Élections en Allemagne : «C’est un pays qui doute, un pays qui est ébranlé», analyse Matthias Fekl
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Quel est son visage ce matin au vu des résultats ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Un électeur sur trois ne savait pas pour qui voter.
- 2:57OuverteRéponse directe
Les coups d'éclat diplomatiques des figures américaines ont-ils compté ?
- 4:10OuverteRéponse directe
L'AFD deuxième est-ce un basculement politique en Europe ?
- 5:36OuverteRéponse directe
Qui est Friedrich Merz ?
- 7:07OuverteRéponse directe
Est-ce crédible à long terme une position rompant avec l'atlantisme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est le visage d'un pays qui doute et même d'un pays qui est ébranlé, puisque l'ensemble des grands piliers sur lesquels il s'est fondé après la guerre, après 1945, sont aujourd'hui remis en question. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Il y a d'abord un ancrage économique. C'est qu'une partie du patriotisme allemand se fonde sur la réussite économique. »
- 0:56Invité politiqueFait
« une économie fondée sur à la fois une énergie peu chère, largement venant de Russie, du grand export vers la Chine et les Etats-Unis. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« Il y a eu un mouvement de voix très fort et globalement vers la droite. C'est-à-dire que vous avez un peu moins de 2 millions d'électeurs du SPD qui sont allés vers la CDU, donc vers les chrétiens démocrates conservateurs. »
- 2:35Invité politiqueChiffre
« Vous avez environ 1,5 million d'électeurs libéraux qui ont fait le même mouvement. »
- 2:40Invité politiqueChiffre
« Et puis beaucoup d'indécis aussi qui sont allés vers les conservateurs. »
- 2:44Invité politiqueChiffre
« Et dans le même temps, vous avez plus de 800 000 électeurs traditionnellement conservateurs qui sont allés vers l'extrême droite de l'AFD. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Quand vous avez l'homme le plus riche du monde qui participe à un meeting d'un parti d'extrême droite et le vice-président des États-Unis qui refuse de voir le chancelier, mais qui va voir la candidate d'extrême droite, forcément, c'est des messages extrêmement forts et qui ont contribué, je pense, à débloquer le vote pour l'extrême droite. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Mais c'était un peu le détonateur, sans doute, en fin de campagne. Et puis, c'est clairement une ingérence étrangère qui s'est passée là. »
- 3:55Invité politiqueFait
« C'est une ingérence, clairement, d'un pays traditionnellement allié, ami. Les États-Unis sont le plus vieil ami de la France, par exemple, et notre plus vieux partenaire. »
- 4:43Invité politiqueFait
« L'extrême droite est un parti qui se dit patriote, mais qui est totalement pro-russe, qui est totalement soumis à l'influence du Kremlin. »
- 5:15Invité politiqueFait
« de la sortie de l'euro, mais ce qui concerne toutes les extrêmes droites, la contestation de l'Union Européenne, la fascination pour la Russie de Vladimir Poutine »
- 5:53Invité politiqueFait
« C'est un conservateur qui vient des provinces allemandes, absolument péjorativement, mais avec le conservatisme de ces contrées-là en Allemagne »
- 6:01Invité politiqueFait
« Il s'est opposé à la chancelière Merkel, qui a d'ailleurs réussi à l'époque à le mettre de côté. »
- 6:20Invité politiqueFait
« C'était pendant longtemps un atlantiste convaincu. Je pense qu'il a beaucoup bougé là-dessus, à cause du contexte. »
- 12:01Invité politiqueFait
« La carte électorale est très claire là-dessus. Vous avez l'Ouest, dominante conservatrice, et l'Est avec une dominante beaucoup plus extrême. »
Temps de parole
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Bonjour Mathias Feckel. Bonjour. Bienvenue sur Radio Classique. Ancien ministre, fondateur du cabinet d'audit du préfet Feckel, président France de la Chambre de Commerce Internationale. Vous êtes avec nous pour commenter ces résultats des législatives en Allemagne. Les conservateurs savourent leur victoire, les sociodémocrates du chancelier sortent en s'effondre. L'extrême droite, l'AFD, jubile. Deuxième force politique du pays, c'est historique. Mathias Feckel, vous êtes un fin connaisseur de l'Allemagne, de la société allemande. Quel est son visage ce matin au vu des résultats ?
