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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 5 février 2022 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Campagne d'Anne Hidalgo, chèque essence, difficultés d'EDF... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Rabault

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteÉludée

    Que pensez-vous de la déclaration de Benjamin Saint-Huile sur le PS ?

  • 1:52OuverteRéponse partielle

    Pourquoi Anne Hidalgo est à 2,5% dans les sondages ?

  • 2:50OuverteRéponse partielle

    Le PS n'a pas assez travaillé ?

  • 5:10RelanceRéponse directe

    Sur le fond, vous critiquez le bilan ?

  • 5:21ComplaisanteRéponse directe

    Dans quel état d'esprit on est ?

  • 5:35OuverteRéponse partielle

    Christiane Taubira vous met-elle en colère ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:11Invité politiqueFait
    « Nous sommes les seuls à avoir refait une loi de programmation de la recherche en entier avec un chiffrage. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « La candidate porte 70 propositions. C'est la seule aussi qui a un programme chiffré. »
  • 4:49Invité politiqueChiffre
    « Il devait en faire 150 000 par an. Il en a fait 70 000, 70 à 80 000 en termes de logements sociaux. »
  • 5:05Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 50 000 logements de moins entamés dans notre pays. »
  • 6:18Invité politiquePromesse
    « Je pense qu'Anne Hidalgo sera la première candidate à gauche à avoir les 500 parrainages. »
  • 8:34InvitéChiffre
    « 7% de croissance en 2021. C'est la première fois depuis 50 ans qu'on n'avait pas vu un taux de croissance aussi important. »
  • 8:41InvitéFait
    « Notre économie redémarre plus fort que l'Allemagne. »
  • 9:57InvitéFait
    « Il y a eu toute une série de réponses : le gel des prix du gaz, le plafonnement à 4% des prix de l'électricité, ce chèque inflation. »
  • 10:13Invité politiqueFait
    « Non, elle n'est pas à la hauteur sur au moins deux sujets. »
  • 10:22Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 17 millions de Français qui prennent tous les jours leur voiture pour aller travailler parce qu'ils n'ont pas de transport en commun. »
  • 11:31Invité politiqueChiffre
    « On force EDF à vendre à 42 euros le mégawatt. Quelque chose qui lui coûte 46 ou 47 euros à produire. »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Invité15 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 210 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 politique de France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour à vous Myriam Ancawa.

0:06
Invité

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:08
Présentateur

Notre invitée ce matin est députée socialiste du Tarn-et-Garonne, présidente du groupe socialiste à l'Assemblée et porte-parole d'Anne Hidalgo dans la campagne présidentielle. Bonjour Valérie Rabault. Bonjour. Je suppose que vous connaissez Benjamin Saint-Huile, premier secrétaire de la Fédération du Parti Socialiste du Nord. Il a annoncé qu'il ne parrainerait pas la candidature d'Anne Hidalgo à la présidentielle. Il estime, dit-il, que la gauche offre un spectacle désolant. Je le cite à nouveau. Je crains qu'à force de surdité, cette élection ait pour le Parti Socialiste un caractère létal, mortel. Que pensez-vous de cette déclaration ?

0:47
Invité politique

Rien du tout. Rien du tout parce qu'on sait très bien que c'est comme en navigation. Un bon capitaine, c'est celui qui garde le cap, la tête froide, même quand la mer n'est pas toujours clémente. Bon, mais voilà, on est dans cette situation-là. Donc, je l'invite à...

1:05
Présentateur

La mer est déchaînée en ce moment, non ?

1:06
Invité politique

Peut-être pas totalement déchaînée, mais elle n'est pas très calme. Et donc, il faut garder son calme, il faut garder son cap. Des difficultés, on en a connues. Mais vous savez, quand on fait de la politique, on le fait parce qu'on croit à des idées. Et moi, je crois que l'idée de progrès, que l'idée de social-démocratie, l'idée qui est de dire on a un État fort et on est capable d'agréger plein d'énergie autour, je crois qu'elle n'est pas périmée. Alors, effectivement, elle peine à se faire entendre, mais je ne vais pas vous mentir, je ne vais pas vous faire la langue de bois. Mais elle n'est pas périmée. Donc, c'est bien tout l'enjeu, c'est de garder son énergie, garder sa volonté.

