Entretien avec Claire FITA, députée européenne
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour notre rendez-vous européen proposé par l'Europe direct Strasbourg. C'est un plaisir de vous retrouver sur Radio Judaïica Strasbourg RCF Alsace et en podcast sur toutes les plateformes habituelles.
Pour cette émission de rentrée, nous recevons la députée européenne Claire Fitard. Bonjour madame Fitard. Bonjour.
Merci d'être avec nous. Vous êtes donc député européenne socialiste, élu lors des élections de juin 2024, donc l'année dernière, ici euh au Parlement européen. Vous si au sein de la Commission des affaires économiques et monétaires.
Vous êtes également impliqué dans la commission de l'agriculture, si j'ai bien suivi, et être vice-présidente de la délégation avec les pays Afrique, Caraï Pacifique qu'on appelle la CP. C'est bien ça. Tout à fait.
Euh, vous êtes aussi élu régional en Occitanie. Votre parcours vous a donc conduite des responsabilités locales aux grands enjeux européens. Il y a sans doute plus de liens qui n'y paraît et nous y reviendrons très certainement au cours de notre échange.
Alors madame Fitane, nous vous rencontrons aujourd'hui à Strasbourg à l'occasion de la session plinière de rentrée marqué par un rendez-vous incontournable de la vie institionnelle européenne. Le discours sur l'état de l'Union prononcé le 10 septembre par Ursula Vanderleyen au début donc de son second mandat. C'est son premier discours sur l'état de l'Union qu'elle doit prononcer chaque année.
Alors, c'est un moment emblématique de la démocratie européenne car Ursula Van Derleyen il a présenté à la fois son bilan et un discours d'orientation pour pour l'avenir. Malheureusement, cet exercice serait assez méconnu du grand public que ce soit européen mais français également. Ce sera donc l'occasion avec vous euh d'y revenir.
Mais avant cela donc j'aimerais que nous parlions de votre parcours et de cette première année passée au Parlement européen. Euh vous avez donc été lu pour la première fois l'année dernière après un engagement politique en Occitanie. Donc après un an entre Strasbourg, Bruxelles et Groet, je crois votre ville du Tarne.
Quel regard portez-vous sur vos premiers pas d'eurodéputés ? Alors jee vous dire que ma commune elle s'appelle Groyé LH en Ociitant ça se prononce yeu et pas le mais on peut pas le savoir si on n'est pas ocient hein c'est intéressant pour nous les Altiers avec tous nos nos nom de communes je comprends que déjà on se trompe et je ne savais pas merci beaucoup non c'est c'est avec plaisir et et donc voilà vous avez reconnu l'accent tarné qui est le mien puisque je suis vraiment une tarnautarnaise. Bien, écoutez, c'est vrai que c'est un mandat assez extraordinaire celui de de député européenne et au bout d'un an, moi j'ai fait campagne il y a un an sur une liste qui s'appelait Réveiller l'Europe portée par le Parti socialiste et place publique et et je pense que le premier constat d'abord les événements nous ont donné raison.
Trump est arrivé à la tête des États-Unis et nous étions véritablement dans cette crainte il y a 1 an et dans cette volonté de réveiller cette Europe pour qu'elle se protège notamment nos populations mais aussi notre économie, nos valeurs démocratiques qui sont très importantes dans l'idéal européen mais aussi bien entendu protéger la paix qui est l'ambition historique de l'Europe et dans mon quotidien alors Alors que l'Europe peut paraître éloignée he de nos concitoyens. Moi, il y a de plus en plus d'interlocuteurs, que ce soit des chefs d'entreprise, que ce soit aussi des personnes impliquées dans des associations me disent "Mais que peut faire l'Europe pour nous ? Nous en avons besoin.
Tout le monde sent bien le moment de gravité." Et et je crois que ce mandat là, moi je l'ai en tout cas inscrit dans cette volonté de retrouver une Europe souveraine, une Europe puissante et le combat il est amené et moi vraiment mon quotidien il est de construire dans tous les dossiers que je porte et dans tous les les discussions que ce soit autant au niveau européen qu'ussi dans sa déclinaison locale parce que je pense que c'est très important de faire exister. Vous avez connu donc cette échelle régionale, vous la connaissez toujours, vous avez dit que vous êtes vraiment une tarnaarnaise.
