Le Club MATIN Alexandre Pissas : « En politique, la trahison et la fidélité se conjuguent souvent »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique]
Bonjour à tous et bienvenue dans le club matin. On reçoit Alexandre Pissas, le maire de 13 conseiller départemental, président du 10 30. Avec lui, on va parler bien évidemment des pompiers après cet été particulièrement mobilisateur de la rentrée dans sa commune et puis on dira un mot bien évidemment politique. Bonjour Alexandre Pissas. Bonjour cher Abdel. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin sur Objectif Sud mais merci beaucoup de m'accueillir dans ces nouveaux locaux. Pour moi, ils sont nouveaux parce que je n'étais jamais venu. Et ben, on est ravi de vous accueillir ce matin. Peut-être redémarrons par les sapeurs pompiers si vous voulez bien après cet été 2026 particulièrement inédit.
Quel bilan faites-vous monsieur le président ? Alors, un bilan national puisque je fais partie des autorités entre guillemets nationales. Je suis membre du bureau de la CNIS. Et puis un bilan local, départemental, un bilan national, ça a été assez terrible, assez terrible. On a perdu des pompiers, c'est ça qui est important, qui a eu des feux et cetera et cetera, mais on a perdu des pompiers et c'est ça le drame. Et c'est ça qui de temps en temps, même presque toujours me conduit quand je vois que les pompiers exagèrent dans leur demande et cetera de me raffermir et me dire "Oui, mais ces gens-là, ils risquent leur vie." Bien. Alors, sur le plan national, ça a été terrible.
Ça a été terrible. Le Var, l'UD, Fontaine Bleau et cetera. Je vais pas revenir là-dessus. Après, on peut faire un bilan surtout. Vous savez ce que les pompiers se mobilisent au début vers le 27 28 le 29 septembre, je crois. Et les syndicats de pompiers avec qui je m'entends bien m'ont envoyé un billet de train. Ils ont acheté un billet de train pour moi pour que je les accompagne avec mon nom et tout. C'est une marque de confiance. C'est une marque de confiance. Mais c'est très bien. C'est très bien. Alors ça c'est sur le plan national et sur le plan plus local. Sur le plan local on a eu de très nombreux feux mais soyons clair on les a maîtrisé. Alors pourquoi ? Alors on peut analyser.
Je pense que déjà, c'est curieux peut-être, mais la population peut-être a progressé dans son idéologie, dans sa façon de faire grâce à la préfecture, grâce au département, grâce aux et on sent qu'il y a peut-être une prise de conscience des obje obligations légales de débroussaillement sur les les méga et cetera. J'ai l'impression que c'est moins mal. Je peux me tromper mais j'ai l'impression. On va rappeler que le 10 300 c'est plus de 3000 personnes plus de 65000 interventions annuelles. Est-ce qu'aujourd'hui est-ce qu'aujourd'hui on peut dire monsieur Pissas euh que le S10 est doté de suffisamment de moyens ?
Ben je pense que on a en place euh une un système préventif qui est très rodé maintenant. On est vraiment toujours l'arme au pied et dès qu'il y a un feu qui se déclare, d'abord on a deux hélicoptères bombardiers d'eau, ceux que n'a pas la Gironde, hein, et cetera et cetera. Et on peut dire qu'on est très vite, très efficace malgré le nombre important de feu qui débarque. Est-ce que vous demandez quand même après cet été au département du Gare mais peut-être aux communes également euh d'augmenter leur participation pour faire face à ce changement climatique, à ces problématiques de canicules à répétition, de sécheresse et donc de risque incendie.
Alors euh canicule, sécheresse euh et cetera, moi je pense qu'il faut un peu hein, il y a des années X, des années Y, je pense qu'il faut attendre pour qu'on ait un recul suffisant. Après, je pense que les communes d'une part qui considèrent qu'elle donne déjà beaucoup, elle donne 39 % du budget et le département qui a fait des efforts considérables ces dernières années, ces cinq dernières années, puisque maintenant grâce au département, la présidente qui avait pris cette décision en accord vraiment avec nous et avec les syndicats, on va être à 750 sapeurs pompiers professionnels, ce qui pour la population gardoise, 800000 habitants est vraiment un bon chiffre.
Alors après, oui, il faut toujours être faut jamais être dans des certitudes absolues. Il faut vraiment être opportuniste au sens noble du terme, c'est-à-dire il faut se coller aux évolutions climatiques, aux évolutions opérationnelles et vous le disiez, il y a une manifestation nationale à la fin du mois de septembre. Mais pour parler d'un point très opérationnel, c'est vous qui en parlez. vous réclamez cette plateforme commune d'appel d'urgence entre le SAMU et les pompiers. Pourquoi c'est important ? Alors ça effectivement si j'ai qu'une chose vraiment où je ne lâche pas et je ne lâcherai pas c'est cette plateforme commune 151.