Mais gardez le cap, vous prenez la métaphore de la mer, un bon capitaine par une mer qui n'est pas très clémente.

1:52
Invité

On va parler des idées, on va parler du programme d'Anne Hidalgo, mais quand même, on a envie de comprendre qu'est-ce que vous payez. Oui, franchement, la candidate Anne Hidalgo est à 2,5% dans le dernier rolling IFOP. Derrière, Fabien Roussel, le candidat communiste, ça n'était pas arrivé depuis des décennies. 2,5%. Écoutez d'abord Bernard Cazeneuve qui a son diagnostic sur les grosses difficultés du PS. Vous nous répondez juste après. Il était sur France Info le 19 janvier dernier. Les socialistes ne se sont pas préparés comme ils auraient dû le faire à cette échéance.

Pendant cinq ans, le travail sur le fonds qui devait être fait de réorganisation, de projection d'un projet, de mise en évidence de talent n'a pas été fait. Voilà, Bernard Cazeneuve qui s'apprête à présider le comité de soutien d'Anne Hidalgo. Je rappelle que Martine Aubry, puisqu'on parlait du Nord tout à l'heure, soutient également et sera présente aux côtés de la candidate. Le PS n'a pas assez travaillé. Est-ce que vous êtes d'accord ?

2:53
Invité politique

Écoutez, moi je préside un groupe à l'Assemblée nationale qui est le premier groupe en termes d'amendements signés et le premier groupe d'opposition en termes d'amendements votés. C'est de l'injustice alors ? Nous avons... Nous, donc ça signifie qu'avec 30 députés, nous avons été un des groupes qui a le plus travaillé. Le plus travaillé, nous sommes les seuls à avoir refait une loi de programmation de la recherche en entier avec un chiffrage. Personne d'autre ne l'a fait. Donc c'est la candidate, le problème ? Qui comporte 25 propositions. La candidate porte 70 propositions. C'est la seule aussi qui a un programme chiffré.

Alors c'est pour ça qu'effectivement, il faut rentrer dans le vif du sujet. Rentrer dans le vif du sujet, c'est de... Mais il faut pouvoir comprendre aussi pourquoi les Français pour l'instant ne vous préditent. J'entends qu'il y a une perception que de moins de 3%. Vous avez raison. C'est historique pour le parti de François Mildéran. Les sondages ne sont pas bons. Pour autant, alors que sur un plein idéologique, et je rejoins Bernard Cazeneuve sur ce point-là, c'est-à-dire que la politique, ce n'est pas que porter des idées, porter un programme, c'est aussi les articuler. Et cette articulation, je pense qu'elle doit être un petit peu renforcée.

Toutes les politiques que nous déclinons, que ce soit dans les régions, dans les départements, dans les villes, elles ont une concrétisation. Nos concitoyens les voient. Sinon, ils n'auraient pas réélu Carole Delga avec le meilleur score de France. Sinon, ils n'auraient pas... Nous, nous n'aurions pas gagné aussi le département de Tarn-et-Garonne que nous avons repris en juillet dernier. Donc ça, ce sont des preuves.

4:20
Invité

Donc Macron ne vous a pas complètement tués, si je comprends bien.

4:22
Invité politique

En tout cas, sur les territoires, il ne nous a pas complètement tués. Ce qui est vrai, c'est qu'il fait une très bonne com', et là, je dois bien le reconnaître, en ayant un patin ou un vernis de social-démocratie. Mais ce qu'il faut, c'est toujours regarder les faits. Vous prenez le logement. Le logement, c'est vraiment un levier indispensable pour organiser la vie en société. Quand vous êtes dans des logements délabrés, quand vous êtes dans des passoires thermiques, vous ne pouvez pas vivre décemment. Eh bien, il devait en faire 150 000 par an. Il en a fait 70 000, 70 à 80 000 en termes de logements sociaux. Je prends un autre exemple, aussi là très concret.

Vous prenez les deux dernières années du quinquennat Hollande, les deux premières du quinquennat Macron, avant la crise, avant l'épidémie. Eh bien, vous avez 50 000 logements de moins entamés dans notre pays. Donc ça, ce sont... Oui, mais... Sur le fond, vous critiquez le bilan. Absolument, on va parler du fond en octant. Et c'est indispensable parce qu'une élection présidentielle, c'est donner un cap pour la France et c'est faire en sorte que les Français vivent mieux.

