Carburant, Algérie, tribune anti-Bolloré... Sébastien Chenu dans le "8h30 franceinfo"
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. Sébastien Chenu, on va parler du monde, du cinéma qui se déchire, de la ligne économique du Rassemblement National. Avez-vous besoin des patrons pour l'emporter en 2027 ? Mais d'abord, le prix des carburants n'a jamais été si haut depuis le début de la guerre. Le sans-plomb dépasse les 2 euros le litre. Le Premier ministre doit annoncer de nouvelles aides jeudi, des aides ciblées pour le mois de juin. Sachant qu'il n'y aura pas de baisse de la TVA comme vous le réclamez, qui faut-il aider en priorité ?
Il faut aider tous les Français par des mesures pérennes. Depuis 2022, c'est-à-dire bien avant cette crise au Moyen-Orient, nous avons proposé, Marine Le Pen dans son programme devant les Français lors des présidentielles, a proposé des mesures pérennes de baisse de la TVA. Pourquoi ? Parce que les finances françaises sont très dégradées après ces 10 années de macronisme. Ils ont géré le pays n'importe comment.
Et vous, vous voulez dépenser 12 milliards de plus pour baisser la TVA ?
Ils ont géré le pays n'importe comment. Et de l'autre côté, lorsqu'on est face à une crise qu'on n'a pas vue arriver forcément, comme celles que nous connaissons face au Moyen-Orient, ils sont incapables d'avoir des mesures, c'est du rafistolage, d'avoir des mesures efficaces. Donc il faut des mesures qui soient absorbées dans le temps. Et la mesure de baisse de la TVA, c'est un choix politique qui est fait, avec évidemment en contrepartie une baisse de la dépense publique. Je vous rappelle que dans le projet de budget de M.
Lecornu, la dépense publique, enfin qui n'est plus un projet de budget, dans le budget qui a été imposé aux Français, il y a une hausse encore de la dépense publique de 0,2%. Donc évidemment, vous ne pouvez pas faire baisser le prix de la TVA et donc des taxes que payent les Français à leur pompe à essence, qui de l'autre côté, vous ne faites pas baisser la dépense publique.
Agathe disait quasiment 12 milliards, les chiffres varient, Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, a même évoqué 17 milliards à un moment. Est-ce que la France a les moyens, dans la mesure où les caisses sont vides, de se payer le luxe de baisser la TVA ?
En fait, ce sont des choix politiques. Encore une fois, quand on baisse la dépense publique dans un certain nombre de domaines, et nous avons listé les domaines dans lesquels il fallait baisser la dépense publique, la coopération internationale, les subventions éoliennes, la contribution supplémentaire à l'Union Européenne, l'aide médicale d'État. Rien qu'avec ça, je vous ai listé pour à peu près 20 milliards de dépenses publiques à baisser. Eh bien, si vous faites baisser la dépense publique d'un côté, vous pouvez rendre de l'argent aux Français de l'autre, en cas de coup dur en particulier.
On entend ce que vous dites. Certains experts économiques sont dubitatifs sur la façon dont vous furiez ces économies. Mais c'est ce que vous affirmez. En tout cas, la conséquence de la flambée des prix, c'est que la consommation a fortement reculé. Et sur les dix premiers jours du mois de mai, les recettes reculent aussi pour l'État d'environ 300 millions d'euros. C'est ce qu'a dit le Premier ministre. Vous, Sébastien Chenu, vous disiez, je vous cite, l'État s'en met plein les poches. Est-ce que vous reconnaissez que vous vous êtes trompé ?
Mais non. Sur les quinze premiers jours, évidemment, l'État s'en met plein les poches. Sur les quinze premiers jours, la consommation ne recule pas. D'ailleurs, j'avais regardé les chiffres. Entre mars 2025 et mars 2026, la consommation d'essence n'avait pas reculé. Donc l'État, évidemment, et d'ailleurs, le Premier ministre l'avait reconnu lui-même. Il avait reconnu les millions d'euros qui étaient rentrés dans les caisses de l'État. Évidemment, comme cette crise, elle dure, comme cette crise, elle dure dans le temps. Eh bien, évidemment, c'est la pression fiscale qui devient difficile pour les Français. Et là, la consommation se met à baisser.