L'échelle régionale, l'échelle européenne, quels sont pour vous les liens que vous faites entre ces deux dimensions de l'action de l'action publique ? Alors, il y en a deux. Le plus important, c'est d'avoir les pieds bien ancrés dans la terre et de de rester dans ce quotidien de de nos concitoyens.
Donc ça pour moi ça c'est très important. Et puis la deuxième chose, c'est que les régions, que ce soit en France, mais dans toute l'Europe, hein, ce sont des échelons vraiment des interlocuteur de l'Union européenne et l'Union européenne, elle conçoit aussi son fonctionnement en s'appuyant sur les régions. Donc, par exemple, les régions, elles gèrent tout un tas de fonds européens, fonds de cohésion, fédèer, FSE.
Il y a une déclinaison euh territoriale avec des adaptations en fait au contexte local, mais c'est bien ça. Comment on fait cette Europe de proximité et du quotidien avec des interlocuteurs qui ont l'habitude euh du contexte spécifique régional. Donc le lien, il se fait toujours et autant bien j'essaie du bas vers le haut, c'est-à-dire faire remonter les préoccupations, être un peu l'accent d'Occitanie à Bruxelles et à Strasbourg, mais aussi expliquer sur le terrain euh ce qui se passe au niveau européen et surtout comment mieux mobiliser les fonds européens, mieux mobiliser l'influence européenne pour et bien porter une Europe plus juste, une Europe plus solidaire dont nous avons tant besoin et on le verra dans au cours de notre échange, il y a des questions budgétaires aussi qui vont avoir un impact dans ces dans ces politiques régionales.
Alors, passons à l'actualité immédiate de cette session plinière. C'est ce discours sur l'état de l'Union de Madame Vleyen. Make no mistake this is a fight for our future.
So my pitch today is a pitch for unity unity between member states. Unity between European institutions. Unity between the proecratic forces of this house.
Voici le l'introduction de madame Vander Lenère, un discours un peu de combat, faut que l'Europe se batte pour ses valeurs. Alors, j'aimerais avoir un petit peu votre regard sur ce 5e discours sur l'état de l'Union, mais le premier prononcé dans cette législature. Un discours qui intervient donc à un moment crucial, marqué par un scénario mondial de plus en plus instable.
Qu'en avez-vous retenu vous personnellement ? Alors, c'est un sentiment très partagé, c'est-à-dire que il y a le moment est un moment de gravité. on venait d'apprendre que des drones euh venaient de pénétrer sur euh l'espace aérien polonais.
Donc un acte très fort et et très grave pour la suite qui n'est qu'un épisode de plus hein dans cette instabilité géopolitique et bien entendu ce contexte de guerre sur le continent européen mais bien entendu avec beaucoup d'autres scènes de guerre affreuse dans le monde. Donc il y a clairement des avancées et vous l'exprimer ce ton offensif notamment sur la scène internationale pour moi a été extrêmement apprécié avec de vraies propositions notamment au niveau international mais aussi moi des sujets sur lequels je suis très attaché. Le logement c'est le quotidien de nos concitoyens.
C'est ce qui pèse aujourd'hui de plus en plus dans notre pouvoir d'achat. Donc l'Europe, elle a son rôle à jouer sur ce dossier-là. Il y a des annonces qui ont été faites là aussi sur la souveraineté énergétique par exemple.
Ça aussi c'est le quotidien hein. Nos factures d'électricité, elles ont beaucoup augmenté mais à la fois donc comment on fait on améliore la vie des gens et comment aussi on devient indépendant avec notamment des énergies plus renouvelables, plus durables parce que c'est un enjeu d'abord de souveraineté bien entendu de durabilité environnementale mais aussi de souveraineté. Mais vous savez en politique c'est comme un amour.
Il y a les déclarations d'amour et puis il y a les preuves d'amour. Et objectivement euh et c'est là le le mon sentiment partagé, moi j'attends les actes et il y a eu véritablement des actes contradictoires avec les affirmations qu'elle a posé hier matin. Et par exemple l'un des actes pour moi qui a été totalement contradictoire par rapport à ce qu'elle a annoncé, c'est cet accord avec les États-Unis, cette vassalisation par rapport à Trump, si vous voulez, on y reviendra.