5:21
Invité

Mais dans quel état d'esprit on est ? Vous allez parler du fond, c'est sûr, c'est promis. Ce matin, vous êtes la porte-parole d'Anne Hidalgo. Par exemple, quand vous voyez Christiane Taubira, même si elle n'a pas de dynamique, malgré sa victoire à la primaire populaire, est une candidate de plus, coûte que coûte,

5:35
Invité politique

est-ce que ça vous met en colère ? Mais qu'on n'ait pas réussi à ce stade, je ne sais pas, il ne faut jamais insulter l'avenir, à réaliser l'Union, oui, j'en suis absolument désolée. Pour autant, l'Union ne peut pas se décréter par un coup de baguette magique. Pour qu'il y ait Union, il faut qu'il y ait des convergences sur le programme. Et nous en avons des convergences, nous avons aussi des divergences. Mais cet exercice-là qui est de dire, on met sur la table chacun ses propositions avec nos convergences qu'on détermine et aussi nos divergences, eh bien je regrette qu'il n'ait pas pu se tenir.

6:10
Présentateur

Vous pensez qu'il est encore temps ? Vous dites qu'il ne faut pas insulter l'avenir.

6:14
Invité politique

Je n'insulte jamais l'avenir parce que là, on est aussi dans la campagne des parrainages. Je pense qu'Anne Hidalgo sera la première candidate à gauche à avoir les 500 parrainages. On le voit d'ailleurs dans les premiers chiffres qui ont été donnés par le Conseil constitutionnel. Donc nous, nous nous inscrivons, nous accélérons sur cette dynamique-là.

6:31
Invité

Donc elle ira jusqu'au bout, coûte que coûte, c'est sûr ? Il n'y a pas de ralliement possible avec Yannick Jadot pour faire le lien ?

6:36
Invité politique

Je n'ai jamais parlé pour les autres. Moi, ce que je dis, c'est que je souhaite que notre ligne aille jusqu'au bout.

6:40
Invité

François Hollande, qui ménage en certains suspens, même si personne ne croit vraiment à sa candidature, c'est responsable de faire ça maintenant ?

6:48
Invité politique

Parfois, le silence, c'est une stratégie qui peut être plus efficace.

6:56
Présentateur

Bien, on a compris le message. Valérie Rabault, invité du 830 France Info. On reprend cette conversation après le fil info avec Yann Ferschit. Il est 9h moins 20.

7:03
Invité

Deux meetings quasi simultanés pour Éric Zemmour et Marine Le Pen ce samedi. Éric Zemmour d'abord à Lille pour ce qu'il annonce comme son deuxième grand meeting après celui de Villepinte début décembre. Deux manifestations sont prévues dans la ville contre la venue du candidat de Reconquête. Ensuite, ce sera à Reims que Marine Le Pen s'adressera à 3000 de ses militants. C'est la primaire de l'extrême droite pour Valérie Pécresse, la candidate à l'air qui était à la Charleville-Mézière hier. Dans l'affaire de la disparition de Delphine Jubilard, les fouilles n'ont rien donné. Des fouilles qui ont mobilisé jusqu'à l'armée ces trois dernières semaines.

Cédric Jubilard est en détention provisoire, mis en examen pour homicide volontaire pendant l'affaire de la disparition de sa femme. Le bilan du Covid depuis son apparition aux Etats-Unis. Le virus a tué 900 000 personnes. Notre pays franchit aujourd'hui une nouvelle étape tragique, réagit le président Joe Biden exhortant une nouvelle fois les Américains à se faire vacciner. Et en Autriche, la vaccination obligatoire des adultes entre en vigueur. Aujourd'hui, c'est le premier pays d'Europe à décider d'une telle mesure. La large victoire de Marseille pour le compte de la 23ème journée de Ligue 1 de football. L'OM qui a battu Angers 5 buts à 2.

Rencontre marquée par un triplé de l'attaquant marseillais Milik. Au classement Marseille et ce matin provisoirement Dauphin du PSG.

8:17
Présentateur

C'est Valérie Rabot qui est ce matin l'invité du 8.30 France Info, porte-parole d'Anne Hidalgo dans la campagne présidentielle et présidente du groupe socialiste à l'Assemblée.

