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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 19 février 2025 9 min

Bétharram : Bayrou contre-attaque et se défausse - Reportage C dans l’air - 19.02.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Une polémique de plus pour l'exécutif, alors que F.Bayrou est toujours sous la pression de l'opposition dans l'affaire Bétharram. - F.Bayrou contre-attaque.

Hier, dans l'Hémicycle, il a une nouvelle fois été sommé de se justifier dans l'affaire Bétharram. - F.Bayrou: J'ai passé la journée de samedi, comme vous le savez peut-être, avec le collectif des victimes.

Ils ont exprimé une chose: ils détestaient la récupération politique qui était en train d'être faite. - Des victimes présumées de Bétharram, un établissement catholique privé du Béarn où des sévices et des agressions sexuelles auraient été commis pendant plus de 30 ans. Ministre de l'Education entre 1993 et 1997, lui dit ne pas avoir eu connaissance de l'affaire et se défausse sur ses successeurs. - F.Bayrou: Si je ne savais pas, d'autres savaient.

Quel était le gouvernement à cette époque? C'est le gouvernement socialiste de 97 à 2002. Le ministre de la Justice était E.Guigou.

S.Royal était chargée de l'Enseignement scolaire. - S.Royal, furieuse, ne veut pas en rester là. ...

Dans l'opposition, on demande des comptes à celui dont les enfants étaient scolarisés à Bétharram. Pour LFI, F.Bayrou ne peut pas avoir ignoré les faits.

Le parti réclame sa démission. - Il a menti devant la représentation nationale à 3 reprises en 1 semaine. Il a menti sur une affaire extrêmement grave, probablement une des plus graves affaires pédocriminelles de notre pays.

Il avait tous les moyens pour agir, pour protéger ses enfants. Il n'a rien fait. Voilà l'origine du mensonge de F.Bayrou. - Pendant ce temps, lui l'a échappé belle.

R.Ferrand pourra bien présider le Conseil constitutionnel. Le choix d'E.Macron a été confirmé à 1 voix près par la commission des lois du Parlement, au terme d'une audition mouvementée. - La proposition de monsieur Macron de vous nommer président du Conseil constitutionnel illustre à elle seule la perte de boussole morale d'un macronisme à bout de souffle. - Votre nomination est de nature à nourrir des critiques de partialité du Conseil. - R.Ferrand: Acceptez l'idée qu'avoir partagé des engagements ne crée pas nécessairement un lien de vassalité. - Un vote plus qu'incertain.

Les députés LR se sont opposés à cette nomination d'un proche du président, mais au dernier moment, le RN a décidé de s'abstenir. - Madame Le Pen se prétend matin, midi et soir la meilleure opposante d'E.Macron.

Aujourd'hui, elle valide gratuitement la nomination pour 9 ans, bien au-delà du quinquennat du président de la République, d'un des plus proches du président de la République. - Une semaine décidément compliquée pour l'exécutif. Il affronte aujourd'hui sa 6e motion de censure, socialiste, cette fois.

Elle est purement symbolique car sans grandes chances d'être adoptée. Un symbole dont F.Bayrou aurait préféré se passer. - A.de Tarlé: Question.

F.Bayrou l'a dit devant l'Assemblée: "Si je ne savais pas, d'autres savaient." Il a pointé du doigt S.Royal et E.Guigou. - A.Bouilhaguet: Factuellement, il a raison.

Ca s'est joué en deux temps. Premier temps, F.Bayrou devant les députés la semaine dernière.

Mauvais, très mauvais, imprécis. Il lance lui-même presque la polémique. Est-ce que, parce qu'on est un très mauvais communicant, on est forcément coupable d'avoir couvert des faits de viol, un système dans un établissement catholique?

Ca mérite qu'on se pose la question. Deuxième temps cette semaine. On comprend ce qui se passe, la connaissance précise qu'il avait des choses. 96, plainte physique pour une gifle.

Il est ministre de l'Education nationale. Il diligente une inspection académique. Le rapport dit: "Circulez, rien à voir." Il classe l'affaire.

N'importe quel ministre aurait fait ça. 98, il n'est plus ministre. Il est président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques.

Plainte pour viol. E.Guigou est à la Justice. - A.de Tarlé: S.Royal est en charge de l'Education scolaire. - A.Bouilhaguet: L'affaire remonte.

Il y a un courrier très explicite du procureur général qui explique à E.Guigou les faits précis de cette plainte. J'ai regardé le courrier.

Il est très explicite. C'est vraiment un drame qui se passe. A priori, il ne se passe rien.

En 96, factuellement, une claque, une enquête. 98, un viol. Pas d'enquête.

Ils ne font pas le rapprochement. On peut se dire que ce n'est pas beau de dénoncer les autres, mais à un moment, on met tout le monde face à ses responsabilités. - A.de Tarlé: Ca se passait à Pau.

On était chez F.Bayrou, en 98. Il est président du conseil régional des Pyrénées-Atlantiques.

Est-ce qu'il agit pour faire en sorte que ces exactions cessent dans cet établissement, où ses enfants sont passés? - J.Jaffré: On est bouleversé devant les faits révélés, qui sont absolument ahurissants dans leur gravité et leur durée.

Ils mettent en cause l'enseignement catholique privé sous contrat dans ces conditions et l'absence de contrôle. On est indigné devant la lâcheté ou l'indifférence des uns et des autres. On comprend l'omerta telle qu'elle a existé et qui faisait que même les victimes ne s'exprimaient pas.

C'est très récent que les victimes s'expriment. Elles considéraient qu'elles ne seraient pas crues, entendues, et qu'elles ne pouvaient pas s'exprimer. A partir du moment où les plaintes pour viols commencent à arriver...

Nous en sommes à 130 plaintes, semble-t-il. On ne comprend pas que les élus locaux, le premier d'entre eux étant F.Bayrou, ne se soient pas davantage saisis de cette affaire.

Il a dit à l'Assemblée hier que c'était la 1re fois que ce collectif des victimes était écouté. Qu'a-t-il fait pour les réunir, les écouter depuis tant d'années? On n'en revient pas.

On est consterné devant son imprécision, ses contradictions...

Au départ, il n'est au courant de rien. "Jamais, jamais..." Non.

Il ne couvre pas les viols. Il n'a jamais couvert les viols. Il ne faut pas confondre les choses.

Il y a eu une indifférence. C'est extrêmement grave et difficilement rattrapable maintenant. Les élus d'un département ne peuvent pas ignorer, à partir du moment où des faits de cette gravité se révèlent, que ça mette en cause l'ensemble de la population de ce département.

Les élus de ce département ne peuvent pas y être indifférents. Ce n'est pas qu'un problème de communication.