à se mettre à l'abri et sortir.
Et tu vois les on était en voiture, on essaie de regagner l'hôtel parce qu'on comprenait pas ce qui se passait. Et tu vois les policiers complètement paniqués aussi. pas c'est c'est des gens des pays qui sont pas habitués à ce ce genre de situation.
Donc là effectivement tu tu ressens la peur à la fois de des autorités, des policiers mais à la fois des habitants aussi. C'est marrant de voir à quel point les populations ce que j'allais dire entre nos les trois pays où on était, c'est totalement différent. La manière d'appréhender les choses et de vivre les choses, c'est totalement différent.
Oui, il y a pas entre les populations qui ont l'habitude, les populations qui c'est assez fou de vous. C'est clairement deux peuples, deux pays qui ont été habitués à la guerre depuis depuis plusieurs années. Là, ce sont des pays qui la découvrent et il y a plein d'expatriés aussi au Qatar et dans les autres pays euh de la région.
Donc, c'est plein de vous tout le monde cherchait à fuir. Au départ, les gens, il y a eu beaucoup de ressortissants qui essayaient de fuir et nous, il y avait plus de monde dans les avions qui allaient au Liban. À nous, c'était fou.
C'était les avions Australéliens rentraient chez eux parce que c'était la guerre. Et Liban pareil, c'est en fait c'est il rent c'est vraiment deux perceptions différentes. Et je voulais vous interroger aussi là-dessus sur ce que les habitants ont pu vous dire que ce soit à Telé Aviv ou ou à Beyrout, j'ai l'impression qu'ils soit un peu plus habitués mais il y a quand même un un ralball là en ce moment ces ces derniers temps.
J'ai l'impression que ça a un peu changé quand même. à Beyouth, les il y a une population qui est réfugiée. Moi, j'arrive au tout début, donc l'exode commence pour certains et puis finalement, il est de plus en plus massif au fur et à mesure que l'armée israélienne demande à la population de quitter leur quartier.
Et au départ, ça recommence par certaines localités du sud. Puis finalement, ils ont ils ont instauré cette zone tampon qui est immense tout le sud du pays. Donc, il y a des centaines de milliers, plus d'un million de personnes désormais qui sont évacuées au Liban.
Et ces personnes, nous on les rencontre notamment à Beou et c'est des personnes qui sont sorties sans rien. Enfin, moi j'ai rencontré beaucoup de gens. Ils sont avec leurs gamins parfois tellement jeune.
Il y avait notamment place des martyres une femme enfin il y avait des des femmes avec des bébés et une autre équipe qui était qui qui a rencontré une maman qui venait d'accoucher par césarienne et qui avec son enfant qui a quelques jours et qui se retrouve à la rue qui n'a plus rien. Il y a aussi ces réalités-là auxquelles on est confronté en arrivant. On sait qu'il faut qu'on les montre.
Il sait qu'il faut on sait qu'il faut raconter ces histoires et il y a même souvent trop d'histoires. C'est-à-dire qu'on se retrouve dans un flot de choses à dire, de choses à montrer. Il faut savoir tout de suite se essayer pour le coup de mettre un peu l'émotion de côté tout en il faut qu'on la retransmette mais en même temps, il faut qu'on dise "OK, quelle est l'histoire qu'on veut raconter ?" Et pourquoi il y a une personne en particulier qui va nous toucher, nous qui va vouloir aussi qu'on raconte son histoire parce qu'il y a beaucoup de réfugiés qui n'en peuvent plus.
Et oui, on a pour le coup à Berout, on a rencontré beaucoup de réfugiés qui avaient tout le monde avait une histoire qui était importante et notamment ce ralbol que tu décris. Euh moi notamment je rencontre un monsieur qui qui vient de passer des jours et des jours dans sa voiture qui remonte du sud qui dit "Mais j'ai même pas eu le temps de regagner ma maison qui a été bombardée l'année dernière dans le sud. J'étais déjà dans une maison provisoire dans un village à côté qu'il faut déjà que j'évacue la maison provisoire que je sais même pas que je enfin si je vais la retrouver." Et il était là en fait, j'en peux plus.
