Conflit Israël/Hamas: l'interview de l'ambassadeur de France en Israël en intégralité
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonsoir Frédéric journess vous êtes l'ambassadeur de France en Israël merci d'être notre invité ce soir sur BFM TV merci à les d'feuille première question on entendait l'un de nos envoyés spéciaux Maxime branstetter dire qu'il avait pu euh échanger avec la la les habitants d'ashkellon qui lui disaient qu'il sentait bien ce soir qu'il se passait quelque chose que se passe-t-il exactement ce soir précisément Monsieur l'Ambassadeur à quoi sommes-nous en train d'inister est-ce le déclenchement concret de la grande offensive annoncée par le gouvernement israélien au Lain du 7 octobre bien écoutez oui je crois que les Israéliens nous ont informé un petit peu avant leurs annonces publiques du déclenchement donc de cette deuxème phase il faut faut bien comprendre la guerre a commencé tout de suite dès le 7 septembre Israël s'est mis en état de guerre donc ils ont rappelé tous les réservistes du pays il y a 350000 soldats qui ont rejoint les les positions de Tsahal moi j'étais dans le sud il y a quelques jours dans ces kibuts martyr et bah il y avait les les chars de Tsahal les troupes d'infanterie qui étaient là et qui était prêt donc n nous ne sommes pas surpris de ce qui se passe nous savons que c'est cette phase difficile les Israéliens ont tous tous toutes les familles les gens avec qui je travaille les amis que j'ai commencé à me faire bah ils ont un de leur enfants voir plusieurs actuellement sur le front donc oui c'est c'est un moment très grave pour le pays on savait que cette face terrestre venait c'est une guerre qu'Israël ne voulait pas faire personne il y a 5 semaines n'imaginait se retrouver au sol à Gaza et c'est un combat difficile nous disons aux Israéliens qu'il faut le mener dans le respect du droit de la guerre le droit humanitaire est très ant les pertes civiles sont un sujet fondamental ils le savent ils le comprennent ils sont en même temp dans leur légitime défense après cette attaque inv vraisemblable qu'ils ont subi le 7 octobre une attaque barbare et les Israéliens le peuple d'Israël attend son armée attend son gouvernement de pouvoir à nouveau dormir sans les roquettes je dois reconnaître que ce que nous avons vécu depuis 3 semaines c'est difficile de se le représenter moi je je suis allé déjà 23 fois dans ces abris parfois des abris de fortune on court en laissant les voitures sur la route pour aller dans un abri dans un immeuble ou chez nous c'est une habitude que l'on ne veut pas garder ce que vous nous dites monsieur l'Ambassadeur c'est que donc les les canaux de de communication se sont activés ces dernières heures que vous avez reçu des informations et pardon mais j'insiste sur les mots puisque les mots ont un sens vous nous dites donc ce soir que ça y est cette grande offensive terrestre est enclenchée pour vous dire les mots exacts qu'a utilisé tsal ils ont dit qu'ils étaient en entr dans la deuxème phase de leurs opérations je ne sais pas comment ils sont organisés mais c'est effectivement une phase où nous avons maintenant des combats au sol qui sont engagés il y avait eu des des incursions de blindé ces derniers jours mais là c'est apparemment quelque chose effectivement de plus important et que nous attendions objectivement on le savait que cette phase au sol aurait lieu ça veut dire donc qu'il va y avoir plusieurs phases et qu'il faut qu'on s'attende à ce que cette réponse de l'armée israélienne monte encore en grade ça je ne saurais pas vous le dire en tout cas ce qui est important vous savez aujourd'hui et que nous disons aux Israéliens les canaux ont toujours été ouvert c'est que pour que leur victoire soit forte il faut qu'elle soit juste donc on apporte une attention absolument constante à la question du respect du droit de la guerre ce qu'on appelle le droit international humanitaire à l'accès euh humanitaire vers les populations civiles de Gaza qui souffrent et qui vont souffrir de manière extrêmement grave dans les semaines qui viennent donc c'est tout notre effort en ce moment de dire aux Israéliens qu'on aura aussi besoin d'avoir des pauses on le leur a demandé pendant la visite d'Emmanuel Macron on réinsiste dessus aujourd'hui pour permettre à l'aide donc vous le