8:29
Invité

Un mot sur la situation économique avant de parler du pouvoir d'achat, priorité numéro 1 des Français. 7% de croissance en 2021. C'est la première fois depuis 50 ans qu'on n'avait pas vu un taux de croissance aussi important. Notre économie redémarre plus fort que l'Allemagne.

8:44
Invité politique

Cocorico, est-ce que vous donnez le point à Macron sur ça ? Je constate que oui, ça a redémarré plus fort. Mais comme ça avait chuté plus en 2020, ça a chuté de 8% en 2020 et ça a repris de 7% en 2021. Donc ça n'est que du rattrapage ? Non, parce que moins 8 plus 7, ça fait moins 1. Donc on n'est pas encore au rattrapage. C'est très bien de souligner la dynamique qui a été reprise en 2021. L'emploi est au rendez-vous aussi, le chômage. C'est très bien, mais il faut regarder la situation depuis le début de la crise. Et depuis le début de la crise, on n'a pas rattrapé notre niveau de création de valeur. Donc c'est tout.

On peut très bien, certains francocorico, nous on dit, écoutez, on reste plus modeste. Mais ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas encourager cette reprise. Et puis il y a un deuxième signal qui est quand même inquiétant, dont mystérieusement le gouvernement ne dit rien. C'est le commerce extérieur. Il n'a jamais été aussi dégradé dans notre histoire. C'est-à-dire qu'on va acheter beaucoup plus à l'extérieur que ce qu'on est capable de vendre. Alors même que nous avons moins de difficultés énergétiques que d'autres, même si nous en avons, parce que nous avons une production nucléaire. Et donc effectivement, ça veut dire...

9:51
Invité

Le commerce extérieur ne nous profiterait pas forcément complètement.

9:54
Invité politique

Pas complètement.

9:55
Invité

La question du pouvoir d'achat. Alors ces bonnes nouvelles économiques, elles sont contrebalancées par les prix de l'énergie et l'inflation. Il y a eu toute une série de réponses. Le gel des prix du gaz, le plafonnement à 4% des prix de l'électricité, ce chèque inflation. Est-ce que vous trouvez que la réponse du gouvernement est à la hauteur ?

10:13
Invité politique

Non, elle n'est pas à la hauteur sur au moins deux sujets. Le premier, c'est que vous avez 17 millions de Français qui prennent tous les jours leur voiture pour aller travailler parce qu'ils n'ont pas de transport en commun. Sur ces 17 millions, vous en avez la moitié. Exactement la moitié qui gagne moins de 1700 euros par mois. S'ils ont une facture de carburant, rien que pour aller travailler, entre 200, 250 et 300 euros par mois, comment voulez-vous qu'ils s'y retrouvent ? Nous, ce que nous avons proposé, c'est de faire comme ce que vous, vous avez en Ile-de-France. Vous avez un passe-navigo et votre employeur vous en paye la moitié.

Eh bien, nous disons, nous avons proposé au gouvernement, pendant cette hausse des prix du carburant, qu'il puisse y avoir un chèque de 50 euros par mois. Ce qui fait, grosso modo, 400 millions d'euros de dépenses partiellement couvertes par les hausses de TVA que l'État engrange. Parce qu'à chaque fois que le prix à la pompe augmente, l'État encaisse un peu plus de TVA. Nous avons fait cette proposition très concrète. Le gouvernement l'a refusé. Ça, ça marche dans les villes seulement. Comment ça, ça marche dans les villes ? Pas de faire de navigo. Bien sûr. Pour la campagne, nous proposons de donner un chèque de 50 euros, ce qui est l'équivalent, le pendant qui existe dans les villes.

Nous proposons qu'ils puissent être mis en œuvre aussi. Il n'y a pas de raison que les citoyens qui vivent à la campagne soient des sous-citoyens. Donc ça, c'est un premier sujet. Et le deuxième sujet qui est beaucoup plus structurel, c'est le scandale sur EDF. On force EDF à vendre à 42 euros le mégawatt. Quelque chose qui lui coûte 46 ou 47 euros à produire. Donc ils le vendent à des fournisseurs privés à 42. Ils le vendent à 42. Et ces mêmes fournisseurs privés vont le revendre sur le marché à 300 euros. Mais c'est pour limiter la hausse de la facture pour les Français ? Non, non, non. Ça, ce n'est pas pour limiter la hausse de la facture. Il faut arrêter de... C'est pourquoi, alors ?

