Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 13 octobre 2024 28 min

L'interview de Xavier Bertrand sur BFMTV en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Xavier Bertrand. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir dans C'est pas tous les jours dimanche. C'est votre première prise de parole à la télévision depuis ces quelques jours, fin août, début septembre, où vous avez failli être nommé Premier ministre. On en parlera dans un instant. On parlera également du budget, des hausses d'impôts à venir. Mais d'abord, il y a un an, jour pour jour, le professeur Dominique Bernard était assassiné par un terroriste islamiste. Vous êtes ici ce matin à la cérémonie qui lui a rendu hommage à Arras. Un an après, quatre ans après la mort de Samuel Paty, qu'on commémorera dans les jours qui viennent.

Est-ce que toutes les leçons ont été tirées de ces drames ?

0:35
Xavier Bertrand

C'est ce que l'on souhaite tous. C'est que tout le monde est bien intégré. Je pense que les responsables publics, les responsables politiques l'ont dit, l'ont compris. Je pense que la communauté éducative également. Mais je pense de toute façon qu'il faut encore une fois une vigilance de chaque instant et être implacable quand il y a la moindre dérive, la moindre entorse à la laïcité. Je voudrais revenir sur l'hommage tout à l'heure. Il y a une chose qui force l'admiration, c'est la force de Mme Bernard. Vraiment impressionnante. Vous avez certainement vu ses interviews dans Le Monde, dans La Voix du Nord.

Elle a une force qui se doit d'être respectée, mais ce n'est pas pour autant qu'on doit oublier le drame qui s'est produit, comme Samuel Paty vous l'avait dit. Aucune entorse à la laïcité. Aucune. Et une lutte permanente contre le terrorisme islamique. Et je vais même plus loin. Contre l'islam politique. Parce que nous savons pertinemment que c'est à partir de cet islam politique que peuvent venir les plus grandes formes de séparatisme.

1:35
Présentateur

La ministre de l'Éducation nationale dit dans les colonnes de la Tribune Dimanche que les atteintes à la laïcité ont baissé entre septembre 2023 et septembre 2024. Mais il y a ce qui s'est passé dans votre région. C'était cette semaine à Tourcoing, une professeure frappée par une élève à qui elle avait demandé de retirer son voile. Quand on voit ce genre de... Je ne vais pas dire fait divers, c'est plus grave qu'un fait divers. C'est un fait de société, c'est un drame. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Vous dites qu'il faut être implacable.

Concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour éviter ces entorses au principe de la laïcité et en l'espèce ces violences contre une professeure ?

2:07
Xavier Bertrand

La justice se prononce dans les semaines qui viennent, rapidement. Et puis, il va y avoir également un conseil de discipline. Et puis, encore une fois, on a entendu plusieurs versions. Je me suis entretenu avec la proviseure. Je la rencontrerai à nouveau prochainement. C'est qu'on ne doit pas mettre en doute également la parole des enseignants. Ce n'est pas parole contre parole. Les choses, là, sont établies. Et donc, il doit y avoir des sanctions pour cet élève. De façon à ce que, clairement, les choses ne se reproduisent pas. C'est ça, quand je disais tout à l'heure, être implacable. On ne négocie pas la laïcité. La laïcité n'est pas une option.

Elle doit être respectée par tous et partout. Que ça plaise à certains ou non, c'est la loi de la République. Et depuis 2005, la loi sur le voile, cette loi ne peut pas subir la moindre entorse.

2:50
Présentateur

Xavier Bertrand, je voudrais qu'on parle du budget. Le gouvernement a donc présenté sa copie. Il y a un instant, à votre place, le ministre de l'Économie et des Finances en défendait quelques grands principes. Plus de 20 milliards d'euros de hausse d'impôt des économies dont le périmètre est encore flou. Question très simple, Xavier Bertrand. Si vous étiez parlementaire, est-ce que vous voteriez ce budget ?

3:07
Xavier Bertrand

Je ferais des propositions. Déjà, la première des choses, si vous me donnez un petit moment, la France a besoin d'un budget. Et la situation financière, et je pense que la première fois, c'est un sondage qui a été fait la semaine dernière, les Français mesurent bien le risque que nous avons de crise financière. Et la crise financière, ça voudrait dire, du jour au lendemain, des mesures beaucoup plus dures, beaucoup plus difficiles à prendre, que celles qu'il y a dans ce budget. Donc nous avons besoin d'un budget. Dans un budget, la première des choses, c'est de baisser les dépenses. Baisser les dépenses de façon drastique.

Et je vous dis tout de suite, il ne s'agit pas pour un politique de le dire, c'est ce que je vais devoir faire. Moi, au Conseil régional des Hauts-de-France, je vais baisser les dépenses de fonctionnement, je dis bien les baisser, et baisser les dépenses d'investissement.

3:50
Présentateur

Donc vous dites ce soir, au fond, je donne l'exemple dans ma région, là où certaines collectivités locales disent, on nous demande trop d'efforts, 5 milliards c'est trop. Vous vous dites, dans votre région des Hauts-de-France, je vais baisser les dépenses de combien ?