Quand le ministre Casneu m'avait donné une mission ministérielle en 2015 sur la sécurité civile que j'avais visité 14 département, le département qui m'avait le plus impressionné c'était la Haute Savoie et d'ailleurs le congrès national curieusement des pompiers là le 30 septembre lieu en haute savoir je vais y aller avec grand plaisir. Et là j'ai vu une plateforme mais idylique où il y avait le 15, le 18, les gendarmes, la police, les médecins, les machins. Et quand des gens sont pas d'accord, le mieux c'est qu'ils soient ensemble pour régler immédiatement le problème et la requalification d'un acte opérationnel quand c'est du secours à personne.
Quand c'est du secours à personne parce que quelqu'un a un infarctus du myocarde qui va mal, qu'il faut l'évacuer. Oui, c'est les pompiers parce qu'il y a un danger de mort. Mais quand c'est quelqu'un qui est tombé chez lui, qui a une petite douleur au poignet et que le 15 ne peut pas venir et que c'est le 18 qui vient, il y a une requalification de l'acte opérationnel parce que ça ça revient au blanc. et en ma qualité non seulement de président ministre mais je suis membre du conseil de surveillance du CH conseil d'administration du CHU de Nî et j'avais dit à Vincent Bouget le nouveau maire et nouveau président de l'hôpital du CHU de Nî.
Je lui avais dit à l'époque quelques mois avant qu'il soit élu, je lu dit si tu es élu Vincent, ce sera très important de tout faire pour mettre en œuvre cette plateforme commun parce qu'on a eu un des seuls départements du sud à ne pas l'avir. Le Zis Dugar, il n'est pas le seul mais il a subi également une cyberattaque il y a maintenant quelques jours avec des données personnelles qui ont été dérobées. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin où nous en sommes et quel est l'ampleur de cette attaque ?
Oui, je peux vous dire ce que j'en sais parce que moi un je suis pas le directeur et et le je m'entends vous le savez merveilleusement bien avec le directeur et le directeur adjoint les temps changent mais souvent les temps changent.
Bon et et le et effectivement j'ai des informations et d'ailleurs je disais tout à l'heure un de vos collègues journaliste, il y a une journaliste de France inter qui m'a appelé hier soir qui veut me rappeler aujourd'hui et alors ce que je sais ce qu'on a tout fait et ce dont je suis certain parce qu'on me l'assure c'est qu'il y a vraiment eu une séparation entre l'activité administrative et l'activité opérationnelle c'est-à-dire que ce ce cabotage cette cette ce piratage n'aura pas d'incidence sur l'activité opérationnelle. C'était le truc important.
Alors, par ailleurs, on me dit on a volé le nom, le prénom, le numéro de matricule, on s'en f s'en fout, le numéro de matricule et l'adresse mail professionnelle, pas perso. Alors bien sûr, nous aussi on va avertir les pompiers parce que je sais très bien comment ça se passe et il faut justement qu'on qu'on communique parce que après les hackurs c'est des c'est des plaisantins les hackurs. Ils se font plaisir puisque c'est eux qui nous ont averti et qui nous avaient piraté. Il cherchent bien évidemment certainement [raclement de gorge] des sources de financement illégal.
On dit un mot sur 13 si vous voulez bien puisque vous en êtes à la tête euh depuis euh à nouveau renouvelé en mars dernier. Quelles sont les priorités pour cette rentrée pour la cine ? Alors nous alors il y a eu beaucoup de choses mais il y a eu notamment à travers la rentrée scolaire. Ouais. Ouais. pour la rentrée scolaire mais il y a eu un truc très important qui nous a mobilisé qui a mobilisé mon ma première adjointe qui s'occupe des affaires scolaires, notre DGS et tout et tout tout le personnel.
c'est que depuis 30 ans 40 ans, la garderie scolaire est gérée par une association 1901 de parents d'élèves et nous avions toujours été d'accord parce que c'est bien que les parents s'approprient en face leur problème et puis aussi c'était de la main d'œuvre que nous n'avions pas à payer, soyons clair. Et là maintenant, les parents on eu enfin successivement tous ceux qui étaient depuis 25 ans qui se sont occupés m'ont dit "On peut et cetera et pas la compétence." Vous l'avez repassé en régie ? et on l'a passé oui pas en régie, on l'a municipalisé et ça a été difficile parce qu'il a fallu prendre des mesures, il a fallu réorganiser tout le truc et surtout recruter.
Et là, on a eu bonne pioche, très bonne pioche en prenant justement un jeune qui travaillait à l'aglo et qui s'occupait de la redevance incitative sur le plan et mais qui a une formation justement d'encadrants de jeunes et d'enfants et cetera. C'est c'était son parcours professionnel. Ça se passe, ça se passe bien. Alors, il y a des tas d'autres choses. Je vais pas vous évoquer toute la vie d'une commune, mais il y a des projets sur le mandat. Voilà, il y a tout. Alors, il y a quand même une chose euh il y a un petit un petit point, pas un petit point noir, c'est que c'est la première fois en 25 ans que j'ai une démission d'un élu. D'accord. Depuis 25 ans, jamais un élu avait démissionné.