Et c'est un un monsieur d'une soixantaine d'années qui avec sa petite fille dans les bras et qui a une émotion d'un coup ça fait des nuit des nuits qu'il dort pas, qu'il est par terre sur la corniche. Il dit "Mais à quoi ça rime ? À quoi ça rime ?" Et il le dit comme ça en fait.
Il il dit "Je ne comprends pas, on se retrouve au milieu de ça, qu'est-ce qu'on a demandé ? À quoi ça arrive ?" Et il y a effectivement il y a une il y a il y a plusieurs sensibilités au Liban et il y a divers courants et il y en a certains qui soutiennent le Esbola et et c'est une réalité mais on a rencontré aussi beaucoup de gens qui n'en peuvent plus et qui là se retrouvent au milieu d'un tir croisé qui dit "Mais en fait nous on a rien demandé en fait on a rien demandé on n peut plus ça fait des années que ça dure on veut la paix et malheureusement il se retrouve aujourd'hui dans une situation de précarité qui est terrifiante." Et ça me fait penser à un sujet que tu as tourné aussi dans un hôpital, un hôpital privé où tu as un témoignage très fort.
Euh est-ce que tu peux nous en parler de ce témoignage ? Comment tu l'as comment tu l'as trouvé ? Comment tu es arrivé à dans dans cet endroit ?
Et et comment ça se passe pour convaincre les personnes aussi de de se confier, de parler à la télé parce que on l'imagine, elles ont autre chose à faire à ce moment-là et elles prennent le temps de discuter avec vous. Comment comment vous faites dans ce cas-là ? Il faut il faut arriver, il faut réussir à convaincre les gens, leur expliquer la démarche, comment ça se passe ?
En fait, on a effectivement la volonté de faire un sujet autour des blessés. Euh, il y a pas beaucoup de blessés qui arrivent jusqu'à Beyrout. Euh, et on appelle cet hôpital privé qui nous dit "Écoutez, nous on a deux blessés.
On a un enfant, c'est un un hôpital qui se spécialisé dans les grands brûlets. Euh on a un enfant dont la famille ne veut absolument pas parler et donc ça, on essaie même pas. Enfin, au bout d'un moment, on est face dans des situations qui sont tellement terrifiantes qu'on va pas venir harceler les gens." il me dit en revanche, on a un autre monsieur qui est là euh où il a des proches qui sont présents et il pourrait être OK pour que vous puissiez témoigner donc enfin pour venir témoigner à votre micro.
Donc venez et on voit en arrivant. Et donc on sait pas trop à quoi on s'attend en arrivant. On arrive sur place et et en fait, on a direct quatre personnes qui sont interloquées par notre caméra qui nous demandent ce qu'on fait là et donc on explique, c'est vrai qu'on a la barrière de la langue.
Moi d'habitude, j'aime bien parler directement aux personnes pour essayer de leur expliquer moi-même ma démarche. Mais bon, là ça passe par l'intermédiaire de la fixeuse et ça va que je m'entends très bien avec elle et donc elle sait exactement quel est l'objet de notre démarche à nous. Et donc on lui dit voilà, l'idée c'est de mettre un visage euh et une histoire sur des chiffres.
C'est-à-dire qu'on a les chiffres tous les jours qui arrivent quotidiennement des morts, des blessés. Et en fait, moi je trouve ça très impersonnel. Je trouve que ça veut malheureusement au bout d'un moment plus dire grand-chose et qu'on a besoin derrière tout ça de montrer des histoires et de montrer la conséquence réelle de la guerre.
Et c'est ce qu'on explique à cette dame qui m'explique très vite. En fait, le monsieur qui est là-bas, qui est dans le coma c'est mon voisin. On vient de Nabishid qui est une ville à l'est du Liban.
Euh, on a eu l'ordre d'évacuer. Moi, j'ai décidé de partir, lui n'a pas voulu et une grande partie de sa famille est morte, lui est dans le coma et euh et donc euh je lui dis "OK, est-ce que vous acceptez de me raconter son histoire ?" Elle dit "Oui, sous certaines conditions euh qu'on accepte évidemment." Et donc on arrive sur place, donc ce monsieur est dans le coma.