Raison pour laquelle il faut des mesures pérennes.
Vous parliez de consommation des Français. Total a annoncé hier prolonger son plafonnement des prix à la pompe pour le week-end de Pentecôte qui est à venir. Est-ce que vous considérez que Total, le géant pétrolier, a le bon comportement depuis le début de cette crise ? Est-ce qu'il faut taxer Total ?
Nous, nous considérons que les grandes entreprises françaises, qui sont des grands champions français, il ne faut pas les handicaper, mais il faut leur demander un geste de solidarité lorsqu'ils font des surprofits. Sur le dos de la crise ? Total fait des surprofits. C'est sur le dos ou d'une crise ou d'un événement type Covid, c'est-à-dire...
6 milliards d'euros pour le premier trimestre 2022.
Donc, nous considérons qu'il faut leur demander un geste. Ce geste peut passer, c'est le cas actuellement, par un plafonnement, évidemment, des prix.
Ça vous différencie de la position de Jordan Bardella, le président de votre parti ? Non, c'est exactement ce qu'il a dit.
Là, vous parlez de plafonnement des prix, mais Marine Le Pen a dit qu'il fallait taxer les surprofits de Total. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Est-ce qu'il faut taxer les profits de Total ?
Il faut une taxation exceptionnelle sur les surprofits. Cette taxation exceptionnelle, je reprends exactement le propos de Jordan Bardella, peut passer par un plafonnement des prix, ce qui est le cas actuellement de Total. Donc, il n'y a pas deux lignes sur ce point ? Il faut faire une taxe, une surtaxe et une sur-surtaxe. Ce n'est pas ça, le but. L'idée, c'est de dire que les entreprises qui font des surprofits doivent avoir un geste de solidarité. Elles ont un rôle social, les grandes entreprises. Donc, pas de Total machine. Les grands groupes, non, mais ça ne sert à rien. On ne va pas tuer nos entreprises. On n'a jamais eu autant de défaillance d'entreprises dans notre pays.
On ne va pas s'attaquer à nos entreprises. En revanche, elles ont un rôle social. Et on va les aider, les inciter à avoir ce rôle social à travers la taxation sur les surprofits. Mais c'est parce qu'il a dit Jordan Bardella.
Jordan Bardella a dit qu'on paye déjà trop d'impôts en France. Il y a 46% de prévement obligatoire. Il a dit qu'il y avait déjà trop d'impôts en France et que ce n'était pas...
Au-delà de ça, il y a le fait qu'il y ait trop d'impôts en France. Oui, mais surtout que les impôts soient mal utilisés. Ça, c'est un autre débat. C'est que le consentement à l'impôt commence à faire défaut dans le pays, que les gens en aient ras-le-bol de payer des impôts. C'est une chose, mais c'est surtout le consentement à la dépense qui rend les gens furieux.
Alors, Donald Trump a annoncé hier soir, et c'est une des infos de la nuit, qu'il renonçait à une attaque contre l'Iran qui était manifestement prévue aujourd'hui, mardi, à la demande notamment de plusieurs dirigeants du Golfe assurant que des négociations sérieuses pourraient avoir lieu. D'abord, est-ce que vous êtes soulagé ? Et est-ce que vous pouvez encore faire confiance au président américain qui est coutumier de multiples revirements ces dernières semaines ? Si tant est qu'on ne lui ait jamais fait confiance, parce que depuis le début, je rappelle là aussi les propos...
Vous, RM, vous lui avez fait un petit peu confiance. Je rappelle les propos depuis le début de la crise que nous avons. Nous ne savons pas ce que Donald Trump a voulu engager avec cette guerre au Moyen-Orient. Est-ce qu'il a voulu déstabiliser un régime épouvantable, une théocratie épouvantable ? Est-ce qu'il a voulu protéger Israël ? Ou est-ce qu'il a voulu, pour des intérêts mercantiles, évidemment, affaiblir des positions iraniennes pour récupérer à terme du pétrole ?