savez la la France prépare un avion avec une cinquantaine de tonnes d'aide médical on a euh un porte hélicoptère qui a apparillé mercredi de Toulon qui est équipé avec deux blocs opératoires tout ce qu'il faut pour pouvoir soigner des des patients blessé dans Gaza qui arrivera devant Gaza dimanche voilà c'est conduire la guerre mais conduire la guerre dans le respect du droit dans l'attention au civils la légitime défense doit se faire aussi dans le respect des civils et c'est ce que nous disons aux Israéliens Monsieur l'Ambassadeur le Hamas a multiplié les les déclarations évidemment ce soir juste juste avant le déclenchement de d'intenses bombardements qui ont donc été menés dans le nord de Gaza par l'armée israélienne le Hamas conditionnerit la libération des otages à l'obtention d'un cesser le feu est-ce que Israël a fait son choix ce soir comment intervenir comme Israël est en train de le faire en ce moment sans mettre en danger davantage les les plus de 200 otages qui sont toujours au main du Hamas alors ce que je peux vous dire c'est que que cette question des otages elle est également au centre des discussions que nous avons avec Israël que que tous les pays ont avec Israël nous nous avons neuf disparus alors tous ne sont pas otage il y en a certains où nous ne savons pas où ils sont nous avons pour l'une d'entre elles une preuve de vie pour d'autres nous avons des preuves qu'ils ont bien été enlevés à Gaza moi ce que je fais c'est mon travail avec mon équipe c'est qu'on parle à ces familles vous savez tous les deux jours moi je suis allé les voir à trois reprises le président les a vu Catherine Colona les a vu on établit ce lien de confiance avec eux pour qu'il sacheent qu'on travaille et quand on aura des preuves de vie quand on en a on on les partage avec quex par contre on leur dit pas toujours comment on travaille alors on a bien entendu ce que dit le Hamas et on sait que ces otaches sont effectivement un morceau d'un chantage dans la guerre qui se déroule oui il y a des moments où il sera nécessaire d'avoir des pauses Emmanuel Macron l'a dit à Benyamine netaniaahou et la question des otages est une des questions pour lequel ça compte parce que on fait un travail diplomatique et politique le président a parlé avec les ma du Qatar on parle avec les Israéliens pour avoir des éléments précis avec l'Égypte qui connaît des choses également de cet environnement et puis ben il y a le le travail mené par les services secrets dont c'est le métier on dit jamais comment il travaille mais c'est un travail très complexe et qui est évidemment au cœur de nos préoccupations je do recnaître moi j'y pense tous les jours parce qu'en plus bah ces familles ben je je les ai vu je connais leur visage je connais leur inquiétude c'est vrai qu'on y pense tout le temps évidemment mais l'armée israélienne sait qu'en procédant à ces bombardements intenses auquel on assiste ce soir et et à ces offensives terrestres élargies elle met davantage en danger ses otages retenus par le Hamas donc ça veut dire quoi ça veut dire que ce soir à ce stade à cette deuxème phase de l'opération elle prend son risque je crois que l'armée israélienne est extrême consciente de cette question elle et l'opinion publique israélienne interroge énormément ces décideurs donc ils font attention et nous nous leur disons qu'il faut peser leurs gestes peser dans leurs actes les différentes étapes qui vont suivre de manière à prendre en compte évidemment la possibilité de libération de ces otages je peux pas vous en dire plus parce que je n'ai pas plus d'élément mais je sais qu'ils l'ont à l'esprit le problème qu'ils ont c'est de devoir repérer euh le travail militaire extrêmement difficile qui les attend en combat urbain face à un Hamas qui s'est enterré vous savez ils ont creusé des centaines de kilomètres de galerie parfois très profonde sous Gaza donc c'est un combat très dur ils vont jaillir de tunnel dont les entrées sont dissimulées en tenant compte de la question des otages en tenant compte du besoin du peuple israélien de de retrouver la paix et une vie normale et en ne laissant pas euh les terroristes du Hamas continuer à avoir la capacité de nuisance dont ils ont fait la démonstration vous savez on se sent tous et on l'a exprimé politiquement très solidaire de ce que le peuple