Là, j'ai une démission d'un élu. C'est un des je C'est un des quatre élus de l'opposition qui a démissionné pour raison personnelle. Bon, ça fait vos affaires. Il y a moins d'opposition. Non, parce qu'il va être remplacé [rires] en diamant politique puisque vous m'y amenez à travers effectivement votre conseil municipal, les militants socialistes du gare ont désigné en désigné pour conduire la liste au sénatorial. On va rappeler 127 voix pour vous, 106 pour Denis Boade, le sénateur sortant. Pourtant, la direction nationale du Parti socialiste a finalement choisi Denis Boad. Est-ce que vous vous sentez trahi par votre parti Alexandre Pissas ce matin ?
Trahi, vous savez, en politique euh la fidélité, la trahison, c'est des choses qui se conjuguent souvent hein, il faut bien le dire. Donc moi, c'est répétitif parce qu'on vous avez déjà le coup en 2020. Écoutez, objectif sud et cet extraordinaire journaliste Coralie Molar a fait un article de très grande qualité il y a quelques il y a 48 heures et je n'ai vraiment rien à rajouter à cet article. Elle a tout dit. Elle a tout dit. Mais vous avez dit d'ailleurs vous-même oui que vous étiez prêt que votre liste était prête ? Oui, je l'ai dit. Quand est-ce que vous allez vous décider monsieur ? J'ai jusqu'au 11 septembre. Il me reste 9 jours. Il me reste 9 jours.
Ça va être dur de faire campagne en 15 jours. Ah mais attendez, vous croyez que je suis resté les bras croisés pendant tout cet été ? Est-ce que ça va pas faire du mal à votre famille politique ? Mais c'est la multiplication des listes parce qu'il y a déjà celle de Carole Bergerie, on va le rappeler. Oui, mais c'est elle qui se fait du mal. Vous avez pas peur ? de porter la responsabilité d'élire une sénatrice au rassemblement national. Si je devais avoir peur de porter des responsabilité, je n'aurais pas dû être candidat au Cantonal en 2015 quand les militants m'avaient désigné et que le parti a décidé de soutenir Chapelet.
Est-ce que quand même dans le contexte qui est le notre aujourd'hui de cette perte de confiance des Français, des Gardois en la politique, est-ce que de voir ces chamailleries autour des sénatoriales, est-ce que ça ne participe pas à convaincre les électeurs de se tourner vers d'autres partis que les partis traditionnels ? Je pense oui, je pense je je partage votre analyse. Mais bon, moi si vous voulez, je suis 1000 du Parti socialiste depuis 95 mais c'est une chose d'être membre d'un parti. Ce qui compte c'est d'avoir les convictions et je les ai depuis 1968. En diamant, si vous voulez bien, pour terminer, c'est ma toute dernière question.
Nexandre Pissas, je vais vous parler de la présidentielle parce que bien évidemment cette rentrée du mois de septembre, elle est synonyme d'entrer en campagne des candidats pour la présidentielle avec un premier tour qui aura lieu en avril 202. Est-ce que vous pensez que les socio-démocrates, la famille politique à laquelle vous appartenez sera en capacité d'être au second tour ? Alors je suis très inquiet et je pense ne pas être le seul à être inquiet. Je pense que on va voir ce que va donner l'investiture à l'intérieur du PS, la place publique et cetera et cetera. On sait pas encore tous les candidat hein, on va voir.
En plus, tu le sais pertinemment, il y a en dehors de ça des socialistes ou des radicaux socialistes qui veulent être candidats à la candidature hein. Cazu n'a toujours pas dit s'il voulait ou pas. Un peu curieux. Hollande alors lui, il arrête pas de dire qu'il est il veut y aller. Donc à un moment donné, on a vraiment un un flou terrible et ce flou terrible ne rend pas service à la gauche qui serait seul capable de battre effectivement Marine Le Pen. Ça serait quoi la France ? Quoi ? Ça serait quoi la France sous l'extrême droite ? Alexandre Pissas.
Et bien, je préfère ne essayer de pas l'imaginer moi qui était élevé dans ma famille qui a été résistante, mon grand-père torturé par la milice et ma tante de l'isser, secrétaire du comité d'épuration de l'Is et ben je préfère ne pas y penser. Merci Alexandre Pissas. Bonne journée à vous. Merci à vous. Merci à tous d'avoir suivi ce nouveau numéro du club matin. On va se donner rendez-vous lundi pour un nouveau rendez-vous à 8h avec celles et ceux qui font le sud. Bonne journée.