Comme nous ne le savons pas et comme nous voyons les conséquences de son intervention, c'est-à-dire une guerre qui s'enlise, un détroit d'Hormuz qui pénalise finalement les entreprises mondiales et la consommation mondiale, j'entends ce que dit Donald Trump, mais je pense qu'il faut, et d'ailleurs ce serait bien d'associer des pays comme la France qui ont aussi une voix qui porte dans cette région du monde, et bien je pense qu'il faut aller vers le plus vite possible, vers une négociation diplomatique qui permette au détroit d'Hormuz de laisser passer un maximum de bateaux.
Sébastien Chenieux, après les visites en Algérie du ministre de l'Intérieur, puis de la ministre déléguée aux armées, c'est le ministre de la Justice Gérald Darmanin qui s'y trouve en ce moment, il y a aussi notre ambassadeur qui va reprendre ses fonctions à Alger, est-ce que vous vous félicitez de ce réchauffement, ou est-ce que vous dites qu'il faut poursuivre le bras de fer avec Alger ?
J'ai jamais eu de bras de fer.
La ligne de Bruno Retailleau, c'était la ligne avec la fermeté.
Les relations diplomatiques étaient rompues. Non mais il n'y a jamais eu de bras de fer, il n'y a jamais eu de bras de fer. La réalité, il n'y a jamais eu de bras de fer, il n'y a jamais eu de résultat, comme ça c'est clair. Ce que je crois, c'est qu'il y a un défilé important de ministres actuellement, enfin depuis un certain temps, il y a eu M. Nunez, il y a eu Mme Ruffaut, il y a M. Darmanin, alors que d'un côté rien n'est réglé. Je note qu'on a 150 laissés-passés consulaires qui ont été, d'après le ministre de l'Intérieur, je reprends ces chiffres, qui ont été délivrés depuis le mois de janvier.
En parallèle, on avait 51 000 Algériens en situation irrégulière qui ont été contrôlés dans la même période. Vous avez 150 personnes d'un autre côté, de l'autre côté 51 000 contrôlés en situation irrégulière.
Mais Sébastien Cheney, on revient de loin, parce qu'il n'y avait plus aucun laissés-passés consulaires. Et Laurent Nunez dit que ça n'a pas monté en puissance, c'est déjà une avancée.
On peut vider l'océan avec une cuillère à café, c'est ce que fait Laurent Nunez, on ne verra pas les résultats de façon très visible. De l'autre côté, moi j'ai l'impression qu'il y a la construction d'un discours, d'un récit, pour essayer de dégager la problématique algérienne avant les présidentielles. Et c'est en cela que Darmanin est envoyé. Il y a deux types de problèmes. D'un côté, vous avez des irritants côté algérien. L'Algérie est irritée par le fait qu'un certain nombre de dissidents ou de contestataires algériens sur notre pays continuent à parler, ça les énerve beaucoup.
Et nous, nous avons des irritants qui sont plus que des irritants, les OQTF, et Christophe Glees qui est retenu. Journaliste français qui a t'emprisonné depuis un an. Absolument. Donc moi, je crois qu'effectivement, il faut avoir un dialogue de fermeté avec l'Algérie. Je reprends les propos de l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driancourt, qui dit qu'effectivement, les autorités algériennes qui nous connaissent bien ne comprennent qu'un rapport de force qui soit établi.
C'est la meilleure manière, y compris pour faire libérer Christophe Glees, ce matin, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, au retour d'Algérie, dit « je suis plutôt rassuré sur les conditions de sa détention ». Est-ce que la fermeté pourrait aboutir à sa libération ?
On entend ça depuis longtemps, le fait d'être rassuré sur les conditions de détention. Christophe Glees n'a rien à faire derrière les barreaux algériens. Il faut avoir un dialogue de fermeté avec l'État algérien. Il faut avoir dans ce dialogue de fermeté la capacité à faire de la rétention de visas si besoin, de la rétention de crédit de coopération si besoin. Il faut aussi que l'Algérie comprenne qu'elle doit nous rendre immédiatement notre compatriote.