israélien a subi le 7 octobre moi je suis descendu dans le sud puis j'ai eu des des voisins des gens qui m'ont raconté les histoires qu'ils ont vécu euh il s'est produit des actes de barbarie on ne peut pas laisser le Hamas tranquille euh il faut lutter contre ce terrorisme barbare qui a mis en C des actes de cruauté invraisemblable euh et et c'est notre responsabilité c'est pour ça que on parle de droit humanitaire on parle de la perspective politique mais on parle aussi de sécurité à Israël on va parler évidemment de de de de la situation humanitaire et des déclarations du président de la République aujourd'hui d'Emmanuel Macron mais un mot sur ce chiffre qu'il a donné aussi le président français il a parlé d'au moins 170 ressortissants français encore dans la bande de Gaza actuellement qui serait bloqué dans la bande de Gaza est-ce que vous vous avez des nouvelles de leur part est-ce que des communication ont été établies avec eux qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce soir oui bien sûr c'est effectivement le chiffre c'est 170 personnes ce sont mes collègues du consulat général de Jérusalem qui sont constamment en contact avec eux leur situation est parfois très difficile il y en avait qui étaient employés dans des agences des nations- Unies d'autres qui vivaient ou qui étaient de de passage on essaie de les conseiller on essaie de les aider pour les faire sortir c'est très très compliqué c'est également une des raisons pour lesquelles une pause comme Emmanuel Macron l'a dit à benamin netanou puis d'autres pauses derrière sont nécessaires dans ce conflit pouvoir faire sortir les ressortissants étrangers dont les nôtres faciliter la libération des otages pour lequel bah on vous l'a dit on parle avec certains pays qui eux ont des liens on a eu des contacts avec le Qatar mais alors précisément Frédéric jourest Monsieur l'Ambassadeur précisément comment les propos du président République comment les propos d'Emmanuel Macron ont-ils été reçus sur place en Israël alors que ce soir Israël parle qualifie d'infamie la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU qui demande une trêve humanitaire mais sans mentionner le Hamas alors deux choses sur le sur ce qu'a dit le président Macron Emmanuel Macron est arrivé en parlant aux Israéliens sur trois chapitre en parallèle un chapitre de sécurité pour leur dire le Hamas est une organisation terroriste nous nous avons eu l'expérience face à daesh d'une lutte contre ce genre d'organisation et nous avons su le faire dans le respect du droit de la guerre et du droit humanitaire donc nous devons travailler ensemble pour contr contrer cette menace mais le faire dans le respect du droit on sait le faire donc on vous prend au sérieux à côté de ça parler droit humanitaire et humanitaire et puis parler de perspective politique et j'ai trouvé par rapport à il y a 10 jours où ils étaient juste poussés par la rage et la colère qu'on avait en face de nous des interlocuteurs israéliens qui réfléchissent qui savent que ce combat au sol va être très difficile qui savent que la réputation d'Israël est aussi en jeu sur cette question des civils donc il nous entendent la résolution qu'il a eu je vous dirais il y avait une résolution au Conseil de sécurité qui était poussée par le Brésil qui était sans doute un meilleur texte c'est dommage qu'elle ne soit pas passée nous nous avions voté pour il y a eu ce texte aujourd'hui il y avait un amendement qui était proposé par le Canada pour avoir une mention plus explicite plus directe du Hamas l'idée d'avoir une trêve nous nous avions plutôt utilisé le terme d'une pause elle fait partie de la logique d'un combat quand quand vous menez une guerre de légitime défense dans le respect du droit il y a des moments où vous faites des pauses et des interruptions du feu pour permettre fois encore l'arrivée de l'aide je vous ai dit cette aide française du bâtiment phib tonire qui va arriver dimanche toute l'aide humanitaire alimentaire elle doit continuer pour protéger au maximum les civils c'est comme ça qu'Israël mènera une guerre juste et qu'il aura une victoire d'autant plus forte sauf que pour l'instant et du moins ce soir ce que l'on constate c'est que cette trêve cette pause quel que soit le mot n'est pas du tout d'actualité je crois qu'il faut qu'on travaille