Mais ça c'est un acte contradictoire par rapport à ce qui a été dit. Et l'autre acte, c'est euh aussi un sujet d'actualité, le budget. Ça c'est les preuves d'amour, hein.
Euh il y a l'ambition qu'on se donne euh avec des orientations politiques, mais ensuite il y a les moyens qu'on met pour permettre d'atteindre ces objectifs ambitieux. Et si nous n'avons pas les moyens, on biaise totalement et on s'enferme parce que nous sommes dans une crise démocratique aujourd'hui euh en Europe, dans le monde. Donc donner confiance euh aux gens, c'est respecter la parole que nous avons.
Et là, je ne voudrais pas qu'il y ait de belles déclarations et ensuite soit des actes contradictoires encore une fois ou en tout cas pas les moyens pour pouvoir atteindre les objectifs. Donc elle a elle a évoqué certaines priorités, vous en avez parlé, elle continue le on continue le renforcement du soutien à l'Ukraine, hein. Il faut rappeler, c'est ce qu'elle a dit, que l'Union européenne est le premier bailleur de fond et le premier soutien de à l'Ukraine hein de de depuis la guerre d'agression de de Poutine.
Elle a également parlé de de Gaza avec des mesures que entendant prendre l'Union européenne, mais comme on le sait, il faut que les chefs d'État derrière derrière suivent. Il y a les relations commerciales avec les USA sur lesquelles on va revenir. Il y a la compétitivité aussi, le maintien du cap climatique.
Donc il y avait beaucoup de choses. Il y a un terme qui est pas revenu par exemple, c'est l'agriculture. Je n'ai pas entendu le terme agriculture dans le alors que vous vous êtes quand même attaché déjà en tant que venant d'un milieu rural.
Euh ça vous a pas surpris que la question agricole ne soit pas ne soit pas soulevée dans ce discours ? Alors euh je je l'ai lu très attentivement et il y a bien le terme d'agriculture dans le discours, mais euh bien évidemment euh que ce n'est pas suffisant et et moi je je porte aussi euh un combat très important euh qui sont d'ailleurs en lien avec ce que on a vu en terme d'épisodes terribles durant l'été avec ces feux qui ont envahi le sud de l'Europe. Alors bien sûr que ce sont des phénomènes que nous connaissions mais pas avec cette ampleur.
Et on voit bien que le réchauffement climatique accélère et augmente les conséquences. Nous voyons bien que notre agriculture, c'est nourrir bien entendu d'abord nos populations, mais c'est beaucoup plus que ça. C'est une vraie logique d'aménagement du territoire.
Et là où il n'y a plus d'agriculture parce que le la rentabilité n'est pas assurée, parce que nos agriculteurs n'ont pas les revenus suffisants pour pouvoir vivre euh de leur travail, et bien il y a cette dévastation par ces phénomènes, notamment les incendies. Donc, il faut aussi que nous reconnaissions cette agriculture méditerranéenne avec ce rôle bien entendu pour nourrir mais aussi pour aménager et prévenir et s'adapter bien entendu au réchauffement climatique. Donc oui, vous avez raison, ça n'a pas eu la place que notre agriculture mérite, surtout que la colère est immense dans toute l'Europe.
Alors, vous savez le mouvement de colère des agriculteurs en France, il est parti de ma région d'Occitanie parce que c'est là où nous avons les revenus moyens agricoles les plus faibles de France. Et et pourquoi ? parce que nous avons en raison notamment de notre climat les rendements les moins importants.
Et aujourd'hui l'agriculture européenne telle qu'elle est pensée et bien vous savez c'est 80 % des subventions qui vont à 20 % des exploitants agricoles. Donc on voit bien qu'il y a un manque de redistribution et notamment dans ces régions comme la mienne où nous n'avons pas les mêmes prises en compte des spécificités territoriales. Donc l'agriculture et il y a eu des annonces au mois de juillet hein avec sur la future PAC qui interviendra à partir de 2028.
Donc oui, c'est ça fait partie des regrets. On reviendra encore un petit peu sur sur l'agriculture tout à l'heure. On va rester sur le le le discours sur l'état de l'Union sur les questions des accords commerciaux puisque ils ont été négociés au mois de juillet avec monsieur Trump en en Écosse.