4:02
Xavier Bertrand

Je vais baisser les dépenses de fonctionnement d'au moins 6%, peut-être plus, et les dépenses d'investissement d'à peu près 10%. Alors, la vérité, c'est que je suis aussi amené à le faire parce qu'il y a les décisions qui ont été prises par l'État, qui demandent un effort très important aux collectivités. Mais je ne suis pas là ce soir pour venir vous dire, c'est injuste, je connais la situation budgétaire du pays. Vous l'avez dit vous-même, j'ai beaucoup regardé les choses ces dernières semaines, je sais exactement quelle situation, et il n'y a aucun gouvernement, aucun Premier ministre qui serait arrivé en disant, attendez, avec moi ça va être facile, ça va passer crème, on va tout régler.

Mais par contre, ce que je sais, c'est que l'impôt, les hausses d'impôts, c'est en tout dernier recours.

4:42
Présentateur

Et donc, vous savez Bertrand, vous considérez qu'en l'État, la copie gouvernementale présente trop d'impôts et pas assez de baisse de dépenses.

4:51
Xavier Bertrand

Vous savez, il y a deux attitudes possibles vis-à-vis du gouvernement de Michel Barnier, critiqués ou proposés. Moi, je viens pour proposer. L'un n'empêche pas l'autre. Non, je viens pour proposer. Je viens pour proposer parce que ce qui est important aujourd'hui, c'est la réussite de la France. C'est que la France reste un pays debout. Et pour cela, nous avons besoin que le gouvernement puisse réussir et être aidé. Voilà la logique de ma position. Donc quand vous me dites, on peut faire l'un et l'autre, moi, ma première logique, c'est celle de proposer. Et donc, ce que je propose, c'est que les dépenses de l'État baissent davantage que ce qui est prévu aujourd'hui. Et ça va être douloureux.

Et donc, on augmente moins les impôts. Évidemment. L'impôt, c'est en dernier recours. Et après, il y a d'autres points qui me semblent importants. Vous voyez, M. Duhamel, on entend de plus en plus beaucoup de Français dire qu'on paye beaucoup d'impôts. En France, on paye trop d'impôts. Et on ne sait pas à quoi ça sert. Et on n'en a pas pour notre argent. C'est terrible, cette phrase. Parce que ce qui est en cause aujourd'hui, c'est la question du consentement à l'impôt. Le consentement à l'impôt, c'est l'un des fondements démocratiques. Et là, aujourd'hui, si vous voulez garder le consentement à l'impôt, il faut la confiance.

Le budget ne peut pas comporter la moindre mesure de rétroactivité. Notamment sur la question de la flat tax. Il est question... Et l'impôt sur le capital. Il est question de revenir sur ce qui serait aujourd'hui distribué en 2024. Le budget pour 2025 ne doit concerner que 2025 et pas 2024. Pas de rétroactivité. Deuxième point. La question de la confiance. Les retraités. Les retraités dans la loi sur les retraites. Vous savez que j'avais fait des propositions parce que je trouvais qu'elles n'étaient pas assez justes. Mais dans cette réforme, il est dit maintenant le niveau de vie des retraités il est garanti.

Je suis désolé, vous ne dites pas qu'il est garanti seulement au bout de 6 mois parce que c'est une forme d'impôt déguisé.

6:28
Présentateur

Oui, parce qu'il y a, et encore une fois, on en a parlé il y a un instant avec Antoine Armand, une décision de ce qu'on appelle désindexer les pensions de retraite entre janvier et juillet 2025. Ça, pour vous,

6:38
Xavier Bertrand

c'est inacceptable ? Tout à fait. Parce qu'encore une fois, c'est une question de confiance. Alors on va me dire oui, bien sûr, les retraités, il ne faut pas les toucher. Mais attendez, regardez bien les choses. Les retraités aujourd'hui, eux, il n'est pas question de salaire qui augmente. Les retraités, il n'est pas question de 13e mois. Il n'est pas question d'heures supplémentaires. Il n'est pas question de partage de la valeur. Donc ce qu'ils ont, c'est pour aller jusqu'au bout. Et n'oubliez pas aussi une chose, c'est que les retraités aujourd'hui, ce sont eux qui assurent énormément de la solidarité à l'intérieur des familles, y compris financièrement. Donc vous dites,

7:06
Présentateur

Xavier Bertrand, dans les colonnes du Parisien, vous dites, il faut au fond, pour faire les économies générées par cette désindexation des pensions de retraite, il faut à la place faire la réforme de l'assurance chômage. C'est ce que vous montriez tout à l'heure. Mais il y a un instant, Antoine Armand dit, en fait, ça génère des économies sur plusieurs années. Ce n'est pas équivalent.

7:21
Xavier Bertrand

Ça ne suffit pas. Ça commence à générer des économies importantes dès maintenant. Et les chiffres qui ont été donnés montaient jusqu'à 3,5 milliards, 3,7 milliards. Voilà. Et après, je veux même aller plus loin. C'est que la réforme, je comprends qu'on dise aux partenaires sociaux que vous négociez, mais je suis intimement convaincu qu'il faut aller beaucoup plus loin que la réforme qui avait été mise en place initialement, parce que c'est le retour à l'emploi qu'il faut favoriser. Dernier point sur la question de la confiance. Les collectivités locales. L'État dit aujourd'hui, on va vous faire une ponction, il n'y a pas d'autre mot, de 5 milliards d'euros.

