[Extrait Séance] Antoine Valentin défend l’info des victimes sur la liberté des agresseurs sexuels
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Antoine ValentinFait
« Il est dans la vie d'une nation des dates qui ne figurent dans aucun livre d'histoire et qui pourtant en disent davantage sur l'état d'une République que les grands traités. »
- 1:00Antoine ValentinChiffre
« 5 années de prison ont été prononcées, 28 mois purgés. Il manque plus de la moitié de la peine. »
- 1:30Antoine ValentinFait
« 32 mois que la République s'était solennellement engagée à faire purger et qu'elle a laissé filer dans le silence administratif. »
- 4:30Antoine ValentinFait
« Informer une victime que son agresseur est dehors n'a jamais arrêté un agresseur. La notification n'est pas la protection. »
- 5:30Antoine ValentinPromesse
« La rétention de sûreté lorsque la dangerosité persiste, que la République cesse de trembler là où elle devrait protéger. »
- 7:00Antoine ValentinFait
« Les indignations sélectives n'ont jamais protégé personne. Elles ne servent qu'à se donner bonne conscience à peu de frais. »
- 8:30Antoine ValentinFait
« La France ne se mesurera pas à ses indignations. Elle se mesurera aux peines qu'elle exécute, au récidif qu'elle empêche et au nom d'enfant qu'elle n'aura plus jamais aggravé. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est dans la vie d'une nation des dates qui ne figurent dans aucun livre d'histoire et qui pourtant en disent davantage sur l'état d'une République que les grands traités. Le 30 mars 2025 est de celle-là. Ce jour-là, dans une commune de ma circonscription, au pied des massifs de Haute Savoie, un adolescent de 17 ans a déposé sa vie.
Il s'appelait les Yanis. Il avait l'âge où l'on rêve, l'âge où l'on aime, l'âge où l'on s'apprête à entrer dans le monde des adultes en croyant qu'il sera plus juste que celui des enfants. À cette heure, je veux saluer ici la présence de ses parents Farid et Delphines ainsi que de son frère Lounis ainsi que sa mémoire.
Yanis venait d'apprendre non par l'État, non par la justice, non par la voix solennelle d'un magistrat, mais par son père qui le tenait lui-même d'une connaissance que l'homme qui avait brisé son enfance, plusieurs fois condamné pour agression sexuelle en récidive légale, marchait à nouveau libre sur les chemins de haute Savoie, à moins de 3 km de chez lui. 3 petits kilomètres. La distance d'une promenade, la distance d'une rencontre fortite, la distance d'un cauchemar redevenu géographie.
Arrêtons-nous, mes chers collègues, sur l'arithmétique de cette tragédie. 5 années de prison ont été prononcées, 28 mois purgés. Il manque plus de la moitié de la peine. 32 mois que la République s'était solennellement engagée à faire purger et qu'elle a laissé filer dans le silence administratif.
C'est dans cet écart entre la parole donnée à la victime et la parole tenue par l'État que se loge depuis trop longtemps le malheur français. Le texte que nous votons ce soir répare une partie de cette honte. Il transforme un droit facultatif en une obligation.
Il fait passer la victime de la marge du procès à son cœur. Pour cela, nous le voterons. Nous le voterons parce qu'il fallait, en mémoire de Yanis, qu'aucune victime de France n'apprenne plus jamais par un bavardage une nouvelle aussi terrible.
Mais nous voulons dire ici ce que ce texte ne fait pas. Informer une victime que son agresseur est dehors n'a jamais arrêté un agresseur. La notification n'est pas la protection.
Prévenir n'est pas empêché. Ce que Yanis attendait de l'État, ce n'était pas qu'on lui annonce une libération, c'est qu'il n'y ait pas de libération. Pas après seulement 28 mois, pas pour un homme multicondamné, pas à 3 km de chez lui.
Voilà pourquoi nous disons avec gravité ce texte est un seuil. Il n'est pas une réponse. La réponse, elle exigera davantage de courage.
Des peines réellement exécutées, des peines planchées, assumé pour les récidivistes. La rétention de sûreté lorsque la dangerosité persiste, que la République cesse de trembler là où elle devrait protéger. Mes chers collègues, la pédcriminalité n'est pas une question parmi d'autres.
Elle touche à ce que nous sommes en tente de civilisation, à l'idée qu'il existe dans le contrat moral français un seuil en dessous duquel nous ne descendrons jamais et ce seuil l'enfance. Que cette lutte devienne enfin une grande cause nationale avec les moyens la doctrine pénale et la constance politique qui s'attache à ce mot-là. Encore faut-il, pour que cette cause soit véritablement nationale, qu'elle le soit pour toutes les sensibilités de cet hémicycle.
Nous nous souvenons tous de ces intellectuels de gauche et d'extrême gauche qui il y a encore quelques années défendaient publiquement des thèses infemmes aujourd'hui frappé d'une prob unanime. Les indignations sélectives n'ont jamais protégé personne. Elles ne servent qu'à se donner bonne conscience à peu de frais.
Mes chers collègues, nous voterons pour cette proposition de loi. Nous la voterons sans triomphe et même avec une forme de douleur parce qu'elle laisse intact la question la plus grave, celle de savoir si nous serons demain capables de tenir la parole de fermeté que nous devons aux victimes de France. Que le décès de Yanis ne soit pas une parenthèse qu'on referme avec un texte. qu'il soit le commencement d'une exigence et que cette assemblée ne se contente plus jamais de plaindre les victimes après quand il aurait fallu les protéger avant.
La France ne se mesurera pas à ses indignations. Elle se mesurera aux peines qu'elle exécute, au récidif qu'elle empêche et au nom d'enfant qu'elle n'aura plus jamais aggravé. Je vous remercie.
M.
Antoine Valentin