Alors, l'Union européenne a conclu donc cet accord commercial avec les États-Unis. Comment le jugez-vous ? Sachant que j'imagine bien que c'est pas positif.
H c'est un déséquilibre flagrant. Les États-Unis imposent 15 % de droits de douane. Euh et concernant une majorité de de produits américains, l'Union européenne n'en impose aucun.
Donc on est dans cette ce déséquilibre fondamental. Mais au-delà, il y a un autre aspect qui est très important. Euh donc dans le deal hein, maintenant c'est un terme qu'on utilise fréquemment, il y a le fait que l'Union européenne va acheter des hydrocarbures notamment aux États-Unis et investir aux États-Unis.
Ça ça va en contradiction totale avec les recommandations du rapport Dragiy et l'État que nous avons eu il y a un peu plus d'un an où la recommandation et surtout le constat hein d'ailleurs assez accablant, c'est que nous avons un besoin crucial d'investissement au sein de l'Union européenne. plus de 800 milliards d'euros indispensables en terme de et bien réindustrialisation de l'Union européenne de de production en fait. Il y a aussi donc cette logique là.
Donc voilà la contradiction et ça faisait partie des actes contradictoires que j'évoqué tout à l'heure. Moi moi je me bats pour que la France elle puisse défendre bien sûr l'ensemble de ces industries notamment qu'elle a perdu. Mais ça c'est au ça se c'est valable bien entendu au niveau de l'ensemble du continent européen et de l'Union européenne.
Euh là on remplit absolument pas nos objectifs et on va même à l'encontre des besoins européens. Mais elle se défend en disant qu'elle a négocié le meilleur accord possible. On peut pas totalement lui donner tort dans le sens où effectivement si on regarde par rapport à au reste il y a des des exemptions à ces 15 %.
Ces 15 % c'est tout compris. Alors qu'avec le Royaume-Uni, il y a encore d'autres taxes qui se rajoutent. Il y a des limites, il y a des quotas là, il y en a pas et cetera.
L'idée qu'elle sur le point sur lequel elle se défend, c'est que elle elle apporte grâce à ça une forme de stabilité commerciale avec les États-Unis. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ? Elle elle dit "Moi, voilà, c'est négocié, c'est un bon accord parce que c'est le meilleur possible et en plus euh ça apporte une stabilité." Je respecte le travail effectué mais je suis en totale opposition avec cette analyse.
Moi je pense que par définition avec un populiste comme Donald Trump, il ne peut pas y avoir de stabilité dans les relations. D'ailleurs, au lendemain même du deal conclu, il y avait déjà une remise en cause par Trump à nouveau de toute la réglementation numérique que nous portons au niveau de l'Union européenne. Et ça ça a été clairement affirmé hier et ça c'est très important hein que nous ayons cette souveraineté numérique encore à affirmer et à construire mais en tout cas qu'il y aurait pas de retour en arrière sur notre réglementation.
Par vous parlez de ce fameux DSA donc le digital service AC. Donc nous on a des règles et les entreprises américaines devront s'y soumettre. Et en fait l'attaque de Trump ce n'est pas une guerre commerciale, c'est une guerre politique en fait sur les valeurs.
C'est une attaque de notre modèle démocratique. on le voit bien, il y a soi-disant un accord économique qui est conclu, mais au lendemain, il y a à nouveau des attaques sur d'autres aspects qui peuvent paraître économiques, mais qui sont éminemment politiques sur le modèle que nous voulons porter, notamment avec cette conviction démocratique qui est l'identité européenne qui n'est pas du tout portée par Trump parce que il y a une alliance, ça le terme il est je pense vraiment évident transatlantique entre Donald Trump Trump et les populistes européens. Donc ça, ils ne veulent pas d'Europe, ils veulent attaquer l'Europe.
Donc je il n'y aura pas de stabilité avec les États-Unis tant que Trump sera au pouvoir. Et c'est aussi une des raisons pour laquelle Urs Vander Layen a défendu l'accord qu'elle a négocié avec les certains pays d'Amérique du Sud, ce qu'on appelle l'accord du du Mercosour notamment avec le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay dans ce contexte de tension commerciale avec les États-Unis. Elle dit voilà moi je je propose de nouveaux accords avec des de nouveaux partenaires.