C'est un mécanisme qui est imposé à EDF, qui appauvrit EDF et qui ne profite pas aux consommateurs. Donc là-dessus, le gouvernement aurait dû s'atteler pendant ces 5 ans à faire cette réforme pour EDF qu'il n'a absolument pas faite. Sur cette question, deuxième sujet, vous avez 5 milliards de crédits qui ont été votés pour 2022 sur les énergies renouvelables. Ça veut dire que si votre énergie renouvelable, elle vous coûte 70 euros à produire, le mégawatt-heure, vous la compensez quand les fournisseurs sont obligés de la vendre à 45, ce qui peut être un prix de marché. Là, ils la vendent à 300. Donc quand ils la vendent à 300, il ne va pas y avoir besoin d'avoir ce soutien.

Donc ces 5 milliards d'euros sont disponibles. Nous avons dit au gouvernement, mais utilisez-les pour les citoyens qui ont des hausses de factures d'énergie très importantes. Quelle a été la réponse ? La réponse est non. Ce sont des choses très concrètes et sur des crédits qui existent dans le budget de l'État et qui ne sont pas utilisés.

12:49
Présentateur

Un mot du nucléaire, Valérie Rabault, puisque la Commission européenne de Bruxelles vient d'accorder le label vert au nucléaire comme énergie de transition. Est-ce que vous dites que c'est un scandale ou que c'est très bien pour la France ?

13:02
Invité politique

Non, mais moi, je ne dis pas que c'est un scandale. Je dis qu'aujourd'hui, on voit que le nucléaire, effectivement, en termes d'émissions de CO2, il y a d'autres problèmes. Mais en termes d'émissions de CO2, chacun reconnaîtra que c'est quand même très très faible. Mais les autres problèmes sont là aussi. Est-ce que donc, il faut profiter de cette énergie qui existe aujourd'hui pour accélérer sur les énergies renouvelables ? La France est le pays qui a une des surfaces maritimes les plus importantes et c'est celle qui a quand même le moins d'éoliens en mer. J'ai cherché l'erreur quand même. Il faut monter en puissance sur l'Obschop.

13:36
Présentateur

Oui, mais le nucléaire vert, ça ne rechauffe pas du tout.

13:39
Invité politique

Je ne l'appelle pas le nucléaire vert, je l'ai appelé le nucléaire de transition. Et qu'aujourd'hui, honnêtement, il faut reconnaître que c'est celui qui dégage le moins de CO2.

13:47
Invité

Alors la ligne de partage, elle est très claire. Là, avec les écologistes, on va écouter Julien Bayou, justement, sur le choix du nucléaire français. L'entêtement dans le nucléaire va tuer EDF. Désolé pour l'addition, 20 milliards d'euros pour l'EPR de Flamanville. 20 milliards d'euros pour les Inkley Point, les deux EPR de Inkley Point. 40, 50 milliards pour le centre de traitement des déchets. 80 milliards pour le démantèlement. Où est-ce que vous allez chercher tous ces sous ? Il n'y en a pas, en fait. Et donc, s'entêter dans le nucléaire, c'est s'empêcher de développer les énergies renouvelables, qui créent plus d'emplois.

Valérie Rabot, vous qui alertez sur la situation économique d'EDF, est-ce qu'il n'a pas raison ? Non, oui.

14:27
Invité politique

Julien Bayou. Il faut... Ce qui compte, c'est s'entêter à forcer EDF à vendre à 42 euros un mégawatt-heure qui est revendu par des privés à 300 euros sur le marché. C'est un non-sens économique, un non-sens écologique et c'est un non-sens pour EDF. Et imposer cette règle-là à EDF est un scandale absolu.

14:47
Invité

Mais les socialistes ont quand même clairement une différence avec les écologistes sur le nucléaire et sur les investissements à faire.