C'est le visage d'un pays qui doute et même d'un pays qui est ébranlé, puisque l'ensemble des grands piliers sur lesquels il s'est fondé après la guerre, après 1945, sont aujourd'hui remis en question. Il y a d'abord un ancrage économique. C'est qu'une partie du patriotisme allemand se fonde sur la réussite économique. D'abord ce qu'on a appelé le miracle économique allemand pendant les Trente Glorieuses, à partir des années 50. Et puis ensuite, une économie fondée sur à la fois une énergie peu chère, largement venant de Russie, du grand export vers la Chine et les Etats-Unis. Et donc ça, aujourd'hui, évidemment, ce sont des piliers qui sont en grande difficulté.
Et auprès des décideurs économiquement, comme auprès du salariat, ça a créé un doute immense sur la pérennité du modèle. Il y a un livre qui fonctionne très bien aujourd'hui en Allemagne qui s'appelle Caput, c'est-à-dire cassé, et qui dit bien ce qu'il dit. Le deuxième pilier, c'est l'ancrage transatlantique. Là aussi, depuis 1945, l'ensemble de la politique de défense et même internationale de l'Allemagne est un peu abrité, enfin sous le chapeau américain. Et les déclarations récentes et du président et du vice-président américain à Munich ont totalement bouleversé la donne.
Et puis le dernier pilier, c'est une sorte de consensus démocratique très fort dans laquelle l'extrême droite n'a pas sa place dans le paysage politique allemand. Ça, après, le nazisme, c'était vraiment un tabou absolu et c'est quelque chose d'impensable. À part ponctuellement, il y avait des résurgences locales. Et au cours des dernières années, ce tabou-là aussi a commencé à tomber. Et les 20% en moyenne nationale de l'extrême droite hier en sont un témoignage très puissant.
Un électeur sur trois ne savait pas pour qui voter. Il y a eu des reports de voix, justement, d'un électorat traditionnellement conservateur ou traditionnellement sociodémocrate qui s'est reporté sur l'AFD.
Il y a eu un mouvement de voix très fort et globalement vers la droite. C'est-à-dire que vous avez un peu moins de 2 millions d'électeurs du SPD qui sont allés vers la CDU, donc vers les chrétiens démocrates conservateurs. Vous avez environ 1,5 million d'électeurs libéraux qui ont fait le même mouvement. Et puis beaucoup d'indécis aussi qui sont allés vers les conservateurs. Et dans le même temps, vous avez plus de 800 000 électeurs traditionnellement conservateurs qui sont allés vers l'extrême droite de l'AFD. Donc il y a des mouvements vraiment très puissants dans l'électorat allemand vers la droite du spectre politique.
Vous en parliez, les coups d'éclat diplomatiques, on peut dire ça comme ça, des différentes figures américaines. On a parlé d'Elon Musk, on parle aussi de J.D. Vance qui appelait à rompre le cordon sanitaire en Allemagne vis-à-vis de l'extrême droite, vis-à-vis de l'AFD. Ça a compté ce matin ? Est-ce qu'on peut dire que ça a compté ces dernières évolutions, ces dernières semaines, ces derniers mois ?
Je pense que ça a très fortement contribué à la banalisation de l'extrême droite allemande. Quand vous avez l'homme le plus riche du monde qui participe à un meeting d'un parti d'extrême droite et le vice-président des États-Unis qui refuse de voir le chancelier, mais qui va voir la candidate d'extrême droite, forcément, c'est des messages extrêmement forts et qui ont contribué, je pense, à débloquer le vote pour l'extrême droite. Même s'il y a aussi des motivations économiques et des motivations sociales, le sujet de l'immigration qui était très présent dans la campagne, qui ont fortement joué. Mais c'était un peu le détonateur, sans doute, en fin de campagne.
Et puis, c'est clairement une ingérence étrangère qui s'est passée là. Je crois qu'il faut mettre les mots aussi sur l'ingérence. C'est une ingérence, clairement, d'un pays traditionnellement allié, ami. Les États-Unis sont le plus vieil ami de la France, par exemple, et notre plus vieux partenaire. Mais quand vous regardez ce qui se passe aujourd'hui, sous cette administration, ce n'est plus un pays sur lequel nous pouvons compter.