Pourtant là aussi vous et votre famille politique est assez opposé au au Mercosour. Il y a la proposition en soi hein du du mercour qui est véritablement nous nous le pensons he à l'encontre des intérêts européens que ce soit pour nos agriculteurs hein parce que les importations en fait venant du Mercosur c'est essentiellement des importations agricoles. Donc véritablement ça mettrait en danger c'est un sacrifice de nos agriculteurs et de nos territoires.
Mais il y a aussi un danger sanitaire parce que les normes déjà sociales mais aussi environnementales de ces pays ne sont pas du tout comme les nôtres. Donc il y aurait une mise en danger de nos concitoyens avec les produits consommés. Donc ça c'est le fond bien sûr avec les risques intrins mais au-delà c'est la vision de l'Europe que nous voulons porter.
Euh ce libre échange sans aucune exigence de réciprocité, c'est de la concurrence déloyale. Euh alors que euh le projet pour moi pro-européen, c'est celui de la souveraineté, mais aussi de la protection de la paix, de nos valeurs démocratiques, mais aussi très concrètement de nos productions agricoles, de nos productions industrielles. La droite européenne, elle a construit un continent de consommateur.
C'est important. C'est important hein, mais après c'est un marché de 450 millions exactement et c'est un pouvoir mais ce pouvoir-là nous devons le mettre au service de nos populations pour pouvoir là véritablement redevenir un continent de producteur. C'est ça la souveraineté et l'indépendance, c'est redevenir producteur.
Nous avons vécu des vagues de désindustrialisation massive. Nous sommes à la veille du même danger concernant notre agriculture. Les revenus de nos agriculteurs ne sont pas suffisant pour leur permettre d'avoir des perspectives et donc de s'engager dans à la fois en effet, il y a une adaptation indispensable qui exige des moyens mais il y a aussi cette ambition de nourrir l'Europe.
Moi, je je ne pense pas qu'on ne puisse que se tourner vers les pays tiers, vers l'extérieur. Je ne suis pas contre les échanges. Au contraire, nous moi je je suis internationaliste, hein.
Je pense sincèrement que les échanges sont importants, que ce soit entre femmes et hommes, entre population, mais bien entendu de bien, de services, c'est mais il faut que nous soyons dans une lutte contre cette concurrence déloyale dont l'Europe souffre aujourd'hui. Donc ce que nous exigeons à nos concitoyens, il faut que nous puissions l'exiger de toutes nos importations venant de pays tiers. Il y a pas un risque d'isolement, je dirais économique finalement si on se protège comme ça.
Est-ce qu'il y a pas un risque pour nos producteurs de ne pas pouvoir exporter comme ils le souhaiteraient ? Non, je ne pense pas parce que justement euh utilisons ce pouvoir d'être des 450 millions de consommateur. C'est un vrai pouvoir économique dont aujourd'hui nous ne nous servons pas.
Pas assez en tout cas. Et donc je pense que c'est sur ce mandat là qu'on doit enclencher euh ce combat-là. au niveau de l'Union européenne, on va peut-être expliquer à nos à nos à à nos auditeurs, il y a il y a des budgets annuels, mais il y a surtout un cadre financier pluriannuel qui fixe un peu les le le contour de ce de ce budget qui est en négociation.
Euh la Commission a présenté son projet de cadre financier pour 2028 à 2035. Quelle est votre proposition vous sur ce sur cette proposition ? J'ai cru comprendre qu'elle était pour vous pas suffisante.
Et en quoi souhaiteriez-vous la la faire modifier ? Oui. Donc voilà, ça c'est les preuves d'amour, hein.
Euh et donc euh vous avez raison, hein, d'insister sur le fait que c'est une vision pluriannuelle. Donc et d'ailleurs en tant que parlementaire notre véritable capacité d'influence, elle est sur cette pluriel nuité hein, parce qu'il y a encore un peu de déficit démocratique au niveau de l'Union européenne et le Parlement n'a pas la même influence sur les budgets annuels que sur les les budgets pluriannuels. Donc là, on parle de la période 20282034, hein.