14:54
Invité politique

On a une divergence dans le sens où nous nous disons, il faut que la souveraineté européenne en matière d'énergie soit affirmée. Il faut que nous partions de la situation telle qu'elle existe aujourd'hui et la faire évoluer. On ne fait pas tout en claquant des doigts en trois secondes. Ce n'est pas vrai. Donc moi, je vous dis, par exemple, sur l'éolien en mer, c'est incroyable, vu la surface maritime que nous avons, que nous soyons aussi peu équipés. Et ça, ça suppose qu'il y ait des investissements publics portés par l'État. Nous nous sommes pour le plan. Nous avons dans le programme d'Anne Hidalgo, il y a notamment sur la question énergétique, quatre grandes odyssées qui sont portées.

Je constate qu'elles ne sont pas portées ailleurs.

15:36
Présentateur

Un mot du pouvoir d'achat, Valérie Rabot, donc l'un des leviers pour répondre effectivement à la hausse du coût de la vie, notamment des prix de l'énergie, c'est l'augmentation des salaires. Le gouvernement dit qu'il fait confiance à la négociation dans les branches. D'autres proposent d'autres méthodes. Qu'en pensez-vous ? Comment agir sur cette question ?

15:55
Invité politique

Je pense qu'il faut être très offensif, parce qu'on sort de dix années sans inflation. Sous le précédent quinquennat, vous aviez les prix augmentés de 0,5% par an. Sous ce quinquennat, ils ont augmenté entre 1,2 et 1,3% par an. Et là, on change de monde. On est dans un monde où on va avoir 3,5, 4% d'inflation. Donc ça veut dire que si vos salaires n'augmentent pas d'au moins 3,4%, eh bien tous les travailleurs perdent de l'argent. Tous les travailleurs perdent en pouvoir d'achat. Et ça, c'est la négation même du travail. Quand votre travail ne vous permet pas de vivre des salaires... Alors comment ? Alors comment ? Donc ça, c'est le premier point.

D'abord, avoir, on va dire clairement, nous, dans le programme que nous soutenons, il y a une augmentation du SMIC pour les 2 millions de personnes qui sont SMIC, qui doit être suivie d'une négociation avec les partenaires sociaux pour les autres salaires. Ça, c'est le premier point. Et comme on est responsable, parce qu'on ne va pas non plus se mentir, on sait très bien que ça a un coût qui doit être financé, que l'argent n'est pas magique, mais cette augmentation, elle est indispensable. Vraiment indispensable. Sinon, vous faites perdre toute la valeur au travail. Et ça, pour nous...

16:58
Invité

Vous augmentez aussi les salaires des fonctionnaires.

17:00
Invité politique

Donc on a une prévision d'augmentation. Il y a doublement toujours pour les profs. Le point d'indice n'a pas été revalorisé. s'y suppose en parallèle d'avoir une démarche très offensive sur notre capacité à créer de la valeur dans le pays. On ne peut pas se contenter de rester comme on en est aujourd'hui, à vivoter, avec pas d'investissement.

17:18
Présentateur

Le doublement des salaires, ce que disait Myriam Ancawa, ce n'est plus d'actualité.

17:22
Invité politique

Mais il y a une progression. Pour les profs. Il y a une progression qui est engagée, notamment pour les débuts de carrière, pour pouvoir l'engager très rapidement.

17:28
Invité

Donc vous avez chiffré tout ça, financé, d'un mot ?

17:30
Invité politique

Parce que ça fait beaucoup, hausse du SMIC, hausse des salaires des fonctionnaires, revenus pour les jeunes également. Je pense que c'est le seul programme qui a été chiffré, en tout cas de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Peut-être qu'il y en aura d'autres qui ont été chiffrés sérieusement. Il y a un programme qui fait 50 milliards d'euros, avec des recettes qui sont mises en face, qui proviennent soit de la croissance, qui proviennent aussi d'un rétablissement de l'ISF, qui proviennent aussi du fait que, notamment, un certain nombre de crédits et d'exonérations fiscales qui portent sur des énergies non renouvelables, eh bien, devront être arrêtées.

Donc, en fait, c'est un équilibre qui est vraiment posé au sein de ce chiffrage.

18:07
Présentateur

On s'interrompt à nouveau, Valérie Rabault, pour le Filinfo. Il est 9h moins 10, Diane Ferschit.