J'ai conscience que personne ne peut s'en exonérer. Et d'ailleurs, je vous l'ai dit, pour moi, dans la région, on va baisser les dépenses de fonctionnement. Mais là encore, ça montre que c'est l'État qui nous tient par un fil avec les dotations. On n'a pas les moyens aujourd'hui de déterminer notre politique. Donc l'État peut parfois ouvrir le robinet, et là, il le ferme complètement, et donc on est étranglé, mais qu'on nous donne de la responsabilité et de la liberté. Donc nouvelle étape, de décentralisation.

C'est-à-dire que plutôt que d'être dans une guerre avec l'État, c'est trop haut, on n'est pas d'accord, établisse dès maintenant un nouvel acte de la décentralisation, c'est-à-dire qu'on donne davantage d'autonomie fiscale aux collectivités, davantage de liberté, c'est-à-dire que l'on puisse aussi déterminer par nous-mêmes décentralisation, déconcentration, trop de décisions prises à Paris et simplification. Pas dans un siècle. Maintenant, et il y a une personne qui saurait le faire, c'est Gérard Larcher. Pas pour négocier la question budgétaire, mais pour discuter, voir exactement ce que l'on fait.

Et là, vous changez le fonctionnement du pays, parce que trop des décisions aujourd'hui sont prises à Paris.

8:54
Présentateur

On va rentrer dans le détail dans un instant des baisses de dépenses que vous proposez, mais juste sur les impôts, ce qui m'interpelle, vous dites trop d'impôts ou il faut que ce soit en dernier recours. Mais au fond, quand on regarde les propositions de hausse d'impôts qui sont soumises à la discussion parlementaire, augmentation des impôts pour les plus aisés, plus de 250 000 euros par an pour un célibataire, plus de 500 000 pour les couples, contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises qui font un chiffre d'affaires au-dessus d'un milliard d'euros, c'est injuste ça de leur demander de contribuer davantage ?

9:21
Xavier Bertrand

Vous savez ce que tout le monde pense. Bien évidemment que les gens ne sont pas opposés à cela. Alors pourquoi vous dites qu'il y a trop d'impôts ? Parce que c'est en dernier recours. Parce que l'impôt est une facilité politique française. L'est là le sujet. Et d'ailleurs, il y a beaucoup de ceux qui nous regardent, qui nous prêtent, qui se disent, vous les Français, vous savez augmenter les impôts. Il faut leur faire la preuve que l'on sait baisser les dépenses. Le budget de l'État aujourd'hui augmente plus que l'inflation. Ce n'est pas normal. Le budget de l'État doit baisser moins que l'inflation. Ce qui est une façon de montrer que nous savons faire des efforts.

Attendez, ça ne va pas être facile. Ça va certainement être douloureux. Mais encore une fois, l'impôt en dernier recours, en tout dernier recours. Vous savez ce qui manque aujourd'hui ? Oui. Et pour beaucoup de gouvernements depuis les années. C'est la restructuration de l'organisation de l'État. Regardez, on a des services actuelles.

10:07
Présentateur

Vous savez, Xavier Bertrand, vous avez plus d'expérience que moi en la matière, mais on entend ça tous les ans. La réforme de l'État, lutté contre le millefeuille, la lutte contre les doublons. Pourquoi les autres gouvernements ne l'ont pas fait pour réduire la dépense ?

10:19
Xavier Bertrand

Vous voulez que je vous dise ? C'est parce que Paris, le pouvoir central, veut garder le pouvoir, veut continuer à contrôler. Non mais attendez, je vous parlais de la confiance tout à l'heure. Ceux qui gouvernent ne font pas confiance aux Français. C'est pour ça qu'on a plus de normes qu'ailleurs. C'est pour ça qu'on a plus de contrôles qu'ailleurs. Dans ce que je vous proposais tout à l'heure, notamment sur les collectivités locales, on sait tous ce qu'il y a à faire. Tous. Il y a eu un rapport Avignon, un rapport Wörth. Il y a des textes qui ont été faits, notamment qui ont été préparés au Sénat. Et pourquoi ça ne bouge pas ? Tout simplement parce que Paris veut garder le contrôle.

Il est temps de faire respirer ce pays. C'est vrai pour les collectivités, c'est vrai pour les entreprises. Et puis vous avez aussi un autre sujet, vous me parlez des grandes entreprises. Vous leur demandez plus ou vous leur donnez moins ? Parce que ça, c'est aussi un vrai sujet, c'est que vous pouvez donner moins d'aide aux entreprises les plus importantes plutôt que d'avoir toujours la logique de l'impôt.