Donc ça peut paraître loin mais en fait c'est demain. Et en effet pour nous, mais vous savez le parlement a été très sceptique unanimement a reçu avec beaucoup de froideur cette proposition budgétaire parce que d'abord il y a l'ampleur il y a l'ampleur du budget. ont parlé tout à l'heure des questions agricoles.
Vous savez, grosso modo, jusqu'à présent le budget de l'Union européenne c'était 3/3 1/3 les politiques agricoles, 1/3 les fonds de cohésion donc Féder FSE qui viennent sur les territoires et un dernier tiers où il y avait l'ensemble des autres politiques. Donc on voit bien he l'importance de la politique agricole commune. Et là dans ce premier budget, il y a une baisse de plus de 20 % des crédits alloués à la politique agricole.
Donc ça c'est inacceptable et c'est d'autant plus inacceptable que il y a aussi cette proposition. Moi je suis une européenne convaincue, alors je suis aussi une décentralisatrice. Je crois qu'il faut adapter localement hein des ambitions communes européennes.
Mais on peut pas être dans une renationalisation. C'est un peu technique peut-être, mais il faut avoir en tête que la commission là, elle a proposé de dire et bien on fait ce budget mais en terme de modalité, on va renationaliser l'ensemble des fonds européens et les États-membres, ils pourront, puisque les fonds seront fongibles, décider de donner bien ce qui était à l'agriculture va en donner plus sur la défense par exemple ou inversement hein puisque ce serait à la discrétion des États-membres. Donc on est bien sur un recul de cette ambition européenne et il y a aussi une menace.
Moi je suis voilà élu dans une région où je pense que c'est important d'avoir cette gestion aussi des fonds européens dans les régions et certains Étatsmembres pourraient remettre en cause aussi cette gestion de proximité. Donc il y a à la fois sur le volume et l'exemple sur les politiques agricoles, je pense que c'est c'est le plus marquant. Moi, le fond de mon engagement, c'est la lutte contre l'extrême droite et tous les populismes.
Euh faire en sorte que nous ayons moins de moyens à donner à nos territoires, que ce soit pour les politiques agricoles, mais que ce soit aussi pour les crédits d'investissement, c'est se donner encore aux populistes. Donc ne donnons pas d'arguments pour pouvoir justement faire monter ces populistes qui vont attaquer l'Europe et surtout nos valeurs démocratiques et monter les populations les uns contre les autres. Donc non, ce n'est pas une bonne copie, il faut la revoir.
Si on parle des des polistes et de l'extrême droite, ça peut aussi nous amener à parler de la situation politique en France. J'aimerais revenir un petit peu sur l'actualité française après le vote donc de confiance qui n'a pas été donné à François Beou et sa démission. Comment percevez-vous le climat politique en France ?
Et selon vous, cette instabilité, elle a-t-elle un impact aussi sur le poids un peu de de vous en tant que député français ? Est-ce que vous vous ressentez quelque chose de cette instabilité que nous avons depuis depuis 2 années en France ? Ah oui, il y a des conséquences dans tous les domaines.
Il y a une conséquence au niveau européen. La France a perdu de son influence. Ça c'est c'est c'est très clair.
Donc bien sûr que du coup ça complique le travail pour tout le monde. Mais vous savez cette instabilité, elle a des conséquences économiques, elle a des conséquences sociales, elle a des conséquences démocratiques. Pour moi, on il n'y aura pas de stabilité sans justice parce que depuis 8 ans, bien le mandat d'Emmanuel Mancron, il est marqué par des injustices sur lesquelles il ne veut pas revenir. qu'il faut qu'il y ait des pas significatifs vers plus de justice pour gagner en stabilité.
Je le pense possible. Pour revenir à une forme de stabilité, il a proposé donc comme premier ministre monsieur Sébastien Lecnu. Euh il parle d'une nouvelle méthode.
Qu'est-ce que vous vous en pensez vous ? Je pourrais on peut peut-être aussi dire vous êtes proche de Carole Delga si je me si je me trompe pas. Vous en tant que élu socialiste, qu'est-ce que est-ce que vous croyez à cette nouvelle démarche, à à cette idée de euh de construire un une forme de de d'accord démocratique ?
Alors, il y a clairement une rupture de confiance. Euh Emmanuel Macron, n'a pas respecté le vote issu des urnes il y a un peu plus d'un an à la suite de la dissolution qu'il a voulu. Donc bien sûr qu'il y a une rupture de confiance. là il réitère, il respecte pas le vote d' 1 an, donc il nomme un de ses proches.