Je vous dis de cela, mais il y a aussi le ministre de l'Intérieur qui dit « on n'a pas le choix, il faut coopérer avec Alger en matière de terrorisme, en matière de lutte contre le narcotrafic, en matière d'immigration, s'il n'y a pas de coopération, on n'est pas aidé. » D'ailleurs, il y a des têtes de réseau de la DZ Mafia qui sont en Algérie. Il y a des avoirs de l'argent, de la drogue qui est abritée en Algérie. Bien sûr, il faut coopérer
avec tous les pays. Je note quand même que la coopération en matière de sécurité avec l'Algérie, tout comme la coopération économique avec l'Algérie, elle a beaucoup été infléchie, elle a beaucoup baissé ces dernières années et qu'on a pu très peu compter en réalité sur le régime algérien
dans le domaine. Autre sujet d'actualité, Sébastien Chenu, Maxime Saada, le patron de Canal+, a annoncé vouloir boycotter 600 professionnels du cinéma qui avaient signé une tribune zappée Bolloré, tribune anti-Bolloré publiée dans le journal Libération. Dénonçant l'emprise grandissante de Vincent Bolloré et de l'extrême droite sur le cinéma français. Comment vous vous positionnez dans ce débat ? Et est-ce que à l'instar de David Lissnard, le maire de Cannes, vous dites à ces professionnels du cinéma, 600 parmi eux des acteurs, Judith Godrech, Raymond Depardon ou d'autres, acteurs réalisateurs, est-ce que vous dites qu'ils auraient mieux fait de se taire ?
Bon, moi je ne dénie à personne le droit de dire ce qu'ils pensent. Les artistes ont le droit de vouloir soulager leur conscience. Donc elle ne vous choque pas cette tribune ? Ah non, mais si, elle me choque parce que les excès de langage, les excès quand on dit que c'est la prise de contrôle fasciste, il faut savoir ce que ça veut dire derrière de Canal+, Canal+, qui je le rappelle, moi je suis l'avocat de personne, mais Canal+, finance tous les films dans leur plus grande diversité. Donc, que des artistes veuillent soulager leur conscience au prix d'excès de langage, je l'entends, on est assez habitués, c'est toujours les mêmes espèces d'antifa, de festivals. Vous êtes tous des gauchistes.
Ce qui signe en réalité se définissent eux-mêmes comme des gens très engagés. Ce sont d'ailleurs souvent des gens très engagés, c'est d'ailleurs souvent toujours les mêmes. Et de l'autre côté, que vous ayez une société, celle que représente M. Saada, même si moi je commente général peu les propos et les politiques des boîtes privées, mais qui perdent confiance, qui n'aient pas envie de se laisser insulter, et que ce soit sa liberté de dire on arrête le financement, on peut l'entendre aussi. La liberté, elle vaut dans les deux sens.
Quelle est votre position ? Est-ce qu'il faut ostraciser ces artistes ? Ça ne vous dérange pas que Canal+, arrête de financer ces artistes ? On parle de certains des plus grands comédiens français.
La liberté, elle est dans les deux sens. Si je me mets à vous insulter, vous n'aurez peut-être pas très envie de vouloir me retrouver et de vouloir à nouveau m'interroger si je vous ai traité de tous les noms. Donc la liberté existe dans les deux sens, la perte de confiance existe dans les deux sens. Mais je pense qu'il faut aller au-delà. Parce que, évidemment, le soutien de Canal+, ce cinéma français, il est essentiel. Donc il va bien falloir sortir de ce conflit par le haut. Et j'invite les professionnels à faire preuve. D'ailleurs, j'ai entendu, il y a des professionnels, je pense à ceux qui sont exprimés, l'équipe du film Garance, je crois, qui s'est exprimée.
On voit bien qu'il y a beaucoup aussi de professionnels qui, eux, ne signent pas des pétitions, mais qui sont gênés. Parce qu'ils ont bien compris que ce n'est pas en insultant des financeurs qu'on a du résultat. Donc voilà, à force d'être caricaturaux, d'être excessifs, un certain nombre de professionnels du cinéma font beaucoup de mal aux autres qui ont juste envie de travailler. Moi, j'invite les partis à se remettre autour de la table au plus vite pour pouvoir permettre au cinéma de continuer à être financé.
Vous avez une position que certains jugent aussi excessive. Vous voulez supprimer le CNC, le Centre National du Cinéma, qui est au cœur du financement du cinéma français. En tout cas, c'est ce qu'a dit Thomas Ménager sur France Info. Il a dit que le CNC ne sera pas conservé et pendant le débat sur le budget, vous avez proposé un amendement pour supprimer le financement du CNC. Donc, peut-être que ça ne revient pas à une situation. Mais en tout cas, écoutez le patron du CNC. Ça, je vous explique. Il vous a répondu sur France Inter hier, Gaëtan Bruel.