11:05
Présentateur

Un point précis encore sur un certain nombre de mesures du budget, le fait que les rendez-vous chez le médecin vont être moins bien remboursés, c'est ce qu'on appelle l'augmentation du ticket modérateur, également sur les arrêts de travail. Est-ce que vous considérez, parce que c'est peut-être aussi ce que se disent certains qui nous regardent, que ce budget est injuste

11:21
Xavier Bertrand

dans l'État ? Ah, ça va conduire à quoi ça ? À une augmentation... Du prix limituel ? Mais des prix limituel. Donc ça veut dire qu'on va prendre dans la poche des Français. Et là, on en arrive à un autre point. Donc c'est un budget qui prend dans la poche des Français ? Vous avez entièrement raison. Vous savez, ce que je veux dans ce budget, ce que je demandais dans l'interview du Parisien, c'est qu'il y ait plus pour les catégories populaires et les classes moyennes. À partir du moment où vous demandez un effort, alors 60 milliards d'euros, je vais être très franc avec vous.

Je pense qu'il faut être capable d'aller plus loin dans la baisse des dépenses, de certaines dépenses de l'État, mais de donner davantage aux classes moyennes et aux catégories populaires avec une mesure très simple, la baisse des charges salariales. C'est-à-dire que ce soit au SMIC ou au niveau du SMIC, c'est-à-dire eux de leur permettre de... Mais on peut se le permettre,

12:04
Présentateur

vous dites à la fois la situation financière elle est épouvantable et en même temps vous dites il faut baisser les charges salariales. Je viens de vous dire une chose,

12:10
Xavier Bertrand

vous avez 60 milliards d'euros d'efforts, alors c'est 61,5. Mais le 1,5 milliard, vous redonnez de vraies perspectives à ceux qui votent. Monsieur Duhamel, il y a eu des élections législatives en juillet. Il faut que les choses soient claires, c'est que ceux qui ont voté se disent on a été compris. Et en l'État, ce n'est pas le cas. Il y a clairement la question de l'autorité, de l'ordre, la sécurité, la fin de l'impunité en matière de justice, la maîtrise de l'immigration, mais il y a le pouvoir d'achat pas en distribuant des chèques, mais le pouvoir d'achat par le travail. C'est de ça dont on a besoin aujourd'hui. Et les services publics.

Vous demandez un effort sur la santé, mais si les Français se disent il va y avoir un investissement dans la santé, ils sont prêts à y aller. C'est ces sujets-là aujourd'hui que vous avez besoin de prendre à bras-le-corps, de répondre aux exigences exprimées en juillet.

12:56
Présentateur

Donc il faut améliorer ce budget. Un mot sur les dépenses. Vous dites donc depuis le début de cet entretien qu'il faut les baisser encore davantage. On peut se demander, Xavier Bertrand, si vous avez de la mémoire. En septembre 2023, vous demandiez une ristourne pour tous les automobilistes de 15 à 20 centimes sur le prix du litre d'essence. Est-ce que vous êtes vraiment le mieux placé pour donner des leçons de bonne gestion quand on proposait ce type de mesures aussi coûteuses qui avaient été estimées, je crois, entre 8 et 12 milliards d'euros selon l'estimation ?

13:24
Xavier Bertrand

Non, 1 000 milliards pendant qu'ils y sont. Vous savez ce que je demandais à l'époque ? Vous êtes suffisamment avertis pour savoir exactement ce que je demandais. C'est que l'État était en train de nous infliger une double peine. C'est-à-dire qu'il y avait l'augmentation de la fameuse TICPE, il y avait l'augmentation de la TVA. Et je demandais à ce que l'on rende juste une partie de ce surplus.

13:41
Présentateur

Il fallait bien désendetter, Xavier Bertrand ? Vous demandiez de fait une dépense supplémentaire à l'époque ?

13:45
Xavier Bertrand

M. Duhamel, vous êtes sérieux là ou pas ? Vous êtes sérieux ? Des endettés alors qu'ils ont continué à creuser le déficit ? Ça aurait été encore pire si vous avez écouté. C'était tout simplement de rendre une partie de ce que l'État prenait en plus, en trop. Mais c'est ce que je vous dis tout à l'heure, c'est la confiance. À chaque fois que vous passez à la pompe,

14:02
Présentateur

vous vous faites raqueter. Oui, mais mon point, Xavier Bertrand, c'est que c'est facile dans une situation financière très compliquée d'arriver et de dire il ne faut pas augmenter les impôts, il faut faire plus de dépenses pendant plusieurs années et vous n'êtes pas le seul. Vous n'êtes pas le seul. On a continué à demander des dépenses supplémentaires, à dire qu'il fallait des chèques énergie, à dire qu'il fallait des risques sondes sur le carburant. Il y a une forme de décalage pour ce que vous disiez, ce que vous proposez aujourd'hui ?

14:21
Xavier Bertrand

M. Duhamel, je ne suis pas le bon client pour entendre ça. Je suis désolé. Moi, j'ai mené la réforme des retraites dès le départ en 2003. Ça rappelle que je ne suis pas tout jeune, je l'assume. La réforme de l'assurance maladie qui nous a permis d'éviter le krach de l'assurance maladie. Et dans ma région notamment, j'aide les gens qui bossent et qui doivent prendre leur voiture. C'est ma cohérence. Donc quand vous me dites à pas vous, pas ça, je suis désolé. Moi, ce que je fais, je le mets en musique et quand je vous dis cette année que je vais baisser mes dépenses, je l'assume.