Donc non, il n'y a pas de confiance. Mais par contre, il y a cette responsabilité en tant que femme politique et cette quête de stabilité. Donc je vois bien les graves conséquences de l'instabilité politique française partout bien sûr en France pour notre quotidien mais aussi au niveau Europe au niveau européen mais aussi du coup au niveau mondial hein.
Donc moi je suis en quête de stabilité et cette responsabilité nous elle exige d'être à l'écoute et euh moi je je suis tout à fait favorable à ce qui est un dialogue et qu'on arrive à trouver un compromis. On y arrive au niveau européen sur un certain nombre de propositions de dossiers dans le sens de la construction européenne quand la droite s'allie pas à l'extrême droite et trahit ce pacte-là hein. Donc euh on sait bien que euh c'est extrêmement fragile et de plus en plus fragile depuis un an au Parlement européen.
Mais non, moi je je je ce toujours pour être dans en responsabilité et vers cette stabilité dont nous avons besoin pour faire des gains pour nos populations et lutter contre les gestes injustices. Je veux dire, cette réforme des retraites, elle a été ultra majoritairement contestée par les Français. Ça, il faut que notre président de la République, il l'entende. cette injustice fiscale qui fait que bien les fortunes françaises ont doublé leur patrimoine en durant les mandat d'Emmanuel Macron alors que la majorité de nos concitoyens ont vu baisser leur pouvoir d'achat et parce qu'il y a eu une forte inflation enfin je veux dire tout passé par des périodes un peu extrêmement difficiles hein mais c'est pas possible qu'il y ait eu un creusement des inégalités et pas d'action publique volontariste pour réduire ces inégalités parce qu'on est sur cet enjeu démocratique d'accepter abilité.
Alors, je terminerai par une dernière question. Voilà, on est quand même encore au début de mandat, il reste 4 années de mandat européen. Vous avez une ambition personnelle, un sujet sur lequel vous voudriez travailler suivre ici, que vous voudriez suivre ici au Parlement européen pour les pro dans dans lequel vous souhaiteriez vous investir ?
Ah oui, alors j'en ai plein. J'en ai plein. Euh mais ma conviction, c'est de dire moi, je serai toujours à l'écoute aussi de nos concitoyens qui m'entourent pour porter leur projet parce que l'Europe, c'est aussi euh porter un projet d'infrastructure, par exemple, de mobilité notamment dans le sud de la France qui a été en déficit d'investissement. c'est aider une entreprise à créer plus d'emplois, à innover quel que soit le domaine sur des activités traditionnelles comme émergente.
C'est aider une association qui veut justement travailler sur cette dimension européenne transfrontalière dans le domaine de la culture. Voilà, ça c'est pour moi cette écoute là et cette proximité, ce sera toujours majeur durant tout mon mandat. Mais comme je le disais tout à l'heure, cette agriculture méditerranéenne, reconnaître que nous avons euh cette spécificité avec l'eau qui nous manque tant et qui demande d'être si innovant euh à faire confiance à nos agriculteurs, mais aussi la justice fiscale.
J'intervenais hier euh sur la taxation de des services numériques. Oui, je disais les les patrimoines français qui ont doublé pour les plus riches dans notre pays, mais les GF femmes et toutes ces plateformes numériques qui ont engrangé des bénéfices mais records chaque année. Là, nous avons besoin, même si les États-Unis se sont retirés justement de l'accord fiscal porté par le CDE, là l'Europe, elle doit être souveraine et taxée pour pouvoir justement avoir ses ambitions parce que moi j'ai des ambitions mais je sais aller chercher les moyens et c'est pas euh les entreprises qui sont dans notre quotidien, nos PME, nos retraités à à payer ces ambitions.
C'est là où il y a justement une accumulation, une production de richesse et notamment sur les services numériques. On va suivre ces quatre prochaines années et voir un petit peu comment cette politique fiscale au niveau européen va pouvoir jouer un rôle parce qu'on sait que c'est assez compliqué au niveau de la fiscalité au niveau au niveau européen. J'aimerais terminer par une rubrique un petit peu plus légère que l'on que l'on fait traditionnellement dans cette émission.