L'AFD qui arrive deuxième pour terminer, c'est un basculement politique en Europe ?
C'est un basculement... Alors, pas encore. Parce que pour l'instant, en Allemagne, la digue est très claire. Et le futur chancelier Friedrich Merz, hier, a été, comme il l'a été pendant la campagne, clair sur le fait qu'il ne voulait pas gouverner avec eux. Il a été moins clair quand il s'agit de voter une motion sur les sujets migratoires avec l'extrême droite, puisque le vote est intervenu. Mais sur la participation au gouvernement, il a été très clair, y compris en raison de divergences sur la politique étrangère. L'extrême droite est un parti qui se dit patriote, mais qui est totalement pro-russe, qui est totalement soumis à l'influence du Kremlin.
Donc là-dessus aussi, je crois que les choses sont claires. En revanche, oui, il y a un mouvement de fond dans tout le monde occidental vers ce type de parti. Et il est absolument vital pour l'Europe de s'en préserver. Parce qu'encore une fois, c'est facile de se dire patriote sur les plateaux de télé.
Ensuite, quand on regarde concrètement les propositions qui sont faites en ce qui concerne l'extrême droite allemande, de la sortie de l'euro, mais ce qui concerne toutes les extrêmes droites, la contestation de l'Union Européenne, la fascination pour la Russie de Vladimir Poutine, on voit très bien que là, ce serait un basculement non seulement politique, mais un basculement de l'ensemble de nos sociétés dans autre chose.
Alors vous en parliez, Friedrich Merz, qui maintient ce cordon sanitaire. C'est donc le leader du parti conservateur, la CDU-CSU, probable futur chancelier, l'homme le plus important d'Europe, titre même ce matin, le magazine allemand Der Spiegel. Qui est-il d'abord, Friedrich Merz ?
C'est un conservateur qui vient des provinces allemandes, absolument péjorativement, mais avec le conservatisme de ces contrées-là en Allemagne, il s'est opposé à la chancelière Merkel, qui a d'ailleurs réussi à l'époque à le mettre de côté. Il présidait le puissant groupe parlementaire. C'est aussi quelqu'un qui a des liens dans le monde économique extrêmement fort. Il a été le patron de BlackRock en Allemagne, il a été avocat, et donc il connaît bien ces sujets-là. C'était pendant longtemps un atlantiste convaincu. Je pense qu'il a beaucoup bougé là-dessus, à cause du contexte. Là aussi, il a fait des déclarations très claires et même surprenantes venant de lui.
Et puis c'est quelqu'un qui s'intéresse à la France. Donc ça, c'est positif. Je pense qu'entre le président de la République et lui, entre notre pays et l'Allemagne, il y a beaucoup de choses à construire sur les sujets de défense, sur les sujets économiques, sur la défense là aussi. On ne peut plus compter sur les États-Unis et donc on ne peut plus compter sur l'OTAN telle qu'elle existe aujourd'hui. Ça doit conduire nos deux pays à des décisions extrêmement fortes si nous voulons demain pouvoir défendre notre souveraineté.
C'est ce qu'il a rappelé d'ailleurs hier soir. Il voulait opérer un virage radical pour l'Allemagne vis-à-vis de ses relations avec les États-Unis. Est-ce que c'est crédible à long terme ? Est-ce que c'est tenable une position qui va rompre avec cet atlantisme qu'on a connu jusqu'ici ?
Ça ne l'a jamais été jusqu'ici, même lorsque les États-Unis ont espionné le portable de la chancelière, ce qui avait créé quand même beaucoup de remous, mais ça n'avait pas touché les fondamentaux. Là, il n'y a plus le choix. C'est-à-dire qu'en fait, c'est le positionnement de l'actuelle administration américaine, qu'on peut qualifier comme on veut, mais qui fait partie d'une internationale d'extrême droite qui s'assied sur l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui, qui conduit à cela. Et donc, je pense, oui, qu'on est à un moment, de ce point de vue-là, historique, et qui, pour le franco-allemand auquel je suis extrêmement attaché, peut aussi être un moment de rebond.