Donc lui n'a jamais su qu'on avait tourné un sujet. Et donc il faut absolument que dans l'image Benjamin respecte l'intimité de cet homme. Donc moi dans le commentaire, je donne pas son nom de famille, je donne juste son prénom.
Euh et Benjamin ne fait en sorte qu'il ne soit jamais reconnaissable parce qu'on va pas aller montrer contre son gré et voilà euh il y a un minimum de dignité de la personne. Et donc cette femme nous raconte son histoire qui est absolument terrible de ce monsieur qui effectivement était ils étaient 18 dans la maison, 18 de la même famille à rompre le jeûne parce qu'on est en pleine période de Ramadan. Il y a une frappe sur la maison. 11 personnes de la même famille sont mortes.
Il y a sep personnes qui ont survécu don lui mais souvent blessé gravement. dont ce monsieur qui est donc dans le coma et qui va se réveiller euh s'il se réveille en ayant perdu sa femme et ses trois enfants. Et tout ça faut le raconter.
Moi moi ce qui me m'impressionne à chaque fois et je le dis pas parce que vous êtes là mais c'est de raconter ça en 1 minute 30. C'est du format télé, du format entre guillemets JT où il faut aller très vite et en même temps avoir le temps d'installer aussi une ambiance parce que en télé tout va toujours très vite. Et là dans ce sujet, on a on a, tu me le disais hier quand on s'est appelé, il y a les respirations de cette dame qui qui en disent tout aussi long que quand elle parle finalement.
Enfin, ça transcrit quelque chose de très fort. Après, c'est c'est là aussi où les JRI sont absolument essentiels, où je pense qu'il faut une une équipe qui sait exactement comment monter ce genre de sujet. Et c'est-à-dire que j'ai décidé moi de laisser vivre à maximum et les images de Benjamin euh qui sont hyper fortes et le témoignage de cette dame.
En fait, moi mon rôle là-dedans, voilà, c'est d'accompagner ça. Je dois finalement pas vraiment exister dans le sujet. Je suis là pour accompagner et pour essayer de enfin de de mettre de mettre ce témoignage dans un contexte.
Mais en fait, je me rend je me suis rendu compte après que j'avais écrit très peu parce que cette dame dit tellement tout. Ouais. Euh ce qu'elle me dit est tellement fort et c'est marrant parce que c'est ce que je te disais hier, c'est que ça fait partie de ces témoignages où sur le moment je ne comprends absolument rien de ce qu'elle me dit parce qu'elle parle arabe et que moi je comprends pas du tout je comprends pas un mot.
Mais en fait l'émotion est tellement forte que je laess avant même de savoir ce qu'elle m'a dit exactement, je savais que c'était ce passage là que j'allais prendre. Ouais. Et que j'allais garder dans le sujet.
Et donc oui oui, j'ai pas tout gardé dans le sujet. Oui, il y a des aspects de cette histoire qu'elle m'a raconté que j'ai pas pris dans le sujet parce que parfois ça allait dans d'autres sphères et que malheureusement on peut pas tout dire. Ouais.
Maintenant, on a choisi d'en garder l'essentiel enfin ce qu'on jugeait être l'essentiel. On a beaucoup moi j'ai beaucoup discuté avec elle. J'aime bien dans ces cas-là, surtout dans les témoignages pareils, lui expliquer ce qui à mon sens a été important dans son témoignage, ce que je vais garder dans son témoignage et de lui dire est-ce que c'est OK pour vous ?
Et à la fin de l'interview, je lui dis "Est-ce que vous avez dit tout ce que vous aviez à dire ? Et je termine toujours là-dessus. J'arrive pas à arrêter une interview dans un ce genre d'interview disant est-ce que vous est-ce que vous avez dit tout ce que vous avez à dire ?