14:48
Présentateur

Vous savez, Bertrand, je voudrais qu'on parle du Doliprane. On en parlait il y a un instant avec le ministre de l'économie. Médicament le plus vendu en France qui est sur le point de passer sous pavillon américain après le choix de Sanofi de rentrer en négociation exclusive avec un fonds d'investissement américain. Donc une usine est dans les Hauts-France. Absolument. Préféré à un consortium français. Est-ce que vous demandez au gouvernement de bloquer cette session ? Comme le fonds 62 parlementaire.

15:07
Xavier Bertrand

Je demande à ce qu'on ait des garanties parce que le fonds concurrent, le fonds français, n'est pas tout seul. Il y a avec lui d'autres fonds singapouriens et à Bouddhabi également. Donc il n'est pas tout seul, l'autre fonds. Ce que je demande, c'est des garanties, mais entendons-nous bien. Des garanties au-delà de 5 années. Tout le monde va vous dire qu'il n'y a strictement aucun problème. J'ai une proposition à faire au gouvernement. C'est que la BPI, la Banque publique d'investissement, c'est l'État, rentre au capital d'Opelia, c'est-à-dire l'entreprise qui fabrique le DEPRAN. C'est une bonne affaire. L'État n'y perdra pas. Vous allez me dire, ça va être un coup.

Non, c'est un investissement. Et en ayant également un siège au Conseil d'administration, ça nous permettra dans les 5 années qui viennent, mais au-delà, quel que soit l'acquéreur, de pouvoir avoir un droit de regard et de pouvoir garantir les conditions de prix du DEPRAN et les conditions d'approvisionnement. Cette proposition-là, elle ne coûtera pas à l'État sinon de faire un investissement et un bon investissement. C'est d'une certaine façon une garantie ? Non, c'est une forme de verrou au-delà de 5 ans.

16:09
Présentateur

Xavier Bertrand, je voudrais qu'on remonte quelques semaines en arrière, fin août, début septembre, où vous étiez, je le disais il y a un instant, le favori pour Matignon. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi est-ce que vous n'avez pas été nommé alors que pendant plusieurs jours, on pouvait lire dans la presse, partout, qu'Emmanuel Macron était sur le point de vous nommer à Matignon ?

16:24
Xavier Bertrand

Vous êtes suffisamment averti pour savoir que ça ne se passe pas forcément comme le dit la presse. Donc si vous voulez savoir, je pense qu'il faut poser la question directement à Emmanuel Macron. Moi, je vais plutôt vous dire quel était mon état d'esprit. On est au lendemain des élections législatives, on le voit bien, une forte poussée du Rassemblement national, entre 10 et 11 millions d'électeurs, le nouveau prompt populaire qui bénéficie d'une forme de front républicain, et on ne le voit pas de majorité absolue.

Et ce que je propose à l'époque, c'est de dire il faut qu'il y ait un gouvernement pour traiter les urgences nationales qui rassemble les hommes et les femmes de bonne volonté et qui ne soit pas dirigé par quelqu'un de la majorité sortante. Je suis ensuite amené à rencontrer le président de la République.

17:01
Présentateur

C'est-à-dire que quoi concrètement ? Pour ceux qui nous regardent, il décroche son téléphone, il vous envoie un message, il vous appelle, il dit voilà, M. Caron, M. le Président...

17:07
Xavier Bertrand

Ça ne se passe pas tout à fait comme ça, mais la vérité c'est que je rencontre le président de la République. Plusieurs fois ? Oui. Et je lui explique clairement ce que j'ai en tête, les propositions d'action pour apporter des solutions pour faire reculer les problèmes dans les domaines que je vous ai indiqués, l'ordre, le pouvoir d'achat par le travail, les services publics et autre chose aussi. J'insiste beaucoup là-dessus. Vous avez vu ce qui s'est passé aux élections ? Il y a 15 millions de nos concitoyens qui vivent dans des communes de moins de 2000 habitants. Et eux, en ont marre d'être considérés comme des citoyens de deuxième zone. Il faut leur apporter des réponses.

Quand vous lui dites ça au président de la République, il est séduit par cette feuille de route

17:39
Présentateur

que vous lui proposez ? Visiblement, ce n'est pas moi qui suis choisi. Oui. Non mais, on va y venir dans un instant, il s'est passé autre chose. Donc, j'explique. Pourquoi je pose cette question à Xavier Bertrand ? Parce qu'on se souvient ces dernières années de passe d'armes que vous avez pu avoir avec le président de la République assez sévère. Vous avez eu un contempteur du macronisme particulièrement déterminé. On confirme. Et pour autant là, vous étiez prêt à aller faire affaire ensemble ?

18:00
Xavier Bertrand

Non, parce que vous le savez bien, dans une configuration différente. Il ne s'agit pas de rentrer dans une majorité. Il ne s'agit pas non plus de mettre en place une cohabitation parce qu'il n'y a pas de parti qui a une majorité absolue de remplacement. Mais c'était de dire aujourd'hui, c'est un gouvernement d'urgence nationale pour traiter justement ces urgences, une configuration politique sans précédent. Et je pense que c'était aussi le moment pour les responsables politiques de s'engager et pas de se cacher. Deuxièmement, je suis convaincu, M. Duhamel, que si vous avez des résultats dans les domaines que j'ai évoqués, vous faites reculer les extrêmes. Vous faites reculer les filles.