sur des objectifs réalistes et qu'en même temps on affirme des principes donc on doit constamment dire que des pauses des trêves sont nécessaires et qu'évidemment l'objectif est à la fin d'arriver à un arrêt des combats mais nous dans ce que nous disons en même temps y compris dans nos explications de de vote aux nations- Unies c'est n'oublions pas le droit d'Israël à se défendre la légitime défense car Israël est en légitime défense et notre solidarité avec le peuple is en face au terrorisme donc c'est compliqué vous savez cette guerre ne va pas durer 3 jours c'est une phase très très difficile pour Israël c'est c'est une catastrophe pour le peuple palestinien que le Hamas entraîne dans dans dans cette boucherie dont personne ne voulait une fois encore personne n'imaginait la guerre à Gaza il y a 5 semaines c'est le Hamas qui par les attentats terroristes monstrueux du 7 octobre nous a amené là et précisément sur sur la suite à très court terme vous nous avez confirmé ce soir que vous aviez eu l'information que la réponse de l'armée israélienne entit dans sa deuxème phase ce sont donc les mots les termes qui ont été employé est-ce que vous êtes en mesure de nous dire combien de temps cette phase est censée durer est-ce que ça va durer une nuit est-ce que ça va durer plusieurs jours est-ce qu'on parle de plusieurs semaines est-ce que vous pouvez nous donner quelques indications sur la suite je' je n'en ai pas on n pas ce genre de partage il faut juste se représenter que les attaques qui sont en cours en ce moment donc au sol concern la zone nord de de la bande de Gaza vous êtes dans un site urbain qui est dense ça ne va pas se faire en une seule nuit ce qu'il y a de très important je le répète c'est que nous restions en permanence en dialogue avec Israël pour aider Israël à réfléchir dans ses choix de défense oui il est en légitime défense et oui c'est un pays libre c'est un pays démocratique il doit respecter le droit il doit penser aux populations civiles c'est aussi comme ça qu'il gagnera maintenant vous dire si ça va durer 3 jours 3 semaines honnêtement ou plus honnêtement à ce stade il est trop tôt pour vous le dire Monsieur l'Ambassadeur Laurent Saim veut vous poser une question Monsieur l'Ambassadeur Marc RZ qui est un des conseillers les plus proches de Benjamin netanahou commence à dire à la presse américaine plusieurs choses et je avoir votre réaction sur ce qu'il vient de déclarer à nos confrères à la fois de Fox News et de l'agence rters je rappelle au téléspectateurs Alice que Marc reggev c'est un stratège extrêmement fin qui travaille avec Benjamin netaniaou le Premier ministre et qui était en charge en 2014 de l'opération israélienne à Gaza et de l'offensive terrestre qui s'était passé en 2014 à Gaza Monsieur l'Ambassadeur Marc reev vient de dire donc quand ce sera terminé Gaza sera très différent quelle est votre réaction et qu'est-ce que ça veut dire Gaza sera très différent je crois que il y a eu une erreur fondamentale dans la gestion de Gaza qui a été de laisser le Hamas tenir en otage et dans l'intimidation ces gens tout en exerçant ce blocus qui était une très mauvaise idée vous savez un blocus d'abord c'est c'est contraire au droit humanitaire vous pouvez pas priver les gens de de leur accès à à une vie normale mais ces gens étaient prisonniers moi j'ai sympathisé j'habite dans le quartier de Jafa c'est un quartier mixte il y a un mélange de population juive de population arabe israélienne un de nos voisins commerçant il est Gazaoui dans sa famille et il me dit sa sœur est sur place et lui dit mais on est pris en otage par ces gens ils sont terrifiés par tout ça donc on doit avoir à cœur la vérité que les civils de Gaza aujourd'hui sont bloqués sont piégés dans la guerre que leur impose le Hamas et que il faut que Gaza derrière puisse trouver une gouvernance normale et ça c'est quelque chose auquel il faudra travailler ce qui est important c'est qu'on réfléchisse à l'avenir Monsieur l'Ambassadeur permettez-moi simplement pensez-vous réoccuper Gaza alors attention je ou mais c'est pas moi c'estation à mon avis aucun intention non israël ne veut pas réoccuper Gaza ça je n'y crois pas du tout personne ne le veut Israël s'est désengagé de Gaza en 2005 ils ont choisi de ne pas y garder d'implantation parce que c'était