Ça fait quand même plusieurs années qu'on vit dans un désert franco-allemand, mais enfin, la relation est très dégradée. Elle doit se renouer sur les sujets économiques, sur les sujets de défense. La bonne nouvelle, c'est que l'actuelle ministre de la Défense français, Sébastien Lecornu, et son homologue jusqu'à aujourd'hui, Boris Pistorius, se connaissent très bien. On nouait une relation de confiance. Donc ça, ce sont des points d'appui concrets sur lesquels il faut avancer.
Et sur la politique intérieure aussi, tout va dépendre de cette coalition qui va se former. Frédéric Schmerz veut aller très vite. On parle de PAC du 20 avril. À quoi va ressembler cette coalition ? On va revenir sur les fondamentaux, une grosse coalition entre les conservateurs et les sociodémocrates.
Alors où on parle, il y a encore un tout petit doute sur la qualification d'une partie de l'extrême-gauche au Parlement, même si je comprends qu'elle en est plutôt exclue. Et dans ce cas-là, il y a une majorité pour une grande coalition, CD ou SPD. Avec quand même un paradoxe, c'est que les Allemands ont clairement voté pour un changement politique très fort, et notamment sur le sujet migratoire. Je crois que là-dessus, il faut regarder la réalité telle qu'elle est. Et donc, pour le SPD, ça ne va pas être si simple de participer à un gouvernement qui va, sur certains points fondamentaux, remettre en cause totalement ce à quoi il a participé depuis des années.
Mais c'est sans doute ce qui va se faire, parce que c'est aujourd'hui la seule majorité politique totalement robuste, dès lors qu'est exclue la participation de l'extrême-droite au gouvernement.
Il faut une culture du compromis à l'Allemande. On l'a vanté, et on en a parlé très souvent ici en France. C'est possible que ça ne marche pas ?
C'est possible parce que l'AFD met une pression énorme. Dès hier soir, ils ont déjà dit, de toute façon, si on ne participe pas au gouvernement, il y aura des élections anticipées dans deux ans. Donc, ils attaquent la stabilité institutionnelle allemande, qui est une force énorme. En revanche, la culture du dialogue, elle s'incarne. Vous voyez, hier soir, après les résultats, une heure ou deux après, l'ensemble des têtes de liste se retrouvent sur une grande table, dans un studio de télé, et échangent ensemble sur les analyses qu'il faut tirer du scrutin. Impensable, à mon avis, en France, au soir d'une élection comparable.
Donc, la culture, elle existe encore, mais elle est aujourd'hui soumise au coup de boutoir extrêmement fort, d'une extrême-droite qui veut clairement casser cette culture politique-là, pour imposer une culture politique inspirée du trumpisme, et inspirée aussi, malheureusement, de l'histoire de l'extrême-droite allemande, avec laquelle ils n'ont pas rompu. Et ça, il faut le dire aussi, c'est un vrai parti d'extrême-droite, avec des références d'extrême-droite, avec un rapport au passé nazi tout à fait, pour le moins, ambigu.
Donc, oui, il y a quelque chose de nouveau qui se passe, et la réussite du futur gouvernement est absolument déterminante pour la stabilité de l'Allemagne, et pour la pérennité du projet européen et de nos modes de vie tels qu'on les connaît.
Et quel rôle il peut jouer, ce parti, l'AFD, l'extrême-droite, pendant la formation de cette coalition, et même après, d'ailleurs, dans les mois et les années à venir ? Quel rôle il peut jouer ?
D'abord, ils vont durcir de plus en plus l'ensemble de leur position, et puis ils vont, paradoxalement, essayer d'être un peu les garants des engagements du chancelier sur les sujets migratoires. Ils vont dire, vous êtes comptable d'un certain nombre de choses, et ce n'est pas avec la gauche que vous pouvez faire ce travail-là. Donc, ils vont être une menace permanente, une sorte d'épée de Damoclès sur la vie démocratique allemande. Et c'est un parti pour lequel les Allemands, aujourd'hui, votent en partie par conviction. C'est un vote d'adhésion. C'est un vote qui est beaucoup plus fort dans les anciens pays de l'Est, donc dans l'ex-RDA, où ils sont largement au-dessus des 30%.