Deux Français sur trois sont allés au cinéma l'an passé. C'est 45 millions. Pour 40% des billets qu'ils ont achetés, ils l'ont fait pour des films français. On nous reproche de faire des navets qui n'intéressent personne. Mais en disant cela, on passe justement à côté que la France est l'un des champions mondiaux du cinéma. On est le 23e pays en population, mais le 3e box-office au monde. Être un pays qui réussit, qui exporte, ça ne nous intéresse pas. Supprimer le CNC pour le dire simplement, ce serait payer beaucoup plus pour obtenir beaucoup moins.
Vous, les chantres de la souveraineté, vous devriez être fiers de ce que vous entendez là, non ? La France 3e box-office au monde.
J'ai rencontré le président du CNC. Donc, je sais très bien quel a été le niveau de notre échange. Le CNC, quand on nous dit d'abord le CNC, c'est de l'argent du cinéma. Pour le cinéma, les pouvoirs publics n'ont pas à s'en occuper. Ça tourne très bien. C'est une taxe affectée. C'est-à-dire que le législateur a décidé de créer une taxe qui rapporte 830 millions d'euros qui permet de financer le cinéma. Ça, ça tourne plutôt bien. Ce qui ne tourne pas bien, c'est là où le CNC ne peut pas être conservé en l'État. C'est sur la politique des aides à la création qui sont souvent très marquées idéologiquement, pas assez ouvertes. C'est sur un côté opaque, un côté copain.
Je l'ai dit tout ça au président du CNC et je lui ai dit vous devez vous réformer de l'intérieur. Vous devez faire preuve de transparence. Vous devez montrer que vous êtes capable de financer des structures. Je pense aussi à des numériques puisque vous avez vu, il y avait eu des polémiques dans le numérique, une émission qui s'appelait Histoire crépue. Et d'ailleurs, le président du CNC, je l'ai vu, a sorti, je crois, des jurys ou je ne sais pas comment on appelle, des gens qui décident des aides à la création. Un certain nombre de personnes qui disaient, qui revendiquaient le fait de ne subventionner que des films orientés à gauche. Donc le CNC doit profondément se rénover.
Il doit profondément changer ses pratiques s'il veut être un interlocuteur crédible des pouvoirs publics qui le finance à travers cette taxe affectée.
Ce n'est pas ce qu'il disait sur France Inter. Il soulignait le fait justement que le CNC finançait aussi des séries, des séries très populaires, des films très populaires.
Je n'ai pas dit l'inverse. Je n'ai pas dit que le CNC ne finançait pas des choses populaires. J'ai dit que le CNC avait des biais, notamment idéologiques. D'ailleurs, les Français, c'est souvent le reproche qu'ils font au monde du cinéma. Ils se disent que ça tire toujours dans le même sens. C'est marqué idéologiquement. C'est opaque. On a l'impression, et d'ailleurs, beaucoup de professionnels, moi je rencontre beaucoup de professionnels du cinéma qui disent qu'il faut être copains du système pour obtenir un financement.
On vous entend. Vous porterez ces idées en tant que ministre de la Culture si le Rassemblement National arrive au pouvoir ? Je n'ai pas de raison
d'être ministre de la Culture parce qu'avant de pouvoir décider de qui fait quoi, il faut gagner une élection et nous n'en sommes pas là.
Avec Sébastien Chenu,
vice-président Rassemblement National de l'Assemblée, député du Nord, que se passerait-il si le Rassemblement National arrivait au pouvoir ?
Alors, manifestement, une insurrection populaire. Si j'en crois, le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, qui était interrogé sur la chaîne YouTube French Cancan sur l'hypothèse justement d'une victoire de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen au second tour en 2027. On l'écoute et on vous fait réagir juste après.
Moi, j'ai l'intime conviction que la population est capable de se lever. Et cette forme d'insurrection populaire, elle ne sera pas aussi que si déjà, on redonne du pouvoir à la base. Bien sûr, l'insurrection populaire au sens, bien sûr, lever la population de manière importante parce que malheureusement, toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire.