complètement irréaliste en revanche ce qui a été erroné c'est d'avoir une gouvernance par un mouvement terroriste qu'on a laissé se fortifier à l'intérieur de ce territoire toi donc je crois qu'il faut repenser à une administration palestinienne légitime mais ça ce sera au peuple palestinien d'en décider la Palestine a des aspirations légitimes faut pas l'oublier donc elle doit pouvoir choisir par elle-même et on y viendra ce que je trouve important dans ce que vous signalez de ce message de Marc reggef c'est que Israël soit capable aussi de se projeter vers l'après qu'on ne soit pas dans dans ce mur de l'instant et de la rage et ça c'est important ça nous donne des chances d'être entendu sur la nécessité de la prise en compte des questions humanitaires d'avoir les pauses pour que les vivres arrivent pour que les soins arrivent et que les civils de Gaza euh ne subissent pas de manière disproportionnée euh les horreurs de la guerre que nous vivons tous en attendant que les soins et les vivres arrivent euh quel est l'objectif principal de la deuxème phase de cette opération auquelle on assiste ce soir est-ce qu'on assiste à des frappes ciblées et si oui sur quel quel site avez-vous des informations à ce sujet je ne saurais pas vous le dire je suis pas un expert militaire je suis dans mon rôle de diplomate et les Israéliens n'ont pas explicité leur but de guerre ils ont dit dans leur communiqué qu'ils les avaient ils les ont déterminé donc ça c'est important c'est que vous une armée doit savoir qu'est-ce qu'elle va faire quand elle s'engage sur un terrain euh nous le comprendrons à mesure que le combat avance ce qui me paraît très important c'est d'être dans des choses réalistes le sujet c'est que le Hamas soit hors d'état de nuire ne soit plus en état de tirer des roquettes comme il le fait de manière incessante sur tout Israël depuis maintenant 3 semaines ENF j'ai l'impression que ça a duré des mois parce que c'est une vie très intense il faut se représenter vous votre reportage le montrait tout à l'heure ce que c'est que d'aller courir dans ses abris en permanence d'entendre ces détonations tous les soirs mais je veux dire aussi que même même à Tel Aviv on est à 80 km mais quand le vent porte le son on entend les ces grondements de l'artillerie et je je pense aussi je n'y suis pas indifférent au aux civils de Gaza qui sont sous ce feu en ce moment une question d'Ulis gosé Monsieur l'Ambassadeur oui bonsoir Monsieur l'Ambassadeur euh sur la place de la France on a vu que le Président de la République cherchait une position d'équilibre en apportant le soutien de la France à Israël mais en demandant une solution notamment de deux états est-ce que cette position est audible aujourd'hui en Israël est-ce que la France peut se faire entendre ou est-ce que c'est un peu vain compte tenu de de ce qui se passe notamment à Gaza avec ses raides ses interventions massives est-ce que la France est audible aujourd'hui ben écoutez Ulis gos je pense que oui oui ils nous ont entendu vous savez quand vous parlez à des amis vous ne leur dites pas uniquement les choses qui les arrangent il faut faut aussi dire des choses qui sont vraies et je crois que la France est crédible parce que sur cette question là on a été très constant même à des moments où tout le monde se disait on y croit plus et là ce qu'on se dit brutalement c'est que cette question elle ne pouvait pas disparaître j'avais dit chez vos confrères d' 24 c'est il y a quelques semaines avant tout ça c'est pas parce qu'on a plus envie de parler d'un problème que le problème a disparu la question palestinienne les aspirations du peuple palestinien il faut qu'on les traite et je trouve que Emmanuel Macron a très bien fait de parler aux Israéliens mais vraiment en les abordant sur les trois choses à la fois votre problème de sécurité c'est il nous concerne aussi le ce que fait le Hamas la lutte contre le terrorisme ça nous concerne les accès humanitaires et le respect du droit de la guerre et une perspective politique on doit être sur différents temps et en faisant ça on les fait on les aide à réfléchir on les aide à sortir de l'instant donc ils nous ont écouté ensuite tout n'est pas possible tout de suite il il faut aussi que les responsables palestiniens l'Autorité palestinienne se réengage dans quelque chose et