Ils sont plus bas en contrepartie en Allemagne de l'Ouest. Donc, oui, ils vont essayer de prendre en étau la droite allemande classique et le paysage politique allemand. Ils vont construire des alliances internationales très fortes aux États-Unis, mais aussi en Europe. Et donc, ils vont essayer de déstabiliser le pays qui, avec la France, est quand même le cœur de l'intégration européenne.
Vous parliez de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Allemagne de l'Est. Est-ce qu'on peut dire, ce matin, aussi, qu'il y a finalement peut-être deux Allemannes qui se dessinent ?
La carte électorale est très claire là-dessus. Vous avez l'Ouest, dominante conservatrice, et l'Est avec une dominante beaucoup plus extrême. Il y a des explications pour ça aussi. L'intégration n'a pas totalement fonctionné. Le chancelier Ecole, à l'époque, disait qu'il faudra une génération pour rapprocher tout ça. Et au bout d'une génération, ce n'est toujours pas le cas. Les différentiels de salaire, les différentiels de création de richesses sont très importants. Il y a un sentiment de relégation aussi, persistant, en Allemagne de l'Est. Et puis, il y a sans doute un attachement à la démocratie libérale qui est moins fort à cause de l'histoire.
L'Allemagne de l'Est est passée en 1945 directement d'une dictature nazie à une dictature communiste. Et donc, tout cela explique aussi ce différentiel, me semble-t-il.
Vous parliez de la coopération franco-allemande, Mathias Feckel. On va terminer sur ça, justement. Le dialogue va se renouer entre Emmanuel Macron et le nouveau chancelier, ce qui n'était pas le cas avec Olaf Scholz, beaucoup moins en tout cas. Il y avait de la friture sur la ligne, si on peut dire. Là, c'est un peu plus positif pour relancer un peu ce tandem.
On verra, mais c'est indispensable. C'est indispensable pour la France, pour l'Allemagne et pour les deux pays en commun. Encore une fois, à cause des changements géopolitiques majeurs qui sont à l'œuvre, pour se positionner comme il faut, pour être en réalité souverain face aux États-Unis, face à la Chine, il n'y a pas le choix. Il faut intégrer beaucoup plus les décisions sur le budget de la défense, intégrer les décisions de politique économique, avoir une approche au moins concertée sur les grands sujets de politique étrangère. Et je pense que c'est ce qui va se construire, tout simplement parce qu'il n'y a pas le choix.
Alors, il y a un article pour terminer dans les échos ce matin, on lit en page 13, que les Allemands sont de plus en plus nombreux à apprendre le français. Plus 75 000 en un an, contrairement aux petits Français qui, eux, délaissent un petit peu cette langue. La langue, justement, ça permettrait de ressouder un petit peu les deux pays, de part et d'autre du Rhin ?
Il y a la langue, il y a la connaissance de la culture, il y a une envie de connaître l'autre qui existait davantage. Ça s'est beaucoup éloigné. Alors, vous savez qu'avec François Villeroy de Gallo, Maurice Gourdeau-Montagne, Hélène Myard de Lacroix, Christine de Mazère, un certain nombre d'autres personnalités, on a créé une académie franco-allemande à Paris qui a pour but, justement, à la fois de travailler sur les sujets de langue, mais aussi de mieux faire connaître l'autre pays. Il y a la même chose à Berlin.
Il est important, oui, de connaître ce qui nous lie, mais aussi de connaître ce qui nous distingue, et ainsi de rapprocher davantage les sociétés et les milieux de la décision économique, qui se sont beaucoup éloignés les uns des autres.
Donc, continuons de nous parler. Mathias Feckel, ancien ministre, fondateur du cabinet d'audit du préfet Feckel. Merci d'être venu commenter avec nous ce matin les résultats des élections législatives allemandes sur Radio Classique. Bonne journée. Merci à vous aussi. A bientôt, dans un instant, esprit libre. Nous sommes lundi, nous retrouvons Luc Ferry, après le rappel des titres et la revue de presse d'Hervé Gatégno. 8h29 sur Radio Classique.
Matthias Fekl