18:12
Invité

Le bilan du 31-14, le numéro national de prévention des suicides, quatre mois après son lancement, 34 000 appels reçus selon le ministère de la Santé. Deux pics d'appels ont été relevés, un premier au moment des fêtes de fin d'année. Et puis, après le passage du chanteur Stromae à la télévision, il y avait dévoilé sa nouvelle chanson, L'Enfer, dans laquelle il évoque des pensées suicidaires. Duel de meeting ce samedi entre Éric Zemmour et Marine Le Pen, le candidat de Reconquête attendue à Lille. Son équipe annonce entre 8 000 et 10 000 participants. Objectif pour Éric Zemmour, séduire les classes populaires, électorat cible privilégié de Marine Le Pen.

La candidate du Rassemblement national qu'Israël a reçu 3000 militants attendues. Et elle entend insister sur des solutions concrètes. À gauche, Anne Hidalgo présente ce matin son comité de campagne, comité présidé par l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Fin de la première semaine du procès de Nordal-Lelandais, devant la cour d'assises à Grenoble. L'ancien militaire jugé pour le meurtre de la petite Maëlys et des agressions sexuelles commises sur ses petites cousines. Il reconnaît les faits commis sur une de ses deux petites filles, Nordal-Lelandais, qui nie en revanche solennellement toute atteinte sexuelle sur Maëlys.

À Pékin, première chance de médaille pour la France en relais mixte de biathlon. La course débute à 10h. Ce sera à suivre sur France Info.

19:30
Présentateur

Valérie Rabault, l'invité du 830 France Info, porte-parole d'Anne Hidalgo dans la campagne présidentielle. Il faut parler de la dépendance aujourd'hui, Valérie Rabault, parce que cette semaine les députés ont entendu le patron du groupe Orpea, ce groupe privé d'EHPAD qui est très gravement mis en cause dans le livre Les Fossoyeurs, du journaliste Victor Castané. On a le sentiment que ce monsieur a beaucoup esquivé dans cet échange. Qu'en avez-vous retenu et quelle est votre conviction sur cette affaire ?

20:01
Invité politique

Je faisais partie des députés qui l'ont questionné. Notamment, je lui ai apporté trois graphes en lui disant que le cours boursier d'Orpea, c'est six fois ce que font les autres, alors qu'il bénéficie du même argent, du même argent public, de remboursement. On lui a aussi posé des questions très claires. Vous savez qu'il aurait des marges arrières, c'est-à-dire que quand il achète des protections, supposons qu'il les paye 100, il se fait rembourser quasiment un tiers. Mais ça, il ne le dit manifestement pas aux agences régionales de santé. Et il n'a répondu à rien du tout. C'est des auditions, vous savez, à l'Assemblée nationale. On en fait quand même beaucoup.

J'avoue que là, c'est dans le top 3 des personnes qui ne répondent pas. Donc ça, c'est inacceptable. Quand on n'a rien à cacher...

20:45
Présentateur

Et très inquiétant pour les pensionnaires de ces EHPAD.

20:48
Invité

Il y a deux enquêtes en cours, une financière, une administrative. On peut s'étonner. Bon, il y a des familles qui portent plainte contre le groupe privé. Mais il n'y a pas d'enquête pénale. Le ministère public aurait pu se saisir.

21:01
Invité politique

Alors, moi, je ne vais pas me mêler des questions judiciaires. Il se trouve que la seule réponse qu'il a... Une des réponses claires qu'il a formulées pendant cette audition, c'était le nombre de contrôles qui ont été diligentés par le ministère de la Santé au cours des dernières années dans les EHPAD de son groupe. Eh bien, de mémoire, il y en avait de l'ordre de 70 en 2016. Et c'est tombé à 10 la dernière année. Donc, nous, disons, c'est quand même insuffisant.

21:26
Invité

Mais cette question de la dépendance, ça fait très longtemps qu'on en parle. Et personne n'est très surpris par ce livre-choc, cette enquête. On sent bien que... Non, mais pour Orpéa, bien sûr. Mais on sent que le problème, il est plus profond. Il est quasiment structurel. Ce n'était pas possible de le gérer, d'y répondre sous François Hollande, la dépendance.