qu'on se rende bien compte lucidement que ce qui vient d'arriver est aussi une catastrophe pour les Palestiniens c'est vraiment très très grave pour eux c'est pas du tout un atout et surtout qu'on se redise le Hamas c'est pas la Palestine et qu'on arrive ensuite effectivement à réfléchir à une perspective politique c'était il y a 30 ans euh je me souviens de cette formule qu'avait euac Rabin qui disait il faut combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de perspective de paix et il faut poursuivre une perspective de paix comme s'il n'y avait pas le terrorisme je crois qu'il faut avoir ce ce combat j'ai repensé à cette formule d'AC Rabine parce que j'étais allé voir l'endroit o où il a été tué il y a quelques semaines c'est pas forcément l'état d'esprit de la majorité politique en Israël aujourd'hui et Israël pour l'instant est dans sa défense mais il faut à un moment donné repenser à la dimension politique et je trouve qu'Emmanuel Macron a été courageux de le faire et que la France a été courageuse de le dire assez constamment calmement et que oui une fois que cette phase militaire sera terminée il faut y penser dernière question Monsieur l'Ambassadeur cette réponse israélienne a suscité plusieurs manifestations dans dans dans des pays arabes au Liban notamment des manifestants ont voulu exprimer leur désapprobation ce soir encore il y a eu des des manifestations et là c'était en six Jordanie en territoire israélien des Palestiniens ont manifesté en soutien à Gaza alors que les frappes militaires étaient en train de de s'intensifier votre sentiment sur ces manifestations auxquelles on assiste ces derniers jours et là j'ai vraiment envie de vous entendre vous et de ne pas entendre le son cloche du gouvernement israélien est-ce que vous en tant qu'ambassadeur de France en Israël ce risque de contagion à l'échelle régionale il vous inquiète alors je vais vous parler d'abord des gens ce qui ce qu'il faut comprendre vous savez moi je le découvre en découvrant ce pays où je suis arrivé il y a quelques mois c'est tout petit ici euh ces gens se connaissent les familles sont liées les les familles de Gaza ils ont des cousins qui habitent à Jafa et ils ont des cousins qui habitent à Jérusalem ou ailleurs c'est on est vraiment dans un tout petit territoire ça fait la taille d'un département français le le cœur d'Israël donc évidemment que que les Palestiniens se sentent extrêmement émus en S Jordanie de ce qui se passe à Gaza et c'est la même chose chez beaucoup d'Arabes israéliens qui sont très inquiets pour pour leurs cousins pour leur famille et il y a derrière une émotion dans le monde arabe alors les Israéliens sont très très conscients de ça ça ils y font très attention ils n'ont pas envie de nouvelle guerre une fois encore il n'imaginaent pas un seul instant il y a un mois quand je parlais avec eux ce retrouvver engagé dans une guerre contre le Hamas il pensaient avoir trouvé un équilibre ils avaient développé le nombre de permis de travail qui permettaiit à des gazai de venir travailler en Israël ce qui a terrible c'est que dans ces kibuts vous savez qui ont été martyres moi j'en ai visité deux ils employaient des gens de Gaza ça leur donner du travail c'était des pacifistes c'est les vieux kibuts de de la gauche des débuts d'Israël avec avec des drapeaux de la paix sur les maisons qui ont brûlé vous avez parfois certain de ces civiles qui ont donné don des indications aux terroristes qui savaient où ils allaient donc les Israéliens sont choqués par ça donc ils n'ont aucune envie de voir un nouveau front s'ouvrir que ce soit aussi Jordanie ou dans le Nord c'est pour ça qu'ils sont à l'écoute c'est pour ça que nous avons une capacité nous français mais aussi d'autres pays qui sont à l'écoute d'Israël qui sont une fois encore je je le dis un solidaire face au terrorisme et à l'attaque qu'ils ont subi qui respectent le droit à la légitime défense à cause de cette préoccupation qui est très sérieuse pour les Israéliens on peut aussi se faire entendre et avancer des propositions et je crois que la France a plutôt été à sa place et et dans son rôle là-dessus au cours des dernières semaines c'est pas toujours facile mais il faut le faire merci merci Monsieur l'Ambassadeur merci Frédéric journais d'avoir été ce soir avec nous sur sur BFM TV