Je garderai pas tout de ce que vous allez dire, je vais pas lui mentir, mais est-ce que vous avez dit tout ce que vous avez à dire ? Et elle m'a dit "Oui, j'ai tout dit. Je lui expliquer ce que j'allais garder." Et elle m'a dit "OK, les silences de cette dame, ouais, l'émotion de cette dame sont parfois plus forts que n'importe quel mot qu'elle peut dire ou que je peux écrire." Donc dans ces cas-là, il faut limite que Benjamin lui a la caméra et c'est là où ils ont une espèce de magie de se faire oublier, c'est que Benjamin, pourtant ça impose une caméra mais lui s'est mis dans un coin, on le voyait presque plus.
Et donc le moment où elle arrive dans la chambre, où elle redécouvre son ami, où elle s'effondre, ce moment est très fort. Et on l'a gardé dans le sujet, on a décidé de le garder parce que c'est une émotion qui n'est pas feinte et qui veut tout dire. C'est pas du voyurisme, c'est l'idée c'est de de par une émotion de raconter cette histoire-là.
Et après, pendant l'interview, mon rôle à moi, c'est de faire en sorte qu'elle ne regarde que moi et qu'elle ait l'impression de raconter presque à une amie ce qu'elle vient de vivre. Et Benjamin, il se met un peu en retrait, il capte l'émotion, il capte un regard, il va capter quelque chose et ça donne ce qui s'est passé dans le sujet. Ouais.
Et dans dans vos missions tous les trois, que ce soit celle-ci ou d'autres missions précédentes, des témoignages très forts comme celui-ci, vous en avez forcément eu. Quand quand vous êtes ensuite dans la chambre d'hôtel tout seul le soir, comment vous relâchez la pression ? Parce que forcément, j'imagine qu'on on y pense, on y repense ou peut-être pas, mais pour pouvoir un peu aussi se se dégager de tout ça et toujours avoir le recul nécessaire, comment comment vous faites ?
Je enfin comment comment ça se passe ? Je pense ça se passe entre nous, entre collègues. Ouais.
On parle beaucoup entre nous, on se remémore les moments forts de la journée. Je crois c'est un peu c'est un peu intime. Je pense c'est un moment pour euh pour relâcher.
C'estes ça se passe avec son équipe, avec le fixeur qui euh qui qui qui comprend très vite qui fait le lien entre tout ce qu'on peut vivre dans la journée et nous vies de journalistes français dont dont où on fait un des reportages où c'est pas notre pays, c'est pas nos guerres, c'est voilà. C'est euh Ouais, on évacue on évacue en parlant, je dirais ça. Ouais.
Chacun je pense le le digère de manière de manière différente. Moi je me souviens mais c'était mon premier retour de mission de guerre. Donc en l'occurrence l'Ukraine où là bah moi je fais en fait partie des générations qui n'avront jamais connu la guerre seulement à travers les livres et à travers les films.
Donc là quand tu l'invoies le témoignage des gens et tout je me souviens donc la première mission a duré 3 semaines. C'est 3 semaines où du coup tuacumules, tuacumules, tuacumules, tuacumules mais tu es dans l'adrénaline parce que tu as l'impression d'être utile. Tu tu fais ton métier de journaliste, tu donnes la parole, tu racontes aussi l'histoire au moment où elle s'écrit.
Mais je me souviens d'une période au moment où je rentre chez moi et là pendant euh je pense une semaine, tu es éteint, tu es proche, te dis mais qu'est-ce qui se passe ? Tu as pas tu as pas l'oi, tu es fatigué. Et en fait, c'est juste un moment où tu euh tout tout redescend vraiment.
Tu es tu es vraiment dans le puis tu as plus l'hypervigilance aussi. Oui, c'est ça. Et et donc et aussi plus d'une fois tu te poses la question bah oui, donc j'ai fait mon travail, j'ai raconté leurs histoires, j'ai essayé d'être présent jusqu'au bout.
Sauf que du coup moi je rentre chez moi et une fois que je rentre chez moi, tout se passe bien et je suis dans un pays en sécurité où il y a pas de guerre. Donc c'est toujours difficile et surtout au début je pense de trouver ce la bonne position parce qu'on est des journalistes. On reste des journalistes, on n'est pas des militants quand on arrive sur ces terrains-là.
Alors effectivement les histoires nous touchent et on est tous bouleversés par des témoignages et je pense qu'on a tous des témoignages très forts qui qui nous reviennent en évoquant en évoquant ces situations. Mais mais malgré tout notre travail Oui, c'est on n'est pas on vient pas faire la guerre en fait. Ouais raconter la guerre.