21:45
Invité politique

Mais enfin, vous êtes quand même incroyable. Qui c'est qui a créé, sous la dépendance, une cotisation pour faire en sorte de la financer ? Mais c'était sous le quinquennat Hollande. Ce qui a été fait sous le quinquennat Macron, c'est de créer une cinquième branche vide. Ah ben ça, tout le monde peut le faire. Alors, n'importe qui autour de cette table peut créer une cinquième branche vide. Deux milliards et demi quand même. Si vous la financez... Mais qui a été l'argent qui est engrangé ? Il a été créé, il a été en tout cas décidé et fléché sous le précédent quinquennat. Donc il y a urgence maintenant pour faire cette réforme. Mais évidemment qu'il y a urgence.

22:20
Invité

Qu'est-ce que propose Anne Hidalgo ?

22:21
Invité politique

D'abord, nous avons fait beaucoup déjà sous précédent, lors de la dernière campagne, sur des créations de places en EHPAD, avec un financement qui était associé. Ça, ça nous l'avons complètement défini. Mais encore une fois, la première fois que, dans le fond, un fléchage a été organisé pour que, on sait bien que ça va coûter de l'argent, qu'il puisse y avoir un financement de la dépendance, je rappelle que c'était sous le précédent quinquennat.

22:49
Invité

Emmanuel Macron sera lundi à Moscou et mardi à Kiev. Trouvez les voies de la désescalade dans la crise ukrainienne. Vous approuvez ce rôle-là, ce déplacement-là. C'est très bien qu'il aille à Moscou, c'est très bien qu'il aille à Kiev.

23:02
Invité politique

Voilà.

23:04
Invité

Vous ne rentreriez pas dans la polémique que l'opposition politique fait ?

23:06
Invité politique

Je regrette que, lorsqu'il a pris la parole devant le Parlement européen, il n'a pas été très bavard sur l'Ukraine, parce que c'est la mission première de l'Union européenne, c'est assurer la paix et la sécurité des États. Et quand on préside l'Union européenne, on doit penser évidemment aux frontières polonaises, à tout l'est de l'Europe, qui pourrait être très impactée s'il y avait une escalade de violence en Ukraine. Donc, c'est la mission première de l'Union européenne.

23:40
Invité

Donc, la France au nord a essayé de jouer un rôle, de trouver les voies de la sortie de crise

23:45
Invité politique

et de s'imposer dans le face-à-face avec les États-Unis. C'est sa responsabilité. Aujourd'hui, les États-Unis parlent plus qu'elle. Et on voit que c'est l'OTAN, dont fait partie la France bien sûr, qui commence à déployer, en tout cas qui a donné quelques signaux, avec des navires de la marine des différents pays qui se sont commencé à se positionner. Mais il faut que l'Union européenne, dont c'est la principale responsabilité, soit assurée la sécurité de ces États membres.

24:14
Invité

Alors, d'autres candidats qui s'opposent à Emmanuel Macron n'ont pas exactement la même position et accumulent des critiques sur la manière dont le président de la République, au fond, utilise sa présidence de l'Union européenne et même les deniers publics pour faire campagne, alors qu'il n'est toujours pas candidat. C'est le cas de Christian Jacob, qui a été extrêmement offensif sur l'antenne de France Info, en parlant de détournement de fonds publics. Vous rejoignez cette critique ?

24:41
Invité politique

Que le président de la République assure sa fonction jusqu'au bout, c'est normal. Et là, on a des tensions internationales qui doivent être prises très au sérieux. S'il y a des détournements, comme le dit le président du parti LR...

24:57
Invité

Il accuse clairement de faire campagne avec les deniers publics.

24:59
Invité politique

Il y a une chose qui est très simple. Vous faites un recours auprès de la Commission nationale des comptes de campagne.

25:05
Locuteur

Voilà.

25:06
Invité politique

Avec... Non, mais il y a des règles qui existent dans notre pays. Alors, il dit qu'il les a contactés, déjà. Eh bien, c'est très bien. Et on verra ce que dira la Commission nationale des comptes de campagne. Moi, je ne vais pas me faire juge à la place du juge.

25:16
Présentateur

On est obligés de s'arrêter là. Merci beaucoup, Valérie Rabot, présidente du groupe PS à l'Assemblée. Porte-parole d'Anne Hidalgo dans la campagne présidentielle invitée du 8.30 France Info ce matin. Sous-titrage Société Radio-Canada