Vous en avez fait

18:33
Présentateur

reculer les extrêmes.

18:34
Xavier Bertrand

Vous faites reculer le Rassemblement national et je suis ensuite encore deux ans et demi qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle. La fin de ce quinquennat ne peut pas être chaotique. Il en va pas seulement de la personne de M. Macron mais de ce qu'est le chef de l'État, c'est-à-dire le clé de voûte des institutions. Et on a besoin au maximum d'avoir une stabilité politique. C'est des raisons pour lesquelles j'étais prêt à m'engager.

18:57
Présentateur

Mais juste, Gaël Bertrand, pour ceux qui peut-être ne s'en souviennent pas, une des raisons pour lesquelles vous n'avez pas été nommée, c'est parce que Marine Le Pen a mis son veto. Elle a dit, des propos qui ont été les vôtres. Notamment cette phrase en 2021, quand vous avez gagné au Régional dans les Hauts-de-France, vous disiez avoir, je cite, brisé les mâchoires du RN. Avec le recul, vous regrettez ces propos qui vous ont empêché d'avoir été nommé à Matignon ?

19:23
Xavier Bertrand

Je ne regrette certainement pas ces propos et je ne regrette pas mon action. Pourquoi elle a cette attitude, Mme Le Pen ? À votre avis ? Parce qu'en 2016, elle est sur sa trajectoire présidentielle. Elle pense qu'elle va gagner sans coup faire rire les Hauts-de-France. Elle ne gagne pas. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, la gauche décide de se retirer et sans négociation, appelle à voter pour moi. Et quand je suis élu, je décide de mener une politique qui est une politique qui, clairement, vise à obtenir avant tout des résultats. Mais donc c'est quoi ? Vous dites qu'elle a peur de vous ? Mais bien sûr. Mais est-ce que c'est pas juste

19:53
Présentateur

qu'elle ne veut pas d'un Premier ministre qui a eu des propos comme cela ?

19:56
Xavier Bertrand

Non, c'est parce qu'elle sait pertinemment qu'à Matignon, j'aurais fait la même chose que dans les Hauts-de-France. Et qu'est-ce que j'ai fait dans les Hauts-de-France ? En 2016, j'engage une action résolue qui accueille aujourd'hui la vallée des batteries électriques qui vont être l'industrie de demain pour l'automobile. Et j'obtiens avec Bernard Cazeneuve le démantèlement de la jungle de Calais. Il y avait 10 000 migrants qui étaient exploités par les passeurs qui étaient là. On obtient le démantèlement. Pas elle qui l'a demandé, c'est pas elle qui l'a obtenue. Donc Marine Le Pen avait peur de vous ? Elle sait pertinemment que j'aurais eu la même action.

Et c'est-à-dire que, contrairement à ce qu'il dit, je respecte tous les électeurs dans ma région comme au niveau national. Qu'ils m'aiment ou qu'ils ne m'aiment pas, qu'ils votent pour moi ou qu'ils ne votent pas pour moi. Mais ils savent pertinemment que j'ai des résultats. Et quand vous vous attaquez à la colère des gens, quand vous vous attaquez à la détresse, eh bien, ils ne sont pas, eux, dans les mains du Front National. Ils veulent tout simplement des responsables politiques qui bossent et qui obtiennent des résultats. Et elles ne voulaient pas de cela. Vous auriez été censurés immédiatement si vous aviez été nommés ? Qu'est-ce que vous en savez ?

20:54
Présentateur

Quand toute la gauche dit qu'on censure et que le Rassemblement National censure, ça fait plus de 289 voix pour faire tomber le gouvernement et donc vous seriez tombé immédiatement ?

21:02
Xavier Bertrand

Écoutez, en tout état de cause, moi je vais vous dire, je n'ai pas de regrets par rapport à ce qui s'est passé. C'est la vie politique qui est ainsi faite. Je pense sincèrement qu'aujourd'hui, il ne faut pas croire que le Rassemblement National c'est l'alpha et l'oméga de la vie politique française. Madame Le Pen ? Quand on voit que Michel Barnier

21:18
Présentateur

appelle Marine Le Pen après des propos de celui qui était à votre place il y a un instant, Antoine Armand, parce qu'il a dit que le RN ne faisait pas partie de l'arc républicain,

21:27
Xavier Bertrand

ça ressemble à une forme de tutelle. Le RN, ça ne rime pas avec intérêt général. Il n'y a que ses intérêts pour accéder au pouvoir. Elle se moque de la détresse des gens. Elle ne veut qu'en profiter. Voilà la vérité. Et l'histoire du RN, c'est ça. Vous voyez, je viens devant vous ce soir, je ne change pas d'attitude, mes valeurs sont totalement les mêmes et je reste persuadé qu'il faut dire ni LFI, ni RN. Les deux, aujourd'hui, ne visent qu'à profiter des problèmes. Vous, à Matignon,

21:51
Présentateur

vous auriez appelé Marine Le Pen ?