Tu as quand même ce recul quand tu arrives sur place de il fa il faut voir penser quand même. Il faut l'avir. Tu sais que pour les JRI pour avoir beaucoup parlé la caméra aide parce que du coup elle instore une distance.
Je sais pas si ça aide. Si ça aide mais ça nous plonge un peu dans une on est dans une sorte de bulle. C'estàd qu'en effet on il y a tellement de choses à penser.
On écoute, on voit mais on n'intervient pas forcément par la parole en fait. Donc on est pour le coup euh vraiment témoin et il y a un je dirais je dirais pas que ça met une distance parce que bien au contraire c'estàd que du coup on est vraiment dedans mais il y a une sorte de recul ou de prise de recul qui est plus facile à avoir recul peut-être que de regarder les yeux dans les yeux. Euh nous on cherche les regards, on cherche les gestes des mains, on change la valeur du cadre.
Euh vous en rédacteur quand vous posez la question, vous les regardez dans les yeux, nous c'est autre chose. C'est presque c'est un peu compliqué à expliquer. J'ai l'impression d'être un peu dans une bulle.
Donc ça me parfois vous êtes vous-même spectateur de ce qui est en train de se passer pour pouvoir montrer aux spectateurs et en fait finalement je pense que vousz vous faire oublier nous on est vraiment comme si on était un téléspectateur. Ouais mais on est là on est là. Mais c'est vraiment en fait, moi je me dis tout le temps là ce que je suis en train de vous filmer ou vous montrer, c'est vraiment ce que je vis tout de suite là.
Ouais. Et je pense qu'il y a pas plus sincère que ça en fait. Et je voulais terminer cet épisode avec un dossier un peu plus léger, c'est votre vie quotidienne sur place, savoir comment ça se passe parce que j'ai vu cette image pareil en regardant un peu dans toutes les images que vous avez une image de vie quotidienne nos embrouilles avec les avec les vie quotidienne.
Vous allez voir c'est toi Philippine, tu es avec Igor Sal et on le voit avec un sac de course à la main sans doute peut-être le déjeuner le dîner, je ne sais pas. C'est-à-dire que dès que vous allez même faire des courses, vous partez avec le matériel auquel se passe quelque chose. Vous avez toujours le matériel avec vous ?
Oui. Oui, bien sûr. Euh là, en plus, c'est le premier jour de de de la guerre, le samedi 28.
Euh et je dis très rapidement à Égor, écoute, on sait que là les commerces non essentiels vont vont fermer, donc les restaurants, de quoi s'acheter à manger. Euh faisons des courses pour être sûr de tenir quelques jours. On sait pas combien d'heures on va travailler aujourd'hui.
On sait pas combien de jours euh ça va durer avec cette intensité. Enfin, on sait rien en fait. Donc faut on nous apprend ça d'ailleurs quand on est formé en fait on est toujours formé avant de avant de partir partir sur des terrains compliqués, des zones de conflit. euh il faut toujours avoir le nécessaire avec soi.
Et donc là euh avec Igor, on je lui dis "Écoute, on a une fenêtre de 10 minutes, viens, on va chercher à manger." Et donc on prend du pain, du fromage, une bouteille d'eau euh et en fait quand on est au supermarché, il y a une alerte et on je me souviens, on paye vraiment sans contact très vite et puis on court pour se rapprocher le plus possible d'un abri et donc ils nous disent "Bah on vous prend direct qu'on avait littéralement les sacs de course avec nous." Ben moi j'avais le mien avec moi d'ailleurs pendant que je suis en train de filmer.
C'est là où je trouve que la votre force avec Igor, c'est que vous choisissez de le montrer et c'est là où tout à l'heure on disait il faut être témoin aussi et et se mettre parfois à hauteur de la population et de montrer ce que vous venez de vivre. Mais totalement parce que ce qu'on a vécu là, on était avec 10 Israéliens dans le supermarché parce que tout le monde était en train de faire ça. Il y avait pas Alors, c'est particulier parce que euh les Israéliens sont tellement habitués à ce genre de situation qu'il y a pas d'effet de panique, de mouvement de panique.