Ça vous inquiète ce type de réaction ? Une insurrection populaire, le peuple se soulèverait si le RN arrivait au pouvoir ?
Au moins, ce qui est intéressant, c'est que sur French Cancan, on voit les dessous je pense la France insoumise. C'est-à-dire que la France insoumise, elle ne veut pas respecter le suffrage populaire. Moi, M. Bagayoko, il est maire de Saint-Denis, formal élu parce qu'il y a beaucoup d'abstention, mais il est le maire de Saint-Denis. Un largement élu dès le premier tour. Oui, avec beaucoup d'abstention, mais je ne remets pas en cause son élection. Il est légitime dans sa fonction. Et donc, lorsque les Français votent, lorsque les Français décident de quelque chose, eh bien, on respecte ce vote, on s'y soumet et M.
Bagayoko devra passer d'insoumis à quelqu'un qui se soumettra au suffrage populaire, à la démocratie et à ce que les Français voudront si les Français veulent nous confier la direction du pays.
Vous ne croignez pas que ça inquiète certains Français, que ça puisse les dissuader de voter pour vous en se disant si le Rassemblement national l'emporte,
ce sera le chaos ? Non, parce que je pense que les Français sont inquiétés par la France insoumise en tant que telle. Ils voient bien que ce sont des gens peu sérieux, peu démocrates, peu républicains, envers qui, effectivement, on ne peut pas avoir confiance pour un avenir serein de notre pays à ces gens-là. Moi, je crois qu'au contraire, les Français ont envie d'être rassurés et quand ils écoutent M. Bagayoko, c'est lui qui fait peur.
Sébastien Chenu, on parlait du contexte économique de la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte où la croissance, l'emploi sont menacés, le retour à l'âge de la retraite à 62 ans, voire à 60 ans dans votre programme en 2027, est-ce que c'est toujours pertinent ?
C'est toujours avec 42 années de cotisation, je le répète toujours parce qu'il faut tout dire dans ces cas-là. mais c'est un choix de société, évidemment.
Retraite à 62 ans. Donc il n'y a pas d'endiquité sur ce sujet.
42 années de cotisation. Absolument. Ça fait partie des piliers, des choix de société que porte Marine Le Pen et le Rassemblement National et notre mouvement depuis très longtemps. Nous, nous considérons que ce choix de société, il doit bien sûr être accompagné d'autres mesures, notamment celle qui consiste à faire entrer plutôt les jeunes sur le marché du travail. Je crois que c'est un défi énorme. On a une baisse de la démographie, on a vraiment un système de l'éducation nationale qui est, le moins qu'on puisse dire, très abîmé, très en difficulté et l'orientation des jeunes le plus tôt possible. Oui, ce n'est pas très clair, Sébastien Chenu, parce que vous dites
départ à 62 ans, voire à 60 ans, mais avec 42 ans de cotisation. Donc déjà, il y a peu de gens qui partiront à 62 ans. mais vous affichez toujours l'objectif de 62 ans. Alors que Jordan Bardella, par exemple, c'est LFI d'ailleurs qui l'a repéré, Jordan Bardella interrogé par un quotidien allemand, c'est dans un quotidien allemand très sérieux, interrogé sur le fait d'instaurer un âge de départ plus élevé, Jordan Bardella répond nous sommes en train d'examiner la question. Qu'est-ce que ça signifie ?
Mais ça veut dire qu'on regarde la façon dont les finances publiques aujourd'hui, notre pays très abîmé, seront capables, là où il faudra trouver des marges de manœuvre pour cela. Ça veut dire qu'on va regarder
comment atteindre
cet objectif avec des finances publiques aussi abîmées.
Ça veut dire que le programme ne serait pas forcément le même sur cette question si c'était Jordan Bardella ou Marine Le Pen, votre candidat à la présidentielle en 2017 ? Je crois que c'est un totem de notre programme que celui soit
de société important.
Est-ce que vous êtes devenu le patron des partis au Rassemblement National ? On a beaucoup parlé de Jordan Bardella qui est allé consulter le bureau exécutif du MEDEF, Marine Le Pen a dit
le parti des patrons alors plutôt.