Alors, je vous propose ce qu'on appelle un entre deux des choix rapides, instinctifs, je vis dire pour mieux vous connaître. entre nous, entre deux. [Musique] Alors, travailler dans le calme ou avec un fond musical ?
Hm. Alors, le fond musical que j'adore, c'est les champs des oiseaux dans ma campagne tarnaise. Euh mais je suis pas du tout contre un bon rock là, bien puissant pour se donner la pêche quand il y a des sujets qui exigent voilà de la détermination.
Écrire à la main ou vous êtes plutôt sur un sur un clavier ? Euh j'ai encore mon stylo toujours dans mon sac avec mon petit carnet pour noter toutes mes idées. Mais clairement là maintenant je suis agenda numérique.
J'ai dû me mettre à à tous les réseaux sociaux parce que ça fait partie du travail hein aussi communiquer ces idées. On va rester sur le numérique plutôt. Lecture du journal papier ou lecture numérique ? hein le fait que je me déplace tant euh m'a obligé euh de passer au journau numérique.
Mais moi, je suis fille de libraire qui tenait aussi une maison de la presse. Donc je suis très attachée au journal papier en vacances quand je peux m'acheter le journal et le lire comme ça en vivant le café papier, je je me régale. Alors, un repas entre collègues européens ou un dîner avec des citoyens locaux ?
Alors quand je suis à Strasbourg à Bruxelles c'est forcément avec des collègues européens et mais c'est avec grand plaisir et puis surtout il y a cette ce multiculturalisme que je découvre. Donc voilà c'est de belles rencontres mais bien sûr que dans mon Occitanie avec tous les copains que du coup je dans tous les départements puisque je je le sillonne depuis longtemps autour de nos bons produits locaux évidemment. un genre j'allais vous poser la question, ce serait plutôt une chourute alacienne avec vos collègues ou ou avec un verre de rising ou une pailla espagnole avec un vin de votre région ?
Ah là la pailla, je m'excuse mais je je n'arriverai pas à m'en défaire. Et alors le vin, vous savez que l'Occitanie c'est la première le premier vignoble au monde en production sous signe officiel de de qualité hein. Donc voilà tout à fait.
Vous êtes plutôt agriculture bio ou circuit court ? Faut pas opposer. Moi, je suis tout.
Non, non, faut pas opposer parce que ça me ça me choque toujours qu'on monte les uns contre les autres si on est obligé de faire des choix. Moi, je veux que tout le monde puisse avoir en proximité selon les produits et ben moi je trouve pas forcément un bio ou je trouve pas forcément un circuit court. Mais bon, tant que c'est dans un périmètre transfrontalier de Méditerranée, j'ai l'impression que quand même c'est pas trop loin.
On revient, on revient au Parlement européen. Vous demandez plutôt un pain au chocolat ou une chocolatine ? Une chocolatine.
Ah non, ça n'existe pas chez moi les pains au chocolat. Ici, vous serez plutôt pour écouter le discours sur l'état de l'Union ou le futur discours de politique générale s'il y en a un de Sébastien le Corondu. Ah non, état de l'Union.
Je suis député européenne. Football ou rugby ? Rugby.
Mire méditerranée ou océan Atlantique les deux chez vous. Ouais mais non moi la région Occitanie elle n'a que la mer méditerranée. Elle n'a pas mais vous savez bien sûr c'est tout prénom mer méditerranée.
Mire Méditerrané. On voit toutes mes mes connaissances géographiques aujourd'hui pour les journées du patrimoine. Alors on va rester très local.
Vous iiez à Strasbourg, vous iriez visiter le palais des droits de l'homme qui fête ses 30 ans ou une visite insolite de la cathédrale de Strasbourg. Oh, c'est dur le choix que là que vous me proposez. Le palais des droits de l'homme.
Parfait. Bah, on invite nos auditeurs à s'inscrire pour aller visiter le 20 le 21 pour les journées du patrimoine, le palais des droits de la mar. Merci euh madame Fita pour cet échange riche et varié.
Euh je vous rappelle que vous pouvez retrouver cette émission en podcast sur le site web de nos radios et sur toutes les plateformes. Merci beaucoup. Merci beaucoup à vous et vive l'Europe.
Claire Fita