Euh on se rue pas sur l'eau et le PQ, enfin voilà, c'est c'est c'est ça reste quand même très calme. Mais n'empêche que cette situation qu'on cette situation qu'on a vécu avec Igor, on avait en fait pratiquement tout enfin il y avait quelques clients de l'hôtel qui était avec nous en fait au supermarché. Donc on décide de le montrer en fait malgré nous parce que en fait c'est ce qu'on vient littéralement de vivre mais du coup ça montre aussi le quotidien ces Israéliens avec qui on vit pendant plusieurs jours voir semaine quoi.
De toute façon, on a quelques il a il y a des choses de base dans ce genre de terrain. Outre la sécurité et c'est ce qu'on s'est dit, s'il y a une personne dans l'équipe qui ne veut pas aller quelque part, en fait, il y a même pas de débat, c'est non, on y va pas. Mais surtout ce qu'on nous apprend très vite, c'est mange quand tu peux manger et dors quand tu peux dormir.
Et en fait euh c'est exactement ce qui se passe quoi. C'est-à-dire qu'on sait pas quand est-ce qu'on sera réveillé. On sait qu'on peut se faire la nuit, il peut y avoir un bombardement intense, réveillé pour travailler ou non en fait hein, on pas te réveiller juste parce que il y a des alertes, des bombardements et tout ça.
Donc c'est un mantra quoi. C'est mange quand tu peux manger, bois, faut manger, boire parce qu'en fait si on alimente pas la machine, on va nous-même tomber. Ça peut paraître absurde dans ces cas-là mais en fait ils ont super bon réflexe de se dire il faut toujours avoir de quoi manger, de quoi boire.
Mais parce que parfois on n'y pense pas enfin dans ce genre de situation sûr moi ça m'est déjà arrivé plusieurs fois où en fait tu enchaînes vraiment toute la journée mais parce que du coup tu es nourri par le flux d'actualité par ce qui est en train de se passer et souvent les fixeurs deviennent des nounous et il y en a des fixeurs souvent sur le terrain qui arrivent le matin je dis mais tu es pas ma maman elle dit oui mais toi tu vas oublier et qui a le petit gâteau, la bouteille d'eau ou qui va nous dire là on prend une pause et c'est important aussi de se dire viens on va se poser au café on est au milieu d'une journée de dingue. Oui, mais en fait faut prendre 2 secondes pour voilà prendre un café, se poser, réfléchir. OK, voilà ce qu'on vient de vivre, voilà ce qu'on va vivre.
Moi ça permet de prendre du recul sur ce qui de prendre du recul, de se poser 2 secondes et pour pouvoir mieux repartir. Mais là, on a le très bon réflexe avec Igor, c'est que ces quelques aliments dans le sac nous ont fait tenir 4 matins en fait d'affilé parce qu'on a pas pu petit-déjeuner, je c qu'on a dû manger une ou deux fois par jour mais grignoter quoi. Et donc donc oui, heureusement qu'on avait ce petit sac.
Ça ça permet de maintenir maintenir la forme. C'est pour ça que je voulais le montrer ce petit sac. Euh la guerre au Moyen-Orient se poursuit, on continue de la couvrir.
Vous avez prévu de repartir sur le terrain ? Non, on repart ensemble. Ah bah parfait.
Et en plus on est synchro, on dit les choses en même temps. C'est un bonage. Donc vous allez continuer à suivre pour nous cette guerre et grâce à vos témoignages, bien on comprend un peu mieux comment vous travaillez sur le terrain et ça nous permet aussi de prendre du recul de pas juste uniquement voir ce qui se passe dans la caméra mais être un petit peu derrière vous et et voir comment vous travaillez.
Merci infiniment d'avoir pris le temps de nous raconter un petit peu votre votre travail euh sur cette chaîne YouTube de BFM que vous écoutez ce retour de mission. Vous l'écoutez également en podcast sur toutes les plateformes de podcast et on vous retrouve très vite sur BFM TV. Merci à bientôt.
Merci.