21:53
Xavier Bertrand

Vous avez la réponse, vous savez bien. Qu'il ait appelé le ministre, rarement, suite à ses propos, c'est normal. Et ça s'arrêtait là.

22:00
Présentateur

Si Michel Barnier tombe, vous êtes prêt à relever le gant ou pas ?

22:02
Xavier Bertrand

Si Michel Barnier tombe, ça veut dire que vous n'aurez pas une crise politique, mais une crise institutionnelle. Et derrière la crise institutionnelle, aussitôt, vous aurez une crise financière et une crise sociale. Je veux éviter cela. Oui, mais enfin, il n'empêche que c'est une possibilité. Non, parce que la question n'est pas là. C'est qu'il n'y aura pas la question d'un recours. Il y aura la question d'une crise encore plus importante à gérer. Alors, on doit l'aider et souhaiter qu'il réussisse.

22:25
Présentateur

Quelques questions politiques pour finir, Xavier Bertrand. La première, la porte-parole du gouvernement a annoncé ce midi dans BFM Politique une nouvelle loi immigration pour début 2025, à peine un an après le vote du dernier texte sur ce sujet. Marine Le Pen le demandait. C'est pour ça que le gouvernement le fait.

22:40
Xavier Bertrand

On se moque de ce qu'elle demande, Marine Le Pen. La France a besoin d'avoir une nouvelle loi pour maîtriser l'immigration et on n'a pas besoin de savoir... Donc vous soutenez cette idée ?

22:48
Présentateur

Quand on voit qu'il y a eu 30 lois en 40 ans, est-ce que c'est vraiment une loi supplémentaire qui fait la différence ?

22:52
Xavier Bertrand

Vous trouvez qu'on peut expulser facilement aujourd'hui les OQTF ? Non ? Pas sûr que ce soit par la loi, ça. Les questions des léces et des consulaires... Vous avez des questions aussi de pouvoir placer en centre de rétention ou en résidence, assigné à résidence, ce qui simplifie les choses. Les pays qui font mieux que nous le font comme ça et puis quand même, en matière économique, ça vaut quand même la peine comme dans certains domaines de choisir qui rentre en France. Moi je suis, vous le savez, pour une forme de quota comme le font des pays qui ne sont pas des pays autocratiques, le Canada, l'Australie, que l'on puisse clairement choisir qui vient sur notre territoire.

C'est aussi simple que ça. Donc vous êtes favorable

23:26
Présentateur

à ce qui est une nouvelle loi. Est-ce que de la même manière vous êtes favorable à la ligne Bruno Retailleau qui dit par exemple qu'il faut régulariser au compte-gouttes l'immigration n'est pas une chance pour la France, il faut rétablir le délit de séjour irrégulier ? Est-ce que ça c'est votre droit ?

23:39
Xavier Bertrand

L'immigration illégale est une évidence. Lui il dit l'immigration légale et illégale. C'est une évidence que ce n'est pas possible de continuer à accepter l'immigration illégale. Et mes propos ne datent pas de ce soir.

23:48
Présentateur

Ça a toujours été constant. Bruno Retailleau cible aussi l'immigration légale.

23:51
Xavier Bertrand

Non, écoutez, il a précisé ses propos notamment sur l'état de droit. Oui, mais là,

23:56
Présentateur

sur l'immigration.

23:57
Xavier Bertrand

Il a bien fait de le faire. Et encore une fois, sur ces questions-là, tous les pays européens sont confrontés à cela. Et j'aurai l'occasion de rencontrer Bruno Retailleau, je lui ai dit ce matin, pour lui parler de la situation notamment sur le Calaisie et sur le Dunkerquois. Ça ne peut pas continuer comme ça. Avec des Anglais qui se moquent de nous. Qui se moquent de nous. Les drames que nous avons aujourd'hui dans la mer du Nord, dans la mer, ce sont les Anglais qui en sont responsables. Et il est temps d'y mettre un terme.

24:23
Présentateur

Deux questions précises encore, Xavier Bertrand. D'abord, sur la difficile coexistence au sein de la majorité entre les macronistes et votre parti, les Républicains. Dernière preuve en date, l'incapacité à se mettre d'accord qui aboutit à l'élection à la tête de la Commission des Affaires Économiques de l'Insoumise Aurélie Trouvée. Gabriel Attal reproche à Laurent Wauquiez de ne pas avoir respecté l'accord qu'ils avaient conclu. Laurent Wauquiez a manqué à ses devoirs.

24:41
Xavier Bertrand

– Non mais, une députée de la France Insoumise à la présidence de la Commission des Affaires Économiques, non mais on voit ce que ça veut dire. Non mais on voit, c'est-à-dire, elle est fille qui serait capable de nous mettre l'économie par terre, elle est à la tête de la Commission. Heureusement que ce n'est pas elle qui établit la politique économique du pays. On ne peut pas revivre ça. – Mais la faute à qui ? – On ne peut pas revivre ça. Ce que je sais, c'est que Julien Dive, qui est le député de la circonscription, l'admettrait proche, était candidat, il a retiré sa candidature au profit de Stéphane Travers, Macroniste, et il a voté pour lui et il l'a dit.