Le parti des patrons. Le patron des partis, on l'est un peu puisqu'on est le premier parti,
ça je veux dire. Le parti des patrons, c'est mieux. Non mais le parti des patrons, d'abord, de quel patron on parle ? Ça fait très longtemps qu'en réalité, on reçoit le soutien des patrons de PME, de TPE et qu'on a toujours dit qu'on défendait prioritairement les PME, les TPE parce qu'elles étaient créatrices de richesses et d'emplois en premier lieu. Maintenant, rencontrer les grands patrons, les grands patrons du CAC 40, c'est nécessaire. Ça ne vaut pas un alignement idéologique. Ce n'est pas pour ça qu'on s'aligne sur le discours de Patrick Martin mais le fait de le rencontrer était assez nouveau. Moi, j'ai rencontré Patrick Martin il y a déjà quelques temps.
Le fait de pouvoir rencontrer que Jordan Bardella ou Marine Le Pen rencontre des grands patrons du CAC 40 est assez... Donc le RN est devenu un parti de droite classique. Non mais c'est normal. Tous les partis, y compris le parti communiste qui avait fait venir des grands patrons du CAC 40 à sa fête de l'humanité, tous les partis rencontrent les grands patrons. Pourquoi est-ce que ce ne serait pas notre cas ? Nous rencontrons les grands patrons, ça ne veut pas dire un alignement idéologique. Ça veut dire que nous, on croit à la France du travail, qu'on croit que l'entrepreneuriat aujourd'hui est victime d'une norme, de surnorme qui l'étouffe et qu'il faut aider cette France du travail.
Pour que ce soit très clair, dernière question rapidement. D'un côté, on a Marine Le Pen qui déclare sur RTL que le départ à 62 ans reste d'actualité. De l'autre, on a Jordan Bardella qui dit dans le journal allemand qu'il ne s'interdit pas, enfin qu'il regarde pourquoi pas pour augmenter ce départ. Il n'a pas dit ça. Il dit nous sommes en train d'examiner la question et Jordan Bardella qui dit aussi dans le JDD que le système actuel n'est ni viable ni soutenable. Vous, vous nous dites aujourd'hui quel que soit le candidat, le départ à 62 ans à la retraite, ce sera dans notre programme ?
Ça fait partie des priorités de notre programme. Donc ce sera dans le programme ? Oui, ce sera dans le programme.
Aucune ambiguïté. La question qui, Sébastien Chenu, la question qui finance puisqu'on parlait du programme, pour défendre le programme, il faut une campagne, pour faire campagne, il vous faut de l'argent, même s'il est largement en tête dans les sondages donc avant la présidentielle 2027 et que vous n'avez probablement jamais été ou en tout cas semblé aussi proche selon ces photographies d'opinion du pouvoir, le RN ne parvient pas à obtenir le prêt d'une banque française. Est-ce que vous en êtes le responsable et quel message vous adressez aux banques pour tenter de les rassurer ?
Non, le principal responsable c'est Emmanuel Macron qui avait promis une banque de la démocratie pour faire vivre la démocratie à travers un financement de tous les partis politiques qui pourraient y prétendre. Il ne l'a pas fait, ça n'a jamais existé. Résultat, nous avons des difficultés à nous financer alors que nous sommes le premier parti de France alors qu'en réalité aucun sondage ne nous a jamais donné en dessous de 5% c'est-à-dire d'une capacité à être remboursée. Elles sont inquiètes parce qu'en fait il y a des pressions en termes d'images qui sont faites sur elles un certain nombre de... Vous offrez de votre réputation ? Oui, qui est fort injustifié d'ailleurs.
Mais qui fait pression à Sébastien Chenet ?
Les pouvoirs publics, la presse, les acteurs du festival de Cannes qui parfois, certains d'entre eux, parlent fort mal de nous et je pense que tout ça crée une espèce d'ambiance qui contraint, effectivement qui fait peur à un certain nombre de banques en disant...
Les banques étrangères c'est la solution ou pas ? Oui ou non ?
Quand il n'y a plus de banques françaises qui veulent nous financer il faut bien trouver. Donc aujourd'hui nous menons notre... j'allais dire notre demande nous orientons notre demande vers des banques françaises et nous souhaitons que les banques françaises puissent nous financer et puissent à travers ça financer la voie de millions de français.
Merci beaucoup Sébastien Chenet merci Paul
Merci à vous
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