Et j'aurais aimé que la consigne soit de faire exactement la même chose parce qu'entre M. Travers et Mme Trouvé, M. Travers, qui est de renaissance, si on dit encore comme ça, et les filles, il n'y a pas faute. – Et donc c'est Laurent Wauquiez qui a faute dans le cas d'espèce. – Je viens de vous le dire, ni les filles, ni les rennes, je ne veux pas des extrêmes. Et c'est la raison pour laquelle je propose également qu'on sorte aussi de cette situation. On voit bien qu'il y a des différences, c'est normal. Ça ne doit pas devenir des divisions ou des fractures. Il faut que celles et ceux qui aujourd'hui sont dans le soutien à Michel Barnier se parlent et pas seulement à la santé nationale.

25:43
Présentateur

– Et vous trouvez que Laurent Wauquiez joue un rôle ambigu quant à Michel Barnier ?

25:46
Xavier Bertrand

– Ne me cherchez pas sur le sujet, je n'ai pas envie de polémiquer. – Ce n'est pas polémiquer, c'est le patron de votre politique. – Votre état d'esprit, peut-être de me chercher là-dessus, mon état d'esprit, c'est de ne pas polémiquer. Vous voyez la situation du pays, je ne suis pas là pour polémiquer. Mais une chose est certaine, c'est qu'il faut qu'on se parle et qu'on s'entende. On ne peut pas continuer comme ça à avoir, je le dis, des fautes politiques comme celles qu'on vient de connaître avec l'élection de Madame Trouvé. Ça ne doit pas se reproduire et il faut qu'on se parle également sur le projet sur lequel nous pouvons être d'accord.

Pardonnez-moi, ce n'est pas sur les plateaux de télévision qu'on doit faire part de tel ou tel projet. Moi, je suis pour un système qui est un peu à l'allemande, qui n'est pas dans la tradition française. On s'est beaucoup moqué les Belges. On se met autour d'une table et on voit ce sur quoi on est d'accord. On appelle ça des urgences, des priorités. On avance déjà là-dessus. Deux questions précises pour terminer,

26:35
Présentateur

Xavier Bertrand. C'est plus ce que vous aviez dit ? Oui, c'est vrai, mais comme je suis ici, chez moi, si j'ose dire, je rajoute, évidemment chez moi, chez moi collectif. Sur votre parti politique, maintenant qu'Éric Ciotti est parti, il va falloir lui trouver un chef. Est-ce que Laurent Wauquiez est le chef naturel, le leader naturel de votre famille politique ? Chaque chose en son temps, j'aurai l'occasion de vous en reparler. Pas très enthousiaste vis-à-vis de Laurent Wauquiez. J'aurai l'occasion de vous en reparler. Et vous pourriez, vous, être candidat ? Je serai beaucoup plus d'hier que je le suis ce soir. Donc vous prenez date pour venir sur ce plateau.

Autre question, en février dernier, vous disiez à nos confrères de West France, j'ai bien l'intention d'être candidat en 2027. Est-ce que c'est toujours le cas ? Et pourquoi ça aurait changé ? Parce que les circonstances ont changé. Non ? Je viens de vous répondre. Donc vous avez toujours l'intention d'être candidat en 2027.

27:15
Xavier Bertrand

Ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui, mais je vous dis, aucune raison ne m'aurait amené à changer.

27:18
Présentateur

Réponse très claire. Et si, puisque la question lui était posée à Edouard Philippe, si l'élection présidentielle avait lieu plus tôt, est-ce qu'il serait prêt ? Il répondait dans les colonnes du point, je vous le confirme.

27:28
Xavier Bertrand

Est-ce que c'est votre cas ? Moi, je mettrais toute mon énergie à rassembler et à faire en sorte que ce quinquennat puisse aller à son terme. Et c'est l'intérêt de tous, c'est l'intérêt des Français, c'est l'intérêt du pays. Deux secondes. Voyez la violence politique qu'il y a, notamment avec les extrêmes et les filles. Imaginez si on avait la possibilité de dire « Eh bien écoutez, ce mandat ne va pas à son terme ». Ça veut dire que pour tous les responsables, quels qu'ils soient, tous les responsables politiques, ce serait fini la visibilité donnée.

Quand vous avez une députée européenne de la France Insoumise qui vient dire à des journalistes « Vous devrez rendre des comptes », c'est la même logique. Vous parlez de Rima Hassan et des journalistes de BFF. Et donc sur tous ces sujets, il faut aussi raison garder et garder son sang-froid. Je le dis aussi, c'est l'intérêt de tous que, clairement, les choses, la vie politique puissent se dérouler normalement au terme prévu.

28:12
Présentateur

Mais je retiens, Xavier Bertrand, que vous n'avez pas changé d'avis sur votre intention d'être candidat en 2027. Merci beaucoup

28:17
Xavier Bertrand

d'avoir été l'invité de C'est pas tous les jours dimanche.

L'interview de Xavier Bertrand sur BFMTV en intégralité — Xavier